La machine à broyer les garçons

Seulement 57% des garçons terminent leur programme de deuxième cycle dans les temps au public, contre 71% des filles.
Photo: iStock Seulement 57% des garçons terminent leur programme de deuxième cycle dans les temps au public, contre 71% des filles.

Samedi dernier dans ma cuisine, en faisant cuire des gaufres :

« Tu sais que ce livre-là, ton père l’a écrit pour toi ? Par amour !

— Ouais… je sais.

— Ce serait bien que tu le lises. Y a plein de gars qui étaient au lancement qui "te" parlent et "te" disent comment ils se sentaient en secondaire 4 eux aussi. »

Le livre Lâchez pas, les gars ! dirigé par le père de mon B m’a tiré une larme. Je sais que ce genre d’ouvrages et d’aveux, on ne les écrit que par désespoir. Non seulement François (Cardinal) y relate son propre parcours scolaire à obstacles, mais également celui de notre fils. Le papa de mon ado de 16 ans est éditorialiste en chef à La Presse et fils d’un ministre de l’Éducation qui dansait le ballet. Il était commis dans la salle de rédaction du Devoir à 26 ans. C’est là que je l’ai croisé. Deux ans plus tard, notre B naissait.

S’agissant des difficultés scolaires de son garçon, François raconte dans ce livre qu’il a été davantage menuisier que jardinier. Il a gossé au lieu de semer.

Et Dieu sait si je me suis retrouvée prise entre l’écorce et l’arbre du gossage durant les dix dernières années. Une complainte d’égoïnes dans une forêt sourde. La douleur était palpable, tant pour le père que pour le fils. Et je n’y pouvais rien, impuissante devant cette répétition d’une histoire de brillants mésadaptés scolaires.

Pour ne rien aider, les deux gars avec qui j’échange le plus de textos dans une journée me considèrent comme une bollée : « On sait ben, toi… » Comme je suis entrée au secondaire à l’âge de 10 ans, d’après eux j’aurais pu trouver le boson de Higgs en passant l’aspirateur sous le tapis. Je n’avais pas voix au chapitre de leur drame. Je ne pouvais pas saisir l’ampleur de leur sentiment d’échec.

Mes années de primaire? Un supplice. Le secondaire? Un véritable calvaire. Comment ai-je pu être si poche, si longtemps?

Ça me désolait d’autant. Le système scolaire m’avait avantagée en tant que fille. J’ai traversé ces années d’étude sans le moindre effort (sauf en physique… so long pour le boson). Je sais bien qu’ils sont tous les deux aussi intelligents que moi, sinon plus. Une ortho consultée pour nous rassurer inutilement nous a affirmé qu’elle avait devant elle une « Ferrari pas de freins ». Du jamais vu sur ses graphiques de QI en 30 ans de carrière.

Kankres diplômés

Curieusement, la Ferrari a failli aboutir plus d’une fois dans une cour à ferraille. Et je remercie ici du plus profond de mon coeur tous les enseignant(e)s et directeur(trice)s qui se sont dépassés et ont tordu le $#@&!?% de système scolaire pour essayer de faire fiter un cercle dans un carré, comme l’écrit l’autre moitié d’ADN de mon fils dans son bouquin.

Les Marc Séguin, Alexandre Taillefer, Marc Hervieux, Claude Laroche et Stanley Vollant étaient eux aussi des cercles. Ils témoignent de leurs années laborieuses au sein de ce système à broyer les garçons dans le livre de mon ex. Seulement 57 % d’entre eux terminent leur programme de deuxième cycle dans les temps au public, contre 71 % des filles. Au total, environ 30 % des élèves dans le réseau public secondaire ont des difficultés d’adaptation et/ou d’apprentissage (EHDAA), selon l’Institut du Québec (2018).

Une TES (travailleuse en éducation spécialisée) m’a confié, il y a deux ans : « Vous savez, Mme Blanchette, des garçons comme le vôtre, j’en ai plein mon bureau. On appelle ça des artistes. »

Notre système scolaire, et plus largement notre société, a-t-il les moyens de recracher des éléments qui n’ont pas le profil « type » simplement parce que cette boîte sans cercles ne tourne pas rond ? C’est bien le minimum attendu d’une école, qu’elle puisse vous donner envie de vous dépasser, de vous révéler, de goûter à vos passions et d’inoculer la motivation on ne sait trop par quel processus alchimique d’inspiration.

Mon collègue photojournaliste Jacques Nadeau me glissait cette semaine que les écoles publiques ne l’invitent jamais à parler avec les élèves. Il irait gratuitement ! Il n’y a qu’au privé qu’on puisse entendre cet autre cancre magnifique doublé d’un artiste qui jette un regard percutant sur notre monde tout en enseignant la photo à l’université.

Souvent, il suffit d’un prof. Au primaire, 20 % des enseignants sont des hommes. Les garçons manquent cruellement de modèles.

La tyrannie de la norme

Dans son essai La tyrannie de la norme, Todd Rose, directeur du laboratoire de l’individu à Harvard, livre un constat lourd : « L’excellence se voit trop rarement accorder la priorité sur la conformité au système. »

Son ouvrage est fascinant à bien des égards. Il nous explique comment la moyenne, que ce soit l’individu, la classe sociale, le salaire, la taille, l’IMC, peu importe, a balisé nos schèmes de pensée. Sans compter les notes encadrées par les moyennes sur les bulletins.

Les moyennistes ont pris le pouvoir depuis la fin du XIXe siècle et notre système d’enseignement s’appuie sur des moyennes pour classer des individus moyens qui n’existent pas dans les faits. Le groupe est composé d’extrêmes et de cas uniques. « Le moyennisme nous a coûté un prix non négligeable. […] Nous nous efforçons tous d’être comme les autres — ou plus exactement d’être comme les autres, mais en mieux. »

Parce qu’on veut tous être au-dessus de la moyenne, soyons sérieux. « En cette deuxième décennie du XXIe siècle, nous continuons d’être évalués en fonction de notre proximité avec la moyenne — ou de notre capacité à la dépasser. »

Quel beau gâchis.

On apprend dans cet ouvrage qu’en 2015, Google, Deloitte et Microsoft « ont modifié ou abandonné leur système de recrutement et d’évaluation fondé sur le classement ». Ces géants constataient qu’ils échappaient trop de bons éléments et que ces méthodes tuent la collaboration et incitent les employés à travailler avec des « médiocres » de peur d’être déclassés…

Une chose demeure, au final : les garçons, une fois sur le marché du travail, sont toujours mieux payés que les filles, occupent de meilleurs postes, ne sont pas bloqués par le plafond de verre (moins de 20 % de femmes dans les CA) et les inégalités de jadis semblent se renverser. C’est un tout autre sujet, mais cela demeure un « mystère » plus complexe à résoudre que le génome humain.

Mon espoir pour mon B se situe là, quelque part entre l’injustice liée au genre et le miracle de la passion qui propulse.

Ressorti L’encyclopédie des cancres, des rebelles et autres génies qui amasse la poussière dans la chambre de mon ado. Alexandre Graham Bell, Disney, Einstein (on le cite souvent, avec raison !), Jack London qui copine avec la bibliothécaire de sa ville et apprend sur le tas. Un livre (que je vous recommande) va le captiver : Les contes de l’Alhambra.

Il suffit parfois de peu, d’une rencontre, d’un bouquin, d’un crayon (Picasso s’ennuyait ferme à l’école et ne faisait que dessiner… la femme du directeur, qu’il trouvait belle comme une danseuse de fandango).

Il y a dans cet album de quoi donner de l’espoir aux parents, et aux ados, si tant est qu’ils daignent s’y plonger. Ces superbes cancres ont fait mentir tous leurs bulletins scolaires.

Visionné cette vidéo sur ce qui rend une personne attirante. Dans le concours de popularité actuel chez les ados, ces quelques minutes résument bien l’évidence. L’âme et le besoin de partager notre vulnérabilité dépassent de loin l’aspect physique et la biologie. Sans compter les bulletins.

Envoyé quelques poèmes de Jean-Christophe Réhel à mon ado. J’ai adoré ce petit livre de poésie, Peigner le feu, qui leur est destiné. « Je n’ai pas envie d’apprendre / J’ai envie de manger de la pizza / De monter dans un arbre / De rester là. »

J’ai décidé de lui texter une photo de page par jour. Pour qu’il la lise. C’est magnifique. Je suis une mère comme ça, qui envoie de la poésie par bribes. À partir de 11 ans.

JOBLOG

Le meilleur des mondes

Le théâtre Denise-Pelletier reçoit des ados durant leurs activités parascolaires. Et ceux qui verront la pièce Le meilleur des mondes de Guillaume Corbeil (mise en scène par Frédéric Blanchette) seront privilégiés. L’auteur s’est inspiré de l’oeuvre dystopique d’Aldous Huxley pour créer cette pièce futuriste écrite dans les années 1930. Il n’y a pas plus actuel.

Dans ce monde où les humains sont nés de l’intelligence artificielle et divisés en castes — les bêtas, les alphas, les gammas, les epsilons —, il y a peu de place pour la différence et l’unicité. Tout, absolument tout, est récupéré par la norme du bonheur.

Ce monde de robots aux traits humains ressemble au nôtre si on poussait ses incohérences et l’emprise technologique à son paroxysme. Et il ne faut pas sous-estimer le joug des réseaux sociaux comme outil de conformisme social. C’est un régulateur normatif puissant.

Cette pièce fait non seulement réfléchir à ce qui nous attend comme humanité, mais à ce qu’on attend de nous à chaque instant comme maillon d’une chaîne bien huilée. J’aurais aimé assister à ce spectacle-miroir en 4e secondaire. À voir à tout âge, cela dit !

 
Une version précédente de cet article indiquait que 70 % des garçons ont des difficultés d’adaptation ou d’apprentissage, contre 30 % des filles, selon l’Institut du Québec (2018).

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44 commentaires
  • Pierre Boucher - Inscrit 4 octobre 2019 05 h 41

    L'autre sexe?

    J'ai lu un truc dernièrement sur la féminisation des garçons. Passe-Partout qui reprend l'antenne. C'est pas avec ça qu'on fait des enfants forts. Un chroniqueur souvent mal aimé les appelle les p'tits lapins. Ben, c'est ça. Quand des féministes radicales demandent de modifier les toilettes publiques pour les hommes pissent assis...

    Y'a beaucoup de d'esprits faibles parmi les décideurs et dans la société.

    • Cyril Dionne - Abonné 4 octobre 2019 10 h 38

      Vous arpentez le bon point sensible M. Boucher.

      OK. Les garçons en arrachent dans les écoles du Québec. Mais les garçons en arrachent aussi dans les écoles ontariennes, canadiennes et partout dans le monde. Est-ce la féminisation de l’enseignement où le jeune ne se retrouve plus puisque qu’il n’apprend pas de la même façon qu’une fille et que tous ses repères, peut-être patriarcaux, n’existent plus. Pour cela, il faut enseigner pour comprendre.

      Avant de parler de difficultés d’adaptation ou d’apprentissage, il faut toujours le redire que l’école commence à la maison et que les 5 premières années de la vie d’un enfant, sont les plus importantes. Nous avons toujours tendance à occulter le rôle parental dans l’exercice de la réussite scolaire. L’entité scolaire ne prend que le relais déjà entamé par maman et papa pour l’amener plus loin. Si le développement émotionnel, social et cognitif de l’enfant démontre des carences, celui-ci ne pourra pas conjuguer avec la dissonance cognitive qu’est l’apprentissage.

      Ceci dit, la conformité n’a rien à voir avec le succès ou l'insuccès scolaire. La façon dont il ou elle a été élevé.e, son niveau socio-économique et ses repères culturels oui. Nous devons apprendre les mêmes concepts de base afin de pouvoir voir plus loin puisqu’ils sont intemporels. C’est cela la conformité de l’école. Si au préalable, on ne peut pas s’acquitter de cette tâche, eh bien, l’école n’a rien à voir avec le broyage de garçon. La conformité est composée de concepts de base ou d'étapes à franchir pour se rendre et voir plus loin.

      Cela dit, la qualité de l’enseignant.e y est pour beaucoup. Si l’élève se sent bien dans la classe même s’il n’aime pas l’école nécessairement, le succès scolaire n’est jamais trop loin. Pour cela, il faut valoriser les enseignant.e.s, l’école et l’éducation, un phénomène souvent absent chez les nouvelles générations d’enfants rois et des parents rois puisuq'ils ont tous enfanté des petits génies selon leurs dires.

    • Fabienne Couturier - Abonné 4 octobre 2019 10 h 54

      Si vraiment votre masculinité se résume à votre capacité de pisser debout, je vous plains sincèrement.
      Par ailleurs, si vous lisez bien le texte de Josée, il s’agit justement de cesser de se référer à ce genre de stéréotype éculé pour tenter de faire entrer les garçons (et les filles aussi, d’ailleurs) dans des moules absurdes. Un gars, ça pleure pas pis ça pisse deboutte. Une fille, c’est doux et gentil, et ça fait ce qu’on lui dit.
      Si les filles réussissent mieux dans ce monde hypernormé, c’est qu’elles sont élevées dès le plus jeune âge à se conformer aux règles, à obéir, à ne pas faire de vagues. À « fitter » dans le moule.
      Il faut casser ce moule.
      Essayez ça, pisser assis, vous allez voir: c’est plus propre. C’est mon fils qui le dit. Votre femme vous remerciera.

    • Nadia Alexan - Abonnée 4 octobre 2019 15 h 28

      À monsieur Cyril Dionne: Oui, certainement les parents ont un rôle prépondérant dans l'éducation et le succès de leurs enfants, mais il y'a aussi la culture, en général, qui ne valorise pas l'éducation, mais qui glorifie la richesse, les chanteurs et les spectacles.
      Comme professeure, je pouvais constater à partir du secondaire que mes adolescents étaient attirés par les emplois bidon, à salaire minimum dans les restaurants, les stations de services, et l'industrie de services. Ils arrivaient à l'école sans avoir dormi assez, ils étaient morts de fatigue et à moitié endormis. "Pourquoi passer le temps à étudier quand l'on peut gagner de l'argent autrement?" me disaient-ils. Les enfants ne sont pas capables de comprendre que la satisfaction personnelle n'est pas immédiate, que ça prend du temps pour s'instruire, que l'éducation est le passeport pour s'en sortir de la misère.
      C'est la faute du gouvernement qui veut que l'éducation serve les besoins de l'entreprise, au lieu de la préparation de citoyens capables de comprendre et de s'en servir de la démocratie, et de ne pas voter contre leurs propres intérêts. Des citoyens capables de comprendre leurs obligations et leurs responsabilités envers la société.

    • Cyril Dionne - Abonné 4 octobre 2019 21 h 34

      Chère Mme Alexan,

      j'ai évolué comme enseignant dans les écoles primaires et secondaires. Ce que vous décrivez est un phénomène passager qu'on retrouve partout. Et à cet âge, ce ne sont plus proprement dit, des enfants. Pourtant, ceux qui étaient dans mon secondaire et qui n'ont pas fait des études avancées proprement dit, souvent ils se sont retrouvés en bien meilleure position socio-économiquement puisqu'ils avaient acquéri une formation technique. Non seulement ils sont devenus des citoyens capables de comprendre leurs obligations et leurs responsabilités envers la société, mais souvent, des pilliers de la communauté. Ceux qui étaient à risque, plus souvent souvent qu’autrement, venaient de familles dysfonctionnelles, pauvres et où les enseignant.e.s, l’éducation et l’école n’étaient valorisés. D'où, l'école commence à la maison.

      Madame Alexan, il faudra un jour arrêter de blâmer les méchants capitalistes pour tous les méfaits de ce monde. Vous me faites penser à la remarque d’Hillary Clinton et son panier de déplorables. Misère.

    • Françoise Labelle - Abonnée 5 octobre 2019 07 h 59

      Vous devriez aussi lire des trucs sur la pollution environnementale affectant la masculinité de toutes les espèces physiquement (estrogène, PCB, etc). C'est plus facile à prouver que le complot féministe. On soulignait que l'école servait mal les garçons bien avant la conception de Passe-Partout.
      Un autre p'tit 3e lien avec ça?

    • Françoise Labelle - Abonnée 5 octobre 2019 09 h 19

      M.Dionne,
      vous devez aussi penser à l'avenir. Plusieurs métiers et occupations répétitives seront remplacés par ce qu'on appelle «l'intelligence artificielle» qui n'excelle que dans l'imitation de tâches ciblées. La créativité et l'intelligence sociale sont hors de sa portée.

      L'école est le reflet de la société. L'école finlandaise est souvent citée comme modèle pour ses réussites au Pisa. Champions en sécurité, ils ont les réponses d'avance :) .
      Comme le note M.Vailles qui en souligne certains aspects positifs et négatifs, les écoles sont petites, l'enseignant peut communiquer en temps réel avec les parents, ceux-ci se sentent impliqués et l'enseignant(e) est respecté.
      C'est à l'image de la société finlandaise, luthérienne de nature. Plus disciplinée, plus sobre, plus égalitaire, moins Elvis Gratton. L'école n'est pas considérée comme une simple garderie. Imaginez si l'enseignant pouvait joindre les parents au travail pour signaler un problème!

      C'est pas vraiment une question de capitalisme, plutôt une question de valeurs. Le confort et l'indifférence, toujours. Elvis est toujours un symbole québécois profond. J'avais une collègue finlandaise. Sobriété et simplicité. Mais toujours souriante et accueillante.

  • Pierre Vagneux - Abonné 4 octobre 2019 07 h 09

    manque de modèle masculin

    juste une idée......quelle est la proportion d'enseignants masculins dans nos écoles ....est ce là une des pistes?

  • Christiane Gervais - Abonnée 4 octobre 2019 07 h 09

    La machine à broyer

    La machine a broyé, et continuera à le faire, autant les filles que les garçons, ce n'est pas une question de sexe - il n'est pas question ici de genre, mais de sexe - mais de capacité, ou pas, à s'adapter à un moule et l'école est une machine que l'on ne repense jamais, puisqu'elle sert à faire de nous de bons consommateurs et travailleurs, elle se grime avec plus ou moins de succès et tant pis pour les humains qu'elle échappe en route, toutes et tous n'ont pas la chance d'être pistonnés ou accompagnés jusqu'à l'âge adulte et s'en sortir.

  • Raynald Collard - Abonné 4 octobre 2019 07 h 30

    L'école des cônes orange

    Pourquoi ces larmes qui me viennent en lisant ce texte? Est-ce parce que j'ai conclu au terme de 32 ans d'enseignement au secondaire que l'école n'était pas faite pour les garçons? Que leur image de looser trop longtemps exploitée en publicité pour requinquer l'image de notre belle amazone a fini par mettre une grosse tuque grise sur la tête de nos ados et un fond de culottes en bas des genoux pour les empêcher de courir? (!!!)

    Ben non, je n'ai pas de solutions. Juste le sentiment que ces garçons devraient faire partie des racisés, des LGBTQETC à la mode, de l'urgence climatique, des cônes orange,

  • Jean-François Laferté - Abonné 4 octobre 2019 07 h 32

    Merci

    Madame,
    Merci d’avoir écrit ce texte pour tous les garçons...J’ai été prof au primaire 32 ans en 4e,5e et 6e et cette réalité a été au coeur de mes journées avec des gars tellement mélangés dans leur tête et leur corps que je tentais du mieux que je pouvais de les faire se surpasser au quotidien au-delà des notes scolaires...Des gars qui lisent,qui créent,qui ont des émotions,qui pleurent j’en ai eus.Des bons gars comme Patrick,Mathieu,Alexis...
    Merci â ces gars d’avoir fait de moi un meilleur prof et un meilleur homme parce que j’étais comme vous dans une classe à votre âge...
    Jean-François Laferté
    Terrebonne