Une question de vie et de mort

Dans un monde qui a pourtant vu bien des horreurs, la lente suffocation de George Floyd dans une rue passante d’une grande ville nord-américaine atteint un sommet. Il y a quelque chose de particulièrement traumatisant dans l’image de ce policier agenouillé sur le cou d’un homme, l’air insouciant, la conscience manifestement en bandoulière, comme s’il n’enregistrait pas son geste malgré les lamentations de sa victime (« Je ne peux pas respirer ! ») et les cris de passants (« Il ne bouge plus, laissez-le ! »).

On nous répète souvent que l’humanité est en constante progression, que nos civilisations se raffinent, que le monde est aujourd’hui moins cruel et moins violent. Nous cheminons, dit-on, vers la lumière. Mais voilà qu’il fait noir tout à coup. Cette image de cruauté inouïe n’est pas sans rappeler une autre image implacable, celle du chef de police de Saïgon sur le point de flamber la cervelle d’un sympathisant Viêt Cong, en pleine rue, en 1968. Deux époques, deux morts en direct, deux montées aux barricades. Les manifestations qui ne dérougissent pas aux États-Unis actuellement, rappelant celles, mémorables, d’il y a 50 ans, n’ont pas seulement comme cible la dernière statistique de brutalité policière. Comme les manifestations contre la guerre au Vietnam jadis, on assiste à une révolte devant l’injustice, à un vase qui déborde face à des politiques discriminatoires et sanguinaires. Un vertige que la crise mondiale actuelle ne fait qu’alimenter.

Signe des temps, le même jour où un policier blanc asphyxiait un homme noir — supposément pour avoir fait circuler un faux billet de banque — une femme blanche dénonçait à la police un autre homme noir après que celui-ci lui a demandé de mettre son chien en laisse. Devant un refus de se plier aux règlements, l’ornithologue et habitué de Central Park, Christian Cooper, s’est alors mis à filmer le chien et sa maîtresse à l’aide de son téléphone. « J’appelle la police pour dire que ma vie est actuellement menacée par un Afro-Américain ! », crie aussitôt Amy Cooper (aucune relation avec le supposé agresseur), devenant de plus en plus agitée au fur et à mesure qu’elle s’entretient avec le 911.

Heureusement, l’histoire se termine beaucoup mieux pour Christian Cooper que pour George Floyd. Il n’y aura pas d’arrestation musclée dans son cas et son accusatrice se verra même obligée de s’excuser après que l’altercation a fait le tour des réseaux sociaux et qu’elle ait été congédiée par son employeur.

Cette querelle peut paraître banale en comparaison à la mort tragique d’un homme. Elle ne l’est pas. Cette fausse accusation d’Amy Cooper est l’alpha, et l’exécution publique de George Floyd, l’oméga d’un même système raciste. Aux États-Unis, c’est au nom de la protection des femmes blanches que les lois ségrégationnistes se sont érigées. « Après la guerre civile, à la suite de l’abolition de l’esclavage, les politiciens blancs ont utilisé la peur du viol de femmes blanches par des Noirs comme moyen de codifier la terreur raciale […] Le carnage devint de la chevalerie », écrit le chroniqueur du New York Times Charles E. Blow.

Des exemples de l’instrumentalisation de la vertu des femmes pour intimider la communauté noire abondent aux États-Unis, dont l’histoire de George Stinney Jr, condamné en 1944 à la chaise électrique après avoir été faussement accusé du viol de deux jeunes blanches. Son procès dura quelques heures seulement et le jury, entièrement composé d’hommes blancs, délibéra pendant à peine 10 minutes avant de le reconnaître coupable. George Stinney avait seulement 14 ans au moment de son exécution. Des images du film qui raconte cette histoire circulent sur les réseaux sociaux actuellement. Et pour cause. Le système de terreur qui tient les Afro-Américains en laisse est une vieille histoire.

Cette histoire, bien qu’exacerbée et particulièrement criante chez nos voisins, n’est pas exclusive aux États-Unis, faut-il le rappeler. Le racisme consiste à voir ceux qui ne nous ressemblent pas comme étant étrangers à soi, une distorsion répandue. « Quand vous voyez les gens différemment, vous les traitez différemment », dit l’ex-policière noire et représentante démocrate, Val Demings. À noter d’ailleurs que les manifestants anti-confinement, majoritairement blancs et parfois armés jusqu’aux dents, n’ont pas du tout été incommodés lors des dernières semaines. On n’a pas cherché à contenir leur mécontentement et le président américain s’est bien gardé de les traiter de « voyous ». Alors que les manifestants antiracistes, eux, sont attendus de pied ferme, police antiémeute, gaz lacrymogènes et couvre-feux à l’appui. Et bientôt, l’armée ?

Craignant le pire, tous les regards se tournent maintenant vers les États-Unis. Maître de la division, jouant un Néron obnubilé par le feu à sa porte, Trump semble prêt à souffler sur les flammes pour assurer sa réélection. Faudra-t-il arrêter de compter les morts causées par la pandémie pour mieux compter ceux de cette nouvelle conflagration ?

49 commentaires
  • Yvon Montoya - Inscrit 3 juin 2020 05 h 46

    Le racisme est une véritable maladie dans les sociétés occidentales parce qu’elles detiennent ( en perte de vitesse ces temps-ci) le pouvoir. Cela ne date pas d’aujourd’hui, vous faites bien de le rappeler. Une maladie alimentée par des idéologies néfastes que sont le conservatisme nationaliste a la mode Trumpienne/Bannon ou genre Front National ou Catalan souverainiste ou séparatiste au nom de mythes historiques. On n’est pas sorti de l’auberge aux drames. C’est une constante têtue chez l’être humain de se croire et penser ( il y a des intellectuels qui s'expriment dans ce registre empoisonné chaque jour) supérieur a autrui. Triste.

    • Bernard Plante - Abonné 3 juin 2020 09 h 19

      Bon. Encore une fois M. Montoya qui tente d'associer le nationalisme de partout sur la planète à du racisme. Lassant à la fin.

      Comme si de vouloir contrôler notre destinée était basé sur le dénigrement de l'autre. Comme si un Québec pays ne travaillerait pas en collaboration avec les pays voisins, incluant le Canada. Comme si une fierté nationaliste inclusive, nationalisme qui inclus tous les habitants du territoire, n'était pas sain, motivant et galvanisant pour un peuple.

      En écoutant ces discours répétitifs de dénigrement des nationalistes on finit par se demander de quel bord se trouve l'intolérance.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 juin 2020 09 h 20

      Ah ! Ben. Je viens d’apprendre que le racisme est une maladie des sociétés occidentales, et par ce fait même, on occulte le racisme d’ailleurs. C’est sûr qu’il n’y avait pas de racisme au Rwanda alors que les Hutus ont massacré plus d’un million de Tutsis. On ne parlera pas du génocide de Darfour au Soudan, de celui au Congo en 2002, de celui en Inde en 1984, de celui du Myanmar qui est en cours, de celui du Bengladesh des années 80 et 90 et j’en passe. La liste est trop longue.

      Personne ne se pense supérieur à personne en Catalogne ou au Québec. Ils veulent tout simplement vivre chez eux dans des frontières délimitées avec ceux qui partagent les mêmes aspirations, valeurs et projet de société. Et ce qu’on entend par valeurs, c’est tout simplement l’égalité pour tous (« ben » oui, en incluant les femmes et les minorités sexuelles) et la liberté de penser sur toutes ses représentations intellectuelles, morales, politiques et religieuses en autant qu’elles ne sont pas imposées aux autres dans la sphère étatique. Pourtant, ce n’est pas difficile à comprendre.

      Évidemment, ceux qui sont contre ce projet de société, nous parviennent, plus souvent qu’autrement, de pays pauvres, antidémocratiques et en pleine pagaille pour venir semer la zizanie dans les pays occidentaux et profiter de leurs richesses et libertés en utilisant les lois et les chartes à leur propre dessein. Alors, on dit à ces gens, mettez de l’ordre dans votre propre maison avant de penser de venir chez nous et nous dire faire la morale. Vous savez, l’immigration n’est pas un droit, mais bien un privilège.

    • François Beaulne - Abonné 3 juin 2020 09 h 36

      Votre nom à consonance espagnole ne vous donne pas le droit de mépriser les Catalans et d'associer leur mouvement démocratique d'affirmation nationale. A lire vos commentaires anti nationalistes dans ce journal, je comprends pourquoi le gouvernement espagnol s'avère incapable de trouver une sortie de crise respectueuse des droits de la personne et du principe fondamental du droit des peuples à l'autodétermination enchâssé dans la Charte des Nations Unies.

    • Claude Gélinas - Abonné 3 juin 2020 10 h 51

      Vous vous égarez ! Que vient faire le mouvent Catalan dans votre énumération ?

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 3 juin 2020 11 h 31

      Il y a eu un mouvement «nationaliste noir» aux États-Unis. Vous en faites quoi?

      Arrivez en ville. Maurice Séguin, un intellectuel immense au Québec, a eu le mérite de bien théoriser le nationalisme et même de construire une sociologie du national. Le Québec n'est pas l'Europe ou les États-Unis, le Québec n'est même pas le Canada, même s'il est «attaché» au Canada. Le nationalisme c'est vouloir augmenter l'agir collectif (économique, politique, culturel) de sa nation. Qu'on arrête d'en faire un truc chauvin, ce qui n'est qu'une déclination du nationalisme.

      C'est tout. On peut embarquer sur des nuances entre les concepts de nation, d'ethnie, de nation intégrale ou satellite, mais si vous écrivez en français vous comprenez ce qu'on veut dire. Le Canada n'est pas la Chine. Le Danemark n'est pas l'Allemagne. Le statu quo c'est un certain nationalisme, opérant, qui fait que le Mexique est distinct des États-Unis, comme le Canada. Même Trudeau «postnational» est une nationaliste, son exaltation postmoderne du Canada est une désir de maintenir l'agir Canadien, de l'accroitre, sans impérialisme. Voilà.

      Qu'est-ce que ça a à voir avec le racisme? Et qu'est-ce donc qu'un racisme lié à des «sociétés occidentales ayant le pouvoir». Qu'entendez-vous par le pouvoir des sociétés occidentales (dans le Monde?). Quel lien avec le racisme? Les Finlandais ou Norvégiens sont occidentaux, mais contiennent moins de «minorités» que les Américains, mais sont-ils racistes? Les Allemands ne le sont pas, c'est vraiment mal vu là-bas , mais c'est très mal vu aussi de ne pas apprendre l'Allemand, tolèreraient-ils, comme aux États-Unis, «une minorité» qui s'intègre fièrement de moins en moins en exigeant une valorisation de l'espagnol?

      Par exemple en Allemange, AFD est contre l'Union européenne, qui a aussi son propre nationalisme. Ce groupe existe parce que l'on a miné «l'agir» de l'Allemagne. C'est le symptôme, pas la cause. Alors le lien avec le racisme, il est où?

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 juin 2020 07 h 43

      "Ceux qui sont contre ce projet de société, nous parviennent, plus souvent qu’autrement, de pays pauvres, antidémocratiques et en pleine pagaille pour venir semer la zizanie.." - Cyril Dionne

      Il faut croire que les "canadians" du ROC viennent d'un pays pauvre et antidémocratique.

      "Encore une fois M. Montoya qui tente d'associer le nationalisme de partout sur la planète à du racisme."- Bernard Plante

      Il n'existe pas qu'une forme de nationalisme tout dépendant du nationalisme que l'on cultive pour tenter d'exacerber la xénophobie et cumuler des vote.

      Nationalisme :

      Ce terme désigne aussi des mouvements politiques déclarant vouloir exalter une nation sous toutes ses formes (État, culture, religion, ethnie, langue, histoire, traditions, préférence nationale pour l'emploi, etc.), par opposition aux autres nations et populations. Cette deuxième variante du mouvement s'est développée à partir de la fin du xixe siècle, vers 1870 : chauvine et xénophobe, elle trouvait alors ses militants principalement dans la petite bourgeoisie.

  • Françoise Labelle - Abonnée 3 juin 2020 07 h 19

    Les chevaliers suprémacistes blancs

    En ce qui concerne l'instrumentalisation de la vertu, on pourrait aussi citer le cas du jeune Emmett Till, 14 ans, assassiné et massacré en 1955 par des chevaliers suprémacistes, suspects dans d'autres meurtres, pour avoir exprimé son admiration pour la beauté de la proprio de l'épicerie Carolyn Bryant. Celle-ci a d'abord accusé Till d'agression sexuelle pour revenir sur sa déclaration sous serment.
    Amy Cooper, une canadienne, ne l'oublions pas, se serait servie de ce levier pour ventiler sa frustration. Elle aurait dit: «J'appelle la police. Je vais leur dire qu'un américain d'origine africaine met ma vie en danger». Il y a peu de place pour l'équivoque.
    «Getting Away with Murder | American Experience» pbs.org
    «Amy Cooper Knew Exactly What She Was Doing» Zeba Blay, HuffPost, 21 mai
    On la coiffe du surnom de «Karen», stéréotype d'une femme d'âge moyen, agressive, qui utilise tous les moyens pour parvenir à ses fins.

    Il faudra que les américains puissent combattre l'exclusion active des opposants à Trump et que ceux-ci aillent voter. L'historien Juan Cole, et bien d'autres, espérait en 2016 que ses concitoyens choisiraient le moindre mal. Devant sa bienveillance envers les nazis, les racistes, ses appels à la sédition et ses nombreuses diffamations, le silence des républicains est assourdissant.

  • Cyril Dionne - Abonné 3 juin 2020 07 h 27

    N’importez pas les problèmes des autres chez nous

    Bon, pour faire court. Le Québec n’est pas les États-Unis et il n’a jamais mis en place des politiques racistes et ségrégationnistes. C’est tout le contraire, nous avons été les « nègres blancs d’Amérique » et la plupart des gens du ROC aimeraient bien qu’on garde ce statut.

    Le Québec n’a envahit aucun pays et n’a fait aucune guerre d’empire. Le Québec n’a lynché personne; c’est nous les Patriotes de 1837-1838 qui ont été pendus par la Couronne britannque. George Floyd est un Américain, pas un Québécois. Il n’y a pas de racisme systémique au Québec. Cette notion fait partie des contes folkloriques du multiculturalisme bien « Canadian », Concordia anglo-saxon oblige. Et nous n’avons aucunement instrumentalisé le mouvement des femmes; c’est tout le contraire, celui-ci a été repris par encore une fois, le multiculturalisme "Canadian".

    Ceci dit, c’est la police qui est le problème partout même au Québec. Ce sont eux qui posent ces gestes infâmes parce que personne ne police la police. Personne. C’est un groupe paramilitaire qui obéit à ses propres règles internes de l’omerta et qui se fait juge, jury et exécuteur.

    Pardieu, n’importez les problèmes des autres chez nous avec vos pancartes toutes anglophones. Pour les manifestations en pleine pandémie à Montréal, non merci. Tout ce beau monde aurait dû être arrêté et mis en amende. Et pour finir, gens de Montréal, restez chez vous; on ne veut pas vous voir en région pour venir nous contaminer avec votre 1 655 décès par million à l’heure de ce commentaire.

    • Nadia Alexan - Abonnée 3 juin 2020 19 h 06

      À monsieur Cyril Dionne: Il n'y a pas d'excuses pour le meurtre lâche de George Floyd même s'il était un criminel avec des antécédents. Le rôle d'un policier et de menotter une personne et le rendre à la justice pas le tuer en flagrant délit. Les policiers ont un code de déontologie qu'ils doivent respecter.
      Le policier qui a tué George Floyd avait au moins dix réprimandes à son nom pour un comportement raciste, sans qu'il soit sanctionné pour autant.
      Oui, le racisme chez nous n'est pas institutionnalisé comme celui des États-Unis, avec leur histoire d'esclavage. Par contre, nous avons des individus et des policiers lâches qui pensent s'agrandir en discriminant contre les noirs et les minorités. Nous avons des lois contre la haine qu'il faudrait utiliser contre ceux et celles qui pratiquent le racisme.
      Mais, de là à dire que le racisme n'existe pas du tout chez nous, relève de l'aveuglement volontaire. Je pense qu'un cours de citoyenneté dans nos écoles à cet égard s'impose.

    • Jacques Patenaude - Abonné 3 juin 2020 19 h 42

      @Dionne
      je me demande comment l'auteur de "Nègres blancs d'amérique" aurait reçu votre commentaire car q'il voulait qu'on s'associe à la lutte des noirs contre le racisme.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 juin 2020 22 h 18

      Bon, les bonnes âmes inclusives de la gauche en remettre. Non, il n'y pas d'excuses pour le meurtre de George Floyd même s'il était un criminel avec des antécédents. Cela, je vous l'accorde. J'ai passé deux étés au Minnesota, un état tout blanc qui se dit démocrate et de gauche, et qui vote inconditionnellement démocrate. Ceci dit, les noirs sont aussi rares qu'une victoire du CH dans cet état où la plupart des blancs sont d'origine allemande. Si cela peut vous consoler, la police est tout aussi raciste avec les francophones. Cela ne m’a pas surpris d’entendre que ce meurtre en direct avait eu lieu dans cet état.

      Bon, ceci dit, j’ai enseigné à des élèves noirs, asiatiques, latinos, autochtones et personne n’a jamais émis une remarque ou un commentaire raciste en classe, dans la cour d’école, nulle part. Et je n’ai vu ou jamais entendu aucun commentaire de nature raciste à l’école. Jamais. Et nous avons eu beaucoup de discussion sur les pensionnats autochtones, l’esclavage des noirs aux USA, les lois ségrégationnistes de Jim Crow et ainsi de suite. Curieusement, lors de mes cours de formations à la direction, deux policiers, qui étaient des anciens militaires à la retraite (ils ont une pleine pension à 40 ans dans les forces armées), eh bien, ils avaient été invités par notre professeur pour nous parler de l’usage de la drogue dans les secondaires. Et petit à petit, la discussion est tombée sur les religions et un de ces invités a fait une remarque assez déplaisante vis-à-vis certains croyants. Si cela avait été un professionnel de l’enseignement, il aurait eu à subir des conséquences assez néfastes.

      Curieusement, lorsque vous sortez de l’école, ce sont les adultes de différentes ethnies qui n’arrêtent pas de parler de couleurs ou de races. Aujourd’hui, tout le monde joue à la victime. Et pour les meurtres en direct, il serait intéressant de voir les réactions si on avait aussi des guerres en direct. Je ne pense pas qu’il y aurait tellement de conflits.

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 juin 2020 09 h 05

      "Nous avons été les « nègres blancs d’Amérique »" - Cyril Dionne

      Amusant tout de même, de voir Cyril Dionne se référer à un ouvrage de Pierre Vallières*, un marxiste avoué et un des chefs idéologiques du FLQ qui appellerait à la lutte armée pour étayer ses arguments.

      Quant à vous, Dionne,

      Cessez donc d'importer vos guerres de religions et de semer la division au Québec

      * Pierre Vallières :

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Valli%C3%A8res

  • Yves Corbeil - Inscrit 3 juin 2020 07 h 35

    Bonne chronique, finale manquée

    Le racisme est un fléau depuis toujours dans ce pays. Pourquoi finir sur une comparaison boiteuse de deux groupes qui ne sont pas investi de la même mission. Le premier groupe armé jusqu'aux dents ne provoque personne et n'est pas infiltré par des casseurs, casseurs qui seraient bien petits dans leurs souliers aux côtés d'une majorité de rednecks, il revendique ses droits. À l'inverse, les manifestants anti-racistes eux sont investi de casseurs qui profitent de chaques manifestations pour étaler leurs petitesses d'esprit. Et quand on se tourne vers chez nous, bien nous avons une certaine gauche qui profite des manifestations américaines pour accuser le peuple québécois de racisme systémique et ainsi faire avancer son dossier multiculturel canadian en se prétendant indépendantiste, vous auriez pu en parler dans votre chronique, mais c'est ça qui est ça, hein, madame Pelletier.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 3 juin 2020 08 h 11

      Elle devait compter sur vous pour remettre les pendules à votre heure.

    • Pierre Desautels - Abonné 3 juin 2020 09 h 08


      Personne n'accuse le peuple Québécois tout entier quand il est question de racisme systémique dans certains secteurs de la société. Nuance.

    • Jacques Patenaude - Abonné 3 juin 2020 10 h 08

      @ Yves Corbeil
      "Le premier groupe armé jusqu'aux dents ne provoque personne et n'est pas infiltré par des casseurs, casseurs qui seraient bien petits dans leurs souliers aux côtés d'une majorité de rednecks, il revendique ses droits."

      Si je comprend bien votre raisonnement la "majorité de rednecks" est armée jusqu'aux dents pour se protéger des casseurs qui pourraient infiltrer leur manif pacifique.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 juin 2020 10 h 28

      Bon, pour toutes les âmes pures inclusives qui parlent presque tous la langue de Doug Ford par cœur, accusez les Québécois de racisme systémique pour un assassinat perpétré par la police de Minneapolis, est plus que loufoque. Et avant de consacrer George Floyd comme un saint sans reproche, il faudrait savoir que ce dernier a passé cinq ans derrière les barreaux en 2009 pour agression physique et vol. Deux ans plus tôt, il avait été condamné pour des accusations allant du vol à main armée en plus de plusieurs accusations dues au trafic de stupéfiants.

      Si cela est votre « poster boy » du racisme aux États-Unis, eh bien, nous démissionnons. Ils nous semblent qu’il y a beaucoup de bien meilleur exemple pour illustrer la cause du racisme systémique aux USA envers les noirs et pas besoin de philosopher trop longtemps pour arriver à une conclusion inévitable et inaliénable, Ahmaud Arbery oblige, tué par Gregory McMichael, un policier à la retraite.

    • Gilles Théberge - Abonné 3 juin 2020 11 h 22

      La plume a du tourner sept fois autour des doigts de madame, pour qu'elle s'en tienne aux «États...».

      Bien que je soit d'accord avec vous sur le fait qu'elle mélange ici deux affaires distinctes.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 3 juin 2020 11 h 44

      Excellente distinction.

      Encore une fois, nos médias ici ne prennent pas le peine de souligner à quel point c'est une ambiance de guerre civile.
      Des dizaines de villes avec des immeubles en feu, du vandalisme, du pillage, des morts et, il faut le dire, des quartiers pauvres et noirs parfois ravagés parce ces troubles.

      Donc la couverture au sujet d'une Amérique de Trump martiale, voire fasciste contre un mouvement pacifique antiraciste qui «brave» la tyrannie est complètement décalé et on présente encore une fois une vision tellement tordue qu'ici plus personne ne comprendra, à travers nos médias, les États-Unis.

      Le Zeitgest aux États-Unis est déjà complètement acquis aux causes comme «Black Lives matters» , les médias et Hollywood sont déjà (ciel, ouvrez le New Yorker) complètement saturés des concepts comme le «White Privilege», enfin tout le monde, tout le monde parle de la victime. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas du travail à faire et que les manifs ne sont pas légitimes, au contraire.

      Mais tous les débordements violents, c'est autre chose. Il y a détournement, infiltration, à la fois par des élémens criminels et par une certaine extrême-gauche (amalgamée à tort comme «Antifa»), qui veut en finir avec Trump et il y a une représentation tordue, médiatique, comme si la répression policière avec les seconds (casseurs), visait les premiers (manifestants pacifiques).

      Pourtant, pendant la grève de 2012, même GND et la CLASSE ont fait un appel au calme quand il y a eu une rumeur de brique lancée sur les autos sur Ville-Marie. Les fumigènes dans le métro, les BIXIS cassés, ça beaucoup de grogne, au sein même des partisans plus radicaux.

      On fait de Trump un Néron. Il le deviendra s'il perd son soutien parce qu'il laisse brûler l'Amérique. Mais on voudrait nous faire croire que l'Amérique brûle à cause de Trump.

      Parce que le sang, les brasiers ça fait une belle image pour dire que c'est ça, MAGA...

  • Daphnee Geoffrion - Abonnée 3 juin 2020 08 h 17

    " la conscience en bandoulière, comme si il n'enregistrait pas son geste"...

    Au contraire, quand on voit les images on peut voir toute la haine dans le language non verbal du policier, une haine meurtrière et gratuite.

    C'est plus que du racisme, il agit comme un psychopathe, comme un jeune enfant qui torture un animal avec plaisir sans aucune émotion.

    La seule solution est d'engager et de mettre sur le terrain des policiers issus de différence communauté pour atteindre au moin 50% des effectifs, obliger le port de caméra et un système de dénonciation interne avec un niveau de tolérance zéro.

    Former et conscientiser ces vieux policiers blancs racistes à l'os est une perte de temps, il faut les sortir du système pour de bon.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 juin 2020 17 h 26

      Mme Geoffrion, si les policiers avaient au moins un baccalauréat, peut-être qu'on pourrait éliminer tous ceux qui ont une « haine meurtrière et gratuite » et appeler les agents de police, des vrais professionnels. J'ai enseigné à plusieurs jeunes qui sont devenus des policiers plus tard et la plupart étaient tous des « bullies » à l'école qui n’ont pas été plus loin que leur secondaire. Et leur comportement n'a pas changé avec leur uniforme de « Batman ». La plupart sont devenus encore plus antipathiques et sociopathes.

    • Serge Lamarche - Abonné 3 juin 2020 18 h 42

      Les psychopathes sont en fait sur-représentés dans les métiers de la police. Aussi en chirurgie et quelques autres métiers.