Justice et éducation

Le rapport publié cette semaine par le mouvement L’école ensemble a, avec raison, beaucoup fait parler et nourri bien de légitimes inquiétudes. On y apprend en effet ce que plusieurs redoutent depuis longtemps, à savoir que le système scolaire québécois est profondément inéquitable. Il serait même le pire au Canada sur ce plan, au point de se rapprocher en cela de celui de nos voisins du sud.

Il faut bien noter que ce qui nous heurte, ici, ce ne sont pas les inégalités en elles-mêmes, mais bien le fait que celles-ci soient ou soient présumées injustes, d’où l’utilisation des concepts d’équité et d’iniquité. Le rapport, que je vous invite à lire en ligne, s’intitule d’ailleurs, avec raison : L’injuste système d’éducation québécois.

C’est que l’idée d’éducation est profondément liée à celle de justice, et c’est par cela que la question de l’égalité et de l’équité s’y pose et est importante.

La philosophie peut aider à y voir plus clair.

Égalité, justice et équité

Il y a à l’évidence différents types d’égalités et d’inégalités et certaines ne sont pas nécessairement injustes. Prenez des inégalités de traitement.

Platon faisait déjà remarquer qu’il n’est pas injuste, en matière d’alimentation, de donner des quantités de nourriture différentes à Polydamas, lutteur de pancrace et, disons, à un jeune enfant. De même, en éducation, il n’est manifestement pas injuste de consacrer plus de ressources à une personne souffrant de dyslexie et de lui offrir un ordinateur avec correcteur de texte.

Prenez cette fois les inégalités de résultats.

Certaines peuvent être tout à fait justes : Paul n’a pas étudié et il a échoué au test ; Manon a travaillé dur et a eu une excellente note. En fait, il est plus que douteux que viser toujours et partout l’égalité des résultats soit une chose possible ou même souhaitable.

Néanmoins, les choses deviennent vite plus compliquées. C’est que les inégalités de résultats peuvent être dues à divers facteurs et il n’est pas toujours facile de décider ce qui est injuste ou non et le rôle qu’y jouent (et leurs parts respectives) le hasard, le libre choix, le talent, la motivation, le travail, le mérite…

S’agissant d’éducation, et compte tenu de l’importance de celle-ci dans la distribution de tant de biens socialement valorisés (rémunération, pouvoir, prestige, etc.), l’enjeu est humainement et socialement de taille.

Pour le complexifier encore, se joue ici la question de l’autorité parentale et de la (relative) liberté pour les parents de choisir l’école que fréquentera leur enfant ou même de les scolariser à la maison.

Ce que le rapport a en tête, sous ce concept d’équité emprunté à l’OCDE, ce n’est pas l’égalité des résultats (« l’obtention des mêmes résultats éducatifs par tous les élèves »), mais bien « l’absence de lien entre les différences de résultats entre les élèves et le milieu dont ils sont issus ou les facteurs économiques et sociaux sur lesquels ils ne peuvent exercer aucun contrôle ». « En éducation, nous rappelle-t-on, l’équité signifie que des élèves issus de milieux socio-économiques différents atteignent des niveaux similaires de performance scolaire et de bien-être social et affectif, et ont la même probabilité d’obtenir un diplôme de l’enseignement postsecondaire. »

Le type d’égalité dont il est ici question est l’égalité des chances. Elle peut demander des inégalités de traitement ; mais surtout, certains faits, relatifs aux inégalités de résultats et qu’on décline dans ce rapport, sont justement des indices qu’elle n’est pas significativement atteinte. Notre système est donc, au vu de ces données, inéquitable.

Comment le rendre moins inéquitable ? Immense question.

Des mesures à prendre

Un premier enjeu est politique au sens fort du terme et concerne les injustes inégalités devant l’offre en éducation. Certains parents, en particulier s’ils sont plus fortunés, peuvent offrir à leurs enfants des écoles (privées ou avec des programmes particuliers) auxquelles les autres ne peuvent pas, ou alors très difficilement, accéder.

On laisse parfois croire que seuls l’effort et le mérite sont responsables de cette différence entre les choix réellement possibles et tout ce qui s’ensuit : c’est manifestement insuffisant et trompeur comme explication.

L’enjeu politique, ici, est de faire en sorte que chaque parent ait une véritable liberté de choisir et en ait donc ce qu’on appelle la capabilité. Une école publique va en ce sens et c’est une des raisons pour lesquelles il faut la défendre et la valoriser.

Mais il y a aussi, dans tout ce dossier, un enjeu pédagogique à ne pas négliger. Les enfants dont les parents ont une grande liberté de choisir leur école, on l’a vu, arrivent en outre souvent à l’école avec des savoirs, des repères, des pratiques, bref des habitus, pour parler comme Pierre Bourdieu, qui font qu’ils possèdent déjà beaucoup de ce que l’école demandera de mettre en oeuvre, tandis que d’autres en sont largement privés.

Devant ces injustes inégalités que l’école devrait combattre et non pas reproduire, il existe un possible remède qu’elle seule peut prodiguer : c’est de transmettre le mieux et le plus efficacement possible le capital culturel.

Cela demande des enseignants solidement formés dans ce qu’ils enseignent et sachant le transmettre selon les meilleures, les plus efficaces et éprouvées méthodes pédagogiques. Faute de quoi, on risque fort d’accentuer encore ces injustes inégalités. Cela s’est vu.

Dois-je vraiment donner un exemple ?

La perle de la semaine

(Dédiée à Greta Thunberg) « Obsédés par l’idée de vitesse automobile les capitaux coulent à fleau. »

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24 commentaires
  • Michel Laforge - Abonné 5 octobre 2019 07 h 21

    Les garçons

    Les garçons issus de milieux socioéconomiques les plus pauvres décrochent beaucoup plus que les garçons issus de mileux socioéconimiques riches.

    L'école n'est-elle faite que pour ceux qui en on les moyens?

    • Nadia Alexan - Abonnée 5 octobre 2019 11 h 54

      Effectivement. Nos gouvernements doivent se pencher sur les facteurs économiques et sociaux qui produisent les inégalités des chances. Une éducation universelle ne doit pas favoriser les parents riches au détriment des pauvres. Pour réussir l'éducation de ses enfants, la Finlande s'est débarrassée de ses écoles privées en faveur de l'école publique.
      Il faudrait que le Québec arrête de subventionner les écoles privées qui siphonnent les ressources des écoles publiques et cela aux frais des contribuables.
      Pour le succès de nos enfants, il faudrait assurer les ressources adéquates aux écoles publiques, surtout dans les quartiers plus pauvres avec des parents moins scolarisés.

  • Cyril Dionne - Abonné 5 octobre 2019 08 h 41

    « L’univers est une énorme injustice. Le bonheur a toujours été une injustice. » Jules Romains

    Le monde est injuste. La nature est injuste. En bref, ce que l’on considère comme injuste est souvent une réaction face à un système qui n’humanise pas les atomes.

    Oui, il y a beaucoup de facteurs qui contribuent au succès scolaire de l’élève comme l’intelligence, la motivation et surtout le travail. Je me rappelle de deux enfants que j’avais dans ma salle de classe une année. Ils venaient tous deux du même milieu socio-économique et pourtant, un en arrachait et l’autre était l’exemple à suivre. Un jour, celui qui avait échoué un test demanda à l’autre comment il faisait pour toujours avoir un "A". Il lui a répondu qu’il travaillait sans cesse pour l’obtenir et qu’il écoutait en classe.

    Mais on en vient à l’aspect culturel de l’école. Curieusement, les parents qui valorisent l’école, l’éducation et les enseignants, leurs enfants souvent réussissent très bien à l’école. Ceux qui conspuent toujours le système scolaire, eh bien, c’est le contraire.

    Bon. L’égalité des chances maintenant. Il faut le répéter, l’école commence à la maison et les 5 premières années d’un enfant sont cruciales à son développement émotionnel, social et cognitif. Aussi, les stimuli qu’ils reçoient durant cette période sont primordiales à son développement. Or, on voit cela dans des milieux socio-économiquement plus aisés où les parents sont affranchis de plusieurs tâches et donc consacrent plus de ressources à l’éducation de leur progéniture. On dira qu’une mère monoparentale a aussi beaucoup de temps pour faire le même exercice en omettant les ressources financières, mais comme on le dit si bien, la pauvreté engendre la pauvreté et donc aussi, le parcours scolaire. Elle ne peut pas donner à son enfant ce qu’elle ne possède pas et celui-ci n’arrivera pas à l’école avec des savoirs, des repères, des pratiques, en bref, un bagage intellectuel. Pour lui, l’école commence à l’école. Et même avec l’égalité des chances à l’école, souvent son tracé a été concrétisé il y a longtemps.

    • Marc Lévesque - Abonné 5 octobre 2019 16 h 13

      Mr. Dionne,

      "Pour lui, l’école commence à l’école. Et même avec l’égalité des chances à l’école, souvent son tracé a été concrétisé il y a longtemps."

      "mais comme on le dit si bien, la pauvreté engendre la pauvreté et donc aussi, le parcours scolaire"

      Justement vous avez bien raison; et on peut réduire cet engendrement, qui peut parfois paraître inhérent, avec toutes sortes de petit correctif, ça ne se fait pas du jour au lendemain, mais on est bien capable d'améliorer les choses.

    • Cyril Dionne - Abonné 5 octobre 2019 22 h 44

      @ Marc Lévesque

      Ce qui est le plus comique dans ce forum, c'est que la plupart des interlocuteurs n'ont jamais mis les pieds dans une salle de classe mais du haut de leur piédestal, ils font la morale aux autres. De temps en temps, il faut sortir des tours d’ivoire et aller sur le plancher des vaches pour s’apercevoir que toutes les grandes théories sur l’éducation, eh bien, ce sont seulement des grandes théories. Si vous voulez changer le monde de l’éducation, il va falloir le monde bien avant. L’école n’est que la représentation de la société en version de micro-communauté. Je pourrais expliquer tout cela dans une comptine ou bien un dessin pour ceux dont la dissonance cognitive semble répétitive comme je fais souvent avec les élèves en difficulté.

  • Pierre Grandchamp - Abonné 5 octobre 2019 08 h 49

    La démocratisation du système d’éducation a corrigé une bonne partie des injustices. Mais depuis une vingtaine d'années.......!!!

    La démocratisation du système d’éducation a corrigé une bonne partie des injustices. J’ai œuvré au public. De nos anciens élèves sont ingénieurs, médecins, actuaires, avocats, profs ( même un prof d’université), pharmaciens…etc. A la direction générale de notre commission scolaire ( quelque 22 000 élèves et budget de quelque 329 millions $), s’y trouve une de nos anciennes élèves.

    Mais, depuis une vingtaine d’années, le privé a pris de l’ampleur. Pourquoi? J’aurais tendance à dire en raison des changements sociaux, notamment éclatements des familles C’est comme s’il n’y avait plus de repères : en réactions, des parents qui, autrefois, auraient envoyé leurs enfants au public, les envoient au privé. « Parents essoufflés, enseignants épuisés: les répercussions sociales d'une éducation trop permissive »-Livre d’une enseignante au privé- Même les écoles pré scolaires et élémentaires du privé sont en essor.

    Alors le public, en réactions, a développé des programmes particuliers, au secondaire. Le drame : l’enseignement de plus en plus difficile et à l’élémentaire dans certains milieux défavorisés et au secondaire dans les classes *ordinaires*

    • Pierre Grandchamp - Abonné 5 octobre 2019 11 h 51

      En 1960, l'université était une affaire de mâles.Le cours classique s'adressait surtout aux garçons.En 2019, les femmes sont en majorité dans nos universités et cégeps.Autre correction apportée par la démocratisation dans les années 60.Les premiers cégeps publics, en 1967

    • Pierre Grandchamp - Abonné 6 octobre 2019 08 h 12

      Le drame : l’enseignement de plus en plus difficile et à l’élémentaire dans certains milieux défavorisés et au secondaire dans les classes *ordinaires*....

      "L’anxiété est le mal de l’heure chez les jeunes. Au cours des dernières années, il y a eu la montée du déficit d’attention, de l’hyperactivité, des troubles de comportement. De nos jours, c’est l’anxiété qui retient l’attention des experts. La proportion d’élèves du secondaire qui se disent anxieux a presque doublé en six ans, passant de 9 % à 17 % entre les années 2010-2011 et 2016-2017, a révélé l’Institut de la statistique du Québec en décembre dernier.
      https://www.ledevoir.com/societe/549500/dossier-generation-anxiete-les-hauts-et-les-bas-d-une-angoissee

      "Sophie Leroux, psychologue au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, constate elle aussi un désarroi chez les parents, épuisés par la conciliation travail-famille, devant les épreuves rencontrées par leurs enfants. Les enseignants, qui détectent les problèmes d’adaptation des enfants, sont eux-mêmes à bout de souffle. La psychologue et auteure conseille parfois aux parents de réduire leur temps de travail"
      https://www.ledevoir.com/societe/sante/549509/dossier-generation-anxiete-apprendre-a-dompter-le-mammouth

    • Claude Bernard - Abonné 6 octobre 2019 10 h 40

      M Pierre Grandchamp

      En effet, le Québec est dernier de la classe dans tous les paramètres mesurés par PISA.
      La cause est entendue, nous avons un problème et la solution n'est pas évidente (sauf pour l'École ensemble qui a choisi la solution de la facilité: abolir les écoles privées subventionnées et les écoles publiques «spéciales»).
      Les conséquences et l'implantation d'une telle solution ne sont pas prévues ni la preuve qu'elle est la solution.
      Comme les saucisses hygrade, plus l'école publique s'enfonce plus le privé subventionné s'envole.
      Avons-nous plus de monoparentales au Québec, est-ce la culture qui est différente, sont-ce les reliquats de notre histoire qui nous tirent vers le bas, la réforme Parent a-t-elle été trop radicale et mal planifiée, en jetant la religion par dessus bord avons-nous jeté le bébé (l'importance de l'éducation) avec l'eau du bain (les aspects asservissants de la foi), l'individualisme est-il plus développé ici, avons-nous mis toute notre énergie dans la lutte pour l'indépendance et négligé le reste ; les questions sont plus nombreuses que les réponses.
      Une chose me parait évidente: ne détruisons pas ce qui fonctionne sans savoir ce qui s'ensuivra.




      06.10.19justiceetéducation

    • Pierre Grandchamp - Abonné 6 octobre 2019 15 h 00

      @ M. Bernard

      Altention! Les jeunes Québécois performent super bien aux tests internationaux. Voir.
      https://www.ledevoir.com/societe/education/526556/les-eleves-quebecois-de-deuxieme-secondaire-sont-les-meilleurs-du-pays-en-maths

      1-En 1959, le Québec était la moins scolarisée en Amérique du Nord. Mais, maintenant…..« 89 % des personnes de 25 à 34 ans avaient un diplôme d’études secondaires en 2016. »
      https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1098980/penurie-travailleurs-decrochage-scolaire-ecole-travail-analyse-gerald-fillion

      2- Je suis de ceux qui pensent que notre société vit une crise de l’autorité et de la tradition. J’ose affirmer que notre société vit une certaine * détérioration sociale*. On a produit des enfants-rois pis des parents- rois....Jusque vers 2002 ?), dans nos écoles, il y avait de l’enseignement religieux ou moral et de l’animation pastorale. Je n’ai pas à défendre cela, je constate. Il y avait un cadre, une tradition. Aujourd’hui, il n’y a plus de cadre, plus de tradition. Et l’éclatement de la famille! En ajoutant que le Québec, et surtout la région de Montréal, est, de plus en plus, une société multiethnique et pluriconfessionnelle.

      3-Le drame : l’enseignement au primaire en milieux défavorisés et l’enseignement au secondaire, dans un classe *ordinaire*, en milieux défavorisés. J'ai une proche en fin de carrière, une vraie prof, méticuleuse, concienceuse. Elle enseigne la maternelle dans un milieu très défavorisé. Elle est venue très près de tout lâcher, il y a 2 semaines; 2 de ses collègues sont parties en congé maladie, la semaine dernière, n'en pouvant plus.

  • Loy Ler - Inscrite 5 octobre 2019 09 h 21

    Fausses nouvelles et fausses espérances

    Comment se fait-il que le professeur Baillargeon, en ‘’sciences’’ de l’éducation, répand de fausses espérances, l’équivalent des fausses nouvelles, en demandant ‘’des enseignants solidement formés’’ alors qu’il sait tres bien que les étudiants en ‘’sciences’’ de l’éducation proviennent des ‘’Humaines sciences’’, sans maths du cegep, que pour eux, ce choix arrive après avoir été refusé par 3 autres facultés, et qu’ils sont parmi les plus faibles de leur cohorte.

    Pourquoi continuer à semer la confusion, en refusant de reconnaitre que l’éducation vient des parents et l’instruction de l’école ?

    Un récent article de la Revue The Economist, nous apprend que le 1e facteur de la réussite d’un élève est l’hérédité, le 2e la famille et en 3e lieu, l’école. Une amie, conseillère pédagogigue, affirme qu’un trisomique, s’il est bien encadré, pourrait obtenir un DEC. Reconnaitre l’importance de l’hérédité remet en question tout l’apport des spécialistes.

    Selon le professeur Baillargeon, il plus juste d’aider plus les dyslexiques ! Une chercheuse qui cherche a-t-elle déjà démontré, à l’aide de données probantes, que cette aide était bénéfique ? Avec toute l’énergie que le Québec, ‘’Fou de ses enfants fous’’, consacre à aider les plus écorchés, ne devrions-nous pas avoir bientôt un premier Prix Nobel québécois ?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 5 octobre 2019 11 h 22

      BIen sûr que l'éducation est, surtout, du ressort de la famille. Mais, l'école peut combler, parfois, les lacunes. Par exemple, les activités sportives promulguent des valeurs comme: le respect de l'autre, la discipline, le travail en équipe, l'effort.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 5 octobre 2019 12 h 48

      "les plus écorchés"! Justement, il va falloir consacrer encore plus d'efforts. On est rendus là, selon moi. Québec a dû former une Commission pour lui suggérer des solutions pour aider plusieurs enf ants très mal pris et référés à la DPJ.

      "Avec une hausse de 10 % des signalements à travers le Québec l’an dernier, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) franchit un triste cap historique en dépassant le nombre de 100 000 signalements reçus en une seule année. Depuis cinq ans, le nombre de signalements a bondi de 27 %, passant de 82 900 en 2013-2014 à 105 600 l’an dernier".

      https://www.lapresse.ca/actualites/201909/25/01-5242753-la-dpj-franchit-le-cap-des-100-000-signalements.php

    • Marc Pelletier - Abonné 5 octobre 2019 16 h 25

      " Depuis cinq ans, le nombre de signalements ( DPJ ) a bondi de 27 %, passant de 82,900 en 2013-14 à 105,600 l'an dernier ".

      Ceux et celles qui parlent des beaux et grands succès de notre société francophone québécoise devraient s'inquiéter de cet échec patent !

      Si on est d'accord pour dire que les parents, leurs enfants et les écoles sont les bases pour faire progresser la société, j'en conclue que cette base ressemble plus à du JELLO qu'à du solide. Pas vous ?

      Il faudrait une prise de conscience collective avant de penser à se donner en exemple ....... , mais n'est-il pas déjà trop tard, quand on constate que notre société, à tous les niveaux, valorise beaucoup plus le plaisir facile que l'effort ?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 6 octobre 2019 07 h 07

      @ M. Pelletier

      "En 2015-2016, près de 28 000 signalements ont été faits à la DPJ pour des tout-petits, une hausse de 40 % par rapport à 2007"

      « (..). Les facteurs de risque de la négligence et de la maltraitance sont connus : faibles revenus, dépendance aux drogues ou à l’alcool, problèmes de santé mentale, problème de logement. Les familles à risque doivent être détectées et ciblées par les divers réseaux qui travaillent avec les enfants avant que les choses ne dégénèrent », ajoute-t-elle.
      https://www.ledevoir.com/societe/sante/556305/debordements-dans-la-salle-d-urgence-de-la-jeunesse

      J'ai 2 proches qui enseignent dans une école en milieu défavorisé:maternelle 4 ans, maternelles, élémentaire. A chaque année, ou presque, dans cette école, des cas sont référés à la DPJ.

  • Robert Poupart - Abonné 5 octobre 2019 09 h 24

    système à 4 vitesses et injustice

    Le Québec bénéficie d'un système d'éducation à 4 vitesses: le privé, le public, le public qui imite le privé et le privé qui imite le public. On trouve partout des formes de clientélisme (multiplication des programmes pour niches de population), de pédagogisme (la forme de l'enseignement l'emporte sur le contenu enseigné), de complaisance (gonflement des notes pour favoriser la réussite et la persévérance), d'idéologisme (contenus sans fondement scientifique) et donc de démission.
    Peut être la pire injustice de toutes, et peut être source de toutes, serait-elle ce pédagogisme qui prive nos étudiants de profs formés aux disciplines scientifiques et passionnées par leur domaine qui ne peuvent enseigner faute de diplôme en "Sciences" de l'Éducation qui continuent de propager un pédagogisme idéologique sans fondement empirique solide.

    • Marc Pelletier - Abonné 5 octobre 2019 16 h 34

      Merci M. Poupart !

      J'apprécie tout particulièrement votre dernière phrase .

      Mais je ne suis pas certain que ceci ébranlera nos " savants penseurs " dans leurs tours d'ivoire ( dans le SYSTÈME ) !
      Depuis 1960, lorsque je regarde les résultats, je me dois de constater qu'ils n'ont pas inventé l'équivalent des boutons à quatre trous !