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La liste de lecture de notre chroniqueuse Emilie Nicolas

La liste de lecture du premier ministre François Legault a fait couler beaucoup d’encre — et de mots ! — dans les derniers jours… Deux de nos chroniqueurs, d’horizons politiques différents, ont accepté à leur tour de se prêter au jeu. Envie de confronter vos idées à leurs sources de réflexion ?

1- Contre le colonialisme dopé aux stéroïdes. Le combat des Inuit du Québec pour leurs terres ancestrales

Zebedee Nungak, Boréal, Montréal, 2019, 188 pages

L’appropriation du Nunavik par l’État québécois lors de la Révolution tranquille, racontée par l’un des principaux acteurs de la résistance politique inuite de l’époque. Un point de vue auquel on a trop rarement accès.

2- As We Have Always Done

Leanne Betasamosake Simpson, University of Minnesota Press, Minneapolis, 2017, 216 pages

Un texte brillant de l’essayiste anishnabeg sur les origines et la persistance des savoirs autochtones. Il serait criminel de ne pas le traduire bientôt.

3- Gouverneurs de la rosée

Jacques Roumain, Mémoire d’encrier, Montréal, 2017, 250 pages

Un des plus grands et des plus beaux romans de la littérature haïtienne, que dis-je, de la littérature de langue française du XXe siècle.

4- Amour, colère et folie

Marie Vieux-Chauvet, Zulma, Paris 2015, 512 pages

Même chose ici. Le texte a longtemps été interdit de circulation sous la dictature. On doit se compter heureux d’y avoir accès aujourd’hui.

5- 11 brefs essais contre le racisme, pour une lutte systémique

Sous la direction d’Amel Zaazaa et Christian Nadeau, Montréal, Somme toute, 2019, 160 pages

Pour mieux comprendre le mouvement dont on parle tant ces temps-ci au Québec.

6- Kuei, je te salue. Conversation sur le racisme

Deni Ellis Béchard et Natasha Kanapé Fontaine, Écosociété, Montréal, 2016, 160 pages

Un autre bijou sur le même thème, sur le mode d’un échange intime.

7- Les brutes et la punaise. Les radios-poubelles, la liberté d’expression et le commerce des injures

Dominique Payette, Lux, Montréal, 2019, 152 pages

Une lecture libératrice pour la fille de Québec que je suis, mais aussi pour toute personne qui cherche à mieux comprendre le pouvoir des médias.

8- La prochaine fois, le feu

James Baldwin, Folio, Paris, 2018, 136 pages

Un essai américain classique qui a extraordinairement bien vieilli. Trop bien, même.

9- L’esclavage et les Noirs à Montréal, 1760-1840

Franck Mackey, Hurtubise, Montréal, 2013, 672 pages

Pour les mordus d’histoire du Québec qui, trop souvent, ont détourné le regard de cette réalité. C’est le temps de s’y mettre !

10- Rhinocéros

Eugène Ionesco, Folio, Paris, 2002, 256 pages

Parce qu’avec les théories du complot qui se multiplient et la société qui se polarise, Ionesco se lit comme s’il avait écrit hier. L’humour est intact.

51 commentaires
  • Jean-Charles Morin - Abonné 3 décembre 2020 00 h 26

    Les livres que Madame Nicolas ne lit pas.

    Pas de Lionel Groulx, de Pierre Vallières ou de Mathieu Bock-Côté sur la liste. Quelle surprise!!!

    La censure parfois peut être toute personnelle.

    • Dominique Boucher - Abonné 3 décembre 2020 07 h 26

      Je ne suis pas non plus surpris de ses choix. Mais «censure personnelle»? Madame Nicolas a quand même le droit de lire ce quʼelle veut et dʼinclure les livres quʼelle veut dans sa liste!

      Jean-Marc Gélineau, Montréal

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 3 décembre 2020 11 h 08


      Il s'agit peut-être bien d'un choix.

      En Alsace, il y a bien des années, je me souviens d’avoir demandé au cuisinier (au patronyme bien allemand) qui nous servait la traditionnelle choucroute: "votre allégeance à l’Alsace, est-elle allemande ou française? Vous savez, c’est comme choisir entre papa ou maman… »

      Comme bien des militants noirs, tels Webster (Aly Ndlaye) et Will Prosper, Mme Nicolas est née d’une mère québécoise de souche vieille France. Dire qu’elle ne connait pas tel ou tel auteur de ses origines s’est faire offense à son éducation.

      La mixité n’est pas facile, elle est même confondante parfois souvent. Pour des raisons qui n’appartiennent qu’à elle, Mme Nicolas, comme militante, a choisi son camp, ses luttes, ses défis.

    • wisner Joselyn - Abonné 3 décembre 2020 18 h 06

      Qui nous dit que Christian Rioux a lu, Jacques Roumain ou Vieux-Chauvet? et s'il ne les a pas lus, est-ce qu'il faudrait l'accuser de s'auto-censurer? ridicule. Je ne suis jamais, mais là, vraiment jamais d'accord avec ce que Christian Rioux écrit. Cependant, je lis régulièrement ses chroniques, parce que, c'est en général bien argumentées et je persiste à croire que le dépassement intellectuel ne peut se faire que dans la confrontation des idées. En passant, Flaubert, Camus et Trente arpents (tous lus au secondaire grâce à un prof de français extraordinaire qui savait encourager la lecture) sont de magnifiques suggestions tout autant que gouverneur de la rosée (ou les arbres musiciens de Jacques Stephen Alexis qui est encore plus poétique...). Par contre, je n'avais pas lu 'une démission tranquille' que je vais m'empresser de me procurer. C'est à ça que doivent servir les suggestions des deux chroniqueurs, pas aux jugements hâtifs et préconçus.

  • André Joyal - Inscrit 3 décembre 2020 07 h 22

    Super! Je les ai tous lus...

    ... heu, comprendre que j'en ai l'intention... Ce sera ma principale résolution pour 2021.
    Je commencerai par celui sur le racisme systémique que je devine passionnant (sic) et ensuite celui portant sur l'esclavage des noirs à Montréal. À propos de l'esclavage à Montréal, j'ai lu l'excellent ouvrage de Micheline Bail portant sur la malheureuse qui a été pendue suite à un incendie Croyez -moi! Elle aurait été blanche, blanche, blanche qu'on l'aurait pendue également, comme on le fera 2 siècles plus tard avec Cordélia qu, comme on le sait, était toute blanche. Enfin, j'ai lu également l'excellent ouvrage de Paul Ohl et le tout aussi intéressant ouvrage de Tidiane N'diaye «Le génocide voilé». Je pourrais fournir 3-4 autres titres.
    Je ne connaissais pas l'ouvrage sur les terres ancestrales des Inuit ; je veux bien les leur concéder, mais elles relèvent de la juridiction fédérale si je ne m'abuse.
    Une suggestion : pour Emilie, lui offrir une liste de nos lectures. Ce serait amusant...

  • Raynald Rouette - Abonné 3 décembre 2020 07 h 26

    Une chroniqueuse sous influence


    Rien que du militantisme déformant autant la réalité que la vérité historique.

    Je lui recommande BANDE DE COLONS, une mauvaise conscience de classe, Alain Deneault, Lux,

    "Il s'agit d'assoir le statut de colon en tant qu'il continue de nous conditionner aujourd'hui. Le peu de cas que nous avons fait de cette notion, au profit de celles usurpées de colonisé et du couple colonisateur-colonisé, explique les lacunes actuelles de notre conscience de classe."

    Le chapitre, L'Irvingnie, une colonie dans la colonie, est des plus significatif et révélateur de notre condition. Il y aurait un lien avec le syndrome de Stockholm...

    • Isabelle Lecompte - Abonnée 3 décembre 2020 09 h 16

      Tout de suite de l'agressivité et du rejet. Non, ces livres ne sont pas déformants. Pourquoi avoir peur de la réalité? Pourquoi refuser d'écouter, de lire ce que d'autres ont à nous dire?
      Et dire que l'on traite de chialeux les gens qui cherchent à tendre la main...

    • wisner Joselyn - Abonné 3 décembre 2020 13 h 04

      De quoi? avec Baldwin, Jacques Roumain, (inutile de mentionner Ionesco...) nous parlons de littérature de l'universel, et je ne vous cite même pas Amour, Colère et Folie. Le fil conducteur des textes que nous proposent madame Nicolas relèvent d'abord du combat universel que nous devons tous mener contre l'injustice (faite aux noirs avec l'esclavage, aux paysans et aux masses défavorisées). Quand J'ai lu gouverneur de la rosée, après Menaud maître-draveur (bien que je sois d'origine haïtienne), j'ai eu l'impréssion que Savard et Roumain me disaient la même chose à propos du monde.

    • Gilbert Turp - Abonné 3 décembre 2020 15 h 52

      Je ne connaissais pas Roumain, ni Vieux-Chauvet. Merci, je vais ajouter ces lectures à ma liste.

  • Sébastien Arcand - Abonné 3 décembre 2020 07 h 58

    Diversifier les sources

    Madame Nicolas ne lit pas ce que vous aimeriez qu'elle lise donc, elle fait de la censure. Vous appelez cela comment: causalité ou corrélation? Pourquoi ne pas lire au moins un des livres qu'elle propose à la place? Ça fera changement peut-être? Ce qui n'empêche pas de lire ce que vous proposez par ailleurs...

  • Luc Marchessault - Inscrit 3 décembre 2020 08 h 24

    Une dizaine de suggestions pour Mme Nicolas

    Beaulieu, Victor-Lévy : « Race de monde »
    Bouchard, Serge; Lévesque, Marie-Christine; Back, Francis : « Ils ont couru l'Amérique – Tome 2 : De remarquables oubliés »
    Bouthillette, Jean : « Le Canadien français et son double »
    Diakite, Tidiane : « La traite des Noirs et ses acteurs africains : du XVe au XIXe siècle »
    Falardeau, Pierre : « La liberté n’est pas une marque de yogourt »
    Hébert, Anne : « Kamouraska »
    Heers, Jacques : « Les négriers en terre d'islam. La première traite des Noirs, VIIe-XVIe siècle »
    N'Diaye, Tidiane : « Le génocide voilé – Enquête historique »
    Roy, Gabrielle : « Bonheur d’occasion »
    Vadeboncœur, Pierre : « Un génocide en douce – Écrits polémiques »

    • Dominique Boucher - Abonné 3 décembre 2020 08 h 45

      Liste très intéressante. Merci!

      Jean-Marc Gélineau, Montréal

    • Isabelle Lecompte - Abonnée 3 décembre 2020 09 h 18

      Qu'est-ce qui vous prouve qu'elle ne les a pas lu?
      Et quel est le but de votre commentaire?

    • François Beaulne - Abonné 3 décembre 2020 10 h 04

      Excellentes recommandations de lecture pour élargir les connaisances de cette dame sur l'évolution et les défis de la nation Québécoise qu'elle prétend avoir adoptée. Si elle en a lus certains, tant mieux, mais ils ne se reflètent certainement pas dans les chroniques échevelées qu'elle nous propose régulierement sur l'affirmation de notre propre identité nationale.
      Elle aurait intérêt à s'en inspirer pour ses résolutions du Nouvel An.

    • Gilles Théberge - Abonné 3 décembre 2020 10 h 20

      Quel est l'intérêt de cette liste madame Lecompte...?

      Il est évident que la liste des livres intéressant E...milie Nicolas intéresse d'abord et avant tout E...milie Nicolas... Non ?

      J'ai lu aussi « Le cnadien français et sion double ». L'avez vous lu vous ? Et quel est le but de cette question ?

      Je trouve que c'est sans intérêt d'avoir la liste des livres qu'a lu madame E...m,ilie Nicolas. De même que la liste des livres qu'a lu monsieur Rioux au demeurant.

      La seule liste qui m'intéresse c'est celle de monsieur Cornelier. Je la consulte toutes les semaines. Parce qu'il signe un article dans lequel il détaille le livre qu'il nous soumet. Ça c'est intéressant.

      Mais les livres qu'a lu madame E...milie Nicolas... Très peu pour moi.

    • Serge Pelletier - Abonné 4 décembre 2020 10 h 13

      M. Marchessault, malheureusement, elle ne les lira pas et cela jamais, au grand jamais. Elle fait partie de la nouvelle réalité des incultes où le béotien de service ne doit jamais confronter ses idées avec des idées qui pourraient les contredire.

      Tout comme elle ne sait pas que dans l'antiquité tardive même les esclaves avaient des esclaves... et que cela n'était pas une nouveauté, car cette particularité de l'esclavage puisait ses origines dans la haute antiquité.

      Sait-elle qu'il y a eu plus d'esclaves "blancs" que d'esclaves "noirs" dans l'histoire de l'Occident et de l'Afrique... Sait-elle ce qu'était l'époque dite "Barberousse", et des siècles lui succèdant que les razzias pour se procurer des esclaves "montaient" jusqu'en Islande...

      En fait, cette Madame Nicolas ne lit que ce qui la conforte dans ses fausses perceptions... Une lecture à la mode "space place" de certaines maisons d'enseignement. Pire, pour elle, pouquoi lire un livre de plus de 700 pages et imprimé en petits caractères qui Ô insulte suprême, environ150 pages d'ouvrages cités et de notes... qui sont imprimés en caractères encore plus petits comme "Les traites négrières" d'Olivier Pétré-Grenouilleau... Tout comme pourquoi lire Diakite, N'Diaye, Heers. Harper, Landes, Bairoch, etc. POF! "y écrivent des affaires que je n'aime pas moé, fac... je ne les regarde même pas".

    • Serge Pelletier - Abonné 4 décembre 2020 10 h 22

      Exact M. Théberge. Malheureusement, cela risque un temps fou avant que la Madame Nicolas puisse écrire comme M. Cornelier... Cette pauvre dame, est encore à l'âge de la pensée magique, ou l'enfant de cachant derrière les jambes de maman se croit invisible...