La guerre contre les femmes

Pourquoi le féminisme — qui a changé la vie des femmes à tant d’égards — semble-t-il impuissant à contrer la violence faite aux femmes ? Le féminisme a permis aux femmes de voter, de contrôler leurs maternités, de sortir de leurs maisons, de travailler, d’être considérées comme les égales des hommes. Alors, comment se fait-il que le degré de violence demeure si élevé ?

Le tiers des femmes sont agressées physiquement ou sexuellement au cours de leur vie. Les trois quarts des femmes assassinées au Québec le sont par leur conjoint ou un homme de leur entourage. Les crimes violents sont aujourd’hui en baisse, mais, selon une étude britannique, l’agression sexuelle des femmes, elle, est en hausse. Bref, une femme aujourd’hui peut devenir astronaute, mais non sans craindre de se faire violenter à un moment ou un autre par un homme qu’elle aime. Comment ces deux choses-là peuvent-elles même coexister ?

De deux choses l’une : ou bien les femmes, malgré leur propre évolution, ont continué à fréquenter l’homme des cavernes en grand nombre ou alors, et c’est plus probable, il y a quelque chose qui se détraque à l’intérieur même des rapports intimes hommes-femmes. Pensons à Marylène Lévesque, assassinée dans une chambre d’hôtel, ou encore à la jeune Océane Boyer, trouvée morte au bord de la route. Ni l’une ni l’autre n’ont perdu la vie, comme on pouvait le croire au début, parce qu’elles se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment, mais bien, apparemment, parce qu’elles étaient, de par leur condition de femme (une prostituée, une adolescente), « vulnérables ».

La clé ici n’est pas le sexe (faible) des victimes, mais le rapport qu’elles auraient entretenu avec leur agresseur. Dans le cas de Marylène, son assassin craignait, après l’avoir fréquentée à plusieurs reprises, qu’elle s’éloigne de lui. Dans le cas d’Océane, dont les circonstances du meurtre n’ont pas été établies de manière officielle, quelle était au juste la nature de la relation entretenue avec cet « ami de la famille » présumé meurtrier ? Pour le peu qu’on en sait, cette histoire-là est particulièrement bouleversante. François Sénécal avait tout du « bon gars ». Rien, rien du tout, ne laissait présager qu’il puisse être accusé d’un meurtre aussi sordide.

Comme le répètent les responsables des maisons d’hébergement, la violence des hommes est souvent une question de contrôle. Mais est-ce vraiment le bon mot ? Est-ce une simple question de la loi du plus fort ? Le contrôle implique une part de raison alors qu’il n’y a rien de raisonnable ici. Frapper, harceler ou, à plus forte raison, tuer est tout ce qu’il y a de plus déraisonnable. Le geste ne vient pas de la tête, c’est sûr ; il vient d’un profond malaise enfoui en soi. Mais lequel ?

La meilleure explication de la violence masculine m’a été fournie jadis par un centre pour hommes violents. À cette clientèle, on fournissait une petite carte où étaient inscrites d’un côté les émotions positives (joie, enthousiasme, fierté…) et de l’autre, les émotions négatives (peur, jalousie, colère…). Pourquoi ? Parce que trop d’hommes ont de la difficulté à comprendre ce qu’ils vivent émotivement. Les émotions sont un territoire traditionnellement féminin, après tout. Un territoire mou, mal défini, qui rend vulnérable. Les hommes qui ne s’y retrouvent pas frappent, très souvent, comme pour percer le brouillard, par pure impuissance. Aveuglément, stupidement, férocement. Ils frappent par ignorance d’eux-mêmes autant que par prise de contrôle sur l’autre. La femme qui menace de quitter son homme — une situation souvent périlleuse pour elle — ne constitue pas seulement un affront au conjoint, ou à son ego. Elle représente la vie émotive qui s’en va, la vie amputée, une perte de repères considérable.

Dans la grande marche vers l’émancipation, on a toujours cru que les femmes devaient rattraper les hommes ; on n’a pas vu que les hommes auraient peut-être un jour à rattraper les femmes. Grâce aux récentes révélations sur les agressions sexuelles et les féminicides, on commence tout juste à comprendre que beaucoup d’hommes n’ont jamais cessé de voir les femmes comme leur propriété privée, une sorte d’extension d’eux-
mêmes. Publiquement, ils ne contestent pas le droit des femmes à l’égalité, mais privément, souvent inconsciemment, ils agissent comme si les vieilles règles patriarcales s’appliquaient toujours : en échange de la protection masculine, les femmes sont censées être disponibles physiquement et émotivement. C’est le plus vieux contrat social du monde et beaucoup trop d’hommes considèrent la disponibilité des femmes comme leur dû, encore aujourd’hui.

Le féminisme a été impuissant à contrer la violence faite aux femmes parce que les rapports intimes ne se légifèrent pas de la même façon que les conditions de vie extérieures : la santé, la maternité, le travail. Mais aussi parce qu’on ne se doutait pas que la véritable résistance au féminisme se réfugierait au niveau personnel. On ne pouvait pas savoir que c’est au nom de l’amour que la guerre contre les femmes aurait lieu.

77 commentaires
  • Clermont Domingue - Abonné 7 mars 2020 05 h 46

    Caverne

    Les sociétés évoluent, mais la nature reste la même . On vient encore au monde tout nu .Pour comprendre (si on le veut) il faut regarder davantage du côté de l'homme des cavernes. Armé de sa massue, il était géniteur, pourvoyeur et protecteur. Cet atavisme est toujours là.

    Chère Francine, votre intervention de ce matin éclairera certains hommes et beaucoup beaucoup de femmes. Modifiera-t-elle les comportements des unes et des autres?

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 7 mars 2020 12 h 23

      Mon problème avec ce type de texte c'est qu'il généralise là où on a un problème spécifique en criminologie (et dans nos interventions sociales, juridiques, etc.).

      À titre d'exemple, l'assassin de Marylène Lévesque est un récivisite qui avait tué sa conjointe. Il me semble que ce sont précisément les déviants qui commettent la majorité des crimes. Ça me semble la même chose avec les crimes sexuels. Ça n'est pas une majorité d'hommes qui font de temps en temps un «crime», ce sont souvent les mêmes qui en font des tonnes pendant des années. On se retrouve donc avec des publics-cibles (comme les lecteurs de cette chronique) qui ne font pas partie du problème et qui devraient changer d'attitudes et de comportements.

      Il est vrai qu'ils sont responsables, dans le sens que ce sont des citoyens susceptibles, pour leurs conjointes, leur filles, leurs soeurs, leurs mères, leurs cousines et leurs collègues, d'influencer nos politiques, notamment en ce qui concerne les crimes à l'encontre des femmes. Mais ils ne constituent pas une «clientèle» à rééduquer, pas plus que la majorité des femmes. En dépit du fait que chaque viol, chaque meurtre est de trop, c'est faire fausse route d'insinuer que ça serait le résultat global d'une idéologie, d'une culture.

      Au contraire, notre culture (de plus en plus féministe et libérale) promeut une amélioration constante et la concrétise. La question à investiguer concerne la pathologie et la déviance et il y a beaucoup de réponses à trouver du côté de la sociologie.

      On a compris que la prison crée des criminels, donc on a un système carcéral moins punitif, mais qui manque vraiment de pare-feux, d'où le drame de Sainte-Foy, mais la culture des lecteurs de cette chronique n'est pas celle du «bum» moyen. C'est peut-être spécifiquement là que se situent les solutions : est-ce que Passe-Partout a fonctionné, pour réduire les carences (affectives, intellectuelles) là où des enfants étaient dans des milieux toxiques?

    • Claude Bernard - Abonné 7 mars 2020 21 h 12

      M Gill
      Vous avez, dites-vous, un problème avec les généralisations abusives.
      Qui n'en aurait pa?
      Est-ce une généralisation d'écrire qu'un tier des femmes sera aggressée durant sa vie?
      Ou que : «beaucoup d'hommes n'ont jamais cessé de voir etc...»?
      C'est un problème spécifique indubitablement pour les victimes comme pour les aggresseurs.
      C'est aussi assez fréquent pour qu'on en discute l'origine première.
      Chaque cas peut s'analyser et se morceler selon les circonstances mais la société doit aussi se pencher sur son caractère systémique et le nombre qui semble être à la hausse depuis que les langues se délient.
      Si la sociologie peut aider à cerner la question, les chroniques comme celles de Mme Pelletier ne nuisent certainement pas.

    • Serge Lamarche - Abonné 7 mars 2020 21 h 14

      M. Domingue, l'homme des cavernes était peut-être très féministe. On n'en sait rien.
      M. Gill, je crois que vous visez juste. Mme Pelletier fait encore de la généralisation à outrance. Elle ne fait pas qu'insinuer, elle déclare haut et fort «que beaucoup d’hommes n’ont jamais cessé de voir les femmes comme leur propriété privée». C'est ridicule. Les hommes normaux, en général, n'ont jamais considéré les femmes comme leurs «choses». Voilà la généralisation à faire.
      Ces cas criminels ne sont pas seulement criminels. Il s'agit bien de maladie mentale qui conduit au crime.

    • Marc Therrien - Abonné 8 mars 2020 10 h 52

      M. Lamarche,

      S’ « il s’agit de maladie mentale qui conduit au crime », cependant tous ne seront pas déclarés non criminellement responsables pour cause d’un trouble mental. Ces personnes demeurent en contact avec la réalité et sont encore capables de discerner le bien et le mal. Toute souffrance psychologique extrême qui conduit au manque de savoir-vivre extrême n’est pas nécessairement une maladie mentale. Ça n’arrive pas qu’aux « autres » et vous-même n’en n’êtes pas à l’abri.

      Marc Therrien

  • Serge Lamarche - Abonné 7 mars 2020 05 h 56

    Presque d'accord

    J'étais très surpris de me voir d'accord avec mme Pelletier, pour une fois... Jusqu'à ce que je lise:
    «Grâce aux récentes révélations sur les agressions sexuelles et les féminicides, on commence tout juste à comprendre que beaucoup d’hommes n’ont jamais cessé de voir les femmes comme leur propriété privée, une sorte d’extension d’eux-
    mêmes. »
    Et paf! Tiens toué.
    Pas certain que rien ne présageait la violence. À mon avis, certaines femmes ne jugent les autres (hommes) que très superficiellement. Autant que certains hommes, je suppose. Il ne s'agit pas de voir les femmes comme leurs propriétés privées. C'est ridicule de croire ça. Il s'agit plutôt de mauvais pairages. Les femmes veulent alors se détacher «flake» en anglais. Alors que l'homme cherche à remodifier le comportement comme au départ. Presque tous les couples ont des mauvais moments. La petite proportion qui finit plus mal que les autres met en évidence des maladies mentales qui auraient pu être détectées.
    En voici une bonne pour notre chroniqueuse de fin de semaine: lorsque les enfants sont abusés par leurs parents, sont-ils considérés leurs propriétés? On peut étendre ceci à l'avortement, si vous voulez.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 7 mars 2020 12 h 40

      Je suis d'accord avec vous, je suis allé voir sur Stat Can les chiffres sur les homicides et il y a une sur-représentation des Autochtones ( 2% de la population serait «responsable» de 16% des féminicides familiaux). Le but ici n'est certainement pas de faire apparaitre un amalgame, mais bien le contraire, c'est dans ce groupe qu'il y a le plus de «puckés» : abus, violence, historique de criminalité, suicide, présence des armes à feu, histoire personnelle de violence conjugale, père absent, carences affectives, carences éducatives, etc..

      Je me demande donc dans quelle mesure, chez 96% de la population retrouve-t-on les mêmes problèmes et dans quelle mesure cette proportion de ceux qui vivent les mêmes choses reproduisent les mêmes conditions susceptibles de créer la violence et les homicides que nous déplorons ici.

      Tant qu'on est dans les vagues réactions idéologiques, on n'avancera pas. C'est ce que je reproche à Madamde Pelletier. Alors que le début de sa chronique est appuyé, sa fin est une envolée qui sert plutôt à conforter son attachement dogmatique à la vision du monde qu'elle cherche à diffuser depuis des années.

      Pour ma part, l'émotion collective et l'indignation ressentie et partagée avec le meurtre de Marylène nous indique que la femme demeure précieuse. On est choqué. Il me semble qu'on l'est moins quand deux «bums» se font trouer et qu'on retrouve leur cadavre dans la carcasse d'une voiture brulée. On s'inquiète alors de la montée du crime, pour nous-mêmes, mais on s'indigne moins pour ces victimes-là, qui, «l'ont cherché» en choisissant le crime comme avenue.

      Je crois sincèrement qu'on peut travailler pour diminer les facteurs qui influencent divers crimes. L'idée de créer Passe-Partout, pour le développement de tous les enfants, en espérant que les plus vulnérables développeront quelques outils sociaux-affectifs n'était pas folle, mais les cours obligatoires de FPS ont disparu, le décrochage reste à peu près pareil, etc.

    • Marc Therrien - Abonné 7 mars 2020 13 h 31

      Il se peut que l’influence de Françoise Dolto dans les années « 70 » et sa fameuse idée révolutionnaire à l’effet que « l’enfant n’est pas la propriété des parents » ait contribué à l’avènement des enfants-rois qui sont aujourd’hui devenus des adultes-tyrans dont l’égocentrisme marqué et l’intolérance à la frustration sont des facteurs contribuant au potentiel de violence conjugale.

      Marc Therrien

    • Claude Bernard - Abonné 7 mars 2020 21 h 27

      M Lamarche
      Vous décrétez que le fait que certains hommes «voient leur femmes comme leur propriété» n'est pas la question.
      Je me demande bien sur quelle base, alors que la socio-psychologie l'admet aisément.
      Vous ajoutez : considèrent-ils leurs enfants également comme leur propriété; bien évidemment, souvent c'est ce qu'ils pensent.
      La violence basée sur l'idée de la possession se voit aussi pour les biens matériels et remonte à la plus haute antiquité.
      Les suicides précédés de multiples assassinats sont des choses connues, non?
      Certains hommes laissent des écrits où ils avouent ne pas avoir voulu que la femme «ait» les enfants.

    • Serge Lamarche - Abonné 7 mars 2020 21 h 39

      Bien d'accord M. Gill. Effectivement, c'est mme Pelletier qui a une vision du monde un peu étrange qui n'est pas vraiment féministe. C'est comme si elle n'a jamais connu d'homme normal.

      M. Therrien, ben voyons donc. Vous vous fourvoyez. Ne pas traiter ses enfants comme notre propriété est normal. Ce serait le comble si une bonne éducation fabriquait des monstres. Les enfants sont toujours considérés comme plus ou moins irresponsables et même ça est discutable. Non, il s'agit de maladie mentale.

    • Serge Lamarche - Abonné 8 mars 2020 00 h 42

      M. Bernard, quand une personne veut avoir quelqu'un, s'agit-il de possession comme une propriété? Ben non. On dit aussi: «C'est ma femme» ou «c'est mon mari». Propriétés de l'un et de l'autre? Non! C'est ridiculement évident. Mais évidemment aussi, on veut «notre» famille et «nos» amis pour jouer dans «notre» équipe.
      Les écrits laissés veulent dire que le tueur ne veut pas que la femme ait les enfants avec elle alors que lui se retrouve à leur payer la moitié de son salaire. (Sans compter que sans lui, ils ne seraient pas là.) Après avoir travaillé si fort, ça fait mal de voir toute son équipe le rejeter et aller jouer ailleurs. Les mecs qui font ça n'ont pas d'espoir. Ils sont en dépression. Ils ont besoin d'une aide mentale parce qu'ils ont une maladie mentale. (Dont la logique est: il a fait une erreur grave, celle de se marier et d'avoir des enfants. La solution: effacer tous ça. Recommencer dans une autre vie.) Mme Pelletier ne fait que jeter de l'huile sur le feu. Ça fait de belles flammes dans les commentaires et j'aime la commenter. Elle est un cas intéressant de misandrie.

    • Marc Therrien - Abonné 8 mars 2020 10 h 34

      M. Lamarche,

      Je ne sais pas si les nuances vous intéressent. Par exemple, si vous êtes intéressé par la question de savoir, non pas nécessairement ce qui amène un enfant à devenir violent, mais plutôt comment il ne le devient plus, vous pouvez consulter les travaux du professeur de pédiatrie, de psychiatrie et de psychologie, Richard E. Tremblay. « On a souvent soutenu que les adultes violents n'étaient pas des adolescents violents et que les adolescents violents n'étaient pas des enfants violents ; il n'y aurait pas de lien. C'est là une vieille, belle et noble idée. De nombreuses études internationales prouvent malheureusement qu'elle est fausse » (dans « Prévenir la violence dès la petite enfance »). Pour résumer très sommairement, disons que les carences parentales dans les capacités de « caring » et de « holding » sont des prédispositions à une grande angoisse qui cherche à trouver sa résolution dans le passage à l’acte agressif. Avant de parler de maladie mentale, commençons par s'occuper de la simple carence affective.

      Marc Therrien

    • Serge Lamarche - Abonné 8 mars 2020 16 h 29

      M. Bernard, «avoir» quelqu'un n'a rien à voir avec la propriété. On a des parents, on a des enfants, la femme a «son» mari, l'homme a «sa» femme, le patron a «ses» employés. Il ne s'agit pas de propriété, il s'agit de faire partie de l'équipe ou du groupe.
      Les meurtres-suicides sont commits par des mecs déprimés qui n'ont plus d'espoir (avec raison ou non). Les enfants lui sont «volés» et il est forcé de payer pour eux. Sans lui, ils n'existeraient pas. Le mec reconnait son erreur fatale et veut la corriger, fatalement. C'est de la maladie mentale. Ce n'est pas la mentalité des hommes.

  • Jean Thibaudeau - Abonné 7 mars 2020 06 h 37

    "On ne pouvait pas savoir que c’est au nom de l’amour que la guerre contre les femmes aurait lieu."

    Et pourtant, dès les années '70, Yvon Deschamps l'avait exprimé merveilleusement dans son extraordinaire chanson "Aimons-nous" (incidemment reprise par la suite, entre autres, par Monique Leyrac).

    S'il est vrai que les femmes ont spontanément perçu un intérêt concret pour elles-mêmes à se débarrasser des stéréotypes dans lesquels elles avaient été si longtemps enfermées, il n'en a jamais été de même pour les hommes à se débarrasser des leurs. Les premiers qui l'ont fait n'ont-ils pas longtemps qualifiés " d'hommes roses" (sous-entendu: d'hommes efféminés)?

    Encore aujourd'hui, combien d'entre eux ne continuent-ils pas, plus inconsciemment qu'autrement, à se choisir une partenaire plus en fonction de l'image (présumée) que celle-ci leur donnera aux yeux des autres hommes qu'en fonction de leurs besoins affectifs réels?

    Pour ne se servir que de ce seul baromètre, comment expliquer autrement que, malgré d'indéniables progrès pour réduire une certaine forme de violence au hockey, il subsiste encore autant d'excitation chez les spectateurs, majoritairement masculins, quand une bagarre a lieu (souvent en affirmant, après coup, désapprouver ce genre de phénomène)?

    Difficile d'évoluer quand on n'a pas appris à identifier ses sentiments (encore moins à en parler) et qu'on voit la vie d'abord et avant tout comme une compétition sans merci...

  • Claire Paré - Abonnée 7 mars 2020 07 h 15

    Excellent et éclairant article comme toujours Mme Pelletier!!!

    C.G. Paré

    • Serge Lamarche - Abonné 7 mars 2020 21 h 46

      C'est du machisme féminin plutôt. Féminishisme. Oh, attendez, il existe un mot déjà: misandrie.

    • Jean Duchesneau - Abonné 8 mars 2020 16 h 38

      Je ne vois pas ce qu'il y a d'éclairant dans ce texte Mme Paré.

      D'entrée de jeu Francine Pelletier fonde sa rhéthorique sur l'impuissance du féminisme à contrer la violence faite aux femmes. Puis, elle pose des hypothèses de lacunes qui seraient intrinsèques à la nature des hommes qui seraient responsables du déclenchement de cette violence. De la pure misandrie; bien d'acvord avec Serge Lamarche).

      Puis l'autrice conclut:

      "Le féminisme a été impuissant à contrer la violence faite aux femmes parce que les rapports intimes ne se légifèrent pas de la même façon que les conditions de vie extérieures : la santé, la maternité, le travail. Mais aussi parce qu’on ne se doutait pas que la véritable résistance au féminisme se réfugierait au niveau personnel."

      Voilà une conclusion des plus absurdes, car les énoncés ne démontrent aucune espèce de relation de causalité entre le "féminisme" et la violence faite aux femmes. Pour ce faire, Madame la "Professor of Journalism at Concordia University" auraient dû exposer des staitistiques démontrant une augmentation notable de la violence faite aux femmes suivants les "gains" obtenus par l'action féministe au cours des dernières décennies. Denise Bombardier dans le JDM est beaucoup plus rigoureuse dans son raisonnement en faisant référence à des études crédibles qui démontrent le contraire. Dans les pays sans (ou à faible) mouvement féministe, les femmes sont perçues et traitées comme étant inférieures aux hommes.

      L'aspect le moins professionnel de ce texte, c'est la généralisation (ou essentialisation) qui est exprimée par le titre lui-même: "La guerre contre les femmes" alors qu'on fait référence à des gestes de violence de certains hommes envers certaines femmes. Le problème est sérieux, il faut s'en préoccuper, mais pas enessentialisant les hommes.

      En réalité, c'est grâce aux mouvements féministes que notre société est plus égalitaire que la majorité des pays sur cette planète. Ceci étant dit,

  • Dominique Boucher - Abonné 7 mars 2020 07 h 29

    Quand on se compare...

    «[...] selon une étude britannique, l’agression sexuelle des femmes, elle, est en hausse.»

    Il y a lʼÉconomie en crise. Il y a nos propres démons. Mais il nʼest peut-être pas inutile de souligner quʼil y a (et aura de plus en plus?) peut-être aussi ceci:

    «Selon les données de la télévision nationale suédoise (SVT), environ 58% des hommes condamnés en Suède pour viol et tentative de viol au cours des cinq dernières années sont nés à l'étranger. [...]

    Le programme de la SVT a révélé que dans les cas où la victime ne connaissait pas l'agresseur, la proportion de délinquants nés à l'étranger était supérieure à 80%. [...]

    Un ancien policier né en Afghanistan a déclaré au programme que certains jeunes Afghans venus en Suède ces dernières années avaient des opinions qui différaient considérablement de l'idée suédoise d'égalité sexuelle.»

    (Source: https://www.bbc.com/news/world-europe-45269764)

    ***

    À mettre en lien avec le texte de Madame Denise Bombardier dans Le Journal dʼaujourdʼhui à propos dʼune enquête de lʼONU sur les préjugés à l'égard des femmes dans le monde.

    (Source: https://www.journaldemontreal.com/2020/03/07/legalite-des-sexes-les-faits-bruts)

    Quelques chiffres :

    Pays où le rapport «Avec/Sans préjugés» est entre 100%/0% et 98%/2%:

    Pakistan, Qatar, Nigeria, Zimbabwe, Jordanie, Azerbaïdjan, Ghana, Libye, Rwanda, Mali, Philippines, Iran, Malaisie, Burkina Faso, Inde, Palestine.

    La Suède est à 30%/70%, les Pays-Bas à 40%/60%. Le Canada? 52%/48%...

    Un cas de «quand on se compare», on se console... un peu, mais finalement pas tant que ça...

    Jean-Marc Gélineau, Montréal

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 7 mars 2020 12 h 42

      Je ne comprends pas bien la deuxième partie de votre commentaire, pouvez-vous nous expliquer un peu ?

    • Yves Mercure - Abonné 7 mars 2020 16 h 00

      Je crois que J.M.Gélineau vous sert un condensé de criminologie comparée, vous indiquant que la réalité s'avère plus compliquée que vous croyez. D'ailleurs, dans le même fil on observe d'autres écarts que le vôtre. Voyez cette notion de propriété de l'enfant : comme pour un objet, les géniteurs auraient droits entiers; on observe ce genre d'attitude dans les situations de maltraitance (physique, sexuelle, morale-comme dans les conditionnements religieux...). Ce goût de propriété est précisément la base première pour l'implantation précoce d'attitude abusives; l'homme des cavernes qui s'assure d'un territoire de survie, conditionné qu'il est pour assurer la suite de l'espèce, il s'agit d'un cerveau qui aura évolué à cette fin. Or, le besoin de base à bien changé depuis la sortie de la caverne et les comportements stéréotypés de jadis n'ont plus lieux d'être. Le problème? Cerveau et hormones n'évoluent pas aussi vite que l'espace social, de sorte que les manières des cavernes ne sont plus nécessaires, mais survivent en douce ou en violence. La propriété et l'instinct qui nourrit cette bête fournissent bien des avenues pour comprendre la violence en générale et particulièrement celle dans le couple. Par ailleurs, au bénéfice d M.Therrien, Dolto est loin d'avoir été la première à émettre ce "doute" sur la propriété de l'enfant. Les racines se perdent dans le temps, les sciences, la poésie et les mythes religieux. Khalil Gibran : "Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l'appel de la vie elle-même".
      Voyez là une belle synthèse de science, de philo, de poésie et... de morale. Pourtant, apprendre à maîtriser la bête, c'est bel et bien possible : il faut d'abord reconnaître la nécessité de redescendre de l'arbre!

    • Serge Lamarche - Abonné 7 mars 2020 22 h 02

      M.Gill, il faut lire l'article de Denise Bombardier. Elle explique bien. Notez que les préjugés en question sont tenus par les femmes également. C'est donc l'égalité des sexes sur la question de l'inégalité des sexes. Mais au fond, les deux sexes vivent misérablement s'ils doivent toujours se conformer aux standards de la société.

      M. Boucher, faut-il croire l'étude britannique en question? Je ne crois pas que les crimes contre les femmes sont en hausse. Les crimes étant de moins en moins graves, les crimes moins graves reçoivent plus d'attention, c'est tout.

    • Raymonde Proulx - Abonnée 8 mars 2020 00 h 06

      Serge Lamarche. En lisant votre commentaire je comprends que vous pensez que les crimes contre les femmes sont moins graves....Ca sonne comme ça en tout cas.

    • Serge Lamarche - Abonné 8 mars 2020 16 h 44

      Mme Proulx, pas du tout. Les crimes contre les enfants sont plus graves.
      Dans le cas précis des femmes victimisées par leurs propres amants, il est lieu de se demander si les femmes ont aussi une mentalité qui les fait choisir de tels bourreaux. Dans le cas de la prostituée, elle se trouve à ne choisir que des bourreaux sauf exceptions. Moyennant un gain pécunier.
      J'admet que c'est difficile pour tous de connaître l'avenir. Les couples se font et se défont constamment. Ceux qui sont incapable d'accepter la réalité quand la réalité fait mal, peuvent se fâcher. De là à devenir criminel, c'est autre chose mieux défini par un déséquilibre mental.