Fesser sur la mairesse

C’est devenu un sport amateur pour les gérants d’estrade et commentateurs attitrés de la métropole : fessons sur la mairesse ! Les lamentations concernant les pistes cyclables, la circulation embourbée et les cônes orange sont, on le sait, légion. Cet opéra-bouffe, qui a connu ses débuts lorsque Luc Ferrandez était maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, n’a fait que s’intensifier depuis l’arrivée de Valérie Plante à l’Hôtel de Ville. Dans le cas de celle-ci, par contre, les critiques ne s’arrêtent pas là. De son rire tonitruant à son « mépris » du français, de son insensibilité au milieu des affaires à sa bande dessinée lancée en « pleine pandémie », on ne rate pas une occasion de dire combien la mairesse multiplie les gaffes. Et qui dit gaffe dit incompétence. Bref, sorte de pantin de la gaugauche tous azimuts, Valérie Plante, première femme aux commandes de la métropole, ne serait pas à sa place.

Vendredi dernier, le président de la Fraternité des policiers s’est fait un malin plaisir d’enfoncer ce clou à la suite des déclarations de la mairesse dans l’affaire Camara. Accusant Mme Plante de nuire « au climat social » et de compliquer « encore davantage la tâche de ceux et celles qui ont la responsabilité d’assurer la sécurité des Montréalaises et des Montréalais », Yves Francœur conclut sa missive avec cette invective ronflante : « Nous espérons que vous saurez dorénavant vous comporter de façon plus responsable en évitant que vos biais idéologiques interfèrent avec votre nécessaire devoir de réserve. »

Le ton (paternaliste à souhait) est donné. D’un côté, la responsabilité, le travail bien fait, le sens du devoir et le souci de la sécurité des citoyens. De l’autre, l’émotivité, les déclarations à l’emporte-pièce et l’incompréhension du processus judiciaire. D’un côté, un homme ; de l’autre, comme par hasard, une femme. Cherchant à l’humilier au maximum, l’homme à la réputation de pitbull au sein du SPVM a le culot ici de s’en prendre à « l’idéologie » de la mairesse — notamment sa supposition qu’il y aurait eu du profilage racial dans l’arrestation de Mamadi III Fara Camara, une « allusion extrêmement déplorable », dit-il — sans se rendre compte de la poutre qu’il a dans l’œil.

Le président du syndicat policier ne semble pas comprendre que c’est également une « idéologie », une façon de penser, un aveuglement, appelez ça comme vous voulez, que de prétendre que le profilage racial n’a pas ici sa place, alors qu’on savait déjà, au moment où M. Francœur montait sur ses grands chevaux, qu’un homme noir avait été emprisonné pendant six jours à partir de preuves insuffisantes. Pourquoi n’a-t-il pas bénéficié de la présomption d’innocence ? Une notion pourtant « incontournable », nous dit-on, lorsqu’il est question d’hommes accusés d’agression sexuelle, mais qui ne semble pas ici avoir eu beaucoup d’effet.

Pourquoi n’a-t-on pas cru à la version des faits de M. Camara, un chargé de laboratoire à Polytechnique qui n’a absolument rien du petit voyou de quartier, qui a pris la peine de revenir sur les lieux du crime pour parler aux enquêteurs d’un autre suspect ? Pourquoi n’a-t-on pas cru les quatre ou cinq témoins qui ont essentiellement appuyé cette version des faits ? Pourquoi a-t-on donné autant de poids à la seule version du policier agressé, version pourtant remise en doute de part et d’autre, même avant qu’on ait bien regardé la fameuse vidéo ? Ça s’appelle de l’idéologie, ça aussi. Ça s’appelle la police qui protège la police, comme d’ailleurs l’a fait le chef du SPVM lors de ses conférences de presse. Écartant, lui aussi, la question raciale, Sylvain Caron a voulu plutôt mettre l’accent sur une enquête « complexe » — comme si l’un empêchait l’autre !

Quand on sait tout ça, quand on sait les relations souvent pourries qui existent aujourd’hui entre les forces policières et les communautés racisées, il faut être incroyablement effronté, ou alors parfaitement aveugle, pour affirmer que c’est la mairesse de Montréal qui nuit « au climat social ». Et pourtant, qui s’est offusqué des propos d’Yves Francœur ? Lundi, au contraire, un chroniqueur de La Presse reprenait les propos du policier matamore pour mieux taper, encore une fois, sur Valérie Plante.

Oui, Valérie Plante aurait pu mieux s’exprimer. Il aurait fallu parler de la probable innocence de M. Camara plutôt que de l’affirmer — malgré l’arrêt des procédures qui pointaient fortement dans ce sens. Mais il ne s’agit quand même pas « d’ingérence politique ». Depuis quand parler sous le coup de l’émotion dicte-t-il la façon de faire des tribunaux ? Et, oui, le travail policier est difficile et compliqué. Mais à force de balayer la question du profilage racial du revers de la main, à force aussi de nous inonder de sources policières anonymes reprises (avidement) par les médias, comme le soulignait l’ex-directrice du Devoir Lise Bissonnette lundi dernier, nous sommes en train de perdre l’essentiel de vue.

Il n’y a pas eu d’ingérence politique. Il y a eu un travail d’enquête bâclé dans lequel le profilage racial a fort probablement joué un rôle. C’est pourquoi une enquête indépendante, ainsi que l’a décrété Québec mardi , est nécessaire. C’est bien ce que disait la mairesse de Montréal. Valérie Plante a eu raison. Yves Francœur a eu tort.

fpelletier@ledevoir.com

Sur Twitter : @fpelletier1

131 commentaires
  • Denis Grenier - Abonné 10 février 2021 05 h 56

    Valérie Plante une femme victime ? Vraiment ?

    Et pourtant Valérie Plante a reconnu par la suite qu'elle aurait eu la possibilité à cette occasion de prononcer quelques paroles pour situer ses propos avec de la réserve attendu d'une mairesse. Est-ce que Denis Coderre aurait pris des positions différentes en ce qui concerne la langue française et tout ce qui est reproché à Valérie Plante ? Pourquoi Justin Trudeau est-il intervenu len demandant lui aussi une enquête ? Des personnes interviennent pour se faire du capital politique ou bien pour favoriser l'option racisme systémique vs la loi 21, peut-être ? Et vous est-ce un de vos motifs en écrivant votre article ?

    • Brigitte Garneau - Abonnée 10 février 2021 08 h 05

      Il est ironique de penser que le slogan de la publicité de Valérie Plante lors des dernières élections municipales voulait qu'elle soit "l'homme de la situation"!!

    • Cyril Dionne - Abonné 10 février 2021 09 h 30

      Bien d'accord avec vous M. Grenier. Maintenant, c’est la gauche caviar politique qui a pignon sur rue dans cette ville qui jadis faisait la fierté des francophones. Or, n’y a-t-il pas de meilleur représentant que Valérie Plante pour cet énoncé? Elle et son parti multiplient les propositions absolument attardées et atypiques de cette pseudo gauche qui font la guerre aux automobilistes et la promotion de dérives anti-ouvrières écofascistes. Il semble qu’il faut qu’on les rassure qu’ils sont de bonnes personnes parce qu’eux, ils ont le compas dans l’œil lorsqu’il en vient à la Vérité et la Moralité, « Woke » oblige. Avec leur discours racial d’un autre temps qui réduit les individus à la couleur de leur peau, leur orientation sexuelle, leur identité de genre, leurs croyances, ils occultent les vraies causes des inégalités tout en important une rationalisation de leur comportement qui est venue des États-Unis. Cette gauche se vante d’être inclusive, mais compartimentent les gens au nom de leur supposée prééminence moraliste.

      De l’autre côté, vous avez un service policier corrompu, incompétent et aux accents du profilage racial. En plus, et cela est la cerise sur le sundae, ils sont syndiqués avec un chef qui semble respirer l’air raréfié d’une faille spatio-temporelle du 19e siècle. Dire que l’affaire de M. Camara a été bâclée est l’oxymore du siècle. Cela semble cacher une bien plus grande crise en devenir. La narrative n’est pas au rendez-vous de la logique et de la réalité. Pour la discrimination systémique, on passe. Vous avez un « racisé » qui a accusé un autre « racisé » à tort.

      Ayant visiter Montréal à des nombreuses reprises sur une période de 30 ans et plus, on remarque aujourd’hui une ville qui est en déclin. C’est une ville en déconstruction éternelle, cônes orange obligent et où il semble y avoir ni queue ni tête. Or, ceci est certainement exemplifié par les maires et la mairesse qui ont déambulé dernièrement, des rues en construction de Montréal.

    • Daphnee Geoffrion - Inscrite 10 février 2021 09 h 34

      Capital politique sur le dos de policier pris dans le cercle vicieux de Mtl Nord où les gangs de rue sont roi: prostitution juvénile, vente de drogue, récelle, vol, recrutement, violence, fusillade, meutre...

      Les jeunes de Mtl Nord sont les proies de ses gangs et personne n'y fait rien, les policiers éteignent des feux du mieux qu'ils peuvent..

      Respect pour nos policiers car clairement, personne ne semble comprendre la situation dans laquelle ils se retrouvent, et personne ne veut parler du fond du problème de Mtl Nord..
      Le problème à Mtl Nord ce sont les policiers...ben oui c'est ça..

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 février 2021 10 h 10

      "Capital politique sur le dos de policier." - Daphnee Geoffrion

      Tout est politique, et particulièrement sur cette tribune truffée de partisans trempés dans le bleu du nationalisme conservateur.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 février 2021 10 h 21

      Mme Geoffrion, je partage vos interrogations. En cette situation de pandémie où tout le monde est stressé, sur le gros nerf! Je connais quelques policiers de Montréal. Ce sont des gens honnêtes et bien formés.On n'est pas aux États Unis; ici les policiers ont au moins une formation collégiale. Et il y a de plus en plus de femmes qui exerce ce métier.

      Je me méfie des gens qui font des affirmations gratuites sur les policiers en faisant de la généralisation facile.

      On verra les conclusions de l'enquête. Mais, je suis porté à croire que le cas déplorable de Camara doit se situer dans ce contexte TRES DIFFICILE pour les policiers: situation de pandémie où tout le monde se méfie de tout le monde.

      Quant à la mairesse Plante, elle se devait d'adopter une attitude de réserve!

    • Jean-François Fisicaro - Abonné 10 février 2021 10 h 27

      Bonjour M. Dionne,

      Vous dites "Ayant visiter Montréal à des nombreuses reprises sur une période de 30 ans et plus, on remarque aujourd’hui une ville qui est en déclin. C’est une ville en déconstruction éternelle, cônes orange obligent et où il semble y avoir ni queue ni tête. Or, ceci est certainement exemplifié par les maires et la mairesse qui ont déambulé dernièrement … ". Woaw ! N'en jeter plus, la cour est pleine !

      S'il est vrai que Montréal connaît son lot de défis et de difficultés et que ça ne va jamais assez vite quand on y parle de revitalisation, il n'en reste pas moins que les choses évoluent et qu'on doit éviter d'y aller d'affirmations à l'emporte-pièce qui n'amène pas grand-chose à la discussion, sauf peut-être convaincre ceux qui se cantonnent trop souvent dans leurs idées reçues de s'y maintenir. À ce sujet, vous nous avez habitués à mieux que ça.

      Alors qu'on soit d'accord ou pas avec Madame Plante sur la pertinence de ses accomplissements comme mairesse ainsi que certaines de ses déclarations publiques parfois surprenantes, réfléchissons juste un peu comme vous l'évoquez aux mandats des prédécesseurs de Mme Plante: Doré · Bourque · Tremblay · Applebaum · Blanchard · Coderre … Je dirai alors pour aller dans votre sens : "Que celui qui n'a jamais fait de gaffe comme maire lui jette la première pierre."

      Rappelons-nous aussi que c'est tout un défi qui attend quiconque devient maire d'une ville comme Montréal. Alors imaginons un peu ce qu’ajoute au défi en question le fait d'être une femme qui n'est pas politicienne de carrière par-dessus le marché. Je rappelle que la dame ne s'est pas retrouvée là par hasard, ayant été élue par 52% des votants versus 46% pour le candidat Coderre.

      Évitons donc de faire exactement ce que d'aucuns reprochent à Mme Plante, à savoir faire preuve d'émotivité soi-disant mal placée. Et prenons la peine d'étayer des arguments dignes de ce nom plutôt que de nous parler de droite et de gauche ...

    • Jean-Charles Morin - Inscrit 10 février 2021 10 h 44

      "Tout est politique, et particulièrement sur cette tribune truffée de partisans trempés dans le bleu du nationalisme conservateur." - CM

      Heureusement qu'il y en a un qui est exempt de leurs tares.

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 février 2021 12 h 54

      "Heureusement qu'il y en a un qui est exempt de leurs tares..." - JCM

      Puisque c'est vous qui le dites.

    • Bernard Dupuis - Abonné 10 février 2021 18 h 17

      M. Montmarquette,

      Vous devriez tolérer le nationalisme conservateur qui n'est pas pire que canadianisme utopique. Pourquoi être intolérant devant le nationalisme conservateur qui, malgré ses faiblesses, a permis jusqu'à présent, la pérennité de notre peuple?

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 février 2021 19 h 59

      @ Bernard Dupuis,

      "Pourquoi être intolérant devant le nationalisme conservateur" - Bernard Dupuis

      Parce que c'est un détournement du véritable nationalisme qui devrait consister à prendre d'abord soin de "la nation" :

      L'irréductible legs du camarade Chartrand

      - Marc-André Cyr, Le Devoir

      « Chartrand soutient que le nationalisme est en grande partie responsable du respect que vouaient les Québécois à Maurice Duplessis, et il ajoute:

      «Ce phénomène est d'ailleurs en train de se reproduire avec le Parti québécois. Les nationalistes pardonneront les pires turpitudes au PQ. Ils sont prêts à oublier qu'il existe une différence énorme entre le nationalisme et une véritable libération nationale. Raison pour laquelle j'ai toujours été contre ces "nationaleux" qui voulaient sauver la langue et laisser crever ceux qui la parlent.»

      Et ça vaut autant pour les ex-adéquistes et les caquos-péquistes à la François Legault.

    • Bernard Dupuis - Abonné 10 février 2021 23 h 20

      M. Montmarquette,
      Malgré toute sa bonne volonté, Michel Chartrand avait souvent des jugements à l'emporte-pièce. Il ne fut pas un modèle de tolérance. Toutefois, on lui a pardonné, car il a beaucoup fait pour la sécurité et la santé des travailleurs.

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 février 2021 11 h 01

      @Bernard Dupuis,

      "Malgré toute sa bonne volonté, Michel Chartrand avait souvent des jugements à l'emporte-pièce. Il ne fut pas un modèle de tolérance" -Bernard Dupuis,

      Parler "du caractère" de Michel Chartrand, (ce qui me semble déjà discutable) c'est passez à côté de l'essentiel du sujet et de la discussion.

      Je répète donc ma réponse et la citation:

      "Il existe une différence énorme entre le nationalisme et une véritable libération nationale. Raison pour laquelle j'ai toujours été contre ces "nationaleux" qui voulaient sauver la langue et laisser crever ceux qui la parlent.» - Michel Chartrand

      - Qu'est-ce qu'une "véritable libération nationale" ?

      Parler français en laissant les plus pauvres crever dans leur misère?

      - Doit-on être "tolérant" avec des nationalistes qui tolèrent la misère de leur propres compatriotes?

      C'est bien beau de parler de "tolérance".

      Mais tolérer la misère, est une immoralité politique qu'il ne faut pas tolérer.

      Sans quoi, on devient complice d'une telle immoralité.

    • Bernard Dupuis - Abonné 11 février 2021 12 h 32

      M. Montmarquette,

      Ce n’est pas parce que vous ne tolérez pas la misère que cela vous permet d’être intolérant envers ceux qui divergent d’opinions avec vous. Vous mélangez le domaine des inégalités sociales avec celui du respect des opinions diverses d’une personne à l’autre ou d’un groupe à l’autre. Je vous souhaite d’éradiquer la misère tant que vous voudrez. Toutefois, ceux et celles qui ne partagent pas toutes vos idées au sujet du nationalisme conservateur ne sont pas nécessairement en faveur de la misère. Il faudrait éviter ce genre de fausses associations.

      Les nationalistes conservateurs ont plus fait pour combattre la misère que les utopistes de salon.

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 février 2021 13 h 09

      @Bernard Dupuis,

      "Les nationalistes conservateurs ont plus fait pour combattre la misère que les utopistes de salon." -Bernard Dupuis

      C'est sans doute pour ça qu'autant le PQ que la CAQ ont méprisé les plus pauvres avec une aide sociale 3 fois en dessous du seuil de pauvreté durant les 25 ans cumulatifs où ils ont détenus le pouvoir et auraient pu changer les choses, et qu'il reste encore plus de 800,000 Québécois qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.

    • joane bourget - Abonnée 11 février 2021 18 h 42

      Félicitation Mme Pelletier pour votre article. Je dirais simplement que c'est un baume de lire quelqu'une qui s'affirme face à la mysoginie et disons le franchement le profilage raciale lorsqu'ils sont affichés aussi ouvertement .
      Ma seule réserve concernant votre article est l'attitude quelque peu condescendante envers les "quartiers pauvres et peut-être davantage racisés": eux aussi sont plus souvent qu'autrement victimes du profil racial..

  • Roger Gobeil - Inscrit 10 février 2021 06 h 09

    Yves Francoeur a eu raison

    Peu importe ce que concluera le juge Dionne, Francine Pelletier a déjà cloué au pilori l'ensemble des policiers pour profilage racial. Pas besoin de preuves dans cette malheureuse affaire. Être policier dans certains quartiers de Montréal est un métier à haut risque, la bienpensance idéologique les guette. Bravo M. Francoeur!

    • Jean-Charles Morin - Inscrit 10 février 2021 13 h 42

      Aux États-Unis, Donald Trump prétend qu'il a gagné l'élection et que son adversaire démocrate a triché. Il n'a aucune preuve tangible pour appuyer ses allégations mais il en fait part quand même comme si c'était une vérité incontestée.

      À Montréal, Valérie Plante prétend qu'il y a eu du profilage racial dans l'affaire Camara. Elle n'a aucune preuve tangible pour appuyer ses allégations mais elle en fait part quand même comme si c'était une vérité incontestée.

      Donald Trump et Valérie Plante: même combat pour le triomphe de la "vérité".

      "Un mensonge répété dix fois reste un mensonge; répété dix mille fois il devient une vérité." - Joseph Goebbels

    • Jean-François Fisicaro - Abonné 10 février 2021 15 h 47

      M. Morin, Je suis pantois ! Vous pensez vraiment nous convaincre que "Donald Trump et Valérie Plante: même combat ..." ? Sérieux ? Vous pouvez reprochez toutes les futilités qu'il vous chante à l'égard de Madame Plante, puisque nous sommes, quoiqu'on en pense, quoiqu'on en dise, dans un pays de grandes libertés ... à tout le moins celles de penser et de s'exprimer.

      Mais malgré toutes les erreurs qu'elle a sûrement commises comme nous tous, humains sur cette planète, Madame Plante n'arrive pas au début du commencement de l'ombre d'un poil de patente-à-gosse du volume et du degré de futilités, de bêtises, d'inutilités que nous les terriens avons dû subir, ahuris, de la part du Clown Orange pendant quatre pénibles et « loooongues » années. J'm'en sack de savoir si on aime ou pas le clown en question ! Y était pas trop tôt pour passer à un autre appel. Et on ne peut que souhaiter la meilleure des chance à Joe et Kamala … parce que la partie de « plaisir » ne fait que commencer !

      Je ne connais pas de leur vivant tous les présidents qui sont passés par Washington depuis Washington, mais pour réussir à être pire que Bush fils plus Nixon multiplié par un facteur exponentiel, il y a clairement quelque chose de déréglé et de pas très net dans cette société ... bien plus que dans le Clown Orange. Ça me fait presque penser à ce gars qui avait un tel charisme et une certaine capacité de mimétisme qui lui a permis de copiloter des avions de ligne alors qu’il n’avait jamais assisté à un cour de pilotage … Et ça, ça m'inquiète pas mal plus que les inévitables erreurs de parcours de Madame Plante. Qu'on se le tienne pour dit ! De toutes façons, tous les gérants d’estrade peuvent bien blablater à qui mieux-mieux, c’est le bon peuple, électeur ou plutôt voteur de Montréal qui aura le dernier le mot le moment venu …

    • Jean-Charles Morin - Inscrit 10 février 2021 18 h 13

      "M. Morin, Je suis pantois ! Vous pensez vraiment nous convaincre que "Donald Trump et Valérie Plante: même combat ..." " - Jean-François Fisicaro

      En fait, Monsieur Fisicaro, je pense que l'ancien président des États-Unis et l'actuelle mairesse de Montréal ont certains points en commun, même si cette dernière aurait bien du mal à l'admettre.

      Bien sûr, il y a de grandes différences entre les deux dans le style et l'intensité du comportement, qui prend chez Donald Trump un caractère éminemment grotesque qui lui appartient en propre. Toutefois, au-delà de la superficialité des apparences, on peut constater que les deux analysent la réalité ambiante selon leur biais cognitif au point de vouloir imposer une réalité alternative. Dans le cas de Madame Plante, cela se traduit par cette obsession de tout vouloir considérer selon une grille d'analyse qui ne semble avoir qu'un seul critère: la discrimination systémique qu'elle voit partout, même dans les cas où il n'y en a pas de toute évidence.

      Comme celui de Donald Trump envers les manifestants du Capitole, le comportement de la mairesse et ses déclarations intempestives sur l'affaire Camara, malheureusement appuyées par Madame Pelletier, ne sont pas de nature à calmer le jeu, bien au contraire. Tout comme chez Donald Trump, ses sorties visent essentiellement à consolider sa base électorale pour assurer sa réélection, qu'elle-même voit chez les communautés qu'elle dit "racisées".

      Pour Donald Trump, cette tactique délibérée a failli marcher. Pour Madame Plante, on verra bien assez tôt ce que cela donnera.

  • Romain Gagnon - Abonné 10 février 2021 06 h 15

    Justice à deux vitesses

    Je ne suis pas un partisan de Valérie Plante, bien au contraire. Toutefois, cette fois-ci, je lui donne entièrement raison. L'attitude de monsieur Francoeur me dégoutte. On me reprochera d'être biaisé parce que je suis issu moi-aussi de Polytechnique mais les policiers ont définitivement manqué de jugeotte. Hélas, il en est souvent ainsi quand on s'attaque physiquement à eux: ils sont tellement offusqués qu'ils ne voient plus clair. C'est une justice à deux vitesses.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 février 2021 08 h 18

      Je regrette mais la mairesse devait garder ses réserves. Elle devait demander des comptes. Mais elle est allée trop loin en parlant d'un possible cas de profilage racial.

    • Pierre Fortin - Abonné 10 février 2021 10 h 45

      C'est qu'il y a la femme et il y a la mairesse, Monsieur Gagnon.

      Madame Pelletier peut décréter à sa guise que « Valérie Plante a eu raison », mais la mairesse Plante est bel et bien intervenue dans une enquête criminelle en déclarant « Le message que j’envoie c’est que cet homme est innocent. Il faut le répéter haut et fort, parce qu’il y a eu erreur sur la personne. » A-t-elle même consulté ses conseillers avant de prendre une telle position publique ?

      Il y a visiblement eu dérive policière dans cette affaire et, selon mon point de vue bien imparfait, l'Esprit de corps qui se manifeste chaque fois qu'un policier est en situation de vulnérabilité a vraisemblablement influencé la décision d'incarcérer indûment M. Camara, qu'il y ait eu profilage racial ou pas.

      Madame la mairesse est reponsable de son service de police même si elle ne doit pas intervenir dans l'exercice de la justice ou des enquêtes. Elle a le pouvoir d'exiger que la formation des policiers soit revue afin de parfaire leur jugement lorsqu'ils se trouvent dans une telle situation, et que la hiérarchie policière approfondisse la culture de sa gouvernance et de sa déontologie.

      Ce qui est fait ne peut pas être défait, mais si on sait apprendre de nos erreurs, en voilà une que la mairesse n'a pas le droit d'ignorer et dont elle a la pleine responsabilité.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 février 2021 12 h 34

      M. Fortin, j'aime votre analyse qui me semble très sensée en ce qui concerne la réaction de M. Francoeur.IL ne faut pas oublier que ces gens-là, avec la pandémie, sont * sur le gros nerf*!

      J'observe le peu de gens que je rencontre: tout le monde est préoccupé stressé!

  • Nadia Alexan - Abonnée 10 février 2021 06 h 41

    La division des pouvoirs dans une démocratie est primordiale.

    Vous oubliez, madame Pelletier, que la séparation des pouvoirs législatif, exécutif, et judiciaire est un principe fondamental des démocraties représentatives.
    Madame Plante, la mairesse, devait se garder une petite réserve de ne pas accuser la police de racisme avant que l'enquête se termine. N'oublions pas, non plus, le fait que madame Plante a engagé une personne avec un passé controversé comme commissaire à la lutte contre le racisme systémique qui a soulevé les passions.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 10 février 2021 07 h 52

      Comme quoi...le bon jugement n'a pas de race et beaucoup de limites...

  • Gilles Delisle - Inscrit 10 février 2021 07 h 10

    Mme la maîresse et ses gaffes!

    Aprŝs l'affaire de l'engagement de celle qui a combattu ardemment la loi 21, poste à 140 000.$/an, Madame Plante a fait une sortie contre le Service de Police de la Ville pour mieux camoufler cette grossière erreur. Les Montréalais ne seront pas dupes, et se rappelront le temps de la prochaine élection venue!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 février 2021 09 h 42

      "Après l'affaire de l'engagement de celle qui a combattu ardemment la loi 21, poste à 140 000.$/an".

      Vous formulez un rappel très important!

    • Réal Nadeau - Abonné 10 février 2021 11 h 52

      Je ne savais pas mais je n'en suis pas surpris. Ellle ne semble pas du tout consciente de la précarité du frnçais à Montréal.
      Mais elle n'est pas seule...
      Il y a une saine laïcité qui est source de paix sociale à long terme.Étonnant qu'on ne voie pas ça.Et que la plupart des élus montréalais souffrent de cette myopie.Celle-ci ccache virtuellement des intérêts électoraux bien dissimulés et difficilement avouables...