Le prisonnier

Les politiques d’austérité du gouvernement Couillard et l’usure de quinze années depourvoir libéral presque ininterrompu ont assurément été des facteurs importants de la défaite historique du PLQ à l’élection du 1er octobre 2018, mais la clé du succès de François Legault a été de convaincre les Québécois que le PLQ méprisait leur identité et les considéraient comme une bande d’intolérants, voire de racistes, en particulier dans le dossier de la laïcité.

Pendant des mois, il a accusé M. Couillard de chercher à les culpabiliser, notamment en voulant créer une commission d’enquête sur la discrimination et le racisme systémique comme l’avait fait l’Ontario. Il a si bien réussi que l’ancien premier ministre y a renoncé et l’a remplacée par un « Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination » complètement bidon.

M. Legault est un homme intelligent, qui a démontré sa capacité à reconnaître une erreur, mais il est prisonnier de son discours passé dont il devrait se libérer. Il en a beurré tellement épais qu’il lui semble maintenant impossible de faire marche arrière et d’accoler le qualificatif « systémique » au mot « racisme », de peur que ses électeurs — et ses députés — ne comprennent pas les subtilités de sa dialectique. Chaque question sur le sujet provoque chez lui un agacement manifeste.

Son grand argument est de dire, comme dans le cas de la COVID-19, que le problème est « moins grave » qu’aux États-Unis. La belle affaire ! On pourrait dire qu’il est également « moins grave » en Ontario ou au Nouveau-Brunswick. Pourtant, tant Doug Ford que Blaine Higgs ont reconnu que du racisme systémique existe bel et bien dans leur province. Ni l’un ni l’autre ne sont pourtant reconnus comme des chantres du multiculturalisme à la Justin Trudeau. Pas plus que le maire Labeaume, qui en reconnaît maintenant l’existence.

  

Qui plus est, le racisme systémique serait une réalité à géométrie variable. Le Groupe d’action contre le racisme créé par le gouvernement semble disposé à reconnaître que les Autochtones en sont victimes en raison de leur relation « historique » avec l’État, ce dont il faut assurément se réjouir, mais ce ne serait pas le cas des minorités visibles.

Sur quoi donc est fondée la discrimination dont sont victimes ces minorités, qui ont en commun de ne pas être de couleur blanche, si ce n’est sur le racisme ? La cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, a parfaitement raison : si on veut la régler, « il faut reconnaître l’entièreté de la problématique », plutôt que de simplement éteindre les feux.

Au fil des rapports qui ont dénoncé le traitement qui leur est réservé, dont la mort tragique de Joyce Echaquan a illustré tout l’odieux, les Québécois ont développé une certaine sympathie, parfois même un sentiment de culpabilité envers les Autochtones, dont leurs ancêtres ont accaparé les terres, alors que les minorités visibles sont encore trop souvent considérées comme des immigrants qui devraient se contenter d’être reconnaissants qu’on ait eu la bonté de les accueillir, même quand ils sont ici depuis deux générations ou plus. L’humanité et la justice n’ont pourtant rien à voir avec l’ancienneté.

Les grands leaders ne se laissent pas dicter leur conduite par les préjugés de ceux qui les élisent. Ils se font au contraire un devoir de les combattre pour mieux rassembler. Dans la lutte contre la COVID-19, M. Legault dit ne pas chercher à être populaire, mais à faire ce qui doit être fait. Le même principe devrait le guider dans la lutte contre le racisme.

  

Limiter la reconnaissance du racisme systémique aux seuls Autochtones risque de placer les coprésidents du Groupe d’action gouvernementale, Nadine Girault et Lionel Carmant, dans une situation pour le moins embarrassante. Comment ces deux ministres issus de la communauté haïtienne vont-ils lui expliquer qu’elle a tort de croire en être victime ? La création de ce comité était un « rendez-vous avec l’histoire », disait la ministre de l’Immigration. S’il n’ose même pas nommer le problème, plusieurs vont conclure à un rendez-vous manqué.

En 1988, trois ministres anglophones du cabinet Bourrassa, Clifford Lincoln, Herbert Marx et Richard French, ont démissionné avec fracas simplement parce que M. Bourrassa refusait de rétablir l’affichage bilingue dans les commerces, comme l’avait ordonné la Cour suprême. La communauté anglophone n’attendait pas moins d’eux. Il est vrai que Mme Girault (Bertrand) et M. Carmant (Taillon) ne représentent pas des circonscriptions où se concentre la communauté haïtienne, mais ils n’en sont pas moins ses porte-parole au sein du Conseil des ministres.

Depuis son élection, M. Legault s’est employé avec un certain succès à rendre aux Québécois leur fierté supposément bafouée par les libéraux. Assurer à tous la dignité, la justice et l’égalité des chances devrait précisément être un objet de grande fierté quand on se veut « quelque chose comme un grand peuple ».

158 commentaires
  • Jean Thibaudeau - Abonné 10 octobre 2020 03 h 42

    Encore...!

    Voilà à son tour M. David qui tombe dans le cirque de l'incantation obligée au racisme systémique. Au nom du principe (par ailleurs fort juste) de nommer les choses correctement quand on veut s'attaquer aux problèmes.

    Or, ce concept ne nomme et n'éclaire RIEN du tout! Ses défenseurs pensent démontrer sa justesse en étalant les EFFETS de la discrimination sur différentes cibles, que plus personne ne conteste de nos jours (sauf, peut-être le maire de Joliette). Mais ce concept est censé se rapporter aux CAUSES, et on prend faussement pour acquis que ce qui produit des effets systémiques ne peut forcément provenir que de causes systémiques. Pourtant, personne n'est en mesure de pointer ces causes du doigt malgré toute la ferveur dont le concept fait l'objet actuellement.

    Si l'on veut nommer correctement les choses, il ne faut surtout pas laisser entendre que la discrimination, "c'est la faute au système", le meilleur moyen qui soit de déresponsabiliser tous et chacun.

    Ce n'est pas un M. Système qui a proféré des insultes et des moqueries à l'endroit de Joyce Echaquan, ce sont une infirmière et une préposée bien en chair et en os. Il en est de même pour tous ceux qui ont laissé perdurer l'expression ouverte de pareilles attitudes en n'intervenant pas plus tôt.

    La tendance à discriminer est universelle chez tous les humains, et les Québécois n'y échappent pas. Se distancier de cette tendance naturelle implique l'emploi (plutôt massif) d'un processus rationnel amenant la personne à relativer les principaux points de repère qui lui servent d'identité, et ce, sous la poussée d'une forte poussée d'empathie. Ce qui implique une bataille constante contre soi-même.

    François Legault a tort d'insister sur l'idée que la discrimination n'est le fait que de quelques-uns, mais je l'approuve tout-à-fait de ne pas tomber dans ce piège purement idéologique du racisme systémique.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 octobre 2020 10 h 11

      Ce que vous récusez assez justement quant à moi, c'est l'idée qu'il y aurait au Québec un racisme systématique. Celui-ci serait à double effectivité. D'abord en ceci qu'il constituerait un ensemble coordonné d'actions conduites dans un but déterminé. Ensuite que ces actions impliqueraient que les éléments du « système » social seraient mises au sevice de ces buts.

      Mais quand on parle de racisme ou de discrimination systémique, c'est précisément pour mettre le doigt sur une réalité qui, bien qu'elle se manifeste dans des conduites déterminées comme celle de l'infirmière en question, n'a ni sa cause ni son remède de ce côté-là - bien qu'il soit aussi nécessaire de prévenir, de corriger, de punir les auteurs - mais dans une dynamique sociale qui dépasse largement les mobiles intimes qui animent les individus tout en leur donnant surtout une occasion de se manifester.

      Paradoxalement, les motifs sur lesquels repose le rejet de la notion de racisme systémique sont précisément ceux qui devraient la faire adopter ! Elle situe le débat hors de la fausse alternative entre l'auto-aveuglement et l'auto-flagellation.

    • Patrick Daganaud - Abonné 10 octobre 2020 10 h 48

      « Ce n'est pas un M. Système qui a proféré des insultes et des moqueries à l'endroit de Joyce Echaquan ».

      Comme vous y allez mollo, Monsieur Thibaudeau : ce que l'infirmière et la préposée ont relayé, ce sont les ordureries et insanités racistes proférées de façon systémque à l'encontre, entre autres, des premières nations.

      Point barre !

    • Marc Therrien - Abonné 10 octobre 2020 10 h 49

      Et c’est ainsi que les employeurs sensibles à cet enjeu implantent des programmes de formation visant la sensibilisation aux cultures autochtones. La prise de conscience des stéréotypes et préjugés qui agissent à notre insu prédisposant à agir la discrimination que la Charte des droits et libertés vise à interdire est le premier pas vers la transformation des interactions sociales empreintes de discrimination.

      Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 10 octobre 2020 14 h 48

      Cher M. Dagnanaud, qu'est-il arrivé à toutes les autres minutes de cet enregistrement du téléphone de madame Echaquan qui n'ont pas été publiées sur Facebook? On pourrait en apprendre beaucoup de cette situation. Il y a toujours un avant, un pendant et un après dans chaque histoire.

      Aussi, qu'est-ce qui a causé la mort de cette dame? Pardieu, avant que le rapport du coroner ne soit déposé, nous ne savons pas de quoi est morte ou la cause du décès de Joyce Echaquan. Ce ne sont pas les remarques racistes qui l’ont tué. Si c’est la dose excessive de morphine, eh bien, on présume que celle-ci a bien été prescrite par un médecin qui avait parcouru son dossier médical ou lui avait parlé au préalable en français puisque selon Statistiques Canada, seulement 165 sur 2 065 habitants de Manawan ne parlent pas français ou anglais. Plus de 92% parlent français.

      Aussi, en juin dernier, une vidéo est apparue montrant des policiers battant Allan Adam, chef de la nation Athabasca Chipewyan en Alberta, après avoir arrêté son véhicule pour des plaques d'immatriculation périmées. L'incident a déclenché des manifestations à l'échelle nationale appelant à des réformes de la police, tout comme la mort de George Floyd l'avait fait aux États-Unis.

      Le même mois, des agents de santé de la Colombie-Britannique ont été accusés d’avoir parié sur l’alcoolémie des patients autochtones, attirant l’attention sur le racisme dans les services de santé publics du Canada.

      « Ben » oui, c’est seulement au Québec que la discrimination contre les autochtones existe. Est-ce que ce n’est pas plutôt cette infâme Loi sur les Indiens qui est la cause de tout? Cette loi inscrite dans la constitution de 1982 est responsable de l’infantilisation des autochtones en les « parquant » sur des réserves, ces prisons à ciel ouvert, sans aucun espoir de s’émanciper et de s’épanouir. C’est la consécration d’un apartheid insipide et de mesures ségrégationnistes dignes des lois de Jim Crow aux États-Unis.

    • Patrick Daganaud - Abonné 10 octobre 2020 15 h 13

      Cher Monsieur Dionne,

      C'est indigne, avant, pendant et après.

      Point barre !

      NON, CE N'EST PAS seulement au Québec que la discrimination contre les autochtones existe. MAIS PEU IMPORTE!

      OUI, cette infâme Loi sur les Indiens est la cause DÉCLENCHANTE de tout. « Cette loi inscrite dans la constitution de 1982 est responsable de l’infantilisation des autochtones en les « parquant » sur des réserves, ces prisons à ciel ouvert, sans aucun espoir de s’émanciper et de s’épanouir. C’est la consécration d’un apartheid insipide et de mesures ségrégationnistes dignes des lois de Jim Crow aux États-Unis, »
      CELA DIT, LE RACISME SYSTÉMIQUE S'EST MIS EN PLACE ET DOIT ÊTRE ÉRADIQUÉ.

    • Marc Therrien - Abonné 10 octobre 2020 16 h 16

      Je comprends mieux en vous lisant, M. Dionne, un des avantages des Québécois à s’être niés deux fois en restant dans le Canada. Ils peuvent se donner bonne conscience en invoquant leur non responsabilité pour leurs malheurs, un peu comme les adolescents.

      Marc Therrien

    • Jean Thibaudeau - Abonné 10 octobre 2020 20 h 15

      Richard Maltais Desjardins

      "... une réalité qui, bien qu'elle se manifeste dans des conduites déterminées comme celle de l'infirmière en question, n'a ni sa cause ni son remède de ce côté-là".

      Pour le remède, on peut toujours en discuter. Mais pour la cause, il n'existe pas d'autres côtés où chercher. Depuis l'événement Echaquan, personne n'a même émis le moindre début d'hypothèse sur ce que pourraient bien être ces causes soi-disant systémiques. La seule qui peut cocher à ce titre, c'est la Loi sur les Indiens qui ne relève pas du Québec.

      C'est très difficile d'identifier la nature précise et l'origine des stéréotypes qui donnent lieu à des attitudes discriminantes chez un individu donné. On sait seulement que 2 (ou plus) personnes qui partagent les mêmes stéréotypes vont volontiers "se lâcher lousses" pour les exprimer ouvertement (comme ce fut le cas, ici). En présence d'une personne chez qui c'est moins évident, elles vont se retenir un peu plus ou "tester" celle-ci. Si elles ont affaire à quelqu'un qui rejette sans ambiguïté ces stéréotypes et qui exerce la moindre autorité sur elles, elles vont garder leur fiel en-dedans.

      Des campagnes d'éducation vont devoir être envisagées, mais elles ne modifieront nullement des stéréotypes longuement renforcés dans la tête des gens. Elles pourront peut-être inciter ceux qui ne les partagent pas à se sentir appelés à manifester ouvertement leur réprobation, voire à menacer les coupables s'ils sont en position pour le faire.

      La coquille vide de racisme systémique possède l'avantage, pour certains, d'y mettre le contenu qu'ils veulent de façon à cibler les groupes auxquels ils en veulent idéologiquement. Dès que Couillard a sorti ce mot dans l'arène publique, la majorité des francophones ont très justement saisi la nature de son jeu et le lui ont fait savoir.

    • Cyril Dionne - Abonné 10 octobre 2020 21 h 53

      Bon M. Daganault, au lieu de déchirer sa chemise, pourquoi on n’attend pas pour que le rapport d’autopsie soit rendu public et ceci, s’ils le rendent? Certains risquent d’avoir l’air très fou dans cette histoire incluant un certain premier ministre. Mme Echaquan n’est pas morte à cause des insultes raciales. C’est un problème médical accentué par des complications… Le pendant ne dure que 7 minutes. Il y a bien plus que cela, mais cela allait à l'encontre de la narration.

      Cela dit, que proposez-vous pour irradier cette loi sur les Indiens? Les chefs autochtones ne sont pas intéressés de le faire et veulent garder intact leur système de réserve. Ils semblent qu’ils aiment cela vivre en marge des autres dans un système d’apartheid. Justin Trudeau n’est pas intéressé d’éradiquer cette loi puisqu’il doit rouvrir la constitution de « papy » pour le faire. Ensuite, dans la cohorte des gens qui sont toujours prêts à déchirer leur chemise pour des riens, eh bien, ils n’ont jamais visité une réserve et n’ont jamais interagie avec des autochtones vivant sur une réserve. En fait, ils n’y connaissent rien de la situation à part de s’abreuver à la fontaine médiatique et multiculturaliste de Radio-Pravda, de la Presse, de certains chroniqueurs de ce journal et de quelques autochtones médiatisés qui vivent en ville avec eux.

      Et non M. Therrien, ce n’est pas se donner une bonne conscience, mais c’est bien la Couronne britannique qui a mis cette loi dans la constitution et qui a été reprise par les différents gouvernements fédéraux et premiers ministres incluant notre cher PET. Nous n’avons rien à voir et rien à cirer avec cela. Rien. Mais vous êtes probablement de ceux qui aiment déchirer sa chemise puisque vous n’avez jamais vu la réalité d’une réserve et de ses conséquences sur ceux qui y vivent. Moi si. Nul besoin d’être missionnaire et aller dans les pays du tiers monde pour apporter la bonne parole, ces endroits sans espoir existent juste à côté de chez vous.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 11 octobre 2020 08 h 46

      Monsieur Thibaudeau, vous n'avez retenu que la première partie de ce que disais. Ce n'est pas grave. Par ailleurs, je suis bien content de constater que vous cheminez dans votre réflexion, même si répugnez encore à nommer racistes les conduites ciblant des individus et des groupes présentant des traits essentialisés et n'appelez pas systémiques les effets des stéréotypes culturels en cause. Ce n'est pas grave non plus. Le concept de racisme systémique est un outil pour penser, une hypothèse de travail à valider ou infirmer sur pièces, pas un anathème qu'on prononcerait à l'encontre des gouvernements, même si, comme vous le notez très justement il peut être utilisé à cette fin, ne serait-ce que pour dire que s'il y a faute - et faute il y a (?) - c'est celle de la loi sur les Indiens.

    • Claude Bernard - Abonné 11 octobre 2020 09 h 16

      M Thibaudeau
      Ce cirque est venu des USA via l'Ontario.
      Notre situation vis-à-vis les autochtones est, dans le fond, assez semblable à celle qui prévaut chez nos voisins ontariens.
      Trouver une expression que nous pouvons admettre et qui soit acceptable pour les autochtones devient difficile et tient à un fil.
      Celui du bon sens: c'est différent ici parce que nous voulons choisir nous-mêmes ce dont on nous accuse.
      Puisque systémique veut dire, pour certains, multiculturel ou encore pire fédéraliste, on tourne en rond autour du pot, pris dans un piège de notre propre fabrication.
      Quand un mot prend un nouveau sens à l'échelle de la planète francophone et dans le monde anglosaxon, la sagesse est de s'y rallier.
      Sinon nous perdrons notre temps en vaines discussions sémantiques et qui n'intéressent que des losers.

    • Jean-François Trottier - Abonné 11 octobre 2020 10 h 40

      En répondse à M. Maltais Desjardins, la cause la plus évidente de ce racisme dépasse la Loi sur les Indiens.
      Celle-ci n'est que l'officialisation de la politique de l'Empire Britannique au fil des siècles.

      La séparation des "ethnies", appliquée aux Indes, en Afrique et au Canada : des centres décisionnels qui cassent la réalité à la volonté Anglaise. Ici, ce fut entre "Indiens", le peu de Métis qui ont survécu, et francophones. Un maximum d'efficacité dans l'ouest, où positivement tout le monde parlait français avant les massacres et les réserves.

      L'exagération des privilèges, peut-être tirée des Indes où les Anglais ont apprécié le système des castes, qui rendait le pays si facile a prendre en main.

      L'idée très névrotique, infusée partout et diffusée avec grâce, que la "vraie" culture est Anglaise, les autres gravitant autour de ce centre essentiel. Il faut bien sûr que les Anglais en soient personnellement persuadés, ces anciens insulaires se croyant seuls au monde, et ensuite des sujets pour lesquelles toute l'autorité émane d'un seul dieu et de son église, comme par hasard dirigée par l'État.
      Que de cataclysmes humains créés par cette commensalité incroyablement malsaine... pour les autres!
      Un seul exemple : avec "Black lives matter", ça n'a pris que quelques jours pour que naisse "All lives matter". C'est exactement le même type de réponse que Trudeau a fait en répondant au biculturalisme par le multiculturalisme : à un mouvement qui visait à cesser le racisme envers les francophones, il a noyé le poisson à coup de beaux sentiments ben comme du monde, le salaud... ou devrais-je dire l’anglo-saxon?

      C'est tout le rapport anglo-saxon à l'altérité qui est en question.
      Quant aux Québécois, qui bien sûr comme racisés ne peuvent être que racistes, ce qui me surprend depuis des décennies est qu'ils le sont mille fois moins qu'ils ne devraient selon le modèle rêvé par le ROC.

    • Marc Therrien - Abonné 11 octobre 2020 10 h 40

      Ceux qui ont encore de la difficulté à comprendre l’influence que peut avoir un système, disons maintenant la culture, sur la pensée et les attitudes des personnes qui en sont issues, peuvent lire la chronique de Patrick Lagacé intitulée « Nos biais » parue hier dans La Presse +. Il relate l’expérience de Dre Pascale Breault qui fait partie d’une équipe d’infirmières et de médecins qui traitent plus de 500 patients de la réserve de Manawan. Elle a enseigné la médecine à l’Université Laval dont le cours « Justice et médecine » dont « les biais implicites des soignants » fait partie du contenu. Pour comprendre ce qu’est un biais implicite, prenez conscience de la première pensée qui vous viendrait à la vue d’un autochtone couché sur une civière avec plein de vomissures sur ces vêtements. Ne vous en faîtes pas trop de penser que c’est encore un autre alcoolique qui ne sait pas boire. Cette pensée automatique est partagée même par les étudiants en médecine qui savent très bien qu’il peut y avoir d’autres conditions médicales pouvant expliquer ce symptôme.

      Marc Therrien

    • Jean Thibaudeau - Abonné 11 octobre 2020 15 h 04

      Claude Bernard

      "Quand un mot prend un nouveau sens à l'échelle de la planète francophone..."

      Vous tombez mal. L'expression racisme systémique est encore plus contestée en France qu'elle l'est ici. Et là-bas, le fédéralisme n'a rien à y voir. Par contre, le rattachement de ce concept à l'idéologie de la bien-pensance (néo)libérale et de la gauche moralisatrice (qui sont toujours sur la même longueur d'onde!) y est souligné avec encore plus de vigueur qu'ici.

    • Jean Thibaudeau - Abonné 11 octobre 2020 15 h 18

      Richard Maltais Desjardins

      Il me frappe que nos échanges se terminent la plupart du temps de la même façon : quand vous prétendez me faire dire, à travers ce que j'écris, ce que je ne dis pas et ne pense pas non plus. C'est une façon plus subtile de tenter de gommer mes arguments que de me traiter de raciste ou de fasciste (habitude si courante dans la gauche moralisatrice), mais en bout de ligne, ça revient pas mal au même. D'autant que ça implique de votre part la prétention de mieux savoir que moi ce que je pense "au fond"...

      Ça ne m'impressionne pas.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 11 octobre 2020 18 h 27

      on ne devrait pas gaspiller sa courtoisie avec des gens comme vous, monsieur.

  • Roger Gobeil - Inscrit 10 octobre 2020 04 h 43

    Actions concrètes

    Quand on manque de problèmes dans la vie, on a le luxe d'ergoter sur le systémisme. La bien-pensance québécoise peut donc continuer de se pencher là-dessus pendant que Legault et son équipe recherchent des actions concrètes pour enrayer le racisme. Bon succès M. Legault.

    • Patrick Daganaud - Abonné 10 octobre 2020 11 h 06

      C'est quand même déplorable qu'oser nommer la systémque, le racisme systémique et naviguer dans la pensée des systèmes complexes écorche tant de personnes.
      Peut-être leur suggérer de lire ou relire l'éminent sociologue québécois Guy Rocher pour mettre en place leurs bases sur l'approche systémique, aussi malmenée que méconnue!

      Legault est concrètement un aligneux de colonnes. Ni moins, ni plus.
      C'est loin, très loin d'être d'un fin stratège, particulièrement sur les aspects humains. Trop compter nuit....Et feindre que l'on ne compte pas, aussi !
      Trop politique et comptable pour être brillant!

    • Jean Thibaudeau - Abonné 10 octobre 2020 20 h 22

      Patrick Daganaud

      Rien de surprenant quand on est conscient de la vacuité totale de ce concept, et que ce vide même sert à certains d'y mettre ce qu'ils veulent de façon à s'en prendre à leurs adversaires idéologiques.

      Ne cherchez pas du côté de Guy Rocher. Regardez plutôt du côté de la gauche moralisatrice et haineuse et de celui des adeptes du multiculturalisme. C'est là que vous trouverez les références pour ce concept bidon.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 11 octobre 2020 08 h 56

      Mais hélas, monsieur Thibaudeau, si le concept vous paraît « bidon » c'est que vous le soumettez à une critique bidon.

    • Cyril Dionne - Abonné 11 octobre 2020 09 h 45

      M. Legault et la CAQ et tous les autres gouvernements québécois qui l'ont précédés et ceux qui viendront ensuite ne pourront pas rien faire et espérer des changements radicaux tant et aussi longtemps que la loi raciste, la Loi sur les Indiens sera omniprésente dans la « canadian constitution ». Rien. Tout vient de celle-ci incluant les réserves et la fameuse histoire des pensionnats autochtones qui en passant, seulement 5% (6 de 130) se retrouvaient au Québec. Pour Ottawa, ils ont institutionnalisé le « racisme systémique » à l’échelle du Canada et on blâme le Québec. Il faut le faire. Vous pouvez sortir le multiculturaliste des orangistes, néocolonialistes et loyalistes, mais vous ne pourrez jamais sortir le racisme qui sommeil en eux et leur supposé supériorité raciale. Les francophones en connaissent un chapitre à ce sujet après les avoir côtoyés.

      Pour seulement l’Ontario, près d'une douzaine d'autochtones ont été tués par la police depuis 2000 et plus de 30 Autochtones sont morts dans la province par suicide en présence de la police ou par d'autres moyens alors qu'ils étaient en garde à vue ou en prison pendant cette période. Plus du tiers des personnes abattues au Canada par des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) des derniers dix ans étaient des autochtones alors qu’ils ne représentent que 4,5% de la population canadienne. Depuis avril, six Autochtones ont été mortellement abattus par la police, dont une femme tuée lors d'un « bilan de santé ». Et les apôtres de la très sainte rectitude politique, ceux qui déchirent leur chemise alors que personne ne connaît l'avant, le pendant et l'après de cette histoire et le rapport d'autopsie de Mme Echaquan, sont les mêmes qui sont opposés à la loi 21 et à la diminution d'une immigration qui ressemble de plus en plus à une invasion. Oui, misère.

      Et merci M. Thibaudeau pour vos commentaires forts appréciés.

    • Jean Thibaudeau - Abonné 11 octobre 2020 15 h 46

      Richard Maltais Desjardins

      "critique bidon", hein?

      Lisez attentivement tout ce qui s'est écrit dans le présent blogue. Vous n'y trouverez pas l'ombre du semblant d'un seul exemple de cause systémique québécoise au problème des autochtones. Pas étonnant! Depuis l'affaire Joyce Echaquan, je n'en ai vu passer AUCUN nulle part encore (à part la Loi sur les Indiens, hors cause ici parce que c'est une loi fédérale).

      Pas un seul, malgré l'acharnement systématique avec lequel on presse Legault de prononcer les mots incantatoires. Alors, de quel côté se situe l'argumentation bidon?

      Si j'étais cynique, je suggèrerais à Legault de les sortir, ces mots, avec l'assurance qu'après, on le laisserait tranquille et plus personne ne s'intéresserait aux problèmes des autochtones. Comme ça se passe à Ottawa : Trudeau s'est précipité pour être le premier à parler de racisme systémique, et depuis, il ne fait rien et personne ne lui demande des comptes là-dessus.

  • Léonce Naud - Abonné 10 octobre 2020 05 h 17

    Le Devoir récuse l'esprit Républicain

    Le chroniqueur fait sienne l’approche anglo-saxonne quant aux « races », présumées pures comme de bien entendu. Il récuse le régime politique de type Républicain, qui place la qualité de Citoyen ou de Citoyenne au-dessus de tout. Le journal fondé par Henri Bourassa pourrait affirmer, comme le fit Wilfrid Laurier en 1897 devant une audience...à Londres : « I am British to the core. »

    Dans cet univers, une personne appartient d'abord à sa Race, à son Sang, à son Ethnie, à sa Langue, à sa Religion. Disparaît le concept de Nation ou de Société où tous sont égaux malgré leurs différences raciales ou ethniques. Au Devoir, le racisme de type anglo-saxon s'épanouit désormais en français.

    Dans l'ADN du fascisme, Emmanuel LeRoy-Ladurie a écrit : « Le Sang se transmettait d'autre part en valeur ultra-précieuse, étant le vecteur liquide d'une aristocratie de l'élite raciale… ». (Le Figaro, 9 octobre 2003). Bref, le Québec idéal envisagé par le Devoir.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 octobre 2020 10 h 25

      La Révolution proclâme la qualité de Citoyen ou de Ciitoyenne mais elle n'offre pas pour autant à tous la même capacité effective d'y accéder. La République n'a adopté un premier de deux décrets contre l'esclavage dans les colonies qu'en 1794 et 1802. Sans doute moins d'ailleurs par vertu républicaine que parce que les visées coloniales n'avaient pas tant besoin que l'esclavage ait cette inélégante sanction juridique.

    • Claude Bariteau - Abonné 10 octobre 2020 10 h 33

      1 Rappel plus que nécessaire qui s'imposait. Merci M. Naud.

      Il demeure néanmoins deux points importants : 1) les peuples autochtones réfèrent aux traces sanguines pour se définir et s'affirmer; 2) ils ont négocié des ententes accords pour l'usage de leurs territoires et de leur façon de vivre avec les Français, notamment la Grande Paix de Montréal de 1701, mais aussi avec les Britanniques par les Accords d'Oswegatchie de 1763 renouvelés en 1769, puis avec le Dominion of Canada et le Canada de 1931.

      Il s'avère aussi que la constitution de 1982 reconnaît les droits et autres découlant d'accords et de traités plus récents, et invitait le PM du Canada, ceux des provinces et des représentants des peuples indiens, Inuit et Métis à s’entendre, ce qui ne fut pas le cas de telle sorte que les litiges sont référés devant les tribunaux.

      Quant aux autres ayants droit dans la constitution de 1982, ils ont obtenu la reconnaissance de leurs valeurs respectives dont le multiculturalisme assure leur prégnance juridique, sauf exception établie selon les règles de la charte canadienne des droits et libertés.

      En cela, cette constitution reconnaît des droits aux peuples autochtones et aux ayants droit du Canada selon les vues britanniques en la matière reprises dans cette constitution, ce qui en fait l’assise d’une valorisation de droits individuels et, s’agissant des peuples autochtones, une valorisation de leurs « nations » respectives définies sur la base de traces sanguines.

    • Claude Bariteau - Abonné 10 octobre 2020 10 h 34

      2. On est loin avec cette constitution d’une égalité des citoyens et des citoyennes au Canada, car l’égalité est définie en référence au statut d’ayants droit et de membres de peuples, ce qui fait de ces derniers des sujets collectifs pouvant revendiquer des droits découlant de traités et des autres des individus pouvant revendiquer leur appartenance canadienne sur la base de leurs valeurs personnelles.

      Qui plus est, les peuples autochtones diffèrent des colons et des colonisateurs qui n’ont pas choisi d’être français, britannique ou canadien, mais ont seulement signé des accords et des traités pour poursuivre leur existence sur des territoires qu’ils estimaient leurs. Puis, l’assemblée nationale a reconnu les Premières Nations et les Inuit, mais non les Métis. Par contre, le gouvernement du Québec doit assurer les services en santé et en éducation auprès des Premières Nations et des Inuit comme il le fait pour tous les autres Québécois

      Voilà qui rend très complexe la question des droits et libertés au Québec dans le cadre provincial. Serait-ce différent le Québec devenue un État souverain ? Sûrement pas dans le cas des peuples autochtones qu’il reconnaît. Un peu plus concernant l’ensemble des autres Québécois dans une république qui rend l’égalité des citoyens et des citoyennes au-dessus de toutes les différences présentes dans la sphère publique et qui valorise des comportements en conséquence au sein des institutions publiques.

      Une telle approche différerait de celle britannique-canadienne. On n’en est hélas pas là parce que l’actualiser elle implique la création de l’État indépendant du Québec, celle de la citoyenneté québécoise et d’une charte qui en définit les contours.

      Dit autrement. Sans une telle approche, vivre au Québec selon le Canada devient notre lot, qu’assume implicitement le texte de M. David.

    • Marc Therrien - Abonné 10 octobre 2020 10 h 37

      Et comme la CAQ n’est pas encore indépendantiste, François Legault est encore plus prisonnier du fait qu’il ne peut pas en faire un enjeu référendaire, mais doit continuer d’en faire une autre composante identitaire nationale de cette société distincte qui persévère dans sans volonté d’auto-détermination tout en restant attachée à l’oppresseur qui nuit à sa félicité.

      Marc Therrien

    • Léonce Naud - Abonné 10 octobre 2020 10 h 41

      M. Desjardins : des peuples qui invoquent la qualité de leur Sang pour maintenir leur cohésion et justifier leurs droits peuvent en inspirer d'autres qui feront même chose. Craignons que ce qui est aujourd'hui bon pour pitou ne devienne demain bon pour minou. Une route, çà peut se bloquer dans les deux sens de la circulation.

    • François Poitras - Abonné 10 octobre 2020 10 h 52

      Vous avez parfaitement raison. « L'incantation obligée » de la locution « racisme systémique » est le symptôme du rejet du républicanisme souhaité par les québécois.

    • Patrick Daganaud - Abonné 10 octobre 2020 11 h 08

      Ouf, Léonce Naud, tant qu'à déraper, vous ne faites pas dans la demi-mesure !

      Grotesque !

    • Léonce Naud - Abonné 10 octobre 2020 14 h 44

      Cher M. Daganaud : vous me trouvez à tout le moins intéressant. J'en suis fort aise ! Selon vous, ce qui est bon pour pitou ne serait pas bon pour minou ? Mais c'est de la discrimination, mon cher ! Foi de minou.

    • Patrick Daganaud - Abonné 10 octobre 2020 15 h 21

      Mon cher Léon-ce, autoproclamé « Minou ». Vous dîtes : « Des peuples qui invoquent la qualité de leur Sang pour maintenir leur cohésion et justifier leurs droits peuvent en inspirer d'autres qui feront même chose. Craignons que ce qui est aujourd'hui bon pour pitou ne devienne demain bon pour minou. Une route, çà peut se bloquer dans les deux sens de la circulation. »

      C'est une réflexion tellement constructive, elle honore tous les minous du monde!

      Hereux de vous avoir à mon tour, inspiré!

    • Claude Bariteau - Abonné 10 octobre 2020 17 h 47

      J'ai écrit que la mise en place d'une république québécoise dans un État indépendant n'aurait pas tellement la situation des peuples autochtones reconnus par l'Assemblée nationale. Ce serait le cas par succession des pouvoirs du Canada envers les peuples autochtones au Québec. Cela étant, les peuples autochtones seraient en demande pour bonifier leurs droits et le Québec en position pour déployer une approche différente de celle du Canada.

      Cela dit, il en découlerait un défi, car les enjeux concernent des territoires et des valeurs, l'un et l'autre référant à des approches différentes. Dans ce défi, rien ne permet de penser que les peuples autochtones auront été des promoteurs de cette république, mais tout qu'ils poursuivront leurs façons d'être à l'intérieur de la république en y promouvant leurs droits et leurs valeurs et en recourant aux positions des Nations Unies à l'égard des droits à l'égalité des peuples autochtones.

      Il en sera de même des droits reconnus aux membres de la diversité ethno-culturelle du Québec. La seule différence par rapport au Canada serait les limites aux droits individuels dans les institutions de l'État comme celles imitiées par la loi 21, qui se sont avérées bien en-deça d'une approche telle celle déployée notamment dans la république française.

    • Jacques Patenaude - Abonné 10 octobre 2020 17 h 52

      M. Bariteau
      "Un peu plus concernant l’ensemble des autres Québécois dans une république qui rend l’égalité des citoyens et des citoyennes au-dessus de toutes les différences présentes dans la sphère publique et qui valorise des comportements en conséquence au sein des institutions publiques."

      Votre énoncé est en soit intéressant en ce qu'il place l'égalité au-dessus de toute valeur mais qu'est-ce qu'on fait si on constate que certains groupes sociaux ne sont pas traités comme les autres? Traite-on la question au cas par cas devant les tribunaux en supposant que chaque cas est unique ou établit-t-on des politiques pour redresser la situation pour l'ensemble de ce groupe?

    • Claude Bariteau - Abonné 10 octobre 2020 20 h 53

      M. Patenaude, si certains groupes ne sont pas traités comme les autres -je présume qu'il s'agit de groupes de citoyens et non de groupes ethnocuturels-, votre question concerne des traitements inégaux envers des citoyens, ce qui nécessite des correctifs pourqu'ils deviennent des traitements égaux pour ces citoyens. Cela dit, je vous signale que votre question s'inscrit dans une logique différente d'une logique républicaine, disons une logique communautariste.

    • Jacques Patenaude - Abonné 11 octobre 2020 10 h 24

      M.Bariteau
      Vous comprenez bien effectivement que si j'ai parlé de groupes sociaux ce n'était pas par référence à des groupes ethnoculturels.
      Je ne suis pas un partisan de la logique communautariste. Je définirais la fiction multiculturelle ainsi «Vous pouvez mettre les oripeaux que vous voulez pour folkloriser votre culture d'origine pourvu que vous adoptiez la culture anglo-libérale basée sur l'individualisme Lockien.  C'était le véritable rêve de Trudeau grand partisan de ce libéralisme. Le multiculturalisme c'était une diversion propre à éviter toute reconnaissance du principe des deux peuples fondateurs. ».

      Vous parlez de logique républicaine en référant sans doute à la France et aux USA (dont la constitution est basée sur les principes énoncés par les lumières françaises en particulier Montesquieu). On ne peut pas parler ici d'une grande réussite sur lle plan de la discrimination à mon sens. Je ne suis pas un amateur de royauté et je préfère un modèle républicain mais il n'y a pas qu'un seul modèle de république dans le monde. Celui que vous privilégiez ne me semble pas le meilleur. Si jamais au Québec ou au Canada on devient une république j'espère qu'on saura établir un modèle qui nous est propre issu de notre culture en évitant la discrimination envers des groupes sociaux et non pas envers des « groupes ethnocuturels » ceci tout en reconnaissant que ce n'est pas par une simple « succession des pouvoirs » que les premiers peuples ont un droit inaliénable à la reconnaissance de leur existence mais bien parce que tout comme nous ils n'ont jamais accepté l’assimilation au rêve canadien du « one Canada one nation » de Mcdonald jusqu'aux Trudeau.

    • Claude Bariteau - Abonné 11 octobre 2020 13 h 23

      Il y a effectivement cinq modèles différents de république, le plus répandu étant celui des États-Unis même si peu d'entre elles sont des républiques fédérales. À part les républiques avec un dictateur comme dirigeant, les autres sont des variantes d'un principe de base, à savoir être dirigé par un président. Si je vous comprends bien, vous préférez les modèles autres que ceux des États-Unis et de la France. Cela dit, je vous signale que des analystes considèrent le modèle français comme un modèle à la marge parce qu'une divergence entre le président et le premier ministre peut exister, créant un conflit.

      Le premier des deux autres modèles se caractérise par l'élection du président par les parlementaires, ce qui en fait moins un chef d'État qu'un président des délibérations des parlementaires et un personnage de représentation publique. Sur les 136 républiques, 9 ont ce modèle. Quant au deuxième, il comprend un gouvernement responsable, qui peut dissoudre le parlement et un président élu par les parlementaires au titre de garant des institutions politiques. Il y a 20 républiques de ce type, toutes issues de l'abandon de la monarchie avec le maintien de la responsabilité ministérielle.

      Les républiques inspirées du modèle américain se retrouvent surtout en Amérique alors que les républiques dont les parlementaires élisent les présidents, principalement en Europe. En Amérique, les républiques composent avec les peuples autochtones, ce qui n'est pas le cas en Europe, mais l'est sur le continent africain.

      Cela dit, vous utilisez l'expression « groupes sociaux » objet de discrimination. Pourriez-vous être plus précis ?

      Dernier point : avec la succession des pouvoirs, le Québec se retrouvera responsable de la Loi des Indiens et des peuples qui ont négocié des accords avec les Britanniques, que le Canada assume. Le Québec, république ou non, peut modifier cette loi, mais non sans l'aval des peuples autochtones.

    • Jacques Patenaude - Abonné 11 octobre 2020 17 h 52

      Merci m. Bariteau.
      Toujours aussi bien documenté sur cette question. En fait le modèle que je préfère est celui qui maintien le gouvernement responsable. Nous utilisons ce modèle depuis 150 ans malgré les aléas du maintien de la monarchie et la tutelle que nous impose la constitution de Trudeau.. Je crois que le gouvernement responsable est bien intégré à nos mœurs démocratique. Il présente l'avantage de la tradition et d'une efficacité réelle. La modèle américain basé sur le "check and balance" démontre plus que jamais ses faiblesses. En démocratie il me semble risqué de tout chambouler du jour au lendemain surtout lorsqu'une coutume démocratique c'est bien implantée dans la population. Il faudrait des réformes j'en conviens : Introduire un modèle de scrutin proportionnel compatible avec le gouvernement responsable et bien définir ce que vous identifiez comme une présidence "élu par les parlementaires au titre de garant des institutions politiques". Mais c'est une tâche possible et à mon sens souhaitable. Je m'intéresse à l'exemple de l’Irlande qui semble avoir assez bien réussie des réformes avant-gardistes à partir de ce modèle.

      Vous me posez la question qu'est-ce que j’entends par "groupes sociaux": À défaut d'une meilleure expression les LGBT, les femmes, les victimes de racisme, etc qui ont besoin d'une protection de l'État pour avoir accès à une forme d'égalité.

      Sur la question de la succession des pouvoirs je constate que leur simple succession nous conduirait à hériter telle quelle de la loi de indiens. Mais je comprend bien que vous souhaitez la réformer. Il s'agit pour moi de le faire non pas par défaut mais avec un réel souci d'en arriver avec un vrai dialogue de nations à nations ce qui ne sera pas simple et nous demandera une ouverture d'esprit très grande des nationalistes peu importe leur nuances idéologiques.

  • Michel Lebel - Abonné 10 octobre 2020 05 h 35

    L'homme de la situation

    Il ne faut pas trop en demander à François Legault; ce n'est pas un homme de grande vision, mais un gestionnaire en recherche d'efficacité à court terme. Il a été élu sur la base d'un nationalisme ethnique et il veut déplaire le moins possible à sa base francophone. Je doute de voir de grands changements chez cet homme politique. Il demeure toutefois l'homme de la situation pour le Québec actuel.

    M.L.

    • Patrick Daganaud - Abonné 10 octobre 2020 11 h 11

      D'accord avec vous, Monsieur Lebel, jusqu'à « Il demeure toutefois l'homme de la situation pour le Québec actuel. »

      Ainsi, le Québec actuel n'a pas besoin d'un homme de grande vision ???

  • Pierre Tremblay - Abonné 10 octobre 2020 06 h 14

    Oui, mais...

    J'aimerais mettre les choses dans un ordre qui m'apparait le bon.
    Si on trouve à redire, qu'on explique. Toujours prêt à m'instruire.
    Les deux fondements de notre société démocratique: la liberté, l'égalité (en droit).
    L'égalité en droit doit (droit, doit, rime riche...) se traduire par un degré élevé d'égalité de fait,
    celle-ci contredite par les indicateurs sociaux des communautés autochtones,
    et aussi à des degrés variables dans les communautés ethniques.
    Alors la société québécoise est infectée par une contradiction flagrante concernant un principe fondamental.
    C'est grave en c...... parce que cette contradiction, c'est le ver dans la pomme.
    Voici où je veux en venir: j'aimerais qu'on me dise, non pas que je suis raciste systémique,
    je le sais déjà, mais que je suis en contradiction avec moi-même.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 octobre 2020 10 h 37

      Je suggère qu'on est toujours plus enclin à réclamer pour soi l'égalité de droit qu'on ne l'est à chercher une égalité de fait pour tous. On pose la première en principe, la seconde comme une question plutôt technique qui devrait trouver sa solution sans que nous ayons à reviser les conditions de notre propre revendication. Par exemple, il est assez pathétique d'entendre à tout moment que telle réunion, tel évévenement se déroule « en territoire autochtone non-cédé », concession théorique qui ne change rien à l'orde existant et contribue au contraire à lui donner un vertueux vernis... déjà trop éclatant pour les amants de la République qui n'en ont décidément rien à battre de toutes ces fausses races...