Charité bien ordonnée

Voici des manchettes relevées hier après-midi sur les sites de quatre des plus grandes publications mondiales, des journaux à vocation internationale, qui n’ont pas l’habitude d’être fixés sur leur nombril.

Le Monde (Paris) : « La France face au coronavirus, 292 décès supplémentaires, léger infléchissement face au bilan de la veille. » The New York Times (New York) : « Le maire de New York dit que les réserves de matériel médical sont d’une semaine. » El País (Madrid) : « [Le premier ministre] Sánchez décrète la mise en hibernation de l’économie espagnole pour éviter un effondrement sanitaire. » Corriere della Sera (Milan) : « Deux jours consécutifs de baisse des nouveaux cas ; le président régional de Lombardie croit que le pic a été atteint en Italie. »

Pourquoi ces manchettes ? Pour illustrer le fait que, partout dans le monde, les appareils politiques ainsi que les médias parlent en toute priorité — et parfois de façon quasiment exclusive — du front local, régional, national… et non pas de la dimension mondiale de la crise et de ses solutions (1).

Chaque pays, chaque nation pare au plus pressé, le regard fixé sur ses chiffres, ses citoyens, ses institutions, ses frontières et leur rôle de protection. Cela dit non pas pour dénoncer une telle attitude… mais pour constater que la référence nationale, ou régionale, a la priorité absolue au moment où l’épidémie vous frappe de plein fouet. Et que c’est sans doute normal et sain. Charité bien ordonnée commence par soi-même.

Chaque épidémie nationale est un cas de figure, une déclinaison spécifique et partielle de la pandémie, avec une courbe, un calendrier, des retards ou des avancées, des singularités qui lui sont propres.

Avec — en matière de compétence ou d’incompétence des autorités locales et nationales — des exemples assez différents selon qu’on se trouve à Washington ou à Québec…

Lorsque cette épidémie n’était encore qu’un lointain « drame chinois », on en parlait certes comme d’une grosse nouvelle internationale. Mais avec distraction, sans réaliser que ça pourrait rapidement nous rattraper. Puis la crise économique est arrivée en Europe et en Amérique… avant le virus proprement dit.

Certains se sont réveillés plus vite, se mobilisant avec prescience, dès la fin décembre : Corée du Sud, Taiwan, Singapour… qui avaient bien appris de la crise du SRAS (2002-2003). À Taipei et à Séoul, on connaissait bien les dissimulations et les mensonges coutumiers de Pékin.

Tout de suite, ces pays se sont mis à contrôler leurs frontières, à tester et à dépister, avec les moyens les plus modernes et une mobilisation remarquable de la société civile. Une mobilisation, oui, patriotique.

En Europe, l’Allemagne a commencé les tests à grande échelle avant l’Espagne et l’Italie. L’Allemagne prévoyante qui, pensant d’abord à elle (puisqu’elle avait aussi besoin de stocks), a bloqué l’exportation de masques et de respirateurs vers ses voisins. Il y a aujourd’hui beaucoup moins de morts en Allemagne…

Début mars, l’Italie plongeait dans les ténèbres. Mais l’Espagne — où l’épidémie nationale est du même ordre de grandeur, avec peut-être 10 jours de retard sur l’italienne — continuait de regarder tout ça avec légèreté.

Le 9 mars — c’était hier ! —, un grand congrès international des travailleurs autonomes se déroulait à Madrid. Y assistaient le maire de la capitale, le premier ministre, Pedro Sánchez, et d’autres. Avec force photos de groupe, poignées de mains et accolades… Allez, un petit bisou avec la vice-première ministre (qui a, depuis, été déclarée positive).

Une crise où s’impose la référence nationale, lieu de confiance et de protection. Mais aussi : les zones d’ombre de la mondialisation, la faiblesse des structures internationales, les différences importantes entre pays, y compris au sein même de l’Europe, où une rupture Nord-Sud menace.

Que disaient, encore la semaine dernière, les autorités allemandes aux Français, Italiens et Espagnols qui leur demandent éperdument un plan de relance paneuropéen, avec une dette commune ?

La fourmi répond aux cigales : jamais dans cent ans !

1) Soit dit en toute justice : si on cherche bien, on pourra trouver dans la plupart de ces publications quelques articles compétents sur le coronavirus en Inde ou en Afrique…

François Brousseau est chroniqueur d’information internationale à Ici Radio-Canada.

43 commentaires
  • Hermel Cyr - Abonné 30 mars 2020 06 h 32

    Un repli ou un constat ?

    En constatant les préoccupations nationales, voire régionales de certains grands quotidiens « à vocation internationale, qui n’ont pas l’habitude d’être fixés sur leur nombril » le chroniqueur en conclue : « Charité bien ordonnée commence par soi-même », laissant entendre qu’il s’agit d’un repli régional ou national égoïste. Cette interprétation peut être légitime. Mais… s’il s’agissait simplement d’une évidence que les solutions concrètes aux problèmes des populations résident dans les instances compétentes pour régler les choses, les instances où réside la confiance des citoyens ?
    Depuis plus de quatre décennies, les zélateurs de la mondialisation ont réussi à « moraliser » une globalisation où tout ce qui pouvait être qualifié de national, de régional était péjoré comme « identitaire ». Ce faisant, tout ce qui se rapproche d’une solidarité citoyenne a été tenu pour suspecte, rangé à droite, dans un nationalisme malsain. Dans l’opération, on a oublié que les États-nations sont le seul lieu où peut s’exercer une démocratie tangible et inclusive. On a jeté le bébé citoyen avec l’eau du bain nationaliste. Il n’y en a maintenant que pour les tribus (chères au postmoderne Maffesoli), ces identités néo-féodales diversitaires (genres, races, religions, etc.) qui sapent la démocratie.
    Peut-être cette crise permettra-t-elle de faire renaitre dans les esprits cette solidarité citoyenne universelle (nonobstant les diversités tribales) trop longtemps oubliée.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 30 mars 2020 08 h 53

      Peut-être les deux...

    • Pierre Fortin - Abonné 30 mars 2020 13 h 54

      Le repli sur soi est bien sûr le réflexe naturel que commande l'exigence de survie dans la situation actuelle. Mais le problème étant dorénavant mondialisé, il ne saurait y avoir de solution que collective et planétaire. Si la globalisation facilite le commerce et la finance ainsi que la libre circulation des personnes, elle facilite aussi la propagation des virus.

      La « Charité bien ordonnée commence par soi-même » de M. Brousseau semble hors sujet tellement la menace est planétaire et ne peut être éradiquée seulement chez soi. Comme l'a appris l'Europe, qui refusait la demande d'aide de l'Italie en disant que c'était à cause des habitudes italiennes ou parce que les Italiens ne respectaient pas les règles, avant de réaliser que tous les autres pays de l'Union étaient également touchés. Jacques Delors, la secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes et d'autres, avertissent aujourd'hui que le manque de solidarité fait courir un danger mortel à l'Union européenne.

      Et il n'y a pas que l'Europe qui soit dans cette situation, mais les tous grands ensembles continentaux. J'ai froid dans le dos attendant de voir ce qui se passera en Afrique où les premiers cas sont signalés sans qu'il y ait de dépistage suffisant ni que des mesures adéquates soient appliquées.

      Monsieur Corbeil, ci-bas, suggère l'URL du site du Johns Hopkins University & Medicine qui est en effet très bien documenté. Je suggère aussi le site du Financial Times qui est la meilleure source que j'ai pu trouver pour illustrer, par graphiques comparatifs, comment chaque pays s'en tire dans sa recherche de stabilisation de la pandémie : le plateau dont parle M. Arruda. On notera que, pour leur retard à l'allumage, les pays occidentaux auront du mal à s'en tirer sans grand dommage pour leur population.

      Le site du Financial Times qu'on invite à partager : https://www.ft.com/coronavirus-latest

    • Hélène Paulette - Abonnée 30 mars 2020 14 h 54

      Merci monsieur Fortin pour ce constat d'une grande sagesse.

    • Pierre Fortin - Abonné 30 mars 2020 19 h 37

      Vous êtes bien gentille Madame Paulette.

      Si vous avez vu le graphique du Financial Times auquel je fais allusion, on y trouve aussi une grande source de réconfort. On y voit comment, dans l'inclinaison des courbes vers un plateau où on ne compte plus de décès, le résultat de la lutte féroce que livrent les différents pays contre ce satané virus.

      Nos "Agents gardiens" que reconnaît Monsieur Legault avec justesse, pourraient y voir qu'ils ne sont pas seuls à combattre et que les efforts collectifs mènent à des résultats probants ... même si l'accalmie est encore loin.

      Mais toujours il y a de l'espoir. Qui a dit déjà que c'est dans les pires conditions que l'humain donne le meilleur de lui-même ?

    • Pierre Fortin - Abonné 30 mars 2020 20 h 06

      Bien sûr, je voulais dire nos "Anges gardiens".

  • Gilbert Troutet - Abonné 30 mars 2020 09 h 04

    Qu'est devenue la démocratie de proximité ?

    Comme le souligne François Brousseau, à vouloir fusionner les villes, les régions, les pays dans des entités de plus en plus anonymes, on a perdu les avantages de la démocratie de proximité. Au Québec, la fusion des villes a donné lieu à l'édification d'une bureaucratie municipale devenue souvent déconnectée. En Europe, les États se font dicter leur conduite par les lobbyistes et les bureaucrates de Bruxelles, En France, même les « communautés de communes » ont enlevé le pouvoir de décision au niveau local.

    Comme le souligne au autre lecteur, Hermel Cyr, « les zélateurs de la mondialisation ont réussi à moraliser une globalisation où tout ce qui pouvait être qualifié de national, de régional était péjoré comme identitaire. Ce faisant, tout ce qui se rapproche d’une solidarité citoyenne a été tenu pour suspecte, rangé à droite, dans un nationalisme malsain.» En même temps, ici et ailleurs, la gauche a abandonné toute forme de nationalisme, comme si c'était une tare, laissant ainsi ce terrain inoccupé à la droite, voire à l'extrême-droite.

  • Daphnee Geoffrion - Abonnée 30 mars 2020 09 h 27

    Quand tout sera fini, j'espère qu'un protocole officiel pandemie sera mis sur pied au Canada par des experts en contagion.

    Des lignes directrices d'urgences claires et préventives qui ne dépendront pas du bon vouloir du PM et qui assurerons la protection de la Nation dans les délais les plus court possible.

    Quel suspence ces deux semaines où Trudeau refusait de fermer les frontières et ensuite Roxham.
    Des conséquences graves pour tout les canadiens, et surtout, pourquoi? Pourquoi cet homme nous a fait courir ce risque?

    Nous ne pouvons pas nous permettre de subir
    l'incompétence ou la vision mondialisme d'un parti ou d'un politicien en cas de pandémie mortelle.
    C'est notre santé et notre économie qui en dépend, mais ici, quand Sophie va bien, dans son palais entourée de médecin et de ventilateur, tout va bien .

    • Cyril Dionne - Abonné 30 mars 2020 11 h 45

      Vous avez raison Mme Geoffrion. Notre petit prince et ex enseignant d’art dramatique à temps partiel dans une école privée aura sur la conscience plusieurs morts justement à cause de sa position dogmatique envers la mondialisation, les états postnationaux et son refus de fermer les frontières. Ces deux semaines où il refusait de fermer les frontieres et le chemin de Roxham auront permis une dissémination communautaire du virus. Si au moins, il avait eu l'intelligence de mettre les voyageurs rentrant aux pays en quarantaine, nous n'en serions pas là. Si au moins il aurait proscris l'entrée de touristes au Canada durant cette période, ne nous porterions beaucoup mieux aujourd’hui. Les libéraux ne font que réagir aux situations au lieu de se mettre position pour les contrôler. Au moins, nous avons notre Churchill québécois. M. Legault, pour réparer, quand il le peut, les pots cassés de notre petit bambin qui n’est qu’une image holographique d’un premier ministre. Lui, il sauve des vies. Misère.

    • Hélène Paulette - Abonnée 30 mars 2020 13 h 27

      Justin n'a pas inventé la mondialisation madame Geoffrion.Et elle a été célébrée autant par les néo-libéraux que par les mondialistes quoique pour des raisons différentes. Mais dans un monde "mondialisé" il en va différemment pour gérer un pays que pour gérer une province. C'est la raison pour laquelle Legault avait une plus grande marge de manoeuvre que Trudeau qui doit gérer toutes les provinces et respecter les ententes internationales, dont celle des "pays sûrs" (négociée par Harper et Bush) qui a engendré le problème du chemin Roxham. Je suppose que ça ne vous inquiète pas de savoir que de retourner ces migrants dans un pays en pandémie contrevient aux droits de la personne... De fermer les frontières unilatéralement pouvait nuire aux importations (denrées et matériel sanitaire) ce qui aurait été contre-productif. Si le fédéral a mis du temps à rapatrier les croisiéristes du Japon, c'est qu'il a d'abord mis en place les mesures adéquates pour les accueillir, contrairement à Trump qui a ramené tout le monde en pagaille et sans aucune mesure sanitaire. J'en profite pour saluer l'excellent travail de la ministre Hajdu à la Santé et celui du ministre Morneau aux Finances. Il est beaucoup plus facile de régler les problèmes dans les estrades que dans les officines gouvernementales. Et non, je ne suis pas libérale ni fédéraliste mais je pense qu'en ces temps incertains il est bon de laisser la partisanerie de côté.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 30 mars 2020 13 h 47

      Absolument, maintenant souhaitons que Legault vire de bord et redevienne independantiste, on serait en business...

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 30 mars 2020 15 h 03

      À Madame Paulette,
      Bon bon bon, encore des accusations inacceptables à peine voilées parce qu'on parle de frontière.
      Ca suffit madame, le ton de votre commentaire ne me plait pas du tout.

      Alors,
      Vous ne pensez pas qu'un protocole d'urgence avec des lignes directrices claires fait par des spécialistes en contagion aurait aidé les politiciens en place à diminuer le nombre de cas, de malade, de vie brisée et d'endettement pour des générations?

      Le chemin Roxham est une irrégularité qui n'aide personne, la preuve, il est fermé maintenant et ces pauvres gens, qui au fond "prenait une chance" ce sont vu refuser l'entrée au pire moment, en effet.
      Le protocole aurait sûrement simplement imposé une quarantaine dès le départ de la pandémie leur assurant la sécurité. Mais il n'y en avait pas et l'improvisation à pris le dessus.

      Maintenant comme vous me traitez sans gêne de sans coeur, avez vous pensez aux générations qui payeront pour ces erreurs, pour cette improvisation?
      Et je ne parle pas du personnel soignant, des pauvres personnes agées isolées pour des mois? Les étudiants déjà endettés qui devront reprendre leur année? Les petits entrepreneurs et leur famille à la faillite?
      Hey je pourrais faire 5 paragraphes de conséquences dévastatrices sur l'humain présentement..et pas juste sur des riches hommes blancs vous savez..

      Et madame, avec quoi aidons nous le pauvre monde? les réfugiés? l'aide internationale? Des bananes??Non, avec de l'argent madame.

      Qu'arrivera t'il à moyen /long terme si les pays du G20 font faillites?

      Il n' y en aura plus d'aide, nul part..et pis là, vous n'en aurez plus de journaux pour déverser vos petites frustrations de femme au grand coeur....


      Parfois il faut savoir reculer d'un pas pour mieux repartir.

    • Cyril Dionne - Abonné 30 mars 2020 18 h 40

      Il y en a Mme Geoffrion, qui ne vivent pas sur la même planète que nous. Fermer les frontières pour les personnes qui ne sont pas des citoyens aurait été un jeu d’enfant, surtout pour les illégaux du chemin Roxham. Au diable les ententes internationales lorsque vos décisions sont responsables de la mort de vos concitoyens pour des gens qui sont venus chez nous sous des fausses intentions. Et si nos ultra-gauchistes sont tellement désemparés pour les illégaux qui devront être retournés chez eux de toute facon puisqu’ils sont de faux réfugiés, eh bien, ils peuvent les accueillir dans leur propre maison et payer pour leurs frais. Pour les denrées alimentaires et matériaux sanitaires, on ne parle pas d’entités vivantes infectées et personne n’a jamais vu aucun inconvénient pour que ceux-ci continuent de passer la frontière.

      Pardieu, on accepte encore des avions de Londres, Paris et Delhi qui sont de véritables nids d’incubation pour le COVID-19. On nous dit de s’isoler alors que des passagers étrangers venus d’ailleurs se promènent encore chez nous en toute liberté sans quarantaine. On nous parle des changements climatiques et des merveilleux transports en commun qui sont de véritables nids de contamination présentement. Il y en a même qui vont jusqu’à saluer le travail du ministre des finances alors que celui-ci dépense des argents empruntés qu’on devra rembourser, en tout cas pour ceux qui paient taxes et impôts. Nous sommes rendus à 210 milliards plus l’autre 25 milliards accumulés de cette année et ce marathon dépensier aux accents du virus va durer bien plus que quatre mois et s'accentuer. Et que dire de la réponse fédérale sur sa réaction face à la pandémie? Diantre, lent et irresponsable serait des mots trop polis pour le décrire.

      Mais la cerise sur le sundae, ils nous disent d’être apolitiques en ces temps incertains et ce sont eux qui font de la petite politique.

    • Hélène Paulette - Abonnée 30 mars 2020 20 h 02

      Je suppose, madame Geoffrion que votre ton est plus acceptable que le mien? Ce que vous avez pris pour des accusations étaient plutôt des explications que, de toute évidence, vous n'avez pas comprises, puisque lues dans une optique d'affrontement. Eh bien non, madame, on peut très bien être d'un avis différent sans se lancer des injures. Je n'ai fait aucune allusion à un protocole d'urgence mais puisque vous en parlez, sachez qu'il en existe bel et bien: d'abord à l'OSM, puis au fédéral et enfin au Québec et c'est justement ce protocole qui est mis en place jour après jour et avec les moyens à notre disposition. Les lacunes proviennent surtout de toutes ces années de coupures en Santé, manque de lits et de matédiel sanitaire mais surtout que, centralisation oblige (salut dr. Barrette), il n'y avait plus qu'un labo pour faire les analyses, d'où les délais pour les tests... Quant au chemin Roxham, j'essayais juste de vous faire voir qu'il y avait plus d'une facette à ce problème. Les générations suivantes non seulement n'auront pas à payer, mais elles profiteront peut-être du congé de pollution que s'offre Gaia en ce moment. Quant à la faillite du G20... vous angoissez pour rien madame. Trump contrôle toujours la plance à billet!

    • Hélène Paulette - Abonnée 30 mars 2020 20 h 02

      Je suppose, madame Geoffrion que votre ton est plus acceptable que le mien? Ce que vous avez pris pour des accusations étaient plutôt des explications que, de toute évidence, vous n'avez pas comprises, puisque lues dans une optique d'affrontement. Eh bien non, madame, on peut très bien être d'un avis différent sans se lancer des injures. Je n'ai fait aucune allusion à un protocole d'urgence mais puisque vous en parlez, sachez qu'il en existe bel et bien: d'abord à l'OSM, puis au fédéral et enfin au Québec et c'est justement ce protocole qui est mis en place jour après jour et avec les moyens à notre disposition. Les lacunes proviennent surtout de toutes ces années de coupures en Santé, manque de lits et de matédiel sanitaire mais surtout que, centralisation oblige (salut dr. Barrette), il n'y avait plus qu'un labo pour faire les analyses, d'où les délais pour les tests... Quant au chemin Roxham, j'essayais juste de vous faire voir qu'il y avait plus d'une facette à ce problème. Les générations suivantes non seulement n'auront pas à payer, mais elles profiteront peut-être du congé de pollution que s'offre Gaia en ce moment. Quant à la faillite du G20... vous angoissez pour rien madame. Trump contrôle toujours la plance à billet!

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 30 mars 2020 20 h 46

      Mme.Paulette,
      Relisez mon premier commentaire, et le vôtre ensuite.
      Gardez vos suppositions pour vous ou prenez un cour de communication.
      Non, je ne suis pas de ces québécois qui acceptent qu'on suppose sans valider que je me fou du sort des refugiés parce que je veux protéger les membres de ma nation et son économie qui permet sa survie.
      On peut marcher et mâcher de la gomme en même temps, je suppose.

    • Hélène Paulette - Abonnée 31 mars 2020 13 h 14

      J’ai beau relire, madame Geoffrion, je ne trouve pas d’accusation. Ma supposition vient du fait que vous ne sembliez pas, dans votre commentaire vous préoccuper du sort des réfugiés qui, contrairement à ce que vous « supposez » ne constituent pas un danger puisqu’ils sont détenus par les Services Frontaliers et possiblement testés , donc de facto mis en quarantaine. Il ne faut pas négliger le fait que l’immigration est un apport essentiel à notre économie… Peut-être relirez-vous mes commentaires à tête reposée et y trouverez-vous du sens.

  • Yves Corbeil - Inscrit 30 mars 2020 11 h 01

    Taiwan, Singapour, South Korea et les autres

    Avant de dire n'importe quoi, allez donc voir le tableau de chacun des pays que vous nous mentionnez pour leurs bonnes gestions. Tu clic sur le pays et à droite en bas tu vois la courbe de progression de la bibitte et tu peux le faire pour chaque pays en ne sachant pas trop si ils rapportent la vraie situation chacun d'eux mais on va donné le bénifice du doute.

    https://coronavirus.jhu.edu/map.html

    Sans devenir un pays de survivalistes paranos, au Québec on pourrait seulement devenir UN pays. Ensuite ensemble, on pourrait décidé du pourcentage FIXE de notre PIB on consacre à la rechecherche microbiologique et tenter d'influencer les autres pays d'en faire autant. Ensuite, on votera des lois et des règles de vie qui vont avec notre culture propre à nous au Québec. Puis lors de la prochaine frappe, bien on mettra en application les mesures que nous aurons décidé et voter afin d'assurer notre protection. Et si cela consiste à femer notre frontière parce que notre voisin à mis ses prioritées ailleurs que dans la protection de ses citoyens en premier bien notre geste en sera un de GROS BON SENS et aucune cour internationale ne nous condamnera d'avoir agit de la sorte.

    Pour avoir ce prévilège, ça te prend un pays. Sans lui t'es rien qu'un locataire à merci de ton propriétaire. Alors si il décide que la couverture est correct de même, bien il te reste juste à prier pour pas qui mouille trop fort.

    Forcez vous donc un peu plus, on a tout le temps au monde présentement pour réfléchir comme du monde.

    Damned if you do, damned if you dont. Chu pu capable de l'entendre comme dépendant, j'a veux mon indépendance pour finalement décidé avec mes compatriotes comment on la veux la suite de notre monde.

    Là, chu t'assis chez nous, à regarder Legault qui regarde vers le bunker de Ottawa pour savoir si y va devoir nous dire qu'on va crevé parce que le capitaine crunch y s'est muré jusqu'à fin de l'apocalypse-19. C'pas drôle hein!

    Singapour, South Korea, Taiwan ouin.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 30 mars 2020 13 h 24

      Ha que ca fait du bien de lire des gens encore capable de colère quand il le faut, merci pour votre intervention.
      Moi aussi je veux mon independance, avant c'était pour sauver ma langue et ma culture que trop de gens méprisent et ignorent mais maintenant avec les defis qui s'en viennent, c'est une question de survie.

      Pareil pour la décroissance religieuse au Qc, que je voulais avoir pour protéger notre nation laïque, encore là, avec le Corona V, partout sur terre et ici, comme dans l'ouest de la ville, nous avons la démonstration que leur croyance et donc leur inaction dû à leur croyance, nous mettrons en danger, un jour, certainement encore plus encore.

      Dès que tout ceci sera fini les mouvements d'independances et de laïcité auront de nouvelle munition et Il faudra d'en servir et agir au PC.

      Gardons notre colère pour la suite des choses ...

      Merci Monsieur:)

  • Bernard Dupuis - Abonné 30 mars 2020 11 h 19

    Citoyen québécois avant d'être citoyen du monde

    L’idéologie mondialiste reconnait que la crise actuelle met en lumière toute l’importance des gouvernements nationaux et de leurs appareils d’État pour prendre en charge le bien-être et la protection des citoyens. Il y avait longtemps que l’on n’avait pas entendu un tel aveu de ceux qui ont adopté il y a plus d’une vingtaine d’années le point de vue mondialiste. Mais, le point de vue nationaliste ne vaut-il qu’en temps de crise quand tout appel à la mondialisation reste sans réponse et impuissant?

    Le point de vue nationaliste n’a cessé d’être dénoncé par les défenseurs de l’idéologie anti-nationaliste. Ici au Québec, les "citoyens du monde" disaient que nous avions perdu assez de temps à militer pour la langue française, pour l’autonomie et même pour l’indépendance. Le Parti Québécois fut déserté par une grande partie de la jeunesse « citoyenne du monde ». Le mouvement nationaliste fut affublé des pires insultes : nombriliste, xénophobe sinon raciste. N’est-ce pas ce que laissaient entendre la plupart des médias anglophones du Canada ? Les universités québécoises ne rataient pas une occasion de pourfendre le nationalisme en lui associant le mot « caca » d’identitaire.

    La nation est loin d’être utile uniquement en temps de crise catastrophique. Elle n’est ni nécessairement une manifestation d’un repli égocentrique ni une volonté de puissance dans le but d’envahir d’autres nations. Toutefois, elle permet de résister au rouleau compresseur de la « vision mondiale » qui pense aplanir toute diversité linguistique et culturelle pour les remplacer par le « globish » et la culture « Walt Disney ».

    Au moins, ici au Québec le nationalisme a permis d’empêcher la disparition de la langue française. De plus, il a permis la libération de la femme par l’ouverture du système d’éducation supérieur à celles-ci, le partage du marché du travail et l’instauration d’un système de garderie. Sans le nationalisme, ces réalisations, entre autres, n’auraient pas été possibles ni au

    • Bernard Dupuis - Abonné 30 mars 2020 11 h 22

      Citoyen québécois avant d'être citoyen du monde (suite et fin)

      Sans le nationalisme, ces réalisations, entre autres, n’auraient pas été possibles ni au Québec ni dans le Canada.

      Toutefois, la vision mondiale tente toujours de rendre la différence québécoise invisible. La semaine dernière encore, les dirigeants du Comité olympique canadien ont refusé de répondre aux questions des journalistes francophones à cause de l’aspect « mondial » de leur intervention. Pourtant le français est une des langues officielles du Canada et du Mouvement olympique. Bravo pour « la vision mondiale ».

      Bernard Dupuis, 30/03/2020

    • Bernard Plante - Abonné 30 mars 2020 12 h 54

      "Pour que l'arbre d'une nation puisse s'ouvrir sur le monde, ses racines doivent être solidement ancrées". Cette phrase de Sébastien Ricard illustre bien ce que vous décrivez ici M. Dupuis.

      Quoiqu'en disent les mondialisateurs adeptes d'un monde gris-beige, uniforme et sans saveur, la nation a toujours été et restera toujours le point d'ancrage d'une société. Le nationalisme, lorsqu'il est fait dans un esprit d'ouverture et d'inclusion, constitue simplement le moyen d'ancrer solidement les racines pour permettre à l'arbre de s'épanouir et de s'ouvrir fièrement et en toute confiance au reste du monde.

      Peut-être cette crise nous en fera-t-elle prendre conscience?