L’ancien ordre n’existe plus

Mon prof d’histoire au secondaire ne l’avait jamais digéré. Comment le premier ministre du Québec Adélard Godbout avait-il pu s’écraser ainsi devant son homologue fédéral, Mackenzie King ? s’exclamait-il. Comment avait-il pu donner son accord à la modification constitutionnelle de 1940 qui a donné à Ottawa la seule responsabilité du nouveau programme d’assurance-chômage ? C’est une véritable boîte de Pandore qui a été ainsi ouverte ! Sous prétexte de crise économique et de guerre, le pouvoir central s’est renforcé et les intérêts du Québec n’ont pas été défendus ! nous expliquait cet enseignant avec émotion. Il n’est pas le seul à se rappeler ce passage marquant. On retrouve encore à gauche et à droite des nationalistes férus d’histoire qui ne tarissent pas de commentaires sur cet épisode en effet déterminant pour le fédéralisme canadien.

La création de l’assurance-chômage (ou assurance-emploi depuis 1996) a marqué un changement drastique de philosophie sur le rôle du gouvernement. Le premier ministre conservateur Richard Bennett, prédécesseur de Mackenzie King, avait passé le début des années 1930 à plus ou moins prendre acte de la gravité historique de la Grande Dépression. Face au taux de chômage effarant partout au pays, il avait continué de promouvoir un programme classique de laisser-faire économique. Devant le manque d’approbation de la population canadienne, il n’a eu d’autre choix que de transformer radicalement ses orientations en 1935. « L’ancien ordre n’existe plus, annonça-t-il à la radio. Nous vivons dans des conditions qui sont nouvelles et étranges pour nous… Je suis pour la réforme. Et dans mon esprit, réforme veut dire intervention du gouvernement. » En s’inspirant du New Deal du président américain Franklin D. Roosevelt, Bennett a proposé une série de mesures, dont l’assurance-chômage, qui fut d’abord jugée inconstitutionnelle et ne put donc être mise en place qu’en 1940 par Mackenzie King.

L’ancien ordre n’existe plus. Je ne sais pas s’il y a eu une année, depuis l’époque de la Grande Dépression, où ces mots ont autant résonné. Nous vivons en effet en 2020 dans des conditions qui sont nouvelles et étranges pour nous tous. Une nouvelle réalité que nous peinons encore à cerner, et dont notre classe politique n’a certainement pas pris encore la mesure.

À Ottawa, Bill Morneau quitte son poste de ministre des Finances. En plus du contexte de la controverse autour de l’organisme UNIS, la rumeur veut que le bureau du premier ministre Justin Trudeau n’arrivait plus à s’entendre avec son ministre sur les orientations du gouvernement, plus particulièrement sur la générosité coûteuse de ses programmes d’aide à la population et du futur plan de relance économique. Cette semaine, on tente de nous faire voir la nomination de Chrystia Freeland aux Finances et le discours du Trône à venir en septembre comme la fin de l’ancien ordre et le début d’une ère inédite marquée par un virage vert de l’économie canadienne et une réforme historique de l’assurance-emploi. Le plan serait-il assez ambitieux pour répondre aux circonstances historiques ? On verra bien, une fois le Parlement relancé, ce dont il est vraiment question.

Il ne faudrait pas oublier non plus que, comme le disait à sa manière mon fameux prof d’histoire, c’est dans de tels moments que se négocie le (dés)équilibre, selon les points de vue, entre les provinces et le pouvoir central dans la fédération canadienne. Si à Ottawa, on élargit la portée des programmes sociaux sans qu’il y ait de grande vision qui se dégage de l’action de Québec… L’histoire nous dira quelles seront les répercussions à long terme sur le pays.

Ce qu’on sait pour le moment, c’est que l’aide financière qui a le plus allégé le fardeau de la crise économique pour la population québécoise est venue d’Ottawa. Et que les deux grands maillons faibles qui ont déçu les citoyens lors de la crise du printemps sont les CHSLD et les écoles publiques, qui relèvent tous les deux de Québec. On sait aussi que la vision de la relance économique du Québec, le projet de loi 61, a été enrobée dans des mesures profondément antidémocratiques et nuisibles à la protection de l’environnement, ce qui lui vaut les tirs groupés de l’opposition à l’Assemblée nationale. On verra bien quelle nouvelle mouture le gouvernement Legault prépare pour la rentrée.

À Québec, on a le goût du pouvoir, mais il manque encore la vision. Si les inégalités dans le système scolaire sont aussi importantes chez nous, quel est notre plan de match ? Est-ce qu’on se décide à mettre des bâtons dans les roues du privé dans le soin des aînés, ou on y réfléchit encore ? Est-ce qu’on adopte un nouveau modèle social où l’on privilégie désormais les soins à domicile, la vie digne à tout âge ? Si la PCU a établi un standard de revenus minimums décents, où est la réforme de l’aide sociale ? Y a-t-il un plan de révision profonde du filet social québécois à l’horizon, qui soit transpartisan et rassembleur ? Combien de temps devra-t-on encore passer dans la crise actuelle avant que le premier ministre François Legault ait son moment de volte-face à la Bennett ?

Ce sont les conditions de vie de la population canadienne et québécoise, dans une crise qui n’arrive — on l’espère — qu’une fois par siècle, qui se décideront en partie à la rentrée parlementaire de l’automne. Dans le contexte, ici au Québec, la meilleure façon de porter le destin de la population semble moins de parler fort de son nationalisme, mais de développer une vision politique qui réponde au rendez-vous avec l’Histoire — et se mesure aux ambitions d’Ottawa. Et ce, dans le respect du Parlement et de la démocratie, de grâce.

44 commentaires
  • Claudette Bertrand - Abonnée 20 août 2020 03 h 23

    Démocratie et ambition canadienne

    Oui, de grâce, n'envoyez pas l'armée!

    • Jean-Sébastien Delisle - Abonné 20 août 2020 11 h 43

      Mais Mme Bertrand, c'est déjà fait.
      Les militaires ont assisté notre personnel exsangue durant la première vague de la pandémie, ce qui fut salutaire et apprécié. Cependant, ils ont aussi produit des rapports sur l'état des lieux dans les CHSLD. Ils ont écorché davantage l'Ontario que le Québec (possiblement pour des raisons sensibilités). Une arme (sans mauvais jeu de mots) dans les mains du gouvernement fédéral pour justifier des empiètements à venir...
      Il y a des raccourcis historiques dans la chronique et le titre est peut-être mal choisi parce qu'en fait, rien de change dans la dynamique centralisatrice du pouvoir fédéral. Par contre, il faut au reconnaître la justesse des questions posées et l'appel à faire mieux de la part de notre gouvernement provincial.

    • Jean Lafontaine - Abonné 20 août 2020 19 h 03

      Quelle naiveté !

      Quand on envoie des $ on achète les votes. Mais au-delà du discours et des égo-portraits il faut livrer du vrai pas juste des beaux sourires, des mains sur le coeur ... ou des excuses larmoyantes ( en passant toujours aucune pour tout le monde emprisonnés lors de la "crise d'octobre '70). On parle beaucoup de démagogie aux États-Unis mais dans l'artifice et la tentative de piéger l'électeur on fait du semblable d'une façon tout aussi insidieuse ici dans notre beau Canada!

  • Michel Lebel - Abonné 20 août 2020 05 h 58

    On verra...

    Vous en demandez beaucoup au gouvernement caquiste, Mme Nicolas! Avoir une vision vraiment Historique des choses!? Est-ce possible de donner plus que ce qu'on est? Alors que ce gouvernement est ''fondamentalement'' matérialiste et consumériste. L'horizon de François Legault se lmitait il n'y a pas longtemps à des jobs de $ 60,000 et plus! Oui! les choses peuvent toujours changer, mais j'ai de gros doutes. On verra...

    M.L.

    • Réal Bouchard - Abonné 20 août 2020 17 h 30

      Comme mauvaise foi difficile de faire mieux.

  • Yvon Montoya - Inscrit 20 août 2020 06 h 04

    Cela fait des décennies que le diagnostique est posé par de nombreux intellectuels sur ces changements encore mal pensés. On dit même que dans ce registre réflexif qu’ il y aurait une « pensée froide » versus une «  pensée chaude ». Il est tout a fait risible en nos temps cybernétiques de voir éructer des mots comme «  gauchiste », «  nationalisme », « Droite », «  conservatisme » qui aveuglent une pensée libre qui tenterait d’offrir un éclairage plus opérant. Le problème est que ces pensées rétrogrades, hors champ, mènent une danse mortifère dont nous subirons les conséquences. Le vieux monde bouge encore et le nouveau ne semble pas équipé pour lucidement s’en débarrasser. Merci.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 20 août 2020 10 h 49

      Je ne sais pas, on a un théoricien du nationalisme, Maurice Séguin, lequel permettrait de bien comprendre la dynamique au sujet de laquelle Madame Nicolas écrit. Son «Histoire des deux nationalismes au Canada» permettrait vraiment de comprendre des éléments dont Messieurs Ricard et Bariteau nous parlent.

      En ignorant cela, Madame Nicalas perd l'attention et le temps de tout le monde. On irait beaucoup plus loin si la chronique était écrite avec le niveau de Monsieur Bariteau (nonobstant la position défendue).

      Sincèrement, j'avais l'impression de lire, d'une manière subtile et nuancée, une défense du fédéral à la Trudeau Père, comme dans « La Nouvelle Trahison des clercs », autrement dit, le programme de Madame Nicolas pour une «primaire libérale».

      Je serais un recruteur aligné sur le plan de dépense de Trudeau que je verrais d'un très bon oeil ce texte... surtout le paragraphe dont parle Monsieur Bélanger. Utiliser le socia fédéral contre le «national» québécois, pour plaire aux québécois plus à gauche (même stratégie que Layton en 2011), sans désavouer directement le national, est une très vieille recette.

      Je serais moins prompt à faire cette interprétation si Madame Nicolas, avec son post-doc, montrait bien qu'elle connait de quoi elle parle. Le fait qu'elle soit si érudite, mais si ignorante de l'histoire québécoise et de dynamiques évidentes pour «les nationalistes québécois» finit par nous tomber sur les rognons.

    • Richard Lupien - Abonné 20 août 2020 12 h 01

      Une pensée libre

      « Il est tout a fait risible en nos temps cybernétiques de voir éructer des mots comme « gauchiste », « nationalisme », « Droite », « conservatisme » qui aveuglent une pensée libre qui tenterait d’offrir un éclairage plus opérant. Le problème est que ces pensées rétrogrades, hors champ, mènent une danse mortifère dont nous subirons les conséquences. »

      Combien de commentateurs en ce journal devraient lire et relire cette maxime?

  • Patrick Boulanger - Abonné 20 août 2020 06 h 08

    « Dans le contexte, ici au Québec, la meilleure façon de porter le destin de la population semble moins de parler fort de son nationalisme, mais de développer une vision politique qui réponde au rendez-vous avec l’Histoire — et se mesure aux ambitions d’Ottawa. » (Mme Nicolas)

    Il est possible de lier les deux : développer une vision politique qui réponde au rendez-vous avec l’Histoire tout en l'intégrant au nationalisme québécois. Cela dit, je suis bien d'accord avec la citation de la chroniqueuse (les anti-multiculturalistes devraient - à mon sens - relire deux fois cette citation avant de déchirer leur chemise en la lisant).

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 20 août 2020 10 h 39

      Les «anti-multiculturalistes» sont justes tannés que le nationalisme soit réduit à du chauvinisme alors qu'un historien québécois important, Maurice Séguin, a écrit «Histoire des deux nationalisme au Canada» qui permet justement de mieux comprendre les tensions que comprend très mal Madame Nicolas.

      Le nationalisme pour Séguin, c'est d'augmenter l'agir collectif de sa nation, que cela soit dans les domaines économique, politique, culturel, voire social. Il y a une incapacité pour Madame Nicolas de comprendre que les ambitions sociales d'Ottawa se font au détriment de la nation québécoise, parce qu'il est évident que tant qu'Ottawa ne rétablit pas les transferts, la croissances des programmes et des dépenses fédérales, par la croissance de la dette, est une lente paralysie des provinces, et donc du seul état dont disposent les Québécois.

      Bref, c'est l'ignorance qui nous gosse, ignorance qui s'explique par un mépris évident de l'histoire élémentaire du Québec.

      Ça me dérange pas du tout que Madame Nicolas ait une autre vision et qu'elle la valorise, mais c'est qu'elle ne prenne même pas conscience de la base élémentaire du travail intellectuel ayant déjà été fait sur ces questions qui me sidère et qui, là, montre un biais multiculturaliste tellement radical, que certes, je ne vois que ça.

    • Jacques Patenaude - Abonné 20 août 2020 11 h 05

      Pour avoir une vision il faut en avoir les moyens. C'est vrai que la CAQ n'a pas une grande vision mais d'autres gouvernement québécois en ont eu. Le fédéral a eu l'idée de la PCU: vrai. Il a emprunté à la banque centrale qui lui appartient l'argent pour la payer. Le provincial n'a pas pu le faire il ne possède pas de banque centrale. Le réseau de la santé n'a pas résisté à la pandémie: Vrai mais il ne faut pas oublier que le fédéral a coupé de moitié son financement dans les années '90. Il s'était engagé à en financé la moitié au départ. Par la suite je reconnais que le gouvernement provincial libéral a en procédé à une réforme catastrophique du réseau québécois. Dans les années '60 le gouvernement libéral Pearson a procéder à plusieurs ententes par transfert de points d'impôt laissant le Québec fonctionner à sa façon et avec les moyens de ses ambitions. Ça permis au Québec de créer son propre système de pension avec la Caisse de dépôt dont aujourd'hui tous reconnaissent le côté visionnaire pour le Québec. Avec l'accord du lac Meech un tel fonctionnement aurait été institutionnalisé. Manquant de vision le Canada a refusé de ratifier cet accord. Pourtant les succès sont nombreux lorsque qu'on a laissé au Québec le choix de fonctionner à sa façon. Oui la PCU est visionnaire jusqu'à un certain point. Mais dans la réalité le Québec ne peut réformer la sécurité sociale de façon cohérente si en même temps le fédéral veut imposer un programme parallèle. Ça n'a jamais bien marché quand le fédéral impose sa vision sachant qu'il peut qu'il peut cesser son financement en laissant la province se débrouiller avec le problème. Je sais que ce que j'écris vous paraitera bancal mais comme le directeur du budget fédéral disait « l'argent est au fédéral et les dépenses au provincial ». L'envers d'une vision c'est en avoir les moyens. Je ne suis pas nationaliste-identitaire ni son contraire. Un peu de concret ferait du bien aux deux protagonistes tanné de cette chicane strérile.

    • Patrick Boulanger - Abonné 20 août 2020 13 h 46

      @ M. Gill

      « Il y a une incapacité pour Madame Nicolas de comprendre que les ambitions sociales d'Ottawa se font au détriment de la nation québécoise, parce qu'il est évident que tant qu'Ottawa ne rétablit pas les transferts, la croissances des programmes et des dépenses fédérales, par la croissance de la dette, est une lente paralysie des provinces, et donc du seul état dont disposent les Québécois. »?

      Peut-être, mais en relisant sa chronique d'aujourd'hui (!) je ne vois pas dans son texte l'incapacité « pour Madame Nicolas de comprendre que les ambitions sociales d'Ottawa se font au détriment de la nation québécoise ». Même le contraire M. Gill (bien qu'elle n'aborde pas la question des transferts, je crois)! Qu'en pensez-vous?

    • Patrick Boulanger - Abonné 20 août 2020 14 h 43

      @ MM. Gill et Patenaude

      Je ne m'y connais par rapport à la question du déséquilibre fiscal. Toutefois, je me questionne à savoir qu'elle est la marge de manoeuvre du Québec afin qu'il soit davantage autonome financièrement dans sa situation actuelle au sein du Canada. Sous le règne des libéraux, les impôts des Québéois ont été diminués de combien de millions (voir milliards?)? De combien de milliards le Québec pourrait augmenter ses impôts (entreprises et particuliers) et ses taxes sans trop affecter son économie (question subjective qui pourrait engendrer des opinions bien divergentes, je crois...)?

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 20 août 2020 21 h 33

      La marge de manoeuvre est mince Monsieur Boulanger à cause de la compétition fiscale entre provinces. Le «deal» informel avec le fédéral, même centralisateur c'est qu'en ayant un impôt unique assez élevé et en distribuant aux provinces par le biais des transferts, en fonction des besoins, il évitait une compétition interprovinciale (des impôts les plus bas) qui désavantagerait à long terme le Canada dans son ensemble. En coupant les impôts des entreprises, le fédéral en généré un déficit de compétitivité car elles n'étaient plus motivées à investir dans leurs équipements et infrastructures (une manière d'éviter de l'impôt) ou à former la main d'oeuvre. Ce n'est pas pour rien que le Québec excelle dans plusieurs domaines alors que son industrie manufacturière est mal en point. Donc si le Québec les augmente trop, il nuira à sa propre compétitivité, mais quand les impôts sont élevés, les cies quittent moins car elles ont créer des actifs pour éviter l'impôts...

      Abolir le fédéral serait plus simple sans pour autant quitter le Canada. Du moins négocier en ce sens car il y a une pression pour mettre fin à la péréquation et le Québec devrait en profiter. Donc c'est plutôt des points d'impots fédéraux qui devraient être abandonnés pour que Québec les récupère. Parce que dans les faits, le fédéral est trop couteux pour les services qu'il offre et c'est normal car ça prend toute une bureaucratie pour capter la richesse de la périphérie pour la diriger vers le centre, pour ensuite arroser ici et là pour éviter le mécontentement, parce que l'on aura décidé, du centre, ce qui était bon pour la périphérie.

      Il faut faire comprendre l'argument qu'en soi le Québec se débrouille, mais pas s'il doit financer aussi une grosse patente inutile qui lui fait constamment compétition. Les Albertains pensent que le fédéral dépense au Québec, mais ils ne se rendent pas compte que certaines dépenses, nous nuisent.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 20 août 2020 21 h 45

      Monsieur Patenaude,
      Pour votre question sur l'incapacité de comprendre : Madame Nicolas ne se préoccupe pas des transferts alors que c'est le signe le plus évident des problèmes d'Ottawa. Les Libéraux ou le NPD veulent un service de garde, une assurance dentaire, une assurance-médicaments (nous avons presque tout ça...) et combien d'autres choses encore, mais sont incapables de garantir d'abord que le fédéral fonctionne sans fagociter les provinces.

      Madame NIcolas ne le voyant pas, ne le soulevant pas et en parlant plutôt des initiatives sociales fédérales comme un bien, montre qu'elle encourage ce travers, mais pire, elle ne constate pas les effets pervers de la dette qui sont le moyen par lequel Trudeau arrive à ses fin sans que nous ayons à voir directement ce qu'il en coute.

      S'il fallait faire payer le CPU demain, en taxes ou en impôts, ça grognerait en maudit. C'est comme si Trudeau hypothéquait la maison pour payer l'épicerie, mais sans nous le dire vraiment. On est là et on reçoit la bouffe. Évidemment, l'économie a été paralysée, il fallait bien faire quelque chose, mais si le fédéral avait fait sa job, justement au lieu de faire toutes les conneries qui sont les siennes depuis 2015, on en serait pas là.

      Et on peut reprocher les choses aux électeurs, nos médias étaient pâmés en 2015 lors de l'arrivée de Monsieur «on est en 2015». C'est en partie à cause de leur paresse qu'on en est là.

      Alors comme c'est évident, ça crève les yeux, et que la croissance de la dette, avant même la pandémie, était vertigineuse, et que Madame Nicolas ne fait jamais le lien, j'en déduis qu'elle est incapable de comprendre.

      Ottawa n'est pas capable de régler Phénix sans faire autre chose que pitcher de l'argent. Comment voulez-vous que le fédéral s'occupe plus du «social» sans un énorme gaspillage?

      Là elle veut une révolution alors qu'on a besoin d'ordre dans la maison. Finalement ce sont les révolutionnaire qui créent les conservateurs...

    • Jacques Patenaude - Abonné 21 août 2020 09 h 37

      @Boulanger
      Je ne sais pas combien de milliards seraient requis. Il faudrait d'abord savoir quelle est la capacité de faire payer leur juste part à ceux qui manœuvre pour évitent les impôts car autrement ce sont les moins riches qui doivent assumer le fardeau des coûts des services. Là-dessus je crois que le fédéral a plus d'armes pour y parvenir. Je suis pour une amélioration du filet social. Déjà le Québec offre des services plus important qu'ailleurs au pays et ses citoyens paient en conséquences plus d'impôts et de taxes. Je ne m'en plein pas, je constate. La question que j'ai soulevé est le problème canadien structurel entre le fédéral et les provinces ce qui empêche le Québec à s'organiser à sa façon. Nous avons eu au Québec des gouvernement très visionnaire dans notre histoire mais pas actuellement d'accord avec mme Nicolas. Une question me viens à l'esprit: Quel aurait été le point de vue de Mme Nicolas avec un gouvernement conservateur au fédéral et au Québec les solidaires? J'ai l'impression qu'elle verrait autrement les problèmes qu'elle soulève. En posant la question du déséquilibre fiscal au début de son texte au nom d'une vision politique plus progressiste elle fait dévier le débat vers les structures donnant l'impression que le Canada est nécessairement progressiste et que le Québec conservateur par essence. Le hasard a fait que la pandémie a sévi au moment où les libéraux étaient au pouvoir, mais il s'en est fallut de peu que ce soit les conservateurs. Son sujet est politique et non structurel. En mêlant les deux choses elle a fait dévier le débat. Les libéraux sont-ils aussi progressiste et la CAQ aussi conservatrice qu'elle le pense? l'avenir nous le dira. Qui sera au pouvoir à la prochaine élection? On ne sait pas mais au constat de l’ancien ordre qui n’existerait plus je crois que la réponse n'est pas structurelle mais politique. Mais la question structurelle reste entière peut importe la suite.

  • Francois Ricard - Abonné 20 août 2020 06 h 48

    L'argent est à Ottawa et les besoins dans les provinces

    Au début de la guerre de 1939-1945, le gouvernement québécois du libéral d’Adélard Godbout (1892-1956) ira même jusqu’à transférer sept champs de taxation au gouvernement central, supposément pour la durée de la guerre, sans s’assurer du retour par contrat de ces champs d’impôts. Duplessis a réussi à en récupérer une partie seulement.
    La santé, l'éducation, la culture, l'immigration relèvent des provinces. Mais le fédéral, en faussant le fonctionnement de la confédération à l'occasion des deux grandes guerres, récolte plus d'argent en impôt que nécessaire pour son fonctionnement. Alors, petit à petit, il s'est immiscé dans les champs provinciaux en y injectant des fonds et en imposant ses volontés. Depuis, nous assistons à des tiraillements, de mauvaises gestions de notre argent, à des services de moins en moins performants et de plus en plus coûteux.Une maison de fous. Que personne ne veut remettre en cause.
    Le déséquilibre fiscal permet au gouvernement canadien de s’immiscer dans les champs sociaux qui sont de compétence provinciale. Cette centralisation fiscale prive les provinces des moyens de remplir leurs obligations et permet au fédéral de se poser en sauveur.

    • Claude Bariteau - Abonné 20 août 2020 11 h 57

      Le Dominion of Canada, dès sa création, confia au gouvernement fédéral le pouvoir de dépenser et lui octroya les pouvoirs régaliens de la gestion interne. En 1931, ce Dominion se muta en Canada en devenant un État indépendant reconnu par Londres. Peu après il entreprit sa construction nationale, dont le rapport Rowell-Sirois devint sa boussole pour développer des programmes sociaux.

      L'auteure de ce texte néglige de point crucial. Le Canada active depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale tous ses pouvoirs régaliens. C'est sur cette base que s'est réalisée l'entente Pearson-Lesage et c'est sur cette base que le PM Trudeau-père passa en mode attaque contre le Québec parès le « Vive le Québec libre » en recourant à ses pouvoirs de dépenser. Le fils s'active dans le même scénario.

      Qu'une chroniqueuse du Devoir puisse étaler ses failles historiques et se permette de faire la morale au gouvernement du Québec, c'est du jamais vu dans ce journal. Peut-être fallait-il un directeur et un président du CA comme ceux à la direction de ce journal pour qu'il en soit ainsi.

    • Raynald Rouette - Abonné 20 août 2020 14 h 00

      Mme Nicolas par ignorance ou volontairement omet un fait historique qui déforme à mon avis la réalité. Les provinces n'ont aucun droit de regard sur l'administration du régime d'assurance chômage ou emploi depuis 1940.

      En 1971, la loi sur l'assurance chômage de 1940 a été abrogée pour faire place à une nouvelle loi communément appelée "loi de 1971". Toutes les conditions d'admissibilité et les montants de prestations pouvant être versés ont été radicalement modifiés! Un seul exemple: au niveau des conditions et au niveau des prestations payables aux travailleurs. À partir de cette nouvelle loi, un travailleur ou une travailleuse pouvait avec seulement 8 semaines de cotisations recevoir jusqu'à 150$ par semaine ( auparavant si je me souvient bien, un maximum entre 42$ et 56$ selon que vous soyez une personne seule ou avec une charge de famille) pour une durée pouvant allée jusqu'à 50 semaines. Pour plus d'informations, il y aurait lieu de relever toutes les modifications en faveur ou en défaveur des travailleurs au fil des ans jusqu'à aujourd'hui pour tirer vous-mêmes les conclusions...

    • Pierre Fortin - Abonné 20 août 2020 18 h 11

      Excellent commentaire, Monsieur Bariteau. Vos éclaircissements sur cet aspect bassement canadien sont bienvenus.

      Quant au Devoir, il faut se rappeler que les directions éditoriales du Devoir passent et qu'on en a connu de meilleures. Celle-ci devra élever ses standards journalistiques ou passer aux oubliettes, mais il ne lui faudrait pas laisser ses excellents journalistes être éclaboussés par la facilité. Les mauvaises habitudes se prennent si facilement !

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 20 août 2020 21 h 47

      Excellent commentaire Monsieur Fortin.

      Aujourd'hui, madame nous sert : on a Bariteau et Pommerleau la même journée.
      Imaginons s'ils étaient plutôt là pour contribuer à une chronique de Madame Bissonnette...

      Au lieu de réparer, on mettrait en oeuvre.

    • Claude Bariteau - Abonné 21 août 2020 07 h 42

      M. Gill, vous mettez le doigt sur le problème du Devoir. Il est devenu un journal canadien avec quelques journalistes faisant écho à la culture québécoise comme à la langue française et une gestion respectueuse, d'autres à une gauche idéologique, mais surtout pas à un projet collectif qui peut unir politiquement et mettre en oeuvre.