Tout ou rien

Après les élections de 1998, quand Lucien Bouchard lui a demandé d’aller de l’avant avec la fusion forcée des municipalités, Louise Harel a tout de suite compris que cela signifiait le renvoi du référendum aux calendes grecques. Une opération comme celle-là allait inévitablement provoquer la colère de nombreux électeurs, et le PQ en a en effet payé le prix à l’élection de 2003.

À l’époque où il était encore chef du Bloc québécois, M. Bouchard avait pesté quand Jacques Parizeau avait ordonné la fermeture d’une dizaine d’hôpitaux à quelques mois de la tenue du référendum du 30 octobre 1995. Même si une telle rationalisation pouvait être justifiée, était-ce vraiment le bon moment ?

En fin de semaine dernière, les jeunes péquistes, dont la grande majorité semblent être favorables à la tenue d’un référendum dans un premier mandat, ont également adopté des résolutions réclamant l’abolition des subventions versées aux écoles privées et l’extension des dispositions de la Charte de la langue française au niveau collégial.

Dans les deux cas, il s’agit de mesures dont on discute depuis des années au PQ, mais qui ont toujours été écartées par la direction du parti ou qui n’ont jamais dépassé le stade des voeux pieux. Pas nécessairement parce qu’on doutait de leur bien-fondé, mais parce qu’on craignait la réaction négative d’une grande partie de la population.

 

Le Conseil supérieur de l’Éducation, qui n’est pas un repaire de gauchistes, a déclaré que le système scolaire québécois était le plus inégalitaire au pays. Aucune autre province ne subventionne l’école privée à une telle hauteur. Si on excepte les programmes particuliers, réservés aux meilleurs élèves, le réseau public est dans une situation de détresse. Le décrochage est endémique, les enseignants crient au secours et finissent par abandonner. Tout le monde sait cela. Et pourtant, on laisse faire.

Ce n’est pas réellement une question d’argent. Le Québec pourrait trouver les quelques centaines de millions supplémentaires que coûterait la création d’un réseau unique, comme en Ontario. Il s’agit d’un choix purement politique. QS est le seul parti dont le programme prévoit l’abolition des subventions aux écoles privées. Périodiquement, le PQ s’est dit prêt à « revoir » leur financement, mais aucun des gouvernements qu’il a formés n’a osé le faire.

« Les contribuables ne devraient pas payer pour le choix des bourgeois », a lancé en fin de semaine un jeune militant péquiste, sous les applaudissements de ses collègues. Le problème est que le PQ a besoin des bourgeois, non seulement pour faire l’indépendance, mais simplement pour être élu. Il est facile de dénoncer un certain élitisme, mais à voir l’état dans lequel se trouvent les écoles publiques, comment blâmer ceux qui en ont les moyens de vouloir envoyer leurs enfants au privé ? Laisser le réseau public s’effondrer ne peut cependant pas être la solution.

 

Les délégués au congrès extraordinaire de novembre dernier ont résolu que l’action du PQ se concentrerait désormais sur « la fondation d’un pays », et non pas sur la « gestion ordinaire d’une province ». Conséquemment, « nous prendrons chacune de nos décisions de façon à nous rapprocher de ce but ultime ». Cela signifie-t-il qu’il ne faut pas abolir le financement public des écoles privées si cela doit nous éloigner du « but ultime » ?

La même question se pose dans le cas de l’extension de la loi 101 au cégep. Il y a plus de 25 ans que le PQ en débat. Elle avait été inscrite au programme en 2011, mais le gouvernement minoritaire de Pauline Marois avait renoncé à l’appliquer. Quand il lui a succédé, Jean-François Lisée a jugé que le coût politique d’une telle mesure serait trop élevé.

Leur interdire l’accès au cégep anglais indisposerait sans doute bon nombre de jeunes francophones, dont le PQ cherche désespérément à retrouver la faveur. Il est cependant évident que les cégeps anglais, dont la clientèle est majoritairement non anglophone, sont devenus un facteur d’anglicisation financé par le gouvernement du Québec.

Certes, l’indépendance contribuerait fortement à contrer l’anglicisation, mais il est loin d’être assuré que les Québécois seront plus disposés à voter oui dans quelques années qu’ils le sont aujourd’hui. Il est vrai que proposer des mesures audacieuses peut compliquer la vie au PQ, mais il a le devoir de préserver l’essentiel, c’est-à-dire la pérennité du français, même dans l’hypothèse où le Québec déciderait de demeurer au sein de la fédération canadienne. Les jeunes péquistes ont raison : cela ne peut pas être l’indépendance ou rien. Offrir un « bon gouvernement » n’est pas une option, mais une obligation.

54 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 10 mars 2020 00 h 42

    Le cas complexe des écoles privées

    Avec le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique, le Québec est l’une des cinq provinces canadiennes qui financent leurs écoles privées.

    L’Ontario le fait aussi. À la différence qu’on les appelle des écoles séparées. Ces dernières sont financées à 100% par la province.

    Au Québec, les écoles privées accueillent environ 12% des élèves du Québec et reçoivent 5% du budget de l’État consacré à l’enseignement primaire ou secondaire.

    Les écoles privées sont financées à 42% par l’État. La différence est assumée principalement par les parents qui y envoient leurs enfants.

    En 2012-2013, on estimait qu’à l’école secondaire, il en coute 5 471$ par élève, mais que l’État ne verse que 4 090$ pour chaque élève au privé. Pour chaque élève formé au privé, l’État économise directement 1 400$ par année.

    S’il passait au public, il faudrait dépenser 1 400$ de plus. En contrepartie, l’État gagnerait, indirectement, les déductions fiscales de 1 122$ dont il se prive actuellement.

    En somme, l’abolition du financement des écoles privées ne dégagerait, au mieux, que des économies de bout de chandelle.

    Ceci étant dit, il n’est pas normal qu’on tolère un double système scolaire : l’un, élitiste, pour les classes aisées de la société, et l’autre pour les simples citoyens.

    La meilleure manière de diminuer l’attrait des écoles privées est d’améliorer celui de l’école publique.

    Je me dispenserai de dresser ici la longue liste des lacunes occasionnées par le sous-financement de nos écoles depuis des années.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 mars 2020 06 h 25

      Le problème n'est pas, en effet, que le privé soit subventionné par l'État, puisque le public l'est encore davantage, mais que l'argent puisse servir à soustraire les enfants au parcours scolaire public. L'éducation doit être un projet collectif où toutes les «clientèles» doivent pouvoir trouver leur juste compte, que ce soit dans des parcours typiques ou des cheminements dits particuliers, des projets, des vocations ou quelque nom qu'on puisse donner à la nécessaire diversité. L'école privée coûte moins cher à l'État au plan économique, mais personne ne devrait pouvoir payer ainsi son droit de retrait d,une responsabilité collective.

    • Raymond Labelle - Abonné 10 mars 2020 06 h 56

      Une inéquité importante dont bénéficie l'école privée est celui de la sélection des étudiant.es. Ainsi, par exemple au moyen de tests d'admission, dont des tests de QI et de connaissances, l'école privée s'assure d'avoir de bon.nes étudiant.es. Sans compter le loisir de ne pas devoir admettre les élèves pouvant avoir d'autre complications, comme des problèmes de comportement. Cela facilite bien sûr l'enseignement, puisque l'on a moins à s'embarrasser des cas difficiles, et ayant des élèves plus doué.es et moins problématiques, bien sûr que l'on a de meilleurs résultats.

      À ceci, s'ajoute une sorte de sélection spontanée - les frais de scolarité. Les élèves des couches socio-économiques moins favorisées sont nécessairement moins représentées à l'école privée, et ces élèves, dans les grands nombres, statistiquement, par corrélation, ont tendance à avoir de moins bons résultats.


      Si vous donnez les élèves admis.es et sélectionné.es à l'école privée à des profs d'une école publique, les élèves de ces profs pourraient fort bien avoir des résultats très comparables à ceux de l'école privée.

    • Jean Lacoursière - Abonné 10 mars 2020 07 h 02

      « En 2012-2013, on estimait qu’à l’école secondaire, il en coute 5 471$ par élève, mais que l’État ne verse que 4 090$ pour chaque élève au privé. Pour chaque élève formé au privé, l’État économise directement 1 400$ par année. »

      Poussons ce raisonnement jusqu'au bout : les économies que ferait l'État seraient-elles encore plus grandes si l'école privée n'était pas subventionnée et que les mieux nantis payaient la totalité de ce que ça coute ? Ce n'est pas vrai que les écoles privées se videraient dans un tel cas.

      Tout calcul doit tenir compte de cette incertitude, à savoir quelle fraction des élèves passerait au public.

    • Raymond Labelle - Abonné 10 mars 2020 08 h 21

      À noter que l'Ontario est contrainte de financer les écoles catholiques avec un même accès à l'école publique par la Constitution du Canada (article 93). L'expression "écoles séparées" vient de l'article 93 de la Constitution. Détails : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1062523/ontario-fin-financement-conseils-scolaires-catholiques

      Le Québec était soumis à cette même obligation de tenir des écoles confessionnelles à accès public en vertu de ce même article 93 jusqu’en 1997. Le Québec a pu faire modifier l’article 93 pour sa compétence. Une modification constitutionnelle qui n’affecte que les habitant.es d’une province, comme c’est le cas ici, n’a besoin que d’une proclamation par l’Assemblée nationale et le Parlement du Canada. Ce qui fut fait. Le communiqué du gouvernement du Québec en faisant état : https://www.sqrc.gouv.qc.ca/secretariat/salle-de-nouvelles/communiques/details-en.asp?id=17

      L’Ontario continue d’être sujette, quant à elle, à l’article 93 de la Constitution. Demander au gouvernement fédéral de s’y soustraire est plus délicat politiquement car une proportion importante de francophones fréquente le réseau français des écoles séparées catholiques. Pourquoi l’Ontario ne fait pas la demande de s’y soustraire, probablement. L’Ontario a aussi créé un réseau scolaire français non confessionnel.

    • Jean Langevin - Abonné 10 mars 2020 09 h 03

      Quels déductions fiscales?

    • Jean-Charles Morin - Abonné 10 mars 2020 09 h 21

      "L'école privée coûte moins cher à l'État au plan économique, mais personne ne devrait pouvoir payer ainsi son droit de retrait d'une responsabilité collective." - RMD

      Au vu du délabrement actuel de l'école publique et de l'épuisement professionnel de son personnel, le "droit de retrait" que vous dénoncez ressemble de plus en plus à une liberté fondamentale pour nombre de parents désireux de donner à leurs enfants une éducation digne de ce nom.

      Comme vous l'avez admis vous-même, le délestage de la clientèle scolaire au profit de l'école privée coûte moins cher à l'État. En conséquence, abolir le financement du secteur privé va augmenter la charge financière devant être assumées par le trésor public en plus d'amener une clientèle supplémentaire - et pas très contente -dans un système déjà surchargé. Loin d'être une recette pour assurer la réussite, cela paverait plutôt la voie vers la médiocrité systémique.

      Vouloir culpabiliser ces parents en invoquant quelque "responsabilité collective" imaginaire semble bien artificiel dans le contexte actuel car, avec un système public qui peine de plus en plus à remplir sa mission et qui n'en finit plus de se dégrader, la responsabilité première des parents doit aller vers leurs propres enfants plutôt qu'aux enfants des autres. On en est rendu là.

      Le droit à une éducation de qualité et la liberté de choisir la manière pour y parvenir fait partie intégrante d'un système démocratique. Que tant de parents, pas nécessairement fortunés, soient disposés à dépenser des sommes supplémentaires pour y arriver démontre leur souci de la transmission correcte du savoir, en plus de constituer une dénonciation de fait d'un système public qui peine à se vendre. Ce dernier n'a pas le choix des moyens: il doit songer à l''amélioration radicale de ses services plutôt qu'au monopole et admettre que la coercition, loin d'être une option pour s'imposer, constitue un constat d'échec cinglant pour l'approche communautariste.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 mars 2020 09 h 59

      Je suis en désaccord avec plusieurs affirmations de M. Martel.

      J'ai oeuvré en éducation pendant 34 ans.En tout respect, je suis en désaccord avec bon nombre de vos arguments.D'abord sur les stats de fréquentation des écoles privées. Une de mes références:"21,5 % des élèves québécois vont au privé, comparativement à 7,8 % pour l’ensemble du Canada. Au secondaire, quatre élèves sur dix fréquentent l’école privée à Montréal (39 %) et à Québec (42 %).".
      https://www.ledevoir.com/societe/education/516933/education-les-devoirs-du-ministre-proulx

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 mars 2020 10 h 18

      @ M. Martel

      Suite au rapport du Conseil supérieur de l’Éducation 2016 ,sur « le système le plus inégalitaire du Canada », le prof émérite Guy Rocher, seul survivant de la célèbre Commission Parent, dans LE DEVOIR, rappelait, que selon lui, cette question du financement de l’école privée fut la seule *tache* de la réforme en éducation, début des années 60 : https://www.ledevoir.com/opinion/idees/485676/une-profonde-reforme-s-impose-en-education

      Il y dit :« Au Québec, on constate que « 90 % des élèves qui fréquentent une école privée sont dans un établissement favorisé », 10 % dans des écoles « moyennes » et aucun (0 %) dans une école défavorisée. Par contre, ce n’est que 6 % des élèves des écoles publiques qui ont la chance de fréquenter une école favorisée, tandis que 73 % se retrouvent dans des écoles « moyennes » et 21 % dans des écoles défavorisée »- Le prof émérite Guy Rocher, seul survivant de la célèbre Commission Parent-
      …………………………………………………………………………
      « De plus, c’est au Québec que la proportion d’élèves allant à l’école privée est la plus importante au Canada, à 21,5 pour cent, contre 7,8 pour cent pour l’ensemble du Canada. L’école privée est subventionnée au Québec alors qu’elle ne l’est pas ou peu dans les autres provinces. » https://lactualite.com/actualites/rapport-du-conseil-superieur-de-leducation-inegalites-entre-ecoles-au-quebec/

      …………………………………………………………………………………

      Selon ce que j’en sais : les écoles séparées d’Ontario sont des écoles publiques.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 mars 2020 10 h 52

      M. Martel écrit: "La meilleure manière de diminuer l’attrait des écoles privées est d’améliorer celui de l’école publique." Quelle est votre suggestion pour ce faire?

      Invitation à consulter l'avis du Conseil supérieur de l'Éducation de 2016:. Voici l’adresse de l’avis du Conseil supérieur de l’Éducation, en2016.http://www1.cse.gouv.qc.ca/fichiers/documents/publ
      « Autrement dit, ceux qui en auraient le plus besoin ne profitent pas des meilleures conditions pour apprendre, ce qui est contraire à l’équité et aux principes énoncés dans le Programme de formation de l’école québécoise (PFEQ)2 . Par ricochet, les enfants des milieux défavorisés et ceux qui éprouvent des difficultés d’apprentissage sont surreprésentés dans les classes ordinaires des écoles publiques, ce qui peut créer dans ces classes des contextes moins propices au développement, à l’apprentissage et à la réussite. "...
      ..............................................................................................................................................
      Je me suis amusé à analyser les données du dernier classement des écoles secondaires de l'Institut Fraser, dans ma commission scolaire.
      Rapidement, on se rend compte que les écoles privées ont très peu d'élèves en retard et très peu d'élèves EHDAA (handicapés avec problèmes d'apprentissage et/ou d'adaptation. Imaginez que vous enseignez, au secondaire, dans une école publique qui n'a aucun programme particulier, soit dans une classe *ordinaire*.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 10 mars 2020 11 h 51

      Jusqu’ici les gouvernements successifs, libéraux, péquistes et actuellement caquiste ne veulent pas s’aventurer à abolir les subventions aux écoles privées (confessionnelles ou non). Plus encore, elles sont exemptent d’appliquer la loi 21 sur la laïcité et certaines écoles contournent allégrement la loi 101!

      Le statu quo des gouvernements et des partis politiques concernant le maintien et les subventions aux écoles « privées » est culturelle et POLITIQUE. Que ce soit un jeune ou une personne âgée qui dise « « Les contribuables ne devraient pas payer pour le choix des bourgeois », cette personne a raison! Les bourgeois francophones et les bourgeois anglophones partagent la même ambition: garder entre leurs mains les pouvoirs économique et politique. En ce sens, fédéralistes ou nationalistes ethnoculturels, les bourgeois partagent la même croyance des arrivistes. Ils pensent que leurs enfants apprendront et seront mieux aptent à les remplacer pour diriger le pays en les maintenant séparés de ceux de la plèbe. C’est pourquoi, ils envoient leurs enfants s’»éduquer» dans les institutions »privées », depuis la pouponnière jusqu’à l’entrée dans les universités prestigieuses.

      C’est évident, si l’État coupe ses subventions aux écoles et aux cégeps « privés », il s’agira là d’une somme considérable d’argent qui servira à apporter plus de ressources dans les écoles du secteur publique. Est-ce qu’une telle mesure aurait comme conséquence de faire disparaître les « écoles » privées! Nullement. Les bourgeois et les parents arrivistes vont demeurer ce qu’ils sont et devront payer de leurs poches un systême dont le but (souvent illusoire) est de perpétuer chez leurs enfants l’idée qu’ils et elles sont nées et doivent être éduqués pour « diriger » la société... et de jouir de leurs prévilèges.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 mars 2020 12 h 19

      J'ai vérifié dans ma commission scolaire, en région, non bien loin de Montréal. Au secondaire, environ 22% des jeunes sont au privé...

      -Les références que j'ai donnent environ 60% de financement des écoles privées.

      -Question: que dirait-on si l'État finançait les cliniques privées en santé?

      --"Le faux débat des commissions scolaires » écrivait, avec justesse une chroniqueuse :
      https://www.journaldemontreal.com/2019/11/17/le-faux-debat-des-commissions-scolaires

      -Comme solution, le ministre répète la même erreur que Barrette, en santé : il s’amuse à jouer dans les structures pendant que la classe *ordinaire* du public est plus que *ordinaire* !!! Un système de technocrates, de haut en bas!

    • Jean-Charles Morin - Abonné 10 mars 2020 16 h 30

      " En ce sens, fédéralistes ou nationalistes ethnoculturels, les bourgeois partagent la même croyance (que les) arrivistes. Ils pensent que leurs enfants apprendront et seront mieux aptes à les remplacer pour diriger le pays en les maintenant séparés de ceux de la plèbe." - Jean-Jacques Roy

      C'est justement pourquoi il faut continuer à subventionner l'école privée car ainsi on permet au plus grand nombre d'y avoir accès, y compris ceux de la "plèbe". J'imagine qu'en forçant ainsi les fils de riches à côtoyer cette racaille, cela doit les rendre malades.

      "Est-ce qu’une telle mesure aurait comme conséquence de faire disparaître les « écoles » privées! Nullement." - Jean-Jacques Roy

      Ainsi donc, grâce à tous ceux qui pensent comme vous, l'école privée réservée désormais exclusivement aux riches deviendra encore plus élitiste. Bravo! Un autre exploit douteux à mettre au tableau de chasse de QS.

      Il y en a qui ne se rendent pas compte que leur haine impulsive des "bourgeois" ne fait qu'aider ces derniers à se perpétuer en vase clos. Misère...

      Avec de tels "amis", la "plèbe" n'a pas besoin d'ennemis.

    • Christian Roy - Abonné 10 mars 2020 16 h 58

      @ M. Jean-Charles Morin,

      Votre commentaire me fait penser à tous ces autosolistes qui sillonnent les routes: polluer est leur "droit de retrait" le plus légitime dans une société démocratique. Au diable les conséquences sur un plus vaste ensemble.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 10 mars 2020 19 h 22

      Monsieur Morin.
      D’où sortez-vous cette lecture, comme si dénoncer les « subventions » des écoles privées relevait d’un sentiment de « haine ». Vaudrait mieux pour vous d’en rester à ce dont il s’agit : d’équité et de justice. Point.

      2- Nommer les bourgeois et les désigner comme une classe sociale, n’a rien d’un terme « sentimentale ». Ce terme rappele le nom historique, communément assorti à la classe économique capitaliste et politique qui dirige les sociétés d’un bout à l’autre de l’Amérique du Nord... au Québec itou.

      3- Que le systême privé de « l’éducation » ait la fonction sociale, idéologique et politique de « séparer » les enfants des bourgeois (et des parvenus) du reste des autres « enfants »! Voyons Monsieur Morin, ce n’est pas une nouveauté! Le cynisme dans cette histoire, c’est que les gouvernements «subventionnent » le systême privé de l’éducation en plus du systême publique... qui lui manque de ressources!

      4- En ajout. Rien de nouveau dans le fait que les bourgeois et que l’élite recherchent des structures sociales « séparées » de la plèbe et que leurs privilèges soient à la mesure de la richesse et du pouvoir qu’ils possèdent ou qu’ils aspirent posséder. N’ont-ils pas « leurs quartiers » et leurs domaines plus ou moins somptueux. À côté, bien visibles, sont les blocs appartements et les maisons en rangée de la plèbe dont une grande partie survit avec un salaire minimum. N’ont-ils pas aussi leur systèmes de santé privée où on entre sans attente. (S’ils ne trouvent pas au Québec, ils ont les moyens d’aller ailleurs). Pour se déplacer, ils ont les premières classes, faute d’utiliser limousines ou jets privés. Enfin pour faire du tourisme, le bourgeois peut choisir hôtels, restaurants, plages et pourquoi pas des îles privées...

    • Claude Bernard - Abonné 10 mars 2020 22 h 05

      M Lacoursière
      En effet il faut se demander combien d'élèves seraient forcés de retourner au public.
      Encore plus important, à mon avis, qui rentrerait forcés dans un sytème auquel ils avaient échappé.
      Autrement dit, selon toute probabilité, ce sont les moins nantis, la classe ouvrières, qui ne pourraient se payer le privé et les autres, les riches, resteraient au privé.

    • Raymond Labelle - Abonné 11 mars 2020 10 h 39

      En l'absence de subventions, quelle fraction des élèves du privé passerait au public?

      Pour une réponse rigoureuse, il faudrait savoir, entre autres.

      - Quels seraient les frais pour les parents s'il n'y avait pas de subventions aux écoles privées;
      - La distribution des tranches de revenus des parents des élèves qui fréquentent l'école privée actuellement (qui, actuellement très subventionnée, est plus accessible);
      - Utiliser des outils statistiques pour estimer la part des élèves qui fréquentent l'école privée actuellement qui retourneraient au public en raison de la hausse estimée des coûts en cas d'absence de subventions. Le sondage est plus ou moins fiable, les parents pouvant vouloir surestimer leur volonté de partir du privé pour influencer les décisions publiques.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 10 mars 2020 07 h 50

    Bonne chronique

    Voilà pourquoi le PQ n'est plus le parti populaire qu'il a été : il a manqué de courage trop souvent. La grosse erreur avec les fusions municipales, c'est d'y être allé d'un coup. Bouchard aurait dû commencer par fusionner les villes sur l'île de Montréal dans son premier mandat, point à la ligne, et voir. Le reste du Québec aurait été ravi de cette fusion forcée. Le PQ aurait dû depuis longtemps modifier le mode de scrutin, arrêter de subventionner les écoles privées. Le PQ aurait dû depuis lontemps entreprendre le virage vert, mais non, durant le mandat de Marois il s'est englué de pétrole sur Anticosti.

    Ce parti a raté le coche sur trop de questions importantes. Avec Sylvain Gaudreault, c'est ce vieux parti timoré que nous aurons encore durant les prochaines années. Le PQ devrait écouter ses jeunes militants.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 10 mars 2020 15 h 19

      En effet M.LeBlanc,le PQ doit écouter ses jeunes militants.Parler vrai et fort.

      Réveiller ce Québec endormi depuis trop longtemps.

      Réfléchir,consulter et avancer.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 10 mars 2020 21 h 17

      Lucien Bouchard a été fort apprécié, mais il avait deux défauts. Avec lui, c'était « ça passe ou ça casse ! » et il était trop à droite, alors que la majorité des péquistes étaient soit au centre soit un peu plus à gauche. Malgré tout, s'il était resté, il aurait battu les libéraux en 2003. Il faudrait au PQ un chef charismatique comme lui, mais c'est devenu rare.

  • Bernard LEIFFET - Abonné 10 mars 2020 08 h 24

    L'affaire des uns et de Autres!

    Toute amélioration au Québec, sur le plan de la langue et de la culture françaises, passera par un brusque changement politique et organisationnel afin de sortir de la léthargie ou faire du sur place incrusté chez les membres de la CAQ! Faire un pas en avant et un pas en arrière ne mène nulle part! Même auparavant, tout comme aujourd'hui, les Llibéraux ont été les précurseurs de la division des citoyens sur la formation et le fonctionnement des écoles privées subventionnées par les fonds publics. Il ne suffit pas d'aligner des chiffres comptables car il faut aussi voir plus loin ce que deviennent les deux groupes d'individus formés. Ainsi, il apparaît clairement que les élites de l'enseignement privé sont mieux formés que ceux du public, et cela grâce au support accordé par les gouvernements qui le finance! À l'étranger, il n'est pas question de fonctionner ainsi, la règle étant de ne pas faire de discrimination, égalité d'abord!
    Comme tous les partis politiques, le Parti Québécois a fait des bons coups et des mauvais coups. Parmi ces derniers, celui des fusions des municipalités fut le pire pourtant facile à anticiper. À l'aube d'un renouveau, il devra lui aussi mettre en avant-scène ce qui n'est pas juste pour la formation des futurs citoyens et faire des États-Généraux simultanément sur l'Éducation et sur la loi 101! Il temps est venu d'agir!

  • Roger Gobeil - Inscrit 10 mars 2020 08 h 26

    Pas sorti du bois !

    Pauvre PQ! Ça ne finit plus de tourner en rond et ça va nulle part.
    Tout le monde sait, voyons, que c'est QS qui va mettre fin aux subventions aux écoles privées
    et qui va réaliser l'indépendance du Québec. Changez de parti, les jeunes!

    • Jean-Charles Morin - Abonné 10 mars 2020 10 h 53

      "Tout le monde sait, voyons, que c'est QS qui va mettre fin aux subventions aux écoles privées
      et qui va réaliser l'indépendance du Québec." - Roger Gobeil

      Monsieur Gobeil, je suppose que votre propos est ironique, parce qu'autrement il est complètement déconnecté.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 10 mars 2020 19 h 13

      C'est une farce?
      Qs a eu son 5 minutes de gloire, par chance, c'est terminé avec moin de 10% dans les intentions et 4iem opposition. Le budget plus vert de la caq va leur faire encore mal et gruger dans leur très mince marge.
      Ils ne font rien de concret, de différent ou de ciblé dans l'opposition à part s'habiller autrement.
      Ils ne tirent pas leur épingle du jeu malgré le buzz médiatique qui leur est toujours favorable.
      Feu de paille et soulagement..

  • Luc Caron - Inscrit 10 mars 2020 08 h 28

    École publique cette mal-aimée

    Nos trois enfants ont fait leur parcours scolaire dans le réseau public du Québec. Nous avons toujours apprécié la qualité de l'enseignement et le dévouement des professeures et professeurs des écoles qu'elles et il ont fréquentées. Ce choix nous l'avons fait car nous croyons en ce réseau scolaire.

    Dans ce débat, il faut mettre les choses en perspectives, les professeurs qui exercent leur profession que ce soit au privé ou au public ont la même formation et les mêmes compétences. Il n'y a pas de meilleurs professeurs du côté du privé. Là où on se tire dans le pied socialement c'est de séparer l'ensemble des élèves du Québec en deux groupes et de maintenir la croyance qu'un groupe reçoit un meilleur enseignement que l'autre ce qui est faux. Aussi, le privé avec ses subventions du Québec n'est pas entièrement privé, c'est très questionnable. Pourquoi les citoyens qui font le choix du public devraient-ils payer pour ceux qui font le choix du privé ?

    Aujourd'hui, mes enfants sont pharmacien, médecin spécialiste et ingénieur et ce, grâce à l'excellence du réseau d'éducation public du Québec. En tant que parents, nous serons toujours reconnaissant envers tous ces professeurs qui ont permis à nos enfants ces grandes réussites scolaires. Il est temps de faire la promotion du réseau public, de cesser de le dénigrer injustement, de montrer que lui aussi mène au succès scolaire et surtout de lui donner les moyens de servir tous les élèves du Québec. Les subventions accordées au privé par le Québec devraient revenir au réseau public.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 10 mars 2020 11 h 27

      M. Caron, nous aussi, avons envoyé nos enfants au public, naguère, avec grande satisfaction; mais le plus jeune a 46 ans. Mais, aujourd’hui, nous les enverrions probablement, comme beaucoup de parents. au privé.

      Notre système vit une crise de la tradition et de l’autorité; « l’autorité indispensable à toute éducation, au moment o;ù la tradition ne structure plus notre monde »Hanna Arendt- Mme Anne Marie Demers, prof au privé, a publié un livre : »Parents affolés, enseignants épuisés. Les répercussions scolaies d’une éducation trop permissivle ».

      Jusqu’en 2000, nos écoles avaient un cadre : elles étaient confessionnelles. Nous avons décidé d’enlever ce cadre; puis l’enseignement religieux ou confessionnel. Je ne critique pas, je constate. Mais, nous n’avons pas remplacé ce cadre. Nous vivons l’époque d’ex-enfants rois devenus parents rois.

      C’est comme si beaucoup de parents, par repli, décident d’y mettre le paquet et d’envoyer leur enfant au privé; ce qui était moins vu comme nécessaire, il y a quelque 30-40 ans.

      J’ajoute que, au public, pour contrer l’exode vers le privé, des écoles secondaires ont développé des programmes particuliers : sports études, art dramatique,….etc.

      Le problème qui n’existait pas, il y a 30-40 ans : la classe *ordinaire* du public; une fois que le privé et le « privé du public ». se sont servis.