Ras le bol de la «table rase»

J’ai eu mon premier vélo à cinq ans. « Un maudit beau bicycle », comme le chante Michel Rivard avec juste ce qu’il faut de nostalgie dans la voix. À douze ans, les indéracinables Montréalais que nous étions traversaient à vélo le pont Jacques-Cartier pour aller découvrir à quoi ressemblaient ces terres lointaines et exotiques que l’on nommait la Rive-Sud. Il ne nous serait jamais venu à l’idée de réclamer des pistes cyclables. Je crois même que nous éprouvions un irrépressible sentiment de fierté à rouler dans le monoxyde de carbone et à dépasser sur leur gauche les bus à l’arrêt.

Moi qui n’ai possédé de voiture que pendant quelques années — une erreur de jeunesse que l’on me pardonnera —, je ne me souviens pas d’une époque où je n’ai pas eu de vélo. À un certain moment, ma petite famille en possédait trois à Paris et trois à Montréal lorsque je revenais l’été. J’en avais même un que je laissais chez des amis à Avignon à l’époque où je couvrais le Festival. Des vélos d’occasion que j’achetais 25 ou 30 dollars et que je retapais moi-même.

Vous comprendrez donc ma surprise lorsque j’ai appris qu’à l’orée de ce qu’on nous annonce comme la pire crise économique depuis les années 1930, la ministre française des Transports avait miraculeusement débloqué 20 millions d’euros afin d’offrir 50 euros (75 $) à tous les cyclistes qui veulent faire réparer leur vélo sans se mettre les mains dans le cambouis. Une somme qui s’ajoute à la prime de 500 euros (750 $ tout de même !) qu’offre généreusement l’Île-de-France à l’achat d’un vélo électrique. Rien de trop beau pour le vélo !

 
 
 

Dans tous les pays, cette épidémie semble devenue une aubaine pour toutes les pythies de la modernité et pour les autres marchands d’utopies. Souverainistes et populistes de tous poils nous annoncent la fin miraculeuse de la mondialisation. On attend pour voir. Les mondialistes européens auraient perçu, au contraire, dans l’extraordinaire cacophonie européenne, le signe d’une nième renaissance de l’Europe. Quant aux écologistes, ils sont loin d’être en reste. La palme revient probablement à l’ancien ministre de l’Environnement Nicolas Hulot, qui a cru voir dans le coronavirus une « sorte d’ultimatum de la nature ». À une autre époque, on aurait parlé de châtiment divin. Une petite danse de la pluie avec ça ?

Pour la mairesse de Paris, le déconfinement aura été l’occasion d’annoncer 50 km de plus de voies réservées aux vélos. Pourquoi pas ? Il faudrait pourtant lui tordre le bras pour qu’elle ose admettre que, pour décongestionner ce lieu de contamination par excellence qu’est le métro, mieux vaut quand même prendre sa voiture. Les dogmes et la vérité n’ont jamais fait bon ménage.

À partir de quand cette magnifique invention qu’est le vélo est-elle devenue une cause, un drapeau, une idéologie, voire un symbole de classe ? Probablement le jour où l’on a vu disparaître ces « vieilles bécanes » qui avaient « d’la rouille dans les trous de nez », comme chantait Ferré, au profit de ces chics vélos hollandais hors de prix sur lesquels se pavanent des professionnels tirés à quatre épingles avec sacoche assortie. Et je ne parle pas des vélos électriques ni de ces androïdes qui déboulent à 100 kilomètres-heure dans des accoutrements moulants directement sortis de La guerre des étoiles.

 
 
 

Tout le monde sait pourtant qu’il est aussi ridicule de combattre la voiture par le vélo que de lutter contre le réchauffement climatique en fermant les centrales nucléaires. Le vélo est un mode de transport individuel (et individualiste) qui n’est utile que par beau temps et convient surtout aux jeunes célibataires sans enfants qui n’habitent pas trop loin de leur travail. Plusieurs études ont montré, notamment à Lyon et à Montréal, qu’à peine un déplacement sur dix en vélo a une réelle incidence sur le trafic automobile. Pour le reste, ces trajets sont grugés sur la marche ou le transport en commun. Ce qui n’est pas toujours une bonne idée. Surtout en Amérique du Nord, où manque souvent la masse critique des usagers qui permettrait d’améliorer véritablement le service.

À Paris, l’ancien maire Bertrand Delanoë avait doté la capitale d’un réseau de pistes cyclables qui a fait le bonheur des Parisiens. À force de radicalisme, sa successeure, Anne Hidalgo — qui fait passer les pistes cyclables sur les trottoirs et rêve de choses aussi étranges que d’« autoroutes pour vélos » et de « forêts urbaines » ! —, est en train de faire du vélo une mobilité de moins en moins « douce ». Pour ne pas dire une véritable plaie pour les piétons, notamment les personnes âgées. C’est ici que le mieux devient l’ennemi du bien.

La phrase la plus bête entendue depuis le début de cette crise est celle-ci : « La crise due au coronavirus nous offre la possibilité de tout reprendre à zéro. » Depuis l’âge de pierre peut-être… Elle est malheureusement d’un Prix Nobel qui se nomme Muhammad Yunus. Comme l’écrit l’historien Jacques Julliard, ce confinement nous aura surtout révélé que « nous vivions heureux et nous ne le savions pas ». Détestons-nous tellement ce monde qu’il faille sans cesse le « réinventer » au lieu de le protéger tout en l’améliorant chaque fois que c’est nécessaire ?

74 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 8 mai 2020 00 h 50

    Oui. Le coronavirus est un avertissement qu'il faut arrêter de saccager la nature.

    Votre chronique d'aujourd'hui est surprenante, monsieur Rioux. On dirait que vous ne croyait pas la science. Les effets de serre et les changements climatiques sont bel et bien ici selon la science. «Le vélo est devenu une cause, un drapeau, une idéologie, voire un symbole de classe»,  à partir de notre lutte collective de diminuer les effets pervers des énergies fossiles.
    L’ancien ministre de l’Environnement Nicolas Hulot a raison de dire que le coronavirus est une « sorte d’ultimatum de la nature ». Le fait que l'on n’a pas compris la leçon à tirer de cette pandémie encore, démontre notre aveuglement. Le réchauffement climatique est bien réel et dame nature nous prévient que si l'on continue de consommer et de saccager les forêts comme d'habitude, elle prendra sa revanche.
    Ce n'est pas la première fois que l'on souffre le résultat de la façon barbare dont on traite les animaux comme si nous vivions seules sur la terre. Il faut apprendre à partager la planète avec les autres espèces, si l'on veut éviter un autre virus pire encore que celui qui nous guette maintenant.
    On critique, avec raison, les marchés ouverts de la Chine où l'on garde dans les cages des animaux sauvages, mais on oublie notre méthode barbare de l'agriculture industrielle où l'on garde des animaux destinés à l'alimentation, dans des conditions abominables sans pitié pour leur souffrance.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 8 mai 2020 07 h 26

      Bien dit Madame Alexan.

    • Jean-François Trottier - Abonné 8 mai 2020 08 h 45

      Madame Alexan,

      à part une nostalgie un peu trop vibrante à mon goût, chacun son style, M. Rioux vient d'écrire plutôt courageusement un papier qui se défie des idéologies toujours prêtes à utiliser le moindre petit bobo pour faire un panégyrique de leurs idées "salvatrices".

      La question est que les idéologies, dont par exemple les religions, encadrent chaque individu dans un comportement et un mode de pensée obligés. Ce qui est soi est assez tordu merci.
      C'est ainsi que le marxisme autant que le catholicisme connaît le péché par la pensée. C'est même le pire de tous, et ce depuis le point de vue du matérialisme historique! Faut le faire! Ainsi vont les idéologies.

      Elles, toujours, se situent au-dessus de l'être humain, alors imaginez pour les animaux, hein!
      En prenant leur "défense", dans les faits elles se mettent de l'avant en instrumentalisant les animaux, les pauvres, les infirmes, les enfants et même les phalangettes qui n'ont pas toute la reconnaissance qui leur revient dans le rôle de prégnance de la main... je caricature à peine.
      M. Rioux nous rappelle ici qu'il existe mille façons possibles de réagir. Ne doutons pas que ces messieurs des banques préparent déjà à coup de millions les campagnes de retour vers une "plus grande fluidité des biens grâce à l'abolition des sordides frontières qui nous enferment."
      Les slogans des grands idéologues répondent à ceux des petits. Un manège de foire oui.

      D'une idéologie abêtissante à une autre pour mon bien, en effet ils l'ont, mon "bien", et ne me le rendront jamais. Me reste mes torts.

      M. Rioux n'est pas contre le vélo, il parle de ceux qui en font une idéologie.

      Comme tous ceux qui prennent des positions anti-idéologiques, il sait qu'il va se faire rentrer dedans par tous les bien-pensants et autres névrosés de ce monde, parce que "il faut pas le dire pour ne pas nuire à la cause".

      Je regrette. Si ça se pense, ça se dit. Et si ça se dit pas, on ment.

    • Cyril Dionne - Abonné 8 mai 2020 09 h 37

      Vraiment Mme Alexan. Vraiment.

      Oui, les changements climatiques font partis de la science, une qui n’est pas comprise par plus de 95% de nos « Bobos » qui se revendiquent écolos. Encore une fois, la pandémie n’a rien à voir avec les changements climatiques, mais est tributaire de la surpopulation. C’est la densité de population qui tue et infecte présentement. Si on continue de consommer et de saccager les forêts, c’est parce qu’il a y trop de monde sur la planète et tous veulent vire comme des riches. Tout le monde. Les marchés humides de la Chine ne sont qu’une conséquence de tout cela.

      Ceci dit, lorsque la pandémie sera terminée et que la vie reprendra son cours, l’utilisation des produits fossiles décuplera. Il n’est demeure pas moins que ce sont les énergies fossiles qui sont les plus efficaces et les moins dispendieuses pour non seulement les riches privilégiés des nations occidentales, mais aussi celles de pays en voie de développement. Il est à noter aussi que le pétrole et le gaz naturel subventionnent les énergies vertes. Sans l’apport de celles-ci, il n’y en pas d’énergie dites vertes à part de l’hydroélectricité. En passant, les éoliennes sont fabriquées à partir du pétrole et les panneaux solaires, à partir du quartz et du charbon tout en étant dispendieuses et intermittentes.

      Et qui dire des privilégiés comme Madonna, Cate Blanchett, Philippe Descola, Albert Fert, du haut de leur maison de plusieurs millions, nous lancent un discours moralisateur dans un « fait ce que je dis et non ce que je fais ». Ils nous appellent à nier le consumérisme alors qu’ils sont les pires dans cette situation. Ils nous parlent d’inégalités socioéconomiques alors qu’ils créés eux-mêmes le problème. Il y avait même Ellen DeGeneres qui se disait prisonnière de la pandémie dans sa maison de 27 million$ américains avec 10 salles de bain.

      La surpopulation demeurera toujours le troupeau d’éléphants dans la pièce climatique, épidémiologique et écologique.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 8 mai 2020 09 h 42

      Madame Alexan, il faut faire une différence entre «la science» et les organisations plus politiques comme le GIEC ou l'Université d'East Anglia, où travaille Micheal Maan, le scientifique responsable de la courbe en «crosse de hockey» dont le travail a été critiqué (à juste titre ), par le mathématicien Stephen McIntyre.

      La science, c'est l'ensemble des méthodes, qui permettent par exemple à Nic Lewis, que l'on peut lire sur le blogue scientifique de Judith Curry, de critiquer l'arcicle de Resplandy et Al. sur le réchauffement des océans. Ladite critique est ce qui a forcé la revue Nature à «rétracter l'article», parce qu'il contenait des erreurs, que le comité de lecture aurait d'ailleurs dû détecter. Toutefois, nonobstant les avertissements de Nic Lewis presque aussitôt l'article publié, une autre équipe, Cheng et al. a utilisé l'étude de Resplandy et al., en faisant fi des avertissements de Lewis, comme s'il comptait pour des broutilles. À cause de cela, l'étude de Cheng et al. demeure l'une des références dans le Rapport spécial sur les océans du GIEC (SR 17), publié le 25 septembre 2019.

      La conclusion de Nic Lewis dans son propre arille, c'est de montrer la faiblesse des mécanismes de revues des articles dans les études sur le climat et le besoin pressant de joindre des statisticiens à la recherche. Cela valide les mêmes prétentions de Stephen McIntyre, le modèle et les simulations pour faire des études sur le climat. Ces critiques sont scientifiquement valides.

      Si tout le monde est d'accord sur le fait que les GES peuvent jouer un rôle, que les humains peuvent contribuer, dans une certaine mesure, à influencer le climat, le fameux consensus constamment invoqué est une fabrication. Ainsi, le polytechnicien Camille Veyres montre pour ça part que doubler les taux de C02 pourrait occasionner un réchauffement de 0.5 degré. Le phycisien français François Gervais arrive aux mêmes conclusions, et il y en a une pléthore comme ça.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 8 mai 2020 10 h 31

      Bravo Mme Alexan, Des fois j'ai l'impression que Christian Rioux partage des "atomes crochus" avec Richard Martineau. Je l'invite donc ainsi que tous ceux qui pensent que "tout va revenir comme avant" de visionner cette courte vidéo d'un jeune français mieux éveillé https://youtu.be/h01TigL2yWw

      Sinon, il y a également l'excellent blogue de Harvey Mead pour aider à remettre les pendules à la bonne heure: http://www.harveymead.org/

    • Nadia Alexan - Abonnée 8 mai 2020 12 h 15

      À monsieur Jean-François Trottier: Il n'y a pas une idéologie plus toxique et plus dogmatique, plus intégriste que le néolibéralisme. Même madame Margaret Thatcher disait: «Il n'y a pas de société. Il n'y a pas d'alternative».
      Maintenant, on a un alternatif pour sortir des énergies fossiles et pour établir une société basée sur l'humanisme et le respect de la planète et de ses habitants. Il faut saisir cette occasion en or pour sortir de la logique du profit au dépend de toutes les autres valeurs.

    • Nadia Alexan - Abonnée 8 mai 2020 12 h 39

      À monsieur Cyril Dionne: «Ce n'est pas la surpopulation qui cause le changement climatique, c'est la surconsommation.»
      La croissance démographique de l'Afrique est souvent liée au risque écologique - mais le véritable danger réside dans l'appétit infini de l'Occident pour les ressources. Ce sont les exigences voraces du monde riche qui élargissent l'empreinte humaine sur notre planète - pompant des gaz à effet de serre dans l'air, polluant les océans, détruisant les forêts et le reste. Les 10% les plus riches du monde produisent la moitié des émissions mondiales de carbone, selon Oxfam.
      Mais la moitié la plus pauvre de la population mondiale contribue à seulement 10% des émissions. Votre thèse de surpopulation est fallacieuse et ne tient pas la route.
      https://www.theguardian.com/environment/2015/dec/02/worlds-richest-10-produce-half-of-global-carbon-emissions-says-oxfam

    • Jean-Charles Morin - Abonné 8 mai 2020 12 h 55

      "La surpopulation demeurera toujours le troupeau d’éléphants dans la pièce climatique, épidémiologique et écologique." - Cyril Dionne

      J'abonde dans votre sens, Monsieur Dionne. C'est tellement évident que personne n'en parle. Pourtant, au départ, tout vient de là. Ce phénomène constitue dans les faits le "Ground Zero" des calamités qui nous rongent.

      "Croissez et multipliez-vous" disait Dieu dans la Bible. Du fait de cette caution difficilement contestable sous peine d'être voué aux feux de l'enfer, il y a des tabous auxquels ceux qui sont abonnés aux religions ou aux idéologies dites "progressistes" ne toucheraient pas pour tout l'or du monde.

      Je tiens à remercier Monsieur Rioux de trouver le courage de dire ce qui doit être dit en dénonçant les eaux de Jouvence frelatées et autres les miroirs aux alouettes à la mode que tentent de nous refiler les amuseurs de foire, n'en déplaise à leur clientèle.

    • Cyril Dionne - Abonné 8 mai 2020 14 h 24

      Chère Nadia,

      L’effet de la surconsommation est amplifié tout simplement par la surpopulation. Les gens de l’Afrique, s’ils le pouvaient, consommeraient autant que nous et peut-être plus. Pourquoi pensez-vous qu’ils font des mains et des pieds pour venir ici légalement ou illégalement, chemin de Roxham oblige, pour consommer comme tous les bons Québécois?

      Vous parlez des gaz à effet de serre et pourtant, dans les pays pauvres, ce n’est qu’une infime minorité qui profite des produits fossiles parce les autres n’en ont pas les moyens. En proportion, un Africain avec un revenu semblable à notre moyenne, produit plus de gaz à effet de serre. Mais là, ce n’est que les GES. Vous ne nous parlez pas des écosystèmes marins et terrestres avec toutes les espèces vivantes qui disparaissent à vue d’œil à cause justement de la SURPOPULATION. David Suzuki, qui est loin d’être un raciste, nous disait en 2013 que le Canada était plein si on voulait garder nos écosystèmes intacts pour qu’ils ne dépérissent pas. Vous ne nous parlez pas l’étalement urbain qui découle justement de la surpopulation. Vous ne nous parlez pas de la pollution atmosphérique qui est horrible en Afrique et en Asie, une des raisons principales pour le nombre de décès dans le monde parce que l’air y est irrespirable. Vous ne nous parlez pas de l'agriculture industrielle afin de rentabiliser les sols? Vous ne nous parlez pas de l'eau potable qui devient de plus en plus rare.

      Comment peut-on dire sans rire que la surpopulation n’y est pour rien alors que la population a augmenté de 457% en moins d’un siècle? Comment peut-on dire sans rire que la surpopulation n’y est pour rien alors que la corrélation des augmentations des GES est calquée sur l’augmentation de la population? Comment peut-on dire sans rire que la surpopulation n’y est pour rien dans la présente pandémie parce que des gens tassent dans des marchés humides en Chine, les espèces domestiques et sauvages et bonjour zoonose et coronavirus?

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 8 mai 2020 16 h 38

      @ M. Dionne et MMe Alexa

      Concernant la surpopulation peut-être faudrait-il écouter Hubert Reeves dire ce qu'il en pense ?
      https://youtu.be/-nPmOk5nTCo

    • Jean-François Trottier - Abonné 8 mai 2020 17 h 33

      Mme Alexan,

      "Il n'y a pas [...] plus toxique [...] que le néolibéralisme"
      Rien n'est plus faux parce que vous en faites une généralité.

      Il n'y a pas plus toxique que le nazisme. Dites le contraire!
      Il n'y a pas plus toxique que le marxisme tel qu'appliqué où que ce soit dans le monde.
      Il n'y a pas plus toxique que l'islamisme.
      Il n'y a pas plus toxique que n'importe quelle idéologie quand elle a le pouvoir, quel que soit ce pouvoir.

      Au passage, la Chine est sortie de son marasme en même temps que du communisme. Elle est maintenant le pays le plus capitaliste au monde et une dictature bien ordinaire et bien colonialiste.

      Les alternatives c,est bien beau, mais si elles sont pilotées par des idéologues ce sera un échec complet qui s'écroulera au bout de quelques dizaines d'années dans la catastrophe et... le soulagement.
      Comme le mur de Berlin.
      Comme les camps de concentration.
      Comme les maisons-bordel de Daech.
      Comme le Vénézuéla de Maduro.

      Je ne vois ab-so-lu-ment pas ce qui vous fait penser que je crois que le néolibéralisme n'est pas une idéologie. Oui, le néolibéralisme est puéril. Tout autant que le nazisme, le communisme ou n'importe quel monothéisme, y compris l'hindouisme qui est un monothéisme quoi qu'on pense.

      Le rejet de tout le passé dans la géhenne du "mauvais", puisqu'un bouleversement est nécessaire selon vos dires, est une trahison envers notre propre nature. Le respect du passé fait partie intégrante de notre avenir.

      Rappelez-vous seulement que les grands bouleversements, ce ne sont jamais, jamais les mieux nantis qui en paient le prix. Les plus démunis paient de leur vie et souffrances. Toujours.

      En ce sens l'appel de M. Rioux est capital. Il faut viser loin mais ne jamais dépasser le troupeau dont on fait partie. Encore moins donner des coups de pied au cul des autres.
      Et, surtout, les aimer comme ils sont.

    • Daniel Grant - Abonné 8 mai 2020 23 h 20

      Madame Alexan a raison, ce n’est ni la surpopulation ni la croissance qui est notre problème,
      c’est trop facile de dédouaner les pollueurs avec des arguments simplistes semblables utilisés par les marchands de doute,
      non le problème est l’ignorance volontaire des externalités négatives de notre dépendance mortifère au fossile.

      En les ignorant on pense faire croire que cette énergie sale ne coûte pas chère.

      Quelle entreprise ne voudrait pas être capable de refiler la colonne des dépenses aux autres et de ne se préoccuper que de celle des profits comme le fait l’industrie du fossile et quand ça baisse on les sort du trou à coup de milliards de subventions grotesques?

      Les seules subventions intelligentes à cette industrie de pollution en déclin doivent être conditionnelles à un plan de décroissance pour faire place aux énergies renouvelables, sinon ce sont nos taxes qui partent en fumée de torchères, en bonus indécents au pdg, s’envolent dans les paradis fiscaux et qui ne profitent qu’aux étrangers comme les écoles et hôpitaux du Texas.
      Baigner dans l’illusion que cette énergie sale n’est pas chère entraîne des comportement irresponsables qui faussent tous les principes de libre entreprise et de concurrence saine.

      M. Rioux a montré à plusieurs reprises qu’il ne sait pas la différence entre la météo et le climat, comment peut-on le prendre au sérieux quand il parle d’écologie?

  • Serge Lamarche - Abonné 8 mai 2020 03 h 54

    Caler le vélo?

    Drôle d'idée de caler le vélo comme ça. Des arguments ridicules comme: le vélo vole des utilisateurs aux transports en commun? Ou encore, le vélo n'est utile que par beau temps? Un peu «famelette». Ça ne vole pas haut, cette chronique aujourd'hui.

    • Jean-Paul Carrier - Abonné 8 mai 2020 09 h 02

      BRAVO!

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 8 mai 2020 09 h 02

      Vous avez mal lu la chronique, faut croire. Au lieu d'éduquer un peu tout le monde en favorisant des aménagements (forcer les vélos à arrêter complètement aux STOPS est illogique, car l'inertie existe et c'est considérablement plus difficile pour les vélos de repartir que pour les autos) on promeut des solutions « bobos » qui aident les nantis. Ce que dit Rioux, c'est que les privilégiés qui ont déjà leur duplex à 600 000$ et plus dans Villeray bénéficieraient de mesures (si on applique ici la logique de Paris) encore plus intéressantes, pendant que le commun des mortels est encore négligé. Rioux fait ici la promotion de la marche et des transports en commun et explique que l'on ne peut pas investir correctement dans les transports en commun si on choisit encore des modes individualistes qui ne feront pas de différence, en plus de rendre la ville moins agréable.

      Pour ma part je remarque une ségrégation entre la piste cyclable ludique qui impose un itinéraire en escargot, bien peu anxiogène, et la voie expresse. Le truc c'est que c'est le cycliste qui retape son vélo, sans subvention, qui partira de Parc-Ext à l'UQAM sans prendre de pistes cyclables, qui se cassera finalement la gueule dans un nid-de-poule. C'est le même cycliste qui est emmerdé, comme les voitures, parce que parfois, tant que le feu ne l'autorise pas, on ne peut pas tourner, ce qui augmente les bouchons. Des zones protégées, sur les grandes artères, en reculant l'arrêt pour les gros véhicules dotés de moteur et une clarification sur le partage des voies réservées seraient plus utiles. Bref, c'est ce cycliste qui est susceptible de prendre son vélo par mauvais temps et l'hiver.

      Pendant ce temps, l'Est de MTL n'a toujours pas de métro. À qui profite le BIXI? Des aménagements pour tous n'auraient-ils pas été plus utiles, fallait-il mettre 60 millions là-dedans (ça représente 120 bus)? Combien de fois un bus est coincé dans le trafic, car il faut que chaque usager «paie»?

    • Jean-Charles Morin - Abonné 8 mai 2020 12 h 57

      Il faut croire que les évidences ne vous plaisent pas. Vous êtes dans le champ, comme d'habitude...

    • Serge Lamarche - Abonné 8 mai 2020 13 h 42

      M.Gil, même votre interprétation laisse à désirer. Le transport en commun est pratique et utile pour les gens qui vont et viennent à des heures régulières et prévisibles. Les transports individuels sont bien évidemment meilleurs pour les individus. Et le vélo est le meilleur de ces transports individuels, si on peut en faire. Le vélo à l'avantage supplémentaire de vous amener de votre départ à votre destination d'un seul trait. à deux pas de l'un et de l'autre.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 8 mai 2020 22 h 56

      Monsieur Lamarche où avez-vous lu que je critiquais le vélo, même en tant que transport individuel? J'ai critiqué les investissements que je juge contre-productifs. Il faut penser au vélo pour, pragmatiquement, améliorer la vie des gens. C'est LENT entrer dans un autobus, combien de fois un bus est ralenti parce que le chauffeur est occupé à contrôler l'entrée? C'est un gaspillage. Multiplier le nombre de retards sur les trajets par le nombre d'usagers qui en souffre en 10 ans et vous avez une perte de productivité terrible. Et les aménagements sur Saint-Urbain où la piste cyclable coupe littéralement le débarquement des usagers du bus? N'est-ce pas dangereux? Je ne veux pas mettre le vélo «contre» les transports en commun, au contraire. Je ne m'explique pas qu'il n'y ait pas de meilleures méthodes de cocktail transport que le BIXI, précisément pour faciliter le transport des vélos, en métro ou en bus, sans devoir compter sur BIXI. Tu fais quoi si ta station est pleine et que tu dois porter ledit BIXI? J'en ai contre la construction de ceux qui font «du chiffre» pour augmenter idéologiquement le nombre de pistes cyclables sans vraiment améliorer la situation des cyclistes.

      On continue à pouvoir se stationner en double sur Saint-Urbain, il y a à peine de ces zones protégés, aux intersections, qui permettent aux vélos de se mettre devant. Il y a des aberrations, comme cette piste cyclable sur Clark qui est du côté est, vous faites quoi quand vous voulez aller à l'ouest? Il n'y a aucune protection, (pas même un panneau) qui est au courant qu'il est interdit de doubler un vélo sous un viaduc? Combien d'intersections empêchent les piétons de traverser, sauf à un coin précis, là où les automobiles peuvent tout faire?

      Je voulais dire par là, que pour une ville «vélo», il y avait beaucoup d'améliorations à apporter avant d'implanter BIXI. Je me contenterais d'espaces de stationnements (pour vélo)... propres, éclairés et sécuritaires.

    • Serge Lamarche - Abonné 9 mai 2020 14 h 09

      bon, d'accord.

  • Yvon Montoya - Inscrit 8 mai 2020 06 h 03

    « Protéger » un monde qui nous empoisonne, expolite, voila votre seule conclusion? Leo Ferré aurait été a vélo s’il était parmi nous ainsi que Brel, Brassens surtout Yves Montand... Le vélo est une excellente solution entre autres contre ce monde qui sait avoir des millions de diabétiques et d’ obèses. La pollution a largement baisse a Paris comme ailleurs, n’est-ce pas positif ne serait-ce que pour les asthmatiques ou les vieillards en peine d’air frais? Non on n’a jamais « idéologisé  » le vélo puisque c’est vous qui le faites...le monde change parfois dans le bon sens surtout lorsque nos enfants, nos familles et amis, peuvent circuler en toute sécurité sur les pistes cyclables et non sur les rues et routes aux chauffards dangereux ne pensant qu’a leurs individualismes. Puis pensez a la belle critique faite par notre Jacques Tati national avec son merveilleus « Trafic » de 1971 et j’en passe. Decidement votre monde est gris comme une fumée d’usines et de camions et de voitures. Le mepris n’a jamais fait de civilisation. Restons exigeant et lucide surtout. Merci.

    • Jean-François Trottier - Abonné 8 mai 2020 10 h 38

      Facile de faire parler les morts.

      Et oui, on a idéologisé le vélo.

      Vous démontrez précisément toutes les méthodes bien rodées des idéologues, qui dès qu'ils en ont la chance tournent le discours vers leurs accusations des autres. "Eux, eux et eux" veut toujours dire "pas moi, pas moi, pas moi". Vélo en oriflamme.

      Le monde va régulièrement dans le bon sens. Exemples au hasard :
      Une amie vient d'accoucher.
      L'apartheid a disparu.
      La religion a disparu du Québec et les Québécois y ont fortement gagné en spiritualité.

      Les idéologues passent leur vie à dire que tout va mal, et se représentent une Histoire avec une grande Hache, un fleuve de sang sans fin sur lequel navigue en "trumpette" quelqu'histrion imbu de sa mission vers l'avenir qui chante. Et l'avenir reste désespérément futur.

      Pendant ce temps, sur les rives, des gens construisent leur maison et font leur jardin en toute quiétude, sans faire d'histoire, sans faire l'Histoire, pas la vôtre en tout cas. Les lendemains qui chantent sonnent la crécelle.

      M. Rioux ne parle pas de "protéger".
      Quel besoin avez-vous de le taxer de paroles qu'il n'a pas dites, si ce n'est que de vous complaire dans votre pensée "supérieure"?

      Votre monde est lumineux, un brillant paradis où ne sont admis que les élus. Pas trace du moindre automobiliste dans votre monde en effet.
      En latin, "lumineux" tout comme "lucide" se disent "lucidum". C'est ça votre lucidité. La mienne a tendance à être boueuse, faite de vraies personnes et de vrai travail. Elle passe par les infirmières et les préposées qui changent des couches. Et je les aime beaucoup. Pourtant aucune d'entre elles ne fait de vélo en hiver pour se rendre à l'hôpital, je vous en passe un papier.

      Au cas où vous n'auriez pas remarqué, ce billet plaide en faveur du vélo pour ce qu'il est, à l'encontre de ceux comme vous qui en font une "arme contre les méchants". Et vous osez dire que vous ne l'idéologisez pas ? Wow!

    • Serge Lamarche - Abonné 8 mai 2020 13 h 44

      Bien d'accord avec m. Montoya.

  • Martin Talbot - Abonné 8 mai 2020 06 h 26

    Bien lancé

    Mais, comme plusieurs, je n'aurais rien contre les vélos si les cyclistes se comportaient de manière civilisée. Avec droits et privilèges viennent responsabilités.

    • Luc Le Blanc - Abonné 8 mai 2020 14 h 57

      Dois-je conclure qu'il ne sert à rien que je respecte les piétons, leurs passages protégés ou leurs trottoirs vu que les agissements de quelques malpolis vous feront détester tous les cyclistes en bloc, et sans doute ignorer leur droit de passage au feu ou leurs pistes? L'irrespect mutuel, donc?

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 8 mai 2020 23 h 11

      Cet argument est ridicule Monsieur Talbot puisque c'est l'aménagement de la ville qui conduit à de la délinquance. Je suis fondamentalement un cycliste, même si depuis 10 ans je prends mon auto pour travailler à 45 KM de chez moi. Il y a une différence, à un stop, entre le vélo et la voiture. Pour compenser l'inertie, l'automobiliste n'a qu'à «peser sul gaz», le cycliste doit tout redémarrer, avec sa propre énergie. Ça n'a pas de sens, un arrêt pour un cycliste devrait être un feu jaune clignotant. Certaines intersections permettent aux cyclistes d'être devant, en sécurité, et d'en prendre large (et donc de tourner à gauche, au besoin), en l'absence de tels aménagement, on semble sauvage. C'est certain que si un gros camion ou un F250 devant moi veut tourner à droite, je vais devoir, me mettre à sa gauche, c'est pas vrai que je vais me mettre en file derrière, pour respirer ses gaz, ce que je n'ai pas de problème à faire en auto. Mais souvent je remarque l'anxiété des conducteurs qui me voient ainsi entre deux rangées d'autos, voir me décaler à gauche si j'ai un virage à faire, de manière à pouvoir le faire quand la lumière sera jaune, pour les automobilistes sur une voie perpendiculaire. Mais sans cette manoeuvre, le virage à gauche serait impossible.... Pourquoi le cycliste devrait attendre deux lumières là où l'automobilsite n'a qu'une seul feu? C'est un exemple de comportement que vous devez exécrer, mais quis s'explique aiséement pour peu que l'on se déplace pour vrai à vélo...

      Je déteste les automibilistes qui se stationnent en double, obstruant les voies pour cyclistes. Est-ce que je mets les automobilistes dans le même bateau? Souvent on me klaxonne parce que je dévie de ma route, ben oui, il y a un énorme nid de poule... Il y a des raisons pour les comportements «délinquants», enfourcher sa bécane permet de le comprendre...

  • Jean-François Gagné - Abonné 8 mai 2020 07 h 16

    Et pourquoi pas?

    On a le droit de rêver, non? Personnellement, mon rêve à moi, ce n'est pas que la voiture disparaisse, ni que tout le monde se balade à vélo. Par contre, il est vrai que cette crise nous permet de voir que l'espace public est majoritairement occupé par la voiture. Il y a si peu d'espace pour les piétons que, si on veut respecter le 2m, il faut accepter de prendre une chance de se faire renverser par une voiture. Il y a si peu de place pour que les enfants jouent dehors, que ... il n'y a pas de solution. Dans nos villes, on a laissé toute la place à la voiture. Il a fallu construire des autoroutes, des stationnements gigantesques, et surtout laissé toute la place à des voitures stationnées 95% du temps dans nos rues résidentielles. Cette crise nous permet aussi de voir toute la pollution par le bruit causée par les voitures. Le dogme, il n'est pas dans le vélo, cher journaliste, il est dans la voiture qu'on nous enfonce à coups de publicités et d'endettement depuis trop longtemps.

    Vous vous indignez des primes de 500 euros pour des vélos électriques en France? Et vous êtes-vous indignés des primes de 13000$ pour les voitures électriques au Canada?

    Vous parlez du vélo comme d'une plaie pour les piétons et les personnes âgées alors qu'à Montréal. Les piétons qui se font tuer sont des personnes âgées se faisant tuer par des gens qui conduisent des voitures.

    Vous avez malgré tout raison, le vélo n'est pas la solution à tous les problèmes que la voiture solo nous a créé depuis qu'on lui a donné toute la place dans nos villes. La solution sera plutôt chez le vélo, le vélo électrique, des investissements massifs dans le transport en commun, le taxi, les voitures partagées, la marche, le télétravail, les voies réservées.

    Je veux bien protéger mon monde tout en l’améliorant chaque fois que nécessaire. Dans mon cas, c'est par la diminution de la place de la voiture dans nos ville que je propose de le faire.

    • Daniel Grant - Abonné 8 mai 2020 10 h 19

      @JF Gagné
      Ce qui est plus indigne c’est de subventionner à coup de milliards par année les pollueurs de l’industrie du fossile.

      L’incitatif à l’adoption du VE est dans la bonne voie des solutions et d’aucune commune mesure avec ce qu’on donne indirectement aux véhicules à pollution qui tuent 14600 êtres humains par année au Canada seulement (200,000 aux ÉU)

      S’il fallait que le prix à la pompe reflète vraiment ce que ça coûte à la société en externalités négatives à mettre du pétrole dans votre bagnole,
      personne aurait les moyens d’acheter une bagnole à pollution et on serait peut-être rendu au tapis volant ou à la télé-transportation tant cette industrie à pollution nous fait prendre du retard dans l’évolution de la mobilité.

      La mobilité électrique est l’avenir et il faut encourager son adoption le plus rapidement possible.