La Bourse porte les régimes

La poussée de plus de 20 % des actions en 2019 est venue sauver l’année des régimes de retraite. Ceux à prestations déterminées (PD) ont pu ainsi compenser des taux de rendement obligataire à échéance les plus faibles en 60 ans.

Les actions mondiales ont terminé l’année avec éclat, produisant la meilleure performance annuelle en une décennie de l’indice MSCI Monde, ont souligné les analystes de la Banque Nationale. « Les gains étaient généralisés, toutes les grandes régions affichant une performance à deux chiffres », le ton accommodant des banques centrales et la baisse des taux directeurs comptant parmi les catalyseurs. Mais pour les régimes PD…

Cette année plutôt faste en Bourse a produit un rendement global de 22,9 % de l’indice S & P / TSX, de 28,9 % (en dollars américains) du S & P 500 et de 27,7 % (en dollars américains) du MSCI actions mondiales. Côté obligataire canadien, les pressions baissières sur les taux ont permis une hausse de 12,7 % de l’indice des obligations canadiennes à long terme l’an dernier. Ce faisant, la firme d’actuariat Aon Canada a calculé que le rendement global de l’actif des régimes à prestations déterminées composant son univers a crû, en moyenne, de 15,9 % l’an dernier.

Sur la base du degré de solvabilité, l’indice Mercer de santé financière d’un régime de retraite hypothétique a atteint 112 % au 31 décembre dernier, contre 102 au début de l’année. Le ratio de solvabilité médian des régimes clients du cabinet en ressources humaines était de 98 %, contre 93 % à la fin de 2018.

Pour Aon, ce ratio se chiffrait à 102,5 % au 1er janvier 2020, soit une hausse de 7,2 points de pourcentage sur l’année, qui rapproche le ratio de son record trimestriel atteint au troisième trimestre de 2018. « La proportion de régimes entièrement capitalisés se situait à 54 % au 1er janvier 2020, en hausse de 16 points de pourcentage sur 12 mois », ajoute Aon.

Passif actuariel

Voilà pour l’actif. Au passif, « les rendements des obligations à 10 ans ont tout de même terminé l’année à 26 points de moins qu’au début de 2019, et ceux des obligations à long terme, à 42 points », écrit Aon. Pour sa part, Mercer souligne que « le rendement positif du marché des actions tout au long de 2019 a permis aux régimes de retraite PD types de connaître une très bonne année, malgré les taux de rendement à échéance des obligations à long terme les plus faibles en plus de 60 ans ». Et F. Hubert Tremblay, conseiller principal de Mercer Canada, d’ajouter : « Les régimes PD qui investissent massivement dans les actions peuvent encore une fois dire merci aux marchés de les avoir sauvés d’une année qui aurait pu être catastrophique. »

Le cabinet souligne que l’amélioration des niveaux de capitalisation sur la base de solvabilité n’a pas empêché que des pressions soient exercées sur les obligations de ces régimes présentées dans les états financiers, sous le coup de taux d’intérêt les plus bas jamais vus et des faibles écarts de taux des obligations de sociétés de haute qualité. « Il est possible qu’une hausse de 15 % des obligations dans le bilan des organisations au courant de l’année attire l’attention des directeurs financiers et des investisseurs sur les passifs accumulés, élément auquel ils ne se seraient peut-être pas autrement attardés », prévient M. Tremblay.

1 commentaire
  • Clermont Domingue - Abonné 11 janvier 2020 09 h 47

    Fragile!

    Les bourses se boursoufflent et les banques centrales créent du cash. Tout va très bien madame la Marquise. Pourvu que ça dure...