Les Lumières… en panne

Le président français ne croyait pas avoir un jour à se colletailler avec la presse anglo-américaine. C’est pourtant ce qu’il a dû faire depuis une semaine. Dans une longue entrevue, il s’en est pris à l’absence de soutien manifeste dont la France est victime dans le monde anglo-saxon alors même qu’elle est la cible privilégiée du terrorisme islamiste.

« Beaucoup de condoléances ont été pudiques », a-t-il déclaré. Une façon polie de dire que, lorsqu’elle affronte l’islamisme, la France est seule. Le président n’a pas craint d’évoquer cette ingratitude dans un entretien avec le correspondant à Paris du New York Times. Ce même quotidien qui, le 16 octobre dernier, alors que l’enseignant Samuel Paty venait d’être décapité devant son lycée par un islamiste, n’avait rien trouvé de mieux que de titrer « La police française tire et abat un homme après une attaque meurtrière au couteau dans la rue ».

Le titre fut corrigé, mais il donnait le ton du « French bashing » qui allait déferler dans la grande presse anglo-américaine. Le corps de Samuel Paty n’était pas encore tiède que le site Politico dénonçait cette « dangereuse religion française » qu’on nomme la laïcité. Le correspondant à Paris du Washington Post soupçonnait la France de vouloir « réformer l’islam » au lieu de s’attaquer au « racisme systémique ». Bref, ces incurables Gaulois l’avaient bien cherché.

Il y a quelque chose d’ironique à voir le président français s’en prendre aujourd’hui à une presse qui, il n’y a pas si longtemps, le portait aux nues. En 2017, n’était-il pas la coqueluche du même New York Times qui le décrivait comme un « libéral décomplexé » qui allait secouer « les vaches sacrées françaises » ? Le Financial Times saluait un fabuleux « antidote à la vague populiste ».

Mais, Emmanuel Macron a beau être libéral, il n’en demeure pas moins français. Plus la réalité reprenait ses droits, plus le président découvrait combien l’islamisme gangrenait les banlieues françaises, plus il irritait la presse anglo-américaine. Ce n’est pas nouveau. Déjà, le 11 janvier 2015, Barack Obama n’avait pas daigné se joindre aux 44 chefs d’État et de gouvernement présents à Paris pour dénoncer l’attentat de Charlie Hebdo. Pas plus d’ailleurs que Stephen Harper et Philippe Couillard. Ce qui n’a pas empêché le preacher Obama, symbole du « soft power américain », de sermonner la France tout au long de son mandat en dénonçant la loi de 2004 interdisant le port de signes religieux à l’école.

Dans ses mémoires, rédigés en forme de sermon sur la « terre promise », Barack Obama a d’ailleurs des mots plus acerbes sur Nicolas Sarkozy que sur Recep Tayyip Erdogan, dont il a été l’allié inconditionnel chaque fois qu’il fut question de faire entrer son pays aujourd’hui ouvertement islamiste dans l’Union européenne.

  

Le président français semble découvrir sur le tard combien les idéaux des Lumières sont malmenés en cette époque où chacun est invité à s’enfermer dans sa « communauté ». Rappeler que nos nations sont fondées sur l’égalité des citoyens en droit quelle que soit leur origine ethnique, raciale ou religieuse, comme le fait le président, est aujourd’hui ouvertement dénoncé comme une forme de racisme par la nouvelle pensée racialiste. À l’exemple des marxistes qui pourfendaient l’« égalité bourgeoise », un auteur comme Ibram X. Kendi dénonce sans détour « le masque de la neutralité raciale » que représente, par exemple, la déclaration des droits inscrite dans la Constitution américaine (Comment devenir antiraciste, Alisio). Ignorer la race serait même la pire forme de racisme !

Malgré un communautarisme qui prend parfois des allures de guerre civile, ces idéaux ne sont pourtant pas disparus aux États-Unis. Ainsi, le 3 novembre dernier, 57 % des électeurs de la Californie rejetèrent par référendum la proposition 16 destinée à supprimer des lois de l’État l’interdiction de toute discrimination dans l’embauche sur la base de la race, du sexe ou de l’ethnie. En clair, les citoyens du plus grand État américain, qui ont par ailleurs voté massivement contre Donald Trump, ont infligé du même coup une défaite cinglante aux démocrates en refusant la réintroduction de la « discrimination positive » dans les universités et l’administration publique. Discrimination déjà supprimée en 1996 par la proposition 209.

Ce second vote contre l’utilisation de critères ethniques, sexuels et raciaux dans l’embauche et les admissions à l’université représente une gifle pour la sénatrice californienne et future vice-présidente, Kamala Harris, qui s’était prononcée pour la proposition 16. Mais aussi pour le patronat et les grandes entreprises, dont Netflix, qui ont consacré 15 millions de dollars à cette campagne.

Une cause semblable, contre la politique d’admission fondée sur la race pratiquée par l’Université Harvard, devrait être bientôt entendue par la Cour suprême. Si bien qu’on peut se demander si le « racisme systémique » dont on parle tant ces jours-ci n’est pas finalement une façon détournée de réintroduire cette « discrimination positive » au moment où les États-Unis pourraient décider de la renvoyer aux calendes grecques.

La France n’est peut-être pas si isolée qu’on le croit.

50 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 20 novembre 2020 01 h 16

    Le communautarisme divise la société et avantage le pouvoir.

    L'idéologie anglo-saxonne est basée sur l'idée de diviser pour régner. La division du communautarisme protège les gouvernements d'une cohésion sociale, qui pourrait revendiquer une meilleure distribution de la richesse, par exemple.
    La philosophie des Lumières exige des citoyens libres du carcan religieux et du sectarisme tribal qui divise au lieu d'unir.
    La laïcité encourage la citoyenneté et la cohésion sociale au lieu des divisions tribales qui propagent l'ignorance et l'obscurantisme.

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 20 novembre 2020 11 h 32

      Diviser pour mieux régner. Stratégie qui date de l’Antiquité mais toujours en vigueur. Vous avez bien raison de le souligner dès le départ dans votre commentaire. On le constate de plus en plus à chaque jour. Où veut-on en venir finalement. Personne ne nous dira ce qui se cache réellement derrière cette mouvance. Mais plus il y aura de races, d’ethnies, de communautés, de tribus identifiées comme étant toutes différentes les unes des autres sur un même territoire, plus ce sera facile pour des dirigeants en mal de pouvoir de monter les uns contre les autres pour mieux régner. Je ne pense pas que nous pourrons dire encore longtemps ‘’parce que du monde, c’est du monde’’. Ce serait jugé trop raciste, ou pas assez antiraciste (je ne sais plus…)

    • Céline Delorme - Abonnée 20 novembre 2020 13 h 30

      N'oublions pas que la discrimination officielle est déjà présente au Canada: par exemple l'université de Toronto a son "Black student application program" en médecine. Les candidats sont vus en entrevue par des professeurs Noirs et bénéficient de ressources et programmes particuliers, voir le site de l'université. On ne dit pas quels sont les tests pour être admis comme "noir".
      En 2002, le CMAJ: Journal de l'Association Canadienne de Médecine démontrait par une étude sur les étudiants en médecine que : Les étudiants d'origine asiatique, chinois et sud-asiatiques sont surreprésentés dans les facultés de médecine et les Noirs et Autochtones sont sous représentés. Les médias de Vancouver montrent régulièrement des appels pour diminuer l'admission des étudiants asiatiques dans les universités de l'Ouest, où jusqu'à 100% des élèves sont parfois asiatiques d'orignie... Est-ce une amélioration de notre société de décider quelle "race" mérite plus ou moins d'admissions à l'université? Comme le dit M Rioux, ce n'est pas une amélioration de classer les gens selon la race.
      https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC100877/

  • Marie Nobert - Abonnée 20 novembre 2020 01 h 55

    Du «grand» Rioux.

    Rien à dire sur le fond ou la forme. Vlan! Bravo!

    JHS Baril

    • Denis - Abonné 20 novembre 2020 10 h 15

      je suis d'accord, le propos aide la réfexion. Cependant chaque pays est responsable de ses choix antérieurs en terme d'immigration et comment elle a intégré ses immigrants.. Ce que dit Obama est peut-être vrai pour les States mais la situation française est différente de celle des Etats-Unis et elle demande sans doute, une solution différente.. Je pense aussi que la situation au Québec est différente de celle de la France mais aussi de celles du Canada anglais...

    • Christian Roy - Abonné 20 novembre 2020 15 h 40

      "Je pense aussi que la situation au Québec est différente de celle de la France mais aussi de celles du Canada anglais..." - Denis

      Voilà pourquoi il nous faut trouver par nous-mêmes et pour nous-mêmes une laïcité étatique qui nous soit propre.

      Premier pas: noter la confusion entourant le terme "laïcité".

      La « dangereuse religion française » dénoncée par le site Politico n'est pas la laïcité mais bien le laïcisme.

      Un État laïque doit être aussi bien "séparé" des églises laïcistes que confessionnelles. Un État laïque respecte la liberté d'expression des individus dont la foi est sincère et structurante. Les citoyens démontrent pour leur part la maturité nécessaire à vivre dans une culture pluraliste, égalitaire et inclusive qui combat par le fait même les frileux replis communautaristes - qu'ils soient religieux ou séculiers. C'est dans un tel Québec que je désire vivre et voir évoluer mes descendants.

  • Michel Lebel - Abonné 20 novembre 2020 03 h 37

    Une mesure temporaire...

    Vaste débat que celui de ''la discrimination positive''. Cette mesure est jugée comme bonne, nécessaire, par plusieurs, mais elle doit être temporaire. Mais que veut dire exactement ''temporaire''? Cette ''discrimination positive'' devrait être maintenue tant qu'une égalité réelle n'est pas atteinte. Ce qui peut être assez long...

    M.L.

  • Yvon Montoya - Inscrit 20 novembre 2020 06 h 26

    Ni l’Islam, ni la presse anglo-américaine ni Obama ( dont son livre est véritablement celui d’un bon écrivain a la pensée subtile surtout sensible loin du “sermon” que vous devriez lire plutôt que de dire des bêtises sans l’avoir lu mais je peux vous en faire de belles citations humanistes) ni Kamala Harris ... quel monde, quel univers désirez-vous nous offrir? Depuis quand la France est égalitaire? Meme Macron le dit qu’elle ne l’est pas. La laïcité est une religion, c’est le paradoxe chez les apeurés en France surtout chez ceux/ celles qui penchent par leur aveuglement vers la Droite toute conservatrice du cocorico. La France n’est pas encore adaptée au xxie siecle, c’est dire. Restons lucides.

    ““Le monde observe donc l’Amérique – la seule grande puissance de l’Histoire à être constituée de personnes venues des quatre coins de la planète, comprenant toutes les races, religions et pratiques culturelles – pour voir si notre expérience en matière de démocratie peut fonctionner” (“Une terre promise”,Barack Obama)

    “LE 9 OCTOBRE 2009, aux environs de 6 heures du matin, le standard de la Maison-Blanche m’a réveillé en sursaut pour me mettre en communication avec Robert Gibbs. Il était rare que mon staff m’appelle aussi tôt, et mon cœur s’est arrêté de battre un instant. Était-ce un attentat ? Une catastrophe naturelle ?
    « Vous avez reçu le prix Nobel de la paix, m’a annoncé Gibbs.
    – Comment ça ?
    – C’est tombé il y a quelques minutes.
    – Mais pourquoi ? »
    Gibbs a habilement fait mine de ne pas avoir entendu ma question. Il s’est contenté de dire que Favs m’attendrait devant le Bureau ovale pour que nous écrivions ma déclaration. Quand j’ai raccroché, Michelle m’a demandé ce qui se passait.
    « J’ai reçu le prix Nobel de la paix.
    – C’est super, mon chéri », a-t-elle répondu avant de se retourner pour finir sa nuit.”

    Sermon?

    • Jean-François Trottier - Abonné 20 novembre 2020 09 h 10

      M. Montoya, votre paquet de préjugés grossiers est imbu de malhonnêteté intellectuelle crasse.

      - Définissez "égalitaire. Vous faites du n'importe quoi à ce sujet. La France est, comme plusieurs pays occidentaux, relativement égalitaire, bien plus en tout cas que les USA. Ce sont principalement les mouvement d'extrême-droite français qui imposent une morale religieuse impliquant des "bons"... et les autres. Tout le contraire de vos niaiseries.
      Un pays "égalitaire" tente de donner des outils suffisants à chacun, ce qui exige une stabilité sociale impossible dans ce monde néolibéral dont Obama s'est fait le chantre tout au long de son mandat. Apprenez.
      Seuls des fous peuvent prétendre à cette égalité absolue qui est la seule façon d'expliquer votre charabia.
      Aucun américain ne peut faire la leçon sur l'égalité à la France. Et vous encore moins, qui prétendez savoir plus que quiconque dans votre ignorance flasque.

      - La laïcité n'est pas une religion. Jamais! Ce mensonge est propagé par des ignares imbus de fatuité "divine" issus d'une extrême-droite dichotomique qui confond tout, démonise et déifie, profondément arriérée et lâche dans son besoin d'une volonté supérieure qui évite de s'assumer en tant qu'humain.
      Les monothéismes situent le gré d'un dieu avant celui de l'humain. C'est la définition d'un anti-humanisme. Apprenez.

      Les monothéismes prétendent représenter leur dieu. D'où leur moralisme et l'obligation de prendre le plus de contrôle possible sur tout. Qui dit contrôle dit pouvoir, malgré cette "humilité" que toutes prônent.

      Les sociétés anglo-saxonnes sont issues d'une collusion éhontée entre l'église anglicane et la couronne depuis le 16ème siècle. Les pires barbaries des USA ne s'expliquent que par leur prétendue supériorité issue de leur "mission divine".
      La laïcité est le refus de l'influence barbare d'une religion sur l'État et certainement pas une religion!

    • Isabelle Lecompte - Abonnée 20 novembre 2020 09 h 14

      Nous pouvons dire aussi que la France est constituée de personnes venues de toute la planète, comprenant toutes les religions. Mais que l'expérience francaise ne veut pas etre reconnue par l'Amérique qui se voudrait seule tenir ce rôle. L'approche francaise n'est pas sans risque, ni échecs évidemment. Tout comme la vision americaine qui n'est pas forcément vu comme un modèle du genre.

    • Cyril Dionne - Abonné 20 novembre 2020 10 h 00

      Cher inscrit,

      Barack Obama n’est qu’un beau parleur. Il a reçu le prix Nobel de la paix juste après avoir assassiné, via des drones, des citoyens américains outre-mer sans aucune forme de procès ou autres. Et ce n’était pas la première fois.

      Les médias américains sont pour la plupart à gauche toute et ils penchent toujours sur le même côté, celui du mondialisme et du multiculturalisme qui riment avec l’establishment, les multimilliardaires, la bourgeoisie aux souliers cirés, Wall Street, les banquiers, les GAFAM, en bref, tous ceux qui sont contre les travailleurs et les classes moyennes et pauvres en se gardant bien de le dire. Si vous dites le contraire, eh bien, vous faites partie des déplorables.

      La discrimination est tout simplement de la discrimination. Aux États-Unis, comme l’a si bien démontré M. Rioux, dans les universités privées (or, les meilleures sont privées), celles-ci se font un plaisir de donner des bourses d’études à des gens issus des minorités non pas parce qu’ils le méritent si on se base sur leur parcours scolaire et sociétale, mais pour bien paraître. Ils deviennent les racisés de service. De toute façon, elles font tellement d’argent avec les frais de scolarité en plus des donateurs généreux qui achètent une place pour leur progéniture, ils peuvent se le permettre. Alors, si avez un étudiant blanc et pauvre qui est excellent académiquement, eh bien, il n’a aucune chance d’avoir une bourse d’étude. Et le pire là-dedans, c’est que la plupart des racisés qui ont eu une passe gratuite, ne passe pas leurs cours.

      C’est comme pour les programmes de sports collégiaux. Ils sont remplis d’Afro-Américains qui ne foutent rien au niveau académique, mais ils les font passer de toute façon puisqu’ils représentent des sommes énormes en revenus de télévision et de billets. Alors pour eux, s’ils n’atteignent les ligues professionnels, leur éducation n’est plus un plan de 40 ans, mais bien un de 4 ans seulement.

    • Michel Pasquier - Abonné 20 novembre 2020 11 h 34

      Perfidie ou illettrisme ?
      Ahurissant de lire tant de commentaires de ceux et celles, qui, picorant des mots ici et là dans le texte d’un chroniqueur ou d’une journaliste en arrivent à porter un jugement en se basant sur des mots qui sont pour eux un anathème. Ainsi tel mot d’un article n’entrant pas dans leur petite boîte idéologique disqualifie automatiquement l’article ou son auteur. Ce que l’on peut qualifier de mauvaise fois ou de perfidie.
      Mais il y a plus grave.
      Bien que la langue française permette d’exprimer clairement une idée, avec un fil conducteur et une conclusion il appert que dans tant de commentaires il n’y a pas de volonté,(où de capacité ?) à comprendre le sens général d’un texte, préférant s’arque bouter sur quelques mots qui les confortent dans leurs préjugés. Ce que l’on peut qualifier d’illettrisme.
      En ces temps où une information équilibrée, puisée à plusieurs sources, est plus importante que jamais faisons au moins l’effort de comprendre le sens d’un texte avant de nous défouler, avant d’exhiber, sous le coup de l’émotion, tous ces gadgets glanés à droite et à gauche pour tenter d’impressionner la galerie. Je ne suis pas journaliste mais je conçois que ce métier requiert beaucoup de travail, beaucoup de lecture, beaucoup d’analyses, beaucoup de comparaisons, beaucoup de réflexion avant de nous présenter un résumé. Alors ayons au moins la décence de respecter leur travail même si nous n’aimons pas leur conclusion.
      Et que penser de toutes ces personnes qui écrivent tous les jours, peu importe le sujet, l’objectif étant de se faire remarquer et dont on se demande à la fin de leurs élucubrations où elles veulent en venir, tentant d’expliquer en 300 mots ce qui se dit en 100 mots ?. Il y a déjà suffisamment de bruit ambiant, inutile d’en rajouter Monsieur Montoya.

    • Jacques Légaré - Abonné 20 novembre 2020 15 h 27

      Yvon, si le 21e siècle est religieux, il sera aussi pourri que le temps de Jésus et le temps de l'Hégire.

      Hors des Lumières....l'obscurité, l'obscurantisme assurés.

      p.s. Débattons sans insulter s.v.p.

    • Christian Roy - Abonné 20 novembre 2020 16 h 37

      @ M. Trottier,
      Vous écrivez: "La laïcité n'est pas une religion." Je suis 100% d'accord avec vous.
      La laïcité de l’État repose sur les principes suivants :
      1o la séparation de l’État et des religions (organisations religieuses ou antireligieuses)
      2o la neutralité religieuse de l’État (ni pour ni contre): les employés de l'État sont des citoyens à part entière - reconnus égaux et libres. Il faut distinguer l'État de ses employés.
      3o l’égalité de tous les citoyens et citoyennes... devant la loi (code civil et code criminel- peu importe les croyances, convictions ou affiliations personnelles).
      4o la liberté de conscience et la liberté de religion... et celle de manifester ses convictions (ou de ne pas les manifester) dans les limites du respect de l'ordre public (notamment les question de santé et de sécurité).

      "La laïcité n'est pas une religion". Il ne faudrait pas confondre avec le laïcisme, cependant.

      Le laïcisme présente la même structure qu'une religion. Il est aussi idéologique que politique. Il met l'accent sur les aspects pathologiques du "religieux" qu'il se représente globalement comme un ennemi. Le fameux combat des "Lumières" contre "l'Obscurantisme". Un peu plus et on se retrouve dans la série Star Wars. Je répète que le laïcisme se nourrit particulièrement au Québec du contentieux qu'entretiennent la génération dite "silencieuse' et celle des Boomers envers la religion catholique. Ces générations sont à même de projeter sur un voile en soi inoffensif toutes les 'Unfinished Biseness' vécues envers une religion qui a paradoxalement permis aux Canadiens français de survivre en cette terre d'Amérique.

      Le débat actuel comporte sa part d'émotivité (religion et politique, quel potentiel explosif !). Clarifier les termes a la vertu de faire baisser la pression. Je crois qu'à force de s'en parler respectueusement, nous pourrons en arriver à nous comprendre.

    • Nadia Alexan - Abonnée 20 novembre 2020 17 h 18

      À monsieur Cyril Dionne: Malheureusement, vous avez l'habitude de tout mélanger afin d'insulter la gauche. Vous dites: «Les médias américains sont pour la plupart à gauche toute et ils penchent toujours sur le même côté, celui du mondialisme et du multiculturalisme qui riment avec l’establishment, les multimilliardaires, la bourgeoisie aux souliers cirés, Wall Street, les banquiers, les GAFAM.»
      La mondialisation, les multimilliardaires et les banquiers que vous méprisiez avec justesse sont des concepts de «la droite» et les maitres de ce monde symbolisés par la bourgeoisie de Wall Street. En réalité, c'est Bernie Sanders, lui même, qui décrit le pouvoir démesuré de ces oligarques chaque fois qu'il parle.

    • Jean-François Trottier - Abonné 20 novembre 2020 21 h 30

      Je vous remercie M. Roy.

      Toute façon de penser peut glisser vers le dogmatisme, bien sûr.

      Ici en particulier, vous faites ressortir nettement que les religions sont, par opposition aà ce laïcisme dogmatique, des idéologies.

      J'ajoute, comme je le dis ci-haut, des idéologies absolutistes. Rien n'est plus absolu que de penser qu'uen volonté supérieure préside aux destinées de chacun jusqu'au moindre détail : "Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés..." dans un évangile par exemple.

      Personnellement je suis totalement contre toute religion. Mais bon, qui suis-je pour décider? Si une personne croit réellement que sa foi correspond à ce que dit un homme qu'elle considère "saint", que faire sinon rien? Remarquez, ce bn,est pas du laisser-faire, mais bien du respect, un respect auquel je m'attends aussi. Aussi, ceux qui essaient de réduire ma pensée ou ma raison à quelque soufrance dans mon enfance sont inqualifiables.
      Et je connais suffisamment de gens en région pour savoir la profondeur de leur pensée, merci! Le ti-trip urbain là là, hein...

      Jamais je n'accepterai qu'une personne qui exige de se présenter comme membre de sa religion prioritairement sur son existence citoyenne, soit payée par mes impôts.

      En portant des signes religieux (non-obligatoires comme il a été démontré à plusieurs reprises), elle affirme le faire non comme humain mais comme représentant son dieu. C'est non! Il existe des conventions collectives et des règles qui doivent être suivies, un point c'est tout.

      Le fait de porter un quelconque signe religieux nomme nettement les priorités de cette personne. elle affirme haut et fort croire plus à une idéologie absolutiste qu'au service très humain du gouvernement.

      Il faut vraiment être habitué à vivre dans un État religieux pour accepter une telle chose.... comme le Canada, les USA, la Grande-Bretagne...
      Si si!

    • Christian Roy - Abonné 21 novembre 2020 17 h 34

      @ M. Trottier,

      J'apprécie cet échange. Vous êtes direct, franc ! J'y vais donc avec cette série de questions / commentaires:

      Vous dénoncez l'absolutisme et pourtant vous l'utiliser vous-même en écrivant : "Jamais je n'accepterai (...)"

      Comment pouvez-vous affirmer que la personne qui travaille pour le gouvernement "affirme haut et fort croire plus à une idéologie absolutiste qu'au service très humain du gouvernement."
      N'est-ce pas plutôt l'interprétation que vous en faites plutôt que le point de vue de l'employé qui exerce son droit le plus légitime ?
      Avez-vous réalisé des sondages pour savoir ce que pensent ces gens pour appuyer votre affirmation ? Une telle personne ne peut-elle pas marcher (travailler de façon fort "humaine") et mâcher de la gomme en même temps ( porter le turban par exemple) ? Les deux peuvent-ils se faire parallèlement sans interférer l'une sur l'autre ?

      Le fait de croire à "une idéologie absolutiste" est-elle un handicap quelconque ? Si c'était le cas, le fait que ces gens retirent ce qui les identifie comme croyant pendant le travail améliorerait-il leur performance ?
      Est-il possible pour une personne qui porte un symbole religieux d'être aussi, sinon plus compétente, dans son travail qu'une autre qui ne soit pas identifiée ainsi ?

      J'observe que la laïcité de l'État n'est pas mise en cause par la présence d'employés portant des signes religieux. Preuve: la Loi 21 permet actuellement une clause grand-père à ce sujet. La laïcité de l'État n'est pas en péril pour autant.

      Ici au Québec, le port d'un signe religieux est signe de liberté individuelle plutôt que d'une obligation. Dans un pays tel le Québec, qui a la liberté comme valeur fondamentale (contrairement à un État totalitairement "religieux"), je trouve que la Loi 21 bien infantilisante.

      "Vivre et laisser vivre !", voilà quelle devrait être notre devise nationale dans un Québec laïque et respectueux des droits fondamentaux.

      Au plaisir !

  • Françoise Labelle - Abonnée 20 novembre 2020 07 h 05

    Toute la lumière

    C'est un fait que le terrorisme islamique vise la France pour sa laïcité et pour son importante minorité musulmane que l’islamisme cherche à radicaliser. Cette minorité importante explique pourquoi la France a échappé à un attentat sur ses sites nucléaires si peu sécurisés.
    «Sécurité nucléaire : le grand mensonge | ARTE» Youtube

    Mais c'est aussi un fait que des quartiers de Paris ou de Marseille sont depuis très longtemps aux mains de mafias diverses: corse, italienne, russe, croate, albanaise, etc. L'attentat récent au mortier d'artifice du commissariat de police à Champigny-sur-Marne est le fait de jeunes français qui n'ont rien à voir avec une quelconque religion.
    «Ces mafias qui prospèrent en France» Le Figaro (de droite), 2012
    «Un poste de police attaqué au mortier d’artifice» La Presse, 11 oct. 2020

    Il suffit de rappeler aux médias américains leur unanimité derrière la catastrophique guerre de Bush-à-qui-dieu-murmurait.