Lettre aux ados du Québec

Bientôt, vous aurez le monde entre vos mains. Ça arrivera plus vite qu’on le pense. Mais j’espère qu’on n’attendra pas d’y être avant d’admettre qu’on vous doit des excuses. Par « on », je veux dire la société tout entière. Le Québec d’aujourd’hui a failli à ses responsabilités envers vous. Vous êtes nombreux à vous en rendre compte déjà, je crois. La moindre des choses serait de faire preuve d’assez d’humilité et de sincérité pour vous en faire part et d’exprimer à quel point nous en sommes désolés.

Je vous écris ces lignes à la veille d’un reconfinement (le deuxième ? le troisième ?) au milieu d’une pandémie qui a tout chamboulé — à commencer par vos vies. Vous êtes assez vieux pour transmettre le satané virus, mais assez jeunes pour ne pas risquer d’en être trop malades si vous le contractez. Assez vieux pour qu’on s’en fasse moins avant de considérer pour vous l’enseignement en ligne et assez jeunes pour être profondément bouleversés par ces changements de vie. Assez vieux pour qu’on vous demande d’être productifs et de maintenir vos notes en temps de crise mondiale sans précédent, assez jeunes pour qu’on ignore vos voix et vos points de vue sur votre propre avenir.

Vous êtes pris dans cet étau, mais rien de tout cela n’est de votre faute. Vous êtes tout de même plusieurs à sentir les conséquences peser sur vos épaules. Ce n’est pas le cas de tout le monde, et c’est tant mieux ! Mais le constat est tout de même clair : de plus en plus d’ados se sentent déprimés, anxieux et isolés socialement. Le bulletin de janvier approche et, déjà, les profs estiment que près du tiers des élèves du secondaire seraient désormais en situation d’échec scolaire.

Je pense que c’est important de le répéter : ce n’est pas de votre faute. La société québécoise doit s’excuser envers vous parce que, trop souvent encore, on vous envoie le message que votre valeur en tant qu’être humain et votre place dans la société dépendent de vos notes. Je ne veux pas dire que la réussite scolaire est sans importance : dans le système d’éducation qu’on a, elle peut vous aider à avoir accès, plus tard, aux métiers ou aux professions qui sont alignés à vos passions. Mais les notes ne déterminent certainement pas ce que vous méritez : un environnement sain, des amis et une famille qui vous aiment et qui vous écoutent, une chance de vous épanouir et d’être heureux, des occasions de créer, de jouer, de rire, d’explorer, de vous exprimer et d’influencer le monde autour de vous.

Parfois, on vous envoie plus ou moins consciemment le message contraire, et ça contribue à vous rendre encore plus anxieux. Il faudrait vraiment qu’on arrête. Décidément, les adultes n’ont pas terminé leurs devoirs et leurs leçons.

Vos bulletins ne mesurent certainement pas tous vos talents ni vos habiletés personnelles. Le système scolaire n’évalue pas encore très bien, par exemple, si vous êtes des humains empathiques, qui cherchent à être présents les uns pour les autres. On ne calcule pas non plus si vous avez un sens de la justice, si vous êtes serviables pour les gens autour de vous, si vous vous préoccupez du sort du monde, au-delà de votre nombril.

En ce moment, le gouvernement estime que près d’un Québécois sur trois ne respecte plus les consignes de santé publique, pourtant mises en place pour sauver des vies. On peut blâmer en partie le gouvernement, sa façon de communiquer. La fatigue qui s’installe depuis des mois est aussi en cause.

Mais c’est aussi, un peu beaucoup, parce que notre société, tant à l’école qu’ailleurs, n’accorde pas d’importance à cette empathie, à ce souci des uns pour les autres. On vit dans un monde où les adultes parlent beaucoup plus souvent de liberté que de responsabilité. Il y a plusieurs endroits, ailleurs sur la planète, où c’est différent. Et on s’en sort mieux là-bas, généralement, face à cette pandémie.

Par exemple, il y a plusieurs adultes qui ont décidé de voyager dans le Sud cet hiver, même si cela pose des risques importants pour notre système de santé ici comme pour les gens qui vivent là-bas. Je suis certaine que plusieurs d’entre eux étaient très bons à l’école en maths, en français ou en sciences et qu’ils ont maintenant des professions « importantes » qui font d’eux des modèles de « succès ». Mais ils sont aussi en situation d’échec, quelque part. Il y a des choses très importantes — appelons ça un sens du devoir civique — qu’on n’a jamais pris la peine de leur enseigner à l’école.

Cet échec de bien des adultes quant au sens du devoir civique, de la responsabilité et de l’empathie mène à bien des problèmes. Entre autres, la difficulté de vous écouter même quand vous vous mettez en grève pour exiger de l’action pour contrer les changements climatiques, cette autre urgence mondiale qui frappe votre génération de plein fouet. Là-dessus aussi, la société bloque la route de votre succès. Je sais que vous le sentez et qu’ici, je ne vous apprends pas grand-chose.

Je vous écris aujourd’hui parce que je suis inquiète. J’ai peur qu’avec tous ces confinements, ces difficultés scolaires et ce manque d’écoute, vous vous sentiez comme si vous aviez un problème ou comme si vous n’étiez pas tout à fait à votre place, et que ça mine votre confiance en vous.

Ce n’est pas vous, le problème. C’est nous.

Malgré tout le travail et les efforts, malgré le dévouement et l’amour de vos parents et de vos profs, il y a le système, la bureaucratie, la politique, et certains points faibles de notre culture qui font que, globalement, ensemble, comme société, on est incapables de vous donner tout ce que vous méritez dans cette crise, et par-delà cette crise.

On vous doit, donc, de sincères excuses. Et on doit s’engager envers vous à faire mieux. Beaucoup mieux.

En attendant, je vous souhaite tout le courage, et aussi tout le soutien de vos proches dont vous avez besoin pour la nouvelle année.

Tenez bon.

61 commentaires
  • Pierre Cardinal - Abonné 7 janvier 2021 07 h 24

    Québec bashing

    Madame Nicolas, votre biais multiculturaliste fédéraliste est odieux et obtu. Pourquoi est-ce que vous vous attaquez au Québec et non pas au Canada ? Pourquoi est-que le titre de votre lettre d'opinion n'est pas "Lettre aux ados du Canada" car tout ce qui est mentionné dans cettre lettre peut facilement s'appliquer aus ados de tout le Canada. Un peu comme en économie où les pertes sont socialisées et les gains privatisés, pour vous il est plus rentable de diaboliser le Québec et de déifier le Canada comme beaucoup d'autres sans vouloir reconnaître qu'une des plus grandes faiblesses du Québec provient de son appartenance au Canada mais c'est ce qui a été décidé démocratiquement. Je tiens à vous rappeler que le Québec n'est toujours pas un pays et que sa constitution est canadienne, on demande souvent au Québec de se comporter comme un pays bien qu'il n'en soit pas un (exemple, mesures contre la COVID appliquées dans d'autre pays versus celles appliquées au Québec). Je ne vous demande pas de devenir indépendantiste mais de bien comprendre que le pays dans lequel vivent ces ados est le Canada, et qu'en conséquence vos reproches ne devraient pas taire cette vérité.

    • Sébastien Arcand - Abonné 7 janvier 2021 08 h 34

      Et quel est le rapport avec le texte de Mme Nicolas? Il y est question de confinement et de mesures ainsi que d'éducation, tout cela relève du Québec. Vous devriez vous réjouir que la chroniqueuse pose un regard sur le Québec et non sur le Canada que vous onissez tant. Dès que cette dernière prend la plume, plusieurs n'hésitent pas à critiquer ses chroniques pour des raisons qui n'ont souvent aucun lien avec le contenu de ces dernières.

    • Claude Paradis - Abonné 7 janvier 2021 08 h 43

      C'est n'importe quoi! C'est loin d'être du Québec bashing. Cette lettre en est une de bienveillance envers les jeunes. J'avoue que je suis étonné de la manière dont vous interprétez le propos d'Émilie Nicolas.

    • Pierre Rousseau - Abonné 7 janvier 2021 08 h 51

      J'ai dû relire le texte de Mme Nicolas quelques fois pour tenter de trouver où elle déifiait le Canada et je ne l'ai pas trouvé. La santé c'est de compétence provinciale dans cette damnée constitution et le Québec fait piètre figure par rapport aux autres provinces de ce pays d'enfer, dans sa propre compétence! La destruction de notre système de santé a été causé en grande partie par nous-mêmes avec le bon Dr Barrette élu par... les Québécois. Il est vrai que le fédéral est en partie en cause en réduisant ses contributions mais, encore là, on aurait pu faire autrement, on aurait pu établir nos propres priorités, ce que nous avons fait au détriment du système de santé.

    • Louise Collette - Abonnée 7 janvier 2021 09 h 06

      Merci Monsieur Cardinal de remettre les pendules à l'heure.

    • Cyril Dionne - Abonné 7 janvier 2021 10 h 28

      Totalement d'accord avec M. Cardinal. Du Québec « bashing » à l'état pure. Tout ceci n’a rien à voir le rendement scolaire. Vraiment pas. Il faudrait expliquer à certain que les notes reflète un apprentissage des connaissances et des compétences qui les suivront toute leur vie et que personne ne peut leur enlever. Apprendre, ce n’est pas pour les autres, mais pour notre propre bienfait. Oui, misère.

      Une chance que le ridicule ne tue pas. « Ben » oui, les adultes ont failli à la tâche et ont fait fi de leurs responsabilités. Misère. Est-ce que c’est pour cela que les 1 à 29 ans représentent plus d’un tiers des contaminés? Mais eux, ils s’en fichent carrément parce qu’ils n’en meurent pas et très rarement en sont malades. C’est la génération silencieuse, oui ceux qui ont fait tous les sacrifices qui en paient de l’insouciance des jeunes par leur vie.

      On parle ici de la génération le plus individualiste qui a foulé le sol québécois. La génération des « selfies », des iPhones, des « likes » qui sème le vent tout en éteignant la chandelle de la communion sociétale sans récolter la tempête. Il faut avoir enseigné et avoir interagit avec les adolescents pour comprendre cette équation. Une société devient affaiblie, provisoire et passagère lorsqu’elle ne sait refondre l’hyper-individualisme qui l’a fait née. Le Québec repose maintenant sur un socle consacré à l’égoïsme d’où émane cette solitude qui est amplifiée durant cette crise sanitaire. Cette maladie de l’individualisme qui ne veut rien savoir des responsabilités et des conséquences qui en découlent, à même le culot de venir nous parler de liberté. Les droits deviennent inaliénables lorsqu’on en accepte les responsabilités.

      Cette lettre consacre non pas la bienveillance envers les jeunes, mais bien leur égoïsme. Oui, la génération nombril. C'est cela, le déclin de l'empire américain.

    • Jean Richard - Abonné 7 janvier 2021 11 h 08

      « Lettre aux ados du Québec »

      « Le Québec d’aujourd’hui a failli à ses responsabilités envers vous. »

      « La société québécoise doit s’excuser envers vous »

      « le gouvernement estime que près d’un Québécois sur trois ne respecte plus les consignes »

      « Il y a plusieurs endroits, ailleurs sur la planète, où c’est différent. Et on s’en sort mieux là-bas »

      « certains points faibles de notre culture qui font que, globalement, ensemble, comme société, on est incapables de »

      À la lecture de ces six extraits, qui peut encore affirmer que le dénigre-Québec soit totalement absent de la lettre de Mme Nicolas ? Les allusions aux « faiblesses » du Québec sont trop nombreuses pour passer inaperçues. Le choix des mots pour émettre une idée n'est jamais totalement gratuit.

    • Jacques Patenaude - Abonné 7 janvier 2021 11 h 10

      Bien d'accord avec ceux qui ne voient pas l'éternel débat fédéraliste-indépendantiste dans son commentaire. Au contraire j'y vois pour la première fois une chronique de sa part où elle s'inclue comme québécoise soucieuse du sort des adolescents québécois. Je me réjouis aussi de cette phrase "On vit dans un monde où les adultes parlent beaucoup plus souvent de liberté que de responsabilité. " Si la pandémie aura eu une seule bonne chose c'est de nous avoir rappelé que la liberté suppose aussi une responsabilité face à la collectivité. Bravo je la félicite de prendre position dans ce sens. La reconnaissance de l'existence d'un bien commun qui va au-delà de la liberté individuelle est une leçon que tous devront retenir de cette pandémie.

    • Claude Paradis - Abonné 7 janvier 2021 12 h 42

      Vous auriez préféré qu'elle se réfère à ce qui se passe en Aberta ou au Congo?

  • Claudette Bertrand - Abonnée 7 janvier 2021 07 h 27

    Le fouet......et la carotte

    Eh bien Madame Nicolas commence l'année armée du fouet de la repentance. On ne la sent pas vraiment prête à s'autoflagellée, mais elle n'hésite pas à culpabiliser tous les adultes du Québec, et le Québec lui-même dit t'elle qui a lamantablement échoué à forger une société démocratique et ampathique. Mon dieu madame dans quel monde vivez-vous? À moins que c'est tout simplement que vous cherchez à vous faire du capital politique auprès des jeunes. Votre mea culpa, si peux senti, car vous ne vous accusé de rien, n'est que poudre aux yeux. En fait vous nous dites que vous êtes le phare qui illuminera la nouvelle génération, et en bonne future politicienne vous les déchargez de toute responsabilité.

    • Claude Paradis - Abonné 7 janvier 2021 08 h 41

      Moi, je trouve au contraire que Mme Nicolas nous offre un magnifique témoignage. Votre message, à vous, m'apparaît mesquin. Désolé.

    • Marc Pelletier - Abonné 7 janvier 2021 14 h 29

      M. Paradis, votre propos tombe pile : bravo !

      @ Mme.Nicolas : merci de remettre les points sur les i en disant : " Ce n'est pas vous, le problème. C'est nous. "

    • Marc Pelletier - Abonné 7 janvier 2021 14 h 29

      M. Paradis, votre propos tombe pile : bravo !

      @ Mme.Nicolas : merci de remettre les points sur les i en disant : " Ce n'est pas vous, le problème. C'est nous. "

  • Claudine Laurendeau - Abonnée 7 janvier 2021 07 h 59

    Enfin!!!!

    Merci Madame Nicolas de donner ENFIN une voix à nos ados!

    • Jean-Charles Morin - Abonné 8 janvier 2021 00 h 00

      "Merci Madame Nicolas de donner ENFIN une voix à nos ados!" - Claudine Laurendeau

      Si les ados ne font qu'attendre qu'on leur donne tout cuit dans le bec de quoi avancer dans la vie, y compris leur propre voix et la parole qu'ils devraient prendre, ils ne sont pas sortis du bois.

      Rien ne dit qu'ils diraient alors ce que Madame Nicolas leur fait dire. Cette dernière les instrumentalise pour régler ses comptes avec la génération qu’elle voit en situation de pouvoir, celle qui d’après elle est accablée de tous les défauts : après le racisme et le sexisme, voici le générationnisme.

      En ce qui me concerne, je ne laisserais à personne le soin de parler à ma place, surtout pas Madame Nicolas.

  • Raynald Rouette - Abonné 7 janvier 2021 08 h 07

    Qui nous?


    Encore et toujours ce ton moralisateur qui divise plutôt que de nous rassembler.

    Le Québec vit tout simplement les conséquences de deux rendez-vous manqués en 1980 et 1995.

    Les Québécois de tout horizons ont fait des choix qu'il faut assumer aujourd'hui. Cette dernière génération d'adolescents n'est pas la seule à avoir à en subir les conséquences. Le déclin de la société québécoise a débuté au lendemain du référendum de 1995. Faites une rétrospective sérieuse de ce que le Québec était dans les années 70, 80 et 90 par rapport aux années 2000 à aujourd'hui. L'image en est très claire...

    • Claude Paradis - Abonné 7 janvier 2021 10 h 14

      J'ai enseigné pendant 30 ans. Fraîchement retraité, je ne suis pas pour autant détaché de ces jeunes que j'ai accompagnés pendant 30 ans. Je sais qu'ils ont un immense besoin de reconnaissances diverses, dont celles qui concernent leurs compétences et leurs capacités, mais aussi celles qui entraînent le sentiment d'appartenance à un groupe. Pour se définir, un adolescent compte sur ses amis, sur ses parents et sur le contact qu'il entretient avec certains de ses professeurs, ces autres adultes chez qui il découvre souvent un message similaire à celui de ses parents, mais transmis sous un autre angle, d'une autre façon. Je m'inquiète pour cette jeunesse, je suis d'accord avec Mme Nicolas que c'est nous qui sommes responsables de ce qui arrive, pas eux, même si c'est eux qui en paieront le plus grand prix.

    • Raynald Rouette - Abonné 7 janvier 2021 14 h 30


      La Charte canadienne a transformé le Québec en profondeur. De société distincte, (il n'était ni la France ni les USA), ce qu'il est malheureusement en voie de devenir par le militantisme radical qu'il subit. Il a été transformé en un monde multiculturel, disparate et communautariste. Si le NOUS auquel fait référence madame Nicolas est celui-ci, je suis d'accord...

    • Jean-Charles Morin - Abonné 7 janvier 2021 21 h 12

      "Je m'inquiète pour cette jeunesse, je suis d'accord avec Mme Nicolas que c'est nous qui sommes responsables de ce qui arrive, pas eux, même si c'est eux qui en paieront le plus grand prix." - Claude Paradis

      Autrement dit: "ce n'est pas eux, c'est encore vous, les blancs hétéros de souche entre deux âges qui jouissent de la richesse et des leviers du pouvoir".

      Je ne crois pas que personne ne puisse ëtre tenu responsable de la venue d'une pandémie qui s'est déclenchée dans une ville en Chine, à l'autre bout de la planète. Certes, on peut toujours critiquer la manière utilisée pour réagir à ce type de phénomène qui n'arrive qu'une fois tous les cent ans. Évidemment, pour les gérants d'estrade qui jugent après-coup, rien n'est jamais fait correctement mais force est d'admettre que les dirigeants en place ont fait ce qu'il ont pu dans la mesure des informations et des moyens dont ils disposaient. Nos ados, si on les imagine devenus adultes, auraient-ils accompli davantage dans des conditions similaires?

      Le temps est à l'entraide et aux actions concertées, pas aux jugements de valeurs, à la recherche des boucs émissaires et à la distribution des blâmes et aux excuses des âmes contrites. Ces dernières, que la chroniqueuse réclame, sont sans objet, sans effet et ne règleront rien. Tout au plus constitueront-elles un faux-fuyant commode pour dédouaner ceux qui cherchent à s'attribuer une quelconque noblesse bien-pensante.

    • Claude Paradis - Abonné 8 janvier 2021 09 h 08

      «Nos ados, si on les imagine devenus adultes, auraient-ils accompli davantage dans des conditions similaires?» Jean-Charles Morin! Nos ados feront les mêmes erreurs sans doute, ce sont des humains, et alors ils recevront le blâme qu'ils mériteront. Là, je m'excuse, mais notre train de vie est en grande partie responsable de ce que nous récoltons. Et nous élevons dans cet environnement. Depuis une trentaine d'années, la croissance du nombre de voyages explose; le nombre de foyers où l'on trouve plus d'une voiture ne cesse d'augmenter, et on pourrait continuer mais ça n'ajouterait rien. C'est le réflexe du «moi, je»: j'ai assez travaillé, j'y ai droit; je paie des impôts, j'ai droit d'abuser... Nous sommes responsables de notre mode de vie, notamment parce que nous refusons d'en prendre conscience et de reconnaître que nous pouvons changer nos comportements.

  • Alexandre Jolicoeur - Abonné 7 janvier 2021 08 h 21

    Merci de la part de nos adolescent.es

    J'espère que plusieurs adolescent.es vont vous lire car je crois que votre message leur fera un bien fou!
    Votre texte fait écho à ce que ma fille de 15 ans vit et comment elle perçoit toutes ces "injustices" face à sa génération, que ce soit en lien avec la pandémie ou les changements climatiques.
    J'apprécie particulièrement l'empathie et la bienveillance dont vous faites preuve avec les adolescent.es en essayant de vous mettre à leur place et en offrant un regard alternatif sur la "réussite" scolaire.
    Nous sommes plusieurs parents de jeunes à nous inquiéter en voyant nos jeunes dépérir, pleurer tous les jours, se sentir dévastés, en colère, démotivés. Et quand je lis depuis 9 mois des commentaires ou des articles disant "à votre âge, d'autres ont fait la guerre, on vous demande juste de rester à la maison, venez pas vous plaindre" (c'est en partie vrai), je trouve qu'il y a peu de reconnaissance de la souffrance que peuvent vivre nos jeunes aujourd'hui! Comme si encore une fois, on devait passer l'examen de passage pour savoir qui est en droit de se sentir mal ou pas...
    Bref, tout ça pour dire que votre article me touche et que j'aimerais plus souvent lire des articles comme le vôtre. Merci !