Rebelote

N’y avait-il vraiment personne d’autre qu’un ancien policier pour remplacer Sylvie D’Amours aux Affaires autochtones ? Cette nomination incongrue indique-t-elle un manque de personnel qualifié sur les bancs caquistes ou alors un autre exemple d’insensibilité vis-à-vis des Autochtones ? On comprend, en tout cas, les associations de femmes autochtones d’être « sous le choc ». Ian Lafrenière a beau être un bon communicateur, un homme avec une poigne redoutable, c’est un peu comme si on nommait le général Custer pour négocier la paix des braves. C’est une claque au visage pour ceux et surtout celles pour qui la police a rarement été un allié.

En juin dernier, des groupes autochtones signaient une lettre ouverte dénonçant le traitement d’une femme crie, en crise, au square Cabot à Montréal. Plutôt que d’envoyer une ambulance, ce sont 17 policiers du SPVM accompagnés d’une « escouade canine » qui ont été dépêchés sur les lieux. « Chaque femme autochtone ayant besoin d’une aide médicale a-t-elle besoin d’un intervenant pour assurer sa sécurité face à la police ? » demandent les signataires, déplorant l‘utilisation fréquente d’une « violence extraordinaire » lors d’interventions policières.

Cette violence a plusieurs visages, nous apprenait l’émission Enquête il y a cinq ans. Le reportage de Josée Dupuis — qui cherchait de prime abord à souligner la disparition de Sindy Ruperthouse, une femme anichinabée disparue depuis 2014 — finira par découvrir un tout autre panier de crabes : les sévices et surtout les abus sexuels subis par les femmes autochtones. « On allait dans un chemin dans le bois et là, ils me demandaient de leur faire une fellation. […] Ils me payaient chacun 200 $. 100 piastres pour le service, 100 piastres pour que je ferme ma gueule », dit l’une d’entre elles. Sans parler des « cures géographiques » qui consistent à laisser le ou la « suspecte » loin de chez elle, en plein hiver très souvent, en la dépouillant de certains de ses vêtements.

À la suite du reportage d’Enquête, huit policiers de la SQ de Val-d’Or, ciblés par les témoignages d’une vingtaine de femmes autochtones, seront suspendus et feront l’objet d’une enquête. Celle-ci est confiée au SPVM, dont Ian Lafrenière est à l’époque le porte-parole. La résistance se fait immédiatement sentir dans les rangs policiers : la moitié des effectifs de la Sûreté du Québec (environ 2500 sur 5000) portent un bracelet en appui à leurs confrères suspendus, y compris lors de leurs interventions auprès de la communauté autochtone. L’intimidation ne s’arrête pas là. Un an plus tard, l’Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ), représentant les huit policiers, intentera une poursuite de 2,3 millions de dollars en diffamation contre Radio-Canada, même si aucun policier n’est identifié dans le reportage.

Aucune accusation ne sera d’ailleurs portée contre les policiers ciblés de Val-d’Or, faute de preuves, d’identification notamment. Des 37 dossiers déposés au Directeur des poursuites criminelles et pénales — dont 14 allégations d’abus sexuel, 15 d’usage excessif de la force et 9 allégations de séquestration (cures géographiques) — seulement 2 feront l’objet d’accusations criminelles. Un des deux accusés, un policier de Schefferville, se suicidera peu de temps après. L’autre accusé est un policier autochtone de la Côte-Nord.

La cerise sur le sundae : à défaut d’accusations, les excuses formelles exigées de la SQ par des groupes autochtones ne viendront jamais, excuses que la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, « ne s’est pas engagée à obtenir ». Peu surprenant, alors, que les femmes autochtones ont peur encore aujourd’hui de croiser un policier en uniforme. Elles ont toutes les raisons, plus encore que leurs vis-à-vis masculins, de ne pas se sentir en sécurité.

Il ne s’agit pas ici de diaboliser le nouveau responsable des Affaires autochtones. Ian Lafrenière comprend sans doute mieux les questions impliquant les Premières Nations que l’ancienne titulaire, perpétuellement dépassée par les événements. Mais pour ce qui est de « rebâtir les ponts », comme le somme de le faire le premier ministre, loin de partir avec une longueur d’avance, le député de Vachon a toute une côte à remonter. De plus, son refus, calqué sur celui du premier ministre, de reconnaître le racisme systémique, plombe ses chances de réussite encore davantage. Depuis la mort de Joyce Echaquan, l’humeur a changé. On n’est plus seulement dans une simple bataille de mots autour du terme systémique ; on en est à choisir son camp. Ou on reconnaît l’injure (réelle) faite aux Autochtones, et aux groupes racisés, ou on continue de protéger les sensibilités d’une partie de l’électorat francophone en refusant d’utiliser le terme jugé insultant.

Ou on privilégie l’optique autochtone (pour une fois) ou on continue à privilégier l’optique de la majorité. Faites vos jeux. Le gouvernement semble avoir fait le sien.

fpelletier@ledevoir.com

Sur Twitter : @fpelletier1

81 commentaires
  • Daniel Francoeur - Abonné 14 octobre 2020 00 h 57

    Rebelote et dix de der

    Mme Pelletier, nous en convenons M. Lafrenière n’a pas le pedigree idéal aux yeux de tous, mais, comme vous le mentionnez il a sans doute de grandes qualités humaines. Aussi, dans l’alternative ou votre plaidoyer serait entendu en haut lieu, je vous pose simplement deux questions, à savoir quel est profil idéal pour occuper cette charge de ministre et qui proposez-vous? Vous en conviendrez, ces simples questions ouvrent un panier de crabes rempli à raz-bord. Ainsi, devant les impasses successives et puisqu’il y a urgence en la demeure, pourquoi ne pas donner une chance à M. Lafrenière et, par la suite, le juger sur ses résultats ? Vous auriez alors tout loisir de mesurer sa performance au regard des différentes réalités douloureuses que vous avez soulevées et pour lesquelles nous devons agir collectivement.

    • Pierre Labelle - Abonné 14 octobre 2020 08 h 45

      Ici monsieur Francoeur la question n'est pas de savoir si madame Pelletier connaît "le profil idéal pour occuper le poste" de ministre des affaires autochtones, encore moins QUI elle propose pour occuper ce poste. Vos 2 questions ressemblent à une dérobade de politicien ou encore à une déculpabilisation par anticipation. C'est il me semble au premier ministre à connaître ces réponses, les gens ont voté pour la CAQ afin que les erreurs du passé ne se répètent pas. Et soit dit en passant, la seule question que l'on devrait se poser est: qui a donné une chance à toutes ces femmes autochtones, à Val-D'Or et ailleurs? Nous n'avons pas à donner de chance à qui que ce soit, Lafrenière inclut, que la CAQ et son PM fassent leur devoir et assument leurs responsabilités.

    • Lise Bourcier - Abonnée 14 octobre 2020 10 h 48

      C'est simple. Il fallait nommer ministre une personne autochtone qui n'est pas député.e ou élu.e. D'autre part, les faits rapportés par la journaliste sont graves et rigoureusement vrais. Raisons parmi de muoltiples autres d'ouvrir les yeux et se rendre compte du fait que le racisme n'est pas le fait de quelques individus : il est systémique, et il est inscrit dans notre psyché collective. Les gestes des autorités gouvernementales sont cruciaux à cet égard pour envoyer des messages forts. De plus, quand il y a urgence, on n'utilise pas un "coureur"...peut-être que ce sera cette fois, peut-être que non. Personnellement, je me mets à la place d'une personne inuite ou innu, et j'ai mal à l'invisibilité dans laquelle le "nous" québécois me tient . Ce "nous là", fermé sur lui-même, comme québécoise, je le récuse de toutes mes forces. Et si ça prend le fédéralisme pour empêcher la coquille de l'oeuf de se refermer sur elle-même, je serai fédéraliste. On vas-tu s'ouvrir aux autres, les Québécois.es, oui ou non ?

    • Yves Rousseau - Abonné 14 octobre 2020 12 h 41

      S'il y a un racisme «systémique» envers les autochtones du Canada, c'est dans la «Loi sur les «Indiens».
      C'est digne de l'apartheid.

      Malgré ses discours larmoyants, Justin Trudeau ne fera rien pour abolir cette loi.
      Pourtant, il en aurait le pouvoir.

      Cherchez l'erreur...

      Pendant ce temps, Mme Pelletier casse du sucre sur le dos d'Ian Lafrenière; un choix discutable, j'en conviens.

      Lira-t-on un jour une chronique de Mme Pelletier sur les contradictions de Justin Trudeau?
      Sur les autochtones? L'environnement? La taxation des GAFA? Les paradis fiscaux?

    • Christian Roy - Abonné 14 octobre 2020 13 h 14

      À entendre ce midi à la Première chaîne, M. Lafrenière faire son patinage de fantaisie autour du terme systémique (par rapport au terme racisme) et des enjeux socio-politiques avec les peuples autochtones, il se qualifie haut-la-main pour la job.

      Donnons-lui la chance de faire ses preuves d'acrobate en espérant que les résultats soient visibles sur le terrain.

    • Simon Grenier - Abonné 14 octobre 2020 22 h 01

      M. Roy, bien content de voir que je ne suis pas le seul à avoir craché mon café en l'entendant étaler son absence-de-confiture quant aux questions de discrimination. Quant à moi, le coureur a déjà brûlé sa chance. Il est aussi motivé à défendre les intérêts des Premières Nations que le reste du gouvernement. (Pas de signes de piasses? Pas important.)

  • Marie Nobert - Abonnée 14 octobre 2020 00 h 58

    «Je contribue»! [...]. (sarcasme «trumpien» absolu)

    J'en ai assez lu.

    JHS Baril

    • Guy Beausoleil - Abonné 14 octobre 2020 09 h 11

      En effet, on dirait que le libre arbitre, la nuance et l'intelligence ont disparu, sauf exception, du Devoir, tous unis comme un troupeau bêlant.

  • Michel Lebel - Abonné 14 octobre 2020 07 h 27

    Tout un défi!

    Pourquoi ne pas donner la chance au coureur? Cette chronique est bien négative et cette référence à des camps à choisir n'est pas une conclusion bien brillante. Mais je reconnais sans ambages que le gouvernement Legault devra ''mettre ses culottes'' pour traiter sérieusement de la question autochtone. La question demeure: en sera-t-il capable? À suivre.

    M.L.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 14 octobre 2020 11 h 04

      La communauté des Attikameks de Manawan est située dans la MRC de la Matawinie, dans Lanaudière. Une communauté de quelque 2400 personnes, située à environ 2h30 de Joliette; les 79 derniers km sur une route forestière non asphaltée. Elle fait partie des municipalités dites *dévitalisées », selon le Ministère des Affaires municipales; même si elle n’est pas une municipalité.

      Les « culottes » principales, elles sont à Ottawa avec sa loi sur les Indiens qui maintient ces pauvres gens au bout du monde, dans la misère.La pauvreté et l’éloignement sont les causes des difficultés que rencontrent ces gens dans les services publics.
      Ce ne sont pas les Québécois qui font preuve de racisme systémique, c’est le fédéral avec sa loi sur les Indiens et ces prisons à ciel ouvert, au bout du monde.

      IL faut condamner les propos des 2 employées de l’hôpital; mais il faut comprendre le contexte qui a amené cela, surtout dans cette période où le personnel est ultra stressé.

      Que ce soit un policier qui soit ministre m’Indiffère. J’apprécie son ouverture. Je pense, au contraire, que le fait qu’Il connaisse le tabac soit un facteur positif. Le dossier autochtone est un dossier complexe.

      IL était temps d'avoir un ministre responsable capable d'aller sur la place publique.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 14 octobre 2020 11 h 38

      Racisme institutionnel, voilà! https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2020-10-11/parti-quebecois/paul-st-pierre-plamondon-veut-combattre-le-racisme-d-etat.php

    • Christian Roy - Abonné 14 octobre 2020 13 h 33

      J'ai lu l'article vers lequel vous nous dirigez, M. Grandchamps.

      L'utilisation du terme "racisme d'État" (ou institutionnel, comme vous le nuancer vous-même) est intéressante. Elle est incluse dans l'utilisation du terme "racisme systémique".

      L'instrumentalisation de l'expression de PSPP comme argument en faveur de l'indépendance est contestable. Les pressions résolues auprès du fédéral par une province fidèle au Canada peuvent avoir autant de prises sur lui que de celle d'un parti souverainiste.

      Il faut, à mon avis, que cette question soit traitée sur une base non partisane, au nom des droits et libertés fondamentales des habitants de notre territoire commun.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 14 octobre 2020 15 h 52

      Les autochtones ne peuvent plus se permettre de donner la chance au coureur, il y a urgence d'avoir un ministre efficace, qui connait les dossiers et qui apportent des solutions concrètes qui ont l'appui des autochtones.

      La Caq à changé 4 trente sous pour 1 piasse et pendant ce temps Mme.Blais est toujours ministre des ainées?!

      Maintenant que Plamondon est en poste, vivement des élections..

    • Yves Rousseau - Abonné 14 octobre 2020 18 h 18

      M. Lebel,
      La «question autochtone» est une compétence fédérale.
      La «loi sur les Indiens» ça vous dit quelque chose?

      Même si le Québec a initié des ententes comme la «convention de la Baie-James» ou «la paix des braves» avec les Cris, c'est Ottawa qui est fiduciaire des premières nations.

      Pensez-vous que Justin Trudeau veut abolir cette loi raciste?

    • Simon Grenier - Abonné 14 octobre 2020 21 h 57

      M. Grandchamp, il n'y a RIEN à comprendre, ni à expliquer, ni à justifier, ni... dans le cas des employés de l'hôpital de Joliette. C'était inacceptable pour des employés de l'État, c'était inacceptable pour des citoyens et c'était inacceptable pour des humains, au Québec, en 2020. EURIEN. Stress, pas stress.

      Il va aussi falloir cesser immédiatement d'associer "racisme systémique" avec "les individus" (que vous avez nommés ici comme "les Québécois"). Ça n'a absolument rien à voir. Ne vous en faites pas, toutefois, ce nouveau ministre est complètement dans le champ lui aussi, ce qu'il a démontré noir sur blanc en direct à la radio ce matin. Votre exemple de la Loi sur les Indiens, par contre, est approprié.

      La notion que l'on décide de construire un hôpital ou une école selon le nombre de citoyens environnants, comme on déciderait d'ouvrir McDo, serait un autre bon exemple. Cette notion ne vise aucunement les peuples des Premières Nations mais il est évident qu'avec de genre de critère, il n'y aura pas d'éducation décente dans un rayon de 500 km autour de Salluit avant plusieurs siècles. "Chu pas raciste" mais tous les ministères que j'engraisse de mon impôt prennent des décisions qui ont des impacts DÉLÉTÈRES sur des communautés - tiens donc! - racisées. Ça vaut pour les minorités linguistiques pan-canadiennes - bien qu'on ne soit plus dans le "racisme" dans ce cas.

      Le fait que M. Lafrenière ait été policier, on s'en fout. Le fait qu'il ait accepté, de son plein gré, d'être porte-parole et de justifier la complète incurie de la police Montréalaise quant au profilage, année après année, sans démissionner ni dénoncer à titre personnel, cela démontre très bien son manque d'intérêt pour la réflexion au-delà des ordres qu'on a reçus.

      Ordres qui sont, apparemment, de "donner l'impression de poser des gestes concrets" - peu importe lesquels. Si j'ai bien compris, à Québec, on s'en contre-fiche (encore et toujours) complètement.

  • Cyril Dionne - Abonné 14 octobre 2020 07 h 44

    Faire entrer le loup dans la bergerie

    Ah ! Non. Je suis d’accord avec Mme Pelletier. La Terre a arrêté de tourner.

    Bien oui, l’idée du siècle. Nommez une police du groupe le plus répressif et corrompu du Québec, la police de Montréal (SPVM), est l’idée du siècle. Wow ! J’aime bien l’expression de Mme Pelletier, « c’est un peu comme si on nommait le général Custer pour négocier la paix des braves ».

    Maintenant, on est tous persuadé que toutes les femmes autochtones peuvent bien dormir ce soir. Elles ont eu tellement de bonnes relations avec ce groupe paramilitaire que le gouvernement Legault en a choisi un de ceux qui les ont stigmatisé et traité comme des pupilles de l’état depuis la nuit des temps. Wow ! Au carré.

    Qu’arrivera-t-il lorsque un autocthone sera tué par les forces de l’ordre? M. Lafrenière, comme bon communicateur, va venir pleurer avec eux, bien sûr devant tous les « kodaks » de ce monde pour ensuite repartir comme si rien n’était. Justin Trudeau pourrait peut-être lui donner des leçons à ce sujet.

    Et je le répète encore une fois, le racisme systémique envers les autochtones prendra fin lorsqu’on abolira la Loi sur les Indiens, qu’on fera disparaître les réserves, ces prisons à ciel ouvert et que leurs occupants viendront nous rejoindre au 21e siècle. Pas avant. Ce n’est pas en nommant un représentant de ceux qui historiquement les ont agressé qu’on changera la donne. Tout ce qu’il va faire, c’est des « spinner » les nouvelles à l’avantage du gouvernement et surtout, pour la police. Wow ! Au cube.

    • Marc Therrien - Abonné 14 octobre 2020 18 h 07

      « Et je le répète encore une fois, le racisme systémique envers les autochtones prendra fin lorsqu’on abolira la Loi sur les Indiens, qu’on fera disparaître les réserves, ces prisons à ciel ouvert et que leurs occupants viendront nous rejoindre au 21e siècle. »

      Vraiment? Vous êtes fort en opinion pas à peu près. Et par quel genre de magie ou de processus enchanté les citoyens qui éprouvent et véhiculent ce racisme systémique percevront-ils différemment les autochtones, que vous qualifiez implicitement d’arriérés, quand ils nous auront rejoints au 21ième siècle?

      Marc Therrien

  • Jacques Bordeleau - Abonné 14 octobre 2020 08 h 06

    Hargne

    Quelle hargne! Aller rechercher une affaire de cinq ans et d'autres références passées qui n'ont rien à voir avec Ian Lafreniere pour en constituer un dossier à charge contre un ministre à peine entré en fonction, outre que ça ressemble à un certain ostracisme qu'on prétend dénoncer par ailleurs, ressasse et stimule les confrontations entre les groupes et les parties.
    Mais quand la hargne nous interdit de laisser la moindre chance au coureur, la bonne foi est absente.

    Jacques Bordeleau

    • Pierre Grandchamp - Abonné 14 octobre 2020 12 h 15

      M. Bordeleau, j'abonde dans votre sens.Personnellement, je suis d'accord avec cette nomination. IL faut donner la chance au coureur.J'estime, quant à moi, que le fait qu'il ait été policier peut constituer un avantage; tout dépendant de son doigté: il a, déjà, une connaisssance du milieu et de certaines problématiques.. J'apprécie le fait qu'Il ait le sens des communications.

      Le dossier autochtone est un dossier TRÈS complexe.

    • Raymond Labelle - Abonné 14 octobre 2020 18 h 59

      Peut-être qu'au contraire, le fait que M. Lafrenière soit un ancien policier montre une volonté d'agir sur cette institution pour corriger des tares antérieures. M. Lafrenière s'est fait donner le mandat de mettre en œuvre les recommandations de la Commission Viens, née en réaction à des abus policiers (bien qu'elle couvre la question autochtone plus largement). M. Lafrenière est aussi un ancien militaire qui a travaillé dans des missions de paix à l'étranger où la gestion de conflits entre groupes opposés était une qualité essentielle. M. Lafrenière est également un ancien "Ranger", ces militaires qui travaillent dans le Nord canadien et ont des relations importantes avec les autochtones, où ils représentent une partie importante de la population. M. Lafrenière a aussi, dans son passé, déjà établi des relations cordiales avec plusieurs chefs de police de forces autochtones qu'il connaît déjà, et qui ont la confiance de leurs populations. Il ne faut pas l'oublier non plus.

      Enfin, M. Lafrenière est près de M. Legault et a sa confiance. Que M. Legault mette ses troupes d'élite sur la question autochtone montre une volonté de s'en occuper sérieusement.