Des vins personnalisés

Après une dégustation de bons et de beaux italiens sélectionnés par l'agence promotionnelle Montalvin, la semaine dernière, voici d'autres candidats de bonne réputation proposés par une autre agence dont il faut reconnaître la vision à long terme en matière de vins personnalisés. Et ce, depuis une bonne quinzaine d'années déjà. Je ne suis pas ici pour vous faire l'apologie de Réserve et Sélection, mais force est de constater qu'elle a su et sait toujours dénicher ces perles qui enrichissent le «patrimoine organoleptique» des amateurs québécois en leur proposant de véritables signatures d'auteur. Pour Jean Parent et son équipe, la banalité, connaît pas! Les voici donc.

En blanc, les esthètes se régaleront de la dernière livraison du Vouvray 2001, Clos Naudin (29,15 $) de ce cher Philippe Foreau, un chenin sec percutant de clarté qui démarre à la verticale pour s'enrichir en milieu de bouche de l'essentiel du fruité avec chute subtile, fine et précise en finale sur le minéral. Coquillages ou poissons fins (*** 1/2, 2). Poursuivons dans l'aromatique avec le sauvignon de Lucien Crochet et son Sancerre 2002, Le Chêne Marchand (35 $), qui, dans ce millésime, brille avec un fruité primeur concentré, d'une texture soyeuse et vivante, à la fois fragile et résistant comme un bas de soie. Longue finale pour un vin qui intéressera poissons, ris de veau ou chèvre affiné (*** 1/2, 2). Les alsaciens du Domaine Zind-Humbrecht se reconnaissent au premier coup de nez tant ils ont du caractère et un style précis. Que ce soit le Riesling Herrenweg Turkheim 2001 (47,50 $), plutôt sec, au fruité riche, poivré, profond et d'une tenue impeccable (*** 1/2, 3), ou encore le Gewurztraminer Herrenweg Turkheim 2001 (48,25 $), d'une complexité inouïe avec ses saveurs affirmées jouant sans cesse la trame du minéral et un fruité qui jamais n'est excessif mais toujours très pur, racé et endiablé. Long et expansif. Quatre, quatre étoiles et demie? Top niveau!

En rouge, l'assemblage tempranillo, grenache, cabernet et carignan du Mas Collet 2001, Montsant, Capçanes (18,15 $) s'offre l'équilibre naturel et la typicité des vins de la Catalogne espagnole. Fraîcheur, originalité et excellente tenue d'ensemble. À découvrir sur les plats simples, pas trop relevés (***, 2). Si la Grande Cuvée 2001 du Domaine de l'Hortus (32,75 $) en Languedoc est encore sous l'emprise de l'élevage, il en ressort tout de même un fruité solidement construit, dense et texturé qui s'étire sur la longueur plutôt que sur la largeur. Le lapin aux olives fera l'affaire ici (*** 1/2, 2). Amateur de syrah, il vous faudra débourser 93 $ pour le Cornas 2001 de Pierre et Auguste Clape. Regroupez-vous et partagez car il en vaut la chandelle! Grande franchise et flaveurs denses dont on sent la grande maturité, élaboré dans un style «vieille école» hautement savoureux, très près de l'expression fruitée. Sérieux mais aussi délectable (****, 3).

Changeons de registre avec nos amis bordelais, dont les prix, hélas, couperont le sifflet à certains, et je vous comprends. Pour vous mettre du baume au coeur, j'ai recraché le tout lors de la dégustation! Si le Fronsac Château Fontenil 1999 (54 $) joue le boisé de façon peut-être trop appuyé dans ce millésime (***, ?), le Fontenil 2000 (71 $) brode le tout avec un extrait fruité, une sève et une longueur qui impressionnent, bien qu'il ait tendance à se refermer actuellement. Attendre (****, 3). Pour quelques billets de plus, j'opterais cependant pour le Pomerol Château Beauregard 2000 (99 $), un vin qui gagne décidément en crédibilité avec les millésimes. Le plus accompli dégusté à ce jour et un vin magnifique sous toutes ses coutures, qu'il a détaillées, serrées, solides et... invisibles. Parfums pénétrants, «fouillés», marqués par un élevage des plus sophistiqués mais juste, et bouche fabuleuse de texture, de fraîcheur, de concentration mais aussi disciplinée à la bordelaise, sans excès. J'aime (**** 1/2, 3).

Après le pomerol, deux St-Émilion Grand Cru. Château Quineault L'Enclos 2000 (119 $), moins dense que Beauregard mais pourvu d'une dynamique qui donne l'impression de s'étoffer au fur et à mesure de son parcours en bouche. Beaucoup de panache ici pour un vin bien travaillé, au fruité riche, plein et noblement boisé, qui termine sur d'aguichantes notes de réglisse et de confit. (****, 3). Et puis, voilà François Mitjavile qui nous revient avec deux millésimes du Château Le Tertre Roteboeuf. Rien n'échappe à cet homme méticuleux, perfectionniste, libre de toute école sinon celle que lui inspire son instinct. Un vin qui demande réflexion. Château Tertre Roteboeuf 1999 (146 $): pas très jaseur aujourd'hui, épuré mais d'un profil en nez comme en bouche d'une grande pureté. Velouté insistant sur une bouche étirée, fraîche et longue. Classique (*** 1/2, 2). Château Tertre Roteboeuf 2000 (299 $): grande bouteille ici au contenu prêt à exploser. Puissance et densité sur un ensemble parfaitement homogène, d'une imposante masse fruitée qui ouvre sur des nuances plus animales et empyreumatiques. Aucune maille défectueuse dans le filet, c'est solide pour longtemps! (**** 1/2, 3)

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Info SAQ : (514) 873-2020, 1 (866) 873-2020 ou www.saq.com Potentiel de vieillissement du vin 1 : moins de cinq ans; 2 : entre six et dix ans; 3 : dix ans et plus.

jean-aubry@vintempo.com

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