Tout ça pour ça?

Depuis le temps qu’on en parle, le port du masque a finalement été imposé, partout au Québec, pour un temps indéterminé. Mis à part quelques entêtés chez Tim Hortons ou ailleurs, la mesure, qui s’applique à toute personne de plus de 12 ans se trouvant dans un lieu fermé, semble bien acceptée. « Les Québécois ont massivement adhéré au port du masque partout dans la province », soupirait d’aise la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, en point de presse lundi.

Tout est bien qui finit bien. Peut-on alors arrêter d’en parler ? Le masque a pris énormément de place dans le discours public depuis quatre mois, beaucoup trop de place par rapport à la valeur intrinsèque du masque lui-même. Le masque n’est pas une panacée, on s’entend, seulement une mesure de protection additionnelle, après l’isolement, la distanciation et le lavage de mains. Il est surtout indiqué dans un contexte de déconfinement où la distanciation est plus difficile à respecter et où l’appel des amis, du cinéma et, même, du bureau devient irrésistible. Mais encore faut-il une adhésion massive (80 % de la population) pour que la mesure soit efficace. De là l’obligation de le porter, l’adhésion spontanée et sans chichi d’une vaste majorité de Québécois faisant vraisemblablement défaut. On aime se dire responsables et solidaires mais, de toute évidence, nous n’accotons ni les Japonais ni même les Allemands en la matière.

Si on a tant parlé de ce petit carré de tissu, n’est-ce pas, plutôt, parce qu’il symbolise la gestion en dents de scie de la crise sanitaire au Québec ? Le masque s’est imposé au fur et à mesure que l’optimisme des premiers jours, le sentiment que nous avions la situation bien en main (« ça va bien aller »), a cédé le pas à celui d’un manque de préparation suivi immédiatement d’un sentiment de catastrophe, en ce qui concerne les CHSLD, et, petit à petit, d’échec en général.

Oui, le Québec a réussi à garder le contrôle dans les hôpitaux, mais à juger des taux de transmission et de décès anormalement élevés dans la province, le contrôle a largement fait défaut ailleurs. Il est difficile de ne pas voir l’imposition du masque aujourd’hui comme une espèce de gros diachylon sur les nombreuses erreurs de parcours (le manque de tests, d’équipement, de personnel, de mesures de prévention de base…), une façon de sauver la face, si on peut dire, à un moment où le sourire fait défaut et où on ne peut plus se permettre de ratés supplémentaires.

Mais ce que cette fixation sur le masque a de plus désolant, à mon avis, c’est que, cinq mois après le début d’un séisme planétaire, d’un événement sans commune mesure dans l’histoire de l’humanité, nous sommes à racler le même petit carré de sable plutôt qu’à débattre de questions beaucoup plus cruciales pour notre avenir. La pandémie a réussi l’impensable, après tout : elle a fermé les frontières, freiné le commerce international et l’extraction de ressources naturelles, cloué au sol les avions, renvoyé la majorité des gens à la maison et diminué la consommation des deux tiers. Elle a abruptement et soudainement mis un frein au capitalisme sauvage. Qui l’eût cru ? Dans un extraordinaire pied de nez au pouvoir de l’argent, la pandémie a plutôt épargné les pays d’Afrique, les plus pauvres de la planète, tout en ravageant les plus riches, les États-Unis d’Amérique. Qui l’eût cru, là aussi ? Le monde a momentanément été dépouillé de son arrogance et de ses repères habituels. À partir d’une telle leçon d’humilité, il faut plus que simplement intégrer la distanciation au bureau, au bar ou à l’église. Il faut remonter aux sources de cette apocalypse des temps modernes, la destruction de l’environnement, et repenser le rapport à la nature. Il faut remettre en question la notion de village global basée sur une urbanisation, une mondialisation des marchés, une mobilité et une interconnectivité à outrance. Il faut se doter également de mécanismes de contrôle sanitaire, nationaux et internationaux, loin des petites luttes de pouvoir qui gangrènent, trop souvent, l’Organisation mondiale de la santé ou encore, notre propre fédération canadienne. Il faut plus que simplement réajuster le tir, ou bien ajuster son masque. Il faut un effort d’imagination incommensurable ; il faut ni plus ni moins réinventer le monde.

Comparé à ces enjeux bibliques, le port du masque fait figure de petit bout de l’entonnoir, un étroit goulot dans lequel on semble rester pris. Je ne remets aucunement son utilité en question, cela dit. Le masque est nécessaire, mais il renvoie d’abord et avant tout à la notion de survie et tant qu’on est dans la survie, on n’est pas dans l’imaginaire. Tant qu’on est dans les mesures strictement défensives, tant qu’on se concentre, tous ensemble, à ne pas prendre de risques, il est difficile de mener l’offensive, décidément plus risquée, de repenser le monde.

Alors, bravo, gang, pour les beaux masques. Peut-on maintenant passer à autre chose ?

64 commentaires
  • Marie Nobert - Abonnée 22 juillet 2020 03 h 15

    «Tout ça pour ça?» Belle coiffe, mais...

    L'«anté» décoiffe un «max»! Avec ou sans masque. (!) Misère! «[...] ’un événement sans commune mesure dans l’histoire de l’humanité... etc.». Pensif, toujours pensif après relecture, rerelecture, rererelecture. Vous avez raison! Passons à une autre chose.

    JHS Baril

  • Serge Pelletier - Abonné 22 juillet 2020 03 h 26

    Mais Madame Pelletier...

    Mais Madame Pelletier, c'est simple, fort simple même. Au Québec, le PM Legault était contre le port d'un masque, et cela avant même que le virus "frappe ici". Puis, par la suite, debut mars, le Arruda faisait des simagrées pour démontrer que le port d'un masque était une chose inutile et dangeureux en lui-même... Pire qu'il serait un instrument de contamination très élevé de contamination...

    Et ces comiques là, pour ne pas dire ces ignorants là, ce cessaient de dire que le virus n'était pas dangereux pour les jeunes gens, etc. Que le virus ne s'attaquait qu'aux vieilles personnes... et autres balivernes du genres.

    Alors, Madame Pelletier, être maintenant étonné qu'il y ait problème avec les "jeunes gens" au sujet du port d'un masque... C'est surprenant en titi, cet étonnement...

    • Hélène Routhier - Inscrit 22 juillet 2020 07 h 56

      Je pense que M. Legault était "contre" le masque parce que il y avait pénurie de masques de tous genres. Quant au Dr .Arruda, je crois qu'il a succombé à l'évidence qu'il n'y avait pas assez de masques, point, pour même protéger les travailleurs de la santé à qui nois devons tant. Croire qu'ils étaient "contre" pour d'autres raisons, aussi vraies soient-elles, serait tomber dans leur manipulation. Ils n'ont berné personne, pas moi en tout cas... Jacques Bérard, co-abonné

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 juillet 2020 09 h 05

      Le premier tort de la santé publique, c'est évidemment de ne pas avoir suivi les avis éclairés des gérants d'estrade.

      Plus sérieusement: en mars, monsieur Arruda reprenait à son compte les recommandations de l'OMS, lesquelles étaient en effet fondées sur la nécessité de réserver le masque de procédure aux circonstances où on le croyait seules nécessaire. Cela reposait sur la connaissance qu'on avait des modes de transmission, de la capacité d'y palier par la distanciation physique et l'étiquette respiratoire. Quand on fera retour sur la gestion de la crise, je pense qu'on constatera que l'avis de la santé publique n'a pas changé en cours de route, mais que le port du masque est simplement devenu au fil du temps et de l'évolution de la situation une mesure plus appropriée qu'elle ne l'aurait été en mars, déconfinement oblige.

      Je n'en sais trop rien. Moi non plus. Mais, pour cette raison je m'abstiendrai de tirer doctement les conclusions en spittant mes écales de pistaches.

    • Cyril Dionne - Abonné 22 juillet 2020 10 h 16

      Il va falloir nous lâcher une bonne fois pour toute et arrêter de dire que c'était à cause du manque de masques du type N95 au Québec que l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ne recommandait pas son usage. Ceux qui disent écouter la science, eh bien, devrait l'écouter. Dans toutes les études a priori sur les épidémies, il n'existante aucune donnée probante sur l’effet positif de l'utilisation des masques maisons, vous savez, ceux qui ne sont pas du type N95. Aucune. Et même les masques du type N95 nous procurent seulement une efficacité de 40% lorsqu’ils sont mal ajustés.

      Plusieurs pays qui ont bien tiré leur épingle du jeu durant cette pandémie, en tout cas pour la 1ère période de la joute, eh bien, les gens ne portaient pas de masque à part pour les travailleurs de la santé. La Finlande, la Norvège, le Danemark, l’Australie et plusieurs autres ont décidé du contraire puisque selon eux, le masque fait plus de dommage que de bien. Tout cela pour dire que la distance physique semble être le seul moyen efficace, avec bien sûr le lavage de mains fréquent, pour palier à cette pandémie. Et c’est pour cela que plusieurs travailleurs de la santé, même s’ils portaient des masques du type N95, ont été infectés dans nos hôpitaux.

      Le gouvernement en place, après avoir subi un échec cuisant durant cette pandémie, nous parle maintenant des masques. Avec plus de 666 décès par million de population au Québec, qui nous place près du sommet mondial, en 3e place après la Belgique (846) et le Royaume-Uni (669), disons que c’est l’échec total lorsqu’on considère le nombre d’habitant par kilomètre carré au Québec, une des régions les moins habités de la planète.

    • Jocelyne Bellefeuille - Abonnée 22 juillet 2020 11 h 14

      On oublie qu'au début de la pandémie, PERSONNE connaissait l'ampleur de la propagation et la dangerosité de cette nouvelle maladie. Il était normal de réagir ainsi.

      Quand le gouvernement a réalisé le drame qui se répandait à vitesse grand V et qu'en plus il n'y avait pas de médicament existant, il a réagi au mieux de ses connaissances devant cette pandémie.
      De plus, une certaine population n'a pas pris au sérieux l'ampleur de ce drame et ne voulait pas respecter les consignes et les recommandations du gouvernement. Un certain déni s'est répandu.
      Et voilà où nous en sommes!!!

    • Serge Pelletier - Abonné 22 juillet 2020 11 h 16

      Faux Mme Routhier, cela est un argument fallacieux que ces personnes servent après pour justifier leur propre incurie. Mais il y a pire, c'est Arruda qui a autorisé la destruction des stocks qui étaient supposément tous "expirés" des entrepôts gouvernementaux. Vous semblez oublier qu'Arruda est à se poste depuis plus de 8 ans.
      Argumentez, comme le fait Arruda et Legault, qu'avoir dit qu'il manquerait des masques aurait créer une panique généralisée auprès de la population est ridicule. Que certains auraient "virer fou", cela est très plausible, mais toute la population cela est loufoque. Quand aux personnes dans les soins, elles sont habituées "aux manques dans tout"... et à défaut de masques M-95 en nombre suffisant, d'autres types auraient supplanter ce manque. D'ailleurs, l'Hôpital Juif de Montréal, laissant les Arruda et Legault dirent n'importe quoi et émettrent, avec McCann, des directives n'importe comment, a dès le début pris les moyens nécessaires pour avoir en nombre suffisant les équipements "sécuritaires" nécesaires (masques M-95 manquants en nombre suffisants ou pas), élaborer des processus adaptés aux contraintes des types de transmissions, etc. C'est pour cela que cet hôpital s'en est très bien sortie, et qu'il n'y a pas eut de "hors contrôle".
      Le fait d'avoir la possibilité de galvauder jours après jours, semaines après semaines, des faussetés à la TV est tout simplement de la propagande et de la manipulation des masses... Ce qui a très bien fonctionné, vous en êtes la preuve.

    • Serge Pelletier - Abonné 22 juillet 2020 11 h 45

      M. Maltais Desjardins, le mode de transmission de ce type de virus est connu et reconnu scientifiquement depuis 1933. Et ce n'est pas moi qui est un gérant d'estrade, mais Arruda et Legault qui en font partie.
      J'ai suivi (comme la majorité des membres des FAC) une formation en contre-guerre bactériologues voici près de 60 ans... et il nous y était "enseigné" avec accompagnements de pratiques tâtouillées d'interventions toutes les méthodes nécessaires à la survie. Tout y passait, et ce n'était pas drôle du tout... Le sergent instructeur n'avait le "rire" sur le bord des lèvres.
      Pour le QC, des personnes habituées à combattre les différentes épidémies - comme par exemple l'Ebola, ont été "tassées" du décor, leurs avis ignorés, etc. par Legault, Arruda, McCann, et clique.
      Tenter de camoufler l'incurie administrative par le "c'est la faute à l'autre à l'OMS" est ridicule. Cet organisme, comme toute organisation hautement bureaucratique, aussi tente de justifier son incurie en écrivant au conditionnel (il est possible que, les données ne sont pas toutes claires que, etc.)... Mais jamais en affirmant directement le "NON, ne le faite pas"... C'est, au contraire, le peut-être qui y est maître.

    • Normand Perreault - Abonné 22 juillet 2020 13 h 41

      Cyril Dionne - " Dans toutes les études a priori sur les épidémies, il n'existe aucune donnée probante sur l'effet positif de l'utilisation des masques maisons, vous savez, ceux qui ne sont pas du type N95."
      M. Dionne semble ici bien influencé par les élucubrations de l'ex-prof Denis Rancourt (congédié de l'Université d'Ottawa il y a 11 ans). Dire qu'il n'y a aucune étude probante est FAUX DE FAUSSETÉ ABSOLUE ! Ce n'est pas parce qu'on n'a pas lu quelque chose que ça n'existe pas. Pour une étude très exhaustive et récente sur le port du masque, j'invite M. Dionne à aller consulter celle de la prestigieuse revue britannique The Lancet :
      https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31142-
      9/fulltext?fbclid=IwAR2Y4hxx8MNBFtSnRsKzH_xVG8q9dKIzxxVsEh4SBEFD9sMhy6YhFuL
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    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 juillet 2020 16 h 00

      Merci, monsieur Pelletier, de nous apprendre ce que tout le monde sait de la Covid-19 depuis 1933.
      Je profite de l'occasion pour vous demander à nouveau d'où vous tenez que Arruda a autorisé la destruction des stocks. J'ai cherché sans trouver.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 22 juillet 2020 16 h 24

      « Avec plus de 666 décès par million de population au Québec, qui nous place près du sommet mondial, en 3e place après la Belgique (846) et le Royaume-Uni (669), disons que c’est l’échec total lorsqu’on considère le nombre d’habitant par kilomètre carré au Québec, une des régions les moins habités de la planète.»

      Tissu de faussetés. Si on veut comparer le Québec avec des juridictions similaires au plan géographique, démographique et politique, oublions la Belgique et comparons avec les États de la Nouvelle Angleterre. Le Massachussetts en est à 1226 par million. Quant à dire que notre bilan serait encore plus pitoyable consiidère la densité de la population, il faut vraiment être de mauvaise foi pour faire comme si le très grande majorité de la population n'habitait pas de part et d'autre du fleuve entre Gatineau et Rimouski. Une nouvelle fois, vous esquiverez, parce que les faits ne vous intéressent que si vous pouvez les tordre au gré de votre biais de confirmation. Au moins, ne nous parlez pas d'écouter la science, de grâce.

    • Cyril Dionne - Abonné 22 juillet 2020 17 h 00

      Bon M. Perreault, est-ce que vous portez des masques maisons avec 12 à 16 couches de coton? C'est ce qu'on pensait. Cette étude du Lancet parle de ce type de masque maison. Curieusement, je n'ai jamais un vu un nulle part. Ensuite, l'étude que vous me référez ne parle qu'une diminution de 14% avec ce type de masque en coton avec 12 à 16 couches et ceci, dans les meilleures conditions. Idem pour les masques chirurgicaux.

      « Although direct evidence is limited, the optimum use of face masks, in particular N95 or similar respirators in health-care settings and 12–16-layer cotton or surgical masks in the community, could depend on contextual factors; action is needed at all levels to address the paucity of better evidence. »

      « Bien que les preuves directes soient limitées, l'utilisation optimale des masques faciaux, en particulier des masques N95 ou similaires dans les établissements de soins de santé et des masques en coton ou chirurgicaux 12 à 16 couches dans la communauté, pourrait dépendre de facteurs contextuels; une action est nécessaire à tous les niveaux pour remédier au manque de meilleures preuves. »

      En d'autres mots, aucune donnée probante que le tout soit vrai puisque qu'on ne peut pas vérifier.

      Ils rajoutent aussi:

      « Eye protection might result in a large reduction in virus infection.»

      « La protection des yeux peut entraîner une forte réduction de l'infection virale. »

      Et cela, personne ne le fait. Ce n'est pas une visière qui empêche la propagation du virus par voie aérienne.

      « Finalement, Chu et ses collègues réitèrent qu'aucune intervention nous assure un risque zéro et que les combinaisons de la distance physique, de l'utilisation du masque facial et d'autres des interventions sont nécessaires pour atténuer la pandémie jusqu'à ce que nous ayons un vaccin efficace. »

      Et on dit atténuer le risque sans aucune précision.

      Et c'est qui Denis Rancourt?

    • Marc Therrien - Abonné 22 juillet 2020 17 h 41

      Pour ma part, en tenant compte du processus de gradation des mesures dans la gestion de la crise en fonction de l’évolution des contextes, il est facile pour moi de comprendre que le port du masque généralisé accompagne un déconfinement qu’on essaie de généraliser et qui a pour effet d’augmenter le volume des gens en circulation dans des espaces restreints et fermés lequel accentue les risques de propagation. Bien que le masque n’assure pas une protection parfaite, il contribue à l’atténuation des risques qui viennent avec le désir de reprise de liberté. Tout ça est cohérent avec une approche de réduction des méfaits qui n’aspire pas à une élimination complète des conséquences néfastes de la Covid-19. Enfin, faut se rappeler qu'il n'était aucunement interdit de porter le masque dès le début de la pandémie. Je me demande bien pourquoi les plus préoccupés ont attendu l'imposition du masque par le gouvernement pour commencer à le porter.

      Marc Therrien

    • Serge Pelletier - Abonné 22 juillet 2020 18 h 41

      Exact M. Perreault. Malheureusement, pour certains individus des recoupements avec d'autres maladies ayant le même type de transmissions n'est pas considéré. Pire cela doit être bannis des mesures de précautions élémentaires. En fait, pour ces individus la terre est plate - mêmne si rondeur est reconnue depuis l'antiquité, la haute antiquité même, et en matière de protections élémentaires contre les maladies se transmettant principalement par les aérosols... Et bien, ils s'attachent au nom d'un virus, exclusivement à son nom... Les mesures pour contrer la grippe dite espagnole, la tuberculose, l'Ebola, etc. comme cela ne porte pas le nom de ce nouveau virus, donc d'aucune utilité qu'ils dirent en coeur. Ouais, que c'est beau avoir des esprits lourds et pesants de ce genre.
      Quant à Arruda, c'est lui qui a autorisé la destruction des stocks, autorisation obtenue auprès de son ministre responsable, parce que semble-t-il les stocks étaient tous périmimés... et couteraient trop "chers" de les renouveller... Tout à la poubelle, c'est plus simple. Cet esprit lourd et pesant ne s'est jamais poser la question "mais comment cela se fait-il que les hôpitaux ne cessent d'en acheter sans passer par nos entrepôts pour en faire la rotation des stocks"... Que non trop compliquer de réflexir. Tout à la poubelle. C'est plus simple. Cela vous le trouver (l'ordre de destruction) dans les archives du GV-Q - si non encore passer à la déchiqueteuse (cela aussi est une coutume gouvernementale pour tenter de faire disparaitre les pièces compromisantes).

    • Cyril Dionne - Abonné 22 juillet 2020 20 h 50

      Bon M. Therrien, est-ce que vous portez des masques maisons avec 12 à 16 couches de coton selon l’étude du Lancelet? Vous savez, avec un tel masque, s’il existe, vous ne pourriez pas respirer. Les autres masques, eh bien, ils paraissent bien et à la mode, mais pour la protection, on approche du zéro rapidement. Ah ! La magie des sciences sociales à l’œuvre.

      Je sais que mes commentaires ne sont pas populaires, mais que voulez-vous, je préfère la vérité à des mensonges.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 23 juillet 2020 05 h 34

      « Cela vous le trouver (l'ordre de destruction) dans les archives du GV-Q - si non encore passer à la déchiqueteuse »

      En 1933 !

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 23 juillet 2020 08 h 04

      « mêmne si rondeur est reconnue depuis l'antiquité ». Pas du tout. Il a toujours été vrai que la Terre était ronde, mais vous ne pouvez invoquer l'avis de ceux qui le disaient dans l'Antiquité comme si tout le monde aurait alors dû se rendre à l'idée comme à une évidence. Cela n'était pas du tout le cas. Le « reconnaître » aurait à l'époque relevé de la même présomption que celles de tous ces doctorants de réseaux sociaux qui croient relever des évidences auxquelles ils n'entendent rien à l'encontre de gens qui n'ont souvent rien d'autre à se reprocher que de reconnaître leur impuissance à surmonter leurs doutes et lerus ignorance. Désolé, mais ce n'est pas dans vos propos qu'ils trouveront remède ni à ces doutes ni surtout à ces ignorances. Si vous trouvez que j'y mets une certaine hargne, relisez vous.

    • Joane Hurens - Abonné 23 juillet 2020 12 h 20

      M. Maltais, je ne sais pas non plus si Arruda ou Legault ont fait détruire les stocks de matériel sanitaire. Ce que l’on sait par contre, c’est que “quelqu’un” a omis ou refusé de commander le materiel sanitaire supplémentaire au bon moment alors que les provinces de l’ouest l’ont fait trois semaines avant nous. En mars et avril, trois semaines, c’était une éternité.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 23 juillet 2020 14 h 09

      1. Il appartenait à Santé Canada de maintenir la réserve stratégique.
      2. Elle aurait dû être suffisante si, en raison du caractère pandémique de l'épidémie, tous les pays ne s'étaient rués en même temps soit pour maintenir les leurs, soit pour pallier au plus urgent.

      Donc, Québec n'avait pas à priori de raison de penser que les équipements allaient manquer. S'ils ont fait le mauvais choix en ne commandant pas des janvier, ils sont loin d'avoir été les seuls. Cela vous va bien de lancer qu'ils auraient « refusé » ou « omis » de le faire sans apporter la moindre justification à cet effet, autrement qu'en raison d'un manque dont je suis loin d'être sûr que vous seriez capable de le quantifier. Cela ne coûte rien de monter dans la band wagon.

  • Yvon Montoya - Inscrit 22 juillet 2020 06 h 02

    Bien entendu que cette pandémie n’est ni la première ni la dernière dans l’histoire de l'humanité contrairement a ce que vous nous dites. Vous devriez le savoir pourtant. Ce séisme est connu depuis des temps immémoriaux n’ayant rien a voir avec la Bible non plus. Dans le fond vous offrez le sentiment que le masque ne serait qu’un objet de consommation banal que sitot consomme il nous faudrait passer a autre chise. Il y a certes obsolescence de l’homme mais aussi dans la société capitaliste il y a l’obsolescence des objets face auxquels le consommateur est condamné. Non ce n’est pas une simple affaire de dire que nous pourrions «  passer a autre chose » puisque tout ceci a notre époque cybernétique est lié. La synchronisation du monde n'empêche rien même si les frontières seraient fermées. L’imaginaire reste un luxe pour ceux et celles qui n’ont que la survie pour nécessité. On l’a trop oublié dans nos sociétés consuméristes et aliénantes alors n’en faisons pas de la nostalgie ni du regret. L'être humain est un être lacunaire qui ne peut avancer que grâce aux obstacles non grâce aux gateries dont il a l’habitude dans son paradis de la consommation.

  • Jean Jacques Roy - Abonné 22 juillet 2020 06 h 02

    « Il faut remonter aux sources de cette apocalypse des temps modernes, la destruction de l’environnement, et repenser le rapport à la nature.« 

    Brillante chronique Madame Pelletier.
    Nous en sommes rendus au point où pour survivre il faut porter des masques par crainte des virus du monde animal qui cherchent maintenant des hòtes chez les animaux dénaturés que nous sommes!

    S’ajoute l’eau, source de vie essentielle pour nous les humains... mais aussi pour la survie et la croissance des toutes les espèces animales et végétales. Or voilà que sur ce front aussi, nous sommes à la défensive. Nous avons asséché et continuons à désescher des sols, les contaminons et contaminons les sources d’eau vitale pour les grandes cités et nous privons d’eau potable mêmes de petites communautés établis loin, près de rivières et de lacs contaminés. Là aussi, nous à la défensive... et en décicit.

    S’ajoute l’air qui transporte l’oxygène dont nous avons besoin (nous et les autres animaux) constamment pour la survie. Sur ce front également nous sommes à la défensive! Depuis l’ère industriel, nous lançons des résidus dans la nature: dans les lacs, les rivières, les océans. S’ajoutent les cheminées qui crachent toutes les gaz et particules toxiques imaginables! Sur ce front, là aussi on est à la défensive.... Pour protéger nos poumons : des masques et des systèmes d’air « filtré » pour qui en a les moyens.

    Ces vérités élémentaires concernant la destruction de l’environnement accélérée par les effets de serre et les changements climatiques SONT connus. Si le pouvoir politique et populaire ne s’impose pas pour CHANGER à la source les « modes » de production et les modes de vie, les survivants demeureront longtemps et de pire en pire en position défensive et d’adaptation.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 22 juillet 2020 09 h 34

      En complément, je me permets de suggèrer la lecture du sage-savant Boucar Diouf.
      Extraits d’un article d’Isabelle Paré, 11 mai 2020:

      (Boucar Diouf), qui vient de publier Le brunissement des baleines blanches et Jo Groenland et la route du Nord, persiste à dire que la crise actuelle n’est pas sanitaire, mais d’abord environnementale. Totalement héritée de la surexploitation des ressources animales par l’homme et de son non-respect des autres espèces. (Sic)

      « Si on veut éviter de devenir l’hôte de ces virus destructeurs pour l’humain, ajoute Boucar, il faut préserver les habitats des autres espèces. S’ils nous embêtent, c’est qu’en détruisant la biodiversité, on a fait disparaître leurs hôtes naturels et qu’ils [les virus] ont maintenant grandement besoin de nous pour se reproduire. »

      « Les virus sont là pour rester et c’est une leçon d’humilité que nous, prédateurs, recevons de ces êtres minuscules qui sont à la base de tout sur Terre. Comme prédateurs, nous devons changer notre regard sur la nature et repenser la place de l’humanité sur la planète pour trouver une solution durable à cette cohabitation », affirme l’océanographe, qui souligne que, dans la mer, les virus jouent aussi le rôle de régulateurs des espèces et des bactéries, quand un écosystème est menacé.
      Ref: https://www.ledevoir.com/culture/578687/entrevue-la-pandemie-revue-et-corrigee-selon-boucar-diouf
      Le Devoir, édition 11 mai 2020, reportage de Isabelle Paré

    • Claude Bariteau - Abonné 22 juillet 2020 10 h 54

      M. Roy, bien d'accord avec vous sur les « vérités élémentaires » que vous étalez.

      Mme Pelletier les note à sa façon et celle-ci s'apparente aux vues du PM Trudeau-père qui voyait grand le Canada dans le monde au point de l'avoir reconçu en État post-national promoteur d'un nouvel ordre mondial.

      Relisez le souhait de Mme Pelletier selon lequel il « faut se doter (...) de mécanismes de contrôle sanitaire, nationaux et internationaux, loin des petites luttes de pouvoir qui gangrènent, trop souvent, l’Organisation mondiale de la santé ou encore, notre propre fédération canadienne » avec un effort d’imagination incommensurable afin de « réinventer le monde ».

      En clair, elle propose la fin des luttes de pouvoir au Canada et dans le monde, ce qui implique l'affirmation d'un pouvoir canadien comme le voulait Trudeau-père et un ordre international qui remodèle l'ordre actuel pour s'occuper des vrais affaires alors que le Canada fait les siennes avec le pétrole et qu'à l'échelle internationale la Chine aspire, comme les États-Unis d'ailleurs, à réinventer le monde de la Guerre froide.

      Son « tout ça pour ça » et plutôt un « ça pour ça » parce qu'elle pose le problème des rapports de pouvoir dans une perspective plus idéologique que politique et économique alors que les changements se réalisent dans des contextes au sein desquels apparaissent des transformations mobilisatrices structurantes promues par des acteurs et des actrices ancrés et dans des pays qui s'unissent pour assurer leur essor et transformer ce faisant l'ordre antérieur.

      Dit autrement, Mme Pelletier n'arrive pas à imaginer que le peuple québécois puisse participer autrement qu'en se canadianisant à la construction de ce nouvel ordre alors qu'il dispose d'atouts majeurs pour y contribuer avec un État indépendant parce qu'elle le voit avec des yeux canadiens.

  • Mélissa Basora - Abonnée 22 juillet 2020 06 h 27

    Tellement!!

    Merci pour cet article!! J'aimerais entendre les gouvernements adresser sérieusement toutes ces préoccupations (environnementales, économiques et politiques) qui ont été brillamment soulevées dans cette crise (par des citoyens, des penseurs et des journalistes essentiellement) plutôt que d'avoir la nette impression qu'on tente de répéter ad nauseam les mêmes recettes pour recommencer à vivre comme autrefois, en ajoutant le port du masque obligatoire pour se "protéger" de nous-mêmes...comme si c'était suffisant. Misère!

    • Claude Bariteau - Abonné 22 juillet 2020 12 h 41

      Mme Basora, les gouvernements diront ce que vous souhaitez entendre quand le peuple qui les élit exercera un contrôle démocratique sur leur accès au pouvoir. Acutellement, le pouvoir entre les mians des dirigeants échappe au contrôle du peuple puisque les élus peuvent être majoritaires sans avoir un appui majoritaire (plus de 50 %) des électeurs et des électrices.

    • Serge Pelletier - Abonné 22 juillet 2020 13 h 05

      Mieux encore M. Bariteau, le GV vous convainquera que c'est vous, le peuple, l'avez exiger. Qu'eux au GV ne font que combler vos désirs... pour votre plus grand bien.
      Tenez, dans un autre sujet, les employés de la gouverneur général du Canada se plaignent de conditions de travail très difficile et que le harcèlement phychologique y est pratiqué à grande échelle. Les journalistes sautent sur cela, publications à n'en plus finir dans tous les types de médias... Le harcèlement moral ou harcèlement psychologique ou encore mobbing tout tourne autour de cela.

      Exclusivement cela. Pourtant, comment cela se fait-il que la secrétaire particulière (employée de l'État) de la Gouverneur générale soit une grande amie de celle-ci depuis fort longtemps, que le Service des ressources humaines soit supposément intègre et hors de tout doute dans sa gestion, etc. Pourtant, il y a là tout un scandale, du népotisme (pas juste pour la famille à Trudeau fils), mais aussi du favoritisme qui est pratiqué à grande échelle...

      Mais bon, c'est plus facile de faire du blabla sur le harcèlement... C'est de cela que le peuple veut entendre... et on l'en convainc que c'est exclusivement de cela...

    • Claude Bariteau - Abonné 22 juillet 2020 19 h 22

      Le blabla n'est pas ce que le peuple veut entendre, mais ce que les journaux et les reportages télévisuels lwur livrent en négligeant de cadrer le tout dans ce que vous identifiez comme du népotisme, car ça soulèverait les vrais problèmes. Et aborder les vrais problèmes, c'est ce que les gens préfèrent entendre que le blabla.

      Parmi le blabla, on retrouve la prétention d'élus et de partis qui affirment que le peuple a décidé, ce qui les évitent de questionner les biais propres au système politique qui permet qu'un parti avec plus de 50% + 1 d'élus se retrouve au pouvoir avec un appui populaire inférieur et ne dépassant pas 45%.