Les confédérés

Entre 1861 et 1865, les États confédérés d’Amérique tentent de s’affirmer comme nation distincte par leur attachement à l’esclavagisme. Ici, dans les « possessions » anglaises au nord de ces États-Unis divisés, la population se divise aussi. Environ 40 000 sujets britanniques s’enrôlent dans l’une des deux armées belligérantes. Montréal devient un repère pour des sudistes en quête d’appuis financiers et politiques. Parmi les organisateurs locaux favorables à la « cause » esclavagiste, on retrouve John A. Macdonald, qui créera deux ans après la fin de cette guerre un pays qu’il nommera — plusieurs disent en hommage à ses amis — confédération.

Au cours de ses nombreuses années en politique, sir Macdonald s’exprime à plusieurs reprises sur la nécessité de préserver la pureté de la « race aryenne » au Canada. Cette nouvelle « confédération » est scellée par une alliance avec le francophone George-Étienne Cartier. Longtemps, on en parlera comme l’union de « deux peuples fondateurs » ou, en anglais, « two founding races ». Macdonald se fait donc l’architecte militant de ce grand rêve de blancheur duale jusqu’à la fin de sa carrière politique en 1891.

Il mène l’expansion du Dominion vers l’ouest, où des Premières Nations sont bien sûr installées depuis des millénaires et où un nouveau peuple autochtone né d’une tempête parfaite de circonstances au beau milieu des guerres commerciales de la fourrure s’est déjà enraciné : les Métis. Ces populations sont mitraillées de guerre, de répression, de destruction écologique, de famine, de maladie et de manipulations politiques dans un seul et même but : « libérer » l’espace pour ses nouveaux colons, choisis exclusivement parmi ceux que l’on conçoit être de cette race aryenne. C’est à Macdonald et à ses pairs que l’on doit la Loi sur les Indiens, qui sévit jusqu’à nos jours, ainsi que les pensionnats autochtones, chargés de « tuer l’Indien » dans l’enfant jusqu’en 1996.

Notre premier ministre s’assure aussi de l’exclusion systémique de ces Chinois venus plus ou moins librement de cet autre coin de l’Empire britannique, Hong Kong, pour remplir les besoins en main-d’œuvre du pays naissant. Son gouvernement impose donc une taxe d’entrée aux immigrants chinois, puis leur interdit carrément l’accès au pays. Pendant plus de 75 ans, des familles seront donc irrémédiablement séparées. Ceux qui restent ici sont privés de droits civils, dont le droit de vote et le droit d’accès à plusieurs professions. Plusieurs quartiers des grandes villes s’annoncent officiellement, d’autres officieusement, « Blancs seulement ».

Après la fin de la guerre civile américaine, plusieurs communautés afro-canadiennes, issues de l’esclavage d’ici ou venues des États-Unis, émigrent au sud, où elles espèrent être mieux acceptées. Celles qui restent font face à une ségrégation, elle aussi officielle et officieuse. La dernière école ségréguée ferme ses portes en Ontario en 1965, 11 ans après que ces écoles sont jugées inconstitutionnelles aux États-Unis. Souvent, au Canada, on se cache derrière la liberté de commerce pour justifier l’exclusion des Noirs de plusieurs établissements. Bien sûr, la bataille légale que Viola Desmond a menée sans succès en Nouvelle-Écosse après avoir refusé de quitter son siège au cinéma, en 1946, est maintenant commémorée sur nos billets de dix dollars. En 1939, au Québec, le jugement Fred Christie c. York Corporation donne aussi raison à la taverne du Forum de refuser l’accès aux « gens de couleur » adeptes des Canadiens comme M. Christie. On n’interdira ce genre de pratique une bonne fois pour toutes ici qu’en 1963, avec un changement dans la législation québécoise sur le milieu hôtelier. Aux États-Unis, les lois Jim Crow sont aussi abolies en 1964.

Si le rêve d’un Canada blanc de John A. Macdonald est resté bien vivant durant de si nombreuses années, c’est que plusieurs de ses successeurs ont contribué activement à le nourrir et à le renouveler. On peut penser à Wilfrid Laurier qui, en 1911, propose de bannir carrément l’entrée au pays pour tous les Noirs, lesquels seraient biologiquement incompatibles avec l’hiver canadien. Finalement, on croit qu’il serait peu chic qu’une telle consigne soit publiée clairement. On envoie plutôt des agents de l’État aux États-Unis décourager les Afro-Américains qui voudraient traverser la frontière. On paie des médecins pour falsifier le résultat des examens médicaux à l’immigration. Les cellules canadiennes du Ku Klux Klan s’assurent que le message de non-bienvenue est clair pour ceux qui viennent tout de même. À Montréal, on tâche de maintenir dans le statut le plus précaire possible les Noirs venus des États-Unis pour travailler comme porteurs dans l’industrie ferroviaire. Le milieu syndical, par ailleurs, exclura durant plusieurs décennies, et très formellement, ces travailleurs noirs de ses rangs.

Ne s’est-on jamais demandé pourquoi, alors que l’on s’obstine à se croire un paradis libre de racisme, les Noirs américains n’ont jamais afflué ici par millions ?

Lorsqu’on parle de racisme systémique au Québec et au Canada, on ne devrait pas avoir à faire la démonstration qu’il existe, mais plutôt déterminer le moment de notre histoire où il aurait été clairement et définitivement aboli, plutôt que faiblement réformé, en épousant les pourtours du politiquement acceptable de chaque époque qui se succède. Lorsqu’on parle des gens qui me ressemblent comme des « néo-Québécois » ou des « néo-Canadiens », il faut connaître d’où viennent les difficultés pour les communautés racisées de s’établir au pays et les efforts d’État considérables maintenus à travers les décennies pour précariser notre présence et en effacer les traces. Quand on nous demande « d’où l’on vient », il faut savoir que cette idée qu’on ne peut être d’ici sans être Blanc vient d’une histoire très sombre dont on ne s’est jamais tout à fait détourné. On parle encore sans rougir des deux races ou, pour le dire poliment, des deux peuples fondateurs. Et la statue de sir John A. Macdonald trône encore fièrement au beau milieu de Montréal. Ce n’est pas qu’aux États-Unis qu’on célèbre toujours les confédérés.

100 commentaires
  • Charles-Étienne Gill - Inscrit 11 juin 2020 00 h 44

    Orangisme

    Vous écrivez dans un journal dont le fondateur était le pilier de la résistance contre l'Orangisme. Identifier les descendants des Canadiens français en les amalgamant, par exemple, aux Confédérés, simplement parce qu'ils ont la même couleur de peau, ne vous en déplaise, c'est du racisme. C'est évidemment pas ce que subissent les Noirs, mais ça demeure quand même problématique, c'est une pente glissante, comme intellectuelle, vous devriez vous en rendre compte.

    Avez-vous lu Jean Morisset? Avez-vous lu l'Amérique fantôme de Gilles Havard? Visiblement pas, car vous sauriez à quel point (il suffit de lire plus facilement «Ils ont couru l'Amérique» ) les Canadiens français étaient méprisés par les Américains et les Anglais précisément à cause de leur «ensauvagement».

    Quand on ignore à ce point le peuple autour de soi, on se comporte comme une étrangère et donc il est normal qu'on vous demande d'où vous venez.

    Encore une fois, vous avez tout faux, car vous inventez «des communautés racisés [venant] s'établir» alors qu'en dehors de l'histoire très récente, aucun pays ne valorisait l'accueil de groupes ou de «communautés».

    Un état normal, une nation normale n'est pas assez incohérente pour se faire à elle-même compétition en créant des groupes minoritaires qui entretiendraient alors des relations conflictuelles avec la majorité. L'immigration est un processus individuel et le mot qui était employé, maintenant tabou, c'était celui de l'assimilation.

    Je répète, on est au Devoir, il faut avoir un minimum de conscience historique si on prétend devoir donner des leçons en ce sens.

    Il est normal que les Afro-Américains forment un peuple «à part». Le racisme à leur encontre est un rejet de leur culture (au sens large). Mais ça ne veut pas dire qu'il est souhaitable que nos propres «racisés» se constituent en communauté. Or, l'individu qui diffuse cette culture exogène ne doit pas se surprendre qu'on la reconnaisse, surtout s'il la revendique.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 11 juin 2020 07 h 55

      Ici, on a donné son nom à un aéroport.En 1970, il a imposé des mesures de guerre en temps de paix( du jamais vu) à la nation québécoise.

      Mieux encore, il a pris le leadership de l’autre nation pour faire en sorte que cette dernière renie sa parole et sa signature alors que le Québec acceptait « le retour dans la constitution dans l’honneur et l’enthousiasme ».

      Mieux encore, c’est son fils qui est au pouvoir. Et le racisme se manifeste dans les médias par « le Québec bashing ».

    • Louise Collette - Abonnée 11 juin 2020 08 h 13

      Magnifique, merci Monsieur Gill.

    • Dominique Boucher - Abonné 11 juin 2020 08 h 30

      [1/2] «Quand on ignore à ce point le peuple autour de soi, on se comporte comme une étrangère et donc il est normal qu'on vous demande d'où vous venez.»

      Madame Nicolas nʼa aucun intérêt pour la nation québécoise. Elle carbure à une forme particulière de ressentiment, et de ce fait ignore tout ce qui ne cadre pas dans le tableau «méchant occidental / bonne victime noire».

      Et jʼajouterais que la question des relations entre les «Noirs» et les autres groupes humains (pas juste les «Blancs») et le problème de la disparité des conditions de vie entre lʼAfrique sub-saharienne et le reste du monde, par exemple, risquent de ne jamais être totalement compris si lʼon sʼentête à éluder une importante pièce du puzzle, quitte à accepter de marcher sur des oeufs. Je cite David Reich*, généticien spécialiste de l'ADN fossile, professeur à la Harvard Medical School: «La séparation temporelle moyenne entre les paires de populations humaines depuis qu'elles s'écartent des populations ancestrales communes, qui peut atteindre environ cinquante mille ans pour certaines paires de populations non africaines, et jusqu'à deux cent mille ans ou plus pour certaines paires de populations subsahariennes, est loin d'être négligeable à l'échelle temporelle de l'évolution humaine. Si la sélection sur la taille et la circonférence de la tête du nourrisson peut se produire en l'espace de quelques milliers d'années, il semble que cʼest faire un mauvais pari que de prétendre qu'il ne peut pas y avoir de différences moyennes similaires dans les traits cognitifs ou comportementaux.

      Jean-Marc Gélineau, Montréal

    • Dominique Boucher - Abonné 11 juin 2020 08 h 31

      [2/2] Même si nous ne savons pas encore quelles sont les différences, nous devons préparer notre science et notre société à faire face à la réalité des différences au lieu de nous enfoncer la tête dans le sable et de prétendre que des différences ne peuvent pas être découvertes.» (Ça va sans dire — mais ça va encore mieux en le disant — quʼon parle ici de groupes, pas dʼindividus.) Bref, en martelant constamment que les inégalités socio-économiques entre les «Blancs» et les «Noirs» (comme sʼil nʼy avait pas dʼautres axes intra- et inter-groupes!) ne sont que le résultat dʼun racisme systémique, dʼune sorte de méchanceté innée de lʼOccidental, on se prépare une joyeuse tempête. Ça va aller beaucoup plus loin que de nous forcer à «take a knee».

      * Who We Are and How We Got Here: Ancient DNA and the New Science of the Human Past, Oxford University Press, 2018

      Jean-Marc Gélineau, Montréal

    • Jacques Patenaude - Abonné 11 juin 2020 08 h 35

      Mme Nicolas est anthropoloque elle connait surement tout ce que vous citez. Son objectif est de provoquer pour polariser le débat comme on le vit aux USA. Inutile de répondre à cela. Moi personnellement je suis contre le racisme et je vais continuer à promouvoir la solidarité entre tous les québécois peut importe leur origines. Il y a des problèmes à régler au Québec et je veux me concentrer à les régler. L'attitude de mme Nicolas ne peut qu'empoisoner le débat inutilement. Pour reprendre une vielle expression "résistons à la provocation" mais réglons nos problèmes à nous. Le mieux qu'elle peut espérer c'est de pousser les gens dans le sens contraire à ce qu'elle prétend être ses objectifs. Ce qui est souvent le résultat de la provocation.

    • Pierre Rousseau - Abonné 11 juin 2020 08 h 46

      Les Canadiens-français ont été des complices enthousiastes avec ceux que vous appelez les «Orangistes» dans les tentatives coloniales d'extermination des peuples autochtones sous le prétexte de les «civiliser». Langevin est un des artisans des infâmes pensionnats «Indiens», instruments colonialistes par excellence. Il faut avoir un minimum de conscience historique pour admettre que notre peuple a participé activement à un génocide, c'est-à-dire aux tentatives des gouvernements coloniaux de faire disparaître des peuples.

      La crise d'Oka de 1990 a remené la bête du racisme systémique des Canadiens-français qui sont devenus des Québécois alors que plusieurs de nos concitoyens ont lapidé des hommes, femmes et enfants de la nation mohawke qui traversaient un pont à Montréal; c'est une image indélébile sur notre peuple qui refuse de sortir du colonialisme.

      Plus récemment, cette semaine, notre Premier ministre a eu le front de dire que le racisme systémique n'existait pas au Québec alors même que la Commission Viens, une commission mise sur pied par le gouvernement québécois suite à la divulgation d'abus par la police envers des femmes autochtones, est venue à la conclusion que le Québec connaissait le racisme systémique et fournissait des outils pour en sortir. Il faut arrêter de faire l'autruche et ouvrir les yeux sur la réalité. Au lieu de nier l'évidence, faisons ce qu'il faut pour éradiquer non pas les peuples autochtones mais plutôt le colonialisme et le racisme systémique.

    • François Poitras - Abonné 11 juin 2020 09 h 01

      Émilie Nicolas nous offre une énième réécriture de l’histoire composée d’anecdotes choisies interprétées selon sa grille démagogique. Ainsi, le seul cas patent de racisme qu'ellle repère au Québec tient dans la ségrégation à la « Taverne du forum ». Mais pourquoi ne pas aborder le cas du « Harlem du nord », i.e., la Petite-Bourgogne où florissaient les boîtes de jazz et les musiciens afro-américains pendant les années de la prohibition ? Montréal était déjà reconnue comme ville ouverte et tolérante à cette période. Et pourquoi ne pas mentionner les organisations créées è cette époque par la communauté noire qui favorisaient l’épanouissement de la musique, tel le Negro Community Centre ? Sinon l’Union United Church où plusieurs légendes du jazz firent leurs débuts, dont Oscar Peterson ?

      Assimiler les canadiens-français aux orangistes est franchement... [au choix du lecteur]

    • Claude Bariteau - Abonné 11 juin 2020 09 h 29

      Revendiquer d'être un « peuple à part » dans un peuple existant est plutôt le signe d'un problème d'intégration.

      Par ailleurs, mettre en branle un processus menant à la création d'un État indépendant associé à ce « peuple à part » implique des conditions historiques favorables. Sans elles, évoquer ce processus devient un moyen de pression et de revendications. Avec elles, c'est différent. C'est le cas en Catalogne, en Écosse et au Québec comme ce fut le cas dans les pays baltes pour ne nommer que ceux-là.

      ---

      Si Mme Nicolas est commentatrice au Devoir, c'est qu'elle fut embauchée à cette fin. Cela dit, les textes qu'elle présente, s'ils sont publiés, reflètent ses vues au sein de ce journal, ce qui concorde plus à la direction actuelle du journal qu'à son histoire.

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 11 juin 2020 09 h 38

      Lorsque vous écrivez M. Gill concernant Mme Nicolas: «Quand on ignore à ce point le peuple autour de soi, on se comporte comme une étrangère… » je ne crois pas que Mme Nicolas méconnaisse le peuple québécois, bien au contraire. Il s’agit bel et bien d’un choix.

      Le plus incompréhensible, sinon le plus triste dans tout cela, c’est que les principaux porte-parole de ces mouvements noirs qui amalgament délibérément l’histoire américaine avec l’histoire du Québec d’hier et d’aujourd’hui sont, à l’exemple de Mme Nicolas (je pense également à Aly Ndlaye dit Webster et Will Prosper) nés d’une mère blanche québécoise.

      Quant à la direction Devoir, nous ne sommes plus malheureusement à l’époque de Mme Lise Bissonnette.

    • Claude Bariteau - Abonné 11 juin 2020 10 h 27

      M. Rousseau, vous écrivez « Les Canadiens-français » alors que « Des Canadiens-français » s'imposaient. Puis vous oubliez l'importante manfestation à Monréal contre a pendaison de Riel, qui défendait les Métis et les peuples autochtones.

      Effectivement, dans le sillage de la Révolution tranquille, il y eut des comportements déguellasses envers des Autochtones, ce qu'a rappelé Rémi Savard et bien d'autres avant que le gouvernement Lévesque reconnaissance les peuples autochtones sur le territoire du Québec.

      Cela étant, il faut dire que l'enseignement de l'histoire après 1763 a banalisé les alliances entre la France et des peuples autochtones et minimisé les relations entre les colons et les autochtones que plusieurs chercheurs ont mises en relief, signalant même l'existence d'un ordre sociétal parallèle à l'ordre des poudrés français de passage dans la colonie du Canada.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 11 juin 2020 12 h 07

      On a compris que "le retour du Québec dans la constitution" faisait référence à Meech.

      A tout cela, peut-on rappeler la déportation des Acadiens? Toutes les lois anti français hors Québec?

    • Jean Paré - Inscrit 11 juin 2020 12 h 58

      L'Histoire est une immense vente de garage, un vide grenier, où chacun choisit selon ses préjugés, ses obsessions, ses problèmes, son idéologie La preuveOn y trouve parfois de l'utile, mais le plus souvent, le mieux est d'organiser un autre vide-grenier.
      Jean Paré, Montréal
      Abonné

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 11 juin 2020 14 h 26

      Monsieur Rousseau,
      Je vous invite à lire The Abenaki Daring, de Jean Barman. On y retrouve l'histoire « d'un aïeul » , Gabriel Annance, lequel a suivi les traces de Joseph-Louis Gill et a défendu les intérêts des Abénakis. Grâce à son éducation, il était à l'aise avec les «Blancs», qu'lls soient Canadiens ou Anglais. En dépit de ses loyautés « originales » il a pris les armes «contre» les Patriotes. En fait, il a commencé sa vie en « homme libre », très à l'aise dans ce que Richard White appelle «Le Middle Ground» pour finir, après la Confédération et la Loi sur les Indiens, dans un autre statut, enfermé dans son «identité mineure» «d'Indien». Vous comprendrez, sans que je sois Autochtone, avec mon nom de famille, que j'ai un grand attachement au sort des Autochtones, que mon propre arrière-grand-père est né et a grandi à Odanak.

      Ça ne m'empêche pas d'avoir, sans doute, des préjugés, voire d'entretenir la discrimination, le racisme, mais je crois aussi nécessaire que l'on dise ce que l'on croit être la vérité. Et celle des Abenakis est la suivante : leur «terre ancestrale», c'est plutôt le New Hampshire, entre autres les fameuses «Whites mountains». S'ils ont été instrumentalisés par les «autorités» françaises, il faut faire la distinction avec les «colons» canadiens nés ici et ayant défriché et bâti le pays. À partir de l'arrivée des Européens et de leur négoce, toutes les relations ont changé, et ce très rapidement dans le «Nouveau Monde». Bref, chassés de leur territoire par les Britanniques, ils se réfugient au «Canada», et en échange, «gardent» la frontière.

      Lle «Pays d'en haut, c'est Rivière-Rouge, pas Sainte-Agathe et nos Canadiens là-bas se sont justement métissés. Ce dont vous parlez avec les pensionnats est arrivé aussi avec les Orphelins Duplessis. Je trouve inique de culpabiliser un peuple entier qui n'avait même pas la capacité politique de refuser les deux conscriptions, cette duplicité arrive dans toutes les colonies.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 11 juin 2020 15 h 13

      "Ce n’est pas qu’aux États-Unis qu’on célèbre toujours les confédérés.".

      Effectivement, le 1er juillet, au Québec, certains célèbre cet échec, dans l'indifférence....et dans le déménagement!

      Le pire: ils osent fêter une CONfédération!

    • Jean Duchesneau - Inscrit 11 juin 2020 16 h 47

      "Si Mme Nicolas est commentatrice au Devoir, c'est qu'elle fut embauchée à cette fin. Cela dit, les textes qu'elle présente, s'ils sont publiés, reflètent ses vues au sein de ce journal, ce qui concorde plus à la direction actuelle du journal qu'à son histoire."

      J'ai fait à peu près la même alusion dans un de mes commentaires hier et on l'a refusé !

      Toutes mes félicitations Monsieur Barriteau !

    • Jacques Patenaude - Abonné 12 juin 2020 12 h 57

      Allez lire les commentaires de la lettre de Dany Laferrière. Vous serez à même de constater la différence. Elle écrit volontairement les choses les plus outrageantes possible pour susciter les commentaires les plus diviseur. Son objetif est de forcer les voies centristes à choisir un des deux camps radicaux. Comme avait dit GW Bush lors de sa guerre en IRAK " Vous êtes pour nous sinon vous êtes contre nous". Elle utilise la même tactique. La meilleure façon d'y répondre c'est de dénoncer ce procéder et d'éviter les commentaires écrit sur le coup de la colère.

  • Serge Lamarche - Abonné 11 juin 2020 04 h 00

    Manque d'instruction à l'école

    L'histoire du Canada est pleine de trous dans nos livres d'histoire. J'en apprend encore à mon âge.

  • Pierre Boucher - Inscrit 11 juin 2020 04 h 06

    Pierre Vallières

    « Nègres blancs d'Amérique », vous connaissez?

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 11 juin 2020 08 h 54

      Oui, mais faut croire que l'on ne lit pas les mêmes mots quand on lit pourtant les mêmes textes. Madame Nicholas trouve important de faire un discours en bilingue quand elle reçoit le prix du Gouverneur général. Quoique francophone, son débit et sa précision en anglais permettent de deviner son aisance académique dans cette langue c'est là que le bat blesse, tout passe par une conception qui est celle de Toronto (elle-même un satellite de Berkeley).

      Il suffit de la lire dans Liberté, avec son rapport à « Speak White » pour constater qu'elle ne semble vraiment pas, mais vraiment pas, saisir le texte, étant trop persuadée de la justesse de sa conception, qu'on voit poindre ici.

      Il suffit de voir sa référence à McDonald et à négliger l'histoire de l'Orangisme. Je peux absolument, mais absolument, comprendre que sa jeunesse a été horrible et qu'elle a souffert d'un ostracisme évident, à cause du racisme. Mais ça ne rend pas plus vraie son interprétation.

      À l'époque de SW, la Commission sur le Bilinguisme et le Biculturalisme (ça va les deux peuples fondateurs?) établissait le rang économique des Canadiens français, lesquels étaient, avec les Amérindiens, bon derniers.

      Des immigrants récents, intégrés à l'anglais, s'en sortaient mieux qu'eux. Cette commission était dirigée par Laurendeau, l'ancien directeur du Devoir... Et il ne fait pas négliger que de 1940 à 47, les Noirs aux États-Unis on amélioré leur situation économique (et les progrès, malgré la «Guerre à la pauvreté» de Johnson ne se sont guère manifestés ensuite dans les années 60). Dans Nègres blancs, comme dans Speak White (surtout considérant Octobre par après), la comparaison tient, ce qui ne veut pas dire que l'Histoire des Québécois est la même (au sens de aussi horrible) que celle des Haïtiens ou des Afro-Américains.

      Il faut la lire ici : https://revueliberte.ca/article/1430/Ma%C3%AEtres_chez_l_Autre

      Elle aurait avantage à lire aussi «Destination 80», toujours de Lalonde.

  • Yvon Montoya - Inscrit 11 juin 2020 05 h 53

    Excellent texte bien documenté. Justement je parlais hier des fameux porteurs de la gare Windsor, des «  noirs » interdits dans les clubs de la rue Ste-Catherine, du fameux «  cimetières des negres » a Montreal. Merci.

    • Claude Bariteau - Abonné 11 juin 2020 08 h 59

      Monsieur Montaya, ce texte rappelle les vues du tandem Macdonald-Cartier et les assises britanniques –Cartier se disait un britannique d’origine française– du « Dominion of Canada ». Ces assises se sont reflétées à Montréal.

      Par contre, si l'auteure explique les comportements contre les Métis et les immigrants chinois, elle souligne en particulier les liens entre Macdonald et les Sudistes.

      Or, derrière ces liens, il y a la connivence du milieu d’affaires de Montréal et de Toronto et des représentants britanniques, dont le gouverneur Monck et des dirigeants militaires qui ont appuyé, comme le Royaume-Uni, les Sudistes au début de la Guerre de Sécession.

      Ces dirigeants avec Brown, ami de Monck, ont projeté de réunir en 1864 les colonies britanniques au nord des États-Unis pour créer un marché supplétif pour contrer l’abandon du Traité de réciprocité par les États-Unis. Le Dominion est devenu le bébé d'un Royaume-Uni craignant une charge des États-Unis après la Guerre de Sécession.

      Dans ce projet se trouve la hantise des dirigeants coloniaux de voir se reproduire au Québec un mouvement comme celui des Sudistes de sorte qu’ils optèrent pour une fédération centralisée plutôt qu’une confédération.

      Dernier point : le deux peuples fondateurs remontent à la pratique de l'Indirect rule par les Britnaniques et leurs alliés pour gouverner une populace de langue fraçaise. L'auteure aurait dû aussi s'y pencher pour comprendre mieux l'histoire du Québec dans le Canada..

  • Michel Lebel - Abonné 11 juin 2020 06 h 23

    Le jugement...

    Un seul commentaire: il faut toujours faire attention de juger une époque et ses personnages avec les yeux d'aujourd'hui. Les choses ne sont jamais aussi simples ou nettes.

    M.L.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 11 juin 2020 14 h 30

      Alors MeLebel avec quels yeux vous et nous devons juger Amherast ,Macdonald et Cartier,Trudeau et Chrétien,Charest et Couillard

      sans travestir l'Histoire,les yeux du passé ou d'aujour'hui ? Ces fautes graves commises n'ont-ils pas existées.? ET envers le Québec

      elles continuent et s'emplifient, Meme des lettrés comme vous et les ignorants ne réalisent pas le "Quebec bashing",Ces" dépendantistes"

      colonisés voteront contre eux et contre notre bien commun comme agrandir Dawson et payer pour s'anglisiser.La CAQ est le prolongemen

      de libéraux . La Fierté endormie.Wake up ,it is do or die. Parler anglais à New-York ou Toronto OK mais pas à Montréal svp.