Le pitbull

Dans la présentation qu’elle en a faite dimanche, la philosophe Louise Mailloux a dit de Frédéric Bastien qu’« il a du chien ». Elle avait tout à fait raison : comme le pitbull, il ne lâche jamais le morceau.

Les recherches de Bastien sur le rapatriement de la Constitution et le rôle politique joué par la Cour suprême, qui avaient fait l’objet d’un livre remarquable, La bataille de Londres, étaient un modèle de ténacité. Dernièrement, c’est encore lui qui a révélé le conflit d’intérêts dans lequel s’étaient placés des juges appelés à se prononcer sur la Loi sur la laïcité et le caractère illégal de la subvention fédérale accordée à la Commission scolaire English-Montréal.

Dans la course à la chefferie du Parti québécois, ce professeur d’histoire fait figure de négligé et le détour par la négociation constitutionnelle qu’il propose pour réaliser l’indépendance en laissera plusieurs sceptiques, mais il a le mérite d’avoir une idée précise de ce qu’il veut faire. Il y a longtemps qu’on n’a pas vu cela au PQ. Il a cependant lancé un avertissement : « La route devant nous sera longue. » Convaincre les militants péquistes des vertus de la patience sera peut-être son plus grand défi.

Ses deux adversaires déclarés, Paul St-Pierre Plamondon et, après un moment d’hésitation, Sylvain Gaudreault promettent maintenant un référendum dans un premier mandat. M. Bastien croit plutôt que c’est le meilleur moyen de « manger une volée » à la prochaine élection. On ne manquera pas de lui souligner que le PQ a précisément connu le pire résultat de son histoire en proposant de le reporter à un deuxième mandat.

 

Dans son dernier livre, intitulé Après le naufrage, M. Bastien reprochait à Jean-François Lisée de ne pas avoir retenu son idée de réclamer, en s’appuyant sur l’obligation de négocier édictée par la Cour suprême, la cession au Québec d’une série de nouveaux pouvoirs. Dans son propre livre, intitulé Qui veut la peau du Parti québécois ?, paru deux mois plus tôt, l’ancien chef expliquait qu’un caucus spécial du PQ avait examiné cette proposition, mais l’avait rejetée. « La réaction fut quasi unanime : ce virage aurait marqué une telle rupture avec le message que nous tentions de présenter qu’il risquait de mettre en lambeaux notre crédibilité », écrivait-il.

M. Lisée, qui n’a jamais craint les virages, aurait peut-être été tenté. Il y a vingt ans, il avait lui-même proposé la tenue d’un référendum portant sur l’octroi de nouveaux pouvoirs, mais l’idée avait provoqué une réaction si négative au PQ que Lucien Bouchard avait jugé préférable de congédier son conseiller. Certes, les temps ont changé, mais il est loin d’être certain que les péquistes soient prêts à envisager une nouvelle forme d’étapisme.

Le problème de crédibilité dont parlait M. Lisée risquerait de se poser à nouveau. Par exemple, si Ottawa et les autres provinces canadiennes étaient disposés à satisfaire toutes les demandes énoncées dans le « Nouveau projet pour les nationalistes du Québec », M. Bastien renoncerait-il à l’indépendance ? Bien sûr que non. Il dit lui-même prendre pour modèle le leader nationaliste irlandais Michael Collins, qui avait convaincu ses partisans que la politique du « tout ou rien » ne menait nulle part et que, d’un gain à l’autre, ils finiraient par atteindre leur but. Ce qui s’est en effet produit.

Quand il a pris la tête du PQ en 1988, Jacques Parizeau, qui s’était jadis opposé à l’étapisme de Claude Morin, avait fait inscrire dans le programme la tenue d’une série de référendums portant sur le rapatriement de pouvoirs. Il a changé d’idée quand l’échec de l’accord du lac Meech a ouvert de nouvelles perspectives. Qui sait où mènera la contestation de la loi 21, que Louise Mailloux a qualifiée dimanche de « formidable tremplin vers l’indépendance » ? Si les circonstances changeaient, M. Bastien serait sans doute tout disposé à prendre lui aussi un raccourci.

 

La première étape est cependant d’être élu chef. Les quelque 200 personnes qui s’étaient entassées dans la petite salle du Ninkasi Simple Malt pour assister à son lancement ne manquaient pas d’enthousiasme, mais la jeune génération était nettement sous-représentée. Son discours centré sur la Constitution et la laïcité a indéniablement fait mouche, mais il y manquait le mot qui est sur toutes les lèvres, au Québec comme partout ailleurs sur la planète : environnement.

M. Bastien prononcera bien sûr d’autres discours d’ici le 19 juin, mais il était sidérant de voir un professeur au cégep, qui côtoie les jeunes quotidiennement, faire son entrée officielle en politique sans faire la moindre allusion à ce qui est de loin leur plus grande préoccupation. L’environnement sera pourtant au centre de la campagne de ses adversaires. Paul St-Pierre Plamondon présente même la lutte contre l’État pétrolier canadien comme le moteur de l’indépendance.

En présentant M. Bastien, son ami sociologue Stéphane Kelly a souligné que les outsiders avaient de plus en plus la cote en politique et il est vrai que les exemples se sont multipliés au cours des dernières années. Il peut être bon de tenir un discours un peu dissonant, mais il ne doit pas sembler étranger à ceux à qui il s’adresse. Certes, la protection de l’environnement ne peut pas se substituer à celle de l’identité québécoise. Dans l’esprit de plus en plus de Québécois, elle en fait cependant partie.

51 commentaires
  • Pierre Desautels - Abonné 11 février 2020 03 h 43

    La belle affaire.


    Donc, selon Madame Mailloux, la contestation de la loi 21 serait un formidable tremplin vers l'indépendance? Est-ce que le PQ en est rendu là? La laïcité est devenu une telle distraction, une telle obsession, que ces militants égarés ont perdu la raison d'être de ce parti et le pourquoi de l'indépendance. Nous ne sommes pas loin du champ de ruines que Jacques Parizeau constatait.

    Quant à Frédéric Bastien, la CAQ pourrait bien prendre à son compte son offre de demande d'ouverture de la Constitution, mais pourrait bien accepter les quelques miettes que le fédéral proposerait, le retour du Canadien français s'y prêtant bien. Mais il serait surprenant que le ROC accepte d'ouvrir cette boîte de Pandore. Et si Bastien réussit par miracle à gagner la chefferie du PQ sans trop parler d'environnement, il sera amusant de le voir faire campagne sur l'ouverture de la Constitution dans les centres commerciaux et les soupers spaghettis. Et les vox pop de Guy Nantel sur le sujet ne l'aideraient sûrement pas.

    • Gilles Théberge - Abonné 11 février 2020 11 h 30

      Méfiez-vous monsieur Desautels, c'est peut-être votre commentaire qui ira enrichir le fameux « champs de ruines » de monsieur Pariseau. On ne connait pas l'avenir. Plus ça va, plus le discours de monsieur Bastien m'attire. Je peux dire aussi me séduit.

      Après tout, les Irlandais ont lutté combien de temps, cinq cent, six cent ans avant d'accéder à l'Indépendance... Les grand mouvements de l'histoire se déploient lentement. Un livre m'en a convaincu. « une histoire populaire de l'humainté» par Chris Harman. Qui se termine ainsi sur cette note : «... « Les seuls véritables prophètes son ceux qui modèlent l'avenir. » Comprendre le passé peut y aider. C'est pourquoi j'ai écrit ce livre ».

      C'est avec des « Pitbull(s) » que nous gagneront. Frédéric Bastien que je ne croyais pas, m'a tout l'air d'en être un. C'est drôlement intéressant...

  • Nadia Alexan - Abonnée 11 février 2020 04 h 34

    Seul «un pitbull» pourra avancer avec succès les revendications du Québec.

    Nous avons besoin d'une personnalité qui n'a pas peur de s'assumer et de faire la bataille avec le Canada anglais pour nos valeurs.
    La laïcité est un des piliers de la Révolution tranquille qui distingue les Québécois des autres provinces du Canada et de l’ Amérique du Nord. Monsieur Basien pourra se tenir debout et défendre notre laïcité devant le barrage de critiques de racisme et de xénophobie provenant du Canada anglais. C’est certain qu'il ne va pas céder aux critiques de ceux et celles qui veulent nous diviser avec le sectarisme ethnique, au lieu de promouvoir la citoyenneté.

    • Claude Bariteau - Abonné 12 février 2020 13 h 19

      Quand on revendique, on ne s'affirme pas. On critique et on espère une réponse.

      M. Bastien est dans la lignée des nationalistes ethnoculturels désireux de promouvoir différemment ce que fait la CAQ.

      Bien sûr qu'il ne cèdera pas.

      Là n'est pas le problème avec lui.

      Il se trouve dans son enfermement dans un cadre ethnoculturel plutôt que citoyen, auquel il invite les Québécois et les Québécoises, notamment les jeunes qui ne se pensent plus ainsi. Il aura peut-être le support des plus de cinquante ans au sein du PQ.

      Personnellement j'en doute tellement son approche invite à marcher « de reculons ».

    • Raymond Labelle - Abonné 12 février 2020 14 h 42

      support? appui? soutien?

  • Léonce Naud - Abonné 11 février 2020 06 h 00

    L’obsession référendaire, ou jouer l'avenir de la Nation au poker

    Pour quelle raison le Québec ne pourrait-il pas devenir Maître chez lui « à la canadienne » ? Le Canada actuel n’est rien d’autre qu’une ancienne colonie Britannique devenue un Dominion puis graduellement un pays, un peu chambranlant mais pays quand même, avec une armée, une marine et une aviation. Bref, les vraies affaires.

    Il y a un siècle, une poignée de Canadiens anglais ont consacré leur vie à faire du Dominion of Canada une entité politique indépendante de la Grande-Bretagne. Le tout s'est finalement réalisé sans que personne ne pense à organiser quelque référendum que ce soit. D'ailleurs, avoir demandé à la population canadienne si elle désirait se séparer de la Grande-Bretagne, la majorité aurait très probablement répondu NON, en commençant par les Canadiens-français.

    Écoutons ici en 1963 le Premier ministre du Québec Jean Lesage : « Les Canadiens français ont, dans l'ensemble, toujours perçu la Couronne [d’Angleterre] comme leur protectrice. Les Canadiens français seraient les derniers à s'intégrer aux États-Unis. Ils demeureront dans le Commonwealth ». (Jacques Monet, La première révolution tranquille, 1969)

    D’ailleurs, lors du coup de force de Pierre Trudeau en 1982, le gouvernement de René Lévesque – tout comme les Indiens – s'opposa ferme à la rupture du lien colonial qui unissait encore à cette époque le Canada à la Grande-Bretagne. Plutôt demeurer sujets de la Grande-Bretagne que devenir des citoyens canadiens avec ce genre de monde et de pouvoirs à Ottawa ! Depuis, on voit bien que c'est le gouvernement de René Lévesque qui avait raison.

    Certains pays naissent de coups de poker. La plupart doivent cependant leur existence à des chefs qui préfèrent jouer aux échecs qu'au poker. D'ailleurs, qu'est-ce au juste que le jeu d'échecs ? Un roi, une reine, des tours, des cavaliers, des fous pas si fous que çà, des troupes, des stratégies. De quoi donner des idées…

    • Claude Bariteau - Abonné 11 février 2020 11 h 00

      Le recours à un référendum fut une pelure de banane lancée par M. C. Morin. qui ç évita de penser l'indépendance en recourant à une élection plébiscitaire comme celle de la nationalisation de l'électricité, soit une élection avec pour objet principal l'indépendance avec pour particularité de mandater les élus si le support est majoritaire.

      Vous proposez un modèle, le canadien, en donnant à ses « pères » de 1867 une notoriété qu'ils n'avaient pas. Le Dominion fut un bébé britannique mis au monde pour créer un muret entre les États-unis et le Royaume-Uni après la Guerre de Sécession remportée par les Nordistes contre les Sudistes, parce que Londres et ses colonies ont appuyé les Sudistes et même joué un rôle dans l'assasinat du Président Lincoln.

      Ces « pères », le Dominion créé, ont prié les États-Unis de renégocier un Traité d'échange pour que la bourgeoisie entrepreneuriale britannique poursuivent ses activités commerciales. Ce fut sans succès. Les États-Unis, après s'être assurés du retrait de l'armée britannique au nord de leurs frontières, ont tiré avantage des ressources du Dominion pour leurs entreprises et ont appuyé le Dominion pour qu'il signe le traité de Versailles en 1919 après avoir financé l'effort de Guerre du Dominion à la demande du Royaume-Uni.

      Le Canada est devenu un pays indépendant en 1931 après le Crash, car le Royaume-Uni y trouva un avantage : ne pas y investir des sous pour corriger l'état lamentable dans lequel se retrouva ce nouveau pays. C'est alors que les États-Unis ont accepté un traité qui les avantagea. Il fut vite remplacé par un accord pour utiliser les règles du commerce inernationale mises au point par le GATT créé pour éviter de recourir aux tarifs douaniers exhorbitants après le Crash.

      Pour faire comme le Dominion, il faudrait que le Canada trouve le Québec trop couteux et que les États-Unis appuient ses démarches. Vous oubliez ces points en jouant aux échecs.

    • Léonce Naud - Abonné 11 février 2020 12 h 58

      Cher M. Bariteau : l'époque à laquelle je pense ne va pas si loin que l'Acte confédératif (1867). Elle s’étend plutôt sur le premier tiers du 20e siècle, cette période qui a précédé le Statut de Westminster (1931). Je crois me rappeler qu'une poignée de hauts fonctionnaires fédéraux se sont alors passablement démenés pour grignoter peu à peu l'emprise Britannique sur ce qu’ils estimaient être « leurs » affaires. C’est en tout cas ce que laisse entendre la littérature sur les origines apparemment assez rocambolesques de l’actuel Ministère fédéral des Affaires étrangères.

    • Claude Bariteau - Abonné 12 février 2020 06 h 05

      Lors de ce tiers, la Première Guerre mondiale et le Traité de Versailles furent des événements déterminants.

      Avec cette guerre, le Dominion of Canada, endetté avec les chemins de fer, refuse de hausser les impôts pour contribuer, à la demande de Londres, à sa guerre. Il demande plutôt un prêt de 50 millions aux États-Unis, qui lui prêtent 100 millions, ce qui changea l'ordre des rapports entre le Dominion et le Royaume-Uni.

      Avec le Traité de Versailles (1919), les États-Unis insistent pour que les trois Dominions de l'empire, qui ont contribué militairement à renverser l’Allemagne, signent ce traité. Le faisait, ils obtiennent une reconnaissance internationale, que Londres ne peut pas refuser. Qui plus est, ce traité crée la Société des Nations de sorte que le Dominion of Canada en devient membre sans être un pays indépendant disposant de l'autodétermination externe.

      Trois suites permettent de comprendre le travail d’une « poignée de fonctionnaires » du gouvernement central du Dominion of Canada.

      La première est le refus du Congrès américain de participer à la Société des Nations parce que ses membres sont des États opposés au droit des peuples à l’indépendance. Pour les États-Unis, ça allait à l’encontre des principes que préconisa le Congrès lorsque les États-Unis se sont impliqués dans cette guerre.

      La deuxième est la présence de délégués du Dominion of Canada à la Société des Nations. Ça leur permet de connaître les vues impériales de Londres et celles des pays devenus indépendants. Leurs connaissances ont alimenté les réflexions politiques au sein du gouvernement central du Dominion of Canada sur ses « affaires ».

      La troisième est l’approche des trois Dominions pour que Londres reconnaisse leur autodétermination externe. Elle donna lieu aux Statuts de Westminster sans tambour ni trompette parce qu'avec le Crash le Canada cherche surtout à s'entendre économiquement avec les États-Unis.

  • Michel J. Grenier - Abonné 11 février 2020 06 h 40

    Négocier quoi ?

    J'apprécie les efforts de M. Bastien mais je crois sincèrement qu'il faudrait d'abord nous entendre sur ce que nous voulons réellement, avant de parler de négocier quoi que ce soit.

    Quelle est la structure de " l'amphithéâtre " dans lequel nous voulons tous évoluer ?

    Voulons-nous d'un État unitaire, sorte de monarchie déguisée à un seul palier de gouvernement où tous les pouvoirs sont concentrés à Québec, dans les mains d'une armée de fonctionnaires anonymes ?

    C'est ce que nous ont proposé, jusqu'à maintenant, le PQ, QS, et les myriades de groupuscules qui se disent indépendantistes, en théorie, mais qui, en pratique, nous proposent un État unitaire, avec les résultats que l'on connait. Échec sur échec.

    Je suis un fédéraliste-nationaliste depuis toujours et j'ai voté " Non " aux deux premiers référendums puisque, comme +- 70% des Québécois, je ne veux pas d'un État unitaire.

    Cela n'implique pas que je ne veuille pas faire du Québec un pays. Je veux d'un pays dont la structure est claire et nette dans l'esprit de tous, un pays qui ralliera à la fois les indépendantistes, les souverainistes, les régionalistes, les autonomistes, les séparatistes et les fédéralistes-nationalistes dont je suis.

    Je crois que la seule et unique solution pratique, pouvant rallier l'ensemble des Québécois.es, est le Projet Liberté-Nation, qui redonne le véritable pouvoir aux citoyens de la base, en inversant la pyramide des pouvoirs, à partir des régions, de bas en haut, plutôt que de haut en bas, comme c'est le cas présentement.

    Faisons des 17 régions administratives actuelles 17 États autonomes avec pleins pouvoirs de gestion, décision, taxation, imposition, avec leur propre Parlement et Gouverneur, comme le Maine, le Vermont, la Floride, etc..., déléguant à un 18ième État fédéral central, à Québec, l'immigration, la langue, la laïcité, la culture, la voie maritime, la monnaie, la poste, strictement ce qui est vraiment commun aux 17 États autonomes.

    Qui dit mieux ?

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 11 février 2020 11 h 44

      Vous devez etre tres heureux avec la CAQ toujours à genoux face à Ottawa ne retirant rien meme pas des miettes de ce ROC qui ne souhaite

      que notre langue,culture,et histoire disparaissent et finiront bien par nous avoir.

      Si nous étions au moins fiers et debout nous serions un pays depuis longtemps. Etre dirigé par d'autres c'est moins fatiguant.Mais grande

      misère.

    • Michel J. Grenier - Abonné 12 février 2020 07 h 51

      Jean-Pierre,

      Commençons par le commencement !

      Avec le Projet Liberté-Nation, nous nous entendons d'abord sur la structure du pays francophone et laîque dans lequel nous voulons vivre : Un État unitaire à un seul palier de Gouvernement centralisé à Québec ou une véritable République Fédérale Francophone et laïque à Québec, s'occupant strictement de ce qui rest vraiment commun aux 17 anciennes régions administratives devenues autant d'États autonomes, avec pleins pouvoirs de gestion, décision, taxation et imposition ?

      Aucun parti politique actuel ne semble vouloir vraiment évoluer dans sa pensée. Ils se contentent tous de la structure actuelle et vont quémander, sans succès, à Ottawa, qui oppose des fins de non recevoir.

      C'est ce qui fait de nos politiciens des carriéristes plutôt intéressés par la grosse pension à venir que par les intérêts réels des citoyens de la base et de leurs régions respectives.

      Mettons donc de côté, temporairement, nos chapeaux politiques partisans et travaillons ensemble à l'édification de la structure de l'Amphithéâtre dans lequel nous voulons tous évoluer.

      Lorsque cette étape sera passée, les partis politiques, de gauche, de droite, du centre ou de leurs exrtrêmes, pourront alors se précipiter sur la patinoire, l'Assemblée nationale, pour tenter de se faire élire.

      Avec le Projet Liberté-Nation, les indépendantistes et les fédéralistes auront enfin un pays qui leur ressemble et les rassemble.

      Quel fédéraliste, dont moi, peut être contre une Fédération ?

      Lorsque les indépendantistes auront compris qu'un État unitaire ne conduira à rien d'autre qu'échec sur échec, mais qu'adopter une Fédération typiquement Québécoise est gage de succès, ils auront enfin leur pays.

      Ensemble !

  • William Dufort - Abonné 11 février 2020 06 h 46

    Oui ce sera long

    "« La route devant nous sera longue. » Convaincre les militants péquistes des vertus de la patience sera peut-être son plus grand défi."

    Et pourtant, elle sera longue la route. Si les purs et durs ont réussi à convaincre Sylvain Gaudreault et Paul St-Pierre-Plamondon a tenir un référendum dès un premier mandat, c'est peut-être en raison de la place démesurée qu'ils occupent au PQ depuis que les nationalistes plus modérés ont migré à la CAQ et que les jeunes, massivement, ne se reconnaissent pas dans quelque nationalisme que ce soit. En effet, ils sont nombreux à adhérer à une forme d'internationalisme que les Boomers comme moi avons de la difficulté à comprendre. C'est l'environnement qui motive les jeunes et cet enjeu est planétaire. C'est pourquoi la route sera très longue à moins de trouver un racourci surprise comme celui de l'échec du Lac Meech. Et même là, ça a échoué.

    En attendant, comme tous les politiciens québécois et canadiens, sauf les conservateurs pétroliers de l'ouest, se déclarent protecteurs de l'environnement, le PQ devra trouver un autre moyen de rapatrier les nationalistes qui l'ont abandonné, écoeurés qu'ils étaient du radotage référendaire ainsi que les jeunes qui n'ont jamais adhéré à quelque nationalisme, qu'il soit québécois ou canadien. Alors oui, ce sera long, mais s'enfermer dans le déni ne fera que prolnger la traversée du desert.

    • Claude Bernard - Abonné 12 février 2020 10 h 34

      M Dufort
      La patience a le dos large; l'environnement ne portera pas l'indépendance sur son fragile dos, du moins on l'espère car les jeunes qui sont des âmes bien nées et militent pour des premiers coups qui seraient des coup d'éclat, n'attendront pas le nombre des années.
      L'approche préconisée par M Bastein tient la route dans un monde qui voit le gouvernement des juges comme dernières limites aux fantaisies technocratiques efficientielles d'une démocratie de plus en plus autoritaire et dictatoriale.
      Le nationalisme sera identitaire ou il ne sera pas et il ne sera pas où on l'attend de pied ferme et d'esprit fermé et multiculturaliste et mais dans une volonté ferme et inébranlable de réveiller un peuple endormi depuis 68 par la pomme empoisonnée des trente glorieuses.