Dans le mur

Sans grande surprise, nous voilà « dans le mur », pour reprendre le terme du ministre de la Santé, Christian Dubé, plongés jusqu’au cou dans la seconde vague. On nous avait bien prévenus et, comme de fait, la « courbe » retrousse spectaculairement du nez. L’étonnement, cette fois, tient plutôt au relâchement qu’on dénote chez les plus jeunes. Dans les bars, à la sortie des cours ou encore lors des séances de tam-tam, la promiscuité est au rendez-vous comme au temps des cerises. Mais est-ce vraiment si surprenant ?

Les jeunes qui boudent les mesures sanitaires aujourd’hui sont les mêmes — en âge, tout au moins — que ceux qui prenaient la rue d’assaut, il y a un an, au nom de la santé de la planète. Cette tranche d’âge (20-29 ans), le vecteur de transmission le plus important pour ce qui est du coronavirus, n’est pas sans conscience sociale. Au contraire. Cette génération est la première à exiger qu’on change nos habitudes de consommation, qu’on réduise les gaz à effet de serre et qu’on mette fin au massacre de l’environnement. Ce sont, à maints égards, de grands ambassadeurs de santé publique.

On répète souvent que les nombreuses tergiversations de la part du gouvernement par rapport à la pandémie — « le masque est inutile », « non, le masque est nécessaire » — expliquent pourquoi beaucoup de gens aujourd’hui se fichent des mesures sanitaires. Mais y a-t-il mollesse plus manifeste, contradiction plus grande que celles qui sont affichées par nos gouvernements vis-à-vis de l’environnement ? Au Québec, comme ailleurs, on n’essaie même pas de s’acquitter de notre engagement de réduction de gaz toxiques. On se contente de «siffler dans le cimetière». « Il n’y a pas énormément de choses qui ont été faites », admettait, du bout des lèvres, le leader environnemental devenu ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault, cette semaine.

On dit vouloir combattre le réchauffement climatique tout en ouvrant les bras au projet Énergie Saguenay, une augmentation d’environ 8,5 millions de tonnes de CO2 par année. On parle d’électrification des transports sans soumettre de véritable plan. On déplore la menace à la survie des baleines tout en refusant de limiter la circulation maritime dans le fleuve Saint-Laurent. Dernier en date, le nouveau projet de loi 66, en remplacement du « très mauvais » projet de loi 61 qui, lui, piétinait sans vergogne les protections environnementales, profère, certes, son « respect de l’environnement », mais tout en permettant la destruction des milieux humides. Cherchez l’erreur.

« Ça n’a pas de bon sens », comme disait le premier ministre à l’égard des insouciants, sans voir que le comportement de son gouvernement est tout aussi irrationnel face à la mégacrise sanitaire qui nous guette. Pourquoi faudrait-il s’imposer aujourd’hui des sacrifices pour mieux « sauver des vies » et « « protéger nos enfants » si les mêmes principes ne s’appliquent pas pour l’avenir ? Si on est capables, pour une fois, de surseoir à l’économie pour protéger notre système de santé, nos aînés, nos écoles et nos enfants, pourquoi sommes-nous incapables d’étendre ce souci de préservation à une plus grande échelle ?

Penser à long terme

Expliquez-moi comment on peut mettre autant d’énergie, autant de points de presse, autant de cœur et de poings sur la table, sans parler d’argent, pour souligner l’importance du moment, marteler la nécessité d’adopter des nouvelles façons de faire face à cette dure pandémie, mais rien du tout face à la crise qui chaque jour ravage un peu plus la planète et qui nous menace, littéralement, d’extinction. Comment explique-t-on une telle disjonction ?

L’être humain, on le sait, n’est pas « programmé » pour penser à long terme, les politiciens encore moins, la survie immédiate — dans la savane comme dans l’arène politique — étant la valeur suprême. Mais encore. La dégradation environnementale est désormais archi bien documentée. La chaleur augmente, l’eau se fait plus rare, les récoltes se gâtent, les sols dépérissent, les espèces meurent, des régions entières deviendront inhabitables d’ici la fin du siècle et, dans ce qui pourrait s’avérer la pire calamité de toutes, des millions de gens chercheront refuge ailleurs. Même la richissime Amérique, habituée à tout régler à coup d’argent, s’en verra complètement transformée, selon une enquête menée conjointement par Propublica et le New York Times (How Climate Migration Will Reshape America).

Tout au long de cette longue pandémie, les autorités gouvernementales nous ont assuré être guidées « par la science ». Elles ont voulu nous montrer qu’elles étaient entièrement au service du bien public. L’attitude a plu, à en juger par les cotes de popularité du gouvernement. Alors, pourquoi ne pas mener l’exercice jusqu’au bout ? Pourquoi le respect de la science et des « choses vivantes » s’arrêterait-il à la porte de la pandémie ? Pourquoi la peur des gens est-elle légitime face au virus, mais pas face à la fin du monde ?

Ensuite, on se demandera pourquoi les gens se révoltent, les jeunes sont désabusés et nos institutions perdent de leur crédibilité.

fpelletier@ledevoir.com

Sur Twitter :@fpelletier1

54 commentaires
  • Charles-Étienne Gill - Inscrit 30 septembre 2020 04 h 39

    Avant-dernier paragraphe qui indique que l'auteur ne comprend rien

    Il est évident que la pollution et l'occupation massive du territoire, couplées à une extraction massive des ressources, nuisent à la santé de la planète. Mais l'amalgame de tous les problèmes tel que présenté par l'auteure montre qu'elle ne fait que lire les médias dominants sans comprendre véritablement et surtout sans être capable de faire les vérifications qui s'imposent. La migration climatique est une hypothèse alors même qu'avec des scénarios plus pessimistes, le PIB mondial sera «moindre», mais il sera moindre que le PIB sans changement climatique. Il n'en sera pas moins supérieur à celui d'aujourd'hui. « La chaleur augmente » . Oui, il est possible comme lors de l'optimum médiéval, que le Nord soit plus chaud, ce qui pourrait aussi avoir un effet bénéfique sur les récoltes, comme le CO2 est bénéfique pour verdir la planète et contrer la désertification. Les réels problèmes de pollution directe et de dégradation grave de la nature ne vont pas se régler par la question du CO2 qui est de loin le moindre mal, même si des scénarios plus pessimistes devaient advenir.

    Il y a ici deux grossières manipulations : l'urgence climatique et ensuite une conséquence fabulée de cette même urgence.

    L'auteure serait plus crédible si elle arrivait enfin à montrer qu'elle connait et comprend l'actualité des études sur le climat et pas juste ce qui circule dans les grands médias. Comme d'habitude, c'est trop demander.

    • Claude Bariteau - Abonné 30 septembre 2020 08 h 40

      M. Gill, l'auteure tape par contre dans le mille en mettant en relief les contradictions des gouvernements, en particulier celui de la CAQ avec un PM bon père de famille coincé entre les conservateurs et les ethno-nationalistes, qui traficote des alignements abracadabrants en environnement et n’a pas vraiment colmaté les brèches pour contrer la deuxième vague de pandémie.

      Ce PM a lacé ensemble ses souliers et est immobilisé dans le carré de sable provincial du Québec. Or, depuis le discours du trône, il se sent sans moyens après avoir fait de la pandémie son plus grand défi. Or, elle le souligne, ce n’est pas le seul. Il y a l’environnement qu'elle comprend plus moins, l’économie québécoise et mondiale, l’ordre international en mutation et un PM canadien désireux de finir l’ouvrage de son papa.

      Il l’a annoncé dans ce discours et fit appel à la nation, comme si le Canada était en guerre, pour inviter les Canadiens à se reprendre en main alors qu’il déploiera des mesures pour renforcer le Canada avec des politiques centralisatrices coûteuses pour stopper cette pandémie dans les provinces les plus populeuses.

      Devant cette approche, le PM Legault découvre que son carré de sable s’amenuisera et qu’il devra y jouer à la canadienne. Aux abois et démuni, il se est piégé dans la sortie de secours qu’il a valorisée pour rallier adéquistes et ethno-nationalistes frileux. Ses jours sont comtés.

      Aussi, les jours du PM Trudeu le sont. Il tirera bientôt sa révérence devant les pressions du monde des affaires et le discours alarmiste du Directeur parlementaire du budget sur l’endettement à venir sans oublier le rapport du commissaire à l’éthique.

      Son remplaçant, Mark Carney, est déjà dans les coulisses. Il paraitra bientôt l’homme des circonstances après la publication de son livre traitant d'une économie post-pandémique qu’il dira plus équitable. Avec sa tape dans le mile, l'auteure a négligé cette mise en scène. Pourquoi ? Le savez-vus ?

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 30 septembre 2020 09 h 02

      «Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.» Rabelais

      Merci beaucoup Mme Pelletier pour votre texte pertinent.

      Il y a une petite phrase sur laquelle je ne suis cependant pas d'accord quand vous dites :«L’être humain, on le sait, n’est pas programmé pour penser à long terme.»

      Je crois, au contraire, que certains humains se préoccupent spécifiquement, réfléchissent et agissent pour planifier et concevoir le présent et l'avenir de nos sociétés et de nos territoires. Des études en planification régionale du territoire, l'architecture du paysage, l'urbanisme, la sociologie visent à former des êtres humains en vue de justement «réfléchir avant d'agir» auprès des gouvernements municipaux, régionaux, nationaux, des institutions d'éducation, du communautaire et aussi des individus.

      Le problème, c'est qu'ils ne sont pas écouté parce que leur réflexion ne fait souvent pas l'affaire des personnes aux intérêts économiques à court terme. Nous vivons sous l'empire d'un système capitaliste qui se fiche éperdument d'une approche coopérative.

      Depuis le début sur notre planète, la Nature nous invite à l'adoption de cette approche. Mais notre cerveau de primate s'attarde. Le capitalisme n'est pas la solution. Il est LE problème. Il se fait décidément tard pour agir. Grouillons-nous!!!

    • Daniel Cyr - Abonné 30 septembre 2020 09 h 39

      Qu'est ce que vous ne comprenez pas de « l'éditorial » de Mme Pelletier? Pour une fois que je trouvais que son propos allait dans le sens de mes préoccupations, même « l'avant-dernier paragraphe »! Elle dénonce non pas sans raison le fait que le gouvernement Legault avec son projet de loi 66, tente de réparer une crevaison alors que le véhicule est entré dans le mur. Ce n'est pas en éliminant les irritants du capitalisme sauvage que nous allons règler les problèmes criants, et fort probablement plus menaçants que l'actuelle pandémie malgré l'indifférence inquiétante et l'inaction de la classe politique. Votre commentaire semble démontrer que certains arbres vont empêche de distinguer la forêt, ce qui est le cas de bien des élus. Relire entre autres les derniers rapports du GIEC, même les sommaires, permettent très bien de remettre les horloges à l'heure... et pas seulement qu'en matière de CO2!

    • Jean-François Trottier - Abonné 30 septembre 2020 10 h 49

      M. Gill,

      Vous faites dans la désinformation.

      "... une conséquence fabulée de cette même urgence." : Je suis d'accord sur "fabulée", mais l'urgence, elle, reste. Vous trouvez un comédon sur le nez de Mme Pelletier et en profitez pour démolir son argumentation.

      "possible comme lors de l'optimum médiéval, que le Nord soit plus chaud, ce qui pourrait aussi avoir un effet bénéfique sur les récoltes," Ayoye!
      L'optimum médiéval ne concernait que l'Europe, pas le monde entier. Ce réchauffement, dû à des variations du Gulf stream, n'a pas touché le reste du monde. C'est n'importe quoi. On est très loin de la fonte complète des glaciers de l'arctique, très actuelle et très réelle!

      "CO2 est bénéfique pour verdir la planète..." Ce n'est pas le CO2 le problème, c'est l'effet de serre qu'il entraîne avec d'autres gaz.
      Je parodie : après un tsunami les pétaques poussent en maudit! On n'a jamais assez d'eau!

      Que faites-vous du méthane? Et l'ozone, ou O3, créé par des orages et ouragans de plus en plus forts et nombreux?
      Nous contrôlons mieux la production de CO2, d'où l'intérêt pour ce gaz. Voilà.

      Le réchauffement climatique n'est graduel que sur les mesures météo. Il cause des catastrophes à mesure que nous dépassons des "barrières" naturelles, par exemple le point où la glace aux pôles survit à l'été. Ce réchauffement "bénéfique" n'arrivera pas.
      Nous irons de catastropĥe en catastrophes, dont une possible ère glaciaire suite au refroidissement soudain des océans : un véritable déluge glacial.
      Nous ne contrôlons que le CO2. Voilà.

      Bien sûr la vie restera, mais on parle de notre survie, et du CO2 parce qu'il s'agit de nos responsabilités, pas des pets de rennes.
      Le CO2 a "verdi" toute la planète il y a des centaines de millions d'années. Il continue, à petite dose. Petite dose, équilibre... Vains mots pour vous.

      D'accord, Mme Pelletier n'est pas d'une rigueur à tout casser... mais vous faites pire.

    • Jean Lacoursière - Abonné 30 septembre 2020 10 h 53

      « Le CO2 est bénéfique pour verdir la planète et contrer la désertification. [...] L'urgense climatique est une manipulation grossière. » (Charles-Étienne Gill)

      Hahaha !

    • Clément Fontaine - Abonné 30 septembre 2020 11 h 40

      Charles-Etienne Gil : « Oui, il est possible comme lors de l'optimum médiéval, que le Nord soit plus chaud, ce qui pourrait aussi avoir un effet bénéfique sur les récoltes, comme le CO2 est bénéfique pour verdir la planète et contrer la désertification. Les réels problèmes de pollution directe et de dégradation grave de la nature ne vont pas se régler par la question du CO2 qui est de loin le moindre mal, même si des scénarios plus pessimistes devaient advenir. »

      C'est vraiment n'importe quoi, ce commentaire. Du pur déni climatoseptique. Ce n'est pas d'un pouce levé dont je vous gratifierais si j'étais abonné à Fakebook mais plutôt d'un doigt d'honneur.

    • Patrick Boulanger - Abonné 30 septembre 2020 12 h 01

      « Les réels problèmes de pollution directe et de dégradation grave de la nature ne vont pas se régler par la question du CO2 qui est de loin le moindre mal, même si des scénarios plus pessimistes devaient advenir. »?

      Je ne comprends pas. Selon vous, la science fabule-t-elle avec cette histoire de rechauffement climatique lié aux GES?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 30 septembre 2020 12 h 25

      M. Bariteau écrit:" (...) l'auteure tape par contre dans le mille en mettant en relief les contradictions des gouvernements, en particulier celui de la CAQ".

      Absolument d'accord. "L'art de la demi-mesure", écrivait Michel David. Loi dela laïcité dans les écoles publiques mais pas au privé. Étre nationaliste et promouvoir l'agrandissement du cégep Dawson; accepter que le pm du Québec soit président d'une simple fédération de provinces et territoires, dans le contexte d'une constitution qui ignore le Québec. Avoir promis que les prochaines élections se feraient à la proportionnelel; décider le contraire.

      Dans le programme de la CAQ : » Exiger un examen de français et de valeurs au bout de trois ans. En cas d’échec, une année supplémentaire sera accordée. En cas de nouvel échec, le Québec n’accordera pas le Certificat de sélection, qui permet de devenir citoyen canadien. Accoucher d’un ridicule test de valeurs pouvant être passé à distance.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 30 septembre 2020 14 h 39

      Avis aux sceptiques qui prennent mes propos sur le CO2 pour ceux d'un cancre : même la NASA est d'accord avec la thèse d'un verdissement et le constate.

      https://climate.nasa.gov/news/2436/co2-is-making-earth-greenerfor-now/

      Quant à la question de l'optimum médiéval, même National Geographic couvre l'existence de routes commerciales nordiques qui indiquent un climat plus chaud par le passé. Cela n'invalide pas la possibilité d'un réchauffement modéré à cause d'un doublage du CO2, mais ça mais du plomb dans l'aile à ceux qui préconisent un feedback positif tel, que le climat s'emballerait. Voilà une hypothèse qui ne se vérifie que sur les modèles, là où empiriquement le CO2 n'est pas la catastrophe appréhendé,

      Un lecteur me parle du méthane, mais ça signifie qu'à une période chaude, le méthane aurait alors été tellement évacué que le retour à la normal que nous connaissons aurait été impossible. Contrairement à ceuxi qui prétendent tout comprendre en parlant constamment du GIEC, j'ai passé des centaines d'heures et consulté des sources hétérodoxes , en les contactant directement comme Camille Veyres, pour mieux comprendre. Et la conclusion, c'est pas mal plus d'incertitude que ce que le GIEC affirme, surtout en ce qui attrait aux solutions.

      Je ne cesse d'exposer ici des sources et j'ai aussi montré au lectorat par le passé, par une recherche par moi-même, que le rapport sur les océans du GIEC citait une étude qui avait pourtant été rétractée de Nature.

      Moi aussi, quand je ne connaissais rien à l'affaire, j'engueulais des «climatosceptiques». Et je suis tombé sur des gens vachement intelligents qui m'ont fait comprendre que je répétais comme un péroquet sans connaitre mon sujet.

      À titre d'exemple, plusieurs parlent de la quantité de CO2 dans l'atmosphère sans même connaitre l'estimation du bilan global du CO2 sur la planète et de la quantité absorbée dans les océans.

    • Christian Roy - Abonné 30 septembre 2020 15 h 54

      M. Gill,

      En vous lisant, je me suis rappelé le titre d'un essai catastrophiste: "Demain, le Moyen Âge". Ce livre décrivait l'écroulement complet de notre civilisation "moderne". Si je vous comprends bien, même le climat lui correspondra.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 30 septembre 2020 21 h 30

      Parlez-vous de Dark Age ahead de Jane Jacobs Monsieur Roy? Il s'agit d'un essai fort brillant qui détaille comment la destruction d'institutions vitales pour notre civilisation peut faire en sorte que non seulement on perd culturellement des pans importants de ce qui permet à la société de fonctionner, mais une fois la perte subie, on ne sait même pas ce que l'on perdu. Les peuples autochtones connaissent bien ce phénomène quand la chaine de transmission des savoirs traditionnels survient.

      Nos civilisations sont mortelles et malgré internet, il suffit d'écouter le documentaire «Derrnière nos écrans de fumée pour comprendre que le web en 2020 n'est pas le web de 2007. Si le web de 2007 avait continué, avec plus de transparence, au lieu de la cage dorée des réseaux sociaux, nous n'en serions pas là et nous ne serions pas vous et moi autant antagoniques.

      Mais pour votre question, effectivement, depuis par exemple le néolitique, il y a eu plusieurs changements. L'âge du bronze l'apogée des civilisations grecque et romaine coïncident avec une période chaude.

      https://andymaypetrophysicist.files.wordpress.com/2016/06/central_greenland_temperature_since-4000bp.pdf

      Dans le même ordre d'idées, il semble que s'il y a augmentation significative de la température, c'est vers les pôles. D'où le fait que plusieurs économistes et scientifiques, même convaincu d'un effet anthropique fort sur le climat, n'en pensent pas moins que la catastrophe annoncée n'aura pas lieu.

      Bref, c'est divertir des énergies, des ressources, de l'attention et surtout de l'argent dans une cause contreproductive que de chercher à influencer le climat, là où des mesures concrètes et locales pour restaurer la nature amélioreront bien plus la santé qu'une quelconque taxe, tout en rendant les écosystème plus résilients SI le pire devait arriver.

  • Nadia Alexan - Abonnée 30 septembre 2020 05 h 41

    Le double discours est assourdissant.

    Vous avez raison, madame Pelletier, de vous plaindre de l'insouciance de nos gouvernements face aux changements climatiques.
    Pire encore, notre saccage de la biodiversité qui nous a amené le coronavirus en premier lieu est complètement évacué du discours politique et de nos mesures de combat sanitaire.
    L'empiètement sur l'habitat des animaux va nous amener d'autres virus, plus agressifs encore, mais on met toujours l'économie en dessus de la science, avec impunité.

    • Jean-François Trottier - Abonné 30 septembre 2020 11 h 10

      Madame Alexan, le coronavirus serait probabement arrivé de toute façon, grâce justement à la biodiversité. Il s'agit d'une variante comme une autre de la double spirale. À force de muter, l'ADN finit par trouver de nouvelles possibilités de développement viable et c'est très sain,

      C'est la mondialisation sans contrôle qui a amené le coronavirus si vite partout dans le monde, mais il aurait touché les gens de Wuhan de toute façon.

      Ne croyez pas que si nous apprenons à vivre en harmonie avec les animaux locaux, nous serons exempts de virus. Au contraire! Mais l'effet sera plus localisé si nous apprenons à vivre en respect avec notre environnement immédiat, sans l'interdépendance actuelle, très dangereuse.

      Le principe des marchés de proximité est essentiel non seulement à une vie sans pandémie, mais à une économie stable, pas "rapide", pas "efficace", mais humaine et sûre.
      L'essentiel doit être à portée de main. On n'achète que le luxe des marchés éloignés.

      Une autre raison pour sortir de l'Empire suceur de pouvoir qu'est le Canada et ses maîtres banquiers de Toronto.

      C'est "grâce" à la science que notre économie est maintenant mondiale. La connaissance mène à tout, du meilleur au pire. Ne restent que des choix difficiles, hé oui.

    • Cyril Dionne - Abonné 30 septembre 2020 13 h 35

      « Pire encore, notre saccage de la biodiversité qui nous a amené le coronavirus en premier lieu est complètement évacué du discours politique et de nos mesures de combat sanitaire. »

      Wow! Tout simplement Wow! On est tous persuadé que c’est à cause de cela qu’il est apparu ce virus chinois. Alors que dire de la peste noire de 14e siècle (25 millions de victimes), la peste de Justinien du 6e (entre 25 et 100 millions de victimes en 50 ans), la variole du 16e qui a décimé 75% des populations autochtones de l’époque en Amérique, la peste Antonine du 2e (10 millions de morts) et je pourrais continuer ainsi. Pardieu, la population mondiale variait entre 200 et 650 millions durant ces époques. Aujourd’hui, nous sommes 7 800 millions à fouler la Terre, soit plus fois plus nombreux. En pourcentages, la peste noire a décimé 6% de la population de l’époque, la peste de Justinien, plus de 40%, la peste Antonine, 20%. Pour le coronavirus, un gros 0,012% de la population mondiale à date.

      Tout comme pour les catastrophes climatiques, sans renier le fait que l’homme change le climat à cause de son impact écologique et surtout à cause de sa surpopulation, ne peuvent pas être directement attribuées aux changements climatiques. Cela, ce n’est pas de la science, mais des ouï-dire qui conjuguent avec une pensée magique de ceux qui n’ont jamais pris un cours de science.

    • Cyril Dionne - Abonné 30 septembre 2020 15 h 20

      Correction.

      C'est bien : Aujourd’hui, nous sommes 7 800 millions de gens à fouler la Terre, soit 18 plus fois plus nombreux.

  • Nadia Alexan - Abonnée 30 septembre 2020 06 h 05

    Adopter «le pacte pour un New Deal vert»

    Nous vivons dans une crise climatique mondiale. Les scientifiques ne nous ont donné que 11 ans pour réduire de moitié nos émissions afin d'éviter des impacts catastrophiques et la crise échappée à notre contrôle. Pour ce faire, nous devons voir «des changements rapides, profonds et sans précédent dans tous les aspects de la société ». C'est la raison pour laquelle nous devrions adopter «le pacte pour un New Deal vert» un mouvement croissant et une grande et audacieuse transformation de l'économie pour lutter contre la double crise des inégalités et du changement climatique. Il mobiliserait de vastes ressources publiques pour nous aider à passer d'une économie fondée sur l'exploitation et les combustibles fossiles à une économie verte motivée par un travail digne et une énergie propre. Les changements climatiques et les inégalités sont inextricablement liés. Nous ne pouvons pas nous attaquer à l’un sans aborder l’autre. Un New Deal vert prendrait les deux.

  • Raynald Rouette - Abonné 30 septembre 2020 06 h 47

    L’héritage de la Charte canadienne des droits et libertés


    Depuis 25 ans, l'individualisme a pris constamment le dessus sur la société, un mot qui n'a plus sens dans le Québec d'aujourd'hui. Qu'on le veuille ou non, il faut aussi reconnaître les limites du multiculturalisme à la canadienne.

    Le Québec ne fait pas exception à ce qui se passe ailleurs dans le monde. Nous n'avons tout simplement plus les ressources financières et humaines pour défoncer ce mur qu'est l'individualisme érigé par les différents groupes (ça inclus les médias) composant la population du Québec.

    Il est impératif de découvrir un vaccin très bientôt avant que la situation ne dégénère davantage non seulement contre la COVID-19, mais aussi contre l'égoïsme et la bêtise humaine, toutes générations et cultures confondues.

    Nous nous approchons dangereusement en passant par l'anarchie et le chaos du monde George Orwell...

    • Pierre Grandchamp - Abonné 30 septembre 2020 13 h 27

      "La bêtise humaine", dites-vous. Il suffisait d'écouter le président Trump, lors du débat, hier.Quand on pense qu'au moins 40% des Américains appuient ce monsieur, sans poser de questions. Quand on sait que la majorité des évangélistes américains appuient cette personne au comportement aux antipodes des valeurs minimalement morales.

  • Serge Pelletier - Abonné 30 septembre 2020 07 h 02

    Ouais..

    Ouais, comme d'habitude tout est un florilège de n'importe quoi. Quand à la terre, ne vous en faites pas pour elle Mme Pelletier, elle était là bien avant vous, et le sera bien après votre disparition.

    Quant à ce qui concerne le gouvernement Legault, il est loin, très loin même de se baser sur "la science" dans ses décisions, et cela est encore pire dans le cas de la crise actuelle du virus. En fait, le GV-Q-Legault est un ramassis de bonimenteurs... Avec un "imposteur" disant à tout les mots "la science dit" secondant un matamore obnibulé et obsédé par les grands projets pharaoniques de même que sa propre personne (pour faire concurrence à l'autre d'Ottawa).

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 30 septembre 2020 09 h 22

      Moi, les gérants d'estrade me font toujours rire... C'est fou, comme dans notre monde, ceux qui sont compétents en la matière se sentent incompétents face à un nouveau virus et préfèrent se taire, alors que ceux qui sont manifestement incompétents sur ce sujet se comportent comme s'ils en étaient des experts nous abreuvant de leur "savoir".
      https://www.facebook.com/watch/?v=596321301040796

    • Serge Pelletier - Abonné 30 septembre 2020 11 h 29

      M. Cotnoir, ce gouvernement est scandaleusement incompétent et cela dans tout ce qu'il touche. Il est comme le gouvernement antérieur: tous deux outrageusement manipulateurs et retords.

      Mais comme les petits clins du Québec ont besoin d'un sauveur... Ce gouvernement fait, pour l'instant, l'affaire.