Bulletin de la pandémie

En raison de la pandémie, je ne publierai pas mes traditionnels bulletins du gouvernement et de l’opposition. Les principaux acteurs des trois derniers mois se voient néanmoins attribuer une note.

Le premier ministre François Legault mérite certainement un prix de communication. Il a su trouver les mots pour inspirer la population, mais sa grande popularité ne peut pas faire oublier que le Québec est de loin l’endroit où le virus a fait le plus de victimes au Canada et un des cinq plus touchés au monde par million d’habitants. Après un bon départ, ses volte-face ont été nombreuses et déroutantes. Le SOS à l’armée a été humiliant, mais il semble avoir enfin réussi à trouver une solution au problème de la pénurie de main-d’œuvre dans les CHSLD. Ses attaques gratuites contre le journaliste Aaron Derfel et le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, témoignent de l’usure de ses nerfs. B

La vice-première ministre et ministre la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a choisi le mauvais mot en demandant aux Québécois d’être « dociles», mais elle a généralement bien fait quand elle a remplacé M. Legault dans les points de presse. La fermeture et la réouverture des différentes régions ont été opérées sans problème. B

Le Québec ne disposait pas des sommes colossales qu’Ottawa a consacrées à l’aide aux entreprises et aux travailleurs touchés par la pandémie, mais le tandem Pierre Fitzgibbon (Économie) – Eric Girard (Finances) a bien ciblé les mesures de soutien sans dévaliser la banque. B

Le réseau hospitalier a tenu le coup, mais la ministre de la Santé, Danielle McCann, a été complètement dépassée par la catastrophe des CHSLD, qui aurait été moins meurtrière si l’équipement de protection n’avait pas fait cruellement défaut. Elle n’est pas responsable de la monstruosité bureaucratique du réseau de la santé, mais elle semblait incapable de faire respecter ses directives. C

Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, qui espérait profiter de la pandémie pour régler rapidement les conventions collectives dans l’ensemble du secteur public, a frappé un mur. Même la hausse de la rémunération des préposés aux bénéficiaires pose problème. Il aurait dû prévoir la levée de boucliers provoquée par le projet de loi 61 sur le devancement des travaux d’infrastructure. Rejeter la responsabilité de son report à l’automne sur l’opposition ne peut masquer son propre échec. D

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a été traité de « boniche » par la députée solidaire de Mercier, Ruba Ghazal. Demander à ses fonctionnaires d’agir « comme s’ils étaient les promoteurs » des projets que le gouvernement souhaitait accélérer ne peut qu’accréditer la mollesse qu’on lui reprochait déjà. Son exclusion du comité de relance formé par le premier ministre témoignait de son peu d’influence. D

La coïncidence de la pandémie avec les négociations pour le renouvellement des conventions collectives dans le secteur public rendait déjà plus difficile la collaboration entre le gouvernement et les syndicats, mais le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a complètement échoué dans sa tentative de mobiliser le réseau public. Il a réussi à se mettre à dos non seulement les enseignants, mais aussi les directions d’école. D

Il serait injuste de rejeter l’entière responsabilité du drame des CHSLD sur la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, mais elle ne pouvait pas s’en laver les mains aussi facilement. Elle n’a pu expliquer la lenteur à installer des climatiseurs dans les CHSLD où on suffoque depuis des années. Sa belle image, qui avait contribué à la victoire de la CAQ en 2018, a pris un sérieux coup. D

Alors que Montréal était l’épicentre de la pandémie, la ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, est demeurée invisible, incapable d’exercer le moindre leadership. C’est seulement quand il y a lui-même mis les pieds, deux mois après le début de la crise, que M. Legault a semblé se rappeler son existence. E

 
 
 

Les périodes de crise sont ingrates pour les députés d’opposition, notamment ceux qui ne font pas partie des « vedettes » qu’on met en vitrine à la période de questions à l’Assemblée nationale. Ils sont sans doute nombreux à s’être dévoués dans l’ombre, mais deux élus montréalais, Enrico Ciccone (Marquette) et Paule Robitaille (Bourassa-Sauvé), se sont particulièrement signalés. M. Ciccone s’est montré aussi courageux sur le terrain qu’il l’était sur la glace en se portant volontaire dans un CHSLD de Lachine, tandis que Mme Robitaille s’est démenée comme une diablesse dans l’eau bénite pour qu’on s’occupe de ses commettants de Montréal-Nord, qui semblaient abandonnés à eux-mêmes. A

Fidèle à elle-même, Manon Massé (Sainte-Marie–Saint-Jacques) a proposé d’imposer un « impôt de la pandémie » aux entreprises qui en ont tiré profit. Malgré leurs différends, M. Legault a tenu à souligner vendredi ses « qualités de cœur ». C’est sur sa proposition qu’il s’est engagé à présenter un plan de lutte contre le racisme. B

M. Legault avait tort d’accuser Pascal Bérubé (Matane) de vouloir « tuer le tourisme » alors qu’il l’interrogeait à bon droit sur la cohérence de la décision de lever les contrôles routiers en région. On ne peut pas accuser le chef intérimaire du PQ d’avoir péché par excès de la partisanerie : dès le début de la pandémie, il a mis la population en garde contre la désinformation, l’invitant plutôt à se fier aux points de presse quotidiens du premier ministre et du Dr Horacio Arruda. B

Le trio formé par Marwah Rizqy (Saint-Laurent), Christine Labrie (Sherbrooke) et Véronique Hivon (Joliette) n’a cessé de dénoncer le « flottement » du ministre de l’Éducation sur une éventuelle rentrée scolaire, la pénurie de tablettes permettant l’enseignement à distance et le sort des élèves en difficulté. B

En privant Alexandre Cusson de la possibilité de faire campagne, la pandémie a préparé la voie au couronnement de Dominique Anglade (Saint-Henri–Sainte-Anne). Si sa victoire a été peu glorieuse, elle n’en demeure pas moins la première femme à diriger le PLQ en plus de 150 ans d’histoire. À l’Assemblée nationale, elle a redonné un peu de tonus à l’opposition officielle. B

André Fortin (Pontiac) a multiplié les avertissements sur les dangers d’un déconfinement trop hâtif et dénoncé les lacunes dans la gestion de la pandémie par le ministère de la Santé, notamment son incapacité à fournir au personnel du réseau l’équipement de protection nécessaire. B

Ce qui rendait Gaétan Barrette (La Pinière) si détestable quand il était au pouvoir le sert bien dans l’opposition. Ses critiques du projet de loi 61 étaient aussi acerbes que justifiées. Il a profité de la pandémie pour se réhabiliter en qualité d’expert auprès de certains médias, mais la crise a aussi donné lieu à un véritable procès des réformes qu’il a imposées à l’époque où il était ministre de la Santé. Les CISSS et les CIUSSS, devenus un symbole de lourdeur bureaucratique, ont été désignés comme la principale cause de l’incapacité du réseau à mieux y réagir. C

47 commentaires
  • Richard Lupien - Abonné 13 juin 2020 04 h 06

    Les notes

    Quelle est votre note pour la ministre de la culture ?

    • Louise Collette - Abonnée 13 juin 2020 08 h 51

      Il y en a une ?

    • Claude Bariteau - Abonné 13 juin 2020 09 h 37

      Le classement en A, B, C, D implique que tout le monde passe, l'exception était Mme Rouleau. Perdra-t-elle son titre de responsable de la métropole ? Normalement, l'échec sort du programme. On verra.

      Personnellement, j'aurais classé en P pour passe et E pour échec incluant les C, les D et le E. La ministre de la culture aurait échoué avec un avec droit de reprise. Pas plus.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 13 juin 2020 09 h 44

      El la ministre des Affaires autochtones qui s'est fait remarquer par son absence lors de la crisette avec les autochtones? C'est Legault qui avait dû gérer le dossier quand les voies ferrées étaient barrées. D'ailleurs les relations avec les Autochones sont problématiques de Legault avec ces derniers.

    • Gilles Théberge - Abonné 13 juin 2020 12 h 10

      La ministre de la culture est tellement inepte, que monsieur David l'a oubliée, où n'a pas jugé bon de la noter...

      C'est une hypothèse, mais elle est plausible.

    • Joane Hurens - Abonné 13 juin 2020 14 h 55

      Quelle note pour le Dr Arruda?
      Pour le show, un A. Et pour la santé publique?
      . Qui devait sonner l’alarme au bon moment et mobiliser les acteurs-clés de la machine pour s’assurer que le matériel sanitaire allait être disponible en quantité suffisante? M. Legault a tort de répéter qu’on ne savait ce qui s’en venait? On l’a bien compris dans l’ouest et pas au Québec. Impossible que les épidémiologistes du gouvernement n’aient pas alerté le gouvernement. Encore fallait-il qu’il y ait un interlocuteur capable de faire bouger les choses.
      . Que penser qu’il n’y ait eu personne, mais personne au sein du ministère pour mettre en garde la ministre contre le transfert de patients dans les CHSLD fragilisés, en pénurie de matériel et de personnel et ce sans moyens supplémentaires.
      . Les études sérieuses s’accumulent sur le port du “couvre-visage” et le dr Arruda s’entête à ne pas l’imposer dans les commerces et autres lieux publics où la distanciation physique est impossible. Hier dans une quincaillerie, je me suis retrouvée coincée entre un commis et deux autres clients discutant sans masque. J’étais la seule à le porter.
      Son argumentation ne tient plus et on peut croire que c’est le PM qui ne veut pas, qui ne veut pas indisposer les québécois qui ont telkement envie de croire que c’est fini.
      Faut dire que le bon docteur a perdu beaucoup, beaucoup de crédibilité suite à son voyage au Maroc? En effet, si ce n’est pas le directeur de la santé publique qui doit être être aux aguets, alerter, prévoir, planifier, organiser quand une pandémie force 66 millions de personnes à être en quarantaine, qui doit le faire?
      Enfin, on risque de perdre tout crédibilité si on ne respecte pas propres consignes. Même si le dr Arruda fera le bouc-émissaire idéal, le problème est plus profond.
      . La culture organisationnelle de la fonction publique québécoise a horreur de la délégation de pouvoir à ses employés sur le terrain. Une culture qui menotte les talents et l'efficacité

  • Louise Davis - Inscrite 13 juin 2020 04 h 12

    Pas facile de faire de la politique mais...

    M. David, je partage la justesse de vos observations. Pas facile d'être policien(ne), personne n'est parfait. Certains sont pires que d'autres et méritent de finir leurs jours dans les conditions qu'ils ont imposées. Je pense à votre propos sur Gaétan Barrette et j'ajoute son prédécesseur qui ont tellement mis à mal et la santé et le sort des aînés.

    Jean Charest, pour avoir vu les aînés comme un «marché à exploiter» avec des résidences lucratives, aidé par de nombreuses subventions, des congés de taxes etc. Avec locations à gros prix, rien de trop beau pour le profit. On est loin des résidences (hospices) tenues par les communautés religieuses.

    Gaétan Barrette qui, dès le départ, a adopté la méthode forte avec sa réforme qui a étranglé le système de santé dont les conséquences se feront sentir encore longtemps. Qui n'a fait qu'à sa tête, en régnant depuis son fauteuil de ministre par la peur et l'intimidation. Qui a mis en place les pires solutions avec comme résultat, ce n'est qu'un exemple, des CHSLD qui sont une honte pour le Québec. Autre exemple: qui, encore aujourd'hui, a son médecin de famille?

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 13 juin 2020 10 h 54

      Que faire lorsque nous sommes sans médecin de famille depuis 25 mois,sans analyses de sang et d'urine ?

      J'ai l'impression que l'on traite les personnes agées de la mêmê maniere que ceux qui sont en CHSLD ,c'est à dire sans s'en occuper.

      J'ignore le le nombre des sans-médecins de de famille et le nombre de ces médecins au Québec.

      Devons-nous se tourner vers les cliniques désafiliées du système ?

    • Pauline René - Abonnée 13 juin 2020 11 h 02

      Les problèmes des CHSLD ne sont pas récents...

      Les problèmes des CHSLD ne sont pas récents et ne sont pas arrivés avec le Dr. Barrette, bien que ses méthodes de pittbull, n'ont rien amélioré, mais il a juste fait ce que tous les autres gouvernements précédents ont fait, mettre ce problème sous le tapis, après tout les personnes âgées ce ne sont pas des personnes qui revendiquent le plus et crient le plus fort.

      En toute connaissance de cause, ma mère y était en 2000, et les CHSLD étaient déjà sous-financés. Il y avait peu de personnel, les résidents étaient aux couches obligatoirement, on les nourrissaient avec du manger-mou, ils avaient droit à 1 bain par semaine et ça s'ils étaient chanceux. Elle avait une chambre minuscule, son lit ne pouvait se mettre en largeur et elle payait plus de 2000$ par mois, le grand luxe quoi! Le personnel soignant était des anges et ils étaient aussi sous payés. C'est le triste constat que mettre les problèmes sous le tapis, un jour ça refait surface et on n'est pas préparé à y faire face.

      Vous avez tout-à-fait raison quant à l'exploitation éhonté des personnes âgées avec les résidences privées que nous subventionnons.

  • Yvon Pesant - Abonné 13 juin 2020 05 h 49

    Paradoxes

    Ce qu'il nous faudra surtout retenir de la gestion par le gouvernement Legault du dossier "pandémique" c'est l'écart monumental observé entre, d'une part, le succès de sa stratégie de communication qui fait qu'on l'applaudisse et, d'autre part, le piètre résultat terrain pour ne pas dire l'échec sanitaire qui veut que le Québec ait un des plus haut taux mondial de mortalité par million d'habitants. On applaudit quoi au juste?

    Une belle performance médiatique.

    Pendant ce spectacle qui perd trop lentement de sa popularité, nous avons la cohorte des gens d'affaires de ce gouvernement qui essaie de nous en passer une petite vite avec le projet de loi 61.

    Au nom de la sacro-sainte économie à relever de son gros rhume qui l'a gardée alitée quelques mois, allons-nous fermer les yeux sur les dangers réels qui nous guettent de part et d'autre? Quand on voit que même Sonia LeBel, notre ministre de la Justice et ex- procureure générale de la Commission Charbonneau, se dit d'accord avec ça.

    Paradoxal! Vraiment.

    • Francois Ricard - Abonné 13 juin 2020 09 h 01

      Nous aimons nous conter des histoires. Nous nous disons démocrates en une société où toutes les décisions importantes sont prises par la minorité. En notre pseudo-démocratie, le parti au pouvoir ne représente qu’une minorité de l’électorat et une plus importante minorité de la population.Et,profitant d’une conjoncture favorable, ce gouvernement, majoritaire en l’Assemblée nationale mais odieusement minoritaire en l’électorat,veut une loi qui lui permettra de se soustraire à nombre de lois existantes et lui permettra d’utiliser les fonds publics à des fins partisanes.Et des «démocrates» d’approuver ce geste infâme.

    • Claude Bariteau - Abonné 13 juin 2020 09 h 28

      Mme Lebel est une personne de compromis. Elle l'a révélé lors de la Commission Charbonneau et a récidivé avec le dossier du mode de scrutin. Elle se compromet toujours selon les lignes du pouvoir. C'est clair et transparent.

    • Claude Bariteau - Abonné 13 juin 2020 10 h 09

      Des « démocrates », dites-vous, ont approuvé le geste que vous dites infâme.

      Je présume que vous faites écho aux élus de la CAQ, car les autres parlementaires n'ont pas marché dans les sentiers tracés par les élus de ce parti qui s'adonnent à une démocratie de pacotille dont les assises renvoient à une gestion provinciale dans une monarchie constitutionnelle valorisant l'élection d'une majorité d'élus qui prend le pouvoir indépendamment d'un support majoritaire de l'électorat, ce que vous soulignez clairement.

      Ce sont d'ailleurs ces mêmes élus de la CAQ qui se sont opposés à une mode de scrutin proche d'un scrutin proportionnel intégral avec comme porte-voix la ministre de la justice. Ça dit tout. Comme dit tout l'opposition du PM Legault à l'emploi du terme « systémétique » pour cerner les assises des pratiques discriminatoires qui ne concernent pas seulement les personnes de couleur noire.

      L'ex-chef du PQ, M. Lisée expose dans Le Devoir de ce jour ses tentatives et les échecs qu'il constata au sein du PLQ comme du PQ sous Bouchard. C'est très révélateur d'un refus systémique de changer les choses en intégrant des pratiques qui stoppent une discrimination rendue évidente par des multiples enquêtes, dont celles menées par M. Piché auxquelles il fait écho dans les pages du Devoir.

      La démocratie au Québec est à inventer hors des entraves du monarchisme constitutionnel, ce qui implique de le faire hors du Canada en s'inspirant du parti patriote qui cherchait à rendre le pouvoir aux élus du peuple. C'est cette approche qu'il faut actualiser en ciblant la création de l'État indépendant du Québec par les futurs citoyens et les futures citoyennes du Québec quelles que soient leurs origines.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 13 juin 2020 10 h 22

      Legault a la sympathie de la population pcq il est simple et il s’excuse quand il gaffe.Favorisé par la faiblesse de l’opposition. A la tête d’un gouvernement formé de gens sans expérience venant du milieu des affaires et de la finance; pour ces gens-là, il faut faire très vite.Alors le premier ministre est un simple gérant d’une nation obligé de faire de la micro gestion.On commence à se rendre compte des erreurs GRAVES de la CAQ dans le dossier de la COVID.

      Il faut revoir la gestion des cercles fermés contrôlés par les fonctionnaires que sont les boîtes en santé :CIISSS et CIUSSS.Personne n’est élu par la population pour siéger sur le conseil d’administration de ces organismes. J’entendais récemment quelqu’un se questionner : « Comment il se fait que la situation du manque de préposés dans les CHSLD n’a pas été soulevée sur la place publique, auparavant? Administrer c’est prévoir? ».

      Or, c’est le même modèle qui gère maintenant le système scolaire, chez les francophones. Je comprends parfaitement les anglophones d’avoir tenu tête pour conserver le contrôle de leurs écoles et maintenir les élections scolaires.Imaginez que, dans votre municipalité, seul le directeur général, soit un employé, peut aller sur la place publique; et que ce directeur général serait nommé par le ministre. Et que, sur votre conseil municipal, il y a des représentants des employés nommés par ceux-ci. Personne ne serait élu par la population.

    • Claude Richard - Abonné 13 juin 2020 10 h 59

      Votre commentaire nous renvoit aussi à la "performance" du Dr Arruda. Grosse différence entre la communication et les résultats terrain. Beaucoup de ses décisions ont été erratiques et son intendance ne le suivait pas toujours. À mon avis, il porte une grande part de la responsabilité du bilan catstrophique du Québec. Beaucoup d'hommes d'honneur à sa place donneraient leur tour au suivant.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 13 juin 2020 12 h 09

      Et la cote D très méritée du ministre de l'Éducation. Su ce forum, cette semaine, une partisane évidente de la CAQ osait proclamer que si les écoles ont été fermées dans Montréal et la région c'est à cause des profs peureux qui ne voulaient pas aller enseigner en recevant leur salaire à ne rien faire.J'aurais des petites nouvelles pour cette dame ayant constaté de visu ce que font de nombreux profs du public avec le télé travail....et le travail dans l'école là où c'est permis.

      Quant au ministre de l'Éducation, c'est très inquiétant. Parce que, avec la disparition des commissaires élus, ce seront des boîtes hermétiques, comme les CISSS et CIUSSS en été,A mon œil, il suffisait de placer les élections scolaires en même temps que les municipales, pour améliorer la participation, et maintenir le « no taxation without representation ».Je pense, aussi, qu’il était possible de décentraliser davantage la gestion des écoles dans le cadre des commissions scolaires.

      Actuellement, si je veux savoir ce qui se passe dans les écoles, je dois communiquer avec la directrice générale de mon ex-commission scolaire.Il n’ y a pas de contre pouvoir

      Il n’y a pas de contre pouvoir en santé; et il n’y en a plus au scolaire, chez les francophones. Au moment du projet de loi sur la laïcité, la Commission scolaire de Montréal a clairement manifesté son opposition. Au plan démocratique, c’était très sain; même si je ne partageais pas cette opinion. Le ministre Roberge disait que les commissaires faisaient de la politique. Mais, c’était, justement, leur rôle de ne pas être des bénis-oui-oui.

      Déclaration du ministre de l’Éducation, en février 2020, au moment de l’adoption de la loi annonçant, sous bâillon, la fin des commissaires d’écoles élus. « Les enseignants, les professionnels, les directions d’école vont enfin pouvoir prendre des décisions et orienter mieux les services au bénéfice des élèves, parce que c’est pour eux autres qu’on travaille.» Or, c’est exactement cette philos

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 13 juin 2020 14 h 51

      À M.Grandchamp,
      Vous faites très certainement référence à mon commentaire sur la décision de la CAQ de ne pas ouvrir les écoles montrealaises suite aux pressions des enseignants.
      Premièrement je ne suis pas partisane de la caq, jamais votée pour eux, je suis péquiste.
      Aussi j'ai deux enfants d'âges pré scolaire, je suis directement sur le terrain depuis le jour 1 de la fermeture.

      Déception à tout les niveaux, que voulez vous, malgré les appels d'urgence de nos pédiatres, médecin et pédopsy, ils ont poussés pour rester à la maison pendant que caissiere, livreur et bien d'autre fesait face au pire pour des enjeux bien moin important.

      Moi ces enfants laissés à eux même pendant des mois je les ai vu dépérir, seul, dans ma ruelle, pendant que papa et maman travaille de 9h à 5h un en face de l'autre dans un 4 et demi.
      Par chance moi j'ai pu prendre une pause travaille.
      Ce n'est pas du zoom dont ces enfants avaient besoin mais du contact de l'école, de leur pair et de leur enseignant. Rien à faire de l'enseignement virtuel, même les adultes en arrachent avec l'éducation virtuel.

      Parcontre je pense que vous avez travaillez dans le domaine de l'éducation, enfin je trouve que vos commentaires manquent d'objectivité dès que l'on oppose gouvernement et personnel scolaire.

      Je n'aime pas particulièrement le ministre Roberge mais j'aime encore moin Sylvain Mallette, je ne vois franchement pas où le système d'éducation peut aller avec un représentant syndicale comme lui.
      Les ministres passent mais la mentalité syndicale reste, et en temps de pandémie je m'attendais à beaucoup mieux.

      Maintenant ils peuvent bien continuer de régler leur compte autant le ministre que le personnel, mes enfants rentrent au privée dès septembre, ça ne se fera plus sûr leur dos .

    • Pierre Grandchamp - Abonné 13 juin 2020 16 h 34

      @ Mme Geofrion

      Je n'ai pas pu répondre à votre commentaire pcq Le DEVOIR a fermé la radio suite à votre message. Madame, ce ne sont pas les enseignants qui ont géré la crise et qui ont décidé de ne pas ouvrir les écoles à Montréal et de les ouvrir ailleurs.Et même là, une de mes filles, travaillant dans un CHSLD, a refusé d'envoyer son fils à l'école qui était ouverte.Je sais que,dans 3 municipalités tout près où les écoles étaient ouvertes, seulement 20% des enfants s'y sont présentés.Ça veut dire que les profs devaient enseigner dans leur classe et en télé travail pour les absents..

      Par ailleurs, une de mes filles est enseignante ainsi qu'une nièce. Je connais plusieurs profs qui ont travaiilé, comme elles, comme des forcenés pour faire le maxium dans les circonstances.Quand vous les avez traités(es) de peureux(euses), vous aviez tout faux et tiriez en bas de la ceinture.Non, madame, vous étiez à faux:ILS(ELLES) ONT GAGNÉ LEURS SALAIRES A LA SUEUR DE LEUR FRONT. ....ET DANS LE STRESS....J'ai,aussi, des petits-enfants qui ont joué là-dedans.

      Oui, j'ai fait carrière en éducation au secondaire public et j'ai une certaine expérience de l'administration publique: un mandat de conseiller municipal et un autre comme maire.Je suis un démocrate.....Vous voyez les problèmes en santé dus aux CISSS et aux CIUSSS? Eh bien, nous avons maintenant leur sosie: Centre de services scolaires remplaçant les défuntes commissions scolaires. ."Les CISSS et les CIUSSS, devenus un symbole de lourdeur bureaucratique, ont été pointés comme la principale cause de l’incapacité du réseau à mieux y réagir"-MIchel David- Mon humble opinion: la démocratie va reculer!

      Madame, la pandémie a causé des grandes difficultés à tout le monde, même aux profs du privé et aux parents d'enfanbts au privé. En conclusion: votre affirmation sur les profs était choquante et remplie de préjugés!

      Bonne chance avec vos 2 marmots!

      Pierre Grandchamp

    • Pierre Grandchamp - Abonné 13 juin 2020 17 h 30

      En complément à Mme Geoffrion

      Dans mon coin de pay ,les écoles privées ont fermé leurs portes. Pas pcq les profs étaient des peureux(euses) mais sur ordre de Québec; évidemment pas à cause d'un dénommé Mallette : ).

      Tout comme au public, les profs ont usé d'imagination pour communiquer avec leurs élèves, pour leur enseigner avec les moyens qu'ils avaient. J'en sais quelque chose pcq j'ai des proches ayant des enfants qui finissent au privé cette semaine.

      Je comprends très bien votre désarroi!!!!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 13 juin 2020 21 h 00

      Toujours à Mme Geoffrion,

      Essayez de vous imaginer prof au pré scolaire ou au primaire.Avec la règle du 2 mètres de distance. Dans la classe ou en récréation.

      Vous pensez que des enfants de 4 ans ou 5 ans à la maternelle vont respecter le 2 mètres? Ici, dans l'ex-commission scolaire, il y a des localités où les écoles sont ouvertes. A ma connaissance, il y a eu des cas d'infections dans au moins 3 écoles élémentaires.

      Ce ne sont pas les profs, qu'Ils soient du puiblic ou du privé, qui ont inventé le 2 mètres.Alors, quand Legault et sa ministre décident de fermer les écoles, tant privées que publiques, les profs n'ont absolument rien à y voir.

      Maintenant ,essayez de vous imaginer prof au secondaire. Vous aviez 30 élèves dans votre classe en février. Vous faites quoi avec la pamdémie? Vous agrandissez les locaux pcq votre local ne peut recevoir seulement 15 élèves ,à cause du 2 mètres? Et vous devez passer votre temps à tout désinfecter? Regardez ce qui se passe avec les dentistes, les coiffeuses et tous les services personnels?

      En conclusion, pour de vrai: c'est le gouvernement et la santé publique qui ont été obligés d'imposer des restrictions aux écoles, tant privées que publiques. De grâce, laissez les profs tranquilles! Et de nouveau bonne chance avec vos 2 fils!

  • Mario Gallant - Abonné 13 juin 2020 05 h 59

    Un oublie important...

    .....soit la note pour la communauté journalistique qui a fermé les yeux pendant des dizaines d'années sur le sort des aînés en CHSLD. Cette communauté journalistique qui crie aujourd'hui haut et fort, aujourd'hui que le tout était hautement prévisible, impardonnable. Un e de toute évidence.
    Mario Gallant
    Ste Luce

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 13 juin 2020 11 h 37

      EN effet,M.Gallant ,il m'apparait que souvent que j'en apprend plus dans les commentaires des lecteurs que par les médias selon

      leur idéologie.ou leur mollesse .Souvent le signe de $ remplace le bien commun vu le poids énorme des mafiosos des lobby et ti-zamis.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 13 juin 2020 14 h 11

      Ce n 'est pas les médias qu'il faut blâmer mais le système de gestion des CISSS et des CIUSSS en santé. Soit des institutions où seul le DG, nommé par le ministre, peut aller sur la place publique.ET son conseil d'administration est formé, notamment, de gens travailalnt dans la santé et nommé par leurs pairs.Ce sont des boîtes fermées où personne n'est élu.

      Imaginez que, dans votre municipalité, personne n'est élu. Y siègent, notamment, des employés et le directeur général, nommé par le ministre, est le seul autorisé à aller sur la place publique. MIchel David écrit:"Les CISSS et les CIUSSS, devenus un symbole de lourdeur bureaucratique, ont été pointés comme la principale cause de l’incapacité du réseau à mieux y réagir.".

      Or, maintenant, c'est le même système au scolaire chez les francophones.

      31 commentaires

  • Roger Gobeil - Inscrit 13 juin 2020 06 h 51

    Merci le ciel !

    Je remercie le ciel que ce ne soit pas le PLQ et QS qui gèrent cette crise. La tentative de réhabilitation de Barrette n'est pas à l'honneur des médias qui s'abaissent à ce niveau. La note de Barrette est F, au mieux E.

    • Louise Collette - Abonnée 13 juin 2020 09 h 08

      Monsieur Corbeil, entièrement d'accord avec la note que vous attribuez à Gaétan Barrette.

      Là on ne va tout de même pas l'encenser lui qui est responsable du gâchis dans le système de santé.
      Est-ce que les journalistes ont oublié la gouvernance de l'équipe Couillard? Surtout les deux premières années de son mandat. Ils ont mis la hache partout et on a n'a pas fini d'en subir les conséquences.
      Les gens ont la mémoire courte, c'est vraiment désolant.

      Quant à la pandémie, elle est loin d'être terminée. On pourra vraiment donner une note à nos dirigeants quand ce sera derrière nous et ce n'est pas demain la veille à moins qu'un vaccin tombe du ciel très bientôt. Le père Noël c'est seulement dans six mois.

    • Yves Nadeau - Abonné 14 juin 2020 14 h 24

      Vous offrez matière à réflexion.

      La communauté journalistique mérite-t-elle «E» pour «effort» ou «F» pour faible «F»? Puisque l'Opposition officielle était réduite au silence à la suite de la suspension des travaux de l'Assemblée nationale, il ne restait que les journalistes pour poser les «bonnes» questions lors des points de presse quotidiens. Malheureusement, ils n'ont fait que répéter ce que claironnait la troïka de 13 haures.