Les FNB en 2020

2020 sera une année de fin de cycle économique et d’augmentation de la volatilité sur les marchés, boursier et obligataire. Dans cette conjoncture, certaines catégories de fonds négociés en Bourse (FNB) sortent du lot.

Nous sommes entrés dans une phase de fin de cycle, mais il n’y a toujours pas de récession en vue pour 2020 et les taux d’intérêt sont appelés à demeurer faibles, conclut un panel de spécialistes. Au chapitre des taux directeurs, aucun changement prévu pour le reste de 2019 et 2020 de la part de la Banque du Canada, trois réductions au total pour 2019, aucune réduction en 2020 du côté de la Réserve fédérale. « Les taux négatifs posent de toute évidence problème au Japon et dans la zone euro. Le Canada et les États‐Unis devraient éviter d’utiliser des politiques similaires. Les mesures de relance budgétaire sont une bien meilleure solution lorsque les taux directeurs atteignent zéro », résument les prévisionnistes.

Du côté des risques, les principaux viennent des conflits commerciaux et des incertitudes géopolitiques. On ne perçoit pas de menace inflationniste chez ces experts, mais l’un d’eux pointe en direction des pressions venant des augmentations salariales.

Cet exercice de prévisions s’est déroulé lors du forum économique tenu le 21 novembre par FNB BMO, une division de la Banque de Montréal exerçant une position dominante dans le marché des fonds négociés en Bourse. Économistes, stratèges, chefs des placements et spécialistes en FNB des banques BMO (Jennifer Lee et Alfred Lee), Nationale (Martin Lefebvre et Patrick McEntyre), TD (Chris Dutton et Andres Rincon) et CIBC (Boyce Mendes et Zachary Schiller) ont présenté leurs scénarios pour l’an prochain.

En matière de placements, les spécialistes de la CIBC ont évoqué l’actuel assouplissement monétaire des banques centrales de milieu de cycle pour rappeler que, lors des expériences précédentes, les actions avaient connu un redressement. Ils suggèrent toutefois que l’or, malgré sa forte ascension, resterait une bonne couverture pour les portefeuilles. Et ils invitent à surveiller les titres à revenu fixe à long terme, au milieu de l’année prochaine.

Secteurs défensifs

À la Banque Nationale, on avance plus directement la carte d’une rotation vers les secteurs défensifs. Sur le marché obligataire, « il est probable que le repli des titres de créance d’entreprises paralyse le marché des obligations de sociétés et ait des répercussions sur l’économie réelle », avance-t-on.

À la TD, on a abordé de front les stratégies faisant appel aux FNB. Ainsi, plus on chemine dans ce cycle, plus on voudra s’éloigner des stratégies de croissance au profit des stratégies productrices de revenu. Aussi, un environnement de volatilité favorise les actions défensives offrant de la croissance et du revenu. Il est ajouté que les FNB d’options d’achat couvertes sont les produits idéaux pour rester exposés aux actions, que ces FNB sont adaptés à un contexte de volatilité accrue, de croissance au ralenti et de faiblesse des taux d’intérêt. Et face aux aléas des cours appelés à devenir plus prononcés, « les FNB à faible volatilité sont un excellent moyen de compléter un portefeuille fortement exposé aux actions de croissance ou de valeur ».

Liquidités

Les spécialistes de la TD jouent également la carte d’un accroissement des liquidités dans le portefeuille, ne serait-ce que pour profiter des baisses des cours. Dans l’univers des FNB, ceux axés sur la gestion de la trésorerie procurent aux investisseurs un rendement supérieur aux bons du Trésor, avec un risque marginalement plus élevé. « Ils sont généralement caractérisés par des profils de rendement très stables, un portefeuille sous‐jacent peu risqué et une faible corrélation avec les autres catégories d’actif », ajoutent-ils.

Dans un sens plus large, une dominante ressort : favoriser les actions offrant de solides fondamentaux et une croissance des bénéfices élevée, c’est-à-dire les actions de qualité. Ces actions seraient le moins touchées en cas de récession des marchés mondiaux. Pour les titres à revenu fixe, « selon nous, la désinflation mondiale continuera d’étouffer les taux d’intérêt et la croissance restera restreinte. Les faibles taux d’intérêt accordent une prime aux stratégies productrices de revenu et les produits à revenu fixe mondiaux sont une manière d’augmenter les revenus sans considérablement accroître le risque, tout en diversifiant le portefeuille », retient la TD.

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1 commentaire
  • Clermont Domingue - Abonné 30 novembre 2019 07 h 05

    Boule de cristal

    Les taux négatifs pénalisent les épargnants alors que les politiques de relance endettent les États. Si vos pays ont une monnaie forte, allez-y avec des politiques de relance. Votre Banque Centrale sera là pour s'occuper de la dette publique.

    Si la pensée consumériste est remplacée par le souci de protéger la planète , il n'y a rien à voir dans la boule de cristal.