Gouvernance et éducation

Les philosophes nous disent, avec raison, que le concept d’éducation est un de ces concepts à propos desquels, immanquablement, des désaccords, souvent profonds, sont présents. En d’autres termes, le concept d’éducation, comme celui de justice, pour prendre un autre exemple populaire, est par essence débattu, contesté, polémique.

Malgré tout, pour qu’il soit relativement harmonieux, le fonctionnement du très vaste et complexe monde de l’éducation exige un certain consensus sur la signification de ce concept. C’est là une condition essentielle de la gouvernance de ce monde et de la collaboration entre les personnes et les nombreuses entités qui le composent et qui y agissent.

Tout cela suppose que, autant que faire se peut, des faits pertinents soient reconnus comme tels ; qu’un consensus, le plus large possible, existe sur les finalités devant être poursuivies, sans oublier une reconnaissance et une confiance réciproques des agents qui prennent des décisions et qui agissent dans ce monde.

Rien de tout cela n’est facile, mais sans cela, le système perd de sa légitimité.

Peu de gens, je pense, contesteront que nous traversons en ce moment une grave crise de gouvernance de l’éducation. Elle se manifeste aux trois échelons évoqués plus haut.

Notre crise de gouvernance

En voici quelques symptômes.

Le plus récent est bien entendu ce bâillon par lequel on a aboli les commissions scolaires.

Que l’on soit ou non d’accord avec cette décision, en faveur de laquelle des arguments pouvaient en effet être avancés, il reste qu’elle est un coup de force politique aux conséquences imprécises. On savait, bien entendu, que ce gouvernement voulait abolir les commissions scolaires, mais on aura appris sous le bâillon par quoi elles seront remplacées. Ce que tout cela signifiera en pratique reste largement à voir. Qui sait ? Le spectre en version québécoise de ces « bons d’éducation », hier chers à l’ADQ, est peut-être à redouter.

On notera aussi que durant le débat entourant cette politique, on a trop souvent eu l’impression de prises de position partisanes et intéressées défendues par des syndicats, par des directions d’écoles ou de cégeps, par des universités et des universitaires, par des professeurs ou des membres de diverses bureaucraties, tout cela trop souvent sans grand recul et sans légitimité pour prétendre parler au nom d’un bien commun bien réel, convenu et bien défini.

Un autre récent symptôme du mal dont nous sommes frappés transparaît avec ce cégep en région donnant à Montréal des cours en anglais à une clientèle recrutée à l’étranger. Ici, nos structures et politiques semblent mal adaptées à des réalités nouvelles, comme la pénurie d’étudiants et la concurrence internationale en recrutement.

On trouvera cependant aussi d’autres traces de ce mal qui sont bien présentes depuis trop longtemps.

C’est ainsi qu’on a hier sagement voulu permettre une véritable démocratisation de l’accès à l’éducation et une substantielle égalité des chances. Notre système d’éducation est désormais profondément inégalitaire, avec ce qu’on donne couramment comme ses fameuses trois vitesses : le public, le public avec programmes spéciaux et le privé subventionné. Au-delà des positions que défendent souvent par intérêt les acteurs et institutions impliqués dans tout cela, que voulons-nous collectivement ?

Nous avons aussi, en ce moment, une dramatique pénurie d’enseignants, causée entre autres par l’abolition du certificat en enseignement secondaire, que j’avais en son temps dénoncé comme fille du corporatisme et du clientélisme des facultés d’éducation : celles-ci semblent aujourd’hui avoir bien du mal à résoudre cette crise. On se souviendra en outre qu’elles nous ont donné, il y a une vingtaine d’années, une controversée réforme de l’éducation largement contraire aux données de recherche probantes.

Un autre danger est aussi de plus en plus visible et il est sans doute lui aussi alimenté par cette carence de vision claire sur laquelle une saine gouvernance doit prendre appui : la commercialisation de l’éducation, de la recherche et du savoir. Jusqu’où veut-on, doit-on, peut-on collectivement nous engager dans ces voies ? Avec quelles garanties ?

J’arrête là cette énumération, mais non sans rappeler que tout ce que j’ai dit pourrait aussi être répété à propos de l’implantation des maternelles, de la désertion professionnelle affectant le plus beau métier du monde et de notre laïcité inachevée.

Que faire ?

Une commission Parent 2.0… ou 5G

On le sait si on me lit ne serait-ce qu’un peu : je suis persuadé que nous ne pourrons nous sortir de ces périls qu’en menant, à la lumière des connaissances les plus solidement établies, une réflexion collective et informée sur ce que, du préscolaire à l’université, nous attendons de notre système d’éducation. C’est là, je le sais bien, une vaste et difficile tâche. Elle demandera du temps, des gens dévoués et savants, et beaucoup de sagesse. Mais elle est nécessaire.

Une telle chose a été faite chez nous, il y a un demi-siècle. En référence à ce vaste travail accompli hier, j’ai proposé d’appeler l’exercice que je préconise la commission Parent 2.0. Un ami espiègle assure que ce nom n’est déjà plus assez attrayant en ces temps technophiles et que je devrais plutôt proposer une commission Parent 5G.

Peu importe.

Je soutiens que nous nous devons collectivement d’accomplir ce travail et que les périls que nous courons à ne pas le faire sont trop grands pour ne pas nous y mettre rapidement.

On s’en souviendra : c’est en grande partie le politique et la société civile qui ont voulu les changements en éducation que la commission Parent a apportés. Je pense que c’est aujourd’hui la société civile, des partis politiques d’opposition, mais aussi et surtout ces nombreux acteurs de l’éducation conscients de ce qui se passe qui devraient porter cette demande.

Les entendre me réjouirait au plus haut point.

37 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 15 février 2020 06 h 19

    Énoncer les problèmes n'évite pas de les reeproduire

    Il y a cet adage qui propose que les problèmes d'aujourdui 'hui sont les solutions d'hier.

    Après 49 ans en éducation (et ce n'est pas fini), je rédige une thèse que je soutiendrai à l'hiver 2021, qui s'intéresse aux causes des dérives répétitives qui ont jalonné notre système scolaire québécois moderne de 1960 à 2020.

    L'exercice contradictoire des pouvoirs est une porte d'entrée réflexive incontournable : les professions d'éducation sont envahies de groupes de pression qui, tous, veulent avoir raison, chacun s'exerçant à mettre la main sur les leviers les plus efficaces, en enrayant les pouvoirs adverses.

    Deux faits attirent l'attention :
    1-Éduquer est une œuvre holistique qui commande de considérer l'indivisibilité de l'humain en devenir. Or, la plupart des systèmes éducatifs sont dominés par le réductionnisme hérité du développement en entonnoir des hauts savoirs. L'Éducation est pourtant de nature et d'essence systémiques. Notre système scolaire induit la convergence qui sert à consolider et sacraliser les pouvoirs en place.

    2-La profession enseignante est de loin celle qui est la plus définie de l'extérieur, par des personnes et des regroupements qui ne l'exercent pas.

    Éduquer, ce n'est pas avoir raison.
    Éduquer, ce n'est pas prendre du pouvoir.
    Éduquer, ce n'est pas conduire à, mais conduire hors de, dans un élan de pensée divergente.
    Éduquer, c'est libérer autrui de l'emprise que l'on pourrait, pour avoir raison, exercer sur lui.

    Tous problèmes de l'Éducation ont comme cause commune l'exercice autarcique du pouvoir sur le savoir et les réformes qui se sont succédé ont toujours maintenu ce schème antinomique.
    Celle de 2020 a les mêmes travers.

  • Pierre Grandchamp - Abonné 15 février 2020 07 h 32

    Un premier ministre qui gère une nation comme un directeur général, à la vitesse grand V, sans vision.Oui, il aurait fallu une consultation importante, au préalable.

    En immigration la CAQ a procédé à grande vitesse en gaffant. « Amateurisme navant », écrira Michel David ,dans le dossier des étudiants du PEQ.En quelques heures, la CAQ a présenté un PL40 avec 300 articles et 160 amendements,dont plusieurs à la dernière minute, en pleine nuit. Cette loi ne se concentre pas qu’à l’abolition des élections scolaires, elle a beaucoup d’implications. De nombreux enseignants, un peu partout, dénoncent cette loi, menaçant même de quitter leur poste, en bloc en guise de protestation.

    Personnellement, j’aurais suggéré de maintenir le principe démocratique du « no taxation without representation », en plaçant les élections scolaires en même temps que les municipales, pour augmenter le taux de participation. Je suis en désaccord avec cette réforme, soit un copié collé de la réforme Barrette en santé. « Le bâillon de l’échec », écrira M. Dutrizac ,dans ces pages. Tout comme elle avait renié sa promesse électorale sur la laïcit,é en exemptant les écoles privées; la CAQ récidive, en reniant sa promesse d'abolir les élections scolaires, en permettant aux anglophones d’élire leurs représentants.Chez les francophones, les membres du CA seront des figurants avec devoir de réserve; le directeur(trice) général(e) sera nommé(e) par le ministre et redevable à ce dernier. La(le) DG sera la seule personne autorisée à aller sur la place publique, soit une personne non élue. Pas fort au plan démocratique!

    « Sans qu’il y ait eu un véritable débat, le gouvernement a adopté une loi qui sera lourde de conséquences pour des milliers d’enfants du Québec. La disparition des commissaires n’émeut pas parce que souvent leur rôle est méconnu » https://www.journaldemontreal.com/2020/02/10/loi-40--une-bombe-a-retardement

    Avec tout ce tapage, Québec ne s’attaque pas au vrai problème du système scolaire :« La faux débat des commissions scolaires »
    https://www.journaldemontreal.com/2019/11/17/le-faux-debat-des-commissions-scolaires

    • Jean-Marc Simard - Abonné 15 février 2020 10 h 46

      Le PM Legault est pris par le syndrome du succès par le va-vite, et de la quantité remplaçant la qualité...Pourtant il devrait savoir que la vitesse tue...La sagesse et son expérience en politique aurait dû lui suggérer de prendre son temps, et comme pour les immigrants d'en «faire moins» pour en «faire mieux»...Monsieur Legault semble mû par le désir de réaliser toutes ses promesses électorales, quitte à en bâcler plusieurs au passage...Est-ce ainsi que l'on gouverne avec intelligence ? Est-ce ainsi que l'on améliore une organisation ? Est-ce ainsi qu'on renforce une nation en péril ? J'en doute sérieusement...Un Gouvernement n'est pas une entreprise économique ni financière...

    • Pierre Grandchamp - Abonné 15 février 2020 11 h 12

      @M. Simard

      Le pire:il met la hache dans la démocratie scolaire chez les francophones, il la maintient chez les anglophones.

      Deux raisons expliquent les nombreuses promesses reniées ou bafouées: 1-foncer à la vitesse grand V 2-avoir fait des promesses comme si le Québec était un pays.La CAQ avait, très clairement, promis d'abolir les élections scolaires.Comme Legault avait promis un test de valeurs pour immigrants très exigeant, accouchant d'un ridicule teste de valeurs pour immigrants économiques, seulement; comme il avait promis des élections à la proportionnelle, en 2020. Comme il n'a pas appliqué la loi de la laïcité tel que promis: il a exempté les écoles privées.

  • Yves Corbeil - Inscrit 15 février 2020 08 h 14

    Et si tout cela découlait de 1995

    J'ai énormément de respect pour ce que cette chroniqueuse écrit et que je lis assiduement. J'aimerais vous entendre vous aussi que je lis hebdomadairement sur la question. Il me semble que c'est tellement clair le but visé derrière tous ces changements structurelles et culturelles. Je crois que cette ex-étudiante explique très bien son parcours et où cela là conduit dans sa réflexion.

    https://www.journaldequebec.com/2018/11/16/la-deseducation-tranquille

    https://www.journaldequebec.com/2020/02/14/qui-a-eu-cette-idee-folle

    Je sais, elle n'est pas du Devoir, ni de la grosse Presse ou de radio-cadena mais elle est tellement vrai et sincère dans ses propos qu'elle mérite le détour.

    M.Baillargeon,

    Vous en pensez quoi du système scolaire des libéraux et de la fermeture d'esprit de ceux qui était dans l'opposition ou au pouvoir depuis vingt-cinq ans, soit depuis 1995, oui, le 95 de Jacques Parizeau avec la victoire du ROC sur le Québec Libre encore à faire. Plus jamais qu'ils se sont dit et ils n'ont rien négligé pour s'en assurer.

    Merci!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 15 février 2020 13 h 20

      @M .Corbeil..........Je m'excuse de ma volubilité. Le projet de loi 40 me de dérange et me choque. J'ai lu, avec très grand intérêt, les 2 chroniques de la jeune dame. J'ai 2 réflexes.

      1-J'ai commencé comme enseignant au secondaire public en septembre 1960; soit au moment où le Québec était la société la moins scolarisée en Amérique du Nord et où l'université était une affaire de mâles. Éducation et économie ont fonctionné de pair: les Québécois se sont instruits et se sont enrichis. Informez-vous sur la date d'ouverture de chacune des écoles publiques, dans votre coin; presque toutes après 1960. Le réseau de l'Université du Québec ( 1968) : 10 établissements et plus de 100 000 étudiants. Les cégeps publics (1967).Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain!!!

      2-Pourquoi de moins en moins de jeunes cégepiens se dirigent vers l'enseignement? Du haut de mes 80 ans, J’opine ceci :
      A) Le caractère élitiste du système fait que c'est de plus en plus difficile d'enseigner dans une école publique. A Montréal et Québec, environ 40% des élèves sont au privé; au niveau du Québec, environ 22%. .Imaginez à Montréal avec les questions d'immigration et la défavorisation dans certains quartiers!!!.Là-dessus, à lire l'opinion de l'émérite Guy Rocher, le seul survivant de la Commission Parent. https://www.ledevoir.com/societe/556155/faut-il-crucifier-l-ecole-privee

      B) Ce que j’appelle, gauchement, « une certaine détérioration sociale ». Nous vivons dans une société, de plus en plus, hétéroclyte .Ce que la philosophe Hanna Arenth appelle « la crise de la tradition et de l’autorité ». Les parents-rois qui ont maintenant des enfants-rois. Les références de plus en plus fréquentes à la DPJ. Jusqu’en 2007, il y avait de l’enseignement religieux ou moral dans nos écoles : on ne revienda pas là-dessus; mais il y avait un cadre. Actuellement, on questionne le cours ECR. Je comprends la jeune dame : nous vivons une crise de la tradition et de l’autorité.

      Bon! On jugera de l

    • Pierre Grandchamp - Abonné 15 février 2020 18 h 04

      En conclusion à M. Corbeil.

      J'estime que la CAQ va faire la même erreur que Gaetan Barrette en *focusant* sur les structures. D'ailleurs, c'est le même pattern. Cela a fait la preuve que c'est le niveau local qui va être perdant.

      A mon humble avis, voici ce qu'il faut faire: 1-Augmenter les salaires des enseignants et améliorer les conditions de travail. Comme, au public, c'est de plus en plus diffiile. prévoir moins d'élèves par classe et augmenter le nombre de professionnels pour appuyer les profs et les élèves.2-Réinstaller un nouveau certificat en pédagogie pour avoir des nouveaux profs 3-Mieux encadrer les jeunes profs.

      Oui, c'est de plus en plus difficle au public. Pcq il y a, de plus en plus, d'élèves avec des difficultés d'adaptation et/ou d'apprentissage. De plus en plus d'élèves avec des problèmes d'anxiété. On dénote, aussi, de plus en plus de violence envers les profs: violence verbale, voire physique, parfois.

    • Nadia Alexan - Abonnée 16 février 2020 18 h 16

      J'ajoute au commentaire de monsieur Grandchamp qu'il faut aussi revoir les conditions sociales et psychologiques des familles défavorisées qui conduisent les étudiants à l'échec. Il faut arrêter de subventionner l'école privée qui nous prive de fonds nécessaires pour améliorer l'école publique. Non, à une éducation à deux vitesses. C'est par le biais de l'éducation publique que le Québec a pu sortir de la noirceur et a pu joindre le succès économique d'autres pays de l'OCDE.
      D’ailleurs, la première chose que la Finlande a faite pour améliorer le taux de succès de tous ses enfants était de se débarrasser de ses écoles privées.
      Il faut que la CAQ arrête de parler des deux côtés de la bouche en nous disant que l'éducation est sa préoccupation primordiale. Il faudrait accompagner les bonnes intentions avec les bons gestes.

  • Jason CARON-MICHAUD - Abonné 15 février 2020 08 h 21

    La science au service de l'école

    En attendant une improbable commission Parent au nom adapté à la mode d'avant hier, peut-être notre ministre gagnera-t-il à faire la lecture de La science au service de l'école publié sous la direction de DEHAENE chez Odile JACOB?

    Dans ce livre, on fait référence explicite à l'enseignement visible de HATTIE et aussi à la fondamentale question du choix des manuels. Du côté des parents, il peut être difficile d'avoir accès aux manuels scolaires de son enfant. Or comment réanimer les connaissances antérieures de son enfant, si l'accès auxdites connaissances est fermé?

    En ce qui concerne la priorisation de l'éducation sur les municipalités dans la gouvernance, le texte de fond de Jean-François NADEAU intitulé «Rupture» donne à réfléchir. D'où émane une saine culture civilisationelle, de l'école ou des municipalités?

    À celui qui a écrit qu'il fallait que la société s'adapte à l'école et non l'inverse,
    Salut!

  • Cyril Dionne - Abonné 15 février 2020 08 h 52

    On préfère une nouvelle révolution scolaire

    L’abolition des commissions scolaires étaient une bonne chose. Ce système redondant qui faisait plus de politique que de s’occuper de sa mission fondamentale, soit d’éduquer les élèves avait fait son temps. Une des commissions scolaires les plus récalcitrantes était certainement la CSDM. Cela allait tellement bien là-bas que plus de 8% des enseignants quittaient l'institution à chaque année et la moitié des autres voulaient quitter.

    Mais dans tout ce scénario, c’est la mission de l’école qu’on ne parle pas. Nous avons hérité de l’école de Dewey qui se trouve entre 4 murs et nous sommes en 2020 avec la 4e révolution industrielle qui nous frappe de plein fouet. Même si les nostalgiques retournent à une époque ou les sciences de l’humanité étaient courues au Québec, il faut le dire qu’aujourd’hui, elle n’a plus la cote.

    Si on dit que notre système d’éducation est désormais profondément inégalitaire, eh bien, il l’a toujours été dans la pratique de celui-ci. On avait peut-être des programmes communs où tous les élèves pouvaient y participer, mais combien d’entre eux réussissaient? C’est noble de parler d’une démocratisation de l’accès à l’éducation et une substantielle égalité des chances, mais réalité nous rattrape souvent.

    C’est peut-être faux de dire qu’une pénurie d’enseignants est causée entre autres par l’abolition du certificat en enseignement secondaire. Pardieu, à la lumière de toutes les exigences connues en éducation, ce n’est en faisant prendre des raccourcis à ceux qui veulent enseigner qu’on résoudra l’équation éducationnelle. La pénurie est surtout causée par les exigences obligatoires de la profession et le manque de support des anciennes commissions scolaires et du public, enfants et parents rois obligent. Le salaire a beaucoup à y voir aussi combiné avec toutes les incidences qui créent un climat où il fait bon on enseigner. Le quart des enseignants abandonnent l’éducation au bout de 5 ans et un autre 20% vont ailleurs pour enseigner.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 février 2020 07 h 58

      M. Dionne,

      Justement, on est en 2020! Alors que les Ontariens, les Neo Brunswickois continuent à élire leurs représentants pour gérer leurs écoles.

      Les anglo québécois vont continuer à élire leurs représentants pour gérer leurs écoles. Mais,on est en 2020, pis les francophones du Québec vont continuer à payer leurs taxes scolaires mais n'éliront plus de représentants pour gérer leurs écoles.Non, pour nous, il est préférable de remettre cela dans les mains du ministre et des fonctionnaires. Bon! C'est une façon de voir! Un(e) DG nommé(e) par le ministre et redevable au ministre va gérer pour nous, c'est préférable!

    • Cyril Dionne - Abonné 16 février 2020 09 h 35

      M. Granchamp,

      Les Ontariens continuent d’élire leurs représentants pour le moment, mais il y a eu beaucoup de discussions à ce sujet pour les abolir. Il n’y a presque plus d’élections scolaires en Ontario; les commissaires sont tout simplement acclamés. Ce qu’on voit souvent dans ces commissions scolaires, ce sont différentes religions qui envahissent les conseils scolaires afin de faire progresser leur agenda. J’ai assisté à des prières au début des sessions de ces conseils. Ce qui bloque dans tout cela, ce sont les écoles confessionnelles catholiques. Il y a plus de 700 000 élèves qui fréquentent ces écoles et sont subventionnés à 100%. 90% des écoles françaises en Ontario sont des écoles catholiques. Et la frange conservatrice anglophone aime bien ses écoles catholiques anglophones et à l’appui incontesté du gouvernement conservateur puisqu’il puise sa base au sien même de ces organisations.

      Pour le Nouveau-Brunswick, c’est tout simplement une province pauvre subventionnée et les contribuables qui paient des impôts veulent s’assurer qu’ils n’en paient pas de trop.

      M. Grandchamp, je ne comprends pas encore votre engouement pour des institutions archaïques britanniques qui ont de longtemps passées leur date péremption. Les francophones du Québec vont continuer à payer des taxes avec ou sans élections scolaires qui sont boudées par plus de 95% de la population. Nous sommes bien en 2020?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 février 2020 11 h 07

      @ M. Dionne

      Je ferme les livres avec vous. Je vous ai lu, sur un autre fil, promouvoir le "no taxation without representation".

      L'élection scolaire est tellement archaïque que:-les Anglo Québécois vont conserver ce droit fondamental, en démocratie 2-Dans plusieurs provinces du Canada, cet *archaïsme" se continue. Une dernière fois: ce 5% est très facile à corriger, Pis, entre des bénis oui oui figurants pis une élection à 5%, je préffère la dernière hypothèse. Je suis un démocrate Je préfère avoir un contre-pouvoir plutôt qu'une patente de fonctionnariat, comme en santé...ou personne n'est responsable de rien. Or, la loi 40 est une version du plan Barrette en santé, où y règnent des tas de bénis oui oui.

      En tout respect!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 février 2020 11 h 53


      M. Dionne....Parlant « d’archaïsme », j’ai oublié d’ajouter qu’il y a élections scolaires, aussi, en Colombie Britannique, au Manitoba, en Alberta, en Saskatchewan, à Terreneuve. IPE avait aboli; ils sont en train d’y revenir.

      Ce n’est pas vrai que les commissaires, chez nous, étaient tous élus par acclamation. Justement, des élections scolaires, en même temps que les municipales, cela permettrait de stimuler la participation.

      Parlant « d’archaïsme », selon votre logique, il faudrait abolir les élections municipales .En démocratie,comme vous l’avez, déjà, évoqué : « no taxation without representation ».

      Non à une réforme Barrette no 2 en éducation! Non à l’injustice causée aux francophones du Québec par un gouvernement, soi-disant nationaliste! Non à un projet de loi imposée à toutes vitesses sans consultations......avec des impacts qui dépassent, de beaucoip, les élections scolaires.

      Je ferme les livres.En tout respect!

    • Ève Marie Langevin - Abonnée 16 février 2020 12 h 02

      M. Dionne, je ne partage pas votre avis concernant la formation des enseignants. Les professionnels qui prenaient cette voie, n'étaient pas une voie rapide, comme vous le dites, mais plutôt une réorientation de carrière. Ils étaient des historiens, des lettrés, des géographes, des scientifiques, etc. qui avaient un excellent bagage disciplinaire en contenu à transmettre, et allaient chercher 10 cours de 1er cycle en moyens didactiques et en connaissances générales sur le système d'éducation. Ces nouveaux enseignants étaient habituellement d'excellents profs. Et ils apportaient une vision transdisciplinaire aux équipes auxquelles ils étaient attachés, ce qui était excellent pour les élèves.
      De plus, le plus ou moins nouveau système de Reconnaissance d’Acquis et de Compétences (RAC), qui fonctionne plutôt bien pour accueillir de nouveaux élèves et étudiants au secondaire et au cégep en reconnaissant et transférant des expériences de travail en équivalents crédits, lorsqu’il sera vraiment appliqué aux universités qui y résistent terriblement, pourra contribuer à intégrer officiellement les nombreux enseignants d’expérience sans brevet de l’éducation des adultes, en leur offrant ce complément de formation courte sur mesure, de soir, comme autrefois (avant 2002).
      Je suis convaincue que l'ère de la formation unique et de la pensée unique est maintenant terminée et ce sera tant mieux, car cela, à terme, enrichira à nouveau le système, les écoles et l'éducation.