Sur le palmarès des cégeps

Le Journal de Montréal a publié cette semaine un palmarès des cégeps publics de la province. Il a beaucoup fait jaser et réagir.

Au moment où le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur veut hausser le taux de diplomation dans les cégeps, je tiens à faire quelques (trop rapides) remarques sur ce travail, sur ce qu’il signifie, sur la manière dont je pense qu’il convient de le lire et sur ce qui pourrait l’améliorer. Car il doit l’être sérieusement si on entend répéter l’exercice.

Je tiens cependant à dire deux choses auparavant.

Avant-dire

La première chose, c’est que des évaluations (et un palmarès est une manière d’utiliser une évaluation…) de nos établissements et de nos pratiques d’enseignement, qu’on souhaite aussi méthodologiquement irréprochables que possible, sont importantes et même nécessaires.

Je donnerai pour cela deux grandes raisons. L’une est conceptuelle. Enseigner, c’est vouloir faire apprendre et on doit, pour pouvoir le cas échéant faire les changements qui s’imposent, savoir si, et si oui dans quelle mesure, les personnes qui enseignent et les établissements d’enseignement atteignent cet objectif.

L’autre raison est plus pragmatique : l’enseignement, nos établissements et les personnes qui s’en chargent, tout cela coûte cher à la collectivité et à chacun de nous, et il faut savoir si tout cet argent est bien dépensé. On peut et on doit se méfier d’une logique marchande et concurrentielle entre établissements, mais cette méfiance ne doit pas interdire de chercher à savoir comment les fonds publics seront au mieux dépensés.

La deuxième chose que je veux dire est mon attachement aux cégeps. Je les tiens pour une grande réussite de notre système d’éducation, pour une institution originale où on donne sous un même toit enseignement professionnel et préuniversitaire, qui offre à tous une formation générale comprenant littérature et philosophie et qui a, comme noble fonction, depuis sa création, de préparer aux études supérieures dans un souci d’égalité des chances et de démocratisation. On ne doit pas oublier tout cela quand on parle des cégeps.

Cela dit, venons-en au palmarès.

Le palmarès compare et classe les cégeps selon le taux d’obtention du diplôme d’études collégiales (TDEC) deux ans après la durée normale des études, et ce, dans 13 programmes. Il se veut entre autres un outil qui aidera parents et élèves du secondaire à choisir programme et cégep.

Ce qu’on occulte

Ce taux est certes un indice de la valeur de ce qui se fait dans un cégep. Toutefois, il n’acquiert tout son sens que si on prend aussi en compte bien d’autres facteurs qui contribuent à ce résultat.

Parmi eux, le palmarès rappelle, avec raison, le nombre croissant d’étudiants en difficulté, avec handicaps ou ayant des besoins particuliers (EDIF), et leur proportion dans différents établissements. Il rappelle aussi la moyenne générale au secondaire de l’ensemble des élèves admis dans tel ou tel cégep (MGS).

Il faut donc prendre tout cela soigneusement en compte pour correctement apprécier les tableaux proposés. Mais je ne suis pas certain que ce soit beaucoup pratiqué, faute d’être encouragé.

Ce faisant, on constaterait alors, pour ne donner qu’un exemple parmi d’innombrables autres, qu’un cégep dont la MGS est au 32e rang se trouve néanmoins en 6e position pour le taux de diplomation en sciences de la nature et en 1re position en arts, lettres et communication, tout cela malgré un taux d’EDIF de 15,5 %, le septième en importance.

De nombreuses trouvailles semblables, heureuses ou malheureuses, sont à faire.

Cela dit, plusieurs autres conditions antécédentes jouent aussi un rôle, qu’on peut raisonnablement penser important, dans le taux de réussite d’un cégep : en s’en tenant à ce taux et en occultant tous ou partie de ces autres facteurs, on donne une représentation partiellement biaisée de ce qu’on mesure et classe dans le palmarès proposé.

Parmi ces facteurs déterminants, je nommerais le milieu social et économique des élèves ; le fait que leurs parents aient ou non fait des études postsecondaires ; la valorisation des études dans leur milieu familial ou social ; la motivation à poursuivre les études envisagées ; ce qui les attire dans tel ou tel cégep. Entre autres facteurs.

À ce propos, il n’est pas anodin que des élèves forts parmi lesquels un cégep anglophone a le luxe de pouvoir choisir ses futurs étudiants sont des non-anglophones attirés là par la langue dans laquelle se donne l’enseignement. De quoi rester dubitatif devant un gros titre qui assure que « les Anglos sont meilleurs ».

De même, on reste dubitatif en lisant que le cégep de Rosemont, en raison de son plus faible taux de diplomation, est « un cancre ». Compte tenu des conditions antécédentes des élèves acceptés, avec la MGS la plus faible du réseau, il se pourrait que le cancre ait autant de mérite, sinon plus, que des premiers de classe.

Ce qui précède donne des pistes pour améliorer ce genre de travail, si on le répète, et la lecture que le public en fera.

En voici une autre.

On devrait donner, aux fins de comparaison, pour chacun des programmes évalués, la MGS du réseau et celle de chacun des cégeps pour ce programme. Cette information nous donnerait une modeste mais bienvenue indication sur l’influence du cégep sur le taux de réussite.

Il va de soi que cette nouvelle mesure ne change rien ni au fait qu’il faut inciter à la plus grande prudence dans la lecture des résultats obtenus ni au fait que nombre de facteurs cruciaux, comme ceux que j’ai nommés plus haut, ne devraient pas être occultés.

Si on refait l’exercice (un gros si), tous les moyens de les faire apparaître seront les bienvenus…

30 commentaires
  • Michel Laforge - Abonné 22 février 2020 07 h 02

    Discrimination

    Toute évaluation est discriminatoire. Elle ne vise pas la réussite de l'élève, du cégep ou de l'école secondaire. Le premier examen qui a été prescrit, l'a été parce que les universités se plaignaient de la faiblesse de leurs élèves et du fort taux d'abandon. Un examen préalable était alors administré par l'université.

    Présentement, les évaluations sont administrées par le palier inférieur : par exemple, les examens du ministère du secondaire servent à l'admission d'élèves aux cégeps. De plus, il a été démontré (1974) que pour un même examen d’écriture en français corrigé par des enseignant.es aléatoirement choisi.es la note pouvait varier de 100% à 0%. C’est la raison, pour laquelle les examens d’écriture en français sont corrigés par des correcteurs indépendants et supervisés par le ministère.

    Voyez, évaluer n’est pas chose facile. Évaluer les cégeps, les comparer pour en faire la discrimination l’est encore moins. J’inclurais dans cette évaluation non seulement les résultats académiques qui certes révèlent des choses mais rien de ce qui advient de ces élèves dans la poursuite de leur cheminement académique. Ont-ils poursuivi leurs études par la suite? Jusqu’où se sont-ils rendus? Un cégep peut avoir un taux de diplomation de 90% en science, par exemple, mais aucun de ses élèves n’est capable de finir médecine.

    • Loyola Leroux - Abonné 23 février 2020 15 h 33

      Monsieur Laforge, quand vous achetez un vin, une automobile, choississez un flim, une destination vacance dans le sud pendant votre semaine de congé annuelle, un bon fonds de placement pour votre retraite, etc., vous n'évaluez pas ? Tout est donc relatif. Il n'y a aucune différence entre les écoliers ?

  • Marc Dufour - Abonné 22 février 2020 07 h 43

    Pourquoi présenter les résultats sous forme de palmarès ?

    Si les résultats étaient présentés sous forme de graphique plutôt qu'à l'aide d'un classement de 1 à 52, tout le grossier sensationnalisme de l'histoire disparaitrait.

    Par exemple, iI n'y a que 12 % d'écart entre la position 1 et 46 en Sciences de la Nature. On passe donc de 92% de réussite à 80%. Une différence qui s'explique assez bien lorsque l'on prend en compte les indicateurs mentionnés dans le texte de M. Baillargeon. Mais encore, que veut-on comme société ? 100% de réussite ? Pourquoi ? Ou plutôt comment ?

    Lorsqu'on réalise cela, on comprend les motivations du Journal de Montréal d'en faire un palmarès. Il n'y a pas d'histoire sans palmarès. Dans cette ère de marchandisation de l'éducation, tentons de rester vigilants devant ce genre d'écrans de fumée.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 22 février 2020 11 h 06

      On sait que les élèves de secondaire 5 doivent s'inscrire au collégial avant le 1er mars. J'ai vu une mère affolée, en fin semaine dernière, consultant les données de ce palmarés, concernant le cégep public régional, en sciences de la nature.

      Lettre ouverte des conseillers(ères) d'orientation:

      « À l'aube du 1er mars, nous suggérons fortement aux gens en processus de prise de décision de procéder à un questionnement de fond qui va bien au-delà de la consultation d'un palmarès d'institutions collégiales. Se fier uniquement sur une réputation d'institution pour orienter un choix d'études est beaucoup trop limitatif pour assurer une prise de décision éclairée. Les formules « prêtes à penser » déresponsabilisent la personne, puisqu'elles remettent entre les mains d'autorités extérieures des ancrages de motivation qui doivent se forger à l'intérieur de soi. »
      https://www.lescegeps.com/nouvelles/2020-02-21_association_des_conseilleres_et_conseillers_dorientation_du_collegial__lettre_ouverte_en_reaction_au_palmares_des_cegeps

  • Alain Roy - Abonné 22 février 2020 08 h 10

    Désolé M. Baillargeon, personne ne va lire vos suggestions au Journal de Montréal. Le but du palmarès n'était pas d"informer les lecteurs du quotidien, mais bien d'en mousser la vente, avec des titres accrocheurs et des conclusions qui exploitent le complexe d'infériorité et le sentiment d'aliénation de ses lecteurs.

    • Flavie Achard - Abonné 22 février 2020 12 h 27

      J'ajouterais à votre commentaire pertinent que les palmarès des écoles, cégeps et universités sont des outils toxiques de concurrence. Ils ne servent qu'à mousser la position clients des parents et étudiants. Rien à voir avec un système d'éducation démocratique.

  • Cyril Dionne - Abonné 22 février 2020 08 h 38

    Pour revenir au palmarès des cégeps, il faudrait aussi mentionner que les écoles québécoises sont les meilleures des écoles françaises dans le monde selon PISA

    J’aime bien ce concept d’écoles secondaires spécialisées que sont les cégeps. Mais tous les secondaires au Canada offrent des cours de préparatoires aux études postsecondaires. Il faut le dire, les cégeps québécois sont considérés comme des écoles secondaires partout ailleurs dans le merveilleux monde du ROC.

    Ceci dit, il faut prendre le rendement de ceux-ci avec un grain de sel. Il est normal qu’un cégep soit meilleur qu’un autre si les cours offerts attirent une clientèle plus musclée intellectuellement. Ce phénomène d’agglutination des meilleurs avec les meilleurs est partout dans le monde de l’éducation.

    Mais j’aimerais revenir sur la chronique de « Russell et les mathématiques » et la place de celles-ci dans le curriculum. Cette intégration des matières est primordiale dans une bonne éducation. Eh bien, personne ne connaît le principe de « STEAM »? Il est apparut aux USA il n’y a pas si longtemps et cette approche est la symbiose d’intégration des matières à l’ère de la 4e révolution industrielle de l’automation, de la robotique intelligente et de l’intelligence artificielle. L’acronyme STEAM représente la science (S), la technologie (T), le génie (E pour engineering), les Arts (A) et enfin les mathématiques (M). Bien oui, on combine les arts avec toutes les matières. Et lorsqu’on parle des arts, on parle des langues, de l’histoire, des sciences sociales et de la philosophie et tout le reste.

    L’apprentissage à l’école est fait de concepts et de résolution de problèmes. Il y a autant de résolution de problèmes dans l’écriture d’un conte qu’il y en a en mathématiques. Pour bien le faire, il faut puiser dans une boîte d’outils (les concepts) pour arriver à des solutions élégantes pour résoudre les problèmes. Idem pour pouvoir filtrer le bon grain de l’ivraie sur le Net; il faut avoir les filtres nécessaires (les bases et les concepts).

    Et nos écoles trônent dans les 10 premiers rangs en mathématiques, en littératie et en sciences au niveau mondial.

    • Loyola Leroux - Abonné 23 février 2020 15 h 36

      Le Test PISA vérifie les connaissances MINIMALES, non les connaissances maximales. C'est un peu comme au saut en heuteur, vous placez la bsrre au sol de maniere a ce que le jeune en chaise roulante puisse sauter et le franchir. Apres vous dites que le taux de succes est de 100%.

  • Jean-François Trottier - Abonné 22 février 2020 09 h 18

    Au départ...

    Les Cégeps ont été créés pour qu'au milieu de leur développement les étudiants de toute provenance et orientation se rencontrent en un lieu physique.

    Il s'agissait de briser les préjugés "de classe" sur le plancher des cafétérias, de cours complémentaires ou de philo. Le souci tant de non-élitisme que de non-misérabilisme était présent dès les premières discussions.
    Je le sais, j'y ai assisté.

    Ces idées ont émergé à la demande de Gérin-Lajoie des années avant qu'il ne soit élu. La préoccupation de recréer toute la dynamique de notre société y était, contre les élites, contre les curés, contre les "idées supérieures z'et maîtresses", et pour la réflexion approfondie par l'expérience.
    On parlait de donner à des humains la connaissance des gens et de la réalité.

    Pendant longtemps le Québec a été une des sociétés les plus souples au monde, comparativement aux USA maintenant totalement sclérosés, où seuls les riches peuvent étudier.
    La circulation depuis les plus pauvres jusqu'aux plus riches, créatrice d'une classe et d'une richesse moyenne forte, est morte chez nos voisins. Quelques gagnants de loterie servent d'exemples d'une mobilité sociale fausse.

    C'est justement ce que la compétition est en train de créer ici.
    La naissance joue certainement, mais aussi la "pureté" des idées, le "sérieux" des études, en fin de compte, la capacité à être un bon petit robot dans une société efficace.
    Les bons petits robots, je connais. Ce sont souvent les plus manipulateurs, qui savent "avoir l'air". Je les aime bien... sauf quand il dirigent.

    Je doute que ce soit le modèle que nous voulons développer pour l'avenir.
    Serait grand temps qu'on arrête de se comparer (surtout aux USA!!!) et qu'on cherche ce que nous souhaitons pour notre avenir, pas celui des autres.

    En clair, foutons-nous un peu des notes et laissons la jeunesse faire le party, calvaire! Nous avons besoin qu'ils se connaissent les uns les autres.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 22 février 2020 14 h 14

      Suis arrivé en éducation, au secondaire public, en septembre 1960.J’ai, donc, vécu fébrilement cette *révolution en éducation *.

      Paul Gérin-Lajoie a occupé le poste de ministre du « Bien être social et de la Jeunesse, de 60 à 64. A compter du 13 mai 1964, il deviendra le premier ministre de l’Éducation.. Les cégeps ont été imaginés par la célèbre Commission Parent, créée en 1961 : démocratisation du système d’éducation.

      Les premiers volumes du rapport de la commission Parent sont publiés en 1963. Recommandations : 1-École obligatoire gratuite jusqu’à 15 ans et jusqu'à la 11e année 2-Abolition des collèges classiques 3-Création des polyvalentes et des cégeps pour les études préuniversitaires 4-Création du réseau de l’Université du Québec dans l’ensemble du Québec 5-Établissement d’un régime de prêts et bourses pour les étudiants aux niveaux collégial et universitaire 6-Création d’un ministère de l’Éducation.

      Ouverture des premiers cégeps publics en 1967.

      P.S. « Les polyvalentes », au départ, étaient des écoles secondaires dans lesquelles il y avait de l’enseignement général et professionnel. Avec le temps, la plupart deviendront des simples écoles secondaires d’enseignement général. En effet, plus tard, l’enseignement professionnel sera centralisé, dans une minorité d’entre elles. Mais, dans l’esprit des gens, l’expression « polyvalente » est demeurée dans le sens de *école secondaire publique avec de nombreux élèves*.

    • Jean-François Trottier - Abonné 23 février 2020 01 h 03

      :La Commission Parent n'a rien "imaginé". Elle a compilé des suggestions sous forme de mémoires.

      J'ai entendu parler pour la première fois d'écoles de polyvalence et de collèges en... 1958.

      Un groupe formé par PGL vers 1956, dont mon père faisait partie à titre d'enseignant en sciences.
      Y étaient entre autre des profs du Collège St-Laurent, où PGL avait étudié. De ses amis comme Lavallée et O'Neil.
      Comme mon père avaient une jeune famille, le groupe se réunissait souvent le dimanche, dans son salon.

      Selon les mémoires qui en sont issus, la Commission Parent a décidé de suivre plusieurs des suggestions de ce groupe.
      Ce n'est pas un hasard. Mon père et ses amis ont littéralement inondé la Commission Parent de mémoires et les commissaires savaient que ces mémoires avaient déjà un certain appui de Gérin-Lajoie, déjà pressenti dans tous les milieux pour devenir le ministre de l'éducation. En fait tout le monde savait. C'était "son" bébé.

      Serait temps d'arrêter de croire que la révolution tranquille a commencé comme par magie en 1960. Les réformes se sont préparées très longtemps avant.

      Le "professionnel" dont vous parlez au sujet des polyvalentes menait à des métiers. Pas à des professions.
      Il y a une grande différence.

      Les Cegeps ont commencé quand les premiers étudiants de la réforme sont sortis du secondaire. Suite logique.

      Enfin, côté gratuité, sans le suggérer nommément il était courant d'entendre qu'on la souhaitait entière et totale, tout en sachant qu'on ne pouvait se rendre aussi loin tout de suite.

    • Jean-François Trottier - Abonné 23 février 2020 11 h 45

      C'est simple, vous parlez de l'histoire officielle que tout le monde crois connaître, je parle des coulisses et des pionniers qui y ont mené.

    • Loyola Leroux - Abonné 23 février 2020 15 h 36

      Les grands gagnants de la création des cégeps, ce sont les formations techniques. Les grands perdaint, la formation générale.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 23 février 2020 16 h 25

      @ M. Trottier

      Merci pour ces informations très intéressantes.A partir de 1965, les commissions scolaires *régionales* ont usé d'Imagination pour trouver des locaux, afin d' organiser une espèce de 12e année, appelée CPES, soit "Cours préparatoire aux études supérieures". J'y travaillerai de 1965-1970. Les boomers emplissaient les écoles secondaires qui débordaien.t Les cégeps s'en venaient; et, dans certaines facultés universitaires, on avait commencé à accepter des finissants du secondaire; Ça bougeait de partout.!

      Avec les *polyvalentes*, il y avait un cours "PROFESSIONNEL long"(sic), d'une durée de 2 ans, après un secondaire 3; lequel préparait à travailler dans des métiers(mécanique,auto, soudure, électricité, mesuiserie.....etc). Il y avait, aussi, un "PROFESSIONNEL court*, pour les élèves ayant des retards et éprouvant des difficutltés au plan académique. Aujourd'hui, ces 2 cours-là n'existent plus.On peut imaginer les défis, alors, pour trouver, rapidement, des profs dans ces 2 programmes d'enseignement PROFESSIONNEL.Aujourd'hui, l'enseignement PROFESSIONNEL, au secondaire, a pris une autre forme.

      Bien sûr, à la fin des années 50, ça commençait à bouger au Québec. Mais le boum eut lieu avec l'Élection des libéraux en juin 1960. En septembre 1960, sortait le "best seller":Les INsolences du Frère Untel".

      Merci de ces informations très intéressantes!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 23 février 2020 17 h 00

      En complément aux commentaires super intéressants de M. Trottier

      « 1965, 11 mai – Le Conseil des ministres adopte le Règlement no 1 du ministre Gérin-Lajoie donnant suite aux recommandations du rapport Parent : le cours élémentaire passe de sept à six ans et on crée un cours secondaire polyvalent pour garçons et filles. Ce Règlement résulte du succès de l’Opération 55 visant à transformer et réduire le nombre de commissions scolaires de 1 830 locales à 55 régionales catholiques et 9 protestantes (18) ». https://sportetsociete.ca/2018/08/08/le-rapport-parent-et-la-reforme-de-leducation-quand-la-reflexion-se-marie-a-laction-chronologie-commentee/

      Le nouveau cours élémentaire de 6 ans commencera en septembre 1967.De sorte que, en septembre 1973, les écoles secondaires recevront les derniers élèves du cours de 7 ans et les premiers du cours de 6 ans: ça débordait de partout.

      L'expression "professionnel(le)". Lorsqu'on parle d'un diplôme menant à l'apprentissage d'un métier au secondaire, on parle d'UN DEP: diplôme d'études professionnelles. Au niveau technique, il y a le Collège d'Enseignement général et PRODESSIONNEL.

      Amicales salutations!