Le prix de l’unité

Le discours d’intronisation du nouveau président américain, Joe Biden, était truffé de références historiques. Parmi les moins subtiles, il y a le parallèle que Biden tente d’établir entre sa détermination à « unir la nation » avec « son âme entière » et la résolution d’Abraham Lincoln au moment de la signature de l’Acte d’émancipation, qui devait mettre fin à l’esclavage.

Si Lincoln est le seul président américain que Biden cite, ce n’est pas un hasard. Plus loin dans son discours, il va même jusqu’à lancer : « Nous devons mettre fin à cette guerre incivile. » On a donc affaire à un président qui cherche à s’inspirer de la Reconstruction, soit les années 1865-1877, juste après la guerre civile, pour donner le ton à sa propre reconstruction, celle qui doit suivre le trumpisme. Il est vrai que cette première Reconstruction fut une époque porteuse d’espoir pour bien des Américains, mais aussi riche en leçons.

Un an après l’assassinat d’Abraham Lincoln en 1865, la majorité républicaine au Congrès put faire adopter une série de lois garantissant plusieurs droits civils, dont le droit de vote, aux hommes afro-américains récemment émancipés — et ce, malgré l’opposition du président démocrate, Andrew Johnson, ancien propriétaire d’esclave soucieux de ne pas s’aliéner les États du Sud. Avec ces nouveaux électeurs, le parti républicain de feu Lincoln a pu remporter les élections locales dans plusieurs États du Sud et adopter des politiques qui favoriseraient, peu à peu, l’amélioration des conditions de vie de la population afro-américaine.

Le ressac ne se fait pas attendre. Les sudistes démocrates — oui, les partis se sont en quelque sorte inversés depuis — ont recours à des milices lourdement armées comme la Ligue de l’homme blanc et les Chemises rouges afin d’intimider les électeurs noirs et d’organiser de la fraude électorale massive. C’est aussi à cette époque que le Ku Klux Klan prend son essor et instaure un régime de terreur auprès des communautés noires trop « ambitieuses ». Ensemble, ces groupes minent l’organisation électorale républicaine et menacent tous les potentiels électeurs non démocrates du Sud. En utilisant la violence pour saboter la démocratie, les anciens planteurs et autres vétérans confédérés arrivent à reprendre le pouvoir politique dans la plupart des anciens États sécessionnistes au cours des années 1870. C’est alors qu’ils s’empressent de voter un ensemble de lois que l’Histoire surnommera « Jim Crow ». On légalise la ségrégation raciale et on multiplie les obstacles à l’exercice du droit de vote des Noirs afin de solidifier la suprématie blanche pour les décennies à venir. On considère le plus souvent que la Reconstruction se termine en 1877, quand le nouveau président républicain Rutherford B. Hayes concède aux démocrates sudistes le retrait des troupes fédérales de l’ancienne Confédération en échange de leur soutien politique. Ainsi, il ne reste aux Afro-Américains du Sud aucune protection militaire contre le terrorisme domestique dont ils sont la cible. Il faudra attendre les mouvements militants des années 1960 pour que cet ordre politique fondamentalement raciste et violent — et donc antidémocratique — commence à se fissurer.

Si les États-Unis du XIXe siècle ont basculé aussi rapidement de la Reconstruction à Jim Crow, c’est notamment à cause de la préoccupation des élites politiques de Washington pour l’unité nationale. Pour mettre fin au conflit entre Américains blancs du Nord et du Sud, les républicains qui avaient milité pour l’abolition de l’esclavage ont sacrifié la génération des affranchis, leurs enfants et leurs petits-enfants. C’est pourquoi plusieurs observateurs préoccupés par le sort des communautés afro-américaines, latinas et autochtones se montrent inquiets lorsque Joe Biden s’ancre dans l’imaginaire de la guerre (in)civile pour annoncer que sa présidence se fera sous le signe de cette même unité. L’unité, certes, mais à quel prix ? Peut-on se « réconcilier » avec un adversaire qui cherche à supprimer nos droits ?

Quand on connaît l’histoire des États-Unis, on comprend qu’une partie de la population du pays a toujours été prête à saboter la démocratie pour maintenir le pouvoir blanc. Avec un slogan comme Make America Great Again, Donald Trump a réveillé et nourri ce goût pour la domination politique et a maintenu la violence, l’intimidation et la fraude. Mais il ne l’a certainement pas créé. Même après les victoires du mouvement des droits civils, le parti républicain n’a jamais cessé de renouveler ses tactiques de suppression du vote afro-américain ou présumé démocrate. C’est pourquoi, par exemple, les efforts d’organisation électorale d’une Stacey Abrams, qui ont permis l’élection de deux sénateurs démocrates en Géorgie au début de l’année, relèvent ni plus ni moins que de l’exploit historique.

Quand on connaît l’histoire des États-Unis, on sait aussi que les « réconciliateurs » centristes peuvent se transformer rapidement, selon les circonstances politiques, en fossoyeurs de droits de la personne. On comprend que la ligne est mince entre le compromis et la compromission. Et que l’alternance des partis au pouvoir ne garantit en rien l’accès à la « poursuite du bonheur » pour le plus grand nombre.

L’Amérique trumpiste existe, sous une forme ou une autre, depuis la fondation des treize colonies. Elle continue de se maintenir en place, au fil des siècles, parce que la mythologie nationaliste de l’Union est plus forte que celle de l’équité, de la justice — et même de la démocratie. On répète souvent que le problème, c’est que l’Amérique est divisée. En vérité, c’est plutôt que les élites bipartisanes s’entêtent à s’unir, quitte à laisser une partie grandissante du peuple derrière.

J’aimerais vraiment croire que cette fois-ci, ce sera différent. Mais je n’ai rien entendu, hier, qui puisse m’en convaincre.

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46 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 21 janvier 2021 06 h 18

    Les États-Unis d'Amérique et le monde ont entendu avec émotion la jeune poétesse Amanda Gorman récitée son poème « The hill we climb» qui présente l’histoire des États-Unis et invite le peuple américain venu de partout de se battre comme il s’est toujours battu pour la liberté, la démocratie et l’égalité entre tous les citoyens et toutes les citoyennes pour assurer et la promotion d’un avenir des jeunes générations.

    Vous présentez avec doigté l’histoire de la Guerre de sécession sans toutefois l’associer à l’industrialisation à laquelle les noirs libérés ont participé, comme ils ont participé à cette guerre avant le ressac en 1877.

    Ce ressac s’inscrit dans un contexte de crise économique mondiale de 1870 à 1910 provoquée par des mutations industrielles modifiant les assises économiques des États-Unis par une accélération de la production mondiale vers de nouveaux secteurs, qui ont contribué à une hausse d’un capitalisme à la recherche d’une main-d’œuvre servile assurée par l’immigration et le retour de l’esclavagisme dans plusieurs États.

    Les luttes ultérieures aux États-Unis, si elles ont concernés dans les années 1960 surtout les populations noires, elles furent aussi celle d’Américains issus de l’immigration avant et après 1960. C’est à ces luttes auxquelles Mme Gorman fit écho en les associant à la démocratie et à l’avenir qu’il revient aux jeunes de sa génération de se battre pour le leur comme l’ont fait les jeunes Américains au cours de l’histoire de ce pays quels que soient la couleur de leur peau.

    Aussi j’ai trouvé bizarre que vous n’ayez «rien entendu, hier, qui puisse (vous) convaincre» alors que les propos du président Biden, les personnes qui prirent la parole et celles présentes en témoignaient. Peut-être avez-vous regardé l’écran avec des lunettes biaisées et des idées préconçues ?

    • Cyril Dionne - Abonné 21 janvier 2021 11 h 48

      M. Bariteau, enlevez vos lunettes roses SVP. La moitié des Américains n'étaient au rendez-vous, vous savez, lautre 150 millions. Évidemment vous n'avez jamais vécu au États-Unis et c’est pour cela que vous pensez que tous vont s'unir main dans la main et chanter kumbaya. Le communautarisme est omniprésent aux USA. Tout le monde reste dans son coin ethnique et dogmatique, ceci, non seulement dans les états républicains, mais aussi dans les états démocrates. C’est comme à Montréal, Toronto ou Vancouver. Le « melting pot » est un mythe aux États-Unis.

      Ceci dit, tous soulignent la guerre de Sécession en occultant celle de 1776, vous savez, la guerre d’Indépendance qui alignait Anglo-Saxons monarchiques contre Anglo-Saxons républicains. Tous les coups de cochon qui font partis de l’acceptabilité sociale durant la révolution américaine deviennent l’opposée avec la guerre de Sécession qui était en fait, une guerre de même nature que celle de 1776. La guerre de 1861 n’avait rien à voir avec l’émancipation des noirs, mais c’était plutôt une guerre d’empire. En fait, tout comme la guerre d’Indépendance qui était une guerre civile.

      Vous dites que vous avez entendu des choses nouvelles hier et pourtant, Biden est un politicien professionnel (tout comme Bernie Sanders d’ailleurs) qui n’a rien fait dans sa vie à part de travailler pour se faire élire pendant 50 ans. Il était aligné auparavant avec les ségrégationnistes avant de changer de cap de peur de ne pas être réélu. Vous savez, être un politicien n’est pas une carrière. Et mon petit doigt me dit que tous les mots récités par Biden hier ne venaient pas de sa plume, mais de quelqu’un d’autre. Il serait curieux aussi de vérifier encore une fois si le plagiat n’était pas au rendez-vous, lui qui est passé maître dans ce domaine. Enfin, c’était le discours le plus niaiseux que j’ai entendu depuis belle lurette. Tout cela pour dire qu’il ne passera pas à l’histoire.

    • Jacques Patenaude - Abonné 21 janvier 2021 13 h 06

      M.Bariteau votre commentaire ouvre la porte au dépassement de la rancœur. Mme Nicolas dans sa chronique nous fait part des raisons compréhensible de cette rancœur qu'elle-même porte manifestement. On peut comprendre mais vient un temps où il faut la dépasser. Je ne vois pas en Biden un visionnaire mais au plus quelqu'un qui apaisera peut-être la colère des classes populaires américaines. Trump a su diriger la rancœur des classes populaires les unes contre les autres. C'est la raison de son succès à mon sens. Mais il faudra que cette rancœur fasse place à une alliance entre eux. Il est facile de donner en pâture un bouc émissaire quand on ne voit aucune possibilité de régler les problèmes que l'on vit. Aux USA les classes populaires se sont fait dire que leur passé serait pire que leur future. Tant que cela ne sera pas combattu il y aura toujours le réflexe de désigner des boucs émissaires. Cette vision unificatrice qui ne viendra pas probablement des politiciens actuels. Ça veut donc dire que ça ne peut venir que par des éléments nouveaux (pas nécessairement que des jeunes) provenant du peuple. Personnellement je dirais que là est la faiblesse du texte de Mme Nicolas dont le texte est un excellent rappel historique des raisons de la colère.

    • Claude Bariteau - Abonné 21 janvier 2021 13 h 55

      M. Dionne, un dernier sondage révèle que seulement 35% des Américains supportent l'ex-président Trump après la charge du 6 janvier. Alors, qu'est-ce qui vous permet de dire que l'autre 150 millions d'Américains n'était pas au rendez-vous ? Le fait que vous avez vécu aux États-Unis ? Un sondage récent ou simplement un calcul mathématique ?

      Effectivement, je n'ai pas vécu aux États-Unis plus de deux mois. J'ai par contre approfondi l’histoire de ce pays avant la période 1774-1781, au cours de laquelle il y eut des milices qui ont permis aux Britanniques de prendre le contrôle de la Nouvelle-France, celles de 1781-1787 et de 1810-1814, celle de la Guerre de Sécession, aussi les négociations économiques entre le Dominion et les États-Unis, les Deux Premières Guerres mondiales, la signature de l’entente de Yalta, l’ère Kennedy et les assassinats, la période Nixon, l’axe néolibéral sous Clinton après la chute du mur de Berlin, l’ALE et l’ALÉNA, le resserrement militaire sous Bush-fils, l’élection d’Obama, la crise de 2008, les oppositions accrues à l’interne découlant des effets du néolibéralisme de Clinton et l’accentuation des clivages raciaux sous Trump devenu promoteur du mondes des affaires et des Américains des États du centre.

      Tout ça ne fait pas de moi le spécialiste que vous affirmez être des divisions communautarismes et des clivages importants qui persistent dans cet État fédéral. Soit dit en passant, la guerre de 1774-1781 ne fut une guerre interne entre des immigrants monarchistes et autonomistes, mais entre le Royaume-Uni et son armée et une armée américaine instituée en 1774 par le Premier Congrès. Aussi, en 1783, plusieurs loyalistes ont quitté vers les provinces britanniques plus au nord avec des primes territoriales pour s'y établir.

      Que vous n’aimez pas Biden importe peu. Importe plutôt ce qu’il fera. Il l’a annoncé dans son discours et ça s’exprimera lors des deux prochaines années.

    • Nadia Alexan - Abonnée 21 janvier 2021 14 h 40

      On peut toujours espérer que les choses vont s'améliorer et lutter pour que la justice sociale aille triompher finalement.

    • Cyril Dionne - Abonné 21 janvier 2021 16 h 54

      Cher M. Bariteau, on essaie de tout faire pour que Trump ne se représente pas à l'investiture du parti républicain en 2024 parce qu'il gagnerait haut la main encore une fois. Lâchez-nous avec ces sondages bidons qui ne veulent rien dire. Ce sont les mêmes qui donnaient Biden avec une avance de 12 points à la dernière élection. Un nouveau parti politique risque de voir le jour aux États-Unis, si ce n'est pas la sécession tout simplement. La colère gronde encore plus fort dans les campagnes.

      Ce que plusieurs ne semblent pas comprendre à travers leur lorgnette du Québec, c'est que les Américains sont complètement différents des Québécois. Ceux qui votent républicain encore plus. Il n'y pas un once de socialisme aux États-Unis à part d'une très petite minorité que personne ne suivra jamais. Les Américains sont libertaires dans le coeur et en esprit. C'est de là que découle le rêve américain.

    • Claude Bariteau - Abonné 21 janvier 2021 19 h 22

      M. Dionne, sans la façon dont il a abordé la pandémie, il est probable que le président Trump eut été réélu. Le problème est là. Aussi ses efforts pour contester les résultats des élections, y compris son invitation à déranger les membres du Congrès le 6 janvier, ont abimé l'aura du président et son habilité à se présenter en victime.

      Je sais que les Américains ne sont pas socialistes, qu'ils différent des Québécois, sont réfractaires à l'intrusion de l'État fédéral dans les affaires des États membres de leur fédération et, surtout, estiment que cet État fédéral est leur mur de protection sur la scène internationale, un mur qu'ils ont contruit avec la guerre d'indépendance et continuellement consolidé de 1812 à aujourd'hui.

      Cela n'en fait toutefois pas des citoyens et des citoyennes irrespectueux de leurs institutions et de la façon dont s'exprime la démocratie aux États-Unis d'Amérique. Le président Trump, en les invitant à supporter ses contestations électorales et ses propos de vol et de fraude, remettait en cause la pratique de la démocratie et ses ancrages dans les États membres de la fédératon, qui sont responsables des règles des élections au sein de leurs États pour élire le président, les membres de la chambre des représentants, les sénatweurs et les grands électeurs.

      Il frappa un mur intérieur. Il est possible que naisse un troisième parti à la suite d'une scission au sein du parti républicain. D'ici là, le tandem Biden-Harris s'investira au cours de la première année de leur mandat à lutter contre la pandémie et la pollution mais aussi à supporter les moins nantis et à hausser le salaire minimum. Ça soulèvera peu d'opposition concernant la pandémie, mais plus dans les autres champs. De ces oppositions naîtront des divisions et des antagonismes chez les républicains et les démocrates. On verra, car en politique, rien n'est déterminé d'avance.

  • Yvon Montoya - Inscrit 21 janvier 2021 06 h 20

    «(...) la mythologie nationaliste de l’Union est plus forte que celle de l’équité, de la justice — et même de la démocratie. » c’est exactement cela que la présidence Trump souleva clairement durant sa présidence. Heureusement qu’a peine 30% de ceux et celles qui votèrent pour Trump sont des petits fous purs et durs. Mais vous avez raison, l’Amérique reste un pays largement coupé en deux, raciste et violent. Pour l’heure le travail reste immense car face a la haine c’est très difficile de se défendre démocratiquement. Le combat continue en écoutant en suivant la merveilleuse poétesse entendue hier au nom de Amanda Gorman: « Il y a toujours de la lumière si nous sommes assez courageux pour la voir. Si seulement nous étions assez courageux pour l'être. »

    • Cyril Dionne - Abonné 21 janvier 2021 11 h 50

      « Il y a toujours de la lumière si nous sommes assez courageux pour la voir. Si seulement nous étions assez courageux pour l'être. » Oui, cela devrait être facile de répéter cela au bout d'un fusil. Misère. Revenez sur terre.

  • Jacques Bordeleau - Abonné 21 janvier 2021 06 h 58

    Rien entendu

    Je comprends qu'hier vous n'ayez rien entendu pour vous convaincre. Moi non plus, à part les souhaits et les espérances, pour ne pas dire les voeux pieux, habituels et obligés d'un discours inaugural. Ce sera plus décent et présentable avec Biden-Harris, tant mieux, mais la fracture idéologique profonde qui profite si bien à l'oligarchie, les inégalités indécentes, l'indigence du filet social et sa géométrie variable, les coûts du business de l'éducation et de celui de la santé, l'attrait des armes, de la violence et de la mort, tout ça est bien présent et durable chez nos voisins, malgré la beauté, le luxe, la richesse et la bonne volonté affichés.
    Too big to fail, sait-on? Toi big to change, probablement.

    Jacques Bordeleau

  • Daphnee Geoffrion - Inscrite 21 janvier 2021 07 h 21

    Mme.Nicolas ne trouve rarement mieux que de regarder en arrière et tenter de nous convaincre que nous sommes figés dans le temps pour l'éternité, condamné à tourner en rond et répéter éternellement les mêmes erreurs .

    Plus je la lis plus je pense qu'elle est simplement misanthrope...

    • Pierre Vagneux - Abonné 21 janvier 2021 09 h 41

      J'aime ses articles car ils nous confrontent à notre "réalité" et parfois notre confort. Ils nous obligent à nous mettre à la place de "l'autre" surtout lorsque l'on porte un jugement. La nature des commentaires à ses articles démontre qu'elle réussit à nous "titiller", à s'insurger et comme dit le proverbe qui se sent morveux se mouche, On ne doit pas oublier les enseignements de l'histoire car ce sont des humains qui l'ont tissé.

      Le retour historique sur l'expérience américaine est certes utile pour comprendre notre voisin du Sud. Pour notre gouverne nationale , nous n'avons qu'à revisiter la chronologie des expériences canadienne et québécoise ou franco hors Québec et se mettre à la place de l'autre. Ces fameux rapports de dominant-dominé ou situation de pouvoir...

      Sans aller trop loin, notre voisin ou la nouvelle famille du bloc ou de la rue....ce qu'être acadien représente

    • Daphnee Geoffrion - Inscrite 21 janvier 2021 13 h 04

      Je ne suis pas convaincu qu'analyser le présent constamment en regardant en arrière avec autant d'assurance aide à comprendre une situation.

      Emilie Nicolas prend trop souvent cette approche en n'y ajoutant aucun ingrédient du présent.
      Tout est aveuglément directement et exclusivement en lien avec le passé, parfois très lointain.

      C'est un angle et un discour sans issue... je suis une optimiste et je crois en l'homme..même le blanc, le même qui a libéré ses ancêtres de l'esclavage, j'ai de l'espoir et je constate beaucoup de changement sociaux positifs depuis ma naissance, on fait des pas de géant. Mais elle tente de nous faire croire le contraire ou elle voit toujours le verre à moitié vide, ou elle ne sait pas que le changement demande du temps..

      Et elle écrit ici chaque semaine, alors le changement, je pense qu'il est arrivé.

    • Marc Therrien - Abonné 21 janvier 2021 18 h 07

      Si on s’en remet à la définition de Socrate rapportée dans le Phédon de Platon, on peut dire qu’au contraire madame Nicolas se préserve de la misanthropie en évitant de mettre sans artifice toute sa confiance en quelqu’un parce qu’elle le considère comme un être vrai, solide et fiable pour découvrir plus tard qu’il peut être aussi mauvais et peu fiable que ses semblables. On devient misanthrope à force d’être déçu des trop grandes attentes investies dans l’humain. Pour le reste, voir le verre à moitié vide ou à moitié plein dépend de ce qui se trouve dans le verre et de l’appréciation que l’on n’en a.

      Marc Therrien

    • Julie-Anne Lemaire - Abonnée 21 janvier 2021 21 h 55

      Tout à fait daccord avec M. Vagneux. Je lis avec grand intérêt les articles de madame Nicolas toutes les semaines. ses points de vue sont pertinents et nous invitent à voir le monde avec les lunettes de l'Autre. Maman d'enfants métisses comme elle, et ayant demeurée au pays de Mandela, ca fait belle lurette que je me suis mise à la place de l'Autre, C'est rafraichissant de la lire dans le Devoir et ca change de Christian Rioux et ses lecons sur à qui devrait s'identifier les haitiens du Québec.

    • Daphnee Geoffrion - Inscrite 22 janvier 2021 05 h 53

      À Mme.Lemaire,

      Je suis profondément anti raciste..je critique ici une façon de parler du problème.
      Je sais qu'être Métis apporte des défis je n'en doute pas, mais dans le combat contre le racisme chez les noirs, comme chez les autochtones, ce sont les métis souvent qui montent au front ou à qui nous donnons de l'exposition. Quand je lis Mme.Emilie, une femme métis provenant d'un milieu privilégié, et son acharnement à s'identifier à la problématique noire, je trouve que c'est une forme insidieuse d'appropriation culturelle, ainsi son regard sur " le monde", comme vous le dites est sûrement différent de Momar, un homme noir ébène qui vit dans Montreal Nord.

      Si on doit parler identité chaque semaine cessons l'ursupation de l'image, en fait la surexposition des métis dans le portrait télévisuelle et médiatique est une forme de racisme pour moi.

  • Esther Ross - Abonnée 21 janvier 2021 07 h 59

    L'unité demande des efforts des deux camps

    Mes espoirs de réconciliation sont faibles, car pour s'entendre, il faut vouloir s'écouter.