Le chant des criquets

Bien sûr, il y a le fameux Quid Pro Quo. Euphémisme élégant d’une réalité sordide. Avec à la clé, une mise en scène de la procédure de destitution, des effets de manche des protagonistes, l’affrontement entre républicains et démocrates, entre Fox News et CNN, entre le Deep State et la Trumposphère. Alors que la tentative d’extorsion est désormais admise par l’administration, corroborée par plusieurs de ses membres, nul ne peut, paradoxalement, prévoir l’issue de la procédure. Parce que la période semble être celle d’une redéfinition de la perception des valeurs républicaines, des normes constitutionnelles, des exigences éthiques.

Mais le scandale, qui devrait consacrer le véritable déficit institutionnel, le glissement « illibéral », le dérapage de l’État de droit, réside dans les politiques mises en place par cette administration, véritables pièges dont les mâchoires broient ceux qui s’y font prendre…. Lentement. Sûrement. Cruellement.

Car c’est bien de cruauté qu’il s’agit. Et ceux qui se risquent aux frontières sont pris dans le rouleau compresseur d’une administration mue par deux mantras.

L’un, raciste, est directement lié à l’extrême droite. En effet, Stephen Miller, grand architecte de la politique de tolérance zéro, dont l’objectif est de réduire l’immigration à néant, a l’oreille du président. Or, ses liens directs avec l’extrême droite et les mouvements anti-migrants viennent d’être rendus publics la semaine passée par le Southern Poverty Law Center : il y a un pipeline entre cette frange radicale et la Maison-Blanche.

L’autre, électoraliste, dessine en ligne de mire l’échéance de novembre 2020. L’objectif est de viser une instrumentalisation efficace de l’immigration, à travers sa diabolisation. En témoigne le projet de faire de la construction du mur une téléréalité en implantant des caméras qui diffusent en temps réel les progrès du chantier.

La combinaison de ces deux préceptes se traduit par un niveau de cruauté inégalé, intentionnel, délibéré, conçu pour dissuader, par tous les moyens, le franchissement (régulier ou irrégulier) de la frontière.

Dans cet esprit, le président n’est pas en mal d’idées : un mur plus haut, plus long, plus dur. Qu’il a imaginé peint en noir pour retenir la chaleur et ébouillanter ceux qui s’y frotteraient. Bordé de douves remplies d’alligators et de serpents. Au point où les adjoints du président ont dû chiffrer ces mesures pour tenter de lui démontrer leur manque de pertinence.

La cruauté réside aussi dans la décision de séparer les familles à la frontière, non pas pour des raisons d’efficacité ou de sécurité, mais pour les décourager. Ainsi, 70 000 enfants sont passés par les centres de détention américains au cours d’une seule année. 70 000. Assez pour remplir à capacité le Stade olympique. L’équivalent de la population de la ville de Granby. Des enfants détenus dans des conditions sordides. Et, selon les données du Department of Health and Human Services transmises et divulguées au Congrès, abusés sexuellement, mal nourris, mal soignés (sept enfants sont morts en détention ou dans les jours qui ont suivi leur libération). Traumatisés. Certains d’entre eux ne retrouveront jamais leurs parents, que ces derniers aient été déportés sans que leurs enfants ne leur aient été rendus, que les papiers établissant leur filiation aient été perdus entre les différents services, ou que ces petits aient été adoptés aux États-Unis sans que (voire bien que) leurs parents (déportés) n’en soient informés.

La cruauté, c’est cette peur, insufflée, constante, à l’intérieur du pays. Celle des membres de la famille qui pourraient accueillir les enfants séparés des leurs, mais qui vont hésiter à se présenter. Les familles à statut mixte (certains membres légaux, d’autres non documentés) devenues soudainement vulnérables. Parmi eux, des immigrants qui pourraient opter pour la régularisation ne le font pas, par peur de devoir divulguer le statut non documenté d’un proche. Il y a aussi ceux qui bénéficiaient d’un statut de protection temporaire (TPS – lié à une catastrophe naturelle dans le pays d’origine par exemple) dont le statut reste soumis à l’application de la décision d’un juge. Et les Dreamers, dont le sort est pendant devant la Cour suprême, laquelle se prononcera en pleine année électorale – en juin prochain. Ces Américains d’adoption, « citoyens » modèles par définition puisque, arrivés enfants (avant l’âge de 16 ans) en territoire américain, ils sont forcément scolarisés, diplômés, ont servi sous les drapeaux, et n’ont commis ni crime ni délit majeur. Modèles, certes, mais devenus un simple outil dans le bras de fer qui oppose le président au Congrès.

Qu’importe que leur apport à l’économie soit positif, qu’importe qu’ils contribuent selon le Departement of Health and Human Services pour 63 milliards de dollars au cours de la dernière décennie en apport fiscal net. Même les chiffres, pourtant rois dans un modèle néolibéral, n’altèrent pas le discours dominant. Alors que le deuxième procès de Scott Warren, cet activiste de No More Deaths, connu en Arizona pour son humanité, vient de commencer, rien ne paraît changer. Il existe pourtant une voie médiane, entre la fermeture totale et l’ouverture à tous vents des frontières. Mais dans les interstices de la polarisation du pays, masqué par le théâtre politique de Washington, la cruauté s’est infiltrée, s’est normalisée, graduellement… et l’on entend les criquets striduler.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

25 commentaires
  • Marie Nobert - Abonnée 16 novembre 2019 05 h 07

    Quand le «péremptoire» oriente mes «âme, coeur, etc.» et oublie «mon cerveau»(!)

    Au texte. « Ces Américains d’adoption, « citoyens » modèles par définition puisque, arrivés enfants (avant l’âge de 16 ans) en territoire américain, ils sont forcément scolarisés, diplômés, ont servi sous les drapeaux, et n’ont commis ni crime ni délit majeur.» Sérieux? Misère! Je préfère encore lire les pages sombres de Bugingo (pas «budingo». «Bodingo» ou «podengo», ... (ouille!)).

  • Claude Bernard - Abonné 16 novembre 2019 09 h 47

    La société anti humaniste

    La ¨Humane Society¨ anglo saxonne se dévoue pour protéger les animaux et les sauver de la cruauté des hommes.
    Et maintenant, ils ont créé la ¨Inhumane Society¨ pour détruire et tuer des êtres humains dans le but jouissif de dominer et de se faire élire pour pouvoir continuer.
    Ce sadisme d'état ne s'était pas vu depuis (ici insérez le nom que vous préférez).
    Bien sur, cela est moins important que l'age de Gréta Thunberg ou le coton ouaté de qui vous savez.
    La revanche des nerds n'est rien à côté de celle de rustres frustés de la droite dont un psychopathe a coupé les chaines et libéré la rage.
    Alors, c'est par patriotisme que les policiers et les vigies tuent impunément les noirs et leur volent leur terre, que medicaid saisit leur seule propriété ¨pour dette¨, que la majorité des faillites personnelles est due à des frais médicaux impayés et impayables, que tout est fait très légalement pour empêcher les noirs de voter, que des particuliers ont reçu de donateurs privés des centaines de millions via ¨gofundme¨ pour ériger un mur sur une terre privée à la frontière avec le Méxique etc...
    Est-ce ainsi que les hommes vivent?
    Merci Mme Vallet de cette chronique nécessaire et pessimiste mais réaliste.

  • Cyril Dionne - Abonné 16 novembre 2019 10 h 01

    Les vérités qui dérangent 2.0

    Il faut le dire, la très grande majorité des Américains se foutent bien des affaires étrangères. La plupart ne pourraient même pas situer le Québec sur une carte géographique. SVP, ne pas leur demander où est l’Ukraine. Alors, pour cette tempête politique dans un verre d’eau, il faut la juger pour ce qu’elle est : un exercice électoral, politique et futile de la part des démocrates.

    Pour les Américains, l’État de droit commence aux frontières des USA et finit aux frontières des USA, point à la ligne. Idem pour l’immigration. Enfin, est-ce que quelqu’un pourrait bien nous dire quels sont les avantages d’une immigration illégale à part de ceux du 1% qui profitent de cette manne de travailleurs esclaves qui les enrichit en plus de faire baisser les salaires? Idem pour l’immigration légale parce que la plupart du temps, c’est l’immigrant qui trouve son compte et non pas la société d’accueil. Il n’y a rien de raciste de dire qu’on veut présentement accueillir personne dans notre propre maison parce qu’aujourd’hui, elle est pleine. 350 millions d’habitant en plus de 20 millions d’illégaux, n’est-ce pas suffisant?

    Alors, pourquoi l’acharnement des illégaux à vouloir venir aux États-Unis s’ils ne sont pas les bienvenues ? Ah! Oui, la liberté et la richesse comme le disait Don Cherry avec son « vous qui venez ici, vous aimez notre manière de vivre, notre lait, notre miel [...] » avant qu’il soit congédié pour avoir énoncé une vérité qui dérange même si le personnage est difficile à aimer pour les francophones. Évidemment que les républicains vont exploiter les désavantages de l’immigration illégale.

    Pardieu, les familles étaient séparées à la frontière depuis belle lurette bien avant Donald Trump. Aussi, les familles à statut mixte ne peuvent pas légalement, accueillir des gens sans papiers. Misère, du 63 milliards que contribuent les immigrants à l’économie américaine, il y en a autant et même plus des argents qui sont réacheminés vers leur pays d’origine.

  • Charles-Étienne Gill - Abonné 16 novembre 2019 11 h 30

    Délire

    Il suffit de lire le document « CRIMINAL ALIEN STATISTICS : Information on Incarcerations, Arrests, and Costs», produit par le Congrès pour prendre une mesure des couts de l'immigration illégale aux États-Unis.

    Le lien est ici : https://www.gao.gov/assets/320/316959.pdf

    Ça n'a juste pas d'allure. Les Américains prennent les grand moyens pour endiguer l'immigration illégale, clandestine, qui crée énormément de problèmes. À titre d'exemple, afin d'éviter justement de dévoiler des situation irrégulières, les crimes ne sont pas dénoncés et des gangs étrangers prennent le contrôle des activités criminelles, avec la violence qu'on leur connait.

    Si le chemin Roxham devenait un pipeline pour une criminalité exogène susceptible de débalancer les budgets de l'état québécois voire canadien, les citoyens éliraient un gouvernement capable de redresser le problème.

    En dépit « des mesures cruelles » que vous dénoncez, des parents irresponsables continuent de vouloir franchir illégalement la frontière américaine.

    Vallet prétend qu'il existe une voie médiane, mais ceux qui ont voulu l'emprunter se font traiter de racistes, de xénophobes, d'intolérants. Les Américains ont décidé de prendre les grands moyens avant que ça ne dégénère et qu'ils perdent tout contrôle.

    La thèse de Madame Vallet, c'est que la militarisation des frontières et les murs créent des problèmes et n'en règlent pas. Rien n'est moins sûr car c'est plutôt le contraire, parce que les pays au sud de la frontière américaine déversent leur surplus de population aux États-Unis qui deviennent le sercice social de ces états déficients, rien ne change.

    L'instrumentalisation de l'immigration illégale (elle n'emploie jamais ce terme) ne serait jamais à l'odre du jour si pendant des années, les élus américains n'avait pas précisément utilisés eux-même cette immigration pour des avantages politiques.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 16 novembre 2019 17 h 00

      A propos du chemin Roxhan. On me dit qu'il en arrive, encore, 50-60 par jours.J'ai connu 2 familles arrivées par ce chemin. L'une d'elles a été refusée près de 2 ans plus tard; incapable de prouver le statut de réfugiée. J'accompagne présentement une famille arrivée le 1er mai 2018. Elle attend encore pour être convoquée par la Cour de l'immigration.Durant tout ce temps, ces bonnes gens ne peuvent pas formuler de projets. Et cela coûte très cher au Québec: notamment en aide sociale, soins de santés, éducation (la 2e famille suit les cours de francisation). Le problème: le fédéral n'est pas équipé pour répondre à un tel afflux. On me dit que 60% des gens sont refusés. On me dit, aussi, que devant ce flot abondant, ça prend 2 ans, maintenant, avant que la famille soit fixée: résidence permanente ou retour dans son pays.

      Si le Canada n'est pas équipé, pourquoi laisser entrer ces gens?

    • Françoise Labelle - Abonnée 17 novembre 2019 07 h 24

      Vous vous spécialisez dans la propagande mensongère de la droite ultra. Les données montrent que les immigrants sont moins criminalisés que les citoyens américains.
      1. Le GAO, fig1 p.7 souligne que la majorité des crimes commis de 2005 à 2017 l'ont été par des citoyens par des citoyens américains.
      2. Le GAO dit bien que la majorité des crimes concernent l'immigration (évidemment!) et des crimes reliés à la drogue (consommation ou trafic?).

      De 1990 à 2014, les états où on trouve plus d'immigrants sans papier (undocumented immigrants) on un taux de criminalité plus bas que les états où on trouve moins d'immigrants sans papier.
      «Two charts demolish the notion that immigrants here illegally commit more crime» Washington Post, juin 2018

      Après Curry, prise en défaut de ne retenir que les portions descendantes de le tendance climatique sur la période 1973-2013, vous revenez avec un rapport qu ne parle que des crimes commis par les immigrants, qui sont un très faible pourcentage des crimes commis aux USA, en majorité par des citoyens américains.
      https://skepticalscience.com/best-hides-the-decline-in-global-temperature.htm

    • Claude Bernard - Abonné 17 novembre 2019 10 h 00

      M Gill
      Quand on vous lit, on se dit: voilà en effet un homme raisonnable.
      C'est pourquoi, je me demande, dans quel but cet homme a-t-il pris la peine de fouiller dans google pour trouver que les ¨criminal aliens¨ coutent 1.5 milliards chaque années au gouvernement américain et que les autres (les non criminels) en envoient, eux, 35 dans leur pays d'origine (comme si cet argent ils ne l'avaient pas gagné à la sueur de leur front).
      Que cherchait-il à prouver?
      Que les victimes sont responsables et ont ¨forcé¨ leurs bourreaux à agir contre leur gré?
      Pense-t-il que c'est ¨bien fait pour elles¨, qu'elles n'avaient qu'à rester chez elles et endurer leur misère?
      Misère! Comme dirait l'autre.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 17 novembre 2019 11 h 41

      Monsieur Grandchamp,

      Je suis d'accord avec vous. Une fois que l'on connait personnellement une famille, on peut avoir une sympathie, mais l'État n'a pas à avoir la même. Sa première mission est de protéger les intérêts de sa population. Si, par mesure de solidarité, il souscrit à l'aide aux réfugiés, il doit faire des choix qui seront cohérents (pour maintenir la cohésion de l'État dans son ensemble et des objectifs de ses autres politiques) et pertinents (s'assurer qu'il a les moyens et que cela l'aide à atteindre des objectifs qu'il s'est fixé).

      La passoire du Chemin Roxham n'est ni pertinente ni cohérente. Or, montrer cette absurdité vous fait passer pour un sans-coeur ou un intolérant, pourtant, fermer la brèche est la seule mesure politique responsable et cohérente.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 17 novembre 2019 12 h 02

      Monsieur Bernard,

      Je réfléchis à partir de la brèche du Chemin Roxham. La Suède connait une explosion de criminalité et il est difficile de parler de cette dernière à cause de la rectitude politique, même la police est forcée de rendre abstraites un certain nombre de données pour éviter de politiser le débat, parce qu'il y a des tendances: les augmentations des crimes de nature sexuelle ne sont pas le résultat des natifs. C'est la même chose avec les agressions du Nouvel An à Cologne.

      Je me demande quelles sont la responsabilité et l'obligation des États et quelle en regard d'étrangers qui forcent les frontières et qui immigrent d'une manière irrégulière voire illégale.

      Je ne me ferai pas d'amis et j'ai sur ce plan une réflexion qui semble manquer de compassion, car je pense que les décisions étatiques «macros» ne répondent pas nécessairement à la logique de nos sentiments intimes et individuels; la loi des nombres, la statistique, des vérités sociologiques sont plus susceptibles de se réaliser que les voeux pieux.

      Je crois que l'intégrité territoriale et la logique de l'état de droit, incarnées matériellement par la frontière, ont leur importance, car c'est pas seulement un symbole, mais une fonction de la capacité de l'état de réguler la société (selon ce que cette dernière veut).

      Si la population canadienne ou québécoise décide qu'un montant «X» doit être donné à l'aide internationale et aux réfugiés (par exemple pour sauver «Y» Syriens), il n'appartient pas à des individus qui ne sont pas de la nation de détourner des sommes pour le traitement de leur propre dossier en passant par une voie irrégulière. L'état a le devoir d'intervenir pour faire cesser ce torpillage de sa légitimité. Il est avéré que le Chemin Roxham n'est pas que le point de fuite d'irréguliers « américains » qui veulent échapper à l'expulsion, c'est une voie par laquelle des étrangers atterrissent en sol américain pour ensuite tenter leur chance au Canada.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 17 novembre 2019 13 h 59

      Puisque nous utilisons la question du réchauffement climatique pour parler de l'opinion de Vallet, afin de critiquer mes interventions, je me permettrai cet ajout :

      Très intéressante remarque Madame Labelle, puisque Dominique Boucher, dans un commentaire lié à mes références sur Curry, m'avait coincé en me mettant au défi de prouver que l'étude de Resplandy et Al. (qui avait été rétractée d'une article de Nature) allait pourtant être incluse dans un rapport du GIEC. Je n'avais pu trouver rapidement la source, lorsqu'on me l'a demandé, et alors j'avais été, comme ici, accusé de désinformer, bref d'utiliser des tactiques malhonnêtes, comme le reste de la droite américaine partisane et obscurantiste.

      Il se trouve que le récent rapport du GIEC sur les océans a bel et bien utilisé l'article de Resplandy, mais c'est une autre étude importante, celle de Cheng, qui citait Resplandy, la référence était indirecte, mais le problème demeure. Ainsi, la thèse d'un biais que j'ai proposée, pour expliquer le traitement médiatique de l'urgence, demeure raisonnable. Du moins, l'idée qu'il y ait des gens comme Curry, qui soient des sceptiques et qui produisent de la science valide, comme la famille Connelly d'ailleurs, mérite d'être examinée.

      Voici la source https://www.thegwpf.org/serious-errors-in-ipcc-ocean-report-revealed/ Que ça vienne d'un site partisan ne change rien au fait que j'avais alors raison de prétendre que l'article de Resplandy, comme rétracté de Nature, allait se retrouver dans le GIEC.

      Revenons à ce qui nous préoccupe, le texte de Vallet. Vous m'accusez de me spécialiser dans « la propagande mensongère de la droite ultra. ». Je cite un document officiel, lequel nous indique que 50% des 249 000 «criminal alien» ont été arrêtés pour un crime violent : assaut, homicide, kidnapping, agression sexuelle.

      25 % des prisonniers fédéraux sont des «aliens» , le cout de 2003 à 2009? 7 milliards. C'est beaucoup pour 3% de la population.

    • Claude Bernard - Abonné 17 novembre 2019 13 h 59

      M Gill
      Fermer la bèche, écrivez-vous.
      Avec quoi, un mur? Du Nouveau Brunswick au Pacific?
      Vous croyez que ce serait responsable et cohérent?
      Vous déraisonnez, ma parole!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 17 novembre 2019 14 h 18

      @ M. Gill

      Le sans coeur, que je suis :) , oeuvre à titre bénévole, dans l'accueil de réfugiés, depuis 2003. Ce que je déplore: le fait que, maintenant, ça prenne plus ou moins 2 ans avant de donner une réponse. IL faut avoir les moyens de ses ambitions: si tu ouvres les valves, nomme plus de juges à la Cour de l'Immigration. Et fais plus de publicité dans le monde: à savoir: 1- qu'il y a des chemins normaux pour faire une demande comme réfugié 2-si tu ne prends pas la voie normale, sache que tu as + ou - 60% de chances d'être refusé.

    • Françoise Labelle - Abonnée 17 novembre 2019 15 h 35

      Vous ne pouvez contester les passages du GAO et les études de criminologie qui notent que les citoyens américains sont responsables de la criminalité aux USA dans une proportion plus importante que les immigrants. Quant au type de criminalité, le GAO dit bien que pour 2009, 90% des motifs d'arrestation des immigrants relèvent de l'immigration et de questions reliées aux «drogues» (drug related). Les coûts d'incarcération sont engendrés par les pratiques migratoires trumpiennes et peut-être par la législation sur les drogues (le pot entre autres).
      Les citoyens américains bona fide provenant de minorités noires, amérindiennes, hispaniques sont sur-représentés dans les prisons américaines. En concluez-vous qu'il faudrait les expulser?

      Mme Curry, qui appartient au 3% de climatologues négationistes, a été prise en défaut de manipulation grossière des statistiques. On peut donc prendre ses déclarations avec les pincettes appropriées. Et quid du 97% de climatologues reconnaissant la réalité du réchauffemment? Tous des imbéciles? Et le Pentagone, qui a reconnu les dangers du réchauffement pour la sécurité des USA, est un repaire d'extrémistes de gauche?

    • Françoise Labelle - Abonnée 17 novembre 2019 16 h 01

      @M.Bernard:
      Une précision: c'est 1,5 milliard sur quatre ans et non par année. Donc, 375 millions par année.
      Une grande partie des motifs d'incarcération vient des politiques migratoires elles-mêmes.

      Les dépenses gouvernementales de voyage de Trump et son clan et les dépenses gouvernementales dans les propriétés de TRump dépassent probablement ce montant de 375 millions.
      «How much money has gone directly from the Treasury into Trump family bank accounts?» rubengallego.house.gov, 2019

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 17 novembre 2019 16 h 26

      Monsieur Bernard,

      Il suffit de transformer le chemin en question en poste frontalier officiel. Consultez cette page , il y a eu 18 000 interceptions par la GRC en 2018 au Chemin Roxham. Cela signifie que nos policiers encadrent les migrants qui traversent la frontière, ils ne font pas ça n'importe où. Voici le lien https://www.canada.ca/en/immigration-refugees-citizenship/services/refugees/asylum-claims/asylum-claims-2018.html C'est par un canal connu que cela se passe, d'où mon usage du terme brèche. Expliquez-moi pourquoi il y a 0 interception en Ontario, en Saskatchewan, au nouveau Brunswick, qu'il n'y en a que 479 en BC, 410 au Manitoba et finalement 12 en Alberta? Il est évident que le Québec est l'entrée de cette immigration irrégulière, Roxham représente le goulot.

      Pour 2017 et 2018, Ottawa a accepté de donner 250 millions à Québec pour sa prise en charge des migrants irréguliers. Le total de 2017 et 2018, c'est 37 000 migrants. C'est donc 6756 par migrant. On est à 13 000 en 2019, jusqu'à octobre, on peut raisonnablement prévoir que l'on arrivera à 16 000, ce qui représente 121 millions pour l'année 2019. Donc ce sont 371 millions qui sont dépensés pour des migrants irréguliers dont on est loin d'être certains qu'il se seraient présentés au Canada. Dans un commentaire, Pierre Grandchamp nous dit que 60% sont refusés, au frais dont j'ai parlé, il faut aussi ajouter les frais pour le traitement des dossiers de tout ce beau monde (comment fonctionnent les frais pour les évictions et les contestations?). Avec le même 371 millions, on aurait pu aménager un poste frontalier étanche et négocier des patrouilles avec les États-Unis. De 2011 à 2016, c'est uniquement 14 000 demandes d'asile, régulières et non des interceptions de la GRC, qui ont été faites. La brèche existe donc bel et bien pour des raisons politiques; les frais des services frontaliers en 2016-2017 étaient de 173 555 000 $, fermer la brèche est donc possible et économique.

    • Françoise Labelle - Abonnée 17 novembre 2019 16 h 30

      M.Gill, à propos de la Suède:
      Tant que vous ne citez pas de données vérifiables, ça relève de la spéculation et même de la théorie de la conspiration: la Suède cacherait les faits, contre son propre intérêt. Et pourtant vous faites référence à un rapport du GAO qui date de 2011, sous Obama. N'est-il pas entaché lui aussi de «rectitude»?
      Ces spéculations gratuites popagent la haine des immigrants. Je vous rappelle que le «de souche» Breivik a tué à bout portant 77 personnes en majorité des adolescents suédois militant pour le parti travailliste.

      Le Conseil suédois pour la prévention du crime a mené deux études sur le crime des suédois immigrants et «de souche». Les études montrent que la majorié des supspects sont nés en Sweden et que leurs deux parents sont nés en Suède.
      «Facts about migration, integration and crime in Sweden» Govenment Offices of Sweden, 2017

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 18 novembre 2019 00 h 11

      Madame Labelle,

      Je ne ferais pas l'erreur d'amalgamer des réalités norvégiennes et suédoises juste parce qu'elles sont scandinaves (ce que vous faites avec Breivik), et je ne dis pas de fadaise non plus, il est facile de discréditer des adversaires avec des piques comme «théories de la conspiration ».

      Mon rapprochement entre Cologne et la Suède vient d'un policier suédois, d'origine afghane dont on a traduit le témoignage dans Le Point, le voici : « Au lendemain de la Saint-Sylvestre 2015 et de la masse d'agressions sexuelles commises contre des femmes dans la ville allemande de Cologne, on apprenait qu'un phénomène similaire s'était produit en Suède. Lors d'un festival de musique destiné aux adolescents organisé chaque année dans le centre de Stockholm, des groupes de garçons et de jeunes hommes avaient encerclé et agressé sexuellement plusieurs jeunes filles. Deux cents garçons furent expulsés de la zone du festival. Et la police tarda à admettre qu'elle avait dissimulé l'affaire par crainte de « faire le jeu des Démocrates de Suède », le parti anti-immigration local.
      Voici la source : https://www.lepoint.fr/debats/immigration-l-aveuglement-suedois-06-04-2019-2306172_2.php

      Pour peu qu'on s'informe, on apprend qu'il y a désormais des gangs en Suède et que les attaques se font désormais à la grenade. https://quillette.com/2019/06/11/its-time-for-sweden-to-admit-explosions-are-a-national-emergency/ Pour bien distinguer la Suède de la Norvège rappelons que cette dernière n'avait que 3 morts reliées au «gang-related shootings» gang en 2018, là où la Suède en a compté 45.

      Vous me ressortez une pique sur «Curry la négationniste» alors que j'ai simplement rappelé que son site avait hébergé un article qui critiquait tellement bien une étude (Resplandy et Al.), indirectement citée par le GIEC, que cette dernière a été rétractée de Nature. Quant au Pentagone, depuis l'Affaire des Pentagon Papers, je prends aussi ses déclarations avec un grain de sel.

  • Gilbert Talbot - Abonné 16 novembre 2019 17 h 15

    Du nazisme pur et dur

    Merci madame pour cet exposé clair et brutal de la cruauté de l'extrême droite américaine, contre les plus démunis. Trump, comme Hitler, est un être absolument abject et sans coeur qui, pour atteindre ses buts, "make the White America Great Alain", joue sur la peur que tous ces immigrants seront bientôt majoritaires aux USA et noieront leur langue et leur culture white anglo saxon and protestant. Et pour empêcher que cela n'arrive, ils sont prêts même à sacrifier les principes de la démocratie et du respect des droits humains qui pourtant est le fondement de leur Constitution. Le moment est crucial. Plus qu'un affrontement électoral c'est une guerre civile qui se développe à nouveau dans un pays hyper-armé. L'enjeu n'est pas seulement l'esclavage, mais la liberté, les Droits et la démocratie qui sont remises en question présentement par Trump et ses disciples qui le suivent aveuglément.