Où investir son argent?

Étant un abonné du samedi et un lecteur de votre chronique, je me permets à mon tour de solliciter votre avis. J'ai 59 ans et suis retraité depuis avril dernier (pension de CARRA). J'ai 10 000 $ en REER de la FTQ à transférer dans un autre véhicule. J'ai pensé à Placements Québec: le placement «10 ans» à taux progressif ou les obligations boursières du Québec. Qu'en pensez-vous?

Que pensez-vous également de la proposition «duo» de Desjardins? C'est-à-dire la moitié d'un montant à taux fixe et le reste en épargne indicielle? Cette dernière option ne me rassure pas complètement.

Finalement, je pensais faire ce retrait de la FTQ plutôt en 2005, afin de profiter de la réduction d'impôt pour 2004. Est-ce plus rentable ainsi?

Merci beaucoup.

M. Chiasson,

Je suis entre deux emplois, j'ai 50 ans et je dois retirer 15 000 $ d'un REER collectif. Ma femme et moi faisons affaires avec la Banque Nationale. Auriez-vous des conseils à me donner sur la façon de replacer ce montant à la BNC ou ailleurs?

Merci et meilleures salutations.

A. P.

Greenfield Park

Bonjour M. Chiasson,

Je cherche le meilleur véhicule de placement pour mon CRI. Ce dernier est actuellement placé à l'Industrielle Alliance et je désire changer d'institution. J'y ai aussi un REER que je m'apprête à déplacer chez la filiale de courtage à escompte de la Banque Nationale (j'y ai déjà un compte activé et des actions de BCE) pour effectuer mes transactions boursières. J'aime l'idée de faire mes transactions boursières mais, pour ce qui est du CRI, je dois ouvrir un compte distinct de celui du REER. Ayant moins de 20 000 $, j'aurai des frais annuels de 50 $. C'est peu, mais j'aimerais éviter les frais fixes. Que me suggérez-vous? Dois-je envisager d'acheter plutôt des obligations qui couvriraient une part de mes investissements dans les titres à revenus fixes (je n'en possède pas encore). Placements Québec, avec ses obligations sur dix ans, serait sans doute une option?

Merci d'avance.

B. G.

Fonds indiciels, certificats boursiers, fonds communs d'investissement, Iunits, le «duo» (ça fait pas mal Big Mac!), etc. Veuillez donc bannir tous ces produits et sous-produits financiers de votre vocabulaire et de votre portefeuille. Autant de produits issus de l'imaginaire des banques et autres institutions financières qui cherchent ainsi à s'interposer comme intermédiaire (trop souvent inutile et coûteux) entre vous et les placements réels.

Quels sont ces placements réels? Les obligations négociables et les actions que vous pouvez et devez acheter directement sans l'aide de votre institution par le truchement d'un courtier de plein exercice ou à exercice restreint (courtier à escompte).

Dans le cas de certaines grandes entreprises, vous pouvez même vous procurer ces actions sans commission en participant à leur programme d'achat d'actions et d'investissement des dividendes en actions offert aux actionnaires.

Pour être même plus précis, limitez vos investissements aux obligations négociables de grande qualité (gouvernement du Canada, provinces et leurs services publics, dont les cégeps, les universités et les hôpitaux, et les municipalités) et aux actions de grandes firmes canadiennes versant des dividendes élevés (taux de dividende de 3 % et plus). À cela s'ajoutent les produits d'épargne traditionnels que sont les certificats de dépôt et les dépôts à terme et, souvent mieux que ces derniers, les produits d'épargne de Placements Québec, qui sont les obligations à terme à taux progressifs de dix ans, les obligations à taux fixes dont le terme peut aller jusqu'à dix ans et les certificats Sécuri + (pour le très court terme).

Autrement, je vois mal comment les épargnants parviendront à leur retraite à encaisser des revenus suffisants et réguliers de leur pécule si durement gagné. Je vois mal comment ils parviendront à établir une telle base de revenus réguliers avec des fonds indiciels, des Iunits, des certificats boursiers et autres. Par contre, cela m'apparaît chose évidente avec des obligations négociables de grande qualité dont les intérêts annuels sont versés à chaque semestre. Idem avec les actions de grandes compagnies dont les dividendes sont versés sur une base trimestrielle. Vous savez alors combien vous recevrez durant tel et tel trimestre. Et il s'agira là de revenus de placement et non de ponctions prises à même votre capital initial investi (il faut si possible éviter de gruger dans son capital, même à la retraite) comme ce sera malheureusement souvent le cas avec les fonds communs d'investissement et autres sous-produits.

Selon cette ligne de pensée, des obligations négociables d'Hydro-Québec et de la Province de Québec de huit ans environ (celles s'échangeant à près de 100 $), lorsqu'elles s'échangent sur la base d'un rendement composé annuel de plus de 5 %, sont attrayantes dans le contexte actuel pour le REER ou le CRI. Les obligations à taux fixe de huit ans de Placements Québec accordent un rendement annuel de 5 %, ce qui est également correct. Ces obligations ne sont encaissables qu'à leur échéance. Par contre, vous pouvez demander au gouvernement de verser les intérêts sur une base mensuelle (pour un montant minimum investi de 10 000 $), ce qui aide à régulariser le flux de vos revenus de placement à la retraite. Pour la portion de votre argent que vous désirez investir à plus court terme, les obligations à terme à taux progressifs de Placements Québec sont toutes indiquées. Elles sont encaissables une fois l'an, à leur date d'anniversaire, sans pénalité. Vous pouvez aussi demander que les intérêts soient versés mensuellement (montant investi minimum de 10 000 $).

Outre ces titres à revenus fixes, il faut réserver également une place de choix aux actions de grandes sociétés dont plusieurs s'échangent actuellement sur la base d'un taux de dividende annuel de 3 %, voire de 4 % et plus. L'avantage de ce type de placement est de deux ordres: un revenu de placement régulier et souvent croissant (car plusieurs de ces firmes haussent régulièrement leur dividende au fil des ans); une plus-value potentielle du capital initial investi (il n'est pas rare que le capital initial investi dans ces actions double sur une période de 15 ans).

Voilà les véritables placements qui vous assurent de faire travailler adéquatement votre pécule tant durant votre vie active qu'à la retraite.

cchiasson@proplacement.qc.ca

Classe Internet: www.proplacement.qc.ca

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1 commentaire
  • véronique gagnon - Inscrite 22 février 2007 16 h 32

    Fonds indiciels

    M. Chiasson,
    Expliquez-moi votre aversion pour les fonds indiciels. Pour suivre votre conseil, ne devrais-je pas passer mon temps à gérer activement mon portefeuille de blue chips, encourrant ainsi des frais d'opération importants ? Et si je les conserve longtemps, pourquoi ces actions battraient-elles l'indice ? J'ai un petit capital (25 000 $) disponible pour des actions.
    Je vous remercie.