L’inévitable chicane

Depuis le début de la crise du coronavirus, les relations entre Québec et Ottawa étaient placées sous le signe d’une collaboration qui avait permis de mettre sur pause les tensions inhérentes au fédéralisme canadien. Le premier ministre Legault avait bien donné quelques signes d’impatience devant la lenteur du gouvernement Trudeau à ordonner la fermeture de la frontière avec les États-Unis, mais le ton des relations entre les deux ordres de gouvernement est demeuré courtois, voire amical.

Un froid s’est installé jeudi, quand M. Trudeau a manifesté son déplaisir de voir le Québec et, dans une moindre mesure, l’Ontario faire appel à l’armée pour secourir les personnes âgées en perdition dans les CHSLD. M. Legault doit être encore plus gêné que lui d’avoir dû lancer ce S.O.S., mais sa physionomie en point de presse indiquait clairement qu’il n’avait pas apprécié de voir son homologue canadien tourner le fer dans la plaie.

Il n’était pas fâché de pouvoir lui rendre la monnaie de sa pièce quand un journaliste lui a demandé si la Prestation canadienne d’urgence (PCU) — sans parler de la généreuse aide aux étudiants — avait pu nuire à la recherche de personnel pour les CHSLD. Bien entendu, poser la question, c’était y répondre. Le sous-texte était clair : pendant que M. Trudeau se contentait de signer des chèques à la chaîne, M. Legault était en première ligne.

M. Trudeau visait sans doute moins les autorités québécoises ou ontariennes que l’ensemble de la société, qui n’a pas été à la hauteur des obligations qu’elle a envers ceux qui ont bâti le pays et qui ont le droit de finir leurs jours dignement. Il n’est certainement pas le seul à trouver » extrêmement troublant » le sort qui leur est réservé. Certes, l’ampleur de la pandémie a pris tout le monde de court, ici comme ailleurs, mais la situation dans les CHSLD aurait été moins dramatique si on s’était attaqué plus tôt à des problèmes qui étaient connus depuis des années.


 
 

De toutes les provinces canadiennes, le Québec est de loin celle où les personnes âgées qui vivent en établissement sont les plus nombreuses. Il ne faut pas se surprendre que le virus y ait fait plus de victimes. Ce n’est pas M. Legault qui a choisi ce modèle, de toute évidence déficient, mais c’est à lui — et non à M. Trudeau — de décider des correctifs à y apporter.

M. Trudeau a évoqué la possibilité d’étendre la portée de la Loi canadienne sur la santé afin d’imposer des normes pancanadiennes aux CHSLD. Sa ministre de la Santé, Patty Hajdu, est manifestement désireuse de jouer un plus grand rôle, comme l’ont voulu tous ceux et celles qui l’ont précédée dans ce poste, même si la santé relève de la compétence des provinces. Historiquement, les périodes de crise ont souvent été l’occasion pour le gouvernement fédéral d’accroître ses pouvoirs.

Le Québec, qui s’était opposé à l’adoption de cette loi, en 1984, s’opposerait assurément à cette extension, mais bon nombre de Canadiens la verraient sans doute d’un bon œil. Dès son arrivée au pouvoir, M. Legault avait eu maille à partir avec le gouvernement Trudeau, qui menaçait de réduire les sommes versées au Québec dans le cadre du Transfert canadien en santé (TCS), si différents tests réalisés dans des cliniques privées aux frais des usagers n’étaient pas interdits. « Ce n’est pas le fédéral qui va commencer à nous dire comment gérer le réseau de la santé », avait-il déclaré. Il n’a pas changé d’avis.


 
 

Dans son point de presse de vendredi, il a plutôt demandé à M. Trudeau de revenir à une contribution fédérale de 50 % du coût des services de santé, comme cela était le cas au départ, alors qu’elle a chuté progressivement à 23 %. En réalité, le défi des provinces au cours des prochains mois et des prochaines années sera d’empêcher le gouvernement fédéral de se désengager encore davantage, en raison des sommes colossales qu’il a dépensées pour compenser l’arrêt de pans entiers de l’économie et qu’il faudra bien rembourser.

Une autre tendance historique à Ottawa, quand le déficit explose, est en effet de réduire les transferts aux provinces, plutôt que les dépenses fédérales. Et le déficit atteindra des sommets inégalés. M. Legault a ouvert la porte à la nationalisation des CHSLD privés, avec les coûts importants que cela entraînerait, mais la réponse à la baisse de la contribution fédérale dans le passé a été au contraire d’accorder une plus grande place au secteur privé dans la fourniture des soins de santé.

On dit que la société québécoise ne sera plus la même après la pandémie, mais la dynamique du fédéralisme, elle, ne changera pas. Même quand le gouvernement réduit ses transferts, sa volonté d’imposer un modèle uniforme d’un bout à l’autre du pays ne diminue pas. Depuis toujours, les règles de la solidarité canadienne, dont la péréquation est le symbole par excellence, ont été définies unilatéralement par Ottawa, les provinces étant consultées pour la forme. C’est le gouvernement de Trudeau père qui avait fait adopter la Loi canadienne sur la santé. Le fils ne demande certainement pas mieux que de poursuivre son œuvre.

40 commentaires
  • Raynald Harvey - Abonné 25 avril 2020 07 h 06

    Des problèmes connus depuis des années ?

    Si les problèmes des CHSLD étaient connus depuis des années, pourquoi M. Legault n'en a pas soufflé mot lors de la campagne de 2018 ni entrepris aucune action pour y remédier depuis ? Et réduire les seuils d'immigration alors qu'on manquait cruellement de main-d'œuvre partout au Québec, c'était une bonne idée peut-être ? Quand on sait que la grande majorité des employés de soutien dans la grande région de Montréal proviennent des minorités culturelles. Et attendre plus de 6 semaines de désastre avant de se résoudre à appeler l'armée ?? Einstein disait que le natioanalisme est la maladie mentale de l'humanité, une maladie qui malheureusement a coûté beaucoup trop de vies dans les CHSLD du Québec.

    • Gilles Théberge - Abonné 25 avril 2020 08 h 50

      Et le nationalisme canadien lui, vous ne trouvez pas qu'il a coûté beaucoup de vies en CHSLD ? La baisse des transfert fédéraux ça ne vous dit rien ça...?

      Misère !

    • Pierre Belzile - Abonné 25 avril 2020 09 h 05

      Au royaume des raccourcis intellectuels et du sophisme, vous seriez un excellent prétendant au trône monsieur Harvey.

    • Michel Cromp - Inscrit 25 avril 2020 10 h 04

      Les vacances sont finis?
      Bon retour au Québec Monsieur Harvey. Où étiez-vous donc en 2018? Les maisons des ainés, la présence de Marguerite Blais comme future candidate représentant les ainés. Comment cela a-t-il pu vous échapper? Le gouvernement de la CAQ a, en une seule année, augmenté le budget destiné aux ainés de façon plus importante que le gouvernement libéral en 4 ans. Et pourquoi ramener la question des seuils d'immigration dans un moment aussi tragique. Il y a actuellement au Québec assez de personnes inactives, le malheur est qu'elles restent inactives pendant le drame. Vous voulez savoir pourquoi Monsieur Legault a attendu 6 semaines avant de faire appel à l'armée, c'est peut-être qu'au fond de lui, il avait la conviction qu'on ferait face au défi. En ce qui a trait au lien que vous faite entre le nationalisme et la maladie mentale, je pense qu'un peu de déconfinement vous fera le meilleur bien.

    • Bernard Dupuis - Abonné 25 avril 2020 10 h 04

      De quel nationalisme parlez-vous? Du nationalisme allemand, du nationalisme britannique, du nationalisme français, du nationalisme italien, du nationalisme "canadian", etc.? À moins que vous parliez du seul nationalisme québécois, ce qui serait évidemment discriminatoire? Car, il y a au moins cent quatre-vingts nations à travers le monde.

      De plus, Einstein parlait dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale ce qui n'était pas ordinaire. Comme dirait l'autre, vous lui faites dire des choses hors "contexte".

      Je ne suis pas dupe relativement aux intentions de votre commentaire.

    • Richard Lupien - Abonné 25 avril 2020 10 h 46

      @ monsieur Reynald Harvey,
      Albert Einstein, l'homme de science qui a vécu à Berlin alors que le régime nazi montait en puissance, Berlin qu'il quitta pour émigrer aux États-Unis, dénonçait le national-socialisme tel que conçu par Hitler.
      Le nationalisme en-soi n,est pas négatif.
      Vous mélanger naïvement les cartes.
      Richard Lupien
      Ormstown

    • Jacques Patenaude - Abonné 25 avril 2020 12 h 31

      Ouais à lire tous les commentaires on dirait qu'il y en a qui se sont ennuyé des chicanes Canadiennes usuelles.
      Personnellement je crois que lapreimère leçon qu'on peut tirer de cette crise c'est que l'État demeure le recours auquel les citoyens font confiance que ça plaise ou non aux amateurs d'ideologie politique. Il y aura toujours le besoin d'un État. Peut-être qu'un jour un État mondial remplacera les États nationaux mais j'ai bien peur que ce soit très long avant que ça arrive.
      Deuxième leçon: malgré les problèmes vécu dans les ressources pour personnes agées, le système canadien a bien fonctionné dans la mesure où le fédéral n'a pas pu prendre le contrôle de la crise malgré les tentatives de sa part avec sa loi des mesures d'urgences. Les provinces ont pris leurs responsabilités ce qui relève de ses compétences de même le fédéral a agit là où il a des compétences. De plus il faut souligner la collaboration dont ont fait preuve les gouvernements entre eux. C'est une bonne occasion de constater qu'un fédéralisme décentralisé est une voie fonctionnelle si on accepte les particularités nationales du Québec et des premières nations (qui ont su bien prendre en main leur situation on en parle pas suffisamment ).
      troisième leçon: Les ressouces pour les personnes âgées ont été trop lontemps négligées par tous les paliers de gouvernement. Le retour à la normale des chicanes constitutionelles est un attavisme qui est un peu inutile. Souhaitons qu'on s'en sorte. Pour ceux qui s'inquiète de la popularité de Legeault une autre leçon qu'on prendra surement bientôt c'est qu'il est inutile de s'en inquiéter ça va retomber.

    • Bernard Plante - Abonné 25 avril 2020 17 h 22

      Le "fédéralisme décentralisé est une voie fonctionnelle". Wow. Un rêve.

      Comme le disait Jacques Parizeau: "Le problème est qu'avec le temps nous en sommes venus à croire qu'il était normal que tout soit aussi compliqué alors que ça pourrait être si simple."

    • Jean-François Trottier - Abonné 26 avril 2020 08 h 54

      M. Harvey, en complément à M. Théberge, Québec a demandé de pouvoir placer plus d'argent pour les soins aux personnes âgées dans la négociation sur les transferts en santé.

      Ottawa, qui a l'origine payait 50% (!!!!), exigeait de s'occuper plutôt des soins à domicile et de santé mentale pour les pinottes qu'il donne maintenant.

      Le vrai problème, c'est les chantages perpétuels d'Ottawa, ses promesse jamais tenues, son incompréhension des différences fondamentales d'une province à l'autre.... en fin de compte tout ce que fait la capitale d'un empire dont le premier rôle est d'augmenter son pouvoir contre, je dis bien contre, les régions.
      Le débat sur la santé était un mauvais remake de Hunger Games. Ottawa a joué une province contre l'autre jusqu'à sa victoire habituelle et destructrice.

      Les provinces de l'ouest sont une création d'Ottawa et ne conçoivent pas facilement de s'assumer. Difficile d'admettre qu'elles ont été bâties sur les os et le sang des Premières Nations et des Métis.
      L'Ontario est la grand bénéficiaire de l'Empire.
      Les provinces Atlantiques sont trop petites et trop pauvres pour penser autrement qu'en quêteuses. Oui oui, quêteuses.
      Et Terre-Neuve s'en fout. On lui a imposé d'être Canadienne depuis le bureau-chef de London, depuis les commandes sont à Ottawa, ils pensent à autre chose.

      Reste le Québec, dont l'originalité passe pour "annoying" et "not so democratic" (meaning : not civilized) dans le ROC.

      Ici, encore. le petit Trudeau se déguise en grend juge alors que le problème vient de ses décisions d'abord.
      Grand Menteur oui.

  • Claude Bariteau - Abonné 25 avril 2020 07 h 13

    Votre mise en contexte fait voir que le PM Trudeau, à l'instar d'un président juste au sud, sait trouver des coupables dès qu'il voit dans sa soupe les dégâts qu'il a causés pour avoir « tataouiné » après l’apparition de signes du coronavirus et la levée du drapeau rouge par l’OMS.

    Avec l’entrée de gens venus d’ailleurs, ce coronavirus a pris un envol communautaire et s’est immiscé dans les SCHLD là où habitent des personnes vulnérables et plus nombreuses qu’ailleurs au Canada.

    En 1984, le Québec eut raison de s’opposer à une loi canadienne de santé présentée financièrement alléchante. Elle est devenue un outil entre les mains du Canada pour inciter les provinces, en particulier celle du Québec, à s’activer selon les règles canadiennes dans ses champs de compétences pour contrer, selon la méthode Lalonde, pour renforcer les pouvoirs du Canada.

    Ce dernier le fit à divers titres, dont ceux de promoteur du programme énergétique canadien (PÉN) peu avant l’accord des provinces, sauf celle du Québec, pour rapatrier et changer la constitution, et de ministre des finances jusqu’aux élections de 1984 suivant l’adoption de la loi canadienne sur les services de santé.

    Que le fils du PM Trudeau-père veuille poursuivre dans cette voie et celle du PM Chrétien après 1995 ne surprend pas

    Le Dominion of Canada est né pour éviter la revanche des États-Unis sur Londres et ses colonies nord-américaines qui ont appuyé les sudistes. Devenu pays indépendant en 1931 après le krash de 1929, le Canada a rapatrié des pouvoirs provinciaux de taxation pour financer son effort de guerre et les a conservé pour assurer son essor économique.

    Après l’entente Pearson-Lesage, il a cherché à renforcer ses pouvoirs pour contrer le mouvement d’affirmation de l’État québécois après le « Vive le Québec libre ». Il entend toujours faire du Canada un État postnational d’ayants droit avec des régions dont les provinces sont ses gestionnaires dont il contrôle les activités.

    • Pierre Rousseau - Abonné 25 avril 2020 08 h 21

      La grande majorité des états tend à étendre ses pouvoirs et le Canada n'est pas différent. La logique veut que si le fédéral finance quelque chose, il ait son mot à dire dans la manière de dépenser cet argent et puisse imposer des normes nationales. D'un autre côté, les provinces ont leurs pouvoirs propres en vertu de la constitution et elles peuvent dépenser leurs impôts de la manière qu'elles le veulent dans le cadre de leurs compétences.

      Par exemple, le Québec a choisi de prélever directement ses impôts avec une structure bureaucratique fort élaborée et coûteuse alors que les autres provinces ont choisi de se fier au fédéral pour prélever leurs impôts à bien moindre coûts. Ce sont des choix de société que l'on fait et il faut vivre avec nos choix. On ne peut toutefois pas tirer et pousser en même temps et si on veut plus d'argent du fédéral il ne faudrait pas se surprendre que ce dernier veuille s'en mêler, même si l'argent du fédéral provient en partie des contribuables de la province.

    • Claude Bariteau - Abonné 25 avril 2020 08 h 56

      M. Rousseau, vous ciblez le système québécois de perception des impôts alors qu'il existe plusieurs autres doublets. Seriez-vous un promoteur du transfert par le Québec des activités qu'il assume au Canada parce que le Canada, par ses pouvoirs de dépenser et ses politiques, lui a permis de gérer à distance le Québec ?

      Dites-le clairement et on saura où penchent vos réflexions plutôt que de parler des pouvoirs qui découlent des dépenses du Canada. Ce manège est connu et réapparaît lors de crises. Il ne faut pas minimiser le manège parce qu'il découle de la constitution de 1867 pouyr la gestion interne et s'est réaffirmé avec plus de force aprtès 1931 et 1982.

      La transparence s'impose. La mienne est claire.

    • Gilles Théberge - Abonné 25 avril 2020 09 h 00

      Vous n'avez pas l'air de comprendre monsieur Rousseau, que le Québec constitue une Nation...?

      Une nation possède un ensemble de pouvoir régaliens. C'est ce que le Québec tente de préserver du mieux qu'il peut, Avec le but de rapatrier ceux qui lui échappent encore. pour l'instant...

    • Gilles Sauvageau - Abonné 25 avril 2020 09 h 03

      Je suis 100% d'accord avec vous !!! Votre analuse et votre commentaire est très réfléchi et très approprié !!!

      Gilles Sauvageau
      L'Assomption

    • Claude Bariteau - Abonné 25 avril 2020 11 h 39

      M. Théberge, le Québec ne constitue pas une nation au sens d'une nation d'un État indépendant. Encore moins au sens d'une nation préexistante, ce qui est une construction imaginaire et imaginée qui ne tient pas la route. S'agissant des pouvoirs régaliens, ceux-ci sont les pouvoirs appartenant à l'État souverain et indépendant, qu'il ne peut déléguer. Les pouvoirs du Québec sont des pouvoirs délégués, par définition aucunement régaliens.

      Les droits régaliens, depuis le XVIe relèvent exclusivement du roi, du souverains ou de l'État et ne peuvent pas être délégués. Ils concernent notammenty l'armée, la monnaie, les douanes, la sécurité intérieure, les ententes avec d'autres pays et la justice.

      Le Québec ne dispose pas de droits régaliens, mais détient des pouvoirs délégués découlant de la création du Dominion of Canada pour des questions locales. En 1931, le Canada est devenu un État indépendant et a activé par la suite ses pouvoirs régaliens transmis par le Royaume-Uni et a revu sa constitution en 1982, dont ses pouvoirs régaliens.

      Le Québecsera une nation lorsqu'il créera son État indépendant et ce sont ses futurs citoyens et ses futures citoyennes qui le décideront.

    • Claude Bernard - Abonné 26 avril 2020 14 h 10

      M Bariteau
      On ne peut s'empêcher de voir que votre vision est incomplète.
      La gestion est déficiente dans beaucoup de CHSLD, la préparation était inadéquate, la formation insuffisante, la planification extrêmement compliquée etc...
      On ne peut blâmer les erreurs inévitables de Legault sur le dos des coupures, chercher un coupable qui excuserait une impréparation totale mais répandue partout sur la planète est un jeu qui ne vous convient pas et n'est pas à la hauteur de vos commentaires habituels.

  • Raynald Rouette - Abonné 25 avril 2020 07 h 25

    Rien n’a changé au Canada depuis 40 ans sauf...


    Non seulement nous avons voté pour ça, nous avons été "bradé"! Depuis l'avènement des traités de libres-échanges aussi douteux que nébuleux, nous sommes à la merci des multinationales devenues plus puissantes qu'un pays en Occident, que dire alors d'une simple province...

    Le néolibéralisme coïncidant avec le régime en place de P.É. Trudeau, un politicien dominateur qui aimait régner sur son pays sans partage. Son fils Justin, ayant été un témoin privilégié des tactiques déloyales de son père envers le Québec, ne fait que suivre ses traces.

    • Marc Pelletier - Abonné 26 avril 2020 13 h 56

      N'oubliez pas que M. Bernand Landry était un fervent promoteur de la mondialisation.

  • Bernard LEIFFET - Abonné 25 avril 2020 07 h 46

    On a le plein contrôle : de quoi, Monsieur Legault?

    Après les échangres Trudeau-Legault un semblant de gué-guerre est reparti. La mascarade continue de part et d'autre. Le premier joue à son rôle de « preacher » comme d'habitude, en s'épanchant maintenant vers les vieux et leur sort dans les centres du Québec, et pour mieux faire passer le message il est là chaque jour à faire son sermon pendant que les autres partis du Dominion croupissent quelque part! Le second, costume de parade d'une personne active, loin de ceux qui tournent en rond dans leur bloc comme locataires ou les plus chanceux, ceux qui sont propriétaires d'une maison, continue sur sa lancée et fonce! Étrangement, le chant des sirènes se fait entendre et le fils Trudeau reprend le flambeau du père au chapitre de la santé! Pour donner une réplique au fédéral, la CAQ est aussi seule, les deux mains sur le volant, pour donner la réplique, les trois autres partis mis sur pause sans rechigner!
    Nous sommes revenus en arrière! :Lle Québec stagne sur le plan politique, et le Gouvernement minoritaire du Dominion en profite pour tenter de museler encore plus le Québec dans son giron fédéraliste! Bref, rien n'est sous contrôle, ni toutes les fédérations et collèges, les syndicats, quasiment l'ordre de Madame Plante qui veut un dé-confinement de Montréal en même que celui des régions, etc.
    Apès le feu, le bateau prend l'eau de toute part et le sauve-qui-peut généralisé met un terme aux rêves de chacun!

  • Jean Jacques Roy - Abonné 25 avril 2020 08 h 10

    Legault et la CAQ ne sont pas des indépendantistes... mais des FÉDÉRALISTES « québécois ».

    « (François Legault) a plutôt demandé à M. Trudeau de revenir à une contribution fédérale de 50 % du coût des services de santé, comme cela était le cas au départ, alors qu’elle a chuté progressivement à 23 %. »

    La pandémie va donc remettre de plus bel le tiraillement plus que centenaire entre le Québec et Ottawa! Que résultera-t-il de cette chicane?
    Servira-t-elle à redresser le système de santé et à corriger à fond les retards cumulatifs des 20 dernières années? Ne faut-il plutôt craindre que la bataille de la péréquation (faute de budget) serve de paravent pour perpétuer les politiques d’austérité, de privatisation, de sous traitance et de cheap labor!

    N’oublions pas que la CAQ est un parti fédéraliste « québécois », qui dans la chicane à venir a tout à gagner électoralement sur le plan nationaliste et politique... et très peu à perdre! Or, il en va de même pour Trudeau. Le gouvernement PLC est minoritaire, avec l’enjeu de la péréquation et le financement de la pandémie, le pari de Trudeau est de croire qu’il formera un gouvernement majoritaire en cas d’élection anticipée.

    • Claude Bariteau - Abonné 25 avril 2020 10 h 27

      Bien d'accord. c'est d'ailleurs ce qui conditionne ses prises de position à partir du carré de sable qu'est la province. Il a par contre parlé du peuple québécois en des termes politiques, ce qui est différent d'une nation préexistante à laquelle il s'est associée depuis la fondation de la CAQ. Mieux, il a fait écho à 8,5 millions de soldats qui se battent au Québec contre la COVID-19.

      Qu'il ait fait appel à l'armée, comme le souligna le chef du BQ, le peuple québécois, s'il n'en a pas, finance ses coûts et a droit à ses services, notamment des militaires campés en sol québécois qui y habitent. Il l'a fait devant l'urgence dans les CHSLD en grande partie une conséquence du tataouinage du PM Trudeau-fils sans négliger les programmes pilotés en santé par son paternel avant de passer la main à son successeur en 1983.

      Je ne vois pas comment le chef de la CAQ composera avec le parlement du Québec d'ici peu et ce qu'il aura à son agenda en 2022. Je sais seulement qu'il ne pourra pas jouer du violon avec un archet économique qui rythme sa pensée. La crise est triple : pandémie, environnement et économique. La sortie se fera dans un univers où le système-monde sera à réaligner sur des bases autres que le néo-libéralisme, la banalisation des États indépendants et les organismes internationaux qu'ils ont générés avec pour moteur les citoyens et les citoyennes des États indépendants et des approches différentes de ces États.

      Le Québec pourra en être. Le défi de la CAQ sera là.