Les régimes ont souffert

L’on s’en doute, un mois aura tout changé. Le plongeon des cours boursiers depuis les sommets de la troisième semaine de février a mis à mal les régimes de retraite. Et ce sont les régimes à prestations déterminées qui ont été les plus secoués, frappés tant par la chute des cours que par les pressions baissières sur les taux d’intérêt de référence.

L’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite, qui mesure le ratio de solvabilité d’un régime de retraite à prestations déterminées hypothétique, est passé de 112 % à la fin de 2019 à 103 % à la fin février, puis à… 93 % à la fin de mars. La pandémie de COVID-19 continue de perturber la vie de chacun à l’échelle de la planète, et les promoteurs de régimes de retraite à prestations déterminées ont été témoins de ses effets sur l’actif et le passif des régimes. En mars 2020, les niveaux de capitalisation ont atteint leur pire creux depuis 2013 ; ils ont toutefois légèrement rebondi depuis grâce à la hausse du rendement obligataire à long terme, un peu avant la fin du trimestre, résume le cabinet de services-conseils.

L’actif a écopé, avec un recul de 20,9 % du S & P / TSX durant le trimestre et de 19,6 % (de 11,7 % en dollars canadiens) du S & P 500. Les obligations ont apporté un certain adoucisseur, avec des rendements oscillant entre 0,2 % et 1,6 %. Quant au passif, « on note un écart de rendement accru pour les obligations provinciales et celles d’entreprises, au moment même où le rendement des obligations à long terme du gouvernement du Canada a chuté. Ce phénomène sera probablement temporaire, mais une incertitude à court terme plane désormais au-dessus de l’évaluation du passif des régimes de retraite à prestations déterminées », écrit Mercer.

Quant au rendement trimestriel, un portefeuille équilibré type d’un régime de retraite aurait fléchi de 8,7 % au premier trimestre de 2020, sous l’effet de diversification.

Wall Street a poursuivi son repli en avril, les chiffres pires que prévu sur l’emploi américain publiés vendredi reléguant au second plan le rebond du pétrole. Son indice symbolique, le Dow Jones, a perdu 1,7 % pour finir à 21 052,53 points, tandis que le Nasdaq, à forte coloration technologique, a reculé de 1,5 % à 7373,08 points, et l’indice élargi S & P 500 de 1,5 %, à 2488,61 points. Sur la semaine, le Dow Jones a cédé 2,7 %, le Nasdaq 1,7 % et le S & P 500 2,1 %. Mais les trois indices avaient énormément grimpé la semaine précédente, le Dow Jones enregistrant sa plus forte hausse hebdomadaire depuis 1931, rappelle l’Agence France-Presse.

À Toronto, l’indice de référence a bénéficié de la remontée des cours pétroliers pour enregistrer un deuxième gain hebdomadaire en autant de semaines. Le S & P / TSX a perdu vendredi 159,54 points, à 12 938,30 points, mais sur l’ensemble de la semaine, il a avancé de près de 2 %, pour une augmentation totalisant 9,2 % sur deux semaines.

Le TSX a profité d’une augmentation des prix du pétrole attribuable aux meilleures perspectives de voir la Russie et l’Arabie saoudite mettre fin à leur guerre des prix en réduisant leur production de 10 millions à 15 millions de barils par jour. Les prix du pétrole brut ont augmenté de 41 % depuis qu’ils ont touché un creux de 18 ans lundi, mais restent toujours inférieurs de près de 54 % à leur niveau de 61,18 $US le baril atteint à la fin 2019, peut-on lire dans un texte de La Presse canadienne.

« Il faut garder en tête que la volatilité amènera d’étonnants résultats d’un jour à l’autre. Les promoteurs de régimes doivent garder leur calme pendant que les marchés se ressaisissent, tout en restant à l’affût des occasions qui pourraient se présenter », résume Mercer, qui ajoute : « Le fait que les marchés ont été secoués au tout début de l’année laisse aux promoteurs la flexibilité nécessaire pour décider des mesures à prendre d’ici la fin de 2020. »

Report de paiements hypothécaires

La pandémie n’a pas secoué que les régimes de retraite. Les particuliers sont également frappés de plein fouet. Sur le plan hypothécaire, 500 000 Canadiens ont déposé une demande de report de paiement. À l’Association des banquiers canadiens (ABC), on revient aux mesures de soutien annoncées le mois dernier par les institutions financières, notamment sous forme d’un allègement de six mois sur les paiements hypothécaires.

« Près d’un demi-million de demandes de sursis ou de report de paiements hypothécaires ont déjà été traitées ou sont en cours de traitement […]. Ce chiffre représente plus de 10 % des portefeuilles hypothécaires des six grandes banques du pays », indique l’ABC.

Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement, le paiement hypothécaire mensuel moyen au Canada est de 1326 $. « Les demandes de sursis traitées jusqu’à présent ont donc permis de libérer environ 663 millions de dollars par mois, soit près de 2 milliards par trimestre. Ce chiffre sera à la hausse au cours des prochaines semaines », a ajouté l’ABC.

Les institutions financières ont également commencé à assouplir le loyer de l’argent sur leurs cartes de crédit.

2 commentaires
  • Marie Nobert - Abonnée 4 avril 2020 05 h 03

    «Les régimes ont souffert» ou «La totalité des régimes (qu'ils soient amaigrissants, totalitaires, de bananes, etc. (ouille!)) font souffrir». Caustique coiffe!?

    Quand le capital rapporte au capital, le taux pèse sur le débiteur, mais jamais pour le créancier. Quand le «pizzo» est ... Bref. Misère!

    JHS Baril

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 5 avril 2020 03 h 02

    « Les régimes ont souffert» (Gérard Bérubé)



    M'en va brailler