Désobéir?

Les milliers de banlieusards de Longueuil, Saint-Bruno et Brossard y trouveront peut-être une mince consolation. Pour une fois, ils n’auront pas été les seuls à « sacrer » dans leur « char », lundi dernier, en poireautant dans un nuage de smog pour accéder au pont Jacques-Cartier. Qu’ils se consolent : à Paris, Londres, Sydney, Berlin et Amsterdam, des milliers de citoyens lambda ont poussé le même cri de colère.

Dans la capitale française, ce furent les automobilistes qui voulaient accéder au pont au Change et à la place du Châtelet, bloquée depuis trois jours. Samedi, ce furent les habitués du centre commercial de la place d’Italie qui se sont heurtés à des portes closes. Au menu, des vitrines, des escaliers mécaniques et des rideaux métalliques vandalisés. Au passage, Emma, 21 ans, qui vend des biscuits pour payer ses études d’ingénieur, s’est fait traiter de… « capitaliste » !

Le même scénario s’est répété à Londres, où il était question de bloquer un aéroport pendant trois jours. À Berlin, où Angela Merkel a pourtant débloqué 100 milliards d’euros pour l’environnement (d’ici 2030), un campement de plusieurs centaines de tentes a été érigé devant la chancellerie.

De Montréal à Sydney, on invoque l’urgence climatique. Comme si cette dernière offrait à tous un blanc-seing pour défier la loi. Pour justifier ces actions, les militants brandissent un prétendu « droit » à la « désobéissance civile », oubliant que celle-ci a toujours été définie par ses pères comme un principe qui ne pouvait s’appliquer que dans des circonstances exceptionnelles. Comme l’écrit le philosophe André Perrin, cette désobéissance n’a de sens que si elle est « un droit de résister à l’oppression, non à la loi, un droit de refuser la tyrannie, non la démocratie ».

Reste donc à démontrer que Paris, Londres et Berlin sont des capitales de pays totalitaires. Les actions d’Extinction Rebellion laissent au contraire penser que, loin de combattre les tyrannies, cette organisation mondialisée en a surtout contre les démocraties. On notera en effet son absence à Pékin, New Delhi et Moscou. Là où pourtant, sur le plan environnemental, ça compterait vraiment ! Mais, comme le disait si bien en son temps François Mitterrand, « le pacifisme est à l’Ouest et les euromissiles, à l’Est ».

Il ne suffit pas d’invoquer la « désobéissance civile » pour gagner le droit de se comparer impunément à Martin Luther King et au mahatma Gandhi. Non seulement ces derniers affrontaient-ils des lois iniques et discriminatoires, mais ils ne faisaient pas subir à des innocents les conséquences de leurs actes. Ils avaient aussi des revendications précises susceptibles d’être satisfaites. Or que proposent nos militants anticapitalistes ? Rien de moins que d’atteindre la « neutralité carbone »… en 2025 ! Une revendication utopique, extrémiste et parfaitement impossible à satisfaire sans fermer toutes les usines, interdire toutes les voitures et arrêter de se chauffer.

À moins de penser que la cause climatique peut se passer du soutien de la classe moyenne, on ne voit pas en quoi l’occupation du pont Jacques-Cartier a fait avancer cette cause. Comme le disait Emma, interviewée par le journal Le Parisien : « On est tous un peu écolos, mais être écolo, ce n’est pas forcément être anticapitaliste. »

Nos révolutionnaires d’opérette oublient que nous ne sommes plus à l’époque de Rosa Parks. Depuis, la posture romantique du rebelle est devenue une mode, un poncif, un cliché, pour ne pas dire une marque de jeans. Qu’y a-t-il de commun entre le déserteur de Boris Vian et cette jeunesse guillerette qui fait « grève » sous les regards approbateurs et les applaudissements des professeurs, des directeurs d’école et du ministre. N’est pas Soljenitsyne qui veut. Relisons Henry David Thoreau, cet adepte de la vie solitaire qui fuyait les foules. La « désobéissance civile » ne tolère guère la multitude. Toute la noblesse du mot « désobéissance » tient justement dans cette invitation à ne pas suivre le courant et à se tenir debout malgré l’esprit du temps.

Au contraire, à Paris, les « courageux » insoumis ont été soutenus par nul autre que la mairesse Anne Hidalgo et la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne. Étrangement, l’an dernier, ces élues n’avaient pas manifesté la même passion pour la désobéissance lorsque les premiers gilets jaunes, ignorés ou méprisés par les médias, avaient quitté leur province profonde pour monter à Paris.

En matière d’environnement, la difficulté aujourd’hui n’est pas tant de hurler avec les loups que de négocier les compromis difficiles qui s’imposent. Si personne ne doute de la sincérité de ces nouveaux rebelles, on nous permettra de remettre en question leur jugement politique. La sincérité n’a jamais fait une politique. Érigée en vertu suprême, elle ouvre même la porte à toutes les récupérations, notamment médiatiques.

Lors des événements de Mai 68, l’écrivain Marcel Jouhandeau avait eu ces mots, certes un peu durs, à l’égard de ces étudiants privilégiés qui manifestaient dans les rues de Paris : « Rentrez chez vous ! Dans vingt ans, vous serez tous notaires ! » Malheureusement, il ne s’était pas trompé de beaucoup.

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53 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 11 octobre 2019 04 h 21

    L'urgence d'agir. Le déclin de la nature mettra en péril cinq milliards d’êtres humains d’ici 30 ans.

    Vous avez tort, monsieur Rioux. Le Canada vient de se faire rappeler à l'ordre par le FMI: «Le FMI aux partis politiques et aux électeurs canadiens : la crise climatique est réelle et urgente ; la tarification du carbone est le moyen le plus efficace de réduire les GES ; votre tarification est loin d’être suffisamment élevée ; des mesures plus énergiques ne nuiraient pas à votre économie, au contraire».
    «Selon le FMI, même une taxe de 75 $US (100 $CAN) serait loin d’être suffisante en 2030 pour atteindre les réductions de GES requises au Canada et que le plus dur restera ensuite à faire.
    75 $US C’est la moyenne mondiale minimum, par tonne, à laquelle devrait être fixée la taxe carbone pour rester sur la trajectoire d’un réchauffement de la planète limité à 2 °C. »
    «Pour le FMI, les gouvernements devraient commencer par arrêter leurs subventions aux énergies fossiles, qui ont totalisé 5200 milliards $US en 2017, c’est-à-dire avant que le gouvernement libéral de Justin Trudeau ne décide de se porter acquéreur du pipeline Trans Mountain pour 4,4 milliards, à quoi devraient s’ajouter ensuite des coûts de construction de 9,3 milliards, selon le Directeur parlementaire du budget»
    https://www.ledevoir.com/economie/564591/analyse-petit-rappel-a-l-ordre-du-fmi-au-canada-sur-la-taxe-carbone

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 octobre 2019 10 h 37

      @Nadia Alexan,

      Quel paradoxe de crier à l'urgence climatique, alors que vous avez participé vous-même à faire du voile musulman un enjeu important des présentes élections qui ne concerne qu'une poignée d'enseignantes au Québec.

      Ou l'art de passer à côté des priorités, qui plus est, quand on sait que la monté du Bloc contribue à la mise au pouvoir des conservateurs qui se contre-foutent de l'urgence climatique.

      Inconséquence quand tu nous tiens...

      Référence :

      "Forum Research croit que la hausse du Bloc québécois dans les récentes consultations pourrait contribuer à l’élection d’un gouvernement conservateur.." - Le Devoir

      https://www.ledevoir.com/politique/canada/564414/sondage-post-debat-en-anglais-les-conservateurs-en-avance

    • Cyril Dionne - Abonné 11 octobre 2019 10 h 54

      D'ici 30 ans, il risque d'avoir un Armageddon nucléaire et une fin du monde. Ils ont besoin de seulement 24 heures pour accomplir cela. Et croyez-moi, l’humanité en a les moyens.

      Alors, vous proposez la décroissance économique Mme Alexan? Ben coudonc, vous ne tenez pas à votre pension et c'est votre droit. Mais ne venez pas vous plaindre lorsque vous ne mangerez plus à votre faim et que vous ne pourrez plus payer pour chauffer votre maison. Les instances étatiques et les gouvernements n'existeront plus avec la décroissance que vous proposez.

      Quand je lis les commentaires dans les forums qui portent sur le réchauffement climatique, je deviens très convaincu de la pertinence d’une culture scientifique imposée à tous. Si les gens commençait tout simplement à comprendre les phénomènes qui sont sous-jacents aux changements climatiques, peut-être, et je dis peut-être que leurs commentaires seraient plus axés envers les solutions et non pas un délire collectif apocalyptique de fin du monde.

    • Nadia Alexan - Abonnée 11 octobre 2019 15 h 04

      À monsieur Cyril Dionne: «la Suède s’impose actuellement une taxe carbone de 127 $US la tonne (169 $CAN) qui l’a aidée à réduire ses émissions de GES de 25 % par rapport à 1995 sans empêcher son économie de croître de 75 %.»
      Faire de l'aveuglement volontaire en matière de changements climatiques nous conduit directement à l'apocalypse. Il faut écouter les scientifiques du GIEC.
      https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/201909/25/01-5242727-changements-climatiques-rapport-alarmant-du-giec-sur-les-oceans.php

    • Nadia Alexan - Abonnée 11 octobre 2019 15 h 25

      À monsieur Christian Montmarquette: Nous sommes face à deux dangers planétaires, le fascisme d'un mouvement international intégriste, islamiste et meurtrier de Daesh, contre les valeurs universelles des Lumières, et la doctrine néolibérale d'un capitalisme sauvage et débridé qui nous conduit à l'extinction. L'un n'exclut pas l'autre.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 11 octobre 2019 15 h 30

      Je comprends vos cris, M. Dion, mais vous-même que proposez-vous mis à part "un Armageddon nucléaire et une fin du monde"? Qu'on fasse le party jusqu'à ce que la "fin du monde" vienne mettre fin aux célébrations?

      Car la décroissance est inéluctable et est même déjà amorcé. Elle dépend plus de la contraction énergétique que nous commençons à subir sur cette planète que des effets immédiats des changements climatiques. Ceux-ci toutefois se feront de plus en plus sentir de manière insidieuse.

      Alors nous avons le choix: la planifier ou subir cette décroissance. Que choisissez-vous?

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 octobre 2019 17 h 18

      @ Nadia Alexan,

      "Nous sommes face à deux dangers planétaires, le fascisme d'un mouvement international intégriste." -Nadia Alexan

      Le fascisme et le fanatisme anti-musulmans, ce sont vos propres propos islamophobes qui les engendrent au Québec

      « La consanguinité massive dans la culture musulmane pourrait avoir causer des dommages virtuellement irréversibles au socle génétique musulman, notamment des dégâts majeurs sur leur intelligence, leur santé mentale, ou leur santé tout court.» - Lizabel Nitoi, candidate du Bloc québécois

      Source :

      "Propos anti-islam: des candidats du Bloc embarrassants" - Journal de Montréal, 10 octobre 2019

    • Cyril Dionne - Abonné 11 octobre 2019 17 h 27

      Cher M. Cotnoir,

      Je ne pense pas que vous vivez dans le même espace que moi, dans le même pays, dans la même dimension, en fait sur la même planète, mais que vous été pris dans une faille spatio-temporelle. Les ventes des plus gros camions et VUS augmentent partout dans le monde. Même nos artistes, que sont si conscients de l'environnement tout en signant tous les Pactes de ce monde, se mettent à la tâche pour nous en vendre le plus. Les camions RAM. Ah! Calimero de Caliméro.

      La Chine ajoute 6 centrales de charbon par mois pour accommoder son économie. Son empreinte carbone dépassera largement les 16 000 Mt de GES par 2030 (c'est présentement 13 200 Mt). Idem pour le Canada et de développement fulgurant de son pétrole sale et de sa réserve de 1 000 milliards en argent comptant. Les émissions de C02 augmentent au Canada et continueront d’augmenter.

      Vous parlez de décroissance alors qu'ailleurs, dans les pays émergeants, ils parlent de croissance économique fulgurante.

      Et planification sous-entend adaptation. Cela, nous n’aurons pas le choix de le faire avec la bombe démographique. Mais, ce ne sera pas pour demain.

      Vous voyez, on ne peut être pas d’accord sur tout. Je suis pragmatique et réaliste. Le verre n’est pas à moitié plein ou à moitié vide; il est à moitié rempli de ce qu’il peut contenir.

    • Raymond Labelle - Abonné 11 octobre 2019 18 h 09

      La perspective d'un gouvernement conservateur, entre autres causée par la croissance du Bloc, évoquée par M. Montmarquette, est reconfirmée par Bryan Bréguet (Too close to call) aujourd'hui: http://www.tooclosetocall.ca/2019/10/projections-d

      Ça s'adonne que c'est le Bloc, mais chaque fois qu'un tiers parti risque de prendre un siège au PLC, que ça soit le Bloc, le NPD ou les Verts, cela augmente la probabilité d'un gouvernement conservateur minoritaire. On sait qu'un gouvernement minoritaire gouverne et, selon la perspective, peut faire du dommage. Harper a été longtemps minoritaire et même dans cette situation, a fait beaucoup de choses.

    • Nadia Alexan - Abonnée 11 octobre 2019 21 h 22

      À monsieur Montmarquette: Selon Faima Hoda-Pepin: «Oui, l’islamisme radical existe ici»au départ et encore aujourd’hui, des imams payés par l’Arabie saoudite sont « envoyés en mission », pour diffuser l’idéologie salafiste et soumettre les musulmans à l’arbitraire de la charia wahhabite.»
      «L’islamisme radical au Québec et au Canada n’est pas l’oeuvre d’une génération spontanée qui a poussé avec le djihad 2.0. C’est la conséquence tangible d’un endoctrinement idéologique systématique, fait dans l’indifférence générale depuis plus de trente ans, quand l’Arabie saoudite a commencé l’envoi de ses imams de service. Dès lors, et encore aujourd’hui, l’organisation de l’islam au Québec a été accaparée par des « leaders autoproclamés à vie » et des groupes islamistes reliés à un réseau national et international d’organisations salafistes disposant de moyens financiers considérables. Les premières victimes sont les musulmans démocrates qui font des efforts considérables pour s’intégrer et qui se retrouvent amalgamés à ceux-là mêmes qu’ils dénoncent. Le défi est de savoir comment sortir des griffes des financiers de l’intégrisme qui ne se gênent même plus, aujourd’hui, pour importer ici des prédicateurs sulfureux d’Europe et du Moyen-Orient et qui font ouvertement la promotion de la charia en Amérique du Nord. C’est ainsi que le Canada est devenu, au fil des ans, le paradis des islamistes, à cause des garanties fondamentales que leur confère la Charte des droits et libertés, de leur capacité à imposer leur programme politique sous couvert de religion et de l’insouciance des politiciens qui s’agglutinent, tous partis politiques confondus, dans leurs mosquées, leur conférant reconnaissance et respectabilité. Même les journalistes évitent de toucher à cette « zone sensible » qu’est l’islamisme radical, de peur d’être accusés d’islamophobie». https://www.ledevoir.com/opinion/idees/449975/oui-l-islamisme-radical-existe-ici

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 11 octobre 2019 21 h 54

      Merci pour votre réponse, M. Dionne,

      Oh que je vis sur la même planète que vous! Mais je n'interprète pas de la même façon ses dysfonctionnements. L'achat de VUS par les consommateurs, comme les bilans trimestriels de nos entreprises ou, encore pire, les placements de nos "traders" sont court-termistes. N'empêche que la réalité a la couenne dure. Cette civilisation globalisée est entrée en contraction énergétique pour la simple raison qu'elle n'a pas d'alternative crédible pouvant remplacer sa dilapidation des énergies fossiles. Bien sûr, il reste du charbon de terre en quantité, il est de moins en moins de bonne qualité et de plus en plus difficile à exploiter. N'empêche que même cette abondance relative ne pourra servir à remplacer les usages du pétrole, tout au mieux comme énergie primaire pour produire de l'électricité avec un taux de retour énergétique décroissant. Il en va de même pour les sources de pétrole non conventionnel dont le TRÉ est au mieux de 4:1 pour les sables bitumineux, de 5:1 pour le pétrole de roche-mère et tutti quanti. Et ce n’est pas à vous que je vais faire croire que les éoliennes vont venir sauver la mise énergétique. Bref l'énergie étant nécessaire à toute transformation d'un système, elle ne se crée pas magiquement. Elle se comporte plutôt en suivant le premier principe de la thermodynamique. Il en découle que plus tôt que tard, il y aura décroissance économique imposée par la déplétion énergétique. Je vous laisse la bombe démographique en prime. Alors à moins de baisser les bras en se disant "après moi le déluge", il faut, oui, tenter de sauver ce qui pourra l'être non seulement de cette civilisation, mais de la vie sur Terre, tel que nous la connaissons.

      Alors, je vous le redemande, quel est votre choix? Quel avenir souhaitez-vous pour vos enfants (si vous en avez) ? Qu'ils subissent "l'effondrement" ou que l'on tente de l'éviter auparavant? Parce qu'en termes de prophète de malheur, vous me semblez l'être davantage que moi.

    • Daniel Grant - Abonné 11 octobre 2019 22 h 31

      Nadia Alexan a raison

      M. Rioux est du côté des intégristes de l’extraction comme le prouvent ses arguments.

      « … un blanc-seing pour défier la loi. »
      Mais ce sont les pétrolières qui se sont payé un blanc-seing pour défier les lois naturelles, Elles sont irresponsables et se croient tout permis.

      « …que dans des circonstances exceptionnelles »
      ça fait plus de trente ans que les scientifiques nous avertissent, n’est-ce pas exceptionnel ça? Dans ma jeunesse on disait que quand on ne comprend pas par les oreilles il reste le coup pied au derrière.

      « Un droit de résister à l’oppression »
      des intégristes de l’extraction qui entrave toute progression vers les énergies propres, c’est ça l’oppression.

      « …ne feraient pas subir à des innocents les conséquences de leurs actes. »
      M. Rioux parlez nous des actes irresponsables, de ces intégristes de l’extraction qui veulent entretenir notre dépendance aux énergies fossiles, comme les guerres, la destruction de notre environnement et qui maintenant ont recours à la guerre des lois pour se permettre de taper sur des innocents légalement

      « …arrêter de se chauffer »
      C’est l’argument des marchands de doute.
      Pour sortir du pétrole il faut cessez de subventionner les pollueurs, et investir cet argent public dans les énergies propres. Personne ne parle de décroissance sauf ceux dont le salaire dépend de leur habilité à ne pas comprendre ou ne veulent pas voir les opportunités infinies de croissance en intégrant l’environnement dans l’économie. Les solutions d’énergies propres existent déjà et fonctionnent partout dans le monde.

      « …l’esprit du temps » dans vos propos pue le pétrole à plein nez et ceux qui manifestent ne veulent justement pas suivre votre courant.

      « Rentrez chez vous ! …» je dirais plutôt sortez et allez voir ce qui se fait dans les énergies propres (IRENA.ORG) et cessez de vous faire enfumer par l’industrie du doute.

      Comme dit M. Sébastien Collard arrêtez de chialer et dites nous vos so

    • Eric Tetrault - Abonné 12 octobre 2019 23 h 59

      Bonjour à tous,

      Qu’ont en commun la famine, la nouvelle ère glaciaire et les pluies acides ? Ce sont toutes trois des catastrophes humanitaires annoncées dans les 40 dernières années par des groupes de scientifiques mais qui n’ont jamais eu lieu. Dans les trois cas, c’est l’innovation et le génie humain qui ont été les facteurs déterminants - facteurs qui n’entraient aucunement dans le calcul au départ précisément comme pour le réchauffement climatique.

      Il n’existe d’ailleurs pas d’autre option que celle-là, puisque les objectifs fixés par COP21 ne peuvent être atteints que par une décroissance très sévère, ce qui viendra davantage mettre en péril notre capacité à trouver des solutions.

      Je suis certain que la Terre se réchauffe, il est évident que l’humain y est pour beaucoup, que le capitalisme nous y a mené, mais nous saurons nous adapter.

  • Jason CARON-MICHAUD - Abonné 11 octobre 2019 06 h 21

    La juste mesure...

    Le problème avec Extinction Rebellion est que cette organisation donne des excuses à certains nanti-conformistes... comme s'ils en avaient besoin... Et voilà la machine à amalgame repartie: et la pertinence du message scientifique du GIEC minée, assimilée à ce groupe tentaculaire issu du Royaume-Uni, pays de conservateurs s'il en est... Il pourrait même être tentant de considérer ce groupe comme «infiltrateur non-violent»... Comment disait ARCAND déjà «un vernis de respectabilité»... Un lustre de bonne conscience pour un système licencieux d'où origine la crise actuelle...

    Et du coup mon désaccord avec M.RIOUX, quant à l'environnement moins par rapport à la laïcité, est encore patent. En effet, tout mettre dans le même panier la multitude des militants qui réclament du progrès en adéquation avec l'urgence climatique, quelle erreur de jugement, quel manque d'articulation, quel biais?

    Mais que cela serve de leçon. Au bon jugement, à la multitude dont je fais partie, de ne pas sombrer dans le piège éthique de la désobéissance civile. On peut la comprendre voire l'excuser dans une société illétrée (ex. l'Inde de GANDHI, l'Amérique de KING), mais dès lors que nous sommes dans une société civilisée où les lettres ont leur autorité, c'est du stade 3... D'où cette conséquence de la désobéissance civile: la restauration du césarisme, de la petite religion du chef et de pays sans constitution...

  • Sébastien Collard - Abonné 11 octobre 2019 07 h 27

    Quand vous aurez fini de chialer M. Rioux...

    Quand vous aurez fini de chialer M. Rioux, vous proposerez quoi? Quand vous aurez fini de dire qu'il y a réchauffement tout en critiquant les propositions/actions pour l'éviter, vous proposerez quoi? D'ici là, vous êtes d'un vide!

    • Cyril Dionne - Abonné 11 octobre 2019 10 h 39

      Et vous, que proposez concrètement? La décroissance économique qui engouffra toutes vos économies et votre pension et vous propulsera au Moyen- Âge? La simplicité volontaire? Cela, on aimerait bien voir cela de votre part. Vous savez, les pauvres et les itinérants la font déjà de façon involontaire. La transition énergétique et les énergies vertes? Vous êtes prêt à payer 25 à 35 cents du kWh? C'est 50 cents au Danemark. Ce sont ces mêmes gène sui rouspètent lorsqu'on augmente le tarif du kWh de 0,2 cent. Ce sont les mêmes qui déchirent leur chemises lorsqu'ils se sentent floué par Hydro Québec parce qu'ils ont peut-être trop payé sans penser que tous les profits de cette institution retournent dans le filet social des gens.

      Oui, misère.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 11 octobre 2019 11 h 34

      Le vide, Monsieur Collard, se trouve plutôt dans les enfantillages puérils et vains de groupuscules comme Extinction Rebellion. Monsieur Rioux a raison: c'est à Moscou et à Pékin que ces activistes devraient aller manifester pour que cela compte vraiment, mais ils ne le feront pas... Devinez pourquoi!

  • Jean Lapointe - Abonné 11 octobre 2019 07 h 28

    La désobéissance civile c'est grave, ce n'est pas comme désobéir à papa ou à maman.

    Comme l’écrit le philosophe André Perrin, cette désobéissance n’a de sens que si elle est « un droit de résister à l’oppression, non à la loi, un droit de refuser la tyrannie, non la démocratie ».

    Il semble bien que la plupart des gens qui approuvent ou qui même s'y adonnent ces jours-ci au Québec ne sont pas conscients de la gravité de ce qu' ils pensent et ne savent pas ce qu' ils font.

    Il est inconcevable que des élus se permettent d'approuver et même de participer à des activités considérées comme illégales. Si ces élus se pensent opprimés ils et elles devraient démissionner pour être logiques avec eux-mêmes et avec elles-mêmes. En restant en poste cela veut dire qu' ils et qu'elles paricipent eux-mêmes et elles-mêmes à l'oppression qu'ils dénoncent et qu'elles dénoncent. Il faudrait quand même que tout ce beau monde se sente un peu plus responsable.

    Personnellement je ne suis pas favorable à la désobéissance civile dans le cas qui nous concerne mais je pourrais l'être si j'étais un citoyen de Hong-Kong ou de Moscou. Je dis bien peut-être parce que je ne connais pas suffisamment l'état de la situation dans ces deux pays. Ce que je veux dire c'est que je ne suis pas opposé à toute action de désobéissance civile. Ça dépend de la façcon dont je juge l'état de la situaiton. Quand on y recourt on doit en assumer toutes les conséquences prévues par la loi. Et avant d'y procéder il faut y penser longtemps à l'avance et se préparer à en assumer toutes les conséquences possibles comme la prison par exemple.

  • Marc Therrien - Abonné 11 octobre 2019 07 h 32

    On peut sortir le moi du troupeau, mais on ne sort pas le troupeau du moi


    D’aucuns pourraient voir dans ces discours et actes de contestation du «système» un appel à une cure de désintoxication du conformisme actuel. Il reste à voir si cette désintoxication serait semblable à une simple irrigation du côlon, par exemple, qui ne sert qu’à nous soulager temporairement de nos excès sans pour autant qu’on change nos mauvaises habitudes.

    Si le conformisme peut prendre toute cette place, c’est que la peur collective des humains à l’instinct grégaire, préférant faire «profil bas» pour avoir la paix et la tranquillité d’esprit, les amène à se regrouper en masse ou en troupeau obéissant et se conformant à des valeurs et normes communes. Pour se donner l’illusion qu’il exècre la servitude, il arrive parfois qu’une frange du troupeau, les éveillés qui pourfendent les endormis, ressente le besoin de sortir du troupeau pour une journée en sortant dans la rue pour se faire croire qu’il faudrait renverser ce «système» dont il assure pourtant à sa façon le fonctionnement et la pérennité. Le capitalisme n’a pas peur des crises puisqu’il a survécu à plusieurs et s’est renforcé à chaque fois qu’il s’est relevé. C’est le troupeau humain formé d’individus éternellement insatisfaits, carburant au désir, qui lui procure toute sa force. C’est Nietzsche qui disait que «Jadis le moi se cachait dans le troupeau; à présent, le troupeau se cache encore au fond du moi.»

    Marc Therrien