Bulletin ministériel

Alors que la CAQ vantait le modèle des garderies privées quand elle était dans l’opposition, Mathieu Lacombe (Famille) semble réellement croire aux CPE, même si le premier ministre Legault n’en a que pour les maternelles 4 ans. Convertir les garderies privées non subventionnées en établissements subventionnés pour « faire le ménage » dans un réseau qui en a bien besoin est une bonne idée. A

Dans sa révision du programme d’assurance parentale, Jean Boulet (Travail, Emploi, Solidarité sociale) a fait la démonstration, dont certains de ses collègues pourraient s’inspirer, qu’un ministre peut se raviser quand il se rend compte qu’il est dans l’erreur sans que l’opposition présente ce recul comme une défaite du gouvernement. La réforme de la Loi sur la santé et la sécurité du travail, qui date de 1979, devra toutefois attendre. A–

La bonne tenue de l’économie a encore une fois facilité la vie du ministre des Finances, Eric Girard, qui a pu présenter une mise à jour économique et financière généreuse, forcément bien accueillie. Dans la foulée du vol des données personnelles des 4,2 millions de membres de Desjardins, dont il semblait minimiser la gravité au départ, il a décidé d’imposer des sanctions aux agences de crédit qui négligeraient de protéger leurs clients. B

Sonia LeBel (Justice, Institutions démocratiques, Relations canadiennes) a rempli la promesse de la CAQ en déposant un projet de loi sur la réforme du mode de scrutin avant le 1er octobre, mais on attend toujours celui sur la protection des renseignements personnels. Plutôt effacée dans sa fonction de ministre responsable des Relations canadiennes. B

Au terme d’une démarche amorcée en 2012, la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforêt, a conclu avec les municipalités un nouveau pacte fiscal qui permettra de diversifier leurs sources de revenus et d’y ajouter 1,2 milliard d’argent frais en cinq ans. B

Certains ont fait des gorges chaudes de l’investissement de 30 millions dans une entreprise française de fabrication de dirigeables industriels, mais on ne peut accuser Pierre Fitzgibbon (Économie) de se traîner les pieds ou de manquer d’imagination. Il était tentant de soupçonner Québecor de vouloir faire avorter le projet de coopérative des employés de GCM, mais les menaces à peine voilées contre Desjardins étaient déplacées. B

Marguerite Blais (Aînés) a finalement lancé son projet de Maisons des aînés, mais on se demande toujours où elle trouvera les préposés nécessaires. C’est très bien de vouloir rénover les CHSLD, mais il est un peu agaçant de l’entendre accuser les libéraux de les avoir négligés alors qu’elle a été responsable des aînés dans le gouvernement Charest pendant cinq ans. B


 
 

François Bonnardel (Transports) a finalement réussi à clore le dossier du taxi. Il a eu beau faire un grand ménage à la Société des traversiers, il semble toutefois impossible de mettre fin au cauchemar qu’elle constitue depuis sa nomination. B–

Pour reprendre son expression, le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, travaille en « sous-marin », de sorte qu’on ne connaît toujours pas les détails de la « perspective d’entente » avec les médecins spécialistes qui permettra de diminuer leur rémunération de 500 millions, alors que la CAQ avait promis 1 milliard. Les plans stratégiques visant à améliorer la performance des différents ministres ont cependant fait surface. B–

À partir du moment où le premier ministre Legault en a fait une affaire personnelle, Jean-François Roberge (Éducation) ne pouvait pas renoncer aux maternelles 4 ans, malgré les innombrables critiques et l’explosion des coûts. Il a plutôt ralenti la cadence. L’opposition au projet de loi sur la gouvernance scolaire serait moindre s’il ne donnait pas l’impression de vouloir mettre le réseau de l’éducation à sa botte. B–

Nadine Girault n’est pas très flamboyante, mais sa nouvelle politique internationale a le mérite de voir l’intérêt d’attirer autant d’étudiants étrangers que possible, alors que son collègue de l’Immigration ne semblait pas en voir l’utilité. Sans surprise, cette politique est centrée sur l’économie de façon presque obsessionnelle, mais elle reconnaît aussi l’importance de la diplomatie d’influence. B–

Geneviève Guilbault a le droit de haïr les péquistes et Montréal, mais elle a manqué de doigté en traitant ni plus ni moins d’incompétents les attachés politiques dont elle voulait se débarrasser. Elle a appris qu’il est plus facile de se faire applaudir au moment d’une inondation que six mois plus tard. Les quelque 700 000 propriétaires d’armes à feu qui refusent toujours de s'inscrire au registre qu’elle a mis en place il y a un an n’ont pas été inquiétés. Elle a nommé une première femme à la tête de la SQ. B–

Danielle McCann (Santé) n’a pas encore réussi à conclure une entente sur un nouveau mode de rémunération avec les pharmaciens, qui est une condition essentielle à l’élargissement de leurs pouvoirs médicaux sur lequel elle mise pour désengorger les urgences, où le temps d’attente a encore augmenté depuis un an. Remplacer le paiement à l’acte par la « capitation » est une excellente idée, mais le premier ministre a dû brandir la menace d’une loi spéciale pour faire avancer les négociations avec les omnipraticiens. L’opposition a rendu publique une lettre gênante dans laquelle elle vantait les mérites de la réforme de son prédécesseur libéral, Gaétan Barrette. B–

La ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, est sans doute bien intentionnée, mais les représentants des Premières Nations lui ont clairement fait savoir qu’ils entendent discuter directement avec le premier ministre des suites à donner au rapport de la commission Viens. L’absence de M. Legault à la rencontre au sommet de la mi-octobre en avait fait « un rendez-vous manqué ». C

Benoit Charette (Environnement) a voulu ménager la chèvre et le chou en inventant un nouveau statut d’« aire protégée à utilisation durable » pour l’île d’Anticosti. Réglementer la récupération des électroménagers est sans doute une bonne idée, mais la « consigne élargie », qu’il comptait mettre en place cet automne, se fait toujours attendre. Accueilli en héros au dernier congrès de la CAQ, Dominic Champagne qualifie maintenant le gouvernement Legault de climatosceptique. C

Jonatan Julien, dont le style rappelle les années 1950, a réussi à faire une unanimité rarement vue contre son projet de loi sur les trop-perçus d’Hydro-Québec, qu’il faudra adopter sous bâillon. On en arriverait presque à admirer son entêtement si les inconvénients n’étaient pas aussi évidents. C–

Nathalie Roy (Culture et Communications) s’est vu retirer le dossier de la langue au profit de Simon Jolin-Barrette, jugé en principe plus efficace. En attendant la révision de la Loi sur le patrimoine culturel, les 30 millions annoncés jeudi ressemblent à la porte de l’écurie qu’on ferme quand le cheval est parti. C–


 
 

Après avoir été sérieusement écorché l’an dernier par le conflit d’intérêts dans la recherche sur les pesticides dénoncé par le lanceur d’alerte Louis Robert, le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, s’est encore retrouvé dans l’embarras quand la vérificatrice générale a révélé une situation analogue chez les vétérinaires qui sont autorisés à prescrire et à vendre des antibiotiques. Le pauvre semblait encore tomber des nues. D

L’homme de confiance du premier ministre et héros de la laïcité, Simon Jolin-Barrette (Immigration, leader parlementaire), a subi un cuisant échec dans sa tentative de réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Comble de l’humiliation, l’opposition a profité d’une autre bévue du gouvernement, à court de députés au Salon bleu, pour faire adopter une motion qui tournait le fer dans la plaie. Il ne fait rien pour inciter les partis d’opposition à collaborer. E

21 commentaires
  • Marie Nobert - Abonnée 7 décembre 2019 02 h 49

    Bonjour! monsieur l'Inspecteur.

    Je l'attendais ce «bulletin» chiffré. Oups! «alphabêtisé».

  • François Poitras - Abonné 7 décembre 2019 08 h 14

    L‘erreur du gouvernement Legault dans le dossier du PEQ est de ne pas avoir prévu le tir croisé de la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain et des institutions d’enseignement supérieur, des organismes qui bénéficient du « Free for all » actuel. Une légère refonte du projet de loi permettra son adoption.

    Enfin, avec un taux de satisfaction de 70% chez la francophone, la population n’endosse certainement pas ce E ridicule.

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 7 décembre 2019 11 h 20

      Je suis d’accord avec votre commentaire M. Poitras. J’ignore ce qui a pris à Michel David, peut-être a-t-il une dent contre le ministre Jolin-Barrette pour une raison quelconque, mais la ‘’note’’ qu’il lui accorde dans sa chronique est ridicule, à moins qu’on accorde la même au commentaire de M. David.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 7 décembre 2019 13 h 22

      Ce ministre gaffeur mérite un Z.

      Gaffe no 1 :Le petit avocat, qu’il est, décide de jeter au panier 18 000 dossiersl IL n’avait pas prévu que la Cour le bloquerait. Gaffe no 2 : le bonjour aie! Un autre recul Gaffe no 3 : son ridicule test de valeurs pouvant être passé à distance, pis seulement pour les immigrants économiques. Gaffe no 4. A lire cette chronique : « Le bluff de Legault en immigration ».Comment couper en immigration quand le Québec est une simple province ne détenant pas tous les pouvoirs
      https://www.journaldemontreal.com/2019/11/25/le-bluff-de-legault-en-immigration

      Voulant respecter la promesse de la CAQ de réduire les seuils d’immigrants, le ministre décide de couper dans les étudiants immigrants du programme PEQ; pcq c’est le seul dossier où il pouvait couper. Une gaffe majeure!! « Amateurisme navrant », écrira Michel David. Legault défend son ministre et insulte les dirigeants des cégeps et universités. 24 heures plus tard, le ministre et son chef font un virage à 180 degrés. Quelques jours plus tard, la ministre des relations internationales, au nom du gouvernement, annonce que les immigrants étudiants seront en priorité.

      Après 14 mois de pouvoir, ce ministre et son chef doivent recommencer à zéro.Si Jolin-Barrette avait été sous gouvernement un libéral ou un péquiste, ça ferait longtemps qu’il aurait été dégommé.

      Le plus préoccupant: ce ministre est responsabble du dossier délicat de la langue.Il n'a plus aucune cérdibilité!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 7 décembre 2019 13 h 31

      Selon moi, la popularité de la CAQ chez les francophones s'explique, surtout, par la loi 21.La CAQ a été brillante de passer cela au tout début. Elle s'explique, aussi, pcq le PLQ et le PQ n'ont pas de chef. 3-Le fait que le PLQ, après avoir coupé, a laissé les coffres de l'État remplis. 4-L'écoeurement de la population face au PLQ au pouvoir pendant plusieurs années.

      Moi, si j'étais chef de l'opposition, je sortirais la liste des promesses de la CAQ reniées ou bafouées, après seulement 14 mois de pouvoir.
      La "plus meilleure": Legault avait promis très officiellement que les prochaines élections se feraient à la proportionnelle. Le baillon actuel sur les frais d'électricité. La loi 21 non appliquée au privé, subventionné. Récupérer un milliard $ des médecins spécialistes.Réduire les seuils d'immigration.." A la demi-mesure", écrira MIchel David, en parlant des promesses de la CAQ bafouées, après seulement 14 mois.

  • Marie-Hélène Gagnon - Abonnée 7 décembre 2019 10 h 52

    Bulletin généreux!

    Je crois que les notes accordées sont très généreuses. Nous avons affaire à un gouvernement populiste, qui ne consulte pas, qui fonce tête baissée sans regarder les conséquences de ses actes à long terme et qui gaspille les fonds publics.

    Quand on parle d'un taux de satisfaction de 70% chez les francophones, je ne peux m'empêcher de faire un parallèle avec les résultats du rapport de PISA : un élève sur 7 sait distinguer la différence entre un fait et une opinion. Si on ramène le tout en pourcentage, et on peut facilement appliquer ces résultats à l'ensemble de la population, 14% de la population sait faire la distinction entre une opinion et un fait! C'est inquiétant...

  • Marc Therrien - Abonné 7 décembre 2019 10 h 53

    Les premiers seront les derniers


    J'imagine que le ministre Jolin-Barrette n'aura pas droit à une demande de révision de sa note. Que signifie cet échec perçu et attribué malgré son fait d’armes qu’est la loi sur la laïcité de l’État qui lui a valu la médaille de la bravoure? M. David veut-il exprimer que le peuple francophone qui appuie majoritairement le bon « cheuf » Legault et son loyal soldat tolère bien l’échec en bon perdant qu’il est?

    Marc Therrien

  • Anne Bernard - Abonnée 7 décembre 2019 12 h 04

    La note est trop sévère a l'égard du ministre de l'Immigration et manque de nuance

    La note attribuée au ministre Jolin Barette est trop sévère et manque de nuance. Il faut regarder l'ensemble de l'oeuvre pour porter un jugement et considérer les responsabiités lourdes qui sont les siennes. Cela ne justifie pas qu'il tourne les coins ronds certes mais la réforme de notre système d''immigration et de ses composantes comme le PEQ sont nécessaires. Ce système vit sur son air d'aller depuis les années 90 et est devenu a la merci des consultants en immigration et des avocats, ce qui a conduit a plusieurs abus. Une analyse plus fine du dossier permettrait de porter un jugement plus nuancé sur le ministre qui a a coeur de réformer le système et de rmeplir son mandat.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 7 décembre 2019 15 h 30

      @ Mme Bernard

      Au contraire, la note n'est pas assez sévère. Au départ, il voulait couper 18 000 dossiers. Imaginez les répercussions de cela chez de très nombreuses familles. Par après, couper dans le programme PEQ des étudiants présentement dans ce programme: on a vu des tas d'immigrants en larmes, angoissés. Le monde des employeurs et de l'enseignement supérieur aux abois; avec raison!

      Si ce ministre avait partie d'un gouvernement libéral, vous auriez sorti les grelots.Il n'a plus aucune crédibilité; imaginez, c'est lui qui porte le dossier très délicat de la langue! Mais, dans le fond, le grand coupable c'est Legault et la CAQ qui ont fait des promesses farfelues pcq l'immigration est un dossier partagé avec l'autre gouvernement. Comment couper quand vous n'avez pas un conbtrôle complet. AS lire la chronique du prof, dans le JdM:" Le bluff de Legault en immigration." 14 mois plus tard, ce ministre gaffeur doit recommencer ses devoirs à zéro.

      Quant au programme PEQ, je pense, au contraire, que c'est notre plus belle immigration!

    • Raynald Rouette - Abonné 7 décembre 2019 16 h 12


      J'ai de la difficulté à croire, à de l'improvisation de la part du ministre et du premier ministre...? Il y a des choses qui n'ont pas été dites ou divulguées au grand public...? C'est seulement après les débuts de la crise ou ce psycho-drame que nous avons appris que l'UPAC était dans le dossier. Pour toutes les raisons ci-haut, un coup de barre et un traitement choc dans le PEQ est nécessaire pour fermer ce "Bar ouvert" ou cet espèce de "chemin Roxam" pour étudiants ou autres.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 7 décembre 2019 19 h 47

      M. Rouette,

      Vous mélangez tout. Les réfugiés arrivant par Roxhan, cela relève exclusivement du fédéral. D'ailleurs on me dit que 60% sont refusés et ne reçoivent pas le statut de réfugiés et doivent s'en retourner chez eux. Les réfugiés, les cas de réunification des familles, ça relève du fédéral.

      Il est là le problème de la CAQ: avoir fait des promesses farfelues difficiles à réaliser pcq le Québec n'est pas un pays, mais une petite province. L'immmigration c'est un dossier partagé avec le fédéral.

      Vous voulez mettre la hache dans le programme PEQ. Ce programme comporte 2 volets: 1-immigrants avec permis de travail. Allez dire cela aux employeurs, vous allez vous faire lancer des roches. 2-étudiants immigrants. C'est notre plus belle immigration! Allez dire cela aux cégeps en régions et aux campus universitaires en régions où les inscriptions d'étudiants étrangers font la différence entre l'ouverture ou non d'un programme. Allez dire cela aux dirigeants du Cégep de Baie Comeau, celui de Matane...vous allez vous faire fusiller.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 8 décembre 2019 09 h 40

      @ M. Rouette

      Exemples:

      Aujourd'hui, quelque 45 % des étudiants proviennent de l'international, au cégep de Matane (sur environ 700)

      Sur 621 étudiants présentement inscrits au cégep de Baie Comeau, on en compte une centaine en provenance d’un pays étranger.