Rebond du Fonds

La performance semestrielle des fonds fiscalisés vient témoigner de la vigueur du rebond de l’économie québécoise depuis mai. Si la deuxième vague de COVID-19 vient engourdir ce réveil, le rythme de croissance devrait être retrouvé dès le deuxième trimestre. Cette lecture vient de Gaétan Morin, président et chef de la direction du Fonds de solidarité FTQ. L’institution québécoise a publié à la fin de 2020 des résultats du premier semestre clos le 30 novembre faisant ressortir un rendement de 11 %. Une semaine plus tôt, Fondaction indiquait également avoir inscrit un rendement de 11,8 % au terme de son premier semestre de l’exercice 2020-2021.

Le Fonds de solidarité a comptabilisé un bénéfice de 1,6 milliard après six mois pour pousser l’actif net à 15,6 milliards au 30 novembre et la valeur de l’action à 49,11 $, en hausse de 11 % par rapport à celle de 44,24 $ établie au 31 mai. Sur 12 mois le rendement se situe à 6,3 %. Les rendements composés annuels, sans tenir compte des crédits d’impôt de 30 % à l’achat, se situent à 7,7 % sur trois ans, à 7,9 % pour cinq ans et à 7 % pour 10 ans, indique le Fonds.

L’institution avait terminé son exercice le 31 mai avec un rendement sur 12 mois de 0,8 % refroidi par la performance négative de 4,2 % observée au deuxième semestre sous les effets de la pandémie. Cette crise avait également provoqué une demande de rachats de 3 milliards de dollars. « Nous sommes, depuis, revenus à la normale, sur nos cibles, à des niveaux de rachats d’avant-crise », souligne Gaétan Morin. Le nombre d’actionnaires atteignait les 705 600 à la fin de novembre, contre « un peu plus de 700 000 » un an plus tôt et 707 900 à la fin de mai. Un actionnariat rajeuni par l’arrivée d’un nombre accru d’épargnants âgés de moins de 40 ans. En outre, 79 % des flux viennent désormais de l’épargne par retenue sur le salaire, ce qui se traduit par un apport plus constant en capitaux.

Rebond de l’économie et des marchés

Le Fonds a ainsi pu tirer parti du rebond, tant de l’économie que des marchés financiers. Pour sa part, la juste valeur des investissements en capital de développement est revenue à 10,2 milliards au 30 novembre dernier, légèrement sous les 10,4 milliards au 31 mai et au 30 novembre 2019. « Beaucoup de secteurs d’activité ont très bien performé durant la deuxième portion de l’année. Une grande majorité d’entreprises a profité de la récupération robuste de l’été. »

Gaétan Morin ne peut que saluer la vitesse de récupération de l’économie québécoise après la paralysie printanière imposée en réaction à la crise sanitaire. Le PIB du mois d’août est revenu à 97 % de celui de février. Pour sa part, l’emploi a augmenté de 709 700 entre mai et novembre, reprenant 86,5 % des 850 000 emplois perdus entre février et avril.

Le niveau de l’emploi de novembre est maintenant à 97,5 % de celui de février. « Le taux de chômage ne reviendra probablement pas de sitôt à son niveau de 4,5 % de février, mais à 7,2 %, il se situe tout de même bien en deçà des 17 % d’avril », précise-t-il.

Il applaudit également le soutien gouvernemental, Ottawa s’engageant plus que tout autre gouvernement du G20 pour contrer les effets de la pandémie et soutenir les revenus. « On n’a peut-être pas évité une catastrophe économique, mais pas loin », dit-il. Au Fonds, au plus fort de la crise, quelque 1300 des 3329 entreprises partenaires se sont prévalues de l’offre de l’organisation de reporter de six mois le paiement de leur prêt.

Les ménages aussi ont pu encaisser le choc. Le taux d’épargne a même atteint un record de 27,5 % au deuxième trimestre, pour se maintenir à un niveau historiquement élevé de 14,6 % au troisième, retient le dirigeant du Fonds. Bref, « la capacité de rebond est là ».

M. Morin demeure optimiste pour 2021, malgré l’apparition et l’intensification de la deuxième vague. Encore en décembre, il s’en tenait à son scénario le plus probable d’une reprise en U avec un retour au niveau prépandémie en 2022. « Cette deuxième vague vient ajouter plus de volatilité et d’incertitude. D’autant qu’on n’en mesure pas encore l’ampleur. Mais on connaît le virus. » Gaétan Morin croit que l’économie québécoise ne sera pas plongée dans un confinement aussi sévère qu’au printemps. Il mise sur un retour en force au deuxième trimestre, alimenté par les dépenses de consommation et les investissements des entreprises visant leur modernisation et leur virage numérique. Sans oublier la disponibilité non pas d’un, mais de plusieurs vaccins.

Et le Fonds, avec son objectif d’un milliard en investissement prévu cette année, consolidera son accompagnement. Un engagement ancré sur l’investissement d’impact et sur des projets structurants favorisant la transition énergétique.

« De nouveaux métiers s’ouvrent à nous », croit Gaétan Morin.

1 commentaire
  • Françoise Labelle - Abonnée 5 janvier 2021 07 h 38

    Les bienfaits du revenu minimum garanti

    N'est-ce pas la preuve que le ruissellement vers le haut de Keynes est beaucoup plus efficace que le ruissellement vers le bas (l'enrichissement des quelques riches) que la droite radicale nous impose mordicus depuis les années 80?
    C'est de la droite radicale et non du conservatisme puisque c'est le ruissellement vers le haut qui a fait le succès des trente glorieuses.
    Dire que le dictateur au sud invoque la crainte du socialisme alors que son gouvernement applique le revenu minimum garanti depuis plusieurs mois et que la bourse-casino folâtre dans l'exosphère.