Le mur blanc

Quoi qu’on puisse penser de l’obstruction des voies ferrées et routières comme outil politique pour empêcher que les travaux du gazoduc de Coastal GasLink aillent de l’avant, les Autochtones ont certainement le mérite de rappeler que le train, au Canada, est au fondement d’un projet politique fondé sur l’illusion d’une unification nationale.

Les blocages de circulation, au nom de la préservation du territoire de la nation wet’suwet’en en Colombie-Britannique, s’avèrent un révélateur inattendu de nous-mêmes. Au-delà de ce rapport historique du Canada aux rails, toute cette histoire, par un effet de miroir, met en lumière le prolongement des origines coloniales et impériales d’une société unifiée à partir de l’idée qu’il faut d’abord assurer, au bénéfice des puissants, la protection de leurs droits de propriété, de circulation et d’exploitation.

Un des exemples les plus éclatants du prolongement de cette pensée d’antan nous est offert par Luc Lavoie, cet ancien officier de la garde rapprochée du premier ministre Brian Mulroney qui joua aussi un rôle d’homme fort auprès de l’empire Québecor avant de s’en retourner dans les médias. M. Lavoie a laissé entendre, selon un sens de la mesure qui lui appartient, qu’il faudrait mettre une balle entre les deux yeux des manifestants. « Un coup de .45 entre les deux yeux, tu réveilles, mon homme. Ou tu t’endors pour longtemps. » M. Lavoie suggérait ainsi, à la radio, que le service de sécurité du CN, pour peu qu’il soit armé, intervienne sans tarder pour dégager les rails, l’arme au poing.

Au nom de la primauté de la force qui fait loi, les armes semblent volontiers planer dans les modalités avec lesquelles M. Lavoie envisage l’exercice du débat en politique. Le même homme, pas plus tard qu’en 2017, déclarait en effet qu’il aurait bien souhaité pouvoir se livrer à « la chasse aux séparatistes ». Dans le cadre d’un segment d’une de ces émissions où on l’invite volontiers comme analyste, M. Lavoie assimilait les indépendantistes à des espèces nuisibles, pour aussitôt affirmer sa soif de s’en débarrasser. « On pourrait prendre nos guns comme les Américains, pis on tire des écureuils. […] En fait, moi, j’aurais aimé pouvoir chasser les séparatistes, mais ça a l’air que c’est pas possible ! »

De telles saillies dans un discours peuvent difficilement être considérées comme anodines. Choisir cette image très caricaturale du cow-boy armé comme horizon politique à un combat d’idées en dit long. Surtout quand il est question des Premières Nations, lesquelles ont sans cesse été opposées au cow-boy qui se fait justice avec son revolver Colt ou Winchester, sa carabine Savage ou Henry, des marques d’armes qui continuent d’ailleurs, encore aujourd’hui, de faire mousser leurs ventes en misant sur une image de conquérants triomphants, sans jamais parler de l’histoire sanglante de pareils instruments de boucherie.

L’appel au justicier improvisé de la conquête de l’Ouest dit bien quelque chose de notre monde. Dans les quotidiens de l’empire déchu de Groupe Capitales Médias, le caricaturiste Jean Isabelle présentait, la semaine dernière, Justin Trudeau en cow-boy, une sorte de Lucky Luke, chemise jaune et jean bleu, arborant une étoile de shérif et portant le ceinturon aux hanches. Le Trudeau de cette caricature se tient prêt à dégainer, mais se trouve en fait privé d’armes, ce que souligne son regard hagard.

L’éloge du cow-boy armé nous renvoie à une vision du monde où les décisions ne se fondent pas sur une analyse morale des positions en présence, mais tout bonnement sur l’exercice d’une force brute qu’on se croit en droit d’affirmer, comme si celle-ci découlait de l’expression d’une loi naturelle descendue droit du ciel.

Depuis deux semaines, on lit et relit qu’il n’est pas possible de négocier avec les Autochtones. Autrement dit, on soutient qu’une attitude de cow-boy est la bienvenue. On entend aussi dire que les chefs de la nation wet’suwet’en, parce qu’ils le sont au nom de l’hérédité, ne sauraient être considérés, et ce, en dépit de leur reconnaissance, par la Cour suprême, comme responsables des décisions concernant leurs terres ancestrales. Quel intéressant révélateur de nous-mêmes, encore une fois, que tout cela.

Le système politique canadien n’est-il pas fondé, lui aussi, sur un principe d’hérédité, celui de la monarchie britannique qui, par un mystère de la foi politique, s’est mué en monarchie canadienne en la personne d’Élisabeth II ? Au nom de cette monarchie, ne dit-on pas volontiers que « la reine ne négocie pas avec ses sujets », ce qui fonde d’ailleurs dans une bonne mesure le système auquel nous exigeons une soumission sans réserve ?

Reste à savoir si c’est l’hérédité érigée en principe de gouvernement qui fait sourciller ou plutôt le fait que ces Autochtones affirment, à leur manière, un système qui prend racine dans un monde précolonial, celui-là même que les pères de la Confédération ont voulu étouffer, le jugeant sans fondement dans leur civilisation du chemin de fer. Comment y voir plus clair maintenant ?


 

Il arrive parfois que des bourrasques de vent d’hiver dressent devant nous un immense mur blanc. C’est ce qui est arrivé à Montréal, la semaine dernière, avec le résultat qu’en un instant, malgré un temps clément, plus de deux cents automobilistes se sont retrouvés les fers en l’air.

La solution devant pareil aveuglement consiste souvent à planter des arbres pour briser les corridors de vent, comme l’a expliqué l’avocat René Duval, un coroner à la retraite qui avait enquêté sur une catastrophe du genre survenue sur l’autoroute 40.

Dans un dessein électoral, sur une de ses lancées écologistes de façade, Justin Trudeau avait promis, au cours de la dernière campagne, de planter rien de moins de deux milliards d’arbres au Canada au cours de la prochaine décennie. Le long de nos affreuses autoroutes, il y a de la place en tout cas pour en planter partout. Et au milieu des discours publics, peut-être pourrions-nous en planter aussi quelques-uns pour cesser d’être aveuglés par ce mur bien blanc qui s’élève sans cesse pour nous empêcher de voir plus loin que le bout de notre nez lorsqu’il est question des Autochtones.

56 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 24 février 2020 01 h 19

    La violence est l'arme des faibles.

    Excellente chronique, monsieur Nadeau. Cela fait plaisir de vous lire chaque semaine. Effectivement, monsieur Luc Lavoie est un lâche, sans conscience et sans sagesse. La force d'une personne provient de sa sagesse, pas de son fusil.
    Comme disait souvent René Lévesque, un état démocrate se distingue par la façon dont il traite ses plus pauvres et ses plus démunis. Monsieur Lavoie a besoin d'un brin d'humilité.

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 24 février 2020 07 h 53

      M. Nadeau aurait dû préciser dans sa chronique que le lieutenant-colonel, M. Luc Lavoie, fut honoré par le gouverneur général du Canada, M. David Johnson pour son rôle au sein de l'armée canadienne en 2016.
      Un "brin d'humilité" n'est certes pas suffisant, cela n'explique en rien l'imbécilité à répétition...

    • Michel Héroux - Abonné 24 février 2020 08 h 22

      Vous avez pleinement raison au plan des principes. Hélas, combien de fois n'a-t-on pas vu dans l'histoire la loi du 'plus fort' l'emporter sur la loi tout court ? Ce n'est pas une raison pour capituler et baisser les bras, mais ça en dit long sur les côtes à remonter justement pour faire triompher la loi.

    • Serge Grenier - Inscrit 24 février 2020 10 h 50

      Jeanne Mance Rodrigue
      Raison de plus pour se méfier de Monsieur Lavoie : quelle confiance accorder au gouverneur général de la colonie du Canada?

    • Nadia Alexan - Abonnée 24 février 2020 15 h 23

      À monsieur Michel Héroux: Malheureusement, au Canada c'est la loi du plus fort qui règne. Les autochtones ont perdu leur terre, leurs ressources et tous leurs droits. Ils n'ont même pas de l'eau potable et maintenant les prédateurs pétroliers veulent contaminer ce qui leur reste de leur terre ancestrale avec des pipelines. Ce n'est pas un combat d'égale à égale. C’est plutôt le combat de Goliath, le gouvernement fédéral, contre David, les autochtones.

  • Serge Pelletier - Abonné 24 février 2020 03 h 37

    Encore tout de travers...

    Encore tout de travers M. le chroniqueur. Que l'individu Lavoie dise des niaiseries (et je suis parfaitement d'accord avec vous sur ce point) c'est une chose. Mais se servire de pareilles niaiseries pour justifier les actions de militants de tous acabits, c'est poussé un fort le café.

    Ce que cette crisette, amplement amplifiée par les médias, ne se porte pas sur la "track" qui de par sa construction date d'un autre siècle... C'est plutôt coment il se fait qu'il n'y pas plusieurs lignes de "tracks" est/ouest, nord/sud, etc. Et comment se fait-il que cette ligne (il y en a deux sur certaines parties du trajet - une au CP, l'autre au CN - passent encore directement sur des terres dites de réserves indiennes.

    Avec l'équipement moderne actuelle, la construction d'une voie de "tracks" effectuant le contournement de ce bout qui est bloqué, car sur réserve indienne, n'aurait pas excédé le temps de bloquage actuel... Mieux, le Justintin d'Ottawa a déposé sur la table des milliards de $$$ pour l'amélioration des infrastructures... Une "track", c'est une infractructure.

    Quant aux "manifestants bloqueurs" comme tel, ils ne sagit pas des plus "pauvres" de la société de wet’suwet’en, comme me le faisait remarquer une "indienne pure sang", mais de gens très bien mantis "en mal de se faire voir"... pour augmenter leurs chances de succès aux prochaines élections du Conseil de bande (CdB).

    Il serait intéressant POUR TOUS de connaître les montants monétaires que le GV-F verse annuellement à cette "nation" (et cela depuis le début de la réserve), de connaître les salaires et avantages que se donne le CdB, les emplois du CdB à qui sont-ils donnés - avec salaires et avantages, de connaître l'évaluation et comparison des maisons et autres édifices du "village" avec l'équivalent de villages "blancs" de la région, etc. Tout comme il serait très intéressant de connaître de "c'est qui à payer le voyages, et sur le budget de qui ou de quoi", de ces chefs hériditaires de wet’suwet’e

    • Marc Pelletier - Abonné 24 février 2020 13 h 09

      Merci de ce commentaire M. Serge Pelletier,

      Vous apportez quelques nuances importantes au discours jounalistique ambiant .

      Qui s'interroge en fait , sur l'utilisation des milliards que nos gouvernement soupoudrent, sans aucun contrôle, sur les premières nations ?

      Qui peut affirmer que la corruption n'existe pas au sein de ces premières nations ?

      Que l'on ait des réparations à faire en regard du passé, j'en conviens, mais, en dehors des barrages, y-a-t-il des actions, des réalisations qui nous permettraient de croire qu'ils commencent à se prendre en main ?

      Que ceux qui défendent leurs causes " usque ad cotonnem " nous démontrent ce qu'ils apportent ou veulent apporter à la société.

      Jusqu'ici, c'est loin d'être éloquent.

  • Claude Gélinas - Abonné 24 février 2020 04 h 10

    Luc Lavoie, un grossier personnage !

    Il faut écouter ce commentateur se prononcer sur tout avec ce ton hautain comme s'il était la sagesse incarnée. Son dernier commentaire n'aurait-il pas été une raison suffisante pour le retirer des ondes le temps de réfléchir et de se tourner la langue avant de prononcer de tels propos incitiant à la violence.

    Monsieur Lortie est le type de personne que le Président Trump souhaite recruter dans son équipe: des forts en gueule, sans trop de jugement, adeptes de la violence verbale.

    Vouloir recourir à l'usage des armes pour éliminer des adversaires relève-t-elle du code criminel ? À tout le moins n'est-ce pas là, dans une société démocratique, un abus de la liberté d'expression.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 24 février 2020 09 h 15

      Au Canada, l'incitation au meurtre est une offense criminelle. L'impunité dont jouit M. Lavoie en dit long sur la justice dans ce pays.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 24 février 2020 10 h 08

      Evidemment vous voulez parler de Luc Lavoie que je n'ose pas qualifier ici qu'on peut rapprocher de Trump comme chien de poche jappeur

      de ce président états-uniens stupide et fort en gueule .Tous nos médias d'ici devrait boycoter ce commenteur sans lui enlever le droit de

      parole dans le désert meme si l'on sait qu'il y aura toujours des médias pour reproduire des aneries..

      Bien faire et laisser braire.

    • Marc Pelletier - Abonné 24 février 2020 14 h 27

      Douze amoureux (ses) de votre titre et de votre texte M. Gélinas : je salue votre succès mais mes valeurs m'empêchent de me joindre à votre fan-club.

    • Marc Pelletier - Abonné 24 février 2020 14 h 27

      Douze amoureux (ses) de votre titre et de votre texte M. Gélinas : je salue votre succès mais mes valeurs m'empêchent de me joindre à votre fan-club.

  • Serge Lamarche - Abonné 24 février 2020 04 h 13

    Mur blanc ou anglais ou commun

    M. Lavoie suit la morale du plus fort, du gagnant de la guerre. Bref, de l'anglais.
    Cette façon de voir date de longtemps. Elle date peut-être même de l'avènement de l'Homo Erectus. Et elle se retrouve partout en société(s). Les autochtones n'en sont pas dépourvus non plus. Les Iroquois contre les Hurons, par exemple... Et mille autres exemples.

    • Marc Pelletier - Abonné 24 février 2020 13 h 11

      Faites-moi pleurer !

  • Raynald Harvey - Abonné 24 février 2020 06 h 25

    Réducteur et intellectuellement malhonnête

    Encore les pauvres autochtones contre le méchant système colonialiste canadien, ça c'est vraiment une lecture réductrice de la situation actuelle. Parlant de système politique fondé sur l'hérédité, n'est-ce pas des «chefs héréditaires de la nation wet’suwet’en qui s’opposent au projet de l’entreprise Coastal GasLink bien que plusieurs conseils de bandes autochtones l’aient appuyé, dont le conseil de bande élu des Wet’suwet’en» ? (LE DEVOIR, 24 février) En ce qui concerne M. Lavoie, si vous avez écouté sa discussion avec Bernard Drainville, il est vraiment malhonnête intellectuellement de les interpréeter comme un appel à «tirer les autochtones entre les deux yeux».

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 24 février 2020 09 h 52

      Votre commentaire est d'autant plus juste que la veille, Lavoie y allait d'une mise en garde dans la manière de discuter du sujet sur une ligne ouverte, il était très respectueux. La conversation traitait uniquement du manque de moyen de la police du CN chargée de faire respecter la loi sur leur ligne. Drainville rappelle que cette police est mal équipée, Lavoie dit, tututut, même un 45 entre les yeux, ça te sonne. Il n'est pas question de «balle».

      Est-il légitime oui ou non, même sans injonction, d'utiliser la force pour dégager la voie et procéder à des arrestations. Oui ou non.
      Les Peacekeepers pourraient agir à l'extérieur de la voie, et le CN dans l'emprise.

      On a un sérieux problème si la règle de droit est appliquée d'une manière aléatoire. Ça fera plus de tort aux Autochtones.

      On peut être en désaccord sur le fond d'une affaire, mais quand la police nous « déloge », et qu'elle commence par nous dire «bouge» qu'elle nous pousse fermement d'abord et qu'enfin on résiste en préférant que ça se termine par un affrontement, la police peut utiliser la force.

      Enfin, si on est dans une logique de «désobéissance civile», la conséquence pour Gandhi ou Thoreau, c'est l'incarcération.

      Bref, l'interprétation tordue de l'affaire nous montre comment le reste de l'info doit être traitée au fond. Nadeau est le premier à s'indigner du manque de recul, de profondeur, de hauteur intellectuelle.

      La publication du Devoir, depuis vendredi, à propos de Lavoie est ridicule. D'ailleurs, par manque de moyens, Le Devoir, au lieu de faire des enquêtes, de l'investigation, des analyses, nous propose de l'actualité légère avec du «un tel a dit, un tel a répondu».

      C'est puéril.

    • Serge Pelletier - Abonné 24 février 2020 10 h 01

      Et que dire, M. Harvey, des chefs dits héréditaires, ils sont nommés comment eux, et depuis quand... Les "nouvelles" font mention que plusieurs de ceux-ci (les actuels en fait) sont tout à fait nouveaux dans cette job là, et qu'ils ont tassé par la menace et autres moyens discutables ceux qui étaient là et qui qui étaient favorables au projet... Ces "nouvelles" là, c'est de la CBC région du Pacifique - exclusivement en anglais, il va s'en dire.

      Des "boss" héréditaires... Cela fait penser à la monarchie britannique (entre autres)... Le colonialisme britannique fait fureur pour/lors l'adoption de certaines coutumes des "méchants colonisateurs blancs"...

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 24 février 2020 10 h 18

      M.Harvey,vous etes "fan" du chasseur d'écureuil,c'est votre droit mais je n'en suis pas .....

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 24 février 2020 13 h 26

      M. Harvey,

      Pour qu’un gazoduc passe dans votre salon, il faut votre consentement. Et s’il passe aussi chez votre voisin, il faut le sien.

      Une pétrolière ne peut pas simplement obtenir la permission du Conseil municipal de votre ville, n’est-ce pas ?

      Alors pourquoi suffit-il d’obtenir le consentement des chefs élus pour qu’un gazoduc passe chez les Wet’suwet’en ?

    • Marc Pelletier - Abonné 24 février 2020 14 h 37

      M. Harvey,

      Il est bien connu que, même dans le Devoir, plusieurs personnes ne retiennent que ce qui peut servir leur cause !

      Qui osera encore affirmer que " On est quelque chose comme un grand peuple " ?

      La société québécoise a progressé, depuis 1960, sur certains aspects, mais elle se dégrade sur beaucoup d'autres.

    • Luc Bertrand - Abonné 25 février 2020 00 h 02

      Monsieur Pelletier, nous n'en serions pas là si les Québécois avaient voté OUI en 1980 et même en 1995. Non seulement la gang de sales du Camp du NON et leurs larbins du milieu des affaires nous ont privés de la détention de la plénitude des pouvoirs d'un pays souverain, ils ont profité du passage de leurs valets Jean Charest et Philippe Couillard pour placer leurs pions partout dans la fonction publique et les sociétés d'État québécoises pour les détourner de leur mission, les saboter de l'intérieur pour susciter la volonté populaire de tout privatiser et nous noyer d'immigrants tout en coupant dans les ressources d'intégration et de francisation.

      De tels abus du pouvoir pour servir des intérêts personnels ou privés très restreints, en instrumentalisant les allophones comme minorité de blocage pour assurer la réélection perpétuelle du PLQ confirment la véracité des propos de Jacques Parizeau, sur "l'argent et des votes ethniques" et minent la confiance des Québécois envers ceux qui les dirigent et ceux qu'ils font entrer pour nous noyer.

      Oui, nous aurions pu être un grand peuple. Mais 40% des francophones, en 1995, ont choisi de nier le droit de s'émanciper à leurs semblables par pure soumission coloniale à un régime illégitime qui a usurpé même notre nom (Canada), notre hymne national (le O Canada) et nos symboles nationaux (feuille d'érable, castor, etc.) pour les retourner contre nous.

      Et non, ces collabos n'ont pas fini leur sale travail de destruction. La revue L'Action nationale de février nous apprend que nous finançons l'anglicisation de nos propres cégeps... francophones! Parce que les allophones - et même des francophones - ont remplacé les anglophones, dans les cégeps et universités anglophones, mais ces institutions profitent de la situation pour garder la crème des étudiants et le financement du Québec, bien au-delà de la proportion réelle des anglophones.

      Nous n'avons pas fini de voir notre condition se dégrader.

      Luc Bertrand

    • Loyola Leroux - Abonné 25 février 2020 17 h 52

      Les chefs héréditaires qui protegent le mode de vie traditionnel, et s'oppose au pétrole, comment se sont-ils rendus en Ontario ?