Parlez-vous l’«épicène»?

Toutes les sectes ont leur jargon. C’est même souvent à ça qu’on les reconnaît. Des jeunes des banlieues aux francs-maçons, des lacaniens aux chapelles d’extrême gauche. Plus ces groupuscules sont marginaux, plus ils tentent de se distinguer par leur vocabulaire décalé souvent amusant, parfois abscons, toujours étrange ou déjanté. Au XVe siècle, les truands de Villon avaient leur argot. Ceux d’hier s’exprimaient en verlan. Aujourd’hui, la langue technocratique offre une panoplie inépuisable à qui veut s’enfermer dans le volapük.

Le dernier-né de ces baragouins se nomme l’« épicène », ou « écriture inclusive ». Il permettrait, dit-on de « guérir » le français de son tropisme masculin. Peu importe que, par sa précision et sa délicatesse, la langue d’Anne Hébert, de Barbara et de Madame de La Fayette ait été considérée comme la plus féminine du monde. On nous assène aujourd’hui le contraire sous prétexte qu’elle n’a pas de neutre comme l’anglais — la pauvre ! — et que c’est un masculin générique qui en tient lieu (les policiers, les infirmiers, etc.).

Après la Ville de Paris, qui multiplie les «.e.s » sur toutes ses affiches, voilà que Montréal veut généraliser la « communication épicène ». Il s’agirait en effet de s’attaquer à la « suprématie du masculin sur le féminin ». Notez bien le mot « suprématie » soigneusement choisi pour associer les réfractaires à des « suprémacistes ». On en tremble déjà ! Heureusement, pour communier à la nouvelle morale dite « non genrée » (non gender), il suffirait d’écrire à chaque fois « les policières et les policiers » ou de n’utiliser que des mots dits « épicènes » (qui permettent de masquer le sexe) comme « enfants », « personnes » et « individus ».


 
 

L’ennui, c’est que cette gymnastique grotesque ne fait pas que transformer tout discours en pensum. Elle s’avère la plupart du temps impraticable. La preuve ? Même ses défenseurs les plus acharnés en semblent incapables. À commencer par la mairesse de Montréal ! Prenez au hasard n’importe quelle entrevue de Valérie Plante et vous verrez qu’au bout de cinq minutes, une fois égrenés quelques sempiternels « Montréalaises et Montréalais » pour la forme, elle revient heureusement à la normale et parle comme tout le monde des « Montréalais qui se posent des questions » (entrevue avec Patrice Roy, 20 mars 2020).

Cela devrait-il pour autant lui valoir un procès en hérésie ? D’autant que, dans la même entrevue, la mairesse « oublie » d’accorder au féminin les pronoms personnels qui se rapportent à un nom féminin. Ainsi dit-elle des « personnes les plus vulnérables » qu’« ils ont besoin ». De celle qui prétend vouloir féminiser la langue à tous crins, on aurait pu s’attendre à ce qu’elle n’ajoute pas du masculin là où la grammaire ne le prescrivait pas !

Cette semaine, Le Devoir publiait une lettre défendant ces nouvelles règles. Au bout de dix phrases à peine, l’auteur déclarait forfait et enfreignait à trois reprises sa propre norme sans même s’en apercevoir. Comment lui en vouloir ? Même les doctrinaires les plus acharnés n’arriveront pas à appliquer des règles aussi saugrenues dans un texte suivi un peu élaboré, un essai, un roman et encore moins un recueil de poésie.

Nos idéologues du genre oublient en effet que les réformes linguistiques ne répondent pas d’abord à de sombres complots machistes ou féministes, mais qu’elles cherchent d’abord à simplifier l’usage. D’où l’abandon, dans l’histoire, des déclinaisons et la simplification de l’orthographe.

On pourra bien déplorer la disparition du neutre avec le latin, le plus simple en français sera toujours de s’en remettre à ce masculin générique englobant hommes et femmes au lieu d’égrener à chaque fois les interminables « électrices et électeurs ». Après tout, même en Israël on utilise la numération arabe sans que personne s’en offusque.


 
 

De l’« épicène », on pourrait dire ce que Jean Paré écrivait en 1993 du « québécois » que certains cherchaient alors à ériger en langue à part. C’est « une langue qui n’existe pas […] Elle n’est pratiquée nulle part, par aucun journal, aucun organisme. » Il n’y a dans cette langue « pas un essai, un seul ouvrage de philosophie, de théologie, pas un seul article scientifique. Car une langue doit faire tout cela »

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Que des militants poussent leur fantasme de pureté jusqu’à édicter leurs propres règles de grammaire, on pourrait en sourire. Mais qu’un État, un gouvernement ou une administration municipale impose ces pratiques marginales au mépris de l’usage — pourtant déterminant en français —, il y a là un relent de totalitarisme dont n’a jamais fait preuve l’Académie française.

Au lieu d’essentialiser la langue française, en la décrétant par essence sexiste, raciste ou colonialiste, le poète Léopold Senghor la considérait comme son « butin ». Méfions-nous de ceux qui croient changer le monde en moralisant le vocabulaire et la syntaxe, tout comme hier encore ils nous exhortaient à ne pas blasphémer. Ce n’est pas un hasard si ces militants rêvent d’une langue où les noms communs n’ont pas de genre, où la délicatesse du « e » muet n’existe pas et où le sexe et le genre se confondent. Qu’ils se rassurent, cette langue existe. C’est l’anglais. Ils n’ont qu’à le parler.

128 commentaires
  • Jean-Charles Morin - Abonné 29 mai 2020 00 h 42

    L'art de perdre son temps... et celui des autres.

    Monsieur Rioux a bien raison. Il y a malheureusement de plus en plus gens qui, au nom d'un bien improbable "progressisme" et au mépris des nombreux problèmes plus urgents à régler, aiment consacrer leur temps et leur énergie à promouvoir un formalisme ampoulé et abscon. Grand bien leur fasse... du moment qu'ils n'utilisent pas les deniers publics pour entretenir leur marotte et bricoler inutilement quelque nouvel Esperanto.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 29 mai 2020 09 h 06

      Droit devant et drette dessus encore une fois, M. Rioux!

      Dans l'histoire, le français a été souvent contrôlé par des académies, des aristocraties et des bureaucraties. Tandis que l'anglais est davantage né d'une «jonction» entre l'allemand et les langues qu'on parlait dans les îles dites britanniques, et ce, suite à une occupation/invasion des germains. Dans un livre dont j'oublie le nom, on nous dit que c'est le peuple qui y a fait évoluer cette langue devenue l'anglais. Le français y a aussi participé.

      À force de policer et compliquer le parler et l'écrire du français à des fins idéologiques, on finit par décourager son adoption à titre de langue d'usage.

      L'anglais devient alors très attirant et, dans notre contexte canadien et nord-américain, les nouveaux arrivants au Québec ont bien d'autres chats à fouetter que de subir le supplice engendré par ces farfineries linguistiques.

      La langue française est magnifique. Mais, dans notre contexte politico-sociologico-technologique où la rapidité brouillonne twittrumpienne semble vouloir régner, le fait qu'il faut quasiment un cours classique pour la maîtriser la désavantage. Comme vous dites, M. Morin, il nous faudrait la «bricoler», travailler à sa simplicité volontaire.

    • Cyril Dionne - Abonné 29 mai 2020 09 h 37

      Oui M. Morin, c’est vraiment l’art de perdre son temps. Essayez de réinventer la langue en jouant du violon alors que le Québec brûle durant la pandémie, cela ne vous rappelle-t-il pas un autre personnage de l’histoire? En fait, parler de la qualité de la langue française en ces temps de pandémie est pour le moins, indécent. Nous avons 500 décès par million au Québec et Montréal, la capitale de la COVID-19, c’est plus de 1 500 à l’heure de ce commentaire.

      La plante verte qui dirige Montréal devrait consacrer toutes ses énergies à aider la population de sa ville au lieu de faire des diversions. Lorsque Montréal aura la médaille d’or mondiale de la COVID-19, il sera trop tard pour dire qu’on a tout essayé. Elle était où la plante verte durant cette pandémie? Elle était où? Et la deuxième vague s’en vient à grands pas à l’automne.

      Ceci dit, jouer au puriste de la très sainte rectitude linguistique de la langue française aux accents de Denise Bombardier à cause d’un mauvais accord du féminin est justement cela qui favorise l’assimilation des francophones. Cet élitisme n’est pas le bienvenue lorsque les gens parlent la langue française par cœur. C’est pour cela que tellement de jeunes décrochent de celle-ci parce qu’elle est de loin, plus difficile à apprendre avec ses nombreuses règles qui défient la logique sémantique en plus d’avoir en moyenne, plus de 25% plus de mots pour dire la même chose en anglais, vous savez, la langue de Don Cherry et de Doug Ford. C’est pour cela, dans la recherche scientifique, elle est plus souvent qu’autrement, boudée et que l’anglais devient par défaut, la langue universelle de communication. Pour ceux qui affirment que la langue française était une langue universelle au temps de Voltaire, il faudrait leur rappeler que les gouvernements en place étaient des monarchies d’où les rois étaient supposément des êtres divins choisis par un dieu quelconque. Et la plèbe parlait de façon exécrable la langue de Molière

    • Jean-Charles Morin - Abonné 29 mai 2020 13 h 53

      "...tellement de jeunes décrochent de celle-ci parce qu’elle est de loin, plus difficile à apprendre avec ses nombreuses règles qui défient la logique... " - Cyril Dionne

      Merci pour vos bons mots, Monsieur Dionne. Toutefois je me dois de mettre un petit bémol concernant nos jeunes décrocheurs de la langue.

      Je dois avouer que je suis un peu las d'entendre encore et toujours les mêmes litanies concernant les difficultés du français. En fait - et vous devez le savoir en tant qu'ex-enseignant - le français est, avec l'espagnol et l'italien, une des langues qui sont les moins difficiles à apprendre quand on compare sa complexité syntaxique et grammaticale aux autres idiomes de la planète.

      On n'a qu'à penser à l'allemand avec ses trois genres, ses agglutinations lexicales et ses déclinaisons à quatre cas, aux langues slaves avec leurs consonnes imprononçables et leurs déclinaisons à sept cas, au hongrois avec ses déclinaisons à dix-sept cas. Et que dire du japonais, écrit phonétiquement au moyen de caractères chinois et de deux syllabaires distincts. Ouf!!!

      S'il n'y a jamais eu rien de facile dans l'apprentissage d'une langue. On se doit de constater que la maîtrise du français, une langue sans déclinaisons et phonétiquement moins capricieuse que l'anglais dans sa graphie, est de la roupie de sansonnet en comparaison à bien d'autres. Bien sûr, elle comporte son lot de difficultés mais il faudrait vraiment encourager la paresse intellectuelle crasse pour ne pas réussir à trouver un certain plaisir à s'y mesurer.

      Si les autres peuples peuvent apprendre le polonais, le russe et le chinois, pourquoi nos apôtres de la simplification à outrance rechignent-ils autant vis-à-vis du français? Pour faire aimer cette langue, pourquoi ne pas miser sur ses difficultés qui font partie intégrante de son génie et, plutôt que de s'obstiner à y voir un obstacle à l'apprentissage, ressentir dans la maîtrise ultime de la langue un véritable motif de fierté.

    • Cyril Dionne - Abonné 29 mai 2020 17 h 09

      M. Morin, je parlais surtout en contexte de francophone hors Québec, mais qui pourrait bien s'appliquer maintenant à une région comme Montréal. L'anglais, c'est tellement facile à apprendre; les jeunes l'attrapent tout simplement. Au niveau grammatical, en anglais, les règles sont simples et le Bescherelle est nul et non avenu dans cette langue. L’anglais, c’est aussi contagieux que la COVID-19. Personnellement, même si j’ai toujours fréquenté l’école française en Ontario, du primaire jusqu’au secondaire et que je parlais toujours en français, cela n’était pas été difficile pour moi de faire un baccalauréat en anglais dans une université anglophone plus tard. Pour le français, c'est une autre paire de manches pour les jeunes hors Québec. Alors, pour l’allemand et le japonais, on passe tout simplement. Et vous savez, la loi du moindre effort s’applique chez nos enfants rois des générations 1.0 et 2.0, les plus hyper-individualistes de la planète, « selfie » oblige.

      En plus de l’assimilation qui s’opère maintenant au Québec, il y a les médias sociaux qui utilisent la langue de Shakespeare abondamment. Cette mondialisation via la technologie fait des ravages partout au Québec, « influencers » obligent. En France, on essaie de s’américaniser le plus possible. C’est comique d’entendre des programmes de télévision venant du pays de Molière où la plupart des interlocuteurs empruntent des mots qu’on retrouve au pays de Donald Trump pour paraître « in » et progressiste. Lorsque c'est le cas aux États-Unis, pour les mots de français, c'est pour paraître sophistiqué.

      Enfin, au niveau scientifique, à peu près rien n'existe en français, surtout lorsqu’on parle des technologies de la 4e révolution industrielle. Même en Pologne, lorsqu’un quelqu’un publie une recherche scientifique, elle est, plus souvent qu’autrement, en anglais. Idem pour la Chine. C’est souvent dans les deux langues, mandarin et anglais.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 29 mai 2020 21 h 11

      Le français est difficile? Et le chinois, utilisé pourtant par plus d'un millard de personnes?

      Les Don Quichotte ont de l'ouvrage.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 30 mai 2020 14 h 48

      Malheureusement, je ne puis que vous donner raison, Monsieur Dionne.

      Le parcours culturel des "Canadiens français", et maintenant des Québécois, semble les mener d'un jargon à l'autre vers les abîmes de l'inculture. Avant il y avait le joual, puis il y eu le malamute, maintenant c'est l'épicène qui semble vouloir étendre son règne débilitant au sein de notre petite société.

      Que devient le français dans tout ça? Force est de constater que de plus en plus de gens le parlent de plus en plus mal. Mots mâchés, syllabes télescopées, prononciation molle, syntaxe déficiente, grammaire ignorée... Il faut se résigner à le dire ici: nous avons honte de la langue de nos ancêtres que nous semblons maudire de nous l'avoir léguée.

      Il est à déplorer que ceux en charge de notre éducation, plutôt que de promouvoir la fierté et l'excellence, voient apparemment la solution à ce problème dans le nivellement par le bas, notamment par la simplification des règles de grammaire, de l'orthographe et, maintenant, dans la disparition des genres au nom d'une nouvelle morale qui accable notre langue par rapport à l'anglais.

      Tout ce grenouillage insignifiant ne fera qu'ancrer davantage chez nous ce qui est à l'origine de nos comportements langagiers, à savoir que notre langue est de plus en plus perçue par ceux-là mêmes qui sont condamnés à la parler, comme un vecteur de médiocrité et d'infériorité.

      Après tout le français est la langue des vaincus, donc des perdants. Le reste coule de source.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 29 mai 2020 00 h 56

    Distinguer l’écriture inclusive (ou épicène) et la mitraille de points

    L’écriture inclusive a beaucoup d’aspects positifs. Toutefois, le 19 mai dernier, j’ai banni sur mon blogue la ‘mitraille de points’ — cher.e.s électeur.rice.s — que je peux pas sentir.

    Quelle hypocrisie de voir des gens qui se disent de gauche faire la promotion d’écrits rébarbatifs aux yeux des personnes issues de milieux défavorisés, là où les analphabètes fonctionnels sont beaucoup plus nombreux que dans les milieux bourgeois. S'est-on simplement demandé si le pauvre monde était capable de lire ce charabia de jeunes bobos.

    De plus, on notera que la mitraille de points donne toujours préséance à la racine masculine des mots. Ce qui est antinomique. En effet, on ne dit pas ‘électrice.teur.s’, mais ‘électeur.rice.s’. Le masculin passe toujours en premier. Pourquoi ?

    On oublie que le masculin générique est en réalité le masculin inclusif (puis qu’il inclut le féminin).

    À part la mitraille de points, je trouve louable que Mme Valérie Plante bannisse le langage ‘genré’ dans les communications écrites de la ville. Mais pour donner l’exemple, il eut mieux valu qu’elle évite de se faire élire sous le surnom de ‘l’homme de la situation’, n’est-ce pas ?

  • Marie Nobert - Abonnée 29 mai 2020 01 h 11

    «C’est l’anglais. Ils n’ont qu’à le parler.»

    «Mon chat, ma chatte. My cat, my female cat». Bravo! L'anglais est devenu le nouveau sabir des cerveaux... (le lectorat pourra compléter, car c'est au choix du chef). Oblitération mentale et cliche verbale pour les adeptes des mots épicènes. On n'est pas sorti de l'hotel (oups!, de l'auberge). Misère!

    JHS Baril

    Ps. Ma semaine est faite. Merci!

    • Brigitte Garneau - Abonnée 29 mai 2020 09 h 33

      Entièrement d'accord avec vous. En passant, vous avez oublié votre accent circonflexe sur le "o" de hôtel...maudit que c'est compliqué le français! Bonne fin de semaine madame Norbert.

  • Yvon Montoya - Inscrit 29 mai 2020 05 h 53

    Oui ces tentatives non de «  pureté » mais de féminisation de la langue dite francaise est d’un grand ridicule. Cela ne devrait pas vous déranger pourtant puisque vous êtes ailleurs, i.e. en France. Le mot travail ( au masculin) au Quebec est au feminin, i.e. la job; parler l’anglais c’est bien un retour vers le francais parce que faire du « chopping » c’est faire les échoppes. Etc... Le plus drôle est qu’au Quebec on a préfèré faire du « magasinage » à la place de « chopping » mais malheureusement on a voulu changer le mot d’origine anglo-normande par un mot d’origine arabe «  makhazin ». En somme on enlève un mot anglais pour un mot arabe afin de parler mieux francais. La langue a une histoire et une vie passionnante.

    • Nadia Alexan - Abonnée 29 mai 2020 10 h 00

      Effectivement. Après la conquête normande de l'Angleterre, en 1066, et la mise en place d'une administration francophone, le français est devenu la langue de la cour, de l'administration et des élites. L'anglais n’a cessé d’être nourri du français depuis cette époque. Les mots d'origine française représentent plus des deux tiers du vocabulaire anglais.
      C'est pour cette raison que je n'ai jamais compris l'hésitation des anglophones à apprendre le français, une richesse inestimable.
      Je pense que c'est plus avantageux d'apprendre à lire et à parler la langue française correctement au lieu de la féminiser.

  • Francois Ricard - Abonné 29 mai 2020 06 h 09

    Quelques millénaires de civilisation pour, au final, en arriver là.

    En empruntant cette voie, LE MAIRE de Montréal, Mme Valérie Plante, fait montre d'une piètre culture par devers le génie de la langue française.
    L’égalité syntaxique entre les hommes et les femmes est l’occasion, pour certains, d’avancer des propositions dont l’inanité force l’admiration. Ou comment discuter sur le sexe des anges. Mais pourquoi s’arrêter à ces créatures célestes et ne pas s’attaquer au degré supérieur, à savoir Dieu en personne ? Depuis de nombreuses années, l’Église luthérienne suédoise se demandait si «Dieu» était un homme ou une femme.Elle vient de décider de ne plus parler de Dieu comme s’il était un homme .« Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » sera remplacée par « Au nom de Dieu, le Trinitaire ».Et qu’arrivera-t-il du «Je suis le fils de l’homme»?
    Quelques millénaires de civilisation pour, au final, en arriver là. C’est à se tirer une balle dans la tête. Ou sombrer dans la folie. Surtout qu'à Montréal, l'utilisation du français décroît pratiquement à vue d'oeil.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 29 mai 2020 09 h 08

      C'est d'autant plus vrai ce que vous écrivez que le genre "féminin" en français découle des types de déclinaisons latines. Ainsi les mots latins se déclinant par la finale "a" "ae" "am" ont donné des mots français se terminant le plus sonvent par "e" alors que ceux se terminant par "is" ont donné des mots conjugués au "masculin". Mais en aucun cas, il ne s'agit d'une référence explicite au sexe humain, simplement un leg des différents types de déclinaison latine. Des exemples, le mot latin "persona" qui désignait au départ le "masque de l'acteur" a donné en français le mot "personne" qui est considéré du genre "féminin", même s'il désigne indistinctement un homme ou une femme. Plus subtil, le mot latin désignant l'eau, "aqua", dans son évolution est devenu un mot français rappelant fort peu son origine... pourtant dans la Chanson de Roland au XIIe siècle on écrit: "L’aigue du cuer lui est es els montée" (l'eau du cœur lui est montée au yeux). Considéré que ces legs du latin sont sexistes, c'est ne rien comprendre de l'évolution de notre langue... assez décevant venant de la part d'une élue se pavanant d'études en anthropologie, mais qui se fait la chantre d'un puritanisme de mauvais aloi. Tiens, voici un mot "chantre" venant du latin "cantor", donc "masculin", mais qui s'utilise autant au "masculin" qu'au "féminin". Comme quoi, les mots ne sont pas sexistes, ce sont plutôt ceux qui dénoncent leur "genre" au nom d'une rectitude politique de pacotille importée directement des USA qui font preuve de sexisme...

    • Brigitte Garneau - Abonnée 29 mai 2020 10 h 04

      Ah...Valérie, ne voyez-vous pas que la bêtise et l'ignorance mènent parfois au mépris?