Le savant et le politique

Quand on a demandé au premier ministre Legault pourquoi il avait choisi de ne pas dévoiler lui-même les projections sur le développement de la pandémie, contrairement à ce qu’ont fait ses homologues de l’Ontario, Doug Ford, et de l’Alberta, Jason Kenney. Il a répondu : « Ma responsabilité au cours des derniers jours a été de faire en sorte que les Québécois aient les réponses aux questions qu’ils se posent. Mais ce n’est pas moi qui dicte ces réponses. Je pense que les données et les projections doivent être établies par des experts, pas par des politiciens. »

Le grand sociologue allemand Max Weber a publié en 1919 un ouvrage devenu un classique, Le savant et le politique, dans lequel il s’appliquait à différencier la posture de l’homme de science et celle de l’acteur politique. Dans sa préface à l’édition française, Raymond Aron avait résumé cette différence de la façon suivante : « La vocation de la science est inconditionnellement la vérité. Le métier de politicien ne tolère pas toujours qu’on la dise. »

Depuis le début de la crise, on ne peut cependant pas accuser M. Legault d’avoir cherché à déformer la réalité, même si on peut penser qu’il ne dit pas toujours tout. Plusieurs reprochent même aux journalistes de l’assaillir quotidiennement de questions auxquelles il répond pourtant sans manifester la moindre impatience. Lui-même doit d’ailleurs trouver ses supposés tortionnaires bien mieux intentionnés qu’à l’habitude.

Peu importe les choix différents faits par ses collègues ailleurs au pays, confier à des experts de la santé publique le soin d’élaborer des scénarios ne peut certainement pas être interprété comme un manquement à ses responsabilités. Au bout du compte, il devra répondre seul de la gestion de la crise et de la suite des choses.


 
 

On peut comprendre que le premier ministre ait préféré ne pas présenter lui-même des projections basées uniquement sur l’évolution de la pandémie en Europe, le meilleur et le pire, sans qu’on sache dans quelle mesure cela peut s’appliquer au Québec. S’il avait été aussi vague sur ce qui risque d’arriver ici, on l’aurait soupçonné de vouloir cacher la vérité, tandis qu’on reconnaît volontiers au savant le droit d’invoquer l’impossibilité d’une grande précision.

En réalité, s’il n’en avait tenu qu’au Dr Horacio Arruda, on n’aurait eu droit à aucune projection. Dans son esprit, ce genre d’exercice relève davantage de l’astrologie que de la science, aussi longtemps que toutes les données permettant d’arriver à un scénario dont la concrétisation est pratiquement certaine ne sont pas disponibles. Il a dit avoir dû s’incliner devant la volonté de son « boss ».

Par nature, le savant n’aime pas les approximations, il veut des certitudes. La plupart du temps, le politicien doit se contenter des premières. Quand la population est plongée dans une aussi grande incertitude, elle exige des réponses et une réponse insatisfaisante vaut mieux qu’un silence. Celui qui n’en a pas à donner risque de le payer cher. Il est toujours étonnant de voir à quel point ceux qui assurent avoir un « plan » nagent souvent en pleine improvisation.


 
 

Il est clair que personne ne s’attend à un scénario à l’italienne. Même le très prudent Dr Arruda l’a pratiquement écarté. Malgré le ton encourageant que le premier ministre a adopté au cours des derniers jours, en commençant à évoquer une reprise progressive des activités « dans les prochains jours, les prochaines semaines », les projections des experts de la santé publique n’en sont pas moins préoccupantes.

Le scénario « optimiste » à l’allemande prévoit 1263 décès d’ici la fin d’avril, alors qu’il y en avait 175 en date de mercredi. Autrement dit, la deuxième moitié du mois, même quand le « pic » sera passé, s’annonce meurtrière, malgré le remarquable respect des consignes. Certains avaient cru que Doug Ford avait fait dans l’alarmisme en dévoilant les projections pour l’Ontario, mais le Québec est sur la même trajectoire.

La mobilisation générale des ressources disponibles vers les CHSLD et les résidences des personnes âgées, de même que la généralisation des tests à tous les résidents et au personnel, ne laissent aucun doute sur l’inquiétude que suscite la situation qui y prévaut. Déjà, près de 90 % des victimes sont âgées de 70 ans et plus et la moitié étaient hébergées dans un CHSLD ou une résidence pour personne âgée. Il n’est pas nécessaire d’être un savant épidémiologiste pour comprendre où le mal va continuer à frapper.

61 commentaires
  • Serge Pelletier - Abonné 9 avril 2020 04 h 23

    M. David,

    Vous auriez intérêt à lire les écrits des Dr ESTELLE MALLET, Science politique, et Dr FRANÇOIS GONON, neurobilogiste sur les "écrits scientifiques et leurs dérives". Tout comme les écrits sur "La fraude scientifique - La réponse de la communauté" par GIROLAMO RAMUNNI qui sont parus dans La revue pour l’histoire du CNRS 9 | 2003 : Histoire du temps présent - D'un thème à l'autre. Ou encore revisionner les mises en gardes à tous, que servait la professeur de l'Université de Montréal qui est spécialisée en recherche fondamenale, sur la fâcheuse habitude qu'ont les chercheurs à "tout tasser" de l'équation ce qui ne fait pas l'affaire à la réponse qu'ils désirent... ou encore de les trafiquer pour que les résultats confirment ce qu'ils "aiment" pouvoir dire/écrire.
    Même un article récent du Le Devoir metait des bénoles sur les comparaisons plus que boiteuses que font nos "pseudo-scientifiques" en comparant "des pommes et des oranges" en ne tenant aucunement en compte des disparités de resemblances... ce qui rendaient ridicules les énoncés de comparer ce qui arrive en Italie, en Allemagne, en Angleterre...

    Quand au Dr Horacio Arruda, et bien nous sommes chanceux de ne plus être au moyen-âge, car selon ce qu'il affirme "il faut avoir les preuves scientifiques - quantitatives dans son esprit - avant d'affirmer ou spéculer quoi qu'il soit"... la terre serait encore plate.

    Ce bon Dr Horacio Arruda en est rendu aveugle et ne voit même plus les évidences qui "sautent aux yeux" en matière de transmissions des virus: pas de bonnet, pas de résille, pas combinaison, pas de tapis désinfectants à l'entrée des établissements de soins, pas de désinfection des lieux publics (passages et corridors - murs, plachers, portes entières)... Cela ne sert à rien selon lui, car non cela est non prouvé scientifiquement dans le cas de ce virus... Quand à la ministre McCann, ce n'est guère mieux... Des centaines de morts et d'infectés en CHSLD... Mais elle ne savait pas... Elle est surprise.

    • Françoise Labelle - Abonnée 9 avril 2020 09 h 37

      M. Pelletier,
      Je pense que vous réagissez avec raison contre la tendance populaire à chercher des héros. Il y a certainement désinfection des lieux contaminés. Mais à quoi ça servirait de désinfecter n'importe quel lieu au hasard? Le Dr Arruda est un gestionnaire de la santé. Comme l'épidémiologie, il s'appuie en partie sur des statistiques. Il ne s'appuie pas sur son pif arrogant comme Trump.

      Bien sûr, certains scientifiques peuvent avoir des biais idéologiques ou des intérêts financiers mais ils se font vite démolir, preuves à l'appui. La science, ça veut dire le débat scientifique et la confrontation par les preuves.
      Le cas de la chloroquine est un bel exemple. La preuve apportée par le prof Raoult est boiteuse. Et il y a de nombreux autres traitements aux effets potentiellement toxiques sous étude, remdésivir, colchicine, lopinavir, ritonavir, interféron bêta, etc. Lequel doit-on choisir?
      Cf. «Chloroquine et Covid-19 : les études publiées ne permettent pas de prouver son efficacité» La conversation, 31 mars.

    • Serge Pelletier - Abonné 9 avril 2020 17 h 30

      M. Labelle, actuellement il est interdit d'émettre quelque critique des agissements de nos nouvelles vedettesTV, qui s'évèvent en Sauveurs du peuple. Peuple qu'ils ont eux-mêmes créer par le "j'm'enfoutisme" comme celui actuellement à la tête du pays, ou par l'improvisation de ceux de Québec et des autres provinces, et mieux de ceux qui veulent eux aussi faire quelques chose pour entrer dans le cercle des Sauveurs tel que la mairesse de Montréal.
      Si ces personnes n'étaient pas entourées d'une multitudes de conseillers politiques (plus d'une centaine pour les cabinets ministériels, et plusieurs dizaines pour celui-de la mairesse), et pire quand l'on prend le Dr Arruda (200 experts le conseillent selon ses propres dires), ainsi que les dizaines de directeurs généraux d'établissements en soins de toutes catégories... L'on pourrait se dire, qu'ils sont brusquement dans l'eau bouillante et font de leur possible... Malheureusement, ce n'est absolument pas le cas. Leurs agissements est tient plus de l'alégorie du batracien dans une poêle qui est remplie d'eau qui chauffe jusqu'à l'ébullition... L'analogie de la grenouille est presque que parfaite pour illustrer leurs comportements... Sauf que dans leurs cas, c'est le peuple qui "cuit à petit feu", pas eux du tout. Pire, ils font tout leur possible imiginable et inamiginable pour faire porter "le blâme" sur les petits gens d'en-bas de la parymide hiérachique quand cela tourne très mal, ou sur les idiots du peuple qui veulent avoir un moment de gloire en faisant des niaiseries. Mais jamais, au grand jamais l'acceptation de leur responsabilités, ou des petits copains, dans le cafouillage, des niaiseries et autres demi-mesures où ils sont passés maîtres.

    • Serge Pelletier - Abonné 9 avril 2020 18 h 10

      M. Labelle, prenez un exemple flagrant pour ce qui se pase dans les CHSLD... L'on pourrait comprendre s'ils ne s'en doutaient pas... Mais non, ils savaient. Entre autres, les autorités sanitaires de la France, l'Italie avisaient le monde entier que ces endroits étaient très à risques et qu'il fallait obligatoirement y apporter une priorité absolue sans cela la situation y deviendrait catastrophiques. EN MOIS AVANT QUE CELA SE SAVAIT... Mais pas eux, ni leurs conseillers, ni personnels politiques...
      Pour l'un, soit le Dr Arruda il fallait des preuves scientiques (ce qui signifie des preuves quantitativement prouvées, sans cela point d'interventions ). Pour l'autre, cela est pire, bien pire, outragement pire... Ma ministre McCann devant le fiasco du CHSLD de Laval prends une très grande décision, à l'image de l'insignifiance de cette bureaucratie où il n'y a jamais d'imputation et sanction réelle (qui font mal) contre les admnistrateurs en haut de la pyramide hiérarchie fautive. Que non, elle ordonne une enquête administrative pour déterminer sur "le qui a entré le virus là et sa progression en les murs"... Pour l'incompétence du personnel des administrations fautives l'on repassera. Les infirmières de l'endoit, les proposés de l'endroit ne cessent de le dire et répéter "on a avisé directement et en parsonne la direction de la contamination ... Il y a eu négation des membres de la direction... (cela revient à dire "on te paye pour travailler pas pour penser, pis c'est moé qui pense icit"). La Madame McCann devrait ordonner immédiatement la suspension sans paie et autres rémunétations des diverses personnes hièrachiques, d'ordonner une enquête conjointe des affaires criminelles de SQ (et oui le Code criminel canadien possède divers articles traitant direcgement de ce sujet: art. 22.1, 22.2, 23, 23,1,24, 219, 222), et surtout pas de laisser seule une administration faire une enquête sur elle-même... Car cela devient alors atomatiquement la faute au concierge.

  • Serge Grenier - Abonné 9 avril 2020 05 h 22

    Paradoxe

    Le paradoxe est que plus le Dr Arruda produira un scénario précis, moins il risque de se produire. Pourquoi? Hé bien tout simplement parce que mieux la population sera informée, plus elle sera à même de prendre sa destinée en main et faire mentir les pronostics.

    Est-ce que ça veut dire que ça ne sert à rien de publier des prévisions? Au contraire, si on ne dit rien, c'est la pire des prévisions qui risque de se produire, car ce sera notre subconscient collectif qui sera au volant au lieu de notre intelligence collective.

    C'est pourtant simple à comprendre il me semble.

    • Cyril Dionne - Abonné 9 avril 2020 09 h 28

      Bien d’accord avec vous M. Grenier. Plus on est informé d’une situation, plus on prend des meilleures décisions.

      Il est faux de dire que la science aime seulement les certitudes, c’est archifaux. Ce sont les scientifiques, eux, qui n’aiment pas l’incertitude afin de protéger carrière et intégrité. Les certitudes n’existent pas en sciences; ce sont les meilleures approximations qui font le travail. Rien n’est absolu.

      Pardieu, la moitié des mathématiques sont basées sur les probabilités et l’autre moitié, sur la modélisation. Même les champs mathématiques les plus précis découlent d’une approximation. Alors, où était le problème à présenter un scenario crédible? Là, ce sont les scientifiques et les experts en santé du Québec qui ont échappé la balle. Celui de l’Ontario était limpide. Ils ont les données en main pour faire les projections et surtout, d’arrêter d’esquiver la question de la durée de la pandémie. Nous parlons d’années avec les contraintes du confinement et de la distanciation sociale, pas des semaines à moins d’un vaccin efficace. Pour l’immunité de groupe, il faut que 90% ait développé des anticorps. En plus, ils ne savent même pas si l’immunité est permanente ou aléatoire, vagues obligent. C’est cela que je reproche au gouvernement de M. Legault, de ne pas nous donner l’heure juste.

      Bon, cela dit, j’espère que personne n’est surpris que ce sont les plus âgés qui sont le plus à risque en incluant ceux qui des problèmes respiratoires et autres. En fait, la COVID-19 est le symbole même de l’eugénisme. Elle frappe plus fort tous ceux qui sont les plus vulnérables. Et avant de lancer la pierre à M. Legault au sujet des nombreuses victimes dans les CHLSD ou maisons des aînés, il faudrait savoir que ce phénomène est le même partout. En Ontario, en Colombie-Britannique, ces institutions sont lourdement touchées. Même durant les temps de crise, certains illuminés essaient de se faire du capital politique sur les drames des autres. Oui, misère.

  • Christian Montmarquette - Abonné 9 avril 2020 06 h 40

    Plus démagogique que ça, tu meurs

    « Près de 90 % des victimes sont âgées de 70 ans et plus et la moitié étaient hébergées dans un CHSLD ou une résidence pour personne âgée. » - Michel David

    Dès le départ, Legault savait qu'il fallait particulièrement protéger nos âinés.es.

    Il l'a dit et répété à plusieurs reprises dans ses conférence de presse :

    - N'ALLEZ PAS VOIR LES PERSONNES ÂGÉES !!

    - Et quelle a été son action concrète ?

    Pendant que notre maître de la flatterie démagogique en chef François Legault se prétendait le grand protecteur des vieux dans les CHSLD en leur interdisant de sortir. Il leur envoyait du même souffle des équipes volantes issues de tous les horizons et de toutes les régions qui se baladaient d'un CHSLD à l'autre qui introduisaient le virus avec «INTERDICTION» de porter des masques, même s'ils désiraient se les payer de leurs poches, avec comme résultat le plus haut taux de mortalité au Québec,

    Plus démagogique que ça, tu meurs.

    Et c'est exactement ce qui se passe.

    Nos aînés.es, meurent.



    Merci, M. Legault pour votre «excellent travail» qu’il ne faut surtout pas «oser critiquer».
    



    • Françoise Labelle - Abonnée 9 avril 2020 09 h 49

      La critique, c'est la base-même de la science.
      À plus forte raison en politique où la tendance est très forte à chercher des idoles, surtout en période de crise.
      Caillé et Bouchard ont admis par suite qu'ils avaient improvisé tout au long de la crise du verglas.
      Disons que Legault a pour l'instant mieux improvisé que d'autres sauf sur les établissements pour aînés, malgré les exemples de la C.-B.
      On verra.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 9 avril 2020 15 h 53

      "Pendant que notre maître de la flatterie en chef François Legault se prétendait le grand protecteur des vieux dans les CHSLD en leur interdisant de sortir. Il leur envoyait du même souffle des équipes volantes qui se baladaient d'un CHSLD à l'autre qui introduisaient le virus avec interdiction de porter des masques avec comme résultat du plus haut taux de mortalité au Québec." - CM

      Monsieur Montmarquette, je ne sais pas comment vous faites mais il est de plus en plus difficile de vous croire sur parole.

      Qu'est-ce qui vous permet de prétendre que les équipes volantes sont contaminées et qu'il leur est interdit de porter des masques sur ordre exprès du premier ministre?

      À travers votre charge "ad hominem" particulièrement vicieuse contre François Legault, c'est en fait tout le corps médical que vous accusez d'avoir un comportement criminel envers les personnes âgées. En toute logique, si ce que vous dites est fondé, il y aurait matière à porter plainte aux divers comités de déontologie, voire même à la police. L'avez-vous fait ou vous contentez-vous de cracher en l'air en jouant avec le feu?

      Il y a certainement lieu de prendre avec un gros grain de sel tout ce que vous vous permettez d'avancer. En effet l'étiquette "plus démagogique que ça tu meurs", comme vous le dites si bien vous-même, s'accorde parfaitement avec les propos incendiaires et diffamatoires que vous lancez sans vergogne et sans preuves aucunes sur la place publique.

      Alors qu'au Québec la crise a fait passer "la patrie avant le parti" (du moins si l'on se fie aux comportements actuels de François Legault, Pierre Arcand, Pascal Bérubé et Manon Massé), vous vous permettez de ramer à contre-courant. Après tout, quand on se considère comme le seul à avoir raison, il faut bien se consentir le privilège de ne pas faire comme les autres.

      S'il y avait un prix Nobel en démagogie, vous seriez en très bonne position pour l'obtenir haut la main.

    • Christian Montmarquette - Abonné 9 avril 2020 16 h 43

      @ Jean-Charles Morin,

      "Qu'est-ce qui vous permet de prétendre que les équipes volantes sont contaminées.." - Jean-Charles Morin

      Je le sais de deux sources sûres d'infirmières séniors qui travaillent dans des CHSLD différents et qui sont muselées par une interdiction de dénoncer par dessous le marché!

      - Et qui est le responsable ultime de cette situation ? :

      François Legault, qui prétend que les vieux sont sa priorité.

    • Sylvain Rivest - Inscrit 9 avril 2020 20 h 19

      À toutes les fois que je vous lis je suis estomaqué. Maintenir cette mauvaise fois, ça demande de l'énergie. Ces pour des gens comme vous que m. Legault consacre le plus de ressource pour la protection de la santé. Restez chez vous!

    • Jean-Charles Morin - Abonné 9 avril 2020 22 h 37

      @Christian Montmarquette.

      "Je le sais (que les équipes volantes sont contaminées) de deux sources sûres d'infirmières séniors qui travaillent dans des CHSLD différents et qui sont muselées par une interdiction de dénoncer par dessous le marché!" - CM

      Enfin le chat sort du sac!!! Avec de telles "sources sûres" qui se terrent et dont personne ne peut vérifier le témoignage, on peut vraiment prétendre n'importe quoi. Comme c'est commode!!!

      On est en droit de se demander comment ces "infirmières senior", si elles existent, ont fait pour savoir avec une telle certitude que leurs collègues sont infectés au COVID-19. Leur ont--elles fait passer les tests de dépistage ou se fient-elles plutôt sur leur "intuition"?

      Il ne faut pas oublier que les tests se révèlent être négatifs neuf fois sur dix. Autrement dit les personnes infectées - si bien sûr elles le sont vraiment - ont toutes les chances de ne pas l'être au COVID-19.

      Dans le cas contraire, je ne peux absolument pas croire qu'on peut laisser sciemment un personnel infecté au COVID-19 être en contact non protégé avec une clientèle à risque. Même avec une protection adéquate ce comportement serait encore inadmissible. Le personnel infecté n'a rien à faire sur le terrain et doit rester à la maison. Personne ne peut interdire à ces gens de prendre un congé de maladie.

      Si les accusations de ces personnes dont vous évoquez le témoignage sont fondées et décrivent une situation conforme à ce que vous dites, elles ont le devoir de dire publiquement ce qu'il en est et non de confier en catimini leurs états d'âme à un activiste notoire qui, interprétant ce qu'elles disent en retenant ce qui fait son affaire, va les instrumentaliser pour faire mousser son agenda politique.

      Je serais curieux de savoir ce qui constitue vraiment le fond de cette bizarre affaire qui sent le "fake news" à plein nez.

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 avril 2020 09 h 15

      @Jean-Charles Morin,

      Si vous suiviez le mooindrement l'actualité, au lieu de répendre vos "Fake News".

      Vous sauriez que la présidente de la FIQ Nancy Bédard a elle-même, dénoncé cette situation des équipes volantes dans plusieurs les médias, notamment au 24-60 et à Midi info.

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 avril 2020 11 h 28

      @Jean-Charles Morin,

      Il faut croire que si même la ministre McCann sous la pression des syndicats a fini par comprendre qu'il fallait mettre fin aux équipes volantes une fois que le mal était fait... Que lesdites équipes-volantes étaient bel et bien en place jusqu'ici.

      Merci pour le "Fake-News".

      
« Péril en la demeure » 

 - Robert Dutrisac

      Le Devoir, 10 avril 2020

      
« Les mesures qu’annonce la ministre McCann confirment le manque de préparation des CHSLD ainsi que des résidences privées les plus cossues. La ministre a décrété que leur personnel ne pourra plus partager son temps entre plusieurs résidences. » 



      https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/576800/personnes-agees-et-coronavirus-peril-en-la-demeure

    • Jean-Charles Morin - Abonné 10 avril 2020 14 h 50

      @Christian Montmarquette.

      Il aura fallu attendre l'éditorial de Robert Dutrisac dans le Devoir et la chronique de Patrick Lagacé dans la Presse pour avoir enfin l'heure juste dans cette affaire.

      1) le gouvernement a décidé de déplacer de déplacer des personnes âgées vers les CHSLD afin de libérer des lits dans les hôpitaux pour faire face à la pandémie appréhendée.

      2) dans un réseau de CHSLD en manque de personnel et de ressources, les directions en furent rendues à faire des choix cornéliens pour assurer les soins aux résidents. Décisions qui se sont révélées malheureuses.

      3) comme le dit Robert Dutrisac: "Dès le début du confinement, le directeur national de la santé publique et le premier ministre ont insisté sur l’interdiction pour la famille de rendre visite aux résidents. Or la contagion est surtout venue du personnel. Des préposés asymptomatiques ont contaminé des résidents ; des résidents asymptomatiques ont fait de même. Il faut dire qu’il y a un mois, on connaissait mal le comportement du coronavirus. On en apprend tous les jours. À la dure."

      Finalement, ce que vous avanciez n'étaient pas des "fake news". Mais il n'y a pas de conspiration ou de désir de mal faire, comme vous sembliez le suggérer. Seulement des erreurs commises de bonne foi du fait de l'improvisation et qui ont été admises puis corrigées au fur et à mesure. Au moment du bilan final, ceux en place devront néanmoins rendre des comptes.

      Vous serviriez davantage l'intérêt public en faisant simplement connaître les faits qui sont portés à votre connaissance plutôt que de les utiliser dans un but partisan pour faire des procès d'intention. Dans les temps que nous traversons, il faut se serrer les coudes plutôt que de chercher à dénigrer en ruant continuellement dans les brancards. Si QS était en ce moment au pouvoir, il est fort à parier que dans le même contexte les mêmes erreurs auraient été commises.

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 avril 2020 16 h 17

      Ça va très bien dans les CHSLD.

      Félicitations pour son excellent travail.

      "Six CHSLD recensent 71 décès" - Journal de Québec

      https://www.journaldequebec.com/2020/04/09/en-direct-covid-19-francois-legault-fait-le-point-sur-la-pandemie

    • Jean-Charles Morin - Abonné 10 avril 2020 18 h 44

      "Ça va très bien dans les CHSLD. Félicitations pour son excellent travail." - CM

      Maintenant vous faites dans l'ironie. Nous savons tous les deux que le gouvernement actuel n'a pas un dossier immaculé dans cette période difficile mais vous êtes sans pitié envers ceux qui n'ont pas le grand bonheur d'être membre de votre parti.

      Pourtant, si ce résultat qui est à déplorer (71 décès dans six CHSLD) avait été le fait d'un gouvernement solidaire, je donnerais ma main au feu que vous vous seriez bien retenu de l’accabler, même qu'en bon soldat vous seriez sans doute monté au front pour lui trouver des excuses… et même quelques mérites.

  • Paul H. Aubé - Inscrit 9 avril 2020 06 h 41

    La sagesse et non l'apparence de

    Bonjour.

    Cette situation fait ressortr les quaités de ces individus en politique, "représentants légitimes" de la majorité d'un population dont ii desservent, mais pas nécessairment des gestionnaires de carrière. C'est là que nous observons qu'en temps de paix, l'espoir, les possibilités et la prospérité (i.e., liberté d'agir) permet à ces individus de dires des choses et émettre des orientations.

    Maintenant, en "temps de guerre", le risque à la vie d'une société limite cette liberté parce que la réalité (i.e., le futur) n'est pas aussi clair ou prospère, mais souverain de la menace (logiquement) et de la peur (émotionnellement). Chose normal lorsque nous n'avons pas le contrôle de la situation. De là l'apport de la science afin de connaître la "réalité" ou le futur et de s'adapter afin de survivre et éventuellement vivre.

    Je salue l'approche de M Legault pour son comportememt sage de ne pas se commettre qu'avec des faits/spécialistes et un peu d'espoire en gestion de crise, parce que cette "guerre" appartient aux spécialistes de cette menace et la vie démocrtique du Québec à M Legault, représentant de tout les intérêts du territoire Québécois.

    Très bon article

    PHA

    • Cyril Dionne - Abonné 9 avril 2020 10 h 38

      Moi aussi, je salue l'approche de M. Legault. Il faudrait néanmoins que ceux autour de lui, notamment les scientifiques et les experts en santé, soient plus transparent. Et nul besoin de consulter JoJo Savard.

      Ceci dit, les contraintes mises en place sauvent des vies et continuera de le faire. En opposition, nous avons un gouvernement socialiste en Suède qui ne pratique aucune contrainte vis-à-vis la pandémie en cours. En fait, son premier socialiste pratique la politique de l’eugénisme, sans le dire tout haut, qui consiste à éliminer les individus qui ne contribuent plus à la société, notamment les aînés et ceux qui sont atteint de maladies chroniques ou sont incapacités. Eux, ils appellent cela l’immunité de groupe; les observateurs avertis, de l’eugénisme. Misère. L’immunité de groupe est un mirage pour le coronavirus présentement. Pour que ce concept fonctionne, il faut que 90% de la population ait développée des anticorps, ce qui n’est pas le cas. Et il faut aussi que l’immunité donnée soit permanente et non pas temporaire vu les phases de mutation de ce virus.

      Bravo à nos champions de la gauche. Une chance qu’ils ne sont pas ici.

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 avril 2020 06 h 54

    De l'inquiétude au défi


    Luc Ferrandez relevait avec justesse que l'avantage réel de la publication des scénarios, ce n'est pas qu'elle donnerait «l'heure juste» sur l'état de lieux, mais qu'elle procure aux citoyens des moyens un peu plus conséquents de participer de façon consciente et ensemble au travail à venir. Avec un réel bénéfice en termes de cohésion sociale et de responsabilisation. Même si beaucoup de gens vont interpréter les données fournies de jour en jour comme ils le feraient d'un sondage probabiliste (c'est tout autre chose que la traque diagnostique fait), qu'on soit obligé de faire un peu de pédagogie n'est pas bien grave. Le message deviendra de plus en plus clair à l'égard de ce qui compte le plus : des défis à relever, même si nous n'apprendrons qu'à mesure et très imparfaitement les résultats de nos actions.