Réveil des petites capitalisations

Les résultats de Fondaction le confirment et ceux du Fonds de solidarité FTQ devant être annoncés le 30 décembre le valideront. Les rendements ne sont plus le monopole des GAFA. Les plus petites capitalisations ont aussi été emportées par l’envolée des cours, et 2021 devrait leur être favorable. Les placements privés n’y échappent pas.

Fondaction a annoncé que son rendement au premier semestre terminé le 30 novembre a été de 11,8 %, poussant la valeur de l’action à 14,07 $. Au deuxième semestre de l’exercice clos le 31 mai dernier, l’institution avait comptabilisé un recul de 0,6 %. Ainsi, sur 12 mois, le rendement offert à l’actionnaire a été de 11 %, sans tenir compte des crédits d’impôt de 35 % consentis lors de l’achat des actions. Fondaction ajoute que le rendement sur les investissements en capital de développement a été de 14 %.

Bref, l’euphorie des marchés, hier concentrée autour des grandes valeurs technologiques, s’est étendue aux plus petites capitalisations.

Il a été dit en octobre que le décrochage entre la conjoncture économique et l’envolée des places boursières après leur sévère correction printanière s’expliquait par le poids des géants de la technologie, qui accaparent facilement 40 % de la capitalisation du S&P 500. D’ailleurs, le Nasdaq était en hausse de 23 % depuis le début de l’année, alors que le Russell 2000, représentatif des petites sociétés, était en recul de 7,7 % à ce moment-là. Dans sa revue des marchés de septembre, René Julien, directeur des investissements chez le gestionnaire privé Blue Bridge, disait :« Supprimons les Facebook, Amazon, Netflix, Microsoft, Apple et Alphabet. Depuis le début de l’année, ces six titres ont affiché une impressionnante hausse de 56,6 % [au 31 août]. Pourtant, les 494 autres noms du S&P ont connu une baisse de 1,4 %. »

L’automne est venu ajouter plus de profondeur à l’élan pour déborder vers les petites capitalisations, un segment appelé à maintenir l’attention sur lui l’an prochain. L’indice américain Russell 2000 a bondi de 10 % en novembre, pour pousser son cumul depuis le début de l’année à 20,6 %. Au Canada, un Fonds négocié en Bourse (FNB) petite capitalisation de BMO affichait une augmentation de 15 % le mois dernier, poussant son rendement sur un an à 18,5 %. Ici, le FNB Banque Nationale Québec a fait du 14 % en novembre, portant son gain à 21 % en six mois, mais tout en demeurant en recul de 2,7 % depuis le début de l’année.

Il en est ressorti un contraste avec l’indice de référence S&P/TSX, qui a fait du 3 % en novembre, du 13 % en six mois et du 3,2 % depuis le début de l’année.

Malgré les limites de la comparaison associées notamment à la composition des différents indices, cet écart favorisant les petites capitalisations s’observe généralement en période de reprise anticipée de l’activité et de croissance économique. Et les entreprises publiques québécoises s’en trouvent généralement favorisées, notamment en raison d’une proportion plus grande d’entreprises sous contrôle familial, souvent sous le jeu d’actions à vote multiple.

Perspectives 2021

Et 2021 devrait leur être favorable. « L’actualité positive sur les vaccins a éliminé le scénario du pire pour la reprise économique, rendant les titres sensibles au cycle conjoncturel, y compris les petites capitalisations, plus attrayants », écrit Blue Bridge. « Au quatrième trimestre de 2020, les actions à valeur ajoutée et les actions à faible capitalisation se sont redressées, alors qu’elles avaient fortement tiré de l’arrière par rapport à leurs homologues de croissance et à grande capitalisation au cours des dernières années. Malgré cette inversion à court terme, nous considérons que des tendances à long terme sont à l’œuvre et nous conservons une position relativement neutre à l’égard de la valeur par rapport à la croissance, tout en surpondérant les actions à faible capitalisation par rapport aux actions à faible volatilité », ajoute BMO Gestion mondiale d’actifs.

Le gestionnaire Mirabaud oriente également sa stratégie d’investissement en fonction d’un rebond « substantiel » de la croissance et des révisions haussières des bénéfices des entreprises. L’exposition en actions est augmentée afin de miser sur les entreprises affichant « un fort potentiel de rattrapage, ainsi que des petites et moyennes capitalisations, qui seront soutenues par la reprise économique […] La surperformance des secteurs cycliques devrait se poursuivre ».

À cet engouement se greffe un intérêt pour les titres de qualité dans le domaine de la santé et de la technologie, et pour la diversification offerte par les investissements réels et les placements alternatifs.

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