Foi de Félix

L’oeuvre littéraire de Leclerc regorge de textes inspirés par l’Évangile.

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15 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 4 novembre 2019 07 h 59

    Beauté

    Beau texte sur Félix. Merci.

    M.L.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 4 novembre 2019 08 h 06

    … foi du Québec !?!

    « Icône incontestée de la culture québécoise, Félix Leclerc (1914-1988) mérite » ; « Les contes de Leclerc ont parfois été critiqués pour leur propension à l’édification religieuse et nationale. » ; « Il est vrai qu’il a, par la suite, élargi sa palette, sans pour autant renier l’inspiration de ses débuts. » (Louis Cornellier, Le Devoir)

    D’inspiration « cathos » et « nationale », ou selon !?!, Félix est demeuré Félix tout autant dans ses écrits que dans ses chansons qui, fort bien mouléEs dans le temps-espace canadiens-français, européens et québécois, alimentaient de petits bonheurs le sentier des petits gars et des Bozo appeléEs à construire et à habiter le peuple, la nation avec courtoisie et sagesse à la québécoise !

    Foi de Félix …

    … foi du Québec !?! - 4 nov 2019 -

  • Pierre Samuel - Abonné 4 novembre 2019 08 h 51

    Dilemme cornélien ...

    M. Cornellier :

    Vous avez la canonisation facile. Si à ses débuts Félix était effectivement empreint de la religiosité de son époque avec ses premiers contes tels Adagio, Allegro, Andante, la suite de son oeuvre, notamment après son divorce, a passablement refroidi ses ardeurs religieuses comme ce fut le cas pour l'immense majorité des Québécois.

    Une chanson telle que < Dieu qui dort > , écrite d'ailleurs en 1969, au début des révolutions personnelles et sociales de notre peuple, dont il fut un des précurseur, le démontre éloquemment : < ... J'aurais été ton chien l'ombre de ton tilleul / Ton bien ton pin ta main ton verre et ton tilleul / Mais tu t'en vas tout seul et je n'existe pas / Pas plus que la meule au fond d'un débarras / C'est fini / J'ai compris / Insoumis / Moi aussi...> ( Tout Félix en chansons. Nuit Blanche, éditeur, p. 70 ). Certainement la plus explicite à cet égard.

    Sans tenir compte de ses chansons railleuses d'hypocrisie cléricarde telles :< Attends-moi, ti-gars > pourtant écrite dès1956 et son < ...Monsieur le curé raconte que la paroisse est pleine d'impies / C'est pas à cause des péchés, c'est que les dîmes sont pas payées>. (ibid, p. 28). En y ajoutant < La veuve > ( 1969, ibid, p. 238 ) : < ...Quarante jours après / le curé perd sa mère / La veuve / La première / Accourt au presbytère / J'ai appris la nouvelle / Mon révérend joyeux / Vous chouchou du Bon Dieu / Enlevons les tapis / giguons jusqu'à minuit /... >.
    Encore faudrait-il consulter la préface rédigée par son beau-frère, Claude Morin, dans la réédition de < Le fou de l'île > ( Bibliothèque québécoise, 1989 ). En réponse au questionnement de ce dernier, Félix lui répondit une semaine avant sa mort : < J'ai, dit-il, la foi de l'Iroquoise qui regarde passer le fleuve. Elle ne sait pas d'où ça vient ni où ça va ... > . (P. 9 )

    Il serait plus sage, ne croyez-vous pas, d'éviter toute présomption en tentant d'y conforter ses croyances personnelles quelles qu'elles soient ?

    • Marc Therrien - Abonné 4 novembre 2019 09 h 54

      Il semble donc que Félix soit une incarnation inspirante de l'identité fluide, symbolisée par les cercles concentriques formés par une pierre jetée à l'eau, par laquelle on dépasse ses héritages passés tout en les conservant et on éprouve mieux la joie de la liberté quand on s'affranchit de ce qui appesantit son existence.

      Marc Therrien

    • Claude Bariteau - Abonné 4 novembre 2019 10 h 30

      Excellentes remarques. Merci.

    • Jacques de Guise - Abonné 4 novembre 2019 12 h 33

      Messieurs Therrien et Bariteau, je n’aime pas vos propos sur l’identité. Venir dire que Félix est une source inspirante de l’identité fluide, c’est ajouter de la confusion à de la confusion. C’est encore mêlé l’identité et l’identitaire.

      Félix est une source d’inspiration en raison de son expression claire de ses traits identitaires qui témoigne d’une solide compréhension du travail biographique exigeant qu’il a mené toute sa vie pour donner une assise à notre identité. Il est tout sauf l’image que vous en donner, il n’est pas un bricoleur d’identité typique de l’identité fluide sans ancrage, abstraction flottante d’un individu privé de lui-même et de tout ce qui le particularise, abstrait de son existence et de son individualité.

      Vos propos participent justement de cette fabrication de l’identité fluide multiculturelle qu’une gang de déconnectés essaient de faire passer pour de la diversité et témoignent de l’ignorance crasse du travail colossal de biographisation, de subjectivation, de mentalisation, etc., etc, qu’exige la construction de notre identité.

      Après près de trente ans de travaux divers sur la question de l’identité, lire ce "n’importe quoi sur l’identité fluide" de Félix m’attriste énormément!

    • Marc Therrien - Abonné 4 novembre 2019 14 h 52

      M. de Guise,

      Il aurait été intéressant que vous usiez de votre expertise pour nous parler davantage de « l’identitaire », ce néologisme dont je n’arrive pas à trouver une définition en « googlant » et qui n’est sûrement pas du n’importe quoi pour autant, pour le démêler de l’identité. Jusqu’à aujourd’hui, je croyais que les questions identitaires étaient intimement liées à la recherche d’identité. Vous semblez mieux connaître Félix Leclerc que moi pour qui il n’est qu’une « icône incontestée de la culture québécoise ». Je ne sais pas quelle autre fonction peut avoir l’icône que de nourrir un processus d’identification. Et dans l’identification, je crois qu’on y met toujours un peu de soi-même. Enfin, n’ayant pas lu vos travaux sur la question de l’identité, je ne me sens pas trop désolé de vous décevoir quand j’ose y penser par moi-même.

      Marc Therrien

    • Claude Bernard - Abonné 4 novembre 2019 21 h 32

      M Therrien

      Comme vous, j'ai toujours cru qu'identitaire était l'adjectif pour relatif à l'identité.
      M de Guise nous doit une explication ou dumoins une référence.

    • Jacques de Guise - Abonné 4 novembre 2019 23 h 22

      À M. C. Bernard,

      C'est Danilo Martuccelli dans "Grammaires de l'individu" et dans "La société singulariste" qui fait cette distinction entre l'identité et les supports identitaires.

      De plus en se fondant sur une distinction entre "identité pour soi" et "identité pour autrui", il en vient parfois à désigner "d'identitaire" ceux qui revendiquent leur reconnaissance en se fondant sur un trait qu'ils considèrent comme étant "identitaire", ce qui est fort loin de ce que je conçois comme étant la construction de notre identité. On n'est pas dans le même registre, d'où la confusion entre ces revendications fondées sur des bricolages identitaires typiques de la société liquide et la construction de l'identité.

      M. Félix Leclerc ne se livrait pas à ce petit jeu de rhétorique manipulatrice.

    • Jacques de Guise - Abonné 5 novembre 2019 00 h 56

      À M. Therrien,
      Comme tous les lecteurs n'auront pas votre sens de l'humour, je tiens à préciser que "Après près de trente ans de travaux divers sur la question de l’identité" renvoie aux nombreux travaux qui se sont faits sur la problématique de l"identité et non à des travaux que j'ai menés. Je n'ai aucune expertise particulière dans ce domaine, sauf mes lectures.

  • Pierre Samuel - Abonné 4 novembre 2019 09 h 18

    Errato ( 2e paragraphe, fin 3ième ligne et début 4ième) :

    <... / Ton bien ton pin ta main ton verre et ton filleul /...>

    Merci !

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 4 novembre 2019 09 h 30

    On dirait que...

    c'est "votre foi " que vous défendez. Cette "foi" était l'apanage de presque tous les Québécois, anciennement appelés... les "Canadiens-français" dans ces temps-là... Le temps de cette grande noirceur ... de ce «crois ou meurs» pour 90% de la population. Nous avions déjà connu " l' hécatombe" de l'émigration "forcée" vers les USA....alors, il fallait se tenir à carreau et marcher droit...Le 10%...l'Église et la "Province", déjà à la botte du "Speak White" fédéral, y veillaient.... "No money, no candy" ... Pas d'argent = pas d'éducation...pas de "job" ... pas d'avenir, sauf d'être "locataire" dans notre propre Pays....celui de nos ancêtres.
    Tout ça pour dire...que Félix était de son temps. Mais lui a su et pu évoluer ...ce qui n'était pas et, encore aujourd'hui, n'est pas le cas de ces Québécois...ces anciens Canadiens-français . Mais on y arrivera un jour...«c'est la grâce que je souhaite à tous»...(grand éclat de rire...jaune. ).On n'y échappe pas...même nos adages ou expressions en sont teintés.

    • Léonce Naud - Abonné 4 novembre 2019 10 h 45

      Les Romains avaient appris par l'expérience qu'il existe deux méthodes assurées pour un peuple de marcher vers sa ruine : mépriser les Dieux de la Ville et négliger l'art militaire. Les Québécois font les deux tandis que les Canadiens-français savaient prier et savaient se battre.

    • Pierre Samuel - Abonné 4 novembre 2019 15 h 45

      @ M. Naud :

      Puis avaient aussi : < ... Un fils enragé / il ne croit ni à Dieu, ni à diable, ni à moi / J'ai un fils écrasé / Par les temples à finance où il ne peut entrer / et par ceux des paroles où il ne peut sortir / Un fils dépouillé / Comme le fut son père porteur d'eau / Scieur de bois, locataire et chômeur dans son propre pays / Il ne lui reste plus que la vue sur le fleuve / Et sa langue maternelle qu'on ne reconnaît pas > ... < L'alouette en colère, Félix Leclerc, 1972, in Tout Félix ern chansons, 1996, p. 22.

      Salutations !