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Bulletin ministériel

La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, est la nouvelle étoile du gouvernement Legault. Sa nouvelle version du projet de loi visant à accélérer la construction d’infrastructures, bloqué au printemps dernier, a été adoptée. L’entente de principe conclue avec les infirmières de la FIQ constitue une rare bonne nouvelle pour le réseau de la santé. A

Après sa descente aux enfers consécutive au congédiement injustifiable de l’agronome Louis Robert, le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne s’est ressaisi et a multiplié les initiatives. Sa politique d’autonomie alimentaire lui a valu des éloges. Sans doute le plus beau retour de l’année. A

Le ministre du Travail et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, est un autre hyperactif, qui a été très présent depuis le début la pandémie. Il a présenté un projet de réforme de la santé et de la sécurité au travail qui était attendue depuis des années. Il a toutefois tendance à aimer un peu trop les caméras de télévision. A-

La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a remplacé très efficacement le premier ministre lors de ses absences de l’Assemblée nationale ou durant les points de presse. Ses propos ambigus sur le tracé du tramway de Québec ont cependant créé de la confusion sur les intentions du gouvernement. A-

Dans le contexte rendu particulièrement difficile par la mort tragique de Joyce Echaquan, le nouveau ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, a créé une bonne première impression et a réussi à reprendre avec les Premières Nations un dialogue qui était rompu. Son projet de loi sur les enfants autochtones disparus ou morts est de bon augure. B

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, est un bien meilleur commentateur que sa prédécesseure, mais il ne pouvait pas faire de miracles. Le Québec a moins fait figure de cancre durant la deuxième vague de la pandémie et il a réussi à redonner au réseau de la santé une direction qui faisait défaut durant la première. Il a toutefois reconnu que le gouvernement aurait dû s’occuper de la ventilation dans les écoles durant l’été. B

La mise à jour économique présentée par Eric Girard comporte de nombreuses inconnues, mais la situation financière du Québec demeure moins inquiétante que celle de la plupart des autres provinces canadiennes. Le traitement royal offert par Loto-Québec à des mafiosi qui blanchissaient de l’argent dans ses casinos était pour le moins gênant. B

La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, a réussi à conclure avec Ottawa une entente de 1,8 milliard sur la construction de logements sociaux qui a nécessité près de trois ans de négociations. B

Simon Jolin-Barrette était certainement ravi d’échanger l’Immigration, où il n’avait connu que des déboires, pour la Justice. Son projet de loi sur les indemnisations des victimes d’actes criminels constitue une avancée certaine. La confrontation fait partie de son rôle de leader parlementaire, mais la relation de confiance qui doit exister avec les partis d’opposition apparaît fragile. Les « mesures costaudes » qu’il a annoncées pour renforcer la loi 101 se font toujours attendre. B-

Le ministre des Richesses naturelles et de l’Énergie, Jonatan Julien, a relancé une pâle version du Plan Nord, qui ne fait plus miroiter des investissements privés qui avaient des airs de mirage. Moins spectaculaire, mais sans doute plus réaliste. B-

Le projet de loi sur la protection du patrimoine culturel présenté par la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, devrait en principe prévenir les démolitions sauvages autorisées par des municipalités sans que personne en soit avisé. L’abandon du projet de transformation de la bibliothèque Saint-Sulpice envoie toutefois un signal inquiétant. L’aide supplémentaire accordée aux organisations culturelles frappées par la pandémie était la bienvenue, mais cela n’améliore pas le sort des artistes qui se retrouvent sans contrats. B-

La ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, a fait adopter le projet de loi qui reconnaît enfin la contribution des proches aidants. Il était sans doute injuste de lui attribuer toute la responsabilité de l’hécatombe dans les CHSLD, mais elle s’en est trop facilement lavé les mains et a fait bon marché de la solidarité ministérielle en dénonçant le peu de pouvoir que lui accorde le premier ministre. B-

Après une semaine de grève, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a pu conclure une entente avec les éducatrices en garderie. Dénoncer les compressions budgétaires imposées par « l’ancien gouvernement » ne règle cependant pas le problème de la pénurie de main-d’œuvre qui nuit au développement du réseau. C

Les Relations internationales ne surchargeaient manifestement pas Nadine Girault, à qui M. Legault a aussi confié l’Immigration. Elle a assoupli le Programme d’expérience québécoise (PEQ) sur lequel son prédécesseur s’était cassé les dents. Le groupe d’action contre le racisme qu’elle copréside s’est fait imposer dès le départ sa conclusion par le premier ministre : il n’y a pas de racisme systémique au Québec. C

Alors que les gens ne voyagent pas, que les restaurants, les bars et les salles de spectacle sont fermés, on peut difficilement imputer à la ministre Caroline Proulx les malheurs de l’industrie touristique. C

  

Malgré les prophètes de malheur, la rentrée scolaire de l’automne s’est plutôt bien passée. Durant tout l’automne, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a cependant été incapable de justifier l’absence de ventilation dans les écoles. On se demande toujours pourquoi les écoles publiques francophones ne peuvent pas avoir de purificateurs d’air, alors qu’il y a en a dans les établissements privés et anglophones. C-

La rétrogradation subie par l’ex-ministre de la Santé, Danielle McCann, avait des allures de blâme. Elle est presque invisible depuis qu’elle a été mutée à l’Enseignement supérieur. C-

Annoncer l’interdiction de la vente des véhicules à essence en 2035 ne pouvait masquer les lacunes du plan vert finalement dévoilé par le ministre de l’Environnement, Benoit Charette. Les mesures annoncées ne permettront pas même d’atteindre la moitié de l’objectif de réduction des émissions de GES fixé pour 2030. C-

La Société des traversiers continue d’être le calvaire du ministre des Transports, François Bonnardel. À la suite du rapport du BAPE, il s’est empêtré dans le projet de tramway à Québec. On ne connaît toujours pas le coût ni le tracé final du « troisième lien ». Une première pelletée de terre en 2022, comme il a été promis, semble bien incertaine. D

Le ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, fait preuve de la même procrastination à décréter les aires protégées qu’à protéger le caribou forestier. Le Conseil de l’industrie forestière n’est pas davantage impressionné par son projet de réforme du régime forestier. D

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a établi un record en étant blâmé deux fois en un mois par la commissaire à l’éthique et à la déontologie, pour s’être placé dans une situation de conflit d’intérêts. Qui plus est, il semble s’en ficher complètement. L’expertise qu’on lui reconnaît ne justifie pas une telle arrogance. E

P.S. Le premier ministre et le chef de l’opposition officielle ne sont pas évalués dans mes bulletins, non plus que les ministres délégués.

20 commentaires
  • André Joyal - Inscrit 12 décembre 2020 00 h 20

    Pour devancer Mme Alexan

    Oui, à 00:15 j'ai des chances d'être au-dessus de la très assidue Nadia Alexan.
    Un «A »pour le ministre de l'Agriculture? A-t-il à tout le moins tenter de préserver les sols agricoles que des amis de la CAQ se sont accaparés pour faire de l'immobilier aux alentours Ste-Julienne, de St-Esprit et de 2 ou 3 autres vllages sanctifiés ou pas
    à l'est de Montréal?

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 12 décembre 2020 11 h 40

      Permettez-moi, monsieur Joyal, d'ajouter mon grain de sel à votre critique du ministre de l'Agriculture.

      L'utilisation non homologuée des pesticides en pré-récolte consiste à empoisonner le blé au défoliant afin d’arrêter sa croissance et de simplifier sa récolte. Cela contribue de manière significative à la présence du glyphosate (un cancérogène probable, selon l'OMS) dans notre pain, nos pâtes alimentaires et notre bière.

      Pour la première fois cet été, une centaine de producteurs de blé du Québec ont empoisonné leurs céréales au glyphosate (le Roundup™ de Monsanto) et du Diquat (un herbicide interdit en Europe en raison de sa toxicité).

      Les frais relatifs à achat du glyphosate et à sa pulvérisation ont été remboursés par le ministre Lamontagne.

      Interrogé à l'Assemblée nationale par Émilie Lessard-Therrien (de Québec Solidaire), ce ministre a refusé de condamner cette pratique, préférant dit-il 'accompagner' les agriculteurs.

      On trouvera l'enregistrement des réponses méprisantes du ministre à ce sujet dans le texte 'Glyphosate : le ministre Lamontagne rit de nous', disponible sur mon blogue.

      Pour terminer, je signale que ceci est le premier commentaire que je soumets au Devoir depuis le 17 juin. J'espère que la censure du Devoir s'est adoucie depuis six mois.

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 décembre 2020 14 h 41

      Merci pour ces informations et références M. Martel.

      Connaissant le contenu général de vos commentaires, je ne comprends pas pourquoi Le Devoir vous a censuré, alors que bien au contraire, ils sont généralement fort édifiants et bien documentés.

  • Patrick Boulanger - Abonné 12 décembre 2020 00 h 43

    " Les « mesures costaudes » qu’il a annoncées pour renforcer la loi 101 se font toujours attendre.B- "

    C'est le moins que l'on puisse dire!

    "Les mesures annoncées ne permettront pas même d’atteindre la moitié de l’objectif de réduction des émissions de GES fixé pour 2030. C-"

    J'ignore si c- est la bonne note pour cet ancien péquiste, mais j'aurais aimé que M. Charette mérite un E pour sa performance environnementale, à l'instar de M. Fitzgibbon.

  • Marie Nobert - Abonnée 12 décembre 2020 03 h 31

    Qui veut la peau de Pierre (F.) ? Misère!

    Belle «morgue», M. David. Bravo!

    JHS Baril

    • Patrick Boulanger - Abonné 12 décembre 2020 09 h 41

      Selon M. David, ce dernier a tout de même battu un (triste) record.

  • Marie-Josée Roy - Abonnée 12 décembre 2020 09 h 21

    Enseignement supérieur: un bouchon sur la mer de la pandémie!

    Un C- pour Danielle McCann? Je vous trouve bien généreux monsieur David! Personnellement, en tant que prof de cégep, je ne lui aurais pas octroyé plus qu'un D-, ne serait-ce qu'à cause de l'incertitude dans laquelle elle a laissé les élèves concernant l'annulation de l'épreuve uniforme de français. Un grand stress aurait pu leur être épargné, de même qu'aux profs de littérature qui devaient les préparer à cette épreuve ministérielle dont la réussite est obligatoire pour l'obtention du D.E.C.
    On a parfois l'impression qu'il n'y a personne à la barre dans le milieu des études supérieures!

  • Diane Parent - Abonné 12 décembre 2020 10 h 30

    Bulletin en agriculture : Note gonflée !

    Bonjour,

    Un A au ministre de l'agriculture pour avoir "enfin" déposé "une" politique ? Le plus beau retour de l'année? Il faut dire que, quand on part de loin ou plutôt, quand on est invisible, ce n'est pas difficile de faire sentir sa présence. L'autonomie alimentaire c'est bien mais rien pour la relève agricole en péril, pour le (dé)zonage agricole chronique, pour l'innovation environnementale et le re-financement de la recherche (qui se réduit sans cesse comme peau de chagrin), pour cesser le sous-financement du ministre : décidément, le professeur a été trop généreux, il devrait revoir sa copie.

    Diane Parent
    Professeure émérite
    Faculté des Sc agriculture
    Université Laval

    • Bernard Plante - Abonné 13 décembre 2020 13 h 16

      Un plan d'autonomie alimentaire qui réduit l'usage des pesticides de façon homéopatique sur une longue période pour ne surtout pas brusquer les grands joueurs de l'industrie et les lobbies, un plan Nord 3.0 qui omet sciemment de mentionner les minières afin de pouvoir développer des routes d'accès pour les futures mines en catimini de la population qui n'y voit que du feu, un plan vert nettement insuffisant avec des objectifs sur le long terme pour être certain de ne plus être au pouvoir lorsque l'on constatera ne pas les avoir atteint. On est bien ici en présence d'un modèle de développement économique du XXè siècle.

      Pendant ce temps on laisse partir Element AI, la colonne vertébrale de la future grappe de l'intelligence artificielle, qui aurait pu devenir une mine d'or du XXIè siècle.