Le vide

C'est un sinistre jeu de mikado. Et la baguette que vient de retirer le président américain a mis un terme à la partie : l’édifice s’est effondré sur la région…

La décision présidentielle de rapatrier les soldats américains du nord de la Syrie a du sens en politique interne. En effet, le président a promis à sa base de mettre un terme aux « guerres sans fin », et il veut remplir sa promesse d’ici 2020. Et ses yeux demeurent fixés sur sa réélection : là réside la rationalité de l’irrationnel — pour reprendre les mots de Nixon. Par contre, cette décision n’a ni queue ni tête sur le plan international ; pilotée depuis le deuxième étage de la Maison-Blanche, désavouée au Pentagone, critiquée au Congrès, elle a laissé les alliés des États-Unis pantois. Le président américain a planté une dague effilée dans le coeur d’un monde qui n’est plus.

L’histoire de la politique étrangère hégémonique est émaillée de décisions de cette nature, de celles qui ont altéré irrémédiablement l’équilibre international. Mais celle-ci figure peut-être parmi les plus déterminantes dans la période récente, au même titre que celle d’envahir l’Irak en 2003. Car depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Moyen-Orient est un baromètre de la politique étrangère américaine et la faille sismique de la géopolitique internationale. Et cette décision de retrait consacre la fin de ce qui reste de la pax americana et de la « diplomatie de la navette » (shuttle diplomacy) de Kissinger. Elle porte le sceau du déclin. La géopolitique de cette décision est d’une ampleur telle qu’on peut la décliner en trois temps.

Abandonnés par les États-Unis

D’abord, sur le plan local, les Kurdes sont depuis toujours le maillon faible des transactions dans la région. Ils ont été abandonnés par les États-Unis à de multiples reprises : en 1975 par Kissinger, en 1985 sous les armes chimiques de Saddam Hussein (par le gouvernement Reagan, qui voyait ce dernier comme un allié face aux ayatollahs iraniens), en 1991 après les accords de cessez-le-feu suivant l’opération Tempête du désert, en 2007 sous les bombes turques (un autre allié de longue date des États-Unis et un pilier de l’OTAN)… Ils n’ont effectivement, et comme le veut le vieil adage kurde, « pas d’autres amis que les montagnes ». Ils doivent, comme ils ont eu à le faire auparavant, s’adapter aux vents changeants, victimes collatérales de l’échiquier mondial. Du point de vue turc, ce blanc-seing américain permet à Erdogan, à court terme, de fragiliser l’assise régionale du PKK, de fractionner le Kurdistan turc et le Kurdistan syrien. Mais à plus long terme, l’expulsion des réfugiés de Syrie (non kurdes) vers cette zone frontalière tampon lui permet de diluer durablement l’identité démographique du Kurdistan. Une aubaine.

Déploiement russe

À l’échelle régionale, la recomposition de l’équation moyen-orientale, manifeste depuis septembre 2015 avec le déploiement effectif de forces militaires russes en Syrie, s’accélère. D’abord, le retrait américain a été précipité, au point où les forces américaines ont dû abandonner le camp de Manbij tel quel et faire sauter leur dépôt de munitions pour éviter qu’il ne tombe entre de mauvaises mains. Il a été hâtif au point de prendre les forces alliées de court : sans l’appui du Pentagone, les forces spéciales françaises sont devenues presque aveugles, inopérantes et potentiellement en danger. Elles ont dû se replier rapidement à leur tour.

L’effet domino de cette décision s’étend rapidement aux territoires adjacents : la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), au coeur de la lutte contre le terrorisme, est obligée de prioriser la lutte contre l’incursion turque. Les groupes djihadistes (dont plusieurs membres incarcérés par les Kurdes ont déjà pu s’échapper) semblaient déjà vouloir renaître de leurs cendres. Ils peuvent désormais marcher sur la route de leur résurrection — qu’il s’agisse du groupe État islamique à l’est ou d’al-Qaïda à l’ouest. D’autant que la milice kurde, pour assurer sa survie, a dû passer un accord avec le régime syrien avec le risque de voir se déchaîner de nouveau la violence des troupes d’Assad sur les populations locales et, à la clé, le risque qu’elles se radicalisent. Dans la foulée, Bachar al-Assad a regagné un tiers du territoire du pays en un claquement de doigts. De son côté, l’Iran pourrait tirer son épingle du jeu. La timide réponse (cybernétique) des États-Unis à l’attaque iranienne du 14 septembre dernier contre les installations pétrolières a envoyé le signal que le discours dur du président n’était que paroles. Le retrait des troupes du nord de la Syrie ouvre donc la possibilité pour l’Iran de consolider son assise dans la région.

Un chaos mal contrôlé

Finalement, sur la scène mondiale, cette décision amène par ricochet la recomposition de l’ordre global… où il n’est question que d’un équilibre instable, voire d’un chaos mal contrôlé.

D’abord, la Russie est de retour sur le devant de la scène. Et pas à moitié. Régionalement, les troupes russes ont, avec la bénédiction explicite du président américain, les mains libres en Syrie. La diplomatie russe se déploie aussi activement au-delà de cette seule zone de conflit. Tout en critiquant les sanctions appliquées par les États-Unis, l’axe Moscou-Téhéran demeure : la Russie accueillera Erdogan à Moscou le 22 octobre prochain, tandis que Vladimir Poutine a visité au cours de la dernière semaine l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis — une première en plus d’une décennie. Dès lors, Moscou cherche à se positionner comme le seul interlocuteur fiable, proposant même un projet de sécurité collective pour le Moyen-Orient en juillet dernier. L’objectif du géant russe n’est pourtant pas tant de pacifier la région que de bénéficier d’un chaos qui lui est favorable : il n’y aura pas de pax moscova.

C’est également la fin de la pax democratica. Parce que la confiance, qui représente le ciment du système international et notamment du système d’alliances — au nombre desquelles l’OTAN —, n’est plus là. Dans les chancelleries, la question est certainement posée. Qui sera le prochain ? Qui pâtira du manque de volonté des États-Unis ? Est-ce que les dirigeants des États baltes se regardent en chiens de faïence, se demandant lequel sera le premier dans la ligne de mire de la Russie ? Et lequel sera sacrifié par Washington ?

Ajoutons qu’un État clé comme Israël, déjà sur un strapontin, et étrangement silencieux depuis le début de cette crise, réajuste sa politique de défense, car l’ennemi se fait plus proche, et le parapluie américain évanescent.

Enfin, le vide généré par le président a sans doute pris de court les vieux ennemis des États-Unis, ceux-là mêmes qui contestaient sa mainmise sur le Moyen-Orient. Ni la Russie ni la Chine n’aspirent à remplir le rôle de gendarme qu’occupait Washington, ou à combler ce vide de la même manière. Mais la faiblesse de la politique étrangère américaine, devenue une marque de commerce de cette présidence, pourrait devenir selon le magazine Foreign Policy un argument clé pour la Chine (afin de maximiser son expansion) et la Russie (pour consolider son retour sur la scène mondiale) pour souhaiter la réélection du président. Le vide que laisse la faillite de la politique américaine ne le restera pas longtemps. Mais lorsqu’il sera comblé, l’ordre international tel qu’on le connaît aujourd’hui aura véritablement disparu.

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22 commentaires
  • Serge Ménard - Abonné 19 octobre 2019 07 h 19

    Le sceau du déclin ?

    Ce que vous appellez le sceau du déclin a commencé par le retrait des américains au Vietnam, ce n'est pas d'hier ! Le gendarme est en poste depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et en a assez d'être le gendarme de la planète. On assiste à un juste retour du balancier, les américains n'ayant gagné aucune guerre depuis WWII. Je pense que les USA devraient retirer toutes les troupes situées dans les pays islamiques et laisser ces derniers régler leurs problèmes comme ils le font si bien depuis 1,400 ans.
    En cédant le boubier du Moyen-Orient à Poutine, Trump commence à réaliser une de ses promesse de 2016, promesse qu'il pourra compléter après sa réélection en 2020; les mères américaines ne veulent plus envoyer leurs enfants au casse-pipe.
    L'ordre mondial est en mouvance grâce à Trump. Il était temps que ça se fasse ! Il ne restera qu'à bien protéger la seule démocratie dans cette région, Israël.

  • Rose Marquis - Abonnée 19 octobre 2019 08 h 45

    Un gâchis ''trumpien''

    Que dire de plus, cet article brosse un tableau clair, sans parler de clarté à venir, du chaos moyen-oriental.

    • Serge Ménard - Abonné 19 octobre 2019 18 h 07

      Mais qui donc a créer ce gachis ?
      Que penser de la performance de l'UE dans ce dossier ?

  • Cyril Dionne - Abonné 19 octobre 2019 09 h 50

    Le gros « méchant » Donald Trump

    Dans un monde de plus en plus schizophrénique, les gauchistes qui seulement hier décriaient les interventions américaines partout dans le monde, maintenant, aujourd’hui, ils critiquent le contraire. Il va falloir se décider un de ces jours. Le Moyen et Proche-Orients sont des guerres civiles sans fin où intervenir signifie que nous prenons position tout en s’embourbant dans un maelström politique sans queue ni tête. Les guerres d’empire sont terminées avec Donald Trump et la pax americana aussi. Au mois de novembre 2016, les Américains ont élu un président du peuple, par le peuple et pour le peuple. C’est l’isolationnisme qui prime maintenant aux USA. Les autres nations sont aussi majeures et vaccinées, en tout cas, on l’espère. De toute façon, avec les bombes thermonucléaires et la MAD (mutually assured destruction), la géopolitique internationale n’est qu’une illusion. Dans ce domaine, les Américains sont les maîtres incontestés.

    Ceci dit, pour les groupes djihadistes, vous pouvez toujours les détruire et ils reviendront toujours. C’est l’idée d’une religion absolue qu’il faut détruire. Et c’est là que tous font toujours la même erreur.

    Pour les Russes, c’est une puissance mondiale pauvre et de 2e ordre. En fait, ils sont seulement un cran plus élevé que la Corée du Nord. Le revenu moyen en Russie est celui qu’on rencontre dans les pays en voie de développement.

    Les États-Unis n’abandonneront jamais Israël, la seule démocratie au Moyen-Orient. La seule. Les liens tissés entre ces deux nations sont inaliénables et intemporels.

    C’est la Chine qu’il faut garder près nous. Comme ils le disent si bien, il faut toujours garder ses ennemis plus près que nos amis. Sur cela, Trump est passé maître en la matière. En fait, nous avons comme ennemis seulement que la gravité. lol

    • François-Pierre Fournelle - Abonné 19 octobre 2019 17 h 02

      Commentaire complètement débile, d'un cinglé notoire, encore une fois.

      "les Américains ont élu un président du peuple, par le peuple et pour le peuple"

      Il n'est pas DU peuple: c'est un milliardaire. Il n'a d'ailleurs rien fait pour acquérir cette fortune, il en a hérité et a très très mal géré cet argent, en plus d'appauvrir et de brimer les droits de ses employés, ses associés et tout le monde qui a eu le malheur de croiser son chemin. C'est un criminel multirécidiviste qui porterait une combinaison orange jusqu'à sa mort s'il n'était pas président et si son pays avait un système de justice plus sérieux.

      Il n'est pas élu PAR le peuple: il a eu 3 millions de votes de moins que Clinton, soit 2 points de pourcentage de moins.

      Il n'est pas POUR le peuple, ayant baissé les impôts des milliardaires et des compagnies (l'argent économisé, plutôt que de ruisseler vers le bas, a fait monter en flèche la vente de super-yachts), ayant coupé dans tous les programmes sociaux, ayant provoqué des catastrophes économiques passées et à venir, etc.

      Malheureusement, même Christian Rioux, hier, défend ce président en salissant Obama. Étrange coïncidence: Obama a aidé Trudeau cette semaine.

      **************************

      "C’est l’idée d’une religion absolue qu’il faut détruire."

      Est-ce que ça va finir les commentaires racistes et islamophobes au grand jour dans un quotidien national qui se veut sérieux?

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      Il y a des limites que le Devoir continue de publier de pareilles vomissures. Dans sa section commentaires. Idée comme ça: pourquoi ne pas supprimer la section commentaires, remplie de plusieurs autres de ce genre? Plusieurs autres quotidiens l'ont fait.

    • Cyril Dionne - Abonné 19 octobre 2019 20 h 47

      Cher M. Fournelle,

      Dans « C’est l’idée d’une religion absolue qu’il faut détruire », pourriez-vous avoir l’amabilité de nous expliquer ce qui a de raciste et d’islamophobe dans cette petite phrase? Est-ce que c’est de notre faute que les djihadistes sont des extrémistes musulmans? Pourquoi devrions-nous nous excuser pour les crimes des autres?

      Bon. Revenons-en à la liberté d’expression dont on suspecte que vous n’êtes pas un adepte. Dans une démocratie, c’est la critique des idées que la rend plus forte. Et les croyances aux amis imaginaires sont des « idées », aussi farfelues qu’elles soient. Des idées, c’est tout, qui peuvent être rejetées comme toutes les autres. Ce ne pas Thomas Jefferson qui disait entre autre que les religions organisées doivent être critiquées quittent à les ridiculiser, ceci, il y a trois siècles.

      Ceci dit, si vous n’aimez pas, vous ne lisez pas et c’est tout. C’est cela la censure naturelle. C’est ce que je fais et croyez-moi, je ne lis pour perdre mon temps comme certains. Si vous n’êtes pas d’accord, eh bien, vous réfutez les arguments, ce qui semble impossible pour vous. On imagine que vous préféreriez instituer la notion du blasphème afin que les croyances aux amis imaginaires, magiques et extraterrestres soient protégées des faits et du gros bon sens.

      On vous suggère fortement de lire des médias où ils sanctifient les croyances personnelles dans des tablettes d’argile sans poser aucune question. Vous seriez dans votre monde. Nous, on préfère les faits et les connaissances, qu’on soit d’accord ou non parce que le monde naturel se déroule ainsi comme il va continuer de se dérouler. Alors, SVP, arrêter d’humaniser les atomes et vous pourrez dormir le soir. Et pour les gros mots que vous utilisez, vous savez où les mettre. Vous ne m’empêcherez pas d'exercer mon droit inaliénable et naturel de poser des questions, évidemment, sans diffamation et incitation à la haine, sinon, la section éditoriale du Devoir ne les publierait pas

    • Françoise Labelle - Abonnée 20 octobre 2019 14 h 55

      Vous avez la mémoire qui flanche, M.Dionne?
      Les USA sont intervenus en Syrie pour combattre l'E.I. née du chaos qui a suivi la catastrophique et illégale invasion de Bush par des pays soi disant «démocratiques». Bush est le principal responsable. 4,500 mères de soldats ont leur enfant alors que les pertes américaines en Syrie se comptent sur les doigts de la main.
      Obama a hérité de cette situation, comme du foutoir financier de 2008 créé par le laisser-faire sous Bush. Comme Trump, Obama a envisagé un retrait de Syrie qu'il n'a jamais ordonné parce que les conditions ne s'y prêtaient pas.
      Pour remplir une promesse aux fidèles de sa secte, le brouillon Trump a stupidement donné à la Turquie le feu vert pour une intervention turque contre les Kurdes que les Turcs répriment sévèrement depuis plusieurs décennies. Le Kurdes sont morts au combat contre l'E.I. évitant des pertes américaines. Pourquoi n'a-t-il pas envoyer les Mike avant de retirer ses forces de Syrie?
      Les saoudiens accueillent le nouveau maître du M.O. Un dictateur homophobe qui a beaucoup de sang sur les mains et qui a appliqué la doctrine de Lénine en misant sur le maillon le plus faible aux USA. Trump vient de montrer encore une fois qu'il était le bon canasson.
      129 républicains, sans doute de gauche, ont condamné le retrait ordonné par Trump, au grand dam également des soldats américains sur le terrain.
      Il n'y aura de «démocratie» en Israël que tant que la gauche ne prendra pas le pouvoir. L'extrême-droite a assassiné le général faucon Rabin qui s'apprêtait à négocier avec les palestiniens. Et on ne parle pas du camp de concentration de Gaza, des territoires illégalement annexés et peuplés.

    • Cyril Dionne - Abonné 20 octobre 2019 18 h 14

      Chère Mme Labelle,

      L'histoire et les faits ne sont pas importants dans ce forum. Les USA sont intervenus et ont équipé supposément les forces libres syriennes au début de ce conflit pour combattre le régime de Bashar al-Assad afin de le renverser. Ils ont essayé de créer une armée en investissant plus de 5 milliards$ US en armes, CIA oblige, et se sont retrouvés avec une force de 24 soldats. Toutes les armes qu'ils avaient donné à ces soi-disant combattants de la liberté se sont retrouvées dans les mains des djihadistes. Tout cela, grâce à Obama, sa ligne dans le sable et son secrétaire d'état, Hillary Clinton. Bravo pour ces champions.

      Les USA n'avaient pas envahi la Syrie, mais bien l'Irak. Mais lorsqu'on est à gauche toute, on occulte les faits. Misère.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 20 octobre 2019 18 h 35

      "Commentaire complètement débile, d'un cinglé notoire (i.e.: Cyril Dionne), encore une fois... Il y a des limites que le Devoir continue de publier de pareilles vomissures." - François-Pierre Fournelle

      Monsieur Fournelle, votre appel à la censure de tout ce qui ne vous plaît pas m'apparaît bien navrante. Monsieur Dionne a raison: si vous n'aimez pas ses propos, vous n'avez qu'à passer outre. Mais vous ne le faites pas pour des raisons qui m’intriguent. J'ai toujours soupçonné les tenants de la vertu d'entretenir secrètement une fascination morbide pour les propos qu'ils s'interdisent, comme j'ai toujours subodoré que les propos étudiés de Monsieur Dionne n'étaient couchés sur le papier virtuel que pour, entre autres, provoquer chez ses pourfendeurs une salutaire syncope destinée à ébranler l’édifice de leurs idées reçues.

  • Françoise Breault - Abonnée 19 octobre 2019 09 h 56

    Formidable article

    Très inquiétant tout ça...

  • Mario Gallant - Abonné 19 octobre 2019 10 h 29

    Il paie simplement sa dette.

    Si Poutine tenait Trump par les couilles, Trump, en lui livrant le Moyen-Orient, paie simplement sa dette et récupère ses couilles.
    Mario Gallant Ste Luce.