L’allergie à la religion

Histoire vraie : nous sommes au temps d’avant le cours Éthique et culture religieuse (ECR), au moment où, dans un esprit de déconfessionnalisation, beaucoup d’écoles québécoises offraient un cours de morale aux élèves voulant se soustraire aux cours de catéchèse. Un ami à moi avait inscrit son fils en morale et tentait, ce jour-là, de lui expliquer pourquoi. « Tu vois, fiston, on n’est pas très religieux, ta mère et moi. En plus, elle est catholique et moi je suis juif. » « Et moi, de renchérir le petit garçon, je suis moral ? »

Se débarrasser des carcans religieux pour en conserver la substantifique moelle, la conscience éthique, voilà un grand objectif dans lequel le Québec a vraisemblablement beaucoup investi. En ce sens, le cours ECR, instauré en 2008, celui-là même que l’actuel gouvernement voudrait abolir, a marqué un grand bond en avant. D’abord, il signe le véritable aboutissement de la déconfessionnalisation des écoles au Québec. Rappelons que de 1983, au moment de l’introduction des cours de morale, jusqu’en 2005, le gouvernement québécois devait invoquer, tous les cinq ans, la disposition dérogatoire afin de se soustraire à l’article de la Constitution canadienne l’obligeant à instruire ses élèves selon les prescriptions catholiques ou protestantes. 40 ans après la Révolution tranquille, la chose devenait de plus en plus embêtante. Comment se surprendre qu’on ait voulu trouver mieux ?

Rappelons aussi que le Québec a été, avec l’instauration d’ECR, un véritable pionnier dans le domaine. « Nulle part ailleurs en Occident », dit Louis Rousseau, un des universitaires responsables de la création de ce cours, « n’y a-t-il eu un programme voué à la découverte anthropologique des religions ». Et puis, l’initiative arrivait au moment où les accommodements raisonnables commençaient à déchirer le Québec. Un programme qui visait « la reconnaissance de l’autre et la poursuite du bien commun », qui aspirait à aller au-delà des simples préjugés, en d’autres mots, tombait pile.

Selon l’ex-directeur du Département des sciences des religions de l’UQAM, le programme avait un grand succès parce que les élèves « apprenaient des choses », souvent peu connues, les récits mythiques autochtones, par exemple. La formation des profs d’ECR au secondaire ne laissait pas non plus à désirer. À l’UQAM, on parle d’un bac de quatre ans, dont une année d’étude en éthique, une en histoire des religions, une autre en psychoéducation et finalement, une année de stage. Du solide. Or, qu’adviendra-t-il de ces profs, de leur formation, de toute la vision derrière les cours d’ECR maintenant que le gouvernement Legault a décidé de passer le cours à la moulinette ? Et sur quelles bases justifie-t-on l’élimination de ce cours, au juste ?

« Après plus de 10 ans d’existence, jamais le cours ECR n’a été formellement évalué », soutient Louis Rousseau. Il a essuyé son lot de critiques, ça, oui, mais personne ne peut prétendre connaître les véritables résultats de cette pédagogie à l’heure actuelle. Le programme pouvait certainement être amélioré, le peu de discussion sur l’athéisme était manifestement une lacune, mais de là à foutre tout le volet religion à la poubelle ? Comment ne pas voir là un autre exemple de l’allergie de ce gouvernement à tout ce qui est religieux ? Et pour le remplacer par quoi ? Tout ce qui bouge : du numérique à la sexualité, de l’environnement au juridique, en passant par les relations interpersonnelles et la citoyenneté.

« Quel enseignant peut même envisager de donner un tel cours ? » demandait cette semaine l’ex-président de la CSN, Louis Roy. À partir de quelle formation surtout ? Car c’est tout un fourre-tout qu’on nous propose désormais. On semble vouloir procéder avec cette brochette de sujets à la mode comme on l’a fait avec l’éducation sexuelle. À défaut d’un cours sérieux, cohérent, donné par quelqu’un qui a été formé pour le faire, on risque de s’en tenir à l’improvisation et au saupoudrage.

Mais revenons aux critiques qui ont contribué à discréditer le cours ECR. Le Conseil du statut de la femme a accusé le volet religieux de véhiculer des stéréotypes sexistes. Est-ce à dire qu’il ne faudrait pas enseigner l’esclavage parce que cette période dépeint les Noirs comme des bêtes de somme ? Il faudrait occulter les points sombres de l’évolution humaine plutôt que d’essayer de mieux les comprendre ? Il y a une expression pour décrire cette tendance à censurer ce qui nous incommode : cancel culture. Ce n’est pas une avenue recommandée pour l’ouverture d’esprit ni pour la suite du monde.

Et que dire du « projet multiculturaliste caché » que dissimulerait le cours ECR ? Outre l’esprit de paranoïa derrière une telle affirmation (l’ombre pernicieuse de Pierre Elliott Trudeau, tel un Joker maléfique, ne finira-t-elle donc jamais de nous hanter ?), c’est trouver de bien mauvaises excuses pour ne rien faire. La religion fait peur ? Alors, confrontons-la, étudions-la, comprenons-la. Se contenter d’un bras d’honneur n’est pas à la hauteur de la tâche qui nous incombe.


 
94 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 15 janvier 2020 01 h 16

    L'acceptation de l'autre ne veut pas dire la banalisation de la misogynie et de l'obscurantisme.

    Comme d'habitude, madame Pelletier, vous êtes du mauvais côté de l'histoire. Il y'a une grande différence entre l'enseignement historique de l'esclavage et l'acceptation de stéréotypes religieux qui dictent que toutes les petites filles musulmanes doivent être voilées et faire le jeûne du ramadan.
    Les religions doivent être enseignées dans un cours d'histoire ou de philosophie, mais les religions n'ont rien à faire avec l'éthique, la moralité ou l'ouverture à l'autre. On a sécularisé nos écoles, on a enlevé le crucifix de ses murs, on a arrêté d'endoctriner nos élèves par le biais du catéchisme, et maintenant l'on veut retourner les religions par la porte arrière en dépit de l'école laïque.
    Oui, le cours ne devrait pas se transformer en four tout, mais l'enseignement de la citoyenneté, du civisme et de l'esprit critique est primordial.

    • Denis Forcier - Abonné 15 janvier 2020 10 h 02

      Madame Alexan , vous avez raison "l'enseignement de la citoyenneté, du civisme et de l'esprit critique est primordial " mais selon moi si cela était l'objet d'un cours en remplacement d'ECR ce serait pour les élèves, ces thématiques étant reprises année après année et ce pendant tout le primaire et le secondaire, d'un ennui incommensurable . C'es-tu plate et répétitif ce cours ! diraient-ils et ils auraient probablement raison car ces thématiques sont déjà abordées directement ou indirectement par les autres cours. Oui, dans le cour de français, par l'étude des textes, on aborde la question de l'esprit critique. Oui, aussi la citoyenneté quand, en particulier, un enseignant(e) organise des élections pour une présidente ou un président de classe ou un conseil des élèves dans l'école à l'initiative d'une direction ces acteurs scolaires font en temps réel de l'éducation citoyenne. Oui, le civisme est aussi au coeur même des règles de vie d'une école lesquelles sont démocratiquement instituées de plus en plus. Bref, l'école n'a pas besoin de ce que vous suggérez en remplacement d'ECR puisque ces thématiques sont au coeur même de la vie de l'école.
      En conclusion, je partage plutôt l'esprit d'ouverture sur le monde et donc le point de vue de Francine Pelletier ce matin. J'invite les lecteurs à jeter aussi un oeil sur un texte de Claire Bergeron publié ce matin dans la Voix de l'Est intitulé "Ethique et culture religieuse, pourquoi tant de controverse ? ". À part une erreur concernant le gouvernement du Québec en 2005 et 2008 qui n'était pas du Parti québécois comme l'écrit l'auteure mais du Parti libéral , son propos a le mérite de donner la parole à des élèves qui ont suivi le cours d'ERC, et ça mérite effectivement d'être pris en considération dans le présent débat, et je vous invite donc Madame Alexan à prendre connaissance de ce texte. Bonne journée!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 janvier 2020 10 h 17

      On ne peut qu'être d'accord avec le propos d'enseigner les religions dans une perspective historique (mieux : anthropologique) ou philosophique. Or c'est très exactement ce qu'on DOIT faire dans le programme ÉCR tel qu'il a été conçu. Que ces intentions doivent être précisées pour parer au mieux aux dérives doctrinaires, cela ne fait aucun doute.

      Par ailleurs, je profiterai de votre lectorat assez nombreux et fidèle pour suggérer que les objectifs du programme ÉCR ne devraient pas être cantonnés à des cours spéciifiques mais être intégrés à tous les cours qu'on pourra (sauf en maths peut-être, encore que...) et faire ainsi l'objet de renforcements soutenus mais modérés. Pas comme au temps où Thomas d'Aquin planait sur les collèges classiques, mais dans un souci d'unité et de cohérence qui avait son mérite.Les cours d'éducation à la sexualité me semblent procéder d'une même tendance à refaire la mise en silo de l'enseignement primaire et secondaire.

    • Jean-François Trottier - Abonné 15 janvier 2020 11 h 12

      M. Maltais Desjardins,

      Ce n'est justement pas le cas d'ECR.

      C,est ce que le ministère prétend, c'est ce que dénient les documents d'enseignement.
      Je sais comment ECR a été conçu. Sur papier. Exprès pour "passer la rampe". Le reste a été introduit en douce.
      ECR a été perverti bord en bord dès le début. On y enseigne la religion, du moins quand on fonctionne en accord avec le programme offert par le ministère.

      Beaucoup de professeurs se passent de ces documents, question de conviction, ce qui bien sûr a permis de garder le cours tel quel.
      Doit-on vraiment faire appel aux convictions d'un prof quant à la matière enseignée?

      Si oui, staturairement on décide d'exclure des personnes pour raisons d'opinion. Tout comme autrefois les prof de religion devaient être acceptés par l'évêché.
      Sinon, alors le cours est mal fait et doit être repensé de fond en combles. C'est exactement ce qui est en jeu maintenant.

      Si vous pensez qu'on doit influer sur la morale des étudiants à travers tous les cours, vous faites du moralisme. Ça, over my dead body.

      Les "renforcements". à moins que vous ne précisiez votre pensée, c'est limite conscientisation et certainement commisération envers ces pôvres étudiants laissés sans guide de morale pour en faire des rob... pardon, des citoyens au pas.
      Meme juste un peu, c'est déjà de la restriction mentale. Dans tous les cas, du moralisme, ce truc que les uns imposent aux autres selon leurs propres névroses.

    • Nadia Alexan - Abonnée 15 janvier 2020 11 h 55

      Bonjour monsieur Fortier: J'ai enseigné toute ma vie dans nos écoles publiques, du côté anglophone, et je n'ai jamais vu un cours de citoyenneté qui aborde les obligations et les responsabilités citoyennes. Si c'était le cas, l'on aurait vu un comportement plus respectable de la part des étudiants qui ne veulent pas mettre leurs déchets dans la poubelle après avoir mangé, qui conduisent comme des fous sur nos routes, et qui se comportent comme s'ils vivaient seuls sur une île.
      Pour une ouverture à l'autre et pour se rendre compte que l'on a des obligations et des responsabilités envers la société dans laquelle l'on vit, une cour de civilité et de civisme s'impose.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 janvier 2020 16 h 01

      Monsieur Trottier, il serait tellement plus intéressant de discuter avec vous de nos désaccords que de devoir simplement me prémunir contre votre mauvaise humeur. En tous cas, comprenez que sans faire comme si de rien n'était - on a droit à son honneur - je passerai mon tour...

  • Jean Thibaudeau - Abonné 15 janvier 2020 02 h 44

    FP rides again.

    Malheureusement, comme ce fut le cas durant toutes les discussions sur la Loi 21, Francine Pelletier prétend répondre aux objections faites à ÉCR en les dénaturant de façon à prêter à ceux qui les formulent de fausses intentions. L'exemple le plus patent est celui de "cancel culture" qu elle attribue au Conseil du statut de la femme.

    Ce cours n'est pas détestable parce qu'il expose les valeurs sexistes inhérentes aux religions, mais parce qu'il les présente comme acceptables au nom de la tolérance et de la richesse de la diversité. Il a été relevé quantité d'exemples, dans les manuels, comme quoi l'esprit critique censé y être présent ne vise nullement le contenu des religions elles-mêmes, mais plutôt ceux qui s'y objectent ou simplement osent poser des questions à leur sujet. L'absence de l'athéisme n'a nullement découlé d'une malheureuse distraction: elle reflète fidèlement l'esprit dans lequel ce cours a été créé par ses concepteurs.

    Le message est clair: si on est inclusif et tolérant, il faut tout accepter les yeux fermés, parce que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, point final.

    Quant à l'obsession parano supposée dont les Québécois devraient finir par revenir envers P. E.Trudeau et son multiculturalisme, comment peut-elle feindre d'avoir oublié que celui-ci en a fait la religion officielle de l'État canadien en l'inscrivant dans sa Constitution même? Et que toute son œuvre politique à été entièrement tournée autour de l'objectif de supprimer toute forme d'identité et de nationalisme québécois (œuvre que son fils poursuit encore fidèlement)?

    Quant à la question de ce par quoi ÉCR doit être remplacé, c'est un autre débat qui ne doit pas servir d'alibi au maintien d'ÉCR.

    • Denis Forcier - Abonné 15 janvier 2020 12 h 55

      Concernant le multiculturalisme à la Canadienne, au lieu d'en voir un de ses démons soi-disant tapi dans l'orientation du cour ECR actuel comme le fait allègrement un Bock-Côté dans un autre journal, pourquoi ne pas s'y attaquer de front au nom de l'interculturalisme. Pourquoi tous ces opposants aux multiculturalisme ne pousse pas de toutes leurs forces , de leurs crayons ou leurs doigt à l'ordinateur pour que le gouvernement Legault offre de signer la Constitution canadienne de 1982 à condition qu'une Déclaration d'identité inter-culturaliste du peuple québécois y soit intégrée ? Voilà ce qui serait courageux et non veule en s'en prenant pour ce motif soi-disant multiculturaliste à un pauvre cours concernant l'éthique et le phénomène religieux pour remplacer en particulier et enfin les cours de religion selon une approche confessionelle. Ceci dit, que le cours soit mis à jour et revu quant à ses lacunes est nécessaire , mais il ne faut surtout pas l'abolir , abolir ce qui a pris des décennies à mettre au point. Vraiment, attention! Il ne faut jamais jeter le bébé avec l'eau du bain.

    • Marc Pelletier - Abonné 16 janvier 2020 11 h 16

      M. Denis Forcier,

      Les opposants au multiculturalisme, suite à la lecture de leurs commentaires, sont des idéologistes inflexibles qui se servent de cet " argument " à toutes les sauces. Ces " gens là ", comme chantait Jacques Brel , sont fermés à toutes les opinions qui divergent des leurs.

      Les convictions ouvrent au dialogue, mais les certitudes emmurent leurs auteurs.

  • Charles-Étienne Gill - Abonné 15 janvier 2020 03 h 44

    « a marqué un grand bond en avant»

    Je ne peux même pas croire que l'on écrive encore, après Mao, «grand bon en avant» et être sérieux.

    Coudonc, notre grande intello lit-elle?
    Un livre s'intitule «La face caché du cours ECR».

    Ça fait du bien de la lire sur un sujet où je m'y connais franchement plus, il faut vraiment être de la dernière pluie pour ignorer combien le cours est mauvais. Diantre, parlez à des parents, à des enfants ou à des étudiants. Je comprends mieux pourquoi je suis tellement en désaccord avec elle le reste du temps.

    Comment se fait-il que des étudiants ne puissent nous dire quels sont les piliers de l'Islam ou distinguer le sunisme du chiisme? Parce que la compétence est «manifester sa compréhension» du phénomène religieux. L'autre élément c'est «pratiquer le dialogue». Pas connaitre tout court. « Donc tout le monde il est bon, tout le monde il est gentil, ça me dérange pas ce que les autres font, faut respecter». Voilà le comportement attendu si vous lisez le programme.

    Le cours c'est surtout pas d'élaborer et de décrire les enjeux liés à une intrication d'une religion exogène intégriste avec la modernité de la société d'accueil. Le cours c'est surtout pas d'expliquer pourquoi ça peut être difficile à Outremont de vivre avec les Hassidim. Le cours c'est surtout pas d'évaluer politiquement pourquoi le jugement Anselem est complètement incongru.

    Parce qu'un cours où l'on « connaitrait » vraiment supposerait que les connaissance au sujet des religions ne viendraient pas des religions elles-mêmes, mais de la science. Ainsi on apprendrait par exemple que les «Juifs» ne sont pas à la base un peuple, mais une religion prosélyte et on comprendait comment et pourquoi certains des récits ont été écrits. On ferait la même chose avec l'Islam... Ouch. Chaque connaissance dite serait alors «mécréante»...

    C'est ce cours que vous voulez? Alors oui, la mouture actuelle est multiculturaliste. C'est pas de la paranoïa que de le constater.

    • Cyril Dionne - Abonné 15 janvier 2020 08 h 51

      Comme vous avez raison M. Gill. C’est encore une fois la charge de la brigade légère du multiculturalisme rampant de Mme Pelletier, une idéologie qui a été dénoncée sur tous les continents mais qui continue d’office comme religion d’état dans le ROC. Misère.

      Pour ajouter, le cours ECR n’est pas le véritable aboutissement de la déconfessionnalisation des écoles au Québec. Pardieu, c’est la Révolution tranquille qui en est l’auteur. Le reste n’était que formalité bureaucratique.

      Ensuite, faire découvrir et vénérer des idéologies qui sont responsables de guerres, massacres et j’en passe durant toute l’histoire de l’humanité à des enfants n’a jamais eu sa place à l’école. Encore moins la misogynie et l’homophobie qui en découlent qui vont à l’encontre du gros bon sens. Et Mme Pelletier est surprise que les femmes s’objectent à ces dogmes et doctrines patriarcales qui prêchent la soumission de la femme et l'inégalité. Nous sommes bien en 2020? Les amis imaginaires des religions, eh bien, c’est « cute » pour les enfants de quatre ans, mais encore une fois, il faut grandir. Ceci n’a pas et n’aura jamais sa place dans le curriculum des écoles primaires et secondaires. Bon dieu qu’on est loin de la spiritualité autochtone en lisant les grandes lignes de ce cours.

      Enfin, le cours ECR a été institué seulement au Québec pour endoctriner les enfants québécois au multiculturalisme « canadian ». Il n’apparaît nulle part ailleurs dans le ROC. Comme enseignant de l’Ontario, je suis abasourdie d’apprendre tout ce qui s’enseigne dans ce cours. On honore les religions monothéistes d’il y a deux siècles passés. Ceci dit, ils ne pourraient pas faire la même chose en Ontario sans que les parents des enfants s’objectent à cette forme d’endoctrinement. Il y a une mer de différence entre parler des autres cultures et de discourir sur des sectes qui ont réussi (les religions) dans la salle de classe à des enfants en formation de leur être et personnalité.

  • Denis Pageau - Inscrit 15 janvier 2020 05 h 55

    Éthique et morale citoyenne

    Pourquoi pas ne pas offrir un cours sur l'éthique et la morale citoyenne basé sur l'idée que notre profession première est la citoyenneté?

    Denis Pageau
    Sociétalogue.

    • Denis Blondin - Abonné 15 janvier 2020 10 h 29

      Génial! On va pouvoir enseigner comment lire un passeport, quelles sont les limites du territoire où on a le droit de circuler et pour combien de temps, etc.
      C'est quoi, la citoyenneté, au juste? Y a-t-il une théorie citoyenne pour nous éclairer là-dessus? Ou un traité de morale citoyenne? Au delà de la négation ou de l'ignorance de la diversité socio-culturelle, quels seraient les contenus du fameux cours de citoyenneté censé remplacer le cours ECR?
      On dirait bien que la Citoyenneté est un parfait synonyme de la Laïcité: n'importe quoi sauf de la religion.

    • Denis Pageau - Inscrit 15 janvier 2020 13 h 01

      Denis Blondin demande: "C'est quoi, la citoyenneté, au juste? Y a-t-il une théorie citoyenne pour nous éclairer là-dessus? Ou un traité de morale citoyenne?"

      J'ai développé une nouvelle science qui étudie les sociétés en tant qu'organisations et la citoyenneté en tant que profession. Cette science s'appelle la sociétalogie. Je devrais publier un livre sur le sujet d'ici la fin de l'année.

      Denis Pageau
      Sociétalogue

    • Denis Pageau - Inscrit 15 janvier 2020 14 h 16

      Denis Blondin demande: "quels seraient les contenus du fameux cours de citoyenneté censé remplacer le cours ECR?"

      Premièrement, ce ne devrait pas être un cours, mais l'objectif premier du système scolaire: formé des citoyens compétents. Pour y arriver, tous les programmes devraient permettre aux apprentis citoyens d'acquérir les connaissances et les habiletés nécessaires pour qu'ils possèdent à la fin du processus scolaire les compétences personnelles, sociales et sociétales qui feraient d'eux des citoyens compétents.

      Denis Blondin écrit: "On dirait bien que la Citoyenneté est un parfait synonyme de la Laïcité. "

      En effet.

      Denis Pageau
      Sociétalogue.

    • Denis Blondin - Abonné 15 janvier 2020 20 h 01

      Si je comprends bien votre définition de la Citoyenneté, c'est donc n'importe quoi sauf de la religion, comme la laïcité. Vive la nouvelle Scien de la Sociétalogie!

    • Denis Pageau - Inscrit 16 janvier 2020 06 h 17

      Actuellement la sociétalogie est une science de gestion conçue spécifiquement pour aider les citoyens à étudier et macrogérer leurs sociétés dans lesquelles ils vivent.

      La sociétalogie donne donc à tous les citoyens, ce qui inclut naturellement les leaders politiques, sociales, économiques, culturelles et religieux ainsi que les travailleurs, les étudiants, et autres citoyens, les outils qui leur permettent d'évaluer l'ensemble des actions individuelles, de groupes et collectives qui se produisent sur le territoire de leur société, ce qui inclus naturellement les actions politiques, sociales, économiques, culturelles, religieuses et autres.

      Non seulement elle donne une base scientifique pour étudier ces actions, mais elle permet aussi de proposer des modifications afin que nos concitoyens qui oeuvrent dans ces domaines s'assurent que les actions qu'ils promeuvent facilitent le développement des citoyens,des sociétés et des gouvernements et de remiser celles qui ne le sont pas.

      Comme les décisions se prennent au sein de nos nos assemblés législatives, cette science peut aussi guider nos élus afin qu'ils prennent des décisions qui sont compatibles avec le développement de meilleures sociétés c'est-à-dire une société qui nous facilite le développement et l'intégration sociale et sociétale des citoyens, qui cela facilite le fonctionnement et le développement de nos sociétés et ainsi que de nos gouvernements. . .

      Bref, la sociétalogie accompli ce que la sociologie n'a jamais pu faire, guider nos actions individuelles de groupes et collectives tout en s'assurant que nous soyons libres de nous développer comme nous le voulons et que nous soyons capables de protéger la liberté des autres.

  • Jean Lacoursière - Abonné 15 janvier 2020 06 h 17

    Madame Pelletier écrit:

    « Le Conseil du statut de la femme a accusé le volet religieux de véhiculer des stéréotypes sexistes. Est-ce à dire qu’il ne faudrait pas enseigner l’esclavage parce que cette période dépeint les Noirs comme des bêtes de somme ? »

    Moi, si j'écrivais des choses comme çà, je ferais tout de suite mesurer la concentration de plomb dans l'eau qui coule de mon robinet. Et je ne serais certainement pas chroniqueur au Devoir.

    • Louise Collette - Abonnée 15 janvier 2020 08 h 51

      C'est la question que je me pose souvent, que fait-elle dans un journal que l'on dit sérieux comme le Devoir ? C'est de la rigolade ça. Pénurie de main-d'oeuvre ??
      Quant aux religions, on repassera, je suis tombée dedans quand j'étais jeune...

    • David Cormier - Inscrit 15 janvier 2020 09 h 25

      Les écrits de madame Pelletier recèlent d'amalgames, de raccourcis et de sophismes. C'est pas nouveau. D'autres se sont fait montrer la porte du Devoir pour moins que ça.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 15 janvier 2020 14 h 33

      Je vois que vous êtes charitable au point de vous abstenir de tout procès d'intention. Bravo.