Le militant

Paul Bégin n’a jamais été considéré comme un ministre vedette du PQ. Il n’a pas à son actif des réalisations spectaculaires qui ont marqué l’imaginaire collectif, comme la loi 101, le zonage agricole ou encore les centres de la petite enfance (CPE), même s’il a fait adopter des projets de loi importants, notamment sur l’union civile, et jeté les bases de la Politique nationale de l’eau.

En revanche, il est l’illustration de ce qui a constitué la richesse du PQ et le moteur du mouvement souverainiste pendant des décennies : son militantisme. Son autobiographie intitulée À la recherche d’un pays, Mémoires d’un militant (1962-2002) traduit parfaitement les sacrifices, les espoirs et les frustrations de ceux qui ont porté à bout de bras le rêve de l’indépendance, dont la réalisation semblait si proche.

La vie interne des partis politiques est généralement peu connue du grand public. Certes, les « chicanes » au PQ ont souvent fait les manchettes au fil des ans, mais il s’agissait simplement de la pointe de l’iceberg. Les drames qui ont marqué les grands congrès avaient été précédés de multiples escarmouches au sein des instances inférieures du parti. M. Bégin, qui en fut un infatigable protagoniste, livre un récit passionnant des obscures batailles, le plus souvent perdues, menées par la base militante pour tenter de maintenir la direction du parti dans le droit chemin.

Issu du RIN, il avait plus de 30 ans de militantisme derrière lui quand il a été élu député de Louis-Hébert et nommé ministre de la Justice en 1994. D’un tempérament bouillant, il était ce qu’on a appelé tantôt un « pur et dur », tantôt un « orthodoxe » ou un « caribou ». À l’exception de Jacques Parizeau, il s’est toujours senti trahi par ses chefs, que ce soit René Lévesque, avec son « renérendum » et son « beau risque », Lucien Bouchard ou Bernard Landry, ces « tirs au flanc du navire référendaire », qui ont tous deux renvoyé la tenue d’un troisième référendum aux calendes grecques quand ils ont pris les commandes. Même quand on a la foi du charbonnier, il y a des limites à la compromission.

  

Paul Bégin avait claqué la porte depuis un an quand le politicologue Jean-Herman Guay a créé une véritable commotion lors du conseil national tenu en octobre 2003, en déclarant que les « raisins de la colère », après avoir porté le PQ au pouvoir et mené le Québec aux portes de l’indépendance, avaient disparu, de sorte que le PQ avait peut-être été le parti d’une génération.

Comme les 400 délégués présents au centre des congrès de Laval ce jour-là, il aurait sans doute été ulcéré par un tel discours. Comme bien des Québécois de sa génération, c’est le sentiment de l’injustice et du mépris dont les francophones étaient victimes, notamment l’exclusion des postes les plus élevés, qui l’avait amené au RIN en 1962. « Chacun à sa manière, selon l’emploi qu’il occupait, avait eu à vivre ce même mépris de ce qu’il était », écrit-il.

Près d’un demi-siècle plus tard, il est heureux que les jeunes francophones n’en souffrent plus. On peut toujours se désoler de la dilution du sentiment identitaire et dénoncer les méfaits du multiculturalisme, mais il demeure que le PQ et le mouvement souverainiste en général n’ont pas réussi à trouver d’argument aussi mobilisateur.

  

Il y a encore au PQ des militants qui se consacrent corps et âme à réaliser leur rêve, mais ils doivent avoir la nostalgie d’une époque où le parti comptait plus de 300 000 membres convaincus que l’indépendance était l’aboutissement logique et inéluctable de la Révolution tranquille. Aujourd’hui, ils sont dix fois moins nombreux, et à peine quelques milliers d’entre eux prennent la peine de suivre les débats entre les candidats à la chefferie.

Dans tous les partis, l’opposition est le moment où la direction est le plus à l’écoute des militants, plus encore quand il s’agit d’élire un nouveau chef. Trois des quatre candidats promettent maintenant de parler d’indépendance jusqu’à plus soif et de tenir un référendum dans un premier mandat qui devient de plus en plus hypothétique. Comme dirait l’autre : on verra.

Il est facile de comprendre l’exaspération de Paul Bégin face à ce qu’il a perçu comme de la procrastination ou de la fourberie, mais comment reprocher à quelqu’un de reporter une entreprise qu’en son âme et conscience il juge prématurée, voire suicidaire ? Sylvain Gaudreault a hésité avant de s’engager à tenir un référendum dans un premier mandat. Il s’y est résolu parce qu’il savait très bien qu’y renoncer aurait ruiné ses chances d’être élu chef. Dans son texte intitulé « Mon plan : l’indépendance, comment et quand », il précise toutefois ceci : « Mon devoir, c’est de faire primer le succès sur le calendrier ». Peut-on l’en blâmer ?


 
25 commentaires
  • Francois Ricard - Abonné 15 septembre 2020 05 h 02

    Le référendum: la corde du pendu du PQ

    Lors d'une conférence de presse, en 1995,Me Athanasios Hadjis, vice-président du Congrès hellénique, Me Tony Maglaviti du Congrès national italo-canadien et Me Reisa Teitelbaum du Congrès juif canadien ont vanté le fait que leurs communautés réunissaient quelques 400 000 personnes, soit 6% de la population québécoise, et que celles-ci ont voté à 90% pour le NON.
    Christos Sirros, ancien député et ministre libéral, a déclaré sur les ondes de CFMB, un poste privé desservant les communautés ethniques de Montréal, que si le OUI n'avait pas passé cette fois-ci, il ne passera jamais à cause de l’immigration et du vieillissement de la population.
    D'autant plus qu'un référendum gagnant forcerait, peut-être, le Canada à négocier. Peut-être...
    Il y a possiblement de meilleurs moyens de forcer le Canada à négocier.

    • Claude Gélinas - Abonné 15 septembre 2020 09 h 54

      Et pourtant, l'on a durement blâmé le PM Jacques Parizeau pour ne pas avoir eu la langue de bois et affirmer que si le NON l'a emporté c'est en raison de l'argent ( du fédéral) et des votes ethniques.

    • Claude Bariteau - Abonné 15 septembre 2020 10 h 31

      Le référendum, un choix du PQ était une option valable en 1995. Depuis la loi de clarification, il a perdu sa pertinence et plusieurs Québécois et Québécoises sont réfractaires à y recourir, car c'est une corde pour pendre.

      S'y trouve une partie de l’explication du tâtonnement du PQ avant de revenir en 2019 avec l’indépendance, mais aussi le désenchantement à l’égard d’un parti qui n’a revu sa démarche depuis cette loi canadienne.

      En témoignent les approches des quatre candidats et le retour, avec la CAQ, de lois ni chair ni poisson qui reçoivent un constant appui. Ce le fut avec la loi 21 et ça peut être le cas avec une révision de la loi 101 pour la rendre plus mordante.

      Ces lois posent problème. D’abord, elles sont temporaires selon la clause de dérogation. Ensuite, elles produisent un apaisement provincial qui s’inscrit dans la recherche des élites du Québec de conserver une spécificité dans le Canada.

      Pire, dans un contexte de crises internationales majeures (pandémie, environnement, économie et ordre politique international), elles endorment dans une bulle hors du monde alors que le Québec dispose de leviers importants, s’il était un État indépendant, pour se redéfinir et participer des sorties de ces crises.

      Ça, pour moi, c’est exaspérant. L’est tout autant de foncer à l’aveugle avec un référendum dans un premier ou deuxième mandat. Il importe plutôt de procéder comme l’Écosse en utilisant la loi 99 pour négocier avec le Canada sa tenue selon les règles internationales de 50 % + 1 et les suites si ce pourcentage est atteint dans un contexte clairement défini et la présence d’observateurs des Nations Unies.

      Cette approche contourne loi de clarification. Si c’est impossible, s’impose alors une élection plébiscitaire qui, avec 50 % +1 des votes, mandate de créer l’État indépendant du Québec. M. Bégin y retrouverait le sourire du militant. Bien d'autres aussi.

    • Nicole-Patricia Roy - Abonnée 15 septembre 2020 12 h 48

      M. Bariteau, je vous lis toujours avec plaisir. Toutefois, je ne comprends pas la démarche que vous proposez à partir de la loi 99 pour négocier avec le Canada. Comment se ferait cette négociation? Vous parlez aussi d'une élection plébiscitaire avec 50%+1, or, cette option est impossible parce que même dans ses heures de gloire, le PQ n'a jamais obtenu aux élections générales ce pourcentage. En 1976, il a obtenu 41,3%. Il y avait 3 partis politiques à ce moment, l'Union nationale existait toujours mais était vers la fin, aujourd'hui avec 4 partis politiques, le vote est trop divisé et aucun parti ne peut obtenir la majorité des voix.

      Je suis bien d'accord avec la conclusion de Michel David, les candidats à la chefferie sont obligés de promettre un référendum dans un premier mandat sans quoi leurs chances d'être élus seraient inexistantes. Cela ne risque pas d'arriver vu l'état dans lequel se retrouve le PQ actuellement et ce qui est en cause est plutôt la survie de ce grand parti politique à la prochaine élection plutôt que les éternelles discussions sur la date d'un prochain référendum.

    • Francois Ricard - Abonné 15 septembre 2020 14 h 41

      M. Bariteau,
      Il faudrait plutôt parler d'une élection décisionnelle.C'est la tradition dans le parlementarisme à la britannique. Le parti qui recueille la majorité des sièges gouverne régalement.

    • Claude Bariteau - Abonné 15 septembre 2020 15 h 42

      Mme Roy, la loi 99 rejoint les vues de M. Bourassa et de M. Bouchard. Le premier affirma, après l'échec de Meech (1990,) que « quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement. » Quant à M. Bouchard, pour contrer la loi de clarification, il adopta la loi 99, dont la Cour supérieure du Québec a « confirmé la validité constitutionnelle (…) sur l'autodétermination, qui accorde aux Québécois le droit de décider seuls s'ils veulent se séparer du Canada.»

      J’y réfère parce que c’est une loi de l’Assemblée nationale. Sur cette base, le Québec peut enclencher une négociation comme l’Écosse pour s’entendre avec le Canada sur les termes de la tenue d’un référendum selon les règles établies par le Québec avec les ajustements nécessaires (droit de vote, présence de représentants des Nations unies, etc) et surtout les suites si le résultat des votes est de 50% + 1. En clair, il s’agit pour le Québec d’affirmer son droit de quitter le Canada.

      Il est imaginable que le Canada refusera ou fera des contrepropositions inacceptables. S’il n’y a pas d’entente, le Québec dispose d’un atout : une élection plébiscitaire sur la création de l’État indépendant du Québec. À 50% +1, un mandat sera donné aux parlementaires de procéder.

      Vous dites que le PQ n’a jamais dépassé le 50% +1. C’est vrai. En 1962, le PLQ en 1962 a obtenu 56% lors d’une élection plébiscitaire avec pour enjeu la nationalisation de l’électricité. Si l’élection porte sur l’indépendance, les résultats peuvent être du même ordre. Actuellement, des promoteurs de l’indépendance se retrouvent dans au moins trois partis et s’opposent sur la gestion provinciale. Lorsqu’il s’agit d’instituer l’État indépendant du Québec, la seule gestion prioritaire est celle d‘instituer cet État avec la participation des citoyens et des citoyennes du Québec. Pour y arriver, il faut le concevoir.

    • Claude Bariteau - Abonné 15 septembre 2020 16 h 06

      M. Ricard, pour gérer à la manière des nobles et des élus britanniques à l'intérieur du régime politique du Royaume-Uni avec un sytème politique de monarchie constitutionnelle qui repose sur le pouvoir des parlementaires, les décisions de gestion peuvent être prises lors d'une élection dite décisionnelle, car il s'agit de la gestion du régime en place.

      Par contre, lorsqu'il s'est agi de la sortie du Royaume-Uni de l'Écosse, ce qui change le cadre opérationnel du régime, Londres a privilégié que ça se fasse à la suite d'un référendum. Le parlement britannique a convenu aussi que sa sorite de l'UE se ferait par référendum. L'Écosse va probablement procéder par élection plébiscitaire si Londres refuse la tenue d'un deuxième référendum après sa sorite de l'UE.

      Un parti qui ne reçoit pas la majorité des votes exprimés n'est pas démocratiquement autorisé à changer de régime si l'enjeu de l'élection consiste à changer de régime. Dans le cas contraire, il l'est et en reçoit le mandat, ce qui crée temporairmenet deux autorités sur un même territoire, auquel cas il y a intervention d'États tiers indépendants et des Nations Unies.

    • Francois Ricard - Abonné 15 septembre 2020 17 h 50

      .M.Bariteau,
      Londres, comme le Canada, favorise l'option qui semble lui servir le mieux.
      PE Trudeau a-t-il favorisé un référendum pour le rapatriement de notre "supposée" constitution?Pour nous imposer sa charte?Pourquoi devons-nous être plus catholioque que le "pape"?
      Et puis une indépandance doit exister, en très grande partie du moins dans les faits pour qu'un référendum vienne la proclamer.Une indépendance, ça se gagne par des "batailles". Une à une jusqu'à l;a victoire finale.
      Et pourquoi cette fixcation sur le référemdum. Les Républiques tchèque et slovène ont procédé par simple vote en leur parelement respectif.

    • Denis - Abonné 16 septembre 2020 17 h 17

      Le nationalisme est mort au Québec comme le socialisme en France. C'était une époque. Je n'ai jamais compris que le pays, construit sur une identité ethnique, aurait donné quelques choses de mieux. A part la langue, on ressemble pas mal aux américains du Nord, ce qui n'est pas un défaut.. Ce qui demeure difficile est d¨être pauvre dans une grande ville comme Montréal...je continue de croire que le bien-être du monde ordinaire doit être la priorité des gouvernements et aussi la propagation d'un savoir vivre qui passe par la culture québécoise.Mëme le PQ, comme les autres, a oublié cela fréquemment...

  • Bernard LEIFFET - Abonné 15 septembre 2020 07 h 41

    Tout ce qui monte dans le silence risque de dégringoler dans le chaos!

    Promettre que l'avenir sera bientôt meilleur au Québec, comme ailleurs sur la terre, c'est bluffer car la CAQ, comme les autres partis politiques n'a pas de joker en main! Les effets sociaux de la pandémie commencent à poindre à l'horizon et François Legault et son gouvernement devront faire des choix difficiles puisque la police devra intervenir pour maintenir l'ordre et la sécurité sanitaire simultanément. Il y a toujours eu des conséquences dans de tels contextes et quand des menaces sont lancées vers nos élus le risque de débordement est à craindre. Bien sûr, les Québécois sont des citoyens le plus souvent respectueux de l'ordre, mais la moindre incartade politique peut changer brusquement les choses!
    La venue d'un nouveau chef conservateur désirant rencontrer le PM du Québec en tout premier est probablement une marque significative quant à vouloir conserver le Québec dans le giron du Dominion puisque les relations avec Justin Trudeau ne sont pas au beau fixe. Comme membre du Parti Québécois, j'observe la joute politique de la CAQ qui louvoie, comme le fit Robert Bourassa, du PLQ. Le bilan de la CAQ en deux ans pèse peu dans la balance car à part un peu de chaises musicales, tout va de travers et le soi-disant pragmatisme du PM laisse songeur! Quand les carottes seront bientôt cuites, c'est-à-dire que lorsque la planche à billets fédérale va flancher, de nombreux citoyens vont retomber dans une situation financière précaire qui en voudront plus pour vivre ou survivre! Alors, là, qui peut prédire de quoi sera fait l'avenir puisque c'est le fédéral qui a entraîné toute cette manne qu'il faudra rembourser ! Bref, référendum ou pas, sonder l'avenir devient une farce et toutes les options sont ouvertes!

  • Raynald Rouette - Abonné 15 septembre 2020 07 h 45

    Paul Bégin très lucide


    Le Québec est en voie de redevenir ce qu'il était avant 1976. L'argent est de moins en moins disponible pour ses citoyens. Le temps a joué en faveur d'Ottawa et en défaveur du Québec. Beaucoup ce sont faits duper en 1980 et 1995. Sans compter un Québec plus fracturé que jamais. De là à l'admettre et le reconnaître...

  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 15 septembre 2020 08 h 04

    Le piège référendaire......comment en sortir

    Le référendum comme voie d'accès à la souveraineté, fut suggéré à Claude Morin par des grands mandarins fédéraux en 1969. Laissant sous entendre qu'Ottawa allait respecté le choix démocratique du Québec en cas de victoire du oui.

    La même année,  Le 17 décembre 1969, le premier ministre Trudeau présentait au Comité du cabinet sur la sécurité et le renseignement un mémorandum intitulé : "Current threats to National Order and Unity : Quebec separatism".

    Dans ce mémorandum, M. Trudeau demandait que les services de renseignement fédéral, dont le plus connu était le Service de sécurité de la GRC, de considérer le mouvement souverainiste comme des ennemis au même titre qu'une puissance hostiles Un feu vert pour utiliser contre ce mouvement démocratique, tous les moyens clandestins pour le contrer. Mémorendum documenté ici : ( Closely Guarded: A Life in Canadian Security and Intelligence, l'auteur John Starnes, fut directeur générale de la section sécurité de la GRC à l'époque). Deux commissions d'enquêtes (Mcdonald et Keable) se sont penchés sur ces activités antidémocratiques, avant le référendum de 1980.
    Dans son livre, La fausse au lion, (1985) Jean Chrétien affirme : «Avec le recul, le référendum apparaît comme la plus grande erreurdu Parti québécois....» (p 152).

    En participant au « jeux référendaire », les fédéraux ont toujours entretenu l'illusion que ce processus pouvait mené à la souveraineté.
    Or, la réalité c'est que l'État fédéral, a à 3 reprises (1971,1980, 2013) refusé de reconnaître de manière formelle et statutaire : le droit à l'autodétermination du Québec : ce droit est une fiction politique depuis 50 ans !

    Il serait temps de sortir les idéalistes du QG du camps souverainiste (référendistes datistes), pour faire entrer de la realpolitik : la souveraineté n'est pas un souhait mais une sommes. Simplement : l'édification de l'État du Québec.

    Voilà le cadre stratégique pour sortir du piège référendaire.

  • Léonce Naud - Abonné 15 septembre 2020 08 h 48

    Référendum : jouer l'avenir du Québec au poker

    Pour quelle raison le Québec ne pourrait-il pas devenir maître chez lui « à la canadienne » ? Le Canada d'aujourd'hui n’est rien d’autre qu’une ancienne colonie Britannique devenue un Dominion puis graduellement un pays, bringuebalant mais pays quand même avec une armée, une marine et une aviation. Bref, les vraies affaires.

    Il y a un siècle, une poignée de Canadiens anglais ont consacré leur vie à faire du Dominion of Canada une entité politique relativement indépendante de la Grande-Bretagne. Le tout s'est finalement réalisé sans que personne ne pense à organiser quelque référendum que ce soit. D'ailleurs, si on avait demandé à la population canadienne à savoir si elle voulait se séparer de la Grande-Bretagne, la majorité aurait très probablement répondu NON, en commençant par les Canadiens-français. D’ailleurs, lors du coup de force de Pierre Trudeau en 1982, le gouvernement de René Lévesque, tout comme les Autochtones, s'opposa à la rupture du lien colonial qui unissait encore à cette époque le Canada à la Grande-Bretagne. Plutôt demeurer sujets de l'Angleterre que devenir citoyens canadiens avec ce genre de monde et de pouvoirs à Ottawa ! Depuis, on voit bien que c'est le gouvernement de René Lévesque qui avait raison.

    Certains pays naissent de coups de poker. La plupart doivent cependant leur existence à des chefs qui préfèrent le jeu d'échecs à celui de poker. D'ailleurs, qu'est-ce au juste que le jeu d'échecs ? Un roi, une reine, des tours, des cavaliers, des fous pas si fous que çà, des troupes, des stratégies. De quoi donner des idées…