Prêts pour l’inégalité?

Demandez au citoyen moyen de définir l’expression « racisme systémique ». Comprenant le mot « racisme », il vous parlera d’inégalité : des gens sont discriminés à cause de la couleur de leur peau. Comprenant le mot « systémique », il vous dira qu’il doit s’agir des rouages d’un système qui produit de l’inégalité.

S’il avait raison, ce citoyen moyen, il suffirait de bien diagnostiquer quel article de loi, quel règlement ou protocole, quel aspect de la formation ou de l’organisation du travail produit un effet aussi détestable et de le réparer. Mais il a tort. Car la définition juridique du racisme systémique, bénie par la Cour suprême et appliquée par notre Commission des droits, n’est pas un appel à l’égalité de traitement. C’est au contraire un appel, assumé, à l’inégalité.

Prenez le rapport du juge Viens sur la condition des Autochtones au Québec. Contrairement à ce que vous pensez tous, chers lecteurs, il ne conclut nulle part que les institutions québécoises sont coupables de racisme systémique. Il fait exprès de choisir l’expression « discrimination systémique », à la charge symbolique beaucoup moins lourde. C’est déjà grave. La discrimination et le racisme sont cousins, pas synonymes. Le juge Viens dénonce avec raison l’absence de services envers des populations autochtones et réclame que ces lacunes soient corrigées. Il a bien vu, avant même le mépris raciste et probablement criminel dont fut victime Joyce Echaquan, que des pratiques racistes avaient lieu dans des établissements de santé.

Mais pour ce qui est du système, son diagnostic est nuancé. En « dépit de certains efforts d’adaptation et d’une volonté manifeste de favoriser l’égalité des chances », écrit-il, cela ne suffit pas. « Si les problèmes ne sont pas toujours érigés en système, une certitude se dégage : les structures et les processus en place font montre d’une absence de sensibilité évidente aux réalités sociales, géographiques et culturelles des peuples autochtones. »

Le rapport Viens est un appel à l’inégalité. Il propose des cliniques autochtones distinctes chaque fois que c’est possible. Il veut que les pratiques autochtones de guérison, de disposition du fœtus et du placenta, soient acceptées et intégrées dans les hôpitaux du service public. Il souhaite créer dans les hôpitaux des espaces culturellement sécuritaires spécifiques aux Autochtones. Il propose que les règles limitant le nombre de visiteurs pour les malades soient élargies pour les patients autochtones. Osons le mot : il réclame des accommodements.

Vous me savez réfractaire aux accommodements religieux. Pourtant, je suis favorable à ces propositions, puisqu’elles concernent des nations avec lesquelles nous partageons un territoire. Mais soyons rigoureux. Ce qui nous est demandé ici n’est pas de traiter également les citoyens de races différentes. Il nous est demandé, au nom de l’équité, de construire un système inégalitaire. D’ériger, en quelque sorte, un racisme systémique positif permanent.

François Legault affirme que sa réticence à céder aux pressions multiples pour qu’il s’agenouille devant le concept de racisme systémique tient au caractère non fédérateur, diviseur, du concept. Cette raison serait en soi suffisante. Si on veut échouer dans une nécessaire opération de large adhésion des Québécois à des mesures de lutte contre le racisme, la première chose à faire est d’adopter un concept qui braque, accuse, culpabilise.

Mais cette raison n’est pas suffisante. La définition juridique du racisme systémique pose problème. Elle suppose qu’on constate une discrimination d’un groupe minoritaire qui soit le résultat, d’une part, de préjugés peut-être inconscients et, d’autre part, des « politiques et pratiques généralement adoptées sans tenir compte des caractéristiques des membres du groupe visé ». Il n’est donc pas question de corriger la discrimination en établissant une égalité de traitement. Il faut au contraire que les politiques et pratiques soient ajustées en fonction du groupe visé. Et s’il y a plusieurs groupes, il doit y avoir plusieurs ajustements. La discrimination dont sont victimes les Québécois d’origine maghrébine n’a rien à voir avec celle subie par les Autochtones.

On a noté que les membres des minorités sont sous-représentés parmi les salariés de la Ville de Montréal. Notons que les Blancs défavorisés de l’est de Montréal y sont aussi sous-représentés. Mais, puisqu’ils ne sont pas une minorité protégée par les chartes, ils n’ont pas accès au redressement offert par le concept de racisme systémique. Tant pis pour eux.

Valérie Plante a souscrit aux recommandations d’un récent rapport sur la question. Elle doit atteindre des cibles contraignantes pour correctement représenter cinq groupes : les minorités visibles, celles ethnoculturelles (ni Anglos ni Francos), les Autochtones, les femmes et les personnes en situation de handicap. (Je m’étonne de l’absence des LGBTQ.) Elle n’a pas le droit d’y arriver « en moyenne ». Non. Elle doit y arriver distinctement dans la ville centre et dans chaque arrondissement, et ce, autant chez les employés que chez les professionnels et les cadres.

Cela signifie qu’il faut assurer aux membres des minorités, non l’égalité des chances, mais l’égalité des résultats. C’est une garantie qu’on n’offre pas aux Québécois venant de milieux défavorisés ou aux membres des minorités invisibles, comme un Belge ou un Roumain francophone. Pour contrer une injustice, on en érige donc une autre. C’est fâcheux. On doit pouvoir trouver mieux.

Comme moi, vous détestez le racisme. Comme moi, vous souhaitez des actions fortes. Mais soyez francs. Si vous étiez François Legault, mettriez-vous votre doigt dans l’engrenage du racisme systémique ?

56 commentaires
  • Raymond Labelle - Abonné 14 novembre 2020 04 h 38

    "Discrimination", "racisme" et "systémique" - plusieurs interprétations possibles - c'est l'analyse des phénomènes qui est importante.

    L’utilisation ou non d’un mot comme « discrimination », « racisme » ou « systémique » peut refléter des positions ou des analyses très diverses, puisque qu’il s’agit ici de mots à signification très élastique. Élastique au point où des personnes utilisant des mêmes mots peuvent avoir une analyse différente d’un même phénomène ou des personnes utilisant des mots différents pour désigner peuvent avoir une même analyse ou position.

    La notion de "systémique" est très large. Peut aller de la pression sociale dans un sens suite à l'histoire et à l'organisation sociale inconscient jusqu'au complot organisé.

    La discrimination c'est traiter quelqu'un différemment des autres (qui peut même être mieux la traiter - ex.: "discrimination positive") pour une caractéristique de la personne, réelle ou imaginaire. Le racisme est un sous-ensemble de la discrimination - ça peut être donner moins d'avantages ou plus de désavantages et/ou signifier des préjugés de perception en raison d'une race attribuée de façon inconsciente jusqu'à l'hostilité la plus malveillante. Encore là la palette est large.

    C'est quand quelqu'un précise sa pensée que l'on sait ce qu'elle veut dire.

    Attendre donc cette précision avant le lancer de la pierre ou le sectionnement de la chemise.

    C'est l'analyse que l'on fait qui compte.

    • Raymond Labelle - Abonné 14 novembre 2020 08 h 00

      L’utilisation du mot « systémique » pour désigner la discrimination ou le racisme n’implique pas de façon nécessaire la négation de la responsabilité invidivuelle dans ces phénomènes.

      La non-utilisation du mot systémique pour désigner la discrimination ou le racisme n’implique pas de façon nécessaire la négation de possibles aspects sociologiques et historiques, au-delà de l’individu, dans l’explication de ces phénomènes.

      C’est l’analyse que l’on fait de ces phénomènes qui compte.

    • Nadia Alexan - Abonnée 14 novembre 2020 10 h 43

      Favoriser les minorités et les groupes ethniques avec des accommodements ne favorise pas la cohésion sociale.
      Avons-nous le droit de soutenir des concepts réactionnaires tels que le mariage infantile ou l'excision pour faire plaisir aux groupuscules rétrogrades?

    • Raymond Labelle - Abonné 14 novembre 2020 11 h 29

      L’utilisation du mot « systémique » pour qualifier la discrimination ou le racisme n’implique pas de façon nécessaire la négation de la responsabilité invidivuelle dans ces phénomènes.

      La non-utilisation du mot systémique pour désigner la discrimination ou le racisme n’implique pas de façon nécessaire la négation de possibles aspects sociologiques et historiques, au-delà de l’individu, dans l’explication de ces phénomènes.

      C’est l’analyse que l’on fait de ces phénomènes qui compte.

    • Pierre Fortin - Abonné 14 novembre 2020 13 h 56

      Monsieur Labelle,

      Le racisme relève de l'idéologie, une abstration qui postule une hiérarchisation des races; il est aussi un mouvement de l'âme qui porte à mépriser quelqu'un ou un groupe de personnes selon des convictions ou des préférences. Mais comment identifier une telle disposition d'esprit tant qu'elle ne se manifeste pas par des gestes concrets ? On peut interdire des actes racistes et punir leurs auteurs mais on ne peut empêcher ceux-ci de nourrir les croyances qui font d'eux des racistes. C'est dommage, mais on ne peut faire le procès de la pensée ni des croyances ou des intentions tant qu'elles ne sont pas actées.

      En revanche, la discrimination concerne des actes concrets volontairement exécutés comme la prestation inéquitable de services ou de soins contribuant à défavoriser certaines personnes ou segments de la population. La discrimination peut donc être identifiée et mesurée avec fidélité, ce que le juge Viens a bien fait lors de la commission d'enquête. Je doute fort qu'il eût pu faire de même avec le concept de racisme.

      Amnistie internationale définit le racisme systémique ainsi : « l'ensemble de la structure sociétale composée d’institutions, de lois et de politiques qui maintiennent un système d’inégalités qui privilégie et opprime différents groupes dans la société selon leur « race » ou ethnicité. »

      À la lumière de cette définition, peut-on vraiment prétendre que le Québec fait preuve de racisme systémique, i.e. que « l'ensemble de [sa] structure sociétale composée [de ses] institutions, [de ses] lois et [de ses] politiques maintiennent un système d’inégalités qui privilégie et opprime différents groupes dans la société selon leur « race » ou ethnicité. » ?

      Que ceux qui l'affirment en fassent d'abord la preuve autrement qu'en jetant des accusations gratuites. D'ici là, tous reconnaissent qu'il y a du racisme au Québec et qu'il y a une discrimination systémique. C'est un excellent début pour commencer à corriger la situation.

    • Ghyslaine Thomas - Abonnée 14 novembre 2020 16 h 05

      Tellement bien dit et exact, Monsieur Raymond Labelle.

      "Discrimination", "racisme" et "systémique" - plusieurs interprétations possibles - c'est l'analyse des phénomènes qui est importante.

      Mais ce qui fut organisé dans les institutions étatiques comme gestes, pensées, etc. comme vérité à travers l'espace-temps peut persister comme un résidu dans nos lois, gestes, pensées, sans y voir une discrimination ou un racisme.

      C'est pourtant à travers la parole que notre communication existe avant tout et il faudra s'employer à l'élargir, à l'enseigner, à obliger à la respecter dans tous les domaines. C'est une arme moderne. Suffit de regarder ce qui se passe aux États-Unis. Dans une même journée, une proposition et son contraire fait l'objet d'une vérité absolue chez la moitié d'une population.

      Il faut cultiver l'éducation, le langage avant tout. Ghyslaine

    • Raymond Labelle - Abonné 14 novembre 2020 16 h 09

      Excellent exemple Mme Alexan comme quoi il est nécessaire de préciser sa pensée - l'utilisation ou non des mots ici visés n'inclut pas en soi l'analyse et la position de la personne qui les utilise (ou non).

    • Simon Grenier - Abonné 14 novembre 2020 22 h 06

      La conversation qui a cours ici me laisse pantois quant au refus net de plusieurs - dont MM. Legault et Lisée - de débattre du racisme systémique et ses variantes. Apparemment, c'est très possible d'en discuter et d'approfondir la signification ou compréhension de chaque mot sans bain de sang. Après tout, il s'agit d'une notion relativement récente et obscure pour un certain nombre de gens: éclairer le bon peuple ne ferait pas de tort.

    • Raymond Labelle - Abonné 15 novembre 2020 09 h 16

      "On peut interdire des actes racistes et punir leurs auteurs mais on ne peut empêcher ceux-ci de nourrir les croyances qui font d'eux des racistes." PF.

      La discrimination basée sur la notion de race est un sous-ensemble du racisme. Combattre la disposition d’esprit raciste ne veut pas nécessairement dire punir quelqu'un. Et les dispositions d'esprit peuvent se manifester par des façon de s'exprimer, de montrer sa vision du monde. Par exemple, publier un écrit raciste ne constitue pas de la discrimination dans une action concrète comme l'emploi ou le logement, peut être légal, mais... Les personnes sérieuses qui combattent le racisme sont conscientes de ne pas pouvoir lire dans les pensées.

      Le fait qu’AI définisse ce qu'elle entend par "racisme systémique" déjà permet de discuter avec AI. Toutes les personnes qui utilisent ce terme le définissent-ils ainsi? Je ne le sais pas, mais d'être clair dans l'utilisation des termes aide à avoir une meilleure discussion.

      Avec la définition d'AI, la véritable difficulté du fardeau de preuve vient du terme "systémique", même si on avait parlé de "discrimination" plutôt que de « racisme ». Démontrer que "l'ensemble de" etc. est un lourd fardeau de preuve. Et il n'est pas nécessaire de relever ce fardeau. Combattons et prévenons le racisme là où on peut le voir ou là où on le sait susceptible d'apparaître, tout simplement.

      D'autres ont peut-être une définition plus "relâchée" de "systémique" qu'AI, veulent peut-être juste dire que le racisme (et donc son sous-ensemble "discrimination") a un aspect socio-historique qui dépasse l'individu, ce qui est vrai. Et chercher le pourquoi et le comment de l’apparition et du développement du racisme historiquement et sociologiquement peut aider.

      Ce qui n'empêche pas d'aussi reconnaître nos responsabilités individuelles.

    • Raymond Labelle - Abonné 15 novembre 2020 11 h 41

      Merci de vos bons mots Mme Thomas.

      M. Grenier, quelqu'un que ne veuille pas utiliser le mot "systémique" et veuille simplement utiliser le mot "racisme" (Legault), que quelqu'un ne veuille absolument pas utiliser le mot "racisme" (Lisée), que quelqu'un d'autre ne veuille utiliser que les mots "racisme systémique" (beaucoup), grand bien leur fasse, mais le débat ne devrait pas porter sur l'utilisation ou non de certains mots, mais sur l'appréhension des phénomènes et la façon de les combattre, si on veut les combattre.

      Par exemple. M. Legault a un malaise à utiliser lui-même le mot "systémique" de crainte que ça ne soit compris comme désignant une volonté malveillante de l'État dont il est responsable, mais qu'il reconnaît que le racisme existe et a un aspect socio-historique, pas nécessaire de lui tordre un bras pour le forcer à utiliser le mot. M. Lisée préfère le mot "discrimination" au mot "racisme" avant de mettre l'adjectif "systémique". Si M. Lisée reconnaît que le racisme existe mais préfère utiliser le mot "discrimination" parce qu'il s'agit d'un champ d'action plus concret et prioritaire, pas nécessaire de lui lancer des pierres. Si certaines personnes qui utilisent l'expression "racisme systémique" reconnaissent que le racisme a aussi une composante de responsabilité individuelle et que par "systémique" elle veulent seulement dire que le racisme a un aspect socio-historique qui dépasse l'individu, pas nécessaire de leur lancer des pierres.

      C'est là que les débats entre ces catégories de personnes qui se lancent des pierres mutuellement à cause seulement de l'utilisation (ou non) de tel terme plutôt que de tel autre deviennent de mauvais débats. Il est plus utile de réfléchir au phénomène de fond sur la substance des choses.

    • Raymond Labelle - Abonné 15 novembre 2020 11 h 58

      Peut-être que la définition d'AI de "racisme systémique" pourrait s'appliquer aux autochtones. Le système juridique des réserves-bantoustans, la mode d'occupation de leur territoire, la tentative étatique faite (maintenant arrêtée mais ayant créé le dommage) de briser la transmission culturelle par la politique des pensionnats, qui a aussi eu l'effet de créer un traumatisme ayant encore ses effets et d'autres éléments (ça serait trop long pour ici). Moins clair pour d’autres groupes.

      Mais comme je l’ai expliqué abondamment ci-dessus, d’autres que AI ont peut-être une définition moins étroite de « systémique » pouvant s’appliquer à d’autres formes de discrimination. Quoiqu’il en soit, l’important est comment on perçoit et décrit le racisme et la discrimination, là s’éclaircit le se sens des mots qu’on emploie.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 15 novembre 2020 13 h 13

      M. Labelle,
      "Amnistie internationale définit le racisme systémique ainsi : « l'ensemble de la structure sociétale composée d’institutions, de lois et de politiques qui maintiennent un système d’inégalités qui privilégie et opprime différents groupes dans la société selon leur « race » ou ethnicité. »"

      Cette définition indique clairement que le racisme sytémique n'existe pas ici.

      M. Grenier, le qualificatif de systhémique a un sens bien déféni quand tu l'applique a une organisation aussi structuré que notre système de santé.

  • Léonce Naud - Abonné 14 novembre 2020 05 h 32

    M. Lisée: sur quoi exactement repose le Statut Indien au Canada ?

    M. Lisée parle avec sagesse des autochtones, c’est-à-dire de gens dont l’existence même est consubstantielle à la «race» qui leur est assignée par la loi Fédérale sur les Indiens, une loi d’apartheid analogue à celle qui existait autrefois en Afrique du sud. Profitant de la redoutable expertise de notre savant chroniqueur, voici une question à laquelle nul Indien ou Visage-Pâle n’a été en mesure de répondre jusqu’ici: «Selon la Loi fédérale sur les Indiens, une personne acquiert-elle le Statut Légal Autochtone lors de sa fécondation ou bien à sa naissance?»

    Avant sa fécondation, une personne n’existe pas. Après sa mort, une personne n’existe plus. Selon la loi Fédérale, le Statut Légal Autochtone ne peut donc apparaître qu’à un moment précis de la vie d’une personne, obligatoirement entre sa fécondation et sa mort. Quel est donc ce moment précis?

    Par ailleurs, si le Statut Légal Autochtone ne procède pas de la composition biologique ou chimique de quelque mystérieux fluide lors de la fécondation (ADN), par quel miracle ce Statut Légal Autochtone apparaît-il à la naissance?

    • Marc Levesque - Abonné 14 novembre 2020 11 h 24

      Léonce Naud

      "Selon la loi Fédérale, le Statut Légal Autochtone ne peut donc apparaître qu’à un moment précis de la vie d’une personne, obligatoirement entre sa fécondation et sa mort. Quel est donc ce moment précis?"

      Je ne suis pas un juriste mais je crois que le statut légale de 'Personne' est attribué à la naissance, et donc le "Statut Légal Autochtone" peut être attribué à ce moment là.

    • Cyril Dionne - Abonné 15 novembre 2020 08 h 46

      Bien d’accord avec vous M. Naud. Si on en vient au rapport Viens (lol), celui-ci occulte complètement la Loi sur les Indiens et les réserves, un apartheid bien « canadian ». Pour ce qui est de la race, c’est un concept biologique qui n’existe tout simplement pas. Il faut parler de facteurs culturels. Or, sans l’abolition de la Loi sur les Indiens, rien ne changera. Rien.

      Ceci dit, essayez de définir le Statut Légal Autochtone, aussi bien essayer de compter combien d’anges peuvent se tenir sur la tête d’une épingle. Il y a autant de définition que d’autochtones. Comment savoir ce que constitue le statut d'indien? Est-ce à 100%, 75%, 50%, à 30% ou même à 10% qui inclut probablement tous les Québécois de souche? Alors, peine perdue.

      Les communautés mennonites au Canada pour qui la vie doit être vécue comme celle des premiers chrétiens, pacifiquement, et en fonction de la terre et de la communauté, eh bien, ils ne demandent aucun accommodement pour vivre selon leurs croyances. En plus, ils paient taxes et impôts sans rien demander en retour. Eux aussi revendiquent des méthodes bien à eux en ce qui concerne la santé de leurs membres tout en respectant les lois du pays. Ils rejettent aussi la modernité sans demander un sou à l’état. Pas beaucoup de « skidoo » en terre mennonite.

    • Léonce Naud - Abonné 15 novembre 2020 10 h 25

      M. Levesque: si la loi canadienne d'apartheid qui régit les Autochtones statuait que leur Statut racial était attribué à la naissance d'un individu, le nouveau-né d'un couple de Blancs pourrait être « baptisé » Autochtone sans l'avoir déjà été au stade de foetus? Un Statut légal au Canada créé à partir de rien? Seul Dieu est censé être capable de créer à partir de rien.

      Nul doute que notre Grand Gourou, cet excellent M. Lisée, va être en mesure de nous expliquer tout çà.

    • Marc Levesque - Abonné 15 novembre 2020 21 h 47

      Léonce Naud,

      Je suis d'accord qu'il y a des non sens et un besoin, parfois urgent, de changement avec plusieurs de nos lois.

      "si la loi canadienne d'apartheid qui régit les Autochtones statuait que leur Statut racial était attribué à la naissance d'un individu, le nouveau-né d'un couple de Blancs pourrait être « baptisé » Autochtone sans l'avoir déjà été au stade de foetus?"

      Je ne comprends pas ou vous voulez en venir avec ça.

      Le statut peut être attribuer à la naissance parce qu'avant ça il n'y a pas de personne légale à qui on peut attribuer un statut légal, et il y a aussi des conditions inscrites dans la loi pour avoir droit au statut d'Indien.

      "Un Statut légal au Canada créé à partir de rien? Seul Dieu est censé être capable de créer à partir de rien."

      Pas besoin de Dieu, les sources et l'évolution de nos lois (au Canada ou au Québec) est une bonne discussion, et on pourrais dire que toutes nos lois sont créées de rien, mais au même sens qu'on pourrait dire qu'un accord ou une convention sont créés de rien.

  • Yvon Montoya - Inscrit 14 novembre 2020 06 h 22

    « Demandez au citoyen moyen « ...bien lu ce tordage idéologique tendant à démontrer une idéologie pas mal sclérosée mais comme « citoyen moyen » je n’ai rien compris de tout ce discours. Dans la pratique citoyenne du citoyen moyen il faut dire que nous avons un mal fou à accéder à l’intelligence de votre pensée et à vos vérités politiques. Heureusement que vous nous éclairez si magistralement! Que deviendrions- nous sans vos lumières eclairant si bien votre duplicité politico-idéologique mais aussi et surtout notre médiocrité intellectuelle de «  citoyen moyen » pour comprendre ce que racisme systémique veut dire. Ma question est celle de savoir ce que vous entendz dans votre pensée égalitaire du concept de «  citoyen moyen »? Merci.

    • François Beaulne - Abonné 14 novembre 2020 09 h 37

      En tout cas, ce n'est pas sur vos lumières à vous qu'on doit compter pour nous éclairer dans ce débat sémantique qui trahit de plus en plus son véritable objectif: l'éradication d'une pensée québécoise différente du magmas ininspirant de la rectitude anglo-américaine ambiante.
      En passant, toujours pas abonné au Devoir? Vous profitez de ses pages pour nous livrer vos vues minoritaires sur tout ce qui touche l'identité québécoise, sans pour autant lui apporter votre maigre contribution dans un contexte où la presse écrite peine à survivre. Bel exemple!

  • Claude Bariteau - Abonné 14 novembre 2020 06 h 57

    Pour ses pourfendeurs, le racisme systémique, vise en plus de l’égalité des traitements, de communautariser le «vivre ensemble».

    En cela, il s’aligne sur la reconnaissance des droits individuels à des ayants droits protégés légalement contre une discrimination basée sur l’article 15, 1 de la Charte canadienne des droits et libertés, qui s’applique à toute personne «indépendamment de toute discrimination, notamment des discriminations fondées sur la race, l’origine nationale ou ethnique».

    L’article 15,2 précise qu’il n’y a toutefois pas d’interdit à tous «programmes ou activités destinés à améliorer la situation d’individus ou de groupes défavorisés (…) du fait de leur race, de leur origine nationale ou ethnique, de leur couleur, de leur religion, de leur sexe, de leur âge ou de leurs déficiences mentales ou physiques».

    Dit autrement, cette charte valorise des programmes et des activités en faveur des groupes défavorisés, ce qui implique la démonstration de l’état défavorable des individus et des groupes.

    La charte de parle pas de «racisme systémique». Par contre, le «racisme systémique» postule que la discrimination émane d’un cadre structurellement existant de telle sorte qu’il doit être éradiqué.

    Dans cette perspective, tous programmes et toutes activités promues à l’intérieur de ce cadre ne sauraient suffire. Seul peut le faire un changement cadre par les ayants droits. Ces derniers, pour les pourfendeurs du «racisme systémique», sont l’avant-garde pour établir un cadre non discriminant à leur égard, ce qui présume qu’il sera discriminant pour les groupes favorisés par le cadre existant.

    En fait, le «racisme systémique» s’appuie sur la discrimination définie par l’article 15.1 et prône un changement de cadre, car l’amélioration des individus et des groupes défavorisés serait un leurre qui assure le maintien du cadre actuel.

    Vous avez totalement raison d'écrire qu'il faille trouver mieux pour vivre au Québec.

    • Céline Delorme - Abonnée 14 novembre 2020 10 h 26

      Bien d'accord avec M Bariteau, et merci à M Lisée pour ses explications éclairantes. Jusqu' à maintenant, dans tous les articles sur le "racisme systémique" aucun n'en décrit la définition, ni les solutions proposées. La chroniqueuse du Devoir la plus acharnée à ce sujet se limite aux accusations et aux insultes, sans expliquer quels seraient les moyens de solution proposés.
      Concernant la discrimination positive, la situation des autochtones doit assurément être pensée, et améliorée, par les recommandations des principaux intéressés, bien sûr.
      Mais quand on lit les reportages sur le sujet des autochtones dans le système carcéral, la principale critique des autochtones est que les Blancs emprisonnés se déclarent eux-mêmes comme des autochtones, pour bénéficier des services pour les autochtones, qu'ils jugent plus confortables ou plus agréables. Ainsi, les vrais autochtones se retrouvent encore en milieu minoritaire et les approches supposément culturellement adaptées, ne le sont pas. On touche ainsi à la difficulté pour l'Etat d'étiquetter les personnes selon la "race" et l' origine ethnique, Comment faire de la discrimination non-discriminante?

  • Guy Demers - Abonné 14 novembre 2020 07 h 16

    discrimination positive et égalité de fait

    Analyse exceptionnelle proposée par Jean-François Lisée, à bien comprendre
    Mon commentaire personnel :
    Il y est question, sans employer les mots, de favoriser la discrimination positive pour assurer, non une égalité de chances, mais une égalité de résultats pour tous les groupes de personnes dans la société, raciaux, culturels, de genre et autres - Y COMPRIS LES PLUS PAUVRES anglos et francos, ce qui est une remarque fondamentale.
    Aux États Unis, le débat dans le monde de noirs au sujet des politiques universalistes de B. Obama concernant la santé, par exemple, a été de questionner son action universaliste par opposition à une action de discrimination positive. Mettre tout le monde sur le même pied en droit n'est pas nécessairement s’assurer que les plus pauvres et les « discriminés » reçoivent en fait les mêmes services ; c’est aussi permettre des services qui s’accordent aux traditions culturelles/voire religieuses de chaque groupe - la médecine traditionnelle autochtone, le système de justice associé à l’islam ou à la foi musulmane par exemple. Reste toujours la priorité à donner aux droits humains personnels - les chartes sur les droits de la personne - et aux droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, reconnus par les Nations Unies pour les peuples autochtones, mais aussi pour les Catalans, les Québécois, les Écossais, les Arméniens, les Kurdes, etc..
    Guy Demers