Tourisme - Vocabulaire

J'ai dans ma bibliothèque un précieux ouvrage que je consulte assez régulièrement. Il s'agit du Vocabulaire du tourisme, de Charles Dupont. Celui-ci m'en a fait cadeau — avec dédicace — lors du lancement, le 29 mars 1979, dans le cadre d'un congrès annuel de l'Association technique du tourisme (ATT), aujourd'hui disparue. Charles Dupont travaillait à l'époque au Bureau fédéral des traductions, dans la section plus particulièrement chargée des textes de l'Office de tourisme du Canada.

Nous sommes parfois plus français que les Français, notamment pour les termes techniques. Dans sa préface, Louis-Martin Tard écrivait qu'il «n'existait pas de vocabulaire anglais-français du tourisme», pour souligner que ce travail venait «à point» et qu'il «était bon qu'il ait été conçu ici».

«En publiant ce livre, continuait-il, Charles Dupont rend un grand service aux professionnels du tourisme qui veulent travailler en français, aux fonctionnaires dont les tâches sont reliées à cette réalité culturelle qui est aussi une importante industrie, aux étudiants qui se préparent aux carrières touristiques, aux chroniqueurs de voyages et même au voyageur ordinaire.»

J'en ai toujours pris soin car, vous le devinez bien, l'ouvrage en question est maintenant introuvable. Et, cette semaine encore, il m'a dépanné. Que je vous explique.

Par voie électronique, j'ai reçu un mémo de Travelocity.ca, une entreprise «canadienne» qui offre une vaste gamme de services en ligne dans le domaine du voyage. On m'y informait qu'une collaboratrice régulière de l'entreprise, du nom d'Amy Ziff, venait de mettre au point un glossaire pour expliquer aux mortels que nous sommes les acronymes, les termes et les néologismes mystérieux qu'on utilise couramment dans le monde du transport aérien.

Très intéressant, me suis-je dit. Sauf que le mémo de Travelocity.ca était en anglais et n'était accompagné d'aucune traduction des termes expliqués par miss Ziff. D'où ma consultation du Vocabulaire du tourisme. Mais, comme tout phénomène, le tourisme et le transport aérien évoluent rapidement: plusieurs termes expliqués ne figurent pas dans le minidictionnaire de Charles Dupont, malgré ses 552 rubriques.

Qu'à cela ne tienne, je me suis tourné vers l'IATA et l'OACI, mais mes personnes-ressources étaient en vacances. Elles doivent être irremplaçables puisque personne n'a pu me répondre à leur place... Je me suis tourné vers quelques compagnies aériennes: niet, nein, «Désolé, Monsieur, nous n'avons pas un tel glossaire à notre disposition; en la matière, l'anglais est la langue universelle». Heureusement, j'ai pu rejoindre à la dernière minute le grand patron de Swiss au Canada, Olivier Schlegel, pour d'ultimes vérifications.

Vous trouverez donc ci-après quelques traductions et explications tirées du livre de Charles Dupont (D) et d'autres de mon cru. Je ne suis ni linguiste ni traducteur patenté: j'apprécierais votre clémence.

- Non stop flight: vol sans escale (D), à savoir «ininterrompu entre deux points».

- Direct flight: vol direct (D), vol «entre deux points qui peut comporter des arrêts sans obliger le voyageur à changer d'avion». Peut aussi se dire Through service.

- Connecting flight: vol avec correspondance, qui oblige le voyageur à changer d'appareil à une ou plusieurs reprises.

- Circle trip: circuit en boucle ou voyage circulaire (D), qui comporte plus d'une destination avant le retour au lieu de départ «sans passer deux fois au même endroit». S'oppose à round trip, qui est un aller-retour entre deux destinations.

- Code share: vol à partage de codes, dont les services sont assurés par une des entreprises aériennes qui travaillent de concert pour une destination. En conséquence, celles-ci peuvent prendre les réservations et émettre les billets au nom de leur partenaire.

- Open jaw: trajet ouvert (D), dont l'aller et le retour «s'effectuent à partir de points différents».

- Segment: segment de chaque vol sur un itinéraire donné. Se dit surtout des parties d'un billet d'avion.

- Leg: chacune des différentes portions d'une liaison aérienne entre le point de départ et la destination finale. Toute portion peut comprendre deux segments ou plus.

- PNR (Passager Name Record): dossier personnel de réservations, accompagnant le billet d'avion et décrivant en détail (avec l'horaire, les numéros de vol et les aéroports) l'itinéraire du passager.

- GDS (Global Distribution System): système de distribution global qui, comme un supermarché, offre tous les services de voyage disponibles.

- Shoulder season: mi-saison (D), «période précédant ou suivant la saison touristique d'une région, mais où l'affluence est plus forte qu'hors-saison».

- E-ticket: billet électronique, émis sans version papier et qui est automatiquement inséré dans le système de réservations de la compagnie qui exploite le ou les vols en question.

- Contract of carriage: contrat de transport, qui lie les deux parties (la société aérienne et le voyageur) et dont les termes sont décrits en petits caractères à l'endos du billet.

- Airport code: désignation codée internationale de tout aéroport. Ainsi, YUL pour Montréal-Pierre-Elliott-Trudeau, YMX pour Montréal-Mirabel.

- Bulkhead: cloison amovible séparant les différentes classes d'un avion entre elles ou des aires de services.

- Wide-body: gros porteur, tout appareil de fort gabarit (exemples: Airbus A-340 et Boeing 747) comportant deux allées. A remplacé Jumbo qui désigne plutôt un B-747.

- Package: forfait.

- All-inclusive: forfait où tout est compris.

- European plan: chambre sans pension (D), «formule où le prix d'un séjour à l'hôtel ne comprend aucun repas».

- Continental plan: chambre et petit-déjeuner (D).

- In transit, En route: en transit. Se dit d'un «voyageur qui, sans faire d'arrêts prolongés, traverse un pays ou une région pour atteindre sa destination».

Alors, ça va, le vocabulaire?

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