Bulletin de l’opposition

Ses collègues parlementaires ont désigné Pascal Bérubé (Matane-Matapédia, PQ) comme le meilleur orateur de l’Assemblée nationale. Maintenir le moral des troupes dans ce qui ressemble à une situation désespérée aux yeux de plusieurs est tout un défi. À voir les réactions qu’elle a provoquées, sa lettre aux Albertains publiée dans le Calgary Herald a fait mouche. A

D’abord dans le dossier de l’aide médicale à mourir et maintenant dans celui de la violence sexuelle, Véronique Hivon (Joliette, PQ) a donné l’exemple d’une approche transpartisane qui s’est révélée contagieuse, contribuant ainsi à rehausser l’estime de la population envers l’ensemble de la classe politique. A

Contrairement à d’autres, Christine Labrie (Sherbrooke, QS) ne donne jamais l’impression de faire du théâtre, mais elle a créé une vive impression avec des exemples très explicites de la cyberintimidation dont elle et ses collègues féminines du caucus de Québec solidaire sont régulièrement les victimes.B

Qu’il s’agisse du « troisième lien » ou du projet de gaz liquéfié au Saguenay, auquel il s’oppose même si les gens de la région l’appuient, Sylvain Gaudreault (Jonquière, PQ) met très bien en lumière les incohérences du gouvernement en matière d’environnement. Vouloir être chef du PQ dans les circonstances actuelles est une preuve éloquente qu’il ne craint pas l’adversité. B

Gaétan Barrette (La Pinière, PLQ) a reconnu que son passage au ministère de la Santé l’empêcherait de mener le PLQ à la victoire. Cela n’enlève cependant rien à son efficacité comme porte-parole libéral pour le Conseil du trésor et les transports. Il était particulièrement bien placé pour comprendre que la prétendue récupération de 500 millions n’aura aucun effet sur la rémunération des médecins spécialistes. B

L’actuelle ministre de la Santé, Danielle McCann, n’est pas facile à déstabiliser, mais André Fortin (Pontiac, PLQ) a frappé dans le mille en rendant publique une lettre datée de 2014, dans laquelle elle louangeait la réforme de son prédécesseur libéral. Elle doit maintenant y penser à deux fois avant de blâmer « l’ancien gouvernement ». B

Dans son rôle de « shérif » de QS, Vincent Marissal (Rosemont, QS) dénonce avec un mordant souvent assaisonné d’humour l’élasticité d’une éthique publique dont la CAQ se voulait la gardienne quand elle était dans l’opposition. Sa plus récente cible a été le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, que les indemnités et la pension versées en plus de son salaire de ministre font entrer dans la catégorie des « gagnants à vie » de la Caisse de dépôt. B

Monsef Derraji (Nelligan, PLQ) a pris le gouvernement Legault au dépourvu avec sa motion exigeant l’annulation pure et simple de la réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui a consacré la déroute du ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette.B

La déconfiture de Rona, dont elle avait loué l’acquisition par Lowe’s, et un rapport très sévère de la vérificatrice générale ont terni l’image économique de Dominique Anglade (Saint-Henri–Sainte-Anne, PLQ). Cela ne l’a pas empêchée de prendre une longueur d’avance sur son seul adversaire à ce jour dans la course à la chefferie du PLQ, Alexandre Cusson. Son témoignage à l’occasion du 10e anniversaire du tremblement de terre en Haïti était absolument bouleversant. B-

Manon Massé (Sainte-Marie–Saint-Jacques, QS) a fait preuve d’une solidarité exemplaire en se portant sans grand espoir à la défense de Catherine Dorion, mais son discours désormais axé presque exclusivement sur la lutte contre les changements climatiques tend à occulter le message social de QS. La baisse dans les intentions de vote enregistrée par le dernier sondage Léger et le résultat décevant obtenu dans Jean-Talon devraient l’inciter à réfléchir. B-

Marwah Rizqy(Saint-Laurent, PLQ) a été sacrée meilleure parlementaire féminine par ses pairs, mais elle ne fait pas l’unanimité au sein du caucus libéral, où on l’a comparée à Martine Ouellet. Elle a talonné sans relâche le ministre de l’Éducation dans le dossier des maternelles quatre ans, mais elle gagnerait à ne pas toujours jouer sur le seul registre de l’agressivité. C

Alors que Paule Robitaille (Bourassa-Sauvé, PLQ) plaidait en faveur d’une stricte neutralité dans le dossier de la Catalogne, faisant valoir la souveraineté et le caractère démocratique de l’État espagnol, son parti a senti le besoin de mettre un peu d’eau dans son vin. Sa conception très canadienne, pour ne pas dire trudeauiste, des droits et libertés risque de la placer en porte-à-faux avec le virage bourrassien que plusieurs souhaitent au PLQ. C-

On ne demande pas au leader parlementaire de l’opposition de faciliter la vie du gouvernement, mais l’agressivité de Marc Tanguay (LaFontaine, PLQ) le dessert. Lui et Simon Jolin-Barrette sont comme deux coqs. En sapant l’autorité du président de l’Assemblée nationale, il nuit d’ailleurs moins au gouvernement qu’à l’institution parlementaire elle-même. D

Les interventions de Catherine Dorion (Taschereau, QS) en faveur du patrimoine ont malheureusement été éclipsées totalement par ses excentricités vestimentaires et son malin plaisir à bafouer les us et coutumes parlementaires, qui nuisent clairement à son parti. Même à QS, certains commencent à en avoir ras le bol. D

D au président

Une session pénible pour François Paradis (Lévis). La création d’un logo à ses initiales en a mécontenté plusieurs, dont le premier ministre. On lui a reproché d’avoir laissé Catherine Dorion utiliser le Salon rouge pour son message controversé de l’Halloween. Son arbitrage des débats est souvent erratique et la liste des mots et des expressions qu’il autorise raccourcit dangereusement. D

9 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 14 décembre 2019 02 h 42

    Ajout


    Je décernerais également une bonne note à la députation anglophone du Parti libéral.

    L’à-propos et le caractère factuel de leurs interventions contraste avec l’hypocrisie de celles de leurs collègues francophones, hier si indifférents à la souffrance qu’ils infligeaient à la population québécoises par leurs coupures sauvages dans l’appareil de l’État au point de le rendre dysfonctionnel.

    Quand j’entends cette vieille garde se porter aujourd’hui à la défense des êtres _vulnérables_, je me demande pourquoi ces gens ont mis 15 ans avant de se préoccuper d’eux.

    Quant au whip du PLQ, Marc Tanguay, il mérite un Z. Sa partisannerie mesquine et sa manie de saper l’autorité du président de l’Assemblée font de lui un parlementaire détestable. Tout le temps qu'il prend à essayer d'avoir le dernier mot est du temps perdu de la période des questions.

    Du côté de QS, j’aime bien le professionnalisme dont fait preuve Riba Ghana.

    De plus, Émilie Lessard-Therrien (de ce parti) a fait un bon travail à défendre ses commettants dans le dossier de l’arsenic.

    Quand aux bonnes notes attribuées à la députation péquiste, je partage entièrement l’avis de l’analyste du Devoir.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 15 décembre 2019 06 h 32

      @ M. Martel

      Quant à y être, pour "la cote Z". Dans cette catégorie, rejoint par le ministre de l'Immigration et sa série de bourdes. "La plousse meilleure": vouloir metre la hache dans le programme PEQ des étudiants étrabgers; puis 3 semaines après, en faire des candidats de choix. Sans oublier l'ineffable test de valeurs , à distance pour les immigrants économiques seulement.

    • Rose Marquis - Abonnée 15 décembre 2019 07 h 30

      Le professionnalisme de Ruba Ghazal. Étant de la même région que Émilise Lessard-Therrien et l'ayant écouter prendre position sur d'autres sujets je suis tout à fait d'accord.

  • Yvon Pesant - Abonné 14 décembre 2019 04 h 55

    D pour Dorion

    Cette mauvaise note est la bonne.

    • Hélène Gervais - Abonnée 15 décembre 2019 06 h 27

      j'y mettrais un Z plutôt qu'un D. Et à la place des têtes dirigeantes de qs, je me poserais beaucoup de questons en ce qui la concerne. Ce que cette députée souhaite, c'est surtout faire parler d'elle. Elle a l'habitude, 1 fois par mois environ, de faire quelque chose en ce sens.

    • Rose Marquis - Abonnée 15 décembre 2019 07 h 32

      Je suis en désaccord avec cette évaluation, elle est basée en majeure partie sur le style vestimentaire de Catharine Dorion, j'ai écouté certaines de ses interventions qui étaient tout à fait appropriées et comme s'il n'y en avait pas d'autres qui faisaient du théatre à l'Assemblée nationale, mas de façon plus conservatrice...

    • Pierre Grandchamp - Abonné 15 décembre 2019 12 h 36

      @ Mme Marquis

      En accord absolu sur la cote de Mme Dorion pour son manque de jugement fragrant et son non respect des us et coutmes.

      D'ailleurs. il y est pour beaucoup dans la descente de QS au dernier sondage.

  • Jean-Guy Aubé - Abonné 14 décembre 2019 16 h 58

    Omission ?

    Vous n'avez pas noté Gabriel Nadeau-Dubois, je suppose que c'est parce qu'il ne vaut pas la peine d'être mentionné!

  • Diane Gélinas - Abonnée 14 décembre 2019 23 h 15

    @ Jean-Pierre Martel

    "Quant au whip du PLQ, Marc Tanguay, il mérite un Z."

    Cet homme est l'insolence personnifiée. Je n'oublierai jamais son ton frondeur lors de la Commission sur la Charte de la Laïcité du PQ alors qu'il s'apprêtait à questionner le sociologue émérite Guy Rocher sur son mémoire.

    Il débute son laïus en insistant : "Je vais tenter de parler un peu plus fort..."

    De ses 90 ans ou presque, Monsieur Rocher l'interrompt sur le champ : "À mon âge, on entend moins... mais on comprend plus de choses, par exemple."
    SOURCE : https://www.youtube.com/watch?v=RTHR-gN28uE

    Comme vous, je le considère comme l'un des parlementaires les plus détestables.