La violence politique

Les réactions n’ont pas tardé à la suite du déboulonnage de la statue de sir John A. Macdonald samedi dernier. Réactions tout aussi vives face au documentaire sur les frères Rose, les deux hommes responsables de l’enlèvement (et ultimement de la mort) de Pierre Laporte. Associée à tort ou à raison à la « gauche radicale », rien ne fait plus peur que l’idée de la violence politique.

Les politiciens en particulier se font un devoir de décrier ce genre de gestes — même en mode mineur tel le saccage d’effigies — de peur d’avoir l’air de sympathiser avec le diable. Et pourtant. Le diable est aux vaches, et le chaos à la porte, chez nos voisins américains. Combien de politiciens d’ici s’en émeuvent ? Où sont les voix qui déplorent la violence inouïe qui se déroule actuellement aux États-Unis ?

Il faut évidemment prendre le terme avec des pincettes, mais si jamais vous vous demandiez en quoi consiste ce qu’on pourrait qualifier de fascisme d’État, vous n’avez qu’à regarder ce qui se passe depuis la Maison-Blanche. Les quatre jours de la convention républicaine ont été à cet égard riches en enseignement. Le mensonge, d’abord. Pas seulement les exagérations et les fabrications auxquelles Donald Trump nous a habitués, mais la distorsion de ce que nous percevons même comme étant la vérité. C’est cette gigantesque entreprise de manipulation mentale qui fait peur et qui, oui, fait penser aux années les plus sombres du siècle dernier.

Depuis qu’il est arrivé au pouvoir, Trump s’est évertué à créer un monde parallèle, un monde de « faits alternatifs », comme se plaît à le dire l’imperturbable conseillère Kellyanne Conway. Un monde dans lequel il a remporté le vote populaire en 2016, où il a rassemblé la plus grande foule à sa cérémonie d’assermentation, où il a rétabli la puissance américaine sur la scène internationale et, bien sûr, où il a agi comme nul autre pour freiner la pandémie.

De fieffés mensonges mais qui, à force d’être répétés, non seulement par le prestidigitateur en chef mais par son entourage immédiat, jamais (ou si peu) démentis par les membres républicains du Congrès eux-mêmes, tout ce bourrage de crâne finit par créer l’illusion que « ce que vous voyez et ce que vous lisez n’est pas réellement ce qui se passe ».

L’imposition de ce monde parallèle a atteint son paroxysme lors de la convention républicaine la semaine dernière. Spectacle de propagande éhontée, repue de colonnes grecques et de drapeaux géants, non seulement y a-t-on dépeint Donald Trump en bon père de famille, grand défenseur de l’avancement des femmes, des Noirs et des minorités, mais on a semé l’illusion de deux Amériques diamétralement opposées : l’une forte, indestructible et prospère, celle de Trump, l’autre chaotique et appauvrie, encourageant l’infanticide, le pillage et l’anarchie. « Personne ne sera à l’abri dans le monde de Joe Biden », clame l’actuel président.

« Dans un tel contexte, la vérité n’a aucune importance », explique Peter Pomerantsev, ex-réalisateur à la télévision russe et auteur de Rien n’est vrai et tout est possible. Car la vérité est ce que Trump veut bien qu’elle soit. Le génie (si on peut dire) consiste ici non seulement à faire gober des mensonges, mais à convaincre les gens de ne pas croire autre chose que ce qu’on leur donne comme information. La réalité objective n’existe plus, en d’autres mots. Pour réaliser un tel tour de passe-passe, la conjuration d’un monde sombre et maléfique, rappelant encore une fois les années 1930 en Europe, est capitale. Une entreprise à laquelle s’applique, là encore, Donald Trump depuis longtemps. Souvenons-nous d’un de ses premiers cris de ralliement, « lock her up ! », insinuant que Hillary Clinton, en 2016, méritait la prison.

Aujourd’hui, ce sont les manifestants de Black Lives Matter que l’imagination fiévreuse de Donald Trump transforme en vils maraudeurs face auxquels les bons « patriotes » ont le devoir de se défendre. « When the looting starts, the shooting starts », menaçait-il plus tôt cet été. Depuis, Trump a fait grimper les enchères d’incitation à la violence en demandant à ses partisans de se joindre à son « armée personnelle » (« VOUS êtes ma première ligne de défense quand vient le temps de combattre la meute libérale »). C’est vraisemblablement à cet appel que répondait d’ailleurs Kyle Rittenhouse, le jeune de 17 ans qui a abattu deux manifestants la semaine dernière. Comme dit l’historien Christopher Browning, « à partir du moment où les gens n’acceptent plus les règles de base de la démocratie, tout peut se dérégler rapidement ».

Alors, le déboulonnage de statues ? Pas l’idéal, on en convient. La prise d’otages, encore moins.

L’intimidation sentira toujours mauvais. Mais les causes, au moins, dans ces deux cas, sont légitimes. Les felquistes avaient raison de se battre pour le petit ouvrier canadien-français, tout comme sir John A. mérite aujourd’hui d’être déboulonné. C’est une différence de taille avec ce que l’on constate chez nos voisins. La violence qui a de plus en plus libre cours là-bas n’a aucune autre justification que la mégalomanie d’un seul homme. Comment ne pas s’inquiéter ?

fpelletier@ledevoir.com

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73 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 2 septembre 2020 05 h 22

    On oublie souvent la violence perpétrée par l'État.

    Vous avez raison, madame Pelletier. Le fasciste orangé au sud du 49e parallèle est en train de semer le totalitarisme avec impunité.
    J'ai peur qu'il n’aille jamais accepter les résultats de l'élection de novembre s'il est perdant. Il encouragera ses sbires à utiliser leurs armes contre les innocents. Une guerre civile se prépare aux États-Unis et pourrait éventuellement suivre le chaos.
    De plus, on passe sous silence la violence perpétrée par l'État qui délaisse croupir ses citoyens, sans leur fournir les nécessités élémentaires de la vie, comme un logement décent, de la nourriture, une éducation, des soins de santé, des médicaments à prix abordable, un salaire vivable et une pension à la retraite.

    • Gilles Sauvageau - Abonné 2 septembre 2020 11 h 08

      C'est un constat très triste, mais fort possible !!! Misère !!! Nous assistons malheureusement au déclin, à la décadence et à la déchéance de l'empire américain !!! Ma grande crainte est que TOUT ÇA ne déborde chez nous !!! Quel désastre !!! Quel drame humain !!!

    • Bernard Plante - Abonné 2 septembre 2020 11 h 40

      Ce qui frappe le plus lorsqu'on est de Québec est à quel point les stratagèmes utilisés par Trump pour créer une réalité parallèle sont les mêmes que ceux utilisés par les radios poubelles de Québec depuis plus de vingt ans. La première émission de ce type de radio fin des années 1990 portait d'ailleurs le nom de "Le monde parallèle de Jeff." À Québec on peut donc aisément constater que ça fonctionne, de nombreuses personnes de Québec vivant littéralement dans cette réalité où "information" est confondu avec "impression" (il paraît que, j'ai entendu dire que, avez-vous entendu parler de, etc.), et où vérité ne signifie rien d'autre que l'opinion d'un animateur ayant à peine étudié dans sa vie mais connaissant absolument tout. Autrement dit, du gros n'importe quoi affirmé de manière convaincue pour avoir l'air crédible.

      Ce qui frappe aussi est à quel point les gens d'ailleurs (notamment de Montréal) ne saisissent pas à quel point ce type de radio est dommageable pour une société. Car même si on n'écoute pas ces radios, en raison du grand nombre de personnes qui les suivent on finit par vivre littéralement dans leur ridicule réalité parallèle. Triste et dangereux.

    • Cyril Dionne - Abonné 2 septembre 2020 15 h 04

      Bon, avant de continuer, pour tous ceux qui sont exaspérés de voir la face de John A. Macdonald sur un côté et un paysage de l’autre sur un billet de 10$, et qui en possèdent encore, SVP, me les faire parvenir et je vais vous en débarrasser pour soulager votre bonne conscience. Moi aussi, j’aime faire ma bonne action antiraciste. Et nul besoin de déboulonner aucune statue.

      Ceci dit, qui finance « Black Lives Matters »? Ce sont tous des milliardaires blancs. On peut penser à Paul Egerman et Tom Steyer, un financier de Wall Street qui fait figure de rapace avec son « hedge fund », crise économique de 2008 oblige, celui-même qui s’est présenté à l’investiture démocrate en 2020. George Soros, le collaborateur nazi de la 2e guerre mondiale (voir l’entrevue de l’émission de 60 Minutes (CBS) avec Steve Kroft en 1998) et « Democracy Alliance ». La coalition de donateurs nommée « Solidaire », se concentrant sur la « construction du mouvement » et dirigée par nulle autre que l’héritière de la fortune pétrolière du Texas, Leah Hunt-Hendrix. On ajoute à cela de nombreux commanditaires corporatifs dont la Fondation Ford.

      Ouais. L’homme à la crinière orange est certainement bien plus pire. Misère.

    • Pierre G. Blanchard - Abonné 2 septembre 2020 17 h 09

      Une certaine sagesse, sinon modestie, devrait animer les commentaires des lecteurs. Les enjeux étant beaucoup plus grands que nous tous qui contribuons à ce débat. Votre perception, madame Pelletier, est exacte et incite à un rappel des enseignements de l'Histoire, allant de la révolution française à la prise illicite du pouvoir en Allemagne par les nazis dans les années 1930. De nombreux peuples dans le passé ont été à la fois les malheureux acteurs et victimes d'une mécanique infernale dont l'enchaînement propagande-provocation-répression fut le moteur de prises de pouvoir, de guerres civiles, de révolution, d'atteintes à la démocratie et aux valeurs humaines fondamentales. Les mécanismes politiques aux USA présentement guidés par les "alternatives facts", si ce n'est le mensonge institutionalisé, et les jeux de coulisses d'Alt Right sont clairement d'une époque que l'on croyait révolue... l'Historire se répète.

    • Cyril Dionne - Abonné 2 septembre 2020 22 h 16

      Cher M. Blanchard,

      Désolé, mais les nazis en Allemagne ont été élus en mars 1933. Il n’y a pas eu de prise illicite du pouvoir en Allemagne par les nazis. Le président, Paul von Hindenburg, l’avait nommé chancelier ou führer d’Allemagne. Et lorsque ce dernier, von Hindenburg est mort tout de suite après, c’est Karl Dönitz, l’admiral allemand, qui l’a remplacé comme président.

      Hitler et son parti, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NAZI) sont arrivés au pouvoir et ont gagné leurs élections en arrivant en deuxième place en 1933 et grâce à la proportionnelle, il fut nommé führer. La Grande Dépression et le Traité de Versailles de 1919, qui avaient ruiné la population allemande, sont les grandes raisons de l’ascension de ce petit parti insignifiant des années 20 et de la 2e guerre mondiale.

    • Pierre G. Blanchard - Abonné 3 septembre 2020 06 h 58

      Merci de vos lumières M. Dionne. Hitler aurait réinventé la démocratie ? Les chemises brunes contrôlant les rues et l'opinion publique par la peur et la violence en vinrent à contrôler le scrutin. Le dictateur a certainement été le plus... pire de sa génération. Vous avez raison de vous inquiéter de Trump. L'histoire se répète. ;-)

    • Christian Montmarquette - Abonné 3 septembre 2020 14 h 52

      Hitler, le grand démocrate..

      Le putsch de la Brasserie ou putsch de Munich est une tentative de prise du pouvoir par la force en Bavière menée par Adolf Hitler, dirigeant du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), dans la soirée du 8 novembre 1923..

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Putsch_de_la_Brasserie#:~:text=Condamn%C3%A9%20%C3%A0%20cinq%20ans%20de,profit%20pour%20r%C3%A9diger%20Mein%20Kampf.

  • Yvon Montoya - Inscrit 2 septembre 2020 06 h 32

    Bel article qui dénonce ce qu’il faut dénoncer. Il n’y a que réaction épidermique de la part de ces Republicains mais non seulement puisque nous pouvons lire l’article ultra-démagogique de MBC contre les «  milices » d’Extreme-Gauche qui firent tomber la statue de monsieur peu fréquentable déjà de son vivant. Le mot «  milice » n’est pas compris historiquement, cela fait drôle alors de tels beuglements conservateurs. Même La mairesse de Montreal devient une terrible passionaria de la Gauche Extreme. Du pirvTrump. Autrement dit ce n’est pas la réflexion objective surtout lucide a la manière d’Albert Camus ou Raymond Aron qui les démange. Merci.

    • Cyril Dionne - Abonné 2 septembre 2020 08 h 25

      « Ben » oui, MBC est démagogique.

      « Ben tabarouette ». On légitimise le déboulonnage de statues et le kidnapping. Wow! Je pense que j’ai manqué quelques émissions M. Montoya de cette série basée sur des droits inaliénables que certains se donnent parce les causes sont bonnes et qu’ils sont les êtres choisis. « The chosen ones » pour nos érudits universitaires et d’« Antidfa » qui font du déboulonnement de statue à temps partiel. Bah! La démocratie, les règles de droit et surtout les responsabilités, c’est pour les autres n’est-ce pas?

      On n’a pas aimé la convention républicaine? Est-ce que c’est parce qu’elle a été efficace si on la compare à celle des démocrates? Oui, Donald Trump a martelé son message de la grandeur de l’Amérique et du rêve américain. Et pour Joe Biden, on n’est pas encore sûr de son message. Mais pour le travailleur de la Rust Belt américaine, qui a perdu son emploi à cause de relocalisation de celui-ci dans un pays du tiers monde, sa maison et sa dignité socioéconomique d’élever sa famille, il a compris celui de Trump et les mensonges mielleux de Biden. L’anarchie dans les rues américaines donne des points d’avance à la campagne de Trump à tous les jours. C’est ce qui préoccupe les Américains et c’est pour cela que Trump est maintenant en avance au Wisconsin, au Michigan et à égalité au Minnesota. S’il remporte le dernier, ce sera un raz de marée pour lui en ce qui concerne le Collège électoral américain. Certains vous diront que les républicains ne remporteront pas le vote populaire, oui, c’est vrai, mais celui-ci se concentre dans seulement deux états pour les démocrates, soit la Californie et New York où des millions d’illégaux ont été amnistiés.

      Ceci dit, la culture du bannissement est une bizarre forme d’oppression qui imite d’autres formes élitistes d’oppression comme le maccarthysme et la chasse aux sorcières. Ceux qui ont été des victimes présumés ou inventées, aujourd’hui ils sont les bourreaux et victimisent les autres.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 2 septembre 2020 08 h 49

      M. Montoya écrit:" puisque nous pouvons lire l’article ultra-démagogique de MBC contre les « milices » d’Extreme-Gauche qui firent tomber la statue de monsieur peu fréquentable déjà de son vivant".

      En tout respect, je ne suis pas d'accord. Du vandalisme, c'est du vandalisme.Je trouve l'article de MBC pertinent. C'est le même "vandalisme" qui fait rage dans certains milieux universitaires avec la censure. Voir la prof de Concordia qui a osé donné une information objective dans son cours de cinéma en citant le livre "Nègre blanc d'Amérique". Du *vandalisme* intellectuel.

    • Léonce Naud - Abonné 2 septembre 2020 09 h 09

      Cher M. Montoya,
      Je viens de lire la chronique de Mathieu Bock-Côté à laquelle vous trouvez quelque exagération. Bonne idée de votre part que d'attirer l'attention sur ce texte car en effet tous les Québécois devraient le lire, et cela deux fois plutôt qu'une. La très grande majorité renchériraient sur son contenu, mais en des termes bien moins policés.

      Causant de police, à votre place, j'essaierais de savoir pourquoi le Canada-français a généralement été un endroit où la loi et l'ordre étaient fort respectées, et cela en l'absence quasi complète de forces policières...officielles.
      .

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 2 septembre 2020 10 h 55

      « Mais pour le travailleur de la Rust Belt américaine, qui a perdu son emploi à cause de relocalisation de celui-ci dans un pays du tiers monde, sa maison et sa dignité socioéconomique d’élever sa famille, il a compris celui de Trump et les mensonges mielleux de Biden. »

      En matière de mensonge mielleux, faire miroiter à ces gens qu'ils pourraient retourner à l'économie d'après-guerre était pas piqué des vers.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 2 septembre 2020 12 h 42

      @ M. Montoya

      Mise en garde d’un homme de gauche contre la censure qu’exerce la gauche
      https://www.ledevoir.com/societe/education/546716/cachez-ces-mots-que-nous-ne-saurions

    • Marc Therrien - Abonné 2 septembre 2020 17 h 35

      M. Dionne,

      Il va sans dire qu'avec la violence qui fait partie du "toujours déjà là" qui existe sans justification dans le monde de la rivalité des humains désirants, on ne peut que chosir son camp.

      Marc Therrien

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 2 septembre 2020 18 h 21

      Monsieur Maltais-Desjardins, Obama a fait un commentaire similaire au vôtre au sujet de l'impossibilité de «forer pour ramener un prix du gaz à moins de 2 $ » le gallon. Le temps lui a donné tort : https://www.youtube.com/watch?v=jIvAbg09Kpo&list=ULaOrNhjNcqQ4&index=273

      C'est la même chose pour les déclassés : si on n'essaie même pas, les jobs ne reviendront pas. Trump a essayé Apple est revenu, et même au Wisconsin, état gagné par une faible marge et qui a permis à Trump (entre autres) de remporter la présidence. Comme j'ai déjà un hyperlien et que je veux être certain que ce texte se rende à vous, je vous propose un article de Daniel J. Ikenson dans Newsweek, tapez « Why Is Apple Bringing Jobs Back to America?».

      La guerre commerciale avec la Chine ne fait pas que des perdants on dirait. N'est-ce pas mieux que «ces emplois ne reviendront pas» de
      Steve Job?

      Donc si vous êtes des bénéficiaires au Wisconsin ou que vous en connaissez, ou que vous avez vu la violence des manifs, mais que les médias n'ont pas couvert la choses, jusqu'à ce que ça soit tellement ridicule que même Biden s'est mis à en parler, pour qui allez-vous voter?

  • Robert Sweeny - Abonné 2 septembre 2020 08 h 04

    mégalomanie et économie

    « ... n’a aucune autre justification que la mégalomanie d’un seul homme... »
    Bien que M. Trump soit mégalomane, ses politiques ont contribué grandement aux écarts socio-économiques sans précédent entre les riches et le reste. Les records établis sur Wall Street en même temps que des dizaines de millions d’Américaines font face à la pire crise économique depuis des années trente en disent tout. Ces politiques ne sont pas le fruit d’un seul homme, mais bien d’un moment précis du capitalisme américain.

  • Pierre Rousseau - Abonné 2 septembre 2020 08 h 08

    L'histoire va-t-elle se répéter ?

    Belle synthèse de ce qui se passe actuellement, depuis presque 4 ans, aux ÉU. Ce qui dérange le plus c'est que les gens ne s'en rendent pas compte et tombent dans le panneau de la propagande à tendance fasciste. Quand on regarde ce qui s'est passé dans les années 30 en Europe, on a tendance à faire un amalgame, un tamponnage temporel, et c'est comme si ça s'était passé dans un flash. Or, la montée du fascisme a été très lente, a duré des années, et n'est pas survenue du jour au lendemain.

    La table est mise aux ÉU pour une nouvelle montés du fascisme : une grande instabilité et une peur viscérale de boucs émissaires (les minorités, en particulier les Noirs). C'est comme le supplice de la goutte, on ne se rend pas compte que les choses changent car ça se fait lentement, au jour le jour, et l'ascension des leaders fascistes s'est faite de la sorte alors que l'exaspération a fini par les porter au pouvoir. On promettait la loi et l'ordre et ces leaders ont délivré : la loi d'un dictateur et l'ordre maintenu par la police secrète de l'état, la Geheime Staats Polizei (en bref, la Gestapo) en Allemagne.

    Le fer de lance des dictateurs fascistes était les milices, chemises noires pour Mussolini, brunes pour les nazis. Le fer de lance de Trump émerge lentement, au jour le jour, la milice d'extrême droite et les Rittenhouse de ce monde que le président ose défendre sans procès. Le dérapage des ÉU est devenu tellement évident et si le passé est garant de l'avenir, ce pays s'en va directement vers le chaos et la dictature. Dans ce cas, qu'arrivera-t-il du Canada, alors qu'une grande partie de notre économie dépend de ce pays dont le leader revanchard ne pense qu'à nous imposer des taxes pour la saboter, prétendant que nous sommes une menace à sa sécurité nationale. Jusqu'où ira-t-il ?

  • Claudette Bertrand - Abonnée 2 septembre 2020 08 h 11

    Démagogie quand tu nous tiens!

    Et pourtant madame Pelletier, ne vous êtes vous pas permises aalègrement, de faire passer la loi 21 comme une intransigence des nationalistes québécois face à l'immigration, en refusant d'y voir autre chose qu'une attaque frontale contre les femmes et les minorités. N'avez-vous pas pris plaisir, à jeter de l'huile sur le feu, en refusant obstinément l'argument des partisans d'une laïcité d'état, à l'école et dans les cours de justices, en insunant que cette loi affecterait les minorités religieuses dans tous les lieux publics. Et, tout récemment ne vous êtes-vous pas amusée à faire de l'ironie au sujet du port du masque obligatoire versus l'interdiction du port du volie.....Eh oui, chère dame, c'est bien ce que vous avez fait, de la distorsion des faits, de la polution dans l'information objective...Je ne vous compare absolument pas M. Trump, mais disons qu' à votre niveau, vous vous êtes prêtée à ce jeu qui empoisonne le discours de bonne foi et à la toute fin, mine une saine démocratie.

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 septembre 2020 10 h 01

      @Claudette Bertrand,

      "Madame Pelletier, ne vous êtes vous pas permises allègrement, de faire passer la loi 21 comme une intransigeance des nationalistes québécois face à l'immigration, en refusant d'y voir autre chose qu'une attaque frontale contre les femmes et les minorités." - Claudette Bertrand

      C'est de l'aveuglement que de refuser de voir que la démagogie de la loi 21 s'attaquait directement à l'immigration et au hijab en exacerbant la xénophobie des nationalistes identitaires.

      Ce n'est d'ailleurs pas un hasard que la loi 21 et celle pour la réduction de l'immigration ont été pour ainsi dire adoptées de front. Alors que le gouvernement Legault lui-même a du remettre les quotas de l'immigration au même niveau qu'ils étaient avant d'ici un an, parce que cette nouvelle règle n'avait aucun bon sens, et ce, même pour la droite économique qui a besoin de main d'oeuvre pour combler ses postes.

      - Tout un «Premier ministre économique» !

      Références :

      Jean-François Lisée : « Plein de hijabs partout ! »

      https://www.youtube.com/watch?v=7neJtPEK5Wc

      Publicité islamophobique du Bloc Québécois : Pétrole et niqab

      https://youtu.be/JyUpGGZnHU0

    • Pierre Grandchamp - Abonné 2 septembre 2020 10 h 44

      M. Montmarquette écrit:"C'est de l'aveuglement que de refuser de voir que la démagogie de la loi 21 s'attaquait directement à l'immigration et au hijab".

      La loi 21 était tout le contraire de la *démagogie*.Des sociétés en Europe ont, en vigueur, des lois encore plus exigeantes quant au port de signes religieux dans l'espace public, en situation d'autorité. IL me semble que, si vous suivez l'actualité dans le monde, vous devriez comprendre tous les ravages faits avec ces signes religieux et le sort des femmes.

      Quant au dossier immigration, vous avez raison de dire que la CAQ a cafouillé

    • Gilles Sauvageau - Abonné 2 septembre 2020 11 h 24

      Un bon questionnement ???

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 septembre 2020 13 h 23

      @Pierre Grandchamp,

      "Des sociétés en Europe ont, en vigueur, des lois encore plus exigeantes quant au port de signes religieux .." - Pierre Grandchamp

      Parce que vous croyez que la démagogie et le calcul politique n'existent pas en Europe?

      "Vous devriez comprendre tous les ravages faits avec ces signes religieux et le sort des femmes." - Pierre Grandchamp

      Quels sont donc ces grands ravages créés par le port de signes religieux au Québec, mis à part 10 ans de polarisation sur un débat stérile qui n'a fait qu'occulter les véritables enjeux de la santé et de l'éducation au Québec. - Et vous pensez que c'est en ostracisant des femmes voilées et en les discriminant à l'emploi qu'on va améliorer leur sort?

      D'ailleurs, quelles sont donc les grandes améliorations que la loi 21 a produit dans nos services publics? Alors que la loi 21 continue toujours d'être une solution qui se cherche un problème.

      Et tant qu'à y aller de cette loi 21 qui est en fait un code vestimentaire qui se prend pour de la laïcité, allez donc au bout de vos principes et foutez donc à la porte toute cette importante cohorte d'infirmières et d'infirmières auxiliaires qui portent le voile dans nos hôpitaux et nos CHSLD qui prennent soin de nos vieux et de nos malades, de même que tous ces médecins qui portent des signes religieux pour voir ce qui se passerait ?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 2 septembre 2020 13 h 38

      En complément final à M. Montmarquette

      Nos propres religieux et religieuses ont accepté d'enlever leurs signes religieux très ostensifs, en situation d'autorité, au début des années 70.

      Vous prônez un retour en arrière!

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 septembre 2020 14 h 00

      "Nos propres religieux et religieuses ont accepté d'enlever leurs signes religieux très ostensifs.." - Pierre Grandchamp

      Vous n'y êtes pas du tout.

      Ce n'était pas par "offense".

      C'est Vatican II qui voulait que l'Église se rapproche du peuple, notamment avec les messes en français, et même, des messes à gogo.

      https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/aujourd-hui-l-histoire/segments/entrevue/114660/messes-gogo-rythmees-eglise-concile-vatican

    • Nadia Alexan - Abonnée 2 septembre 2020 17 h 32

      À monsieur Montmarquette: «D'ailleurs, quelles sont donc les grandes améliorations que la loi 21 a produites dans nos services publics?»
      Au moins, la loi 21 encourage les femmes qui ne veulent pas porter le voile et qui sont obligées de le porter par le patriarcat et par les intégristes, d’avoir le courage de l'enlever selon la loi de l’État.
      Derrière leurs parents, les jeunes filles allaient voir les membres de la Commission Satsi chargée d'appliquer le principe de la laïcité dans les écoles de la France, en les suppliant l'interdiction du port du voile aux seines des écoles. Ces étudiantes étaient harcelées par leurs parents et par leurs collègues garçons de porter le voile. La loi leur a libéré de ce fardeau.
      La loi 21 pourrait aussi libérer ces filles et ces femmes qui sont obligées de porter ce voile de la honte et de la misogynie, d'avoir le courage de l'enlever.

    • Christian Montmarquette - Abonné 3 septembre 2020 10 h 48

      @Nadia Alexan,

      "Au moins, la loi 21 encourage les femmes qui ne veulent pas porter le voile et qui sont obligées de le porter par le patriarcat et par les intégristes..." - Nadia Alexan

      1 ) Cela ne démontre en rien en quoi l'interdiction du port de signes religieux améliore de quelque façon que ce soit les services publics au Québec.

      2 ) Votre commentaire auto-validé (puisque basé sur votre propre présomption), ne fait que colporter des préjugés comme quoi les femmes qui portent le voile sont des intégristes qui le portent comme un fardeau, et ce, particulièrement au Québec où nombre de femmes voilées sont féministes.

      3 ) On ne le redira jamais assez, la laïcité est la séparation du pouvoir politique du pouvoir religieux et non l'exclusion de la société de certains membres de la société en regard de leurs croyances ou de leur incroyance.

    • Christian Montmarquette - Abonné 3 septembre 2020 11 h 02

      @ Nadia Alexan,

      P.S. Si vous voulez vraiment lutter contre l'intégrisme dans le cas où cette présomption pourrait s'avérer.. Je vous recommande fortement d'y aller par la voie de l'éducation et non par la coercition en leur arrachant de force le voile qu'elles ont sur la tête. Ce qui ne changera rien à leurs croyances et ne les poussera qu'à se rebeller. Voilà la véritable manière progressiste de procéder. Et sincèrement, je suis consterné de voir qu'une progressiste ne sache même pas ça.