Artisans de notre malheur

Lucien Bouchard avait soulevé un tollé quand il avait déclaré dans une entrevue à TVA que les Québécois ne travaillaient pas suffisamment par rapport aux Ontariens ou aux Américains. Les indicateurs lui donnaient pourtant raison. Leur taux de participation au marché du travail était moins élevé, leur semaine de travail était plus courte, ils prenaient plus de vacances et leur retraite était plus hâtive. Peu importe, on a compris que l’ancien premier ministre nous traitait de paresseux et plusieurs ne l’ont pas digéré.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, occupe une place beaucoup plus importante que sa prédécesseure dans la stratégie de communication du gouvernement Legault, mais il s’est aventuré sur le même terrain glissant que M. Bouchard mardi en déclarant sur les ondes de Radio-Canada que les Québécois sont peut-être moins disciplinés que les Ontariens, ce qui expliquerait pourquoi le Québec fait beaucoup moins bien dans la lutte contre la COVID-19, aussi bien depuis l’arrivée de la deuxième vague que lors de la première. Bref, ils sont les artisans de leur propre malheur.

Même si aucune donnée objective n’appuie cette analyse, il est bien possible qu’il ait raison. Il y a eu un réel effort au printemps dernier, mais tout le monde a bien noté le relâchement des mois d’été et les réticences de plusieurs à s’imposer de nouveaux sacrifices. À le voir tourner autour du pot, on comprend que M. Dubé sentait manifestement que cette vérité n’était peut-être pas bonne à dire. M. Legault n’a pas voulu reprendre ces reproches à son compte, mais il n’a pas désavoué son ministre.

Blâmer la population est toujours risqué en politique et cela a rarement l’effet recherché. À l’approche de la longue fin de semaine de l’Action de grâce, M. Dubé voulait peut-être nous secouer, mais l’admonestation de M. Bouchard n’a pas fait de nous des bourreaux de travail.

  

Ses propos ressemblaient dangereusement à une excuse pour l’impuissance du gouvernement à freiner la progression du virus. Avancer que la deuxième vague est différente de la première n’explique en rien pourquoi elle frappe plus fort au Québec qu’ailleurs au pays. Il y a aussi des jeunes à Toronto et rien n’indique qu’ils sont moins turbulents.

Si le manque de discipline n’est pas en cause, pourquoi la performance du Québec est-elle à ce point inférieure à celle de l’Ontario, alors que les mesures sanitaires imposées sont plus sévères et qu’on teste davantage ? Le premier ministre s’avoue incapable de percer le mystère ontarien, apparemment aussi opaque que celui de la Caramilk. Affirmer que la situation est bien pire à Boston ou à New York est presque une insulte à l’intelligence. Le pays de Donald Trump n’est certainement pas une base de comparaison acceptable.

M. Legault s’impatiente à l’Assemblée nationale, son ministre de la Santé blâme la population et le Dr Horacio Arruda a l’air plus mélangé que jamais. Bref, le gouvernement semble à court de solutions. Il avait été ébranlé une première fois après la découverte de l’horreur du centre Herron, mais il avait su réagir en multipliant les SOS et il a finalement trouvé le moyen de former des milliers de préposés pour les CHSLD. Cette fois-ci, il croyait avoir fait une trouvaille en peinturant la carte du Québec de différentes couleurs, mais tout semble vouloir tourner au rouge.

  

Il est vrai que la deuxième vague est plus compliquée à gérer. La pandémie n’est plus circonscrite aux CHSLD et à la région montréalaise, une nouvelle fermeture des écoles est exclue — simplement réduire les activités sportives a provoqué l’indignation et réduire l’activité économique davantage aurait des conséquences catastrophiques.

La pénurie de personnel est une réalité incontournable qui rend notre système de santé plus vulnérable. On doit encore se résoudre à un transfert de personnel qui force les hôpitaux à reporter des interventions, avec tous les risques que cela comporte pour la santé de ceux qui les attendent. Au rythme où les hospitalisations augmentent, M. Legault voit « un risque réel de rupture ». Si cela devait se produire, c’est le lien de confiance avec son gouvernement qui risque de se rompre.

Depuis l’élection du 1er octobre 2018, la cuirasse de la CAQ semblait impénétrable, mais l’opposition a bien vu la faille et elle va s’appliquer à l’élargir. Au printemps dernier, la grande majorité des Québécois se seraient rangés en bloc derrière M. Legault s’il avait reproché à l’opposition de « chialer » sans rien proposer, mais les questions qu’elle lui adresse maintenant sont celles que se pose aussi la population et il a intérêt à trouver des réponses rapidement.

84 commentaires
  • Benoit Samson - Abonné 8 octobre 2020 04 h 24

    La solution efficace que l’on refuse d’appliquer un peu partout avec les mêmes résultats.négatifs

    On nous répète à chacune des conférences de presse depuis 6 mois les mêmes directives de santé pour contrer le virus; masque, distanciation et hygiène des mains. On ajoute maintenant à ce refrain que cela va de mal en pis sans en comprendre pourquoi.
    Or, Il est insensé, selon la définition de l’insanité de Einstein, de continuer à répéter les mêmes gestes et de s’attendre à des résultats différents.
    Il faut donc changer de cap d’urgence et appliquer sur tout le territoire québécois, sans exception, la seule méthode efficace pour arrêter la propagation du virus. Elle est simple, efficace et peu dispendieuse :
    LE PORT UNIVERSEL DU MASQUE DANS TOUS LES ENDROITS PUBLICS INTÉRIEURS ET EXTÉRIEURS JUSQU’À LA FIN DE LA DEUXIÈME VAGUE.
    On doit se débarrasser du fiasco administratif des zones multicolores, car elles ne font que compliquer les directives en des sous-alinéas interminables et incompréhensibles même pour leurs auteurs. Il n’y a pas de zones multicolores en Ontario. Le Québec deviendrait ainsi une seule région où tous font un effort collectif pour battre ce virus. La directive en majuscules ci-haut en seraient donc simplifiée, facile à comprendre et à appliquer.
    On doit cesser de présenter la distanciation comme une alternative au masque. Cette directive est trop souvent violée non-intentionnellement en plus de servir d’échappatoire à plusieurs pour ne pas porter le masque efficace. Sans la proscrire, elle devrait seulement être utilisée quand le masque n’est pas possible, i.e. au restaurant, et non l’inverse.
    Il faut décentraliser et laisser les autorités municipales décider quels commerces/écoles seront ouverts ou fermés, toujours en respectant la directive provinciale du masque partout en public, incluant dans les écoles comme en Ontario.
    Le Québec est une des pires juridictions au monde et la pire au Canada dans sa gestion de la pandémie. En arrêtant de répéter les mêmes directives inefficaces on pourra arrêter d’avoir les mêmes résultats néfastes.

    • Françoise Maertens - Abonnée 8 octobre 2020 10 h 55

      D'acord avecvous pour leport du masque avec une consigne simple mais pas d'accord du tout avec votre conclusion !! "Le Québec est une des pires juridictions au monde et la pire au Canada dans sa gestion de la pandémie." Il y en a des bien pires que nous .. je pense aux États-Unis, au Brésil, à l'Inde ...et à la Belgique dont on parle peu mais qui a un taux de mortalité nettement supérieur à tous!!!

    • Benoit Samson - Abonné 8 octobre 2020 13 h 31

      Il ne faut pas se comparer aux pires pour se trouver meilleur, mais prendre le devant de la parade. Le Québec est capable de le faire car quand on décide de se retrousser les manches tout nous devient possible. Dans tous les domaines, les Arts, la communication la science et la médecine. On pourrait devenir les leaders canadiens dans cette histoire au lieu de trainer de la patte en prenant des décisions difficiles mais efficaces.

    • Jeannine I. Delorme - Abonnée 8 octobre 2020 15 h 02

      Oui la population est fautive. Nous avons, les Québécois, le tempérament latin des Français et autres. Il n'y a qu'à regarder autour de nous. Les gens n'écoutent pas les consignes, font à leur tête, se promène en groupe non masqués et rapprochés des une des autres. ùc,est cette populaation qui est responsable du nombre grandissant des cas de Covid. Il y a les "bockés" qui ne croient tout simplement pas à la pandémie et les autres qui nagent dans l'indifférence. Cela se voit facilement.Nous en sommes rendus à penser qu'ils auraient besoin d'être menacés de prison et encore... Les jeunes sont les pires, gâtés, indociles, se prenant pour des rois, ils refusent toutes recommandations ou obligations. Ces "ça m'tente pas" sont dangereux et le fait qu'ils soient ciblés en ce moment prouve le besoin urgent de changer leur comportement.

  • Maxime Prévost - Abonné 8 octobre 2020 06 h 04

    Deux questions, une observation

    Deux questions, le genre de questions pour lesquelles j'aimerais avoir des réponses sans trop creuser, simplement en lisant les journaux qui sont censés nous tenir informés:

    1) L'Ontario fait de plus de tests que nous en nombre absolu, mais moins par tranche de population; si on fait le calcul statistique (plutôt que juste nous donner toujours les simples nombres de «cas»), quel est portait comporatif exact pour les deux provinces?
    2) Est-ce que les test sont équivalents au Québec et en Ontario (même seuil de cycles)?

    Observation: j'habite Ottawa et Montréal; je préfère Montréal parce que je trouve la ville plus vivante, plus humaine, plus «grouillante»: plus d'échanges, plus de sociabilité, plus de gens dans les parcs, les restaurants, etc. Est-ce que le prétendu «manque de discipline» ne serait pas simplement attribuable à un art de vivre qu'il serait mortifière d'asphyxier?

    • Françoise Maertens - Abonnée 8 octobre 2020 10 h 55

      Bien d'accord!! Il faudrait comparer du comparable...

    • Gaston Cloutier - Abonné 8 octobre 2020 11 h 51

      Maxime,

      Selon les données de l'Institut national de la santé publique du Québec le Québec est en 4ie position pour ce qui est du nombre de tests par 100 000 habitant avec 19 286 tests par 100 000 comparé à l'Ontario avec 27 294 tests par 100 000.

      De la même façon nus avons 972 cas confirmés par 100 000 comparé à 384 cas par 100 000 pour l'Ontario.

    • Claude Bariteau - Abonné 8 octobre 2020 15 h 35

      L'Ontario fait plus de tests. Par contre, le 2 octobre, il y avait 90 000 personnes en attente de résultats, ce qui explique surement qu'il y ait moins de cas.

  • Claude Bariteau - Abonné 8 octobre 2020 06 h 22

    Excellente chronique. Elle campe dans les faits et les comportements de l'équipe Covid-19 du gouvernement Legault les chiffres illustrant une progression dangereuse de l'irradiation de la pandémie au Québec. Résulte-t-elle d'une propension à l'indiscipline ou d'une stratégie inappropriée de l'équipe Covid-19.

    Comme vous l'écrivez, les propos des membres de l'équipe « ressemblaient dangereusement à une excuse pour l’impuissance du gouvernement à freiner la progression du virus ». Comme il est impensable pour ces membres de s'auto-responsabiliser, ils ciblent les comportements des Québécois.

    On comprend vite, sans être fin analyste, pourquoi ils ont annoncé le recours au bâton sans y recourir en demandant la collaboration alors qu’il fallait, sur la base de ce qui s’est déroulé ces dernières semaines, stopper la progression dès le dépassement de 300 cas recensés au quotidien par une approche active plutôt que réactive.

    S’il y a une particularité de la gestion au sein de la province de Québec, c’est bien d’en être plutôt réactive pour sauver les meubles. En agissant ainsi l’équipe Covid-19 de la CAQ paraît dépassée par ses choix, la plupart étant pour corriger des failles avec des moyens du bord faute de moyens et d’outils pour être active en impliquant le peuple québécois dans sa démarche.

    Dans votre texte, vous signalez qu’avec une augmentation des hospitalisations, le lien de confiance de la population envers le gouvernement Legault « risque de se rompre ». Lorsqu’un gouvernement pointe l’indiscipline, qu’il a tolérée et même facilitée par des ouvertures précipitées de lieux propices à la propagation, y compris des rassemblements anti-masque, il se rend responsable de ses choix.

    C’est pour moi ce qui explique la panique de l’équipe Covid-19 que vous avez identifiée dans ses comportements.

    • Cyril Dionne - Abonné 8 octobre 2020 09 h 11

      « les chiffres illustrant une progression dangereuse de l'irradiation de la pandémie au Québec. »

      De grâce M. Bariteau, sans vaccin et médicament efficace, la progression du virus continuera sa route à moins de confinement extrême. Il est estimé par les experts que 60% et plus de la population seront contaminés au cour de cette crise sanitaire si le vaccin n’arrive pas. En extrapolant, et en se basant sur les données mondiaux et le taux de mortalité de 4% suite à une infection, cela pourrait dire plus de 200 000 Québécois si on parle de plusieurs années. La seule différence, c’est que des populations vont y arriver plus vite que d’autres. Or, voilà pourquoi il est important de freiner le nombre de cas en attente d’un vaccin efficace ou l’immunité collective (sans parler de l'engorgement des hôpitaux), s’ils arrivent à bon port. Il faut le dire, ils n’ont jamais trouvé un vaccin efficace pour aucun coronavirus et l’immunité de groupe est loin d’être acquise avec ce virus. La Suède en est un cas typique. Il va falloir apprendre à vivre et non pas à survivre avec ce virus où on retrouve plus de 98% des décès chez les gens âgés de plus 60 ans au Québec et sur la planète.

      Où le gouvernement Legault a échoué lamentablement, c’est de nous dire la vérité et traiter les gens en adultes en leur expliquant la véritable situation. Cette crise sanitaire est un long marathon et non pas une course rapide à la "ça va bien aller". Curieusement, la plupart des autres gouvernements provinciaux au Canada l’ont compris celle-là.

    • Gylles Sauriol - Abonné 8 octobre 2020 09 h 31

      Bonjour Mr Bariteau
      Je lis régulièrement et avec beaucoup d’interet les commentaires que vous publiez sur la plateforme de ce journal . Très souvent, je les trouve très pertinents en plus de s’avérer instructifs et je les appuie. Toutefois, votre commentaire d’aujourd’hui me laisse un peu perplexe. Vous dites en somme, que le Gouvernement ne fait ni ne dit les bonnes choses, ce qui se traduit par les résultats que nous pouvons malheureusement constater en ce qui concerne l’évolution de la pandémie au Québec. Que finalement, ce même résultat qui apparaît pire que la situation qui prévaut chez nos voisins canadiens de l’Ontario ne serait pas du au comportement moins discipliné des citoyens du Québec. Nonobstant les efforts et les gestes posés par le Gouvernement de la CAQ jusqu’à ce jour (si tant est que vous les jugiez inappropriés) pourriez-vous nous exposer simplement et succinctement la stratégie et les moyens que vous utiliseriez en de pareilles
      Merci

    • Claude Bariteau - Abonné 8 octobre 2020 11 h 37

      M. Dionne, on sait tous que la progression du virus va suivre son cours à moins d'un vaccin ou d'un médicament quasi miraculeux. Face à ce virus, il y a un marathon pour la stopper et ce marathon implique principalement de freiner sa progression.

      Freiner sa progression consiste à avoir pour cible l'irradiation du virus, pas un coquetel d'objectifs en parallèle comme l'ouverture des écoles et des entreprises avec des stratégiesà court terme de déconfinement après avoir aplati la courbe du printemps sans en avoir éradiqué à zéro ou presque le nombre de cas et avoir isolé correctement les personnes affectées.

      Taiwan l'a fait, la Nouvelle-Zélande encore mieux en informant et mobilisant leur population respective avec des cibles claires. En fait, ils se sont préparés à un marathon en étant actifs dès l'apparition des premiers cas et en ayant une approche qui impliquait l'ensemble de la population. C'est ce que n'a pas fait le gouvernement Legault. Il le sait tellement qu'il panique.

    • Benoit Samson - Abonné 8 octobre 2020 11 h 57

      On semble oublier qu'il y a une solution ''plus vivable'' que le confinement en attendant un vaccin, la mutation du virus en une forme moins aggresive ou un traitement. C'est facile, peu couteux mais peu populaire sauf en Asie: le port du masque.
      Selon Le Dr Anthony Fauci de réputation internationnale, si on avait mandaté le port du masque aux États Unis dès le début de la pandémie, 150,000 vies américaines auraient pu être épargnées à date, les écoles et lieux d'affaires seraient assi ouverts comme en Asie. De plus, il prédit que si on commençait aujourd'hui à appliquer cette directive, 100,00 vies américaines seraient sauvées d'ici la fin de 2020.
      Qu'attendons-nous pour s'entre-convaincre qu'il y aurait beaucoup à gagner à faire cet effort, même si cette solution ne jouit pas d'acceptation sociale présentement. Au grands mots les grands remères, encore plus que celui-ci est reconnu comme efficace et facile d'aplication.
      Le Québec pourrait reprendre la place qui lui convient en avant de la parade de la guerre au COVID au Canada au lieu de trainer à la queue

    • Cyril Dionne - Abonné 8 octobre 2020 14 h 35

      M. Samson, la panacée du port du masque maison est exagérée et je demeure poli. Pourquoi pensez-vous que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ainsi que la plupart des gouvernements ne le recommandaient pas jusqu’à une étude, qui avait paru dans le New England Journal of Medicine à la fin du mois d’avril 2020, nous parle du principe de la variolisation. Elle nous disait grosso modo que l’usage de celui-ci PEUT activer le principe de la variolisation, principe qui repose sur l'inoculation volontaire du virus, prélevée sur un sujet faiblement malade, ou lui-même variolisé et donc PEUT produire, plus de personnes asymptomatiques. Vous savez, les masques maisons laissent entrer/passer une certaine quantité du virus. Et de là, est survenu le virage à 180 degrés sur son utilisation de masse. Ceci dit, rien ne prouve que le sujet variolisé ne fera pas une infection grave. Ensuite, personne ne connaît la charge virale maximum avant que ce principe ne fonctionne plus, s’il fonctionne. Le résultat reste aussi aléatoire et risqué puisque le taux de mortalité peut atteindre le 1 ou 2 %.

      Alors, pour l’argumentation du masque non médical, il repose sur une érudition qui prend en ligne de compte une certaine foi non scientifique. Pardieu, ailleurs, dans le merveilleux royaume du ROC, en Colombie-Britannique, où ceux-ci n’ont presque pas connu de contamination et seulement 49 morts par million de population, ils ne sont pas obligés de porter un masque à part pour certains endroits commerciaux et institutionnels où ils ont leurs propres règlements. En Suède, personne n’en porte et pourtant, ils ont moins de décès par million de population (582) qu’au Québec (700). Au Denmark (115), en République tchèque (77), en Norvège (51), en Estonie (50), en Suisse (241) et j’en passe, eh bien, le masque n’est pas obligatoire tout en ayant une densité de population supérieure par km2 au Québec. Tout cela pour dire que rien ne remplace une bonne gestion de crise.

    • Claude Bariteau - Abonné 8 octobre 2020 14 h 54

      M. Sauriol, vous avez dans ma réponse à M. Dionne et dans mon commentaire une partie de la réponse. J'ajoute que l'équipe Covid-19 est parti du bon pied au printemps en demandant la fermeture des frontières et des contrôles des arrivants, surtout en cherchant à mobiliser les 8,600 000 Québécois et Québécoises définis en soldats contre le virus. La Nouvelle-Zélande a procédé ainsi et a gardé le cap sur la lutte contre le virus.

      Or, le gouvernement Legault ne pouvait ni fermer les frontières, une décision qui relève du Canada, ni parer aux contrecoups car il ne possède pas une Banque centrale comme la majorité des États indépendants membres des Nations Unies. En plus, il héritait d'une gestion irresponsable du ministère de la santé, un legs du PM Couillard. Il a recouru aux économies du PLQ, mais du développer une approche pour maintenir des activités économiques. Jusqu'à l'été, il a sauvé la mise en dépit des nombreuses morts dans les CHSLD.

      Dans les États indépendants, la Nouvelle-Zélande et le Vietnam, mais aussi Taiwan qui aspire à ce statut, la cible est demeuré le virus en priorité et les résultats sont aujourd'hui en conséquence. Le gouvernement Legault a du composer autrement, mais a fait l'erreur -c'est ma lecture- d'attendre trop longtemps avant de passer de nouveau à l'attaque et de revenir aux contraintes qui s'imposaient.

      Je sais que votre question est semblable à celle que pose le PM Legault à l'opposition. Je vous dirais qu'il eut été plus pertinent qu'il travaille avec les parlementaires à chercher des solutions plutôt que de centraliser tout entre les mains de son comité Covid-19 et opter pour une approche axée sur des solutions réactives plutôt que proactives, quitte à déployer des mesures débordant le cadre provincial.

    • Marc Therrien - Abonné 8 octobre 2020 16 h 07

      « Comme vous l'écrivez, les propos des membres de l'équipe « ressemblaient dangereusement à une excuse pour l’impuissance du gouvernement à freiner la progression du virus ».

      Je me demande bien jusqu’où on serait prêt à accepter que le Gouvernement améliore sa puissance à contrôler la progression du virus en augmentant son contrôle de la population qui en est responsable.

      Marc Therrien

    • Benoit Samson - Abonné 8 octobre 2020 17 h 14

      Soyons brefs;
      Selon le Dr Anthony Fauci de réputation internaitonalle, si on avait imposé le port du masque aux Américains dès le début de la pandémie, 150,00 des 210,000 vies perdues aurient pu être épargnées. Si on commençait maintenant, 100.00 vies pourraient être sauvées d'ici la fin de l'année aus USA.
      Beau risque comme aurait dit René Levesque...

    • Gylles Sauriol - Abonné 9 octobre 2020 09 h 08

      Merci Mr Bariteau pour ces éclaircissements.
      Je suis tout à fait d’accord avec vous sur les différents aspects que vous soulevez et plus particulièrement sur le fait important, s’il en est un, du contrôle de nos frontières. Évidemment, si le Québec fut un pays, disposant ainsi des pouvoirs et décisions qui lui reviennent, nos dirigeants (il est légitime de le penser) eurent tôt fait de fermer nos frontières à l’arrivée de voyageurs en provenance de pays ou de zones dans lesquels la situation était hors de contrôle.

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 octobre 2020 06 h 39

    Pauvre intelligence

    L'insulte à l'intelligence, c'est de suggérer que si les choses vont mal à Boston et dans tout le Massachussetts, c'est qu'on est là au « pays de Donald Trump ». Je ne suis pas sûr que les autorités sanitaires qui peinent à combattre le mal avec toute l'expertise scientifique qu'on trouve par là trouveraient ce trait assez méprisant du meilleur goût. Mais cela se dit bien au pays du commentaire politique. Ça ne coûte rien et permet garder sa place dans le classement des plus fûtés. Or si peu qu'on estime Legault, il faudra reconnaître honnêtement qu'il n'a jamais évoqué les États du Nord Est pour excuser quoi que ce soit mais parce que leur situation alimente une perplexité par ailleurs tout à fait normale (à moins qu'on ait décidé que cela relève de la simple bêtise, comme les commentateurs les plus « allumés » ne se privent pas de le clâmer en toute modestie).

    Concernant les propos du ministre, il était manifestement partagé entre l'envie d'exprimer son exaspération et son impatience et la conscience qu'il traitait ce faisant injustement ses concitoyens. En effet, si les chiffres récents nous portent à mettre en exergue les déplorables écarts que les médias ont signalés, il ne semble pas qu'ils soient à ce point plus fréquents qu'ils expliquent à eux seuls le rebond ni qu'ils soient l'indice d'un relâchement généralisé qu'ils auraient encouragés. S'il y a relâchement, il est tout relatif. Ce n'est pas que les québécois soient moins « compliants » que cet été, mais qu'ils n'ont peut-être pas bien pris la mesure des nouveaux défis liés au déconfinement, au retour au travail, à la réouverture des écoles. Pendant que tant de doctorants de sous-sol prétendent savoir bien mieux que les gouvernements ce qu'il faut faire en nous offrant les perspectives de la Rédemption par la Science, d'autres ont compris que le seul remède dont on ne pourra se priver, ce sera le courage de continuer d'essayer plus fort et d'espérer.

    • Claude Bariteau - Abonné 8 octobre 2020 08 h 45

      M. Matais Desjardins, les Québécois se conforment aujourd'hui comme au printemps. Par contre, ils sont plutôt en manque d'information et devant des décisions peu convaincantes, la plupart étant présentées non pour lutter contre cette pandémie, mais maintenir des activités économiques et scolaires dans des contextes peu sécuritaires tout en n'interdisant pas des rassemblements sans masque ni distanciation.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 octobre 2020 08 h 47

      Merci, monsieur Bariteau. Je ne suis pas épidémiologiste.

    • Raymond Labelle - Abonné 8 octobre 2020 09 h 59

      Il serait intéressant de se comparer à la Colombie-Britannique. Qui a refermé les bars le 9 septembre - par exemple. Qui, aussitôt que les centres de personnes âgées ont été identifiés comme nids à infection, a désigné des zones chaudes et froides et a interdit le mouvement entre ces zones et entre les différents centres. Qui, dès février, a commencé à sérieusement se mobiliser. Pendant ce temps, nous avions des préposés de bénéficiaires qui travaillaient un jour dans un centre, un jour dans l'autre, transportés serrés dans des camionnettes.

      On a beaucoup invoqué la malchance de la semaine de relâche - mais ça pétait en Italie dès janvier. Immédiatement avant la semaine de relâche, Arruda se préparait à aller à une conférence sur le cannabis au Maroc et, tant qu'à avoir un billet d'avion aller-retour payé par l'État pour ses activités professionnelles, y est resté en vacances pendant la semaine de relâche. Et c'est au retour de cette semaine qu'il a averti le gouvernement des dangers - n'était-ce pas aussi prévisible 7 jours avant?

      Quand on regarde les conférences de presse, Arruda donne l'impression d'un esprit confus (dès le début). Avez-vous vu les conférences de presse de la responsable de la santé publique de Colombie-Britannique? Le contraste nous fait avoir encore plus honte d'Arruda.

      La Dre Liu devait s'arracher les cheveux, elle qui avait été longtemps sur le terrain pendant l'Ebola et qui avait été présidente de Médecins sans frontières. Je me souviens de l'avoir entendue parler de la nécessité de ne pas faire se déplacer les travailleurs de centres à un autre. On a tenté de la faire taire et devant la pression des médias, on l'a nommée à un obscur comité consultatif.

      Et on a renouvelé le contrat d'Arruda! Ça ne semble pas avoir beaucoup dérangé. Moi si. On aurait dû profiter de l'occasion de l'expiration de son contrat pour le remplacer par quelqu'un d'autre, comme la Dre Liu par exemple.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 octobre 2020 13 h 03

      En tout respect, monsieur Labelle, votre commentaire me surprend et me déçoit, ce matin. On dirait que vous avez été contaminé par la forme aiguë du populisme :).

    • Marc Therrien - Abonné 8 octobre 2020 16 h 26

      Nous ne sommes pas des épidémiologistes, mais à tout le moins des gens capables de réflexion et d’analyse permettant, entre autres, d’apprécier les différences dans les qualités de communication des divers scientifiques qui s’évertuent à nous faire comprendre ce qui est pourtant simple si on se donne la peine d’écouter. En ce qui me concerne, mon favori est le Dr. Alain Poirier, Directeur de la santé publique en Estrie.

      Marc Therrien

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 octobre 2020 22 h 18

      Tout à fait d'accord, monsieur Therrien. J'apprécie beaucoup notre DSP, qui occupa en son temps le poste de monsieur Arruda. Alex Carignan faisait aussi un magnifique travail. Caroline Quach-Than et Quoc Dinh Nguyen sont aussi très intéressants.

    • Raymond Labelle - Abonné 9 octobre 2020 00 h 23

      J’en rajoute. Je savais en lisant les journaux que les infectés pouvaient être asymptomatiques quand ça venait d’être montré dans les revues scientifiques – Arruda ne le savait pas en conférence de presse. Il est clair que le couvre-visage contribue à prévenir par des études sur les maladies infectieuses plus généralement, Arruda le niait.

      Moi je n’en reviens pas que personne ne se soit posé de question quand on a renouvelé le contrat de ce type, que l’on ait pas demandé une reddition de compte pour savoir s’il aurait mieux valu nommer quelqu’un d’autre. Que ça ait passé comme dans du beurre.

      M. Desjardins, expliquez-moi en quoi je me trompe ou pourquoi vous êtes tout à fait à l’aise avec Arruda, comment vous êtes tout à fait à l’aise avec ce qui, moi, m’apparaît comme une jambette à la démocratie, à savoir le renouvellement du contrat d’Arruda par la discrétion gouvernementale. Poste qui, d'après moi, devrait relever de l'Assemblée nationale, comme par exemple celui de vérificateur général.

      Comment vous êtes tout à fait à l’aise avec la totale absence de reddition de comptes quand des erreurs graves et évidentes ont été commises pendant un temps long (genre, ne pas isoler les nids à infection et ne pas y faire circuler des employés de l’un à l’autre). Pour trouver les bonnes mesures, il ne fallait pas chercher si loin : juste imiter d’autres provinces canadiennes, comme le modèle de la Colombie-Britannique.

      Mais bon, si soulever ces questions est qualifié de populisme, c’est que le populisme a bon dos pour censurer tout esprit critique. D'ailleurs quel populisme? Les questions que je soulève semblent troubler peu de personnes.

      Je ne vous laisse pas aux bons soins du docteur Arruda, car je m’inquièterais pour votre santé.

      Salutations cordiales.

    • Raymond Labelle - Abonné 9 octobre 2020 05 h 18

      Mm. Therrien et Desjardins. Je trouve intéressant votre recherche de personnes plus douées qu’ Arruda au Québec (il y en a plein d’ailleurs, Arruda étant dans les percentiles du bas parmi les personnes ayant la même formation). Toutefois, il faudrait comparer des pommes avec des pommes – c’est –à-dire, comparer des personnes qui ont le même niveau de responsabilité, qui est celle de diriger la santé publique d’une juridiction qui correspond à celle d’une province canadienne.

      Pourquoi pas comparer avec d'autres provinces? Blessure narcissique? Trop à rebrousse-poil des tabous populistes du Québec?: le Québec a été poche par rapport à d’autres provinces canadiennes dans sa façon de gérer cette pandémie. Je comprends votre difficulté à vivre avec la chose et oser même l’envisager. Ça me fait mal aussi. Mais il s’agit ici des autorités, pas de la population. M. David (et d'autres), étrangement, envisage d'abord la possible indiscipline de la population avant même la pochitude de notre Santé publique.

      Merci de nous consoler en montrant qu’au Québec, on a mieux qu’Arruda (si ça n’était pas le cas, ça serait très triste). N’oubliez pas la Dre Liu, et la Dre Drouin de Mtl. Et il ne s’agit pas seulement de communication (quoiqu'un message clair soit fondamental en santé publique, et là Arruda fait beaucoup de choses à ne pas faire, même si on a dû se résoudre à lui payer une spécialiste en communication (aux frais des contribuables) qui ne peut toutefois pas transformer le plomb en or), mais aussi des politiques adoptées au bon moment (si on compare ici des pommes avec des pommes, c'est-à-dire avec les autres provinces).

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 octobre 2020 06 h 05

      Monsieur Labelle, il ne nous coûte rien, à nous, dire qu'on « sait » quelque chose parce qu'on l'a lu dans le journal. Ainsi, comme Dr Fauci avait évoqué la transmission asymptomatique dès le 28 janvier sur la foi d'observations cliniques dans un hopital allemand dont le peu de fiabilité l'a amené à réserver son jugement par la suite. Mais nous, on «sait» que c'est vrai et il ne reste plus qu'à en convaincre les perdus comme Arruda qui font encore la science old school. Sans jamais dire que la transmission asymptomatique n'existait pas - avec les précautions que cela pouvait commander -, il l'a reconnue en avril quand la démonstration en a été faite de manière probante.

      Je ne pense pas que sa reconduction ait passé comme du beurre. Sinon, il y aurait de sérieuses questions à poser à tous les DSP, à l'INESSS, à l'INSPQ, dont on peut toujours soupçonner qu'ils aient en même temps des accointances avec le pouvoir politique, bien sûr... Votre comparaison avec la nomination au poste de VG parle d'elle-même. Elle a à examiner les voies de la démocratie. Parmi celles-ci, il en est qui concernent la santé publique où le rôle du DGSP et de ses antennes n'est que consultatif et à l'égard de quoi elles doivent jouir d'une indépendance qui les mettent à l'abri du seul sentiment populaire. Que ses recommandations ne nous agréent pas n'est pas une jambette à la démocratie. Ils sont pas là pour faire plaisir. Mon médecin non plus.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 octobre 2020 06 h 30

      En tout respect, monsieur Labelle, on rend des comptes à ceux qui ont autorité pour le faire. Dans son cas, ce seront les pairs qui auront à le faire quand les choses auront pris une tournure décisive et claire non seulement pour les «commentateurs» mais pour ceux qui sont au coeur de l'action. Un gouvernement responsable aura éventuellement à agir (y compris à le remercier le cas échéant), mais il faut espérer qu'il le fasse sur pièces et non en considérant le seul profit politique qu'il pourrait tirer à suivre le sentiment populaire chauffé à blanc par les professeurs Tartineau qui savent exciter les passions au point que la prudence commanderait de congédier le sans coeur discernement.

      Vous parlez en toute connaissance de cause des «erreurs graves» commises par eux. En attendant qu'on vous file les manettes pour que vous fassiez en toute confiance aveugle comme ceux qui savent ailleurs ce qu'on ne sait pas ici, je vous concéderai qu'il y a une incompétence crasse à être incapable d'inventer des personnels qu'on n'a pas et à devoir composer avec des agences de placement où une partie de ceux-ci ont déserté pour se tailler les emplois qu'ils veulent plutôt que ceux dont on a besoin. Continuons à chercher sous ces brillants lampadaires des stationnements fraîchement pavés ailleurs les clés qui sont dans notre réalité trop obscure pour notre goût des vérités bien costaudes, et démocratique, en prime.

      Le populisme se donne très volontiers les allures d'un exercice critique. Ce qui l'en distingue, c'est que même quand il a l'air de poser les bonnes questions, il ne le fait que de façon rhétorique. Il se trouble quand elles sont jugées par d'autres suffisamment importantes pour ne pas faire prévaloir les réponses qui semblent s'imposer avec évidence. Déni pour déni, je préfère encore celui-ci, qui n'est qu'apparent. En d'autre circonstances, vous manifestez des scrupules critiques dont l'inquiétude vous aura un temps éloigné, peut-être. Je ne m'en fais pas juge.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 octobre 2020 08 h 19

      J'en rajoute ! Concernant le « couve-visage », cette notion recouvrant une grande variété de dispositifs, on ne peut déjà pas pour cette raison avancer quoi que ce soit sur une efficacité qui leur serait commune. Si c'est celle-ci qu'Arruda aurait «niée», il faudrait lui en être reconnaissant. Mais c'est comme le reste : on avance sans preuve suffisante que « le masque » est efficace. Par un grossier renversement du fardeau de la preuve, on enjoint ensuite à la santé publique de démontrer qu'il ne l'est pas. Et comme celle-ci ne peut pas NON PLUS démontrer qu'il ne l'est pas, on en conclut deux choses : ce sont des incompétents ou des menteurs ET le masque fonctionne! Qu'il y ait des indices de son efficacité éventuelle, cela va de soi, mais désormais on se comporte comme si la démonstration était si béton qu'elle justifierait parfaitement l'imposition dans toutes sortes de contexte, sans égard aux inconvénients qui pourraient en résulter. Cette balance-là, qui était le principe retenu par Québec après l'OMS et qui autorisait avec souplesse tous les ajustements que l'évolution de la pandémie pouvait requérir (surtout à l'égard de la distanciation physique) elle a été jetée au profi du dogme rifide des maques pour tout le monde à grands renforts d'études relayées, oui, par des revues scientifiques... mais dont on prenait bien soin de n'y lire que ce qu'on veut trouver sans égard aux réserves dont elles sont assorties et qui ne sont pas de simples digressions.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 octobre 2020 08 h 31

      Vous savez, la santé publique n'a pas attendu la frénésie des réseaux sociaux ou du professeur Martineau pour se pencher sur les mesures d'asepsie en milieux hospitaliers et pour enjoindre qu'on corrige les anomalies observées. On avait déjà entendu parler qu'il pouvait être judicieux de porter des masques chirurgicaux en salles d'opération et de se laver un peu les mains avant de les mettre dans le patient. Concernant les modes de propagation de la grippe et des coronavirus, je vous concède qu'ils attendent avec anxiété que les doctorants de l'Université Facebook leur fassent part de leurs consensus.

      Vous trouvez l'ironie par trop grinçante ? J'aimerais qu'elle le soit davantage. Elle ne vous est pas destinée. Mais je suis vraiment écoeuré de la désinvolture avec laquelle tout un chacun se comporte comme si le sacro-saint droit de parole justifiait à lui seul à discréditer les experts de domaines où on n'entend rien à part ce qu'on glane ici et là et surtout là...

      Je termine en suggérant que nous devrions mettre plutôt notre zèle citoyen à demander au gouvernement de rendre raison des décisions politiques qu'il prend en montrant de quelle manière elles s'accordent des recommandations de santé publique ou s'en écartent. La grande difficulté, pour le citoyen ordinaire, c'est que non seulement le commentaire ne fait pas justice à ces recommandations, mais, en plus, tant le gouvernement que la santé publique (et au premier chef Dr Arruda) ont de lamentables pratiques de communication publique, et ce depuis le début de la crise. Ceci dit, en passant, pour ceux qui croiraient que je suis un cheerleader du gouvernement Legault. Faut juste pas tout mélanger.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 octobre 2020 08 h 47

      Je n'avais pas encore vu votre commentaire de ce matin. Je dois y répondre. Je n'ai jamais prétendu que ces personnes étaient plus compétentes que Dr Arruda. Je laisserai un tel jugement à qui en a les moyens. Quant aux motifs que vous me prêtez comme à monsieur Therrien de ne pas me rendre là où votre grande sagesse vous conduirait avec tant d'autres concernant la «pochitude» de la santé publique (vous ne manquez pas d'air, décidéement!), je ne dirai pas que c'est de la psychopop à cinq cennes, parce que ce ne serait pas gentil. Mais cela serait à peine plus discourtois que l'exercice auquel vous vous livrez là.

      Nous aurons sûrement des jours meilleurs. Merci de ne pas trop m'en vouloir d'être plus amical que complaisant. Je crois que vous errez.

    • Raymond Labelle - Abonné 9 octobre 2020 11 h 23

      "Que ses recommandations ne nous agréent pas n'est pas une jambette à la démocratie. Ils sont pas là pour faire plaisir. Mon médecin non plus." RMDé On ne veut pas qu'ils soient là pour faire plaisir au gouvernement non plus, avec qui je trouve Arruda très complaisant avec le grouvernement et où la distinction politique-expertise technique devient embrouillée.

      L'idée n'est pas de nous faire plaisir, mais d'avoir plus d'indépendance envers le gouvernement - comme le vérificateur-général par exemple.

    • Raymond Labelle - Abonné 9 octobre 2020 11 h 53

      M. Desjardins, vous ne répondez pas aux objections que j'ai faites ni ne répondez aux questions que je pose. Vous prenez des chemins de traverse.

      - "on rend des comptes à ceux qui ont autorité pour le faire." Laissé à la discrétion du gouvernement - juge et partie. Il ne nous reste qu'à nous taire, même quand on constate des choses graves, et se fier seulement au gouvernement - pourquoi se taire est-il la seule façon de ne pas être populiste? Parce que la DSP ne doit rendre des comptes qu'au gouvernement. Quelle soumission.

      - "qu'il y a une incompétence crasse à être incapable d'inventer des personnels qu'on n'a pas et à devoir composer avec des agences de placement où une partie de ceux-ci ont déserté pour se tailler les emplois qu'ils veulent plutôt que ceux dont on a besoin." Même avec un personnel limité, il est possible d'exiger que le personnel ne soit affecté qu'à une zone ou, du moins un centre, au lieu de le promener d'un à l'autre - ça ne fait pas moins de monde au total. Ou, en tout cas, promener le moins possible, ce qui a clairement été une non-préoccupation pendant une période bien plus longue que celle acceptée par la C.-B et le N.B. (au moins, probablement les autres provinces également). Le gouvernement est le client de ces agences, il peut exiger des conditions. D'ailleurs, on l'a fait bien tard ensuite, donc c'est possible. Vous ne dites rien sur le fait que la Colombie-Britannique et le Nouveau-Brunswich aient adopté les meilleures pratiques en ce domaine beaucoup plus tôt qu'au Québec.

      - "Je ne pense pas que sa reconduction ait passé comme du beurre." Je n'ai vu aucune sérieuse controverse, je n'ai vu aucune considération sérieuse sur la possibilité de nommer quelqu'un d'autre. Un peu de grincement ici et là, mais rien de plus. Aucun examen de son bilan: ah oui, c'est vrai, on doit se taire et ne pas faire cet examen, car il n'a de comptes à rendre qu'au gouvernement.

    • Raymond Labelle - Abonné 9 octobre 2020 12 h 01

      Même avant que ne soit totalement confirmé la possibilité de transmission asymptomatique, celle-ci doit être envisagée dans les mesures, au moins parmi le personnel et les gens qui fréquentent des nids à infection, comme ceux identifiés comme les centres de personnes âgées.

      Je peux comprendre que ça soit plus difficile pour le dépistage dans la popluation en général.

      Mais bon, on doit se taire et se soumettre parce que la DSP n'a de comptes à rendre qu'au gouvernement, qui peut bien nommer qui il veut comme dirigeant de la DSP responsable de notre santé commune sans rendre de comptes à quiconque, ni même pour assurer une nomination non partisane à l'Assemblée nationale,: il n'est pas là pour nous faire plaisir après tout - c'est bien ce que vous dites M. Dejardins?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 octobre 2020 13 h 50

      Monsieur Labelle, je peux comprendre que vous soyez irrité, mais essayez de rester juste. Quand je parlais de ceux à qui il a des comptes à rendre et qui ont autorité pour en juger, je parlais évidemment des experts de la fonction publique compétents à l'égard de sa capacité d'expert, sur la recommandation de qui un gouvernement qui se veut légitime doit prendre appui. Legault est le quatrième PM à le maintenir en poste. Quatre tyrans et une armée de fonctionnaires « soumis » ? J'en doute. Vous aurez oublié en chemin, d'ailleurs, que je n'ai pas du tout exclu que le gouvernement ait à le remercier éventuellement. Cela ne dépendra pas de ce que vous, moi, Martineau ou monsieur en pensons. Heureusement.

      Dans la suite, vous donnez encore dans la gérance d'estrade sur fond de procès d'intention à leur endroit. Facile. Vous notez que je ne dis rien du BC et du NB. Ils ont pris des décsions qui se sont avérées gagnantes, jusqu'ici. Mais outre qu'ils en avaient peut-être plus les moyens que nous, il n'est pas sûr que leurs choix s'imposaient si clairement en mars. Il n'est pas sûr non plus que Québec ait détourné le regard pour ne pas voir ce qui se fait ailleurs. (Dans ce BC incidemment aussi loin de nous que la France et qui en a peut-être moins à nous apprendre que ce qui se passe à côté de chez nous) Bien des joueurs ont été repêchés avant Brendan Ghallager, dont plusieurs n'ont jamais chaussé les patins dans la grande ligue. Trop facile. Moi, quand des z'auraient donc dû me viennent, j'ai plutôt le réflexe de supposer quils ont fait pour le mieux et que quelque chose m'échappe. Je n'ai en cela aucune mérite : je suis plutôt bête, comme on me le confirme régulièrement. Alors je dois assumer mes perplexités jusqu'à m'astreindre à poser des questions. Mais voilà : des questions. Cela n'a rien à voir avec une injonction à se taire et à se laisser rouler dans la farine, comme vous m'en accusez avec une certaine malveillance.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 octobre 2020 14 h 05

      Je comprends votre souci à l'égard de l'indépendance du DGSPQ et je le partage. Mais celle-ci ne tient pas à une capacité effective d'instaurer des politiques publiques ou de sanctionner le gouvernement. Il n'en a pas et c'est très bien comme ça. C'est pas lui que j'ai élu. Cependant, il doit avoir les moyens physiques et la latitude d'élaborer toutes les expertises pertinentes et de les faire entendre au ministre de la santé et, par extension, à l'Exécutif sans encourir aucune censure et avec tout le sérieux qu'elles méritent. C'est ce à quoi s'engage souvent le PM, d'ailleurs. Pour de vrai ? Il n'y a pas lieu de présumer qu'il y ait de l'ingérence comme aux États-Unis. On ne doit pas non plus l'exclure. Sauf que, nos institutions étant ce qu'elles sont, la perspective que des entorses à ce principe soient dénoncées par les pairs et par la VG pèse déjà d'un poids très lourd sur les velléités que le gouvernement pourrait avoir. On a toujours l'air un peu idiot quand on présente comme de simples éventualités ce qui paraît évident à tous ceux qui «savent». J'assume.

    • Raymond Labelle - Abonné 9 octobre 2020 14 h 48

      "Dans ce BC incidemment aussi loin de nous que la France et qui en a peut-être moins à nous apprendre que ce qui se passe à côté de chez nous)" - mais avec qui (BC) la comparaison est plus pertinente étant donné la similarité de pouvoirs, bien que l'on puisse s'inspirer aussi des meilleures pratiques partout dans le monde - dans ce dernier cas, je pense plus à Taïwan ou à la Corée du Sud qu'à la France.

      Pour le reste, il ne nous reste qu'à s'entendre pour diverger - à continuer, nous ne ferions que nous répéter, en d'autres mots peut-être, mais à nous répéter en substance quant aux points précis ici évoqués (ce que je reconnais avoir tendance à faire à l'occasion).

      Je me répète quand même allez: je maintiens que de traiter de populisme et de gérance d'estrade tout esprit critique en invoquant que des fonctionnaires experts de l'État et un gouvernement élu peuvent discuter entre eux en toute confiance (et confidentialité) constitue de la soumission exagérée à nos institutions. Pour votre part, vous suggérez qu'il s'agit d'en respecter l'esprit - les fonctionnaires étant des professionnel, et nos élus, ayant été légitimement élus. Eh bien, divergeons, même si je conviens que les fonctionnaires sont des professionnels et nos que nos élus sont légitimés par le système démocratique. Mais ça ne veut pas dire une absence d'esprit critique. Je vous renvoie à votre opposition à la Loi 21 par exemple.

      Même si je suis dur, je vous assure de mon respect M. Desjardins.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 octobre 2020 16 h 12

      Je ne vois en quoi le fait de ne pas reconnaître que toutes les critiques seraient également recevables dénoterait de ma part une « absence d'esprit critique ». Le sens critique n'est pas une disposition à s'opposer, mais une exigence de juger selon des critères. Je présume que nous sommes au moins d'accord là-dessus.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 octobre 2020 16 h 19

      « la comparaison est plus pertinente étant donné la similarité de pouvoirs ». Je conviens que c'est un critère. Mais il semble que le virus ne se soucie pas tant des juridictions politiques pour faire tache d'huile. Bien que cela ne constitue pas une excuse, il y a tout lieu de se demander pourquoi un État comme le Massachussetts qui a peut-être la plus grande concentration de savants occuperait le 3e rang des décès, bien devant le Québec, non? Voyez, monsieur, c'est une vraie question. Qu'en dites-vous?

    • Raymond Labelle - Abonné 9 octobre 2020 18 h 00

      "(...) il y a tout lieu de se demander pourquoi un État comme le Massachussetts qui a peut-être la plus grande concentration de savants occuperait le 3e rang des décès, bien devant le Québec, non" RMD.

      Oui, c'est une vraie question, et je ne connais pas la réponse. Quelques remarques quand même. Les politiques adoptées ne sont pas les seules variables qui expliquent le degré de diffusion du virus, et de la maladie (ce qui n'est pas la même chose, la susceptibilité d'être malade pouvant différer selon les circonstances et personnes à charge virale égale). D'autres facteurs interviennent: concentration de population, état de santé de la population, propension à suivre les directives ou non (disons, à mesures égales d'efforts pour faire observer), pyramide d'âge, proportion de gens vivant dans des résidences pour personnes âgées, distribution du statut socio-économiques et plusieurs autres (ici que quelques exemples pour montrer que les politiques ne sont pas les seuls facteurs).

      Donc, une grande diffusion ou une grande proportion de décès n'est pas nécessairement attribuable à une mauvaise politique, d'autres facteurs doivent être considérés. Peut-être qu'une situation à grande diffusion aurait été pire avec une moins bonne politique par exemple.

      La valeur d'une politique s'examine à son propre mérite selon ce que l'on sait. Par exemple, il est tout à fait clair que quand on sait qu'il y a un nid d'infections, on doit faire des zones chaudes et froides étanches, et ne pas bouger les travailleurs d'une zone à l'autre ou d'un centre à l'autre. Il est tout à fait clair que de ne pas faire ça est horrible, que ça donne presque le même résultat que si l'on voulait répandre le virus volontairement.

    • Raymond Labelle - Abonné 9 octobre 2020 21 h 20

      "Les politiques adoptées ne sont pas les seules variables qui expliquent le degré de diffusion du virus, et de la maladie "... ni, non plus, le pourcentage de savants dans la population, bien entendu.

  • Cyril Dionne - Abonné 8 octobre 2020 07 h 38

    Bonne chance avec les infirmières M. Legault; vous allez en avoir besoin

    Au tout début de cette crise, au mois mars dernier, les experts de la santé ontarienne avait mis cartes sur table. Cette crise sanitaire ne serait pas un sprint, mais plutôt un triple marathon qui risquait de s’étaler sur plusieurs années. Ils nous avaient fait comprendre que sans un vaccin efficace, la contagion allait se répandre partout et n’allait pas s’arrêter avant que 70 à 80% des gens soient infectés afin de développer des anticorps. Le tout était agencé avec des données à l’appui en des termes scientifiques que tout le monde pouvait comprendre. Ils parlaient à des adultes et non pas à des enfants.

    Entre temps, au Québec, on nous avait dit que tout était sous contrôle et que « ça allait bien aller ». Le chef de la Santé publique prenait son rôle comme celui d’une star médiatique au lieu de nous donner les faits. Le premier ministre nous faisait son « father knows best » à tous les jours et si les résultats n’étaient pas au rendez-vous, c’était la faute de la population. Enfin, ils occultaient des faits évidents pour faire de la petite politique. Là, on nous chante maintenant qu’ils ont les mêmes résultats que certaines villes américaines qui ont été des hécatombes démocrates pour nous consoler. Nulle part ils mentionnent que dans toutes les autres provinces du Canada, ils ont fait 10 fois mieux que le Québec. En fait, ils nous ont fait part de leur grande incompétence et naïveté meurtrière.

    Mais pardieu que M. Legault a été rapide de s’excuser officiellement sur la mort de Joyce Echaquan tout en occultant son rôle pour les milliers de personnes âgées mortes dans les CHSLD attribuables à la négligence de l’État. Évidemment, pas d’enquête officielle sur le sujet. Enfin, si l’infirmière congédiée aurait pu s’expliquer sur son comportement odieux découlant probablement des surcharges de travail, on aurait vite compris que cela peut arriver avec n’importe quel malade indépendamment de son origine. Mais non, on l’a congédie sur le champ.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 octobre 2020 10 h 33

      Les grands esprits se rencontrent : le virus est chinois et les hécatombes démocrates.

    • Raymond Labelle - Abonné 9 octobre 2020 05 h 52

      M. Desjardins, dans cette intervention-ci, M. Dionne est tout à fait silencieux sur les démocrates et les Chinois.

      Malheureusement, et ça fait mal, il a raison sur plusieurs points, dans cette intervention-ci (qui est la seule dont je parle ici) dont ceux-ci:

      - le Québec a été très poche dans sa gestion de la pandémie par rapport aux autres provinces. Et les autres provinces sont bel et bien le meilleur point de comparaison - même juridiction que le Québec - pommes avec pommes. Et on a renouvelé le contrat d'Arruda (je n'ai toujours pas avalé cette couleuvre).
      - même en tenant compte du manque de personnel, il aurait été possible, à partir du moment où les centres pour personnes âgées ont été identifiés comme nids d'infection, de faire des zones rouges et vertes, et, au moins pour les employés en zone rouge, ne pas déplacer ceux-ci pour ne pas répandre l'infection. C'est ce que plusieurs provinces canadiennes ont fait en temps utile, pendant qu'ici on les transférait d'un nid d'infection à d'autres centres, collés dans des camionnettes.
      - il y a un sérieux problème dans les conditions de travail des infirmières (hérité depuis plusieurs années, et qui ne peut peut-être pas être si facile à résoudre à court terme, si on veut être juste, et qui bien sûr, se trouve accentué dans des situations comme celles de la pandémie).

      Elles démissionnent massivement, ça doit bien être pour une raison.

      Quant à l'infirmière congédiée, son comportement était bel et bien odieux (M. Dionne en convient), peut-être cela méritait-il un congédiement, immédiat, mais il s'agit aussi de la manifestation de problèmes plus étendus que sa personne (racisme, qui a un élément collectif et, peut-être, surmenage qui lui, découle de problèmes du "système" de santé). La responsabilité individuelle existe aussi. Même des horaires chargés n'excusent pas d'injurier des malades, a fortiori une malade mourante et alors que la malade n'a pas fait quoique ce soit de répréhensible.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 octobre 2020 10 h 12

      Monsieur Labelle, lisez vous-même une deuxième fois :

      « Là, on nous chante maintenant qu’ils ont les mêmes résultats que certaines villes américaines qui ont été des hécatombes démocrates pour nous consoler. »

    • Raymond Labelle - Abonné 9 octobre 2020 11 h 20

      Ah, c'est vrai M. Desjardins. Assez décourageant après toute la longue et patiente démonstration patiente que j'ai faite à M. Dionne de l'inanité de ces propos à d'autres articles. Bon, il nous fait la preuve par quatre qu'il ne comprend pas l'esprit scientifique dont il se réclame dans cette considération précise, même si d'autres peuvent avoir une certaine valeur.