L’enfumage chinois

Il aura donc fallu compter les urnes funéraires et mesurer le rythme des crémations pour avoir une petite idée de la vérité. Heureusement, malgré les expulsions récentes de journalistes étrangers, il y a encore des journalistes chinois qui font leur travail. Ceux-là se sont étonnés de compter plus de 5000 urnes funéraires livrées au seul funérarium de Hankou, l’un des trois grands quartiers de l’agglomération de Wuhan où a débuté l’épidémie de coronavirus. 5000 urnes pour une contagion qui n’aurait fait en tout et pour tout que 2535 morts dans la capitale de la province de Hubei !

Si l’on évalue le rythme auquel ont tourné les incinérateurs funéraires de la ville, on arrive plutôt à un chiffre proche de 50 000 morts dans cette seule région au lieu des 3400 décès officiels recensés dans tout le pays. Un chiffre qui semble confirmé par les déclarations de nombreux témoins locaux, selon lesquels les responsables chinois n’auraient comptabilisé que les morts survenues à l’hôpital de patients qui avaient auparavant été testés. Certaines sources évoquent même un bilan total qui pourrait atteindre près de 100 000 morts.

La Chine aurait donc menti. Une fois de plus ! Car, on savait déjà qu’elle avait tout fait pour dissimuler une épidémie dont la première victime connue remonte au 17 novembre. Les premiers médecins à sonner l’alarme furent réduits au silence. Fin janvier, selon certaines ONG, plus de 300 personnes auraient été interpellées pour avoir, dit-on, « propagé des rumeurs ». Avec pour résultat que le confinement de la population ne sera décrété que le 22 janvier. Quatre jours après un gigantesque dîner tenu à Wuhan réunissant 40 000 familles et destiné à montrer que tout allait pour le mieux dans l’Empire céleste !

On comprend mieux pourquoi, dans cette pandémie, les pays environnants comme la Corée, Taïwan, Hong Kong et Singapour s’en sont mieux tiré que les États-Unis et l’Europe. D’abord, ils avaient tiré les leçons de l’épisode du SRAS, en 2003, que la Chine avait dissimulé pendant de longs mois. Mais, il y a plus. Grâce à leurs contacts avec les médecins chinois, ces pays sont à la fois les mieux renseignés sur ce qui se passe réellement en Chine et les moins susceptibles de succomber à la propagande d’un pays où le mensonge d’État est érigé en principe, au moins depuis l’arrivée au pouvoir du Parti communiste en 1949.

« Qui pourrait croire que la Chine avait été mise à l’arrêt pour un virus qui n’allait causer la mort “que” de 3200 personnes dans le pays le plus peuplé de la planète ? » demandait cette semaine la sinologue Marie Holzman dans les pages du Figaro. Comment faire confiance en effet à un État qui, soixante ans plus tard, continue à dissimuler les 36 millions de morts qu’a faits le Grand Bond en avant entre 1958 et 1961 ? Un État qui ment aussi sur son taux de croissance et son produit intérieur brut, comme le confirment les meilleurs spécialistes du pays.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Certes, la Chine porte une responsabilité immense dans le manque de préparation des autres pays, qui auront eu la naïveté d’accepter sa propagande comme argent comptant. Mais, la voilà qui tente de réécrire l’histoire de cette pandémie avec un cynisme digne des plus belles années du maoïsme. N’oublions jamais qu’au début du siècle dernier, ce sont les communistes qui mirent au point la plupart des techniques modernes de la propagande politique.

Avec un front de bœuf et la bénédiction servile de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), voilà que la Chine se présente tout à coup comme un « modèle sanitaire ». Dans les ambassades, des propagandistes osent vanter cet admirable « civisme » asiatique qui aurait permis, dit-on, à un État néostalinien recuit à la sauce capitaliste de s’en tirer mieux que les pays démocratiques. Le nouveau bienfaiteur chinois n’expédie-t-il pas des masques dans le monde entier ? Comme si la « diplomatie du masque » n’était pas une nouvelle version du pompier pyromane.

Contrairement à la réécriture de l’histoire en cours dans les officines de propagande à Pékin, l’épisode de la COVID-19 apparaît pourtant comme un échec monumental pour l’État chinois. Un échec dont il faudra tirer toutes les conséquences. Il illustre de plus le mépris que la dictature chinoise cultive à l’égard du reste du monde. Si la Chine ne faisait pas chanter le monde entier avec son marché colossal et les fabuleux taux de croissance qu’elle a connus depuis vingt ans, on n’hésiterait pas à parler d’un « État voyou ».

Il serait normal que, le moment venu, Pékin en paie le prix fort. Surtout dans un contexte où les pays démocratiques découvrent avec stupeur l’emprise croissante qu’exerce la Chine dans des secteurs pourtant stratégiques comme l’industrie pharmaceutique et les équipements sanitaires.

Une politologue suédoise a récemment suggéré de donner le nom de Li Wenliang au virus qui provoque la COVID-19. Wenliang est le nom de ce médecin mort au combat le 6 février à Wuhan après avoir tenté de lancer l’alerte malgré la censure. Ce serait une belle façon de lui dire merci. Et, peut-être, de ne pas oublier.

108 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 3 avril 2020 02 h 03

    Bizarre...

    «Un État qui ment aussi sur son taux de croissance et son produit intérieur brut»

    «Si la Chine ne faisait pas chanter le monde entier avec son marché colossal et les fabuleux taux de croissance qu’elle a connus depuis vingt ans»

    Si la Chine ment sur son taux de croissance, comment le chroniqueur peut-il affirmer qu'elle bénéficie d'un taux de croissance fabuleux? Ça dépend, j'imagine, des faits dont il a besoin pour faire valoir ses arguments.

    • Jean Duchesneau - Inscrit 3 avril 2020 07 h 38

      Le gouvernement chinois peut bien mentir sur la croissance de son PIB par habitant, mais la croissance des indices boursiers des grandes entreprises chinoises est indéniable. Est-il besoin d'alourdir un texte alors que la question posée est : peut-on encore faire confiance à la Chine ?

      Si à l'instar des voisins de la Chine nous avions suspecté l'ampleur de la pandémie, nous aurions agi plus rapidement. De plus, la méfiance de la Corée et de Taïwan envers la Chine leur a fait stocker le matériel et l'équipement en quantité suffisante.

      À nous d'en tirer les leçons ce qui aura inévitablement des répercussions sur le commerce international.

    • Louise Collette - Abonnée 3 avril 2020 09 h 58

      <<On ne peut pas faire confiance à la Chine, jamais.>> Ce ne sont pas mes paroles, mais celles d'une Chinoise qui vit ici depuis deux ans maintenant.
      Elle m'a bien fait comprendre, dès le début de cette crise, de ne rien croire de ce qui venait des autorités en Chine. Elle sait sûrement de quoi elle parle, je dirais même que <<it comes from the horse's mouth>>.

    • Pierre Fortin - Abonné 3 avril 2020 10 h 52

      Monsieur Duchesneau , vous avez mille fois raison de nous dire « Si à l'instar des voisins de la Chine nous avions suspecté l'ampleur de la pandémie ». Pourtant, nos dirigeants qui se bousculent chaque année pour assister au Saint des Saints à Davos en étaient bien informés. L'excellent article d'Éric Desrosiers ce matin, "Analyse: ces crises inattendues qui n’en sont pas ", nous dévoile que la menace d'une pandémie était annoncée dans le premier rapport du Forum de Davos de 2006 et qu'il pointait encore parmi les dix plus grands risques mondiaux dans le rapport de janvier de cette année :

      « [...] la pandémie d’un nouveau virus de la grippe mortel était présentée comme l’un des quatre plus grands risques dans un monde plus interconnecté que jamais. Un tel événement ne manquerait pas, disait-on, d’avoir un coût humain et économique important en affectant non seulement les voyages, le tourisme et les chaînes de production manufacturière, mais aussi l’investissement des entreprises et la consommation des ménages.

      « Au cours des années qui ont suivi, le risque de pandémie a continué d’apparaître dans les rapports du FEM, tout en reculant un peu dans le classement des plus grandes menaces. Dans le dernier rapport, dévoilé au début du mois de janvier, il pointait encore parmi les dix plus grands risques mondiaux en matière d’impact potentiel, et l’on déplorait, au passage, que, loin de s’améliorer, le niveau de préparation des pouvoirs publics et des entreprises à cette éventualité était en recul. »

      Il faudra reconsidérer tout ça quand la tempête se sera calmée, mais il faudra obtenir des réponses à nos questions plutôt que de belles promesses, et exiger des mesures rigoureuses de redressement de nos services publics essentiels.

    • Nadia Alexan - Abonnée 3 avril 2020 11 h 19

      C'est vrai que la Chine est une dictature qui baigne dans la propagande. Par contre, les pays occidentaux ne font pas mieux. Nos sociétés, dites démocratiques, délocalisent la fabrication industrielle dans la Chine et les pays pauvres du tiers-monde, à la recherche d'une main d'oeuvre bon marché, pour maximiser les profits.
      Nous avons une démocratie par les riches et pour les riches, sans vergogne. Une économie ruisselante qui favorise les riches avec des subventions inconditionnelles, des privilèges fiscaux et des paradis fiscaux pour les entreprises qui ne veulent pas payaient leur juste part d'impôts. C'est le socialisme pour les riches et le capitalisme pour les pauvres.
      Entre temps, le vrai monde travaille pour des miettes dans une société qui n'arrive pas à subvenir aux besoins de base dans les CHSLD et les maisons de retraite, les écoles, les hôpitaux et les services publics en général.
      Peut-être, cette pandémie est une bonne occasion de revoir cette idéologie néolibérale qui profite le 1% au détriment du 99%.

    • Pierre Fortin - Abonné 3 avril 2020 11 h 37

      Monsieur Rioux soulève de grandes questions tout à fait légitimes en elles-mêmes et qui méritent beaucoup d'attention. Mais son texte pose un gros problème, soit celui de ne démontrer aucune de ses affirmations, sans identifier ses sources, pour se limiter à la preuve par ouï-dire. Ce qu'aucun tribunal qui se respecte, pas plus qu'une intelligence honnête, ne saurait accepter. Comme s'il fallait croire aveuglément tout ce qui est publié dans un journal.

      Monsieur Rioux semble avoir oublié La Charte d’éthique mondiale des journalistes de la FIJ qui lui fait quelques obligations, dont celle de distinguer clairement l'information du commentaire et de la critique. Pourtant, il nous habitués à beaucoup plus de rigueur au point de devenir un modèle de journalisme. Il est donc très étonnant de le voir dériver ainsi dans la facilité.

    • Bernard Plante - Abonné 3 avril 2020 11 h 59

      M. Duchesneau écrit: "Le gouvernement chinois peut bien mentir sur la croissance de son PIB par habitant, mais la croissance des indices boursiers des grandes entreprises chinoises est indéniable." N'est-ce pas justement parce que le gouvernement a faussé les données sur son PIB pendant des années que les entreprises ont été faussement favorisées? Autrement dit, les mensonges sur le PIB ont créé une croissance artificiellement gonflée des entreprises en ayant ainsi réussi à attirer davantage l'attention (et les $) des investisseurs en mentant.

    • Jean Duchesneau - Inscrit 3 avril 2020 12 h 47

      Huawei ne peut pas mentir sur ses parts de marché dans les pays occidentaux. Les idices boursiers sont fondées sur la performance d'une entreprise ou sur l'anticipation de succès selon l'innovation proposée. S'il y avait perte de confiance envers Huawei ou Alibaba, cela résulterait en une immédiate décote boursière. Rien à voir avec le PIB. Par contre, si la Chine voulait emprunter sur les marchés internationaux, des données non fiable résulteraient en un coût d'intérêt plus élevé.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 avril 2020 13 h 05

      *IMPORTANT*

      Pour ajouter, après avoir écouté conférence de presse de l’Ontario sur la COVID-19, voici les faits saillants :

      Ils prévoient que la pandémie durera de 18 à 24 mois. Elle serait probablement suivie d’une 2e vague et possiblement d’une 3e.

      Ils prévoient, et ceci dans le meilleur des scénarios possibles avec la distension sociale et que les citoyens y adhèrent, entre 5 000 et 15 000 morts en Ontario.

      Ils prévoient aussi que les services de santé en Ontario, et encore ceci dans le meilleur des scénarios, seront submergés à la fin du mois d’avril et au début du mois de mois de mai et ne pourront pas suffire aux nombres de personnes atteints de la COVID-19.

    • Jean Duchesneau - Inscrit 3 avril 2020 13 h 53

      "Mais son texte pose un gros problème, soit celui de ne démontrer aucune de ses affirmations, sans identifier ses sources." Pierre Fortin

      C'est le principe du journalisme d'enquête que de protéger l'identité de ses sources. Marie-Maude Denis a dailleurs gagné sa cause en Cour suprème au nom de l'émission Enquête. S'il divulgait le nom des journalistes chinois en question, vous savez bien ce qui pourrait leur arriver.

      Les lecteurs du Devoir me semblent de plus en plus divisés entre les chroniqueurs de la gauche bienpensante et les chroniqueurs du progressisme réfléchit tel Christian Rioux qui a son lot de détracteur, qui comme vous le faites, tentent de miner sa crédibilité.

    • Pierre Fortin - Abonné 3 avril 2020 17 h 52

      Monsieur Duschesneau, n'allez pas croire que je tente de miner la crédibilité de M. Rioux. Je suis bien au contraire un de ses fervents lecteurs et je l'ai en très haute estime. C'est seulement que l'accusation qu'il porte est aussi celle qui se colporte dans une presse moins rigoureuse qui ne fait pas plus de démonstration que lui.

      La lourdeur de l'accusation exige qu'elle soit démontrée, ce que ne fait pas M. Rioux. Bien sûr qu'il est raisonnable de supposer une duperie chinoise, c'est certes une chose probable, mais c'est loin d'être suffisant pour soutenir une telle accusation. C'est qu'il y a d'autres points de vue qui relient la secte chinoise d’extrême droite et anti-gouvernementale Falun Gong à ces dénonciations, mais qui ne sont que d'autres choses probables.

      Je crois simplement qu'il nous faut plus de rigueur sur les faits dans cette histoire et, malheureusement, M. Rioux ne nous informe pas autant qu'il cherche à convaincre. Je ne retrouve tout simplement pas son objectivité habituelle.

    • Jean Duchesneau - Inscrit 4 avril 2020 10 h 41

      M. Fortin,

      À l'émission du 2 avril, "C dans l'air" sur la chaîne France télévision dont la thématique est "Chine: ça va mieux, vraiment ?", la crédibilité est soulevée d'une façon qui m'apoaraît très objective par 4 intervenants, dont un reporter à Pékin. Ce qui me semble ressortir de cette émission, c'est que propagande il y a, mais des deux côtés de la baricade. Toutefois, les Européens sont tombés dans le panneau en suivant "Le modèle chinois", suite à l'image de transparence que s'est donnée la présidence chinoise à ce qui était supposé être le début de l'épidémie, mais qui de fait remontait à plus loin et avec une ampleur plus importante que ce qui fut dévoilée. On nous montre les fameuses urnes en question, mais très rapidement on constate qu'on ne peut pas s'appuyer sur ce fait considérant le nombre normal de décès de 5000 par mois dans cette province de 11 millions d'habitants. Puisque les endeuillés ne pouvaient pas aller chercher l'urne de leur parent décédé pendant plus d'un mois, il est normal qu'ils aient été plus de 10 000 à se ruer au crématorium afin de récupérer leur urne. Selon le politologue du groupe, la Chine jouerait gros par trop de manipulation, car dit-il, à long terme, c'est sûr qu'on saura la vérité, et celà risque d'avoir un effet boomerang sur sa crédibilité, car ils auront été responsables des morts causés par la non fiabilité du "modèle". L'épidémiologue genèvois du groupe rechérit à l'effet qu'il est très facile de connaître la vérité en menant un test sérologique de détection des anticorps chez un échantillon représentatif (env 1000) de la population de Wuhan. D'un autre côté, Washington et les autres pays occidentaux ont tout intérêt à jeter le blâme sur la Chine afin de se dédouaner de leurs propre incurie face à la pandémie qui s'annonçait.

      En somme: les dirigeants de toutes les nations auront des comptes à rendre le moment venu.

    • Pierre Fortin - Abonné 4 avril 2020 20 h 02

      Monsieur Duchesneau,

      Je lis Le Devoir depuis 1972 et j'y apprends beaucoup en réfléchissant sur nos réalités, sociales autant que politiques. Le Devoir de Claude Ryan ou de ses successeurs a depuis tout ce temps maintenu un haut standard de rigueur journalistique qui n'est malheureusement plus celui qu'on retrouve aujourd'hui. Christian Rioux est pourtant un pilier d'intégrité important pour ce journal national indépendant, il n'a plus à produire ses lettres de noblesse.

      Je ne peux que déplorer d'autant la dérive journalistique qui semble s'affirmer depuis quelque temps au Devoir. J'en arrive à me questionner sur sa véritable indépendance et je me demande ce qu'en dirait Monsieur Ryan ou les autres Directeurs. Monsieur Rioux n'y est pas le seul, loin de là, à s'écarter des obligations journalistiques fondées sur un code de déontologie pourtant clair. Le plus terrible est que le journal ne semble pas s'en formaliser outre mesure.

      Tout comme vous, Monsieur Duchesneau, je cherche à voir clair dans cette calamité qui nous accable. Mais je ne me laisserai pas berner par de grandes déclarations dont les fondements ne sont pas démontrés, et encore moins compte tenu de l'enjeu dont il est question. Comme si on était passé Maître ès Affaires internationales le temps d'une chronique. Désolé, mais là-dessus, Christian Rioux ne passe pas la barre de la crédibilité.

      je vous suggère aussi de chercher ailleurs que chez "C dans l'air" des sources offrant des infos et des points de vue signifiants, car il y en a d'autres et de mieux documentées et très pertinentes, qui s'adressent à l'intelligence plutôt que de chercher à convaincre.

  • Serge Lamarche - Abonné 3 avril 2020 05 h 03

    Li Wenliang

    Pas certain que l'homme aimerais avoir le virus qui l'a tué, porter son nom.
    Je ne vois pas pourquoi dire du mal de cette belle organisation. Ils ont plus de morts? On veut les évidences. Les urnes funéraires sont-elles une bonne mesure. Et puis, la Chine est si peuplée que les enfants étaient interdits. Si sa population dégonfle, leur vie deviendrait en fait plus normale.
    Par ailleurs, notre empreinte carbone va être minime cette année. La solution du réchauffement planétaire vient de nous tomber du ciel. Façon de parler...

    • Louise Collette - Abonnée 3 avril 2020 10 h 03

      En effet, vu de l'espace, c'était plutôt propre....au-dessus de la Chine.
      Un répit pour la planète cette crise, à toute chose malheur est bon.
      Ne pas perdre de vue que nous avons besoin de la Terre pour vivre et qu'elle n'a absolument pas besoin de nous, Si nous disparaissions tous elle se referait une santé.

    • Pierre Fortin - Abonné 3 avril 2020 14 h 04

      Trop facile de faire parler les chiffres lorsqu'ils sont essentiellement approximatifs.

      Quand Monsieur Rioux mentionne les 5 000 urnes livrées à Hankou, il fait probablement référence à l'article du groupe média Caixin de Pékin qui publie sans être inquiété par les autorités. Quel besoin alors d'établir un lien douteux avec des journalistes expulsés ?

      Le nombre de morts régulier en Chine est de 726 pour 100 000 habitants chaque année et, pour Wuhan seulement (population de 14 millions) il fallait s'attendre pour la seule période du 1er janvier au 31 mars à 25 400 morts sans compter les décès par CoViD-19. Prétendre que les 5 000 urnes livrées préfigurent un nombre de morts beaucoup plus élevé que le nombre officiel est une pure spéculation qui exige davantage d'approfondissement avant de conclure gratuitement que « La Chine aurait donc menti. Encore une fois ! »

      Quant à partir du « rythme auquel ont tourné les incinérateurs de la ville » on déduit le nombre de 50 000 morts, il faudrait savoir quel était ce rythme alors que la ville était en quarantaine et que le dépouilles s'accumulaient.

      Le nombre réel de décès par CoViD-19 est probablement plus élevé que le nombre officiel, ne serait-ce que parce que la Chine n’a su qu’en janvier qu’elle faisait face à une violente épidémie. Il faudrait sûrement ajouter les décès survenus les mois précédents alors que les dépouilles incinérées ne pouvaient être associées au virus et être comptabilisées comme telles.

      Douter de chiffres officiels approximatifs est une chose, conclure au mensonge et à la tromperie en est une autre.

  • Serge Pelletier - Abonné 3 avril 2020 05 h 14

    C'est cela l'histoire de ce que nous occidentaux nommons Chine

    Depuis la "réunification" de toutes les principautés (royaumes dits combattants) par la force: "vous adhérez, ou bien vous êtes tous massacrés jusqu'au dernier"... Le premier empereur de Chine, le roi Ying Zheng du royaume qu'était le plus vindicatif de tous... Le Royaume Qin. Il prit alors le nom d'empereur Qin... Les premiers occidentaux ne sachant trop comment prononcer ce nom, en firent Chine.

    Quoi qu'il en soit, les manières de faire de cette personne, roi puis empereur, a depuis toujours été la forme de gouvernance de la Chine. C'était fort simple pour les manderins "dit ce qu'il veut entendre, sans cela l'on parlera de toi au passé simple... et possiblement de toute ta famille"... Cela fait plus de 2,200 ans que c'est comme cela.

    Aujourd'hui les "jeunes" gouvernements occidentaux s'étonnent que la Chine manipule les informations, verse dans la propagande... et le plagiat dans tous...

    Ce n'est pas pour rien que les pays du Sud-Est ne croient rien de ce qui "sort" de là... Les vietnamiens, entre autres, ont connu près de 1,000 ans d'occupation de ces messieurs de l'Empire Céleste.

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 3 avril 2020 13 h 55

      le mystère de la médecine traditonnelle chinoise, pourtant. ( l'accupuncture)

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 3 avril 2020 06 h 38

    La faute de l'Autre, comme d'habitude


    Il est fort probable que les chinois nous ont menti et qu'ils continuent de le faire.
    Ce qui est certain, c'est que même quand l'Autre commença à l'être moins, quand ce furent les pauvres italiens et espagnols qui ont commencé à tomber, les français continuaient de s'enfumer eux-mêmes. Nous avons tous fait ça.

    Ce mal-là, il n'est pas venu de Chine.

    • Jean Duchesneau - Inscrit 3 avril 2020 07 h 50

      Un pavé dans la mare pour Emmanuel Macron le chantre de la mondialisation heureuse !

    • Jean Roy - Abonné 3 avril 2020 08 h 02

      Assurément, nous avons tous plus ou moins péché par négligence. Il faudra se regarder dans le miroir pour admettre nos fautes et tâcher de mieux faire en prévision de la prochaine fois. Cela fera d'ailleurs sûrement l'objet de maints éditoriaux, chroniques et autres articles de fond...

      Ceci dit, tout indique que la tache originelle provient de la Chine! Il faudra tout autant, et tout aussi sérieusement, revoir notre relation collective face à ce régime politique répressif à l'intérieur et délinquant à l'extérieur!

      Je ne suis pas toujours d'accord avec monsieur Rioux... mais cette fois, à mon avis, dans sa chronique d'aujourd'hui, il a tapé un bon coup sur un gros clou!

    • Françoise Labelle - Abonnée 3 avril 2020 08 h 24

      En effet, les français, les italiens, les espagnols, les suédois et les américains. Et d'autres.
      L'OMS devait mentir en décembre. Un organisme international, woillon don!

      Les chinois ont fait face en novembre à ce qui semblait une vulgaire influenza. Ils avaient l'excuse de la nouveauté. Quand Trump International déclarait devant les caméras de Fox qu'il s'agissait d'un rhume qui disparaîtrait en avril, il n'avait plus cette excuse. Quant au H1N1 de 1918, tout pointe vers le Kansas.

    • François Jobin - Abonné 3 avril 2020 08 h 41

      C'est un peu court (et pas très clair) comme argument. Sur quoi vous fondez-vous pour affirmer de manière péremptoire que le mal ne vient pas de Chine ?

    • Gilles Gagné - Abonné 3 avril 2020 08 h 58

      "Ce mal-là, il n'est pas venu de Chine" Comment pouvez-vous faire cette affirmation? ce virus a fait ses premières victimes en Chine c'est clair malgré l'opacité du régime en place. Je préfère retenir les informations reçues de toutes parts et elles ne manquent pas que de me fier à ce que laisse FILTRER l'état totalitaire chinois. La manipulation est évidente et le mensonge flagrant.

    • Gilles Gagné - Abonné 3 avril 2020 09 h 08

      Mais vous me direz que vous ne parliez pas du virus, il y a des virus que les sociétés démocratiques permettent de s'y opposer fermement, c'est la réclusion qu'on offre aux opposants en Chine. C'est la dénonciation que je relève de l'article de M. Rioux et ceci est récurrent dans ce pays.

    • Jean-François Trottier - Abonné 3 avril 2020 09 h 19

      À une telle échelle, oui.

      Il y a une énorme différence entre enfumer et afficher exacterment le contraire de la réalité, surtout dans le cas d'un État de plus d'un miliard d'habitants qui pèse aussi lourd dans la balance des pouvoirs.

      Entre 3.500 morts et n'importe quoi depuis 50.000 et 100.000, il y a le mensonge brutal et répété de gens qui sont prêts à tout pour conserver et assoir leur contrôle, usant de belles déclarations et de vérité officielle qui nient la réalité.
      Des coups de butoir qui finissent par faire leur trou. De la propagande quoi, qui comme toues les propagandes est faite "pour la bonne cause", en se foutant des humains et autres valeurs peu sûres.

      Confondre ceci avec les enfumages de la vie quotidienne, "Nous avons tous fait ça", consiste à poser les briques de la désinformation, du toutte est dans toutte et de "anyway c'est toutte des z'écoeurants" qui ne sert que les pires dictatures du monde pour les justifier.

      Ce mal-ci, il vient de vous, M. Maltais Desjardins.

      Maintnant faites selon votre habitude. Patinez, réduisez vos paroles en les "précisant", la prétention de votre écrit reste.

    • Michel Cadieux - Abonné 3 avril 2020 09 h 55

      Monsieur Jobin,

      Le mal dont parle Monsieur Desjardins est celui du mensonge. Les Chinois ne l'ont pas inventé et n'en ont pas l'apanage.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 3 avril 2020 10 h 11

      Le virus a commencé en Chine. Le déni s'est répandu bien plus vite et durablement que lui.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 avril 2020 10 h 32

      Bon. On ne veut pas blâmer l’Empire du milieu. Coudonc, ce virus n’est pas venu de Chibougamau quand même.

      Oui la Chine est responsable de ce fléau qui frappe l’humanité entière présentement. Pire encore, ils continuent de mentir sur leur situation avec le nombre de contaminés et de décès. Ne soyez pas surpris s’ils approcheront le million de morts à la fin de cet exercice puisqu’ils sont aussi sans réponse que nous face à cette menace.

      Oui la Chine est responsable parce qu’ils ont tout fait pour faire taire leurs lanceurs d’alerte alors que cette épidémie a commencé au mois de novembre en Chine. Les camps de rééducation existent pour une raison chez eux. Ces mensonges étatiques ont contribué à l’approche très désinvolte de l’Occident et de tous les autres pays du monde face à ce virus qui semble être doté d’une intelligence assez particulière, mutation et immunité seulement à court terme obligent. Une fois que le pays de Justin dit le postnational a été contaminé par l’apport de voyageurs qui entraient comme dans un moulin aux frontières et aux aéroports, le mal a été fait. Maintenant, c’est la contagion communautaire.

      Pour nos citadins de Montréal, la situation risque de dégénérer en New York québécois très bientôt. Il faudrait que l’île de Montréal soit mise en quarantaine tout de suite. C’est irresponsable ce qui se passe dans cette ville. Plusieurs risquent de mourir. La franchise du gouvernement ontarien pourrait être révélatrice aujourd'hui et une vérité qui dérange avec les données probantes à l'appuie et une modélisation ce celles-ci pour comprendre l’ampleur de la crise à venir. Il va falloir s'ouvrir les yeux.

      Curieux tout de même, on traitait ceux qui voyaient toute la portée de cette crise comme des anxieux au début du mois de mars. Diantre, il ne fallait pas les confondre avec les écoanxieux.

    • Jean Duchesneau - Inscrit 3 avril 2020 11 h 53

      "La faute de l'autre..."

      En réalité il s'agit d'une responsabilité partagée par la Chine, nos états et ultimement par nous tous.

      La Chine: la propagande, sous-produit du communisme, s'adresse davantage au peuple chinois afin de faire la démonstration que le communisme vaut mieux que le capitalisme. En réalité c'est le régime totalitaire chinois qui manipule l'information afin de se maintenir au pouvoir. De plus, sachant que la plupart des grippes aviaires et coronavirus proviennent majoritairement de Chine, le gouvernement chinois tarde à intervenir sur des modes de vie et traditions qui affectent la salubrité de la population modiale ;

      Nos états : attachés à l'idéologie mondialiste de libre-échange et de libre circulation ont négligé la sécurité de leurs états respectisfs ;

      Nous tous : qui sommes "embarqués" dans le mirage du "panier le moins cher", nous sommes reponsables de la disparition d'industries névralgiques, d'une fragilisation des fermes familiales et d'une réduction importante des petits marchands locaux.

      Ce microorganisme nous fera, je l'espère prendre conscience, que cette crise sanitaire est liée à la crise climatique qui s'annonce en ce que les mêmes facteurs en cause sont susceptibles de produire le même genre d'effets... mais ceux-là à plus long terme.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 3 avril 2020 12 h 08

      Richard Maltais-Desjardins écrit : "Il est fort probable que les chinois nous ont menti et qu'ils continuent de le faire."

      Je me réjouis à l'idée que nos amis Américains sont dirigés par un homme qui ne ment jamais…

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 3 avril 2020 13 h 46

      Vous en réjouissez, monsieur Martel ? Et moi donc ! On n'a qu'à écouter Foxnews, le seul média de la planète qui ne soit pas infesté de communistes. Ils l'expliquent bien. Suffit d'être ouvert aux joies simples...

    • Serge Pelletier - Abonné 3 avril 2020 14 h 26

      Moi, j'ai été en Chine continentale avant l'organisation des voyages du style tout conclus. j'avais toujours un "bon guide" non loin de ma personne. "Bon guide" qui voyait à ce que voyait était conforme à ce que je devais voir. C'était l'époque où le vieux était vieux, alors qu'aujourd'hui le vieux est un vieux-neuf. Plusieurs choses étaient de mises... Le GV-Central avait des inspecteurs dans à peu près tout... Mais un jour que j'étais au centre du rue ayant des étales des deux côtés, un drôle de son (style patit canarie) s'est fait... Tout a disparu dans un temps record... C'est là que jai fait connaissance avec mon nouveau "bon guide" car nous étions les deux seuls au centre de la petite rue, pour ne pas dire dans toute la rue... De retour à mon hotel assigné, il y a avait un britannique qui était en Chine depuis un long moment, et qui maîtrisait parfaitement deux des langues de la Chine - le mandarin et le cantonais. Je lui ai parler de la chose de la petite rue... La réponse fut simple: "le GV-Cental interdit le commerce des animaux et autres qui avait court dans la petite rue, le drôle de sifflement que vous avez entendu, c'était le signal qu'un "inspecteur ou un autre officiel du GV-central se pointait"... Et comme d'habitude tout disparait promptement... Ils ne sont niais, ces gens là, ils savent très bien que la mort les attend dans certains cas, et au mieux les camps de ré-éducation qui sont des endroits où l'on sait quand l'on entre, mais jamais quand l'on en sortira... si jamais on en sort..."
      Cinquante années plus tard, rien n'a changé.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 3 avril 2020 14 h 58

      Je réalise que les états-uniens ont élu un "cré-fin" ignorant qui ment ,qui rabroue les journalistes pertinents .

      Ne dit-on pas que seulement les barbares aiment la barberie :les ignorants aiment l'ignorance.

    • Hélène Paulette - Abonnée 4 avril 2020 11 h 14

      Or donc, monsieur Pelletier, ne devriez- vous pas vous réjouir que des inspecteurs empêchent le commerce qui a peut-être causé la pandémie? Je dis peut-être parce que c’est une hypothèse…

  • Raynald Rouette - Abonné 3 avril 2020 07 h 09

    Excellente description des enjeux à l’échelle mondiale


    D'accord pour identifier le covid-19, virus Li Wenliang...!

    Nous ne pourrons pas alors, ignorer et oublier, à qui et à quoi le monde d'aujourd'hui est confronté. Que les médias fassent leurs travail en maintenant vivant l'identification du coronavirus "Li Wenliang".

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 3 avril 2020 09 h 25

      Non, il faudrait le dénommer « virus de Wuhan »

      La grippe espagnole aurait dû être qualifiée d’états-unienne parce qu’elle a vu le jour aux États-Unis (Kansas). La réputation de l’Espagne en a souffert. Quelque cent plus tard, la Chine s’en tire à bon compte avec le nom attribué au virus qui affecte dorénavant le monde entier : Covid-19. Comme si personne n’était responsable.

      Je déteste le président Donald Trump, mais il a bien raison quand il parle du « virus chinois » ou « virus de Wuhan », ce qui a d’ailleurs suscité l’ire de Pékin. Les mandarins chinois sont si retournés qu’ils imputent maintenant l’apparition de ce virus aux États-Unis, qui l’auraient « semé » lors des Jeux mondiaux militaires, dont la dernière édition s’est tenue en octobre à… Wuhan. Si la Chine n’est pas le foyer de la pandémie, pourquoi alors avoir interdit en février le commerce et la consommation d’animaux sauvages, suspectés d’être à l’origine du virus dévastateur ?

      Il en a été de même du terrible SRAS, qui provenait lui aussi de l’empire du Milieu, où il est apparu en novembre 2002. Si on l’avait dénommé « virus de Guangdong », Pékin en aurait été blessée et aurait peut-être resserré dès 2003 les mesures sanitaires touchant aux animaux. De sorte que le « virus de Wuhan » n’aurait peut-être jamais vu le jour.

      Certains pays – africains notamment – sont trop pauvres pour prévenir par eux-mêmes l’éclosion et la propagation de virus mortels (comme l’Ébola, en RD du Congo ), mais ce n’est pas le cas de la Chine.


      https://fr.wikipedia.org/wiki/Grippe_espagnole#Hypoth%C3%A8ses_d'origine_g%C3%A9ographique

      https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200317.OBS26169/coronavirus-trump-parle-un-d-un-virus-chinois-et-provoque-la-colere-de-pekin.html

      https://www.ledevoir.com/monde/asie/575550/pekin-reprend-le-dessus

      https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200224.OBS25228/la-chine-interdit-completement-le-commerce-et-la-consommation-d-animaux-sauvages.html

    • Raynald Rouette - Abonné 3 avril 2020 11 h 19


      M. Leblanc, très bonne suggestion!

      Il faut que tout soit mis en œuvre, pour faire en sorte que cette crise et son origine ne tombe dans l'oubli...