Pardon

En ce matin de juillet 2012, trois hommes juchés sur une motocyclette roulent lentement dans la zone de vignobles au nord de Kandahar. En surplomb, dominant les maisons en pisé, le premier lieutenant Lorance, qui a récemment pris la place du commandant du peloton, blessé. Il n’a pas d’expérience au combat, mais ses hommes craignent déjà son discours vindicatif. Alors que la motocyclette est à près de 200 mètres, il ordonne aux soldats de tirer. La moto s’arrête, les hommes descendent, regardent autour d’eux. Lorance ordonne alors un tir létal. Deux des motocyclistes sont tués.

La fouille des cadavres révélera qu’ils étaient armés… d’une paire de ciseaux et de concombres. Le premier lieutenant tentera de dissimuler la réalité en rapportant que les cadavres n’ont pu être fouillés, ce que les hommes de son peloton démentiront, lors du procès un an plus tard.

Lorance condamné à 19 ans de prison en cour martiale pour crime de guerre, sa cause devient très vite celle de l’extrême droite et des médias conservateurs. Pour eux, le criminel de guerre est un héros, broyé par les rouages des bien-pensants du fameux « deep state ». À sa sortie de prison, Clint Lorance fera d’ailleurs sa première apparition médiatique — le 18 novembre dernier — sur le plateau de Sean Hannity, à Fox News.

Or, c’est cet homme, ainsi que deux autres soldats déployés en Afghanistan — le major Matthew Golsteyn des forces spéciales, dont le procès devait avoir lieu en février prochain pour meurtre, et Edward Gallagher des Navy Seals, condamné pour avoir désacralisé le cadavre d’un détenu —, que le président a choisi de gracier. Contre l’avis de la hiérarchie militaire.

Le président a la Constitution de son côté : le pouvoir de faire grâce est sien. Il pouvait gracier un criminel de guerre de la même manière qu’il a gracié Joe Arpaio — ce shérif qui a régné en tyran sur le comté de Maricopa en Arizona.

Bien sûr, le recours au droit de grâce a toujours soulevé des controverses. Il a parfois été utile à la restauration de l’union nationale, à la suite de la Révolte du whisky aux débuts de la République, ou encore après la guerre civile, pour les sudistes, voire dans le cas de l’amnistie prononcée par Jimmy Carter à l’égard des objecteurs de conscience de la guerre du Vietnam. D’autres ont été particulièrement polémiques : comme la grâce inconditionnelle accordée à Nixon par le président Ford, ou celles prononcées par George H. W. Bush à l’endroit de Caspar Weinberger, d’Elliott Abrams ou de Robert McFarlane — artisans du scandale Iran-Contra qui avait entaché l’administration Reagan. Ce droit régalien doit être un pouvoir exceptionnel, un recours pour faire le bon là où le droit, trop rigide, ne le peut pas — comme commuer une peine disproportionnée en raison de mécanismes juridiques qui dissocient la peine de l’infraction. Il arrive pourtant que ce pouvoir soit détourné de son sens : le respect du droit ne donne pas forcément de la droiture à une décision.

Or, les trois pardons accordés par le président Trump touchent trois inculpés ou condamnés pour crimes de guerre et s’appuient sur un tweet présidentiel : « On entraîne nos gars pour en faire des machines à tuer et ensuite on leur fait un procès quand ils tuent. » Une justification lourde de conséquences. D’abord sur la politique étrangère, car la décision de qualifier les soldats de « machines à tuer » et le doute qu’elle induit sur leur justiciabilité fragilisent un peu plus le lien de confiance avec les États susceptibles d’accueillir des troupes américaines. Ensuite, pour les soldats déployés, car les règles d’engagement sont soudainement moins nettes, le président envoyant le message que si l’on est de son bord, les chances d’absolution croissent. Enfin, pour la chaîne de commandement du Pentagone qui est remise en cause, ce qui vient fausser la relation civilo-militaire… et pose des points de suspension sur la gestion future d’une crise majeure impliquant la défense des États-Unis.

Cette décision s’inscrit dans une compréhension trumpienne du monde. Un univers où l’armée, le service de protection des frontières et la justice deviennent les instruments personnels du président (plutôt que les champs d’action du pouvoir exécutif)… Où la politique étrangère permet de subordonner une aide financière au salissage d’un opposant politique. Où le mépris des règles constitutionnelles permet de s’opposer aux assignations à comparaître et aux mandats d’amener délivrés par le Congrès.

Or, ce sont ces règles constitutionnelles que les Cours fédérales tiennent pour l’instant à bout de bras, imposant que les retours de taxes du président soient divulgués, que l’exécutif se soumette aux requêtes du Congrès, que la séparation des pouvoirs soit respectée. Ce que le président conteste. Encore. Encore. Et encore. Ce qu’il fera sans doute jusqu’en Cour suprême…

Mais en l’occurrence, personne ne s’insurge parce que le président s’est essuyé avec la nappe, ou parce qu’il a porté un complet beige. Les normes en cause définissent la nature de la République. Elles représentent l’État de droit. Ce n’est donc pas un simple pardon…


Une version précédente de cette chronique affirmait que le président Nixon avait été gracié par le président Johnson. Il s'agit plutôt du président Gerald Ford. Nos excuses.

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18 commentaires
  • Brigitte Garneau - Abonnée 30 novembre 2019 07 h 33

    L'univers du président

    En vous lisant, Mme Vallet, je ne peux m'empêcher de voir en Trump "la caricature de la caricature ". "Un univers où l'armée, le service de protection des frontières et la justice deviennent les instruments personnels du président...". J'imagine un enfant gâté d'environ deux ans qui, dans un parc public, décide d'avoir le monopole du bac à sable en en lançant de pleines poignées aux enfants qui auraient la malheureuse idée d'essayer d'aller y jouer aussi...franchement désolant.

  • Pierre Rousseau - Abonné 30 novembre 2019 08 h 15

    État de droit ?

    Si les gestes du président Trump étonnent, c'est qu'ils sont publics et accessibles instantanément sur les médias sociaux via Twitter. Mais la détérioration de l'état de droit aux États-Unis n'est pas nouvelle, surtout à l'étranger. Il est clairement établi grâce à la divulgation des documents officiels après le délai légal, que les ÉU ont provoqué le coup d'état au Chili en septembre 1973 après la déstabilisation du pays par la CIA, déstabilisation qui a commencé dès l'élection du président socialiste Salvador Allende. Ce coup d'état a entraîné la mort de milliers de Chiliens, victimes innocentes et indirectes des visées impérialistes des ÉU.

    On peut créditer les ÉU de plusieurs autres coups d'état un peu partout dans le monde, le dernier en lice en Bolivie il y a quelques semaines. Ces coups d'état ont pour la plupart causé la mort de plusieurs personnes innocentes. L'agression envers l'Irak était fondé sur des renseignements qui étaient faux et dont l'administration américaine savait qu'ils étaient faux. Cette agression a causé la mort de milliers d'Irakiens innocents.

    Même le président Obama n'a pu stopper la dérive de son pays non seulement au Moyen-Orient mais aussi à Guantanamo, un camp de concentration indigne d'un pays démocratique. Alors, le président Trump est dans cette même mouvance, surtout à l'étranger, et la dérive continue...

    • Cyril Dionne - Abonné 30 novembre 2019 10 h 05

      Curieusement, ce sont les mêmes aujourd'hui qui disent que Georges W. Bush est moralement supérieur à Donald Trump parce qu'il entre bien dans cette démagogie de l'establishment. Bien oui, il fait front à Trump. Il ne peut être méchant.

      On oublie cependant que Bush a fait une guerre illégale à l'Irak sous de faux prétextes ou plus d'un million d'Iraquien sont morts (ce n’est pas des milliers). Encore aujourd’hui, ce pays et le Moyen-Orient sont déstabilisés et la guerre civile règne en maître. Enfin, c’est grâce à Bush et la fragilisation du gouvernement irakien qui a donné lieu à la montée de l’état islamiste. Bush et sa garde rapprochée aurait dû être éconduit vers la Cour internationale de justice de La Haye pour crime contre l’humanité. Bien, non, on l’admire aujourd’hui parce qu’il essaie de tenir tête à Donald Trump. Misère que la gauche fait dure.

    • Françoise Labelle - Abonnée 1 décembre 2019 08 h 35

      M.Dionne, je me sentirais bien mal à droite et pourtant je persiste à dire que Bush doit être jugé pour crime de guerre. Vos chiffres sont exacts si on tient compte des années de chaos qui ont suivi l'intervention illégale. Je me souviens avoir défilé avec d'autres gauchistes au grand vent par moins 30 sur la rue Racine à Saguenay dans une sorte de scaphandre pour l'Himalaya. Nous faisions durs.

      Bush n'est pas une caution pour Don Trumpese. Bertold Brecht a écrit «La résistible ascension d'Arturo Ui», à un époque de plus en plus semblable à la nôtre. L'action se déroulait, comme par hasard, aux USA. On reconnaissait les personnages nazis et ceux de la droite, Hindenburg et von Papen, qui ont nommé Hitler au poste de chancelier, croyant contrôler le petit roquet.

      L'humoriste Will Ferrell, à propos du réchauffement climatique, avait caricaturé Bush s'adressant à la Nature comme il s'adressait à Saddam: «We wil get Nature to comply» (Nous obligerons la Nature à obéir). Après l'élection de Trump, il avait repris le personnage de Bush demandant candidement: «Comment vous me trouvez, maintenant?». Le processus d'implosion a commencé sous Reagan et Buffett l'a bien exprimé: «Ma classe a gagné». Trump porte l'implosion au coeur des USA. Lorsqu'on avait signalé à Bush l'illégalité de l'invasion, il s'était moqué en disant: Je vais consulter mes avocats. Bush et Trump, c'est le même mouvement historique.

    • Françoise Labelle - Abonnée 1 décembre 2019 09 h 46

      On parle de l'utilisation de fonds votés par le congrès américain que Trump a bloqué pour marchander le salissage d'un opposant politique. Son intérêt politique personnel passe avant celui de son pays.
      On parle de l'intervention de Trump à l'encontre d'une procédure militaire habituelle pour faire respecter le code d'honneur militaire essentiel pour le maintien des nombreuses bases américaines à l'étranger. Sans ce code strict, les américains ne seront pas bien accueillis et seront même en danger.
      Obama voulait se retirer de Syrie mais il savait que le Turcs allaient s'en prendre aux Kurdes qui avaient combattus l'E.I. sur le terrain à la place des américains, leur évitant des pertes. Trump se fout (ignore) de ce que les USA doivent aux Kurdes mais il a conservé des forces sur le terrain pour protéger le pétrole!
      Obama a réduit le nombre de prisonniers à Guantanamo de 242 à 41. Et vous saviez que Trump a fait campagne pour garder Guantanamo ouvert?

    • Michaël Lessard - Abonné 1 décembre 2019 13 h 52

      Bonjour,

      Juste deux petites nuances que j'aimerais ajouter :

      @Cyril Dionne : vous écrivez « Misère que la gauche fait dure », or je ne crois pas que le DNC représente les progressistes « ordinaires » à travers les États-Unis ni les gens centristes, etc. Mais oui, manifestement, il y a des gens qui ignorent l'ampleur des abus et crimes horribles systématiques et massifs commis en Irak (Crime contre l'Humanité) ; ou qui décident de l'oublier parce qu'incompatibles avec leur idéal d'eux-mêmes.

      @ Coup d'État en Bolivie : je ne suis pas un expert, mais les informations publiques à date semblent indiquer que la violence politique, le racisme et le coup d'Éat sont de sources très internes, propres à la Bolivie, sans que les agences étasuniennes aient besoin d'agir ou de financer. Combien d'États occidentaux, incluant le Canada (!), détournent le regard et font comme si de rien était face à cette violence politique antidémocratique commise par des forces *très* à droite, blanches, pseudo-chrétiennes? Si un coup d'État est porté par une force plus à gauche ou nuisant aux intérêts des plus riches, là les gouvernements occidentaux se choquent et ragent dans les médias de masse.

  • Cyril Dionne - Abonné 30 novembre 2019 08 h 53

    Un terroriste est un combattant de la liberté pour la gauche, pont de Londres oblige

    Il n’y a aucun héros dans une guerre civile; seulement des gens qui veulent survivre. Pardieu, les soldats sont entraînés pour devenir des tueurs professionnels étatiques. Les bonnes manières et les bonnes paroles sont superflues dans un théâtre de guerre ou c’est tuer ou se faire tuer.

    Certains semblent ne pas avoir la capacité de comprendre que les soldats sont des « machines à tuer ». Dire que le doute dans les épisodes comme ceux relatés induisent et fragilisent un peu plus le lien de confiance avec les États susceptibles d’accueillir des troupes américaines est faux. Dans cette région du monde, la seule chose qu’ils connaissent et respectent c’est la force. N’ont-ils pas une saison pour la guerre que nous on appelle le printemps?

    Dans quel monde vivent nos bien-pensants et donneurs de leçons de la très Sainte rectitude politique? Où était leur mépris pour les autres qui ne respectent pas les règles constitutionnelles? Barack Obama faisait bien assassiner des Américains à l’étranger, victimes collatérales incluses, à l’aide de drones sans aucun procès et bonne et due forme et ils lui ont décerné le prix Nobel de la paix pour cela. La grande majorité des Américains étaient d’accord que ces soldats soient graciés par le président. Les Navy Seals sont le summum des forces de frappe dans le monde. Les meilleures « machines à tuer », point à la ligne.

    Mais c’est encore la haine que l’extrême gauche exprime pour Donald Trump qui supplante tout raisonnement logique et voilà la vérité qui dérange, eux qui n’ont jamais accepté le résultat démocratique de novembre 2016. Et c’est aussi la peur que le président en fonction leur revienne pour un autre quatre ans, lui qui n'a causé aucune guerre, renversé aucun gouvernement et qui rapatrie les troupes à la maison. En fait, ils n’ont rien à lui opposé à part leurs mesquineries. Et le peuple américain est bien « tanné » de nos gauchistes sans frontières. Trump sera réélu en 2020, pour le meilleur ou pour le pire.

    • Christian Dion - Abonné 30 novembre 2019 11 h 39

      Que d'éloges pour un individu d'une insignifience inégalée.
      Comment peut-on prendre la défense de ce président, qui, par son ignorance et son refus obstiné à écouter les avis de ses conseilliers, a perdu au fil de son mandat un nombre incroyable de gens de talent.
      Il ne prend même pas la peine de lire les rapports qui lui sont soummis car peut-être trop compliqués pour lui. Il fonctionne à vue dans l'unique objectif de satisfaire sa fameuse base dont semble-il, seulement la moitié d'entre eux ne détient un diplôme de secondaire V.
      C'est un agrémenteur et un champion en hyperbole.
      Il n'a de respect enver personne, s'en prenant aux hadicapés, aux femmes, aux immigrant et emploi de façon récurente des qualificatifs déhonorants lorsqu'il parle de quelqu'un. C'est un être petit, élève accompli de l'avocat véreux Roy Cohn de New-York qui lui a appris à ne jamais rien admettre et toujours déigner un autre coupable pour se sortir d'affaire.
      Je ne suis aucunement une personne de gauche, mais je ne peux être en accord avec un individu détenant un tel pouvoir qui bafoue les règles de droits les plus élémentaires. Il ne comprend même pas le système de contre-pouvoir instoré dans la contitution du pays qu'il dirige.
      Et sur le plan international, il n'est pas assez compétent pour accepter de travailler dans le multi-latéralisme. Trop compliqué lorsque plus que deux devant lui.
      C'est pathétique.
      Christian Dion

    • Cyril Dionne - Abonné 30 novembre 2019 16 h 03

      Que vous êtes méprisant M. Dion. Bien oui, tous les Américains qui le supportent, les sous-éduqués et la classe moyenne et pauvre, viennent du panier des déplorables. C’est avec des commentaires comme ceux-là, qui l’ont fait élire en 2016 et le feront encore en 2020.

      Écoutez les délires de ceux qui venaient de Wall Street ou des pétrolières, les Rex Tillerson de ce monde ou bien du faucon John Bolton, qui voulait faire la guerre à tout le monde? Désolé, mais aux dernières nouvelles, les contrepouvoirs existent encore aux États-Unis mais pas pour ceux qui prennent leurs délires politiques pour des réalités, eux qui n’ont jamais accepté le verdict démocratique de novembre 2016. Les USA connaissent la plus grande progression de leur économie depuis qu’ils existent et jamais le chômage pour certains groupes ethniques n’a jamais été aussi bas. En plus, les salaires ont augmenté par rapport à l'inflation. Cela fait près de 50 ans qu’on attend pour cela. Les Américains ne sont plus impliqués dans des guerres d’empire et Trump rapatrie les soldats à la maison et vous le critiquez. Le multilatéralisme à sens unique, eh bien, c’est fini pour les Américains. Les nations devront assumer et payer pour les frais de leur propre défense. Trump dit non au mondialisme et au libre-échange qui a profité au 1% mais pas à l’autre 99%. C’est le seul qui combat la dictature chinoise.

      Vous devriez filtrer le bruit qui émane des médias comme CNN, Fox News, le New York Times et le Washington Post dont les propriétaires, sont des milliardaires à la « Amazon » et qu’ils vouent une haine ciblée à l’homme à la crinière orange parce qu’il leur met des bâtons dans les roues, eux qui s’enrichissent sur le dos des pauvres et des moins pauvres. Bravo les champions.

    • Françoise Labelle - Abonnée 1 décembre 2019 09 h 27

      M.Dionne,
      Vous omettez la réponse des militaires américains: ce qui nous distingue de nos ennemis, c'est notre code d'honneur. Nous sommes accueillis (tolérés) dans les nombreux pays où nous avons des bases militaires, parce que nous avons un code d'honneur strict. C'est du sens commun, ça n'a rien à voir avec la «rectitude», avec l'extrême-gauche qui réclame un système de santé équivalent à ceux des pays civilisés.

      Le terme «déplorables» désigne les suprémacistes et les néo-nazis que Trump considère comme d'excellentes personnes. Ces nazis que les militaires américains ont combattu au XXe.!

      Quant aux médias américains que vous citez, le Wall Street Journal qui appartient à Rupert Murdoch, condamne le chantage ukrainien de Trump. Et il y ades médias dans d'autres pays. On ne parle pas des trolls qui diffusent automatiquement les théories du complot de Trump. Il y a toujours Breibart, le National Enquirer et Fox news qui racontent comment le météorologue Trump fait dévier les ouragans et oblige des employés de la NOAA à contredire ses données scientifiques. C'est pour Fox et ses amis que Trump se bat pour ce soldat qui tente d'échapper à la procédure militaire courante. Le Pentagone, qui prévoit que la crue des eaux mettra ses bases en péril, fait d'ailleurs aussi partie du complot.

      Parlant milliardaire, Bloomberg, pourtant bien plus gros que Trump, ne fait pas bonne figure dans la course démocrate. Il semble que l'extrême-gauche (ou même pire!) ne s'agenouille pas devant le veau d'or. Le milliardaire Trump se sert des voyages gouvernementaux pour renflouer les hôtels qu'il a construit pour la classe ouvrière, avec l'argent des contribuables. Son ministre du Trésor (toujours Goldman-Sachs), un des rares qu'il n'ait pas saqué, déclarait à la veille de 2008 que tout allait très bien. Il a ensuite fait fortune dans le sauvetage des entreprises avec l'argent des payeurs d'impôts. D'ailleurs, à ce sujet...

    • Christian Dion - Abonné 1 décembre 2019 09 h 35

      M.Dionne, je ne suis pas méprisant, ce ne sont que des faits.
      Trump est un populiste pur jus qui transforment des absurdités en vérités lorsqu'il s'adresse à cette fameuse base toujours immuable dont Trump, dans le fond de lui-même, se contrefout éperdument.
      Il n'est qu'un opportuniste calculateur. À preuve, ses dernières interventions auprès de la communauté noire pour les convaincre de se joindre à sa base. Comme si ce n'était pas assez, il a cru bon de se rapprocher de la droite religieuse en s'associant avec la très riche télé-évangéliste Paula White, pour qui la pauvreté est une punition de Dieu!! Et tant qu'à parler de ses associations, l'on apprenait la semaine passée que Roger Stone ( Voir à son sujet documentaire sur Netflix ), soit l'un de ceux qu'il l'ont convaincu de se lancer en politique et qui en a été l'un de ses organisateurs, fait face à 7 chefs d'accusation dont celui de corruption. C'est le 6ème de ses très proches collaborateurs à faire face à la justice. Si l'on vous résume bien, vous donnez crédit à Trump pour 3 choses, à savoir, de n'est intervenu dans aucun conflit, d'être la cause de l'embellie économique de son pays et d'avoir pris la défense du 99% contre le 1%.
      Primo, sans être intervenu dans des conflits, il a pris des décisions qui risquent d'en créer. Ambassade des USA transférée à Jésuralem et reconnaissance des territoires occupés en Cisjordanie qui est condamné par l'ONU. Le retrait du traité avec l'Iran sans preuve que cette dernière y ait fait défaut avec les conséquences que l'on connait.
      Secondo, la situation économique était déja repartie à la hausse à la fin du mandat d'Obama.
      Tertio, que penser des baisses d'impôts dont seuls les riches ont profité.
      J'ajouterais son retrait à différents traités ou programes dont notamment celui de Paris ou encore l'obamacare.
      Donc, sans en créer lui-même, il s'est plutôt affairé à détruire tout ce qu'Obama avait réalisé.
      Pour conclure, c'est un malhonnête, point bar.
      Christian D

    • Claude Gélinas - Abonné 1 décembre 2019 10 h 04

      Traiter Monsieur Dion de méprisant en raison du fait qu'il contredit vos propos ressemble aux tweets vengeurs de Trump que vous défendez comme s'il était le nouveau Messie envoyé par le créateur tel qu'un certain pasteur l'a récemment déclaré. Surprenant de soutenir un Président qui maîtrise moins de 100 mots, ne lit pas, n'aime ni la musique, ni les arts, déteste tout ce qui lui résiste, admire les dictateurs. Narcissique qui publie sa photo déguisée en Rambo, menteur pathologique, des milliers à ce jour, qui est devenu le pire ennemi de la presse, qui sait pas faire la différence entre le faux et le vrai. Quant au népotisme il l'exerce à la vitesse Grand V. Désigné son gendre comme envoyé spécial pour résoudre le conflit palestinien démontre à quel point ce président ignore tout de la complexité du monde.

      Ce matin Monsieur Dionne, je vous le dis avec respect, vous auriez été bien avisé de vous abstenir d'écrire de tels commentaires.

    • Cyril Dionne - Abonné 1 décembre 2019 13 h 04

      Désolé M. Gélinas, mais traiter ceux qui n'ont pas de diplôme de secondaire V comme n’étant pas assez intelligents parce qu'ils votent pour Donald Trump est dégueulasse tout simplement. Ceci me rappelle les gens de Québec solidaire qui traitent tous ceux qui ne votent pas pour eux d'analphabètes et d’imbéciles.

      Vous pouvez lui trouver tous les torts au monde parce que c’est loin d’être un président parfait. Cela, je vous l’accorde. Disons poliment que son style en graffigne plusieurs (lol), surtout les milliardaires. Mais les faits demeurent; il n’a causé aucune guerre, envahit aucun pays, n’a déstabilisé aucun gouvernement étranger et rapatrie les troupes américaines au bercail. L’économie se porte à merveille et nous en profitons de facon collatérale. Que voulez-vous de plus?

      De toute façon, ce sont les Américains qui décident du choix de leur président, pas les gauchistes venus d’ailleurs.

  • Yves Corbeil - Inscrit 30 novembre 2019 11 h 04

    D'accord avec M.Dionne plus haut

    Au lieu de vous laissez distraire par les tweets du président Trump qui vous contrôle tellement que ça en devient ridicule, ça fait trois ans que vous courrez après les os qu'il tire dans toutes les directions et pendant que vous en faîtes vos choux gras dans vos interventions quotidiennes, lui il fait ce qu'il a dit qu'il ferait pour le peuple qui a voté pour lui et oui il en tire des bénifices, c'est le but de l'exercice. Ce matin vous vous indignez pour la cause de deux afghans en bécycle morts en zone de guerre, mais que pensez de tous ceux-là non armé ou si peu chez nous, tomber sous les balles de policiers qui protégaient leur vie et la nôtre en exerçant leur fonction. Oui je sais c'est un autre dossier, par contre le résultat est le même, mort d'homme, mais dans un contexte passablement moins explosif qu'une zone de guerre, deux formations, même résultat.

    Que se passe-t-il dans plusieurs pays d'Amérique du Sud pendant que vous courez après les croquettes que Trump, vous tire à gauche à droite comme des journalistes à potins. Vous ne pensez pas que plusieurs innocents mourront des suites des ces élections douteuses et qui sont derrières toutes ces malversations, à qui cela profite-t-il, au peuple ou à quelqu'un d'autre, le grand capitale n'y a rien à voir. Ça se sont de beaux dossiers, de beaux os à courrir pour nous renseignez sur les injustices qui guettent les faibles comme nous, les petits peuples otages du grand capital et de ses puissants dirigeants.

    Deux afgans en bécycle, le marchandisage de faveurs entre deux chez d'états, il ne faut pas s'en offusquer plus qu'il le faut voyons. Le cas de la chinoise de vancouver arrêtez chez nous, y-a-t-il eu enquête pour impechement de l'un ou l'autre des chefs d'états qui nous ont mis en danger face à la force nucléaire chinoise et surtout la force économique. Des croquettes madame, des croquettes.

  • Pierre Fortin - Abonné 1 décembre 2019 12 h 49

    Madame Vallet et la Constitution US


    Précisons d'abord que ce n'est pas le président Johnson mais Gerald Ford qui a gracié son prédécesseur Richard Nixon.

    Sur le fond de son propos, Madame Vallet se place cependant en contradiction directe avec l'Attorney General William P. Barr lorsqu'elle déclare « Or, ce sont ces règles constitutionnelles que les Cours fédérales tiennent pour l’instant à bout de bras [...] que l’exécutif se soumette aux requêtes du Congrès, que la séparation des pouvoirs soit respectée. »

    C'est précisément le sujet de l'exposé* qu'a fait l'Attorney General William P. Barr, le 15 novembre dernier devant la Federalist Society's 2019 National Lawyers Convention, et qui soutient fermement que la séparation des pouvoirs, telle que conçue et formulée constitutionnellement, est gravement menacée par l'envahissement des branches législative et judiciaire du pouvoir politique de l'exécutif : « Unfortunately, over the past several decades, we have seen steady encroachment on Presidential authority by the other branches of government. This process I think has substantially weakened the functioning of the Executive Branch, to the detriment of the Nation. »

    L'exposé, qui mérite la lecture, jette une lumière crue sur le désordre caractéristique de la rocambolesque gouvernance des États-Unis depuis l'élection de Donald Trump. Certains prétendent même que cet exposé préfigure les conclusions de la vaste enquête du Department of Justice sur les péripéties du "Russiagate" et de sa suite, l' "Ukrainegate". Chose certaine, l'affaire n'est pas terminée.

    Madame Vallet a toutefois raison de déclarer que « Les normes en cause définissent la nature de la République. Elles représentent l’État de droit. » Car ce qui est en cause ici est bien l'interprétation des textes constitutionnels, laquelle requiert approfondissement et circonspection.

    Histoire à suivre.

    * Source : https://www.justice.gov/opa/speech/attorney-general-william-p-barr-delivers-19th-annual-barbara-k-olson-memorial-lecture