François Legault, sors de ce corps

Le premier débat francophone de la course électorale se fera entre hommes seulement. L’affiche conçue pour promouvoir l’événement de ce soir, un gros plan de chacun des hommes choisis (Justin Trudeau, Andrew Scheer, Jagmeet Singh, Yves-François Blanchet), tous détendus et souriants, donne presque envie de ramener le concours du « plus bel homme du Canada », comme l’avait proposé Lise Payette dans le temps. Tant qu’à revenir en arrière, je veux dire.

L’idée d’exclure la leader du Parti vert, Elizabeth May, se défend mal, à mon avis. À un moment où le pouvoir obstinément masculin ne passe plus, n’est-ce pas gênant de n’avoir aucune femme sur scène ? De plus, la personne d’expérience, le chef avec la plus longue feuille de route, c’est Elizabeth May. Le seul parti à prendre l’urgence climatique, la question de l’heure, à bras-le-corps, c’est le Parti vert. Madame May incarne, à elle seule, l’évolution politique la plus notoire des dernières années : la présence des femmes, d’une part, et la question de l’environnement, de l’autre. Et on ne veut pas d’elle ?

La raison officielle de son exclusion est que le PV n’a pas encore de député au Québec, ce qui élude le fait que Pierre Nantel, élu sous la bannière du NPD, compte maintenant parmi la députation verte. S’il ne s’agit pas de l’élection d’un vert proprement dit, c’est un aspect qui devrait quand même peser dans la balance. La véritable raison ne serait-elle pas plutôt la difficulté d’Elizabeth May de s’exprimer en français ? La probabilité qu’elle ralentisse la cadence, qu’elle gâte la sauce, comme on l’avait insinué en 2015, y serait-elle pour quelque chose ? Pourtant, sur quatre heureux élus, seulement deux candidats peuvent s’exprimer aisément dans la langue de chez nous. Pourquoi Elizabeth devrait-elle porter seule ce handicap ? Qui n’a pas remarqué qu’Andrew Scheer est encore plus soporifique (si ça se peut) en français et Jagmeet Singh, lui, un peu plus serré dans son costume ?

L’autre anomalie de cette soirée électorale est qu’il y aura en fait deux hommes (encore un autre) derrière le lutrin réservé au Bloc québécois : Yves-François Blanchet et François Legault. Avez-vous l’impression, vous aussi, que plus la campagne avance, plus le leader du Bloc ressemble au leader de la CAQ ? Le nouveau chef bloquiste est lui aussi un ex-péquiste qui a mis la souveraineté en sourdine — le temps d’une élection, du moins — pour mieux s’attaquer au pratico-pratique. Il est lui aussi un politicien qui veut « protéger l’environnement » tout en favorisant un troisième lien à Québec et un gazoduc au Saguenay.

À l’instar de notre premier ministre dont la popularité a de quoi faire pâlir d’envie n’importe quel chef fédéral, M. Blanchet est devenu un grand défenseur des régions, des aînés et surtout de la laïcité. « Au Québec, c’est comme ça qu’on vit » pourrait très bien lui servir de mantra, lui aussi. Dans l’esprit autonomiste qui sévit à Québec, le chef du Bloc se propose en commando pour mieux délimiter nos frontières et, surtout, arracher à la dure des pouvoirs accrus pour le Québec : transfert de fonds destinés aux infrastructures, droit de veto pour les expulsions des demandeurs d’asile, obligation pour les immigrants de parler français et jusqu’à un CRTC « version québécoise ».

Yves-François s’en va en guerre à Ottawa pour finir le travail entamé à Québec. Plus agressif de nature, il a même tendance à hausser la mise, jouant le « bad cop » au « bon cop » de François Legault. Le rôle lui va comme un gant. La proposition d’une « péréquation verte », qui pénaliserait les provinces qui émettent beaucoup de GES et favoriserait celles qui en émettent moins, est un bon exemple de ce type de surenchère dont M. Blanchet a le secret. La recette est plus susceptible d’attiser une petite guerre civile au pays, remarquez, que d’aider réellement l’environnement, mais qu’à cela ne tienne. Le chef du Bloc a très bien compris à quoi tenait la popularité de François Legault et n’hésite pas à vilipender de plus belle « l’énergie sale » de l’Alberta tout en louangeant « l’énergie propre » du Québec. Pour les besoins de cette élection, il s’est transformé en spécialiste du « nous » contre « them », de la laïcité contre le multiculturalisme et de l’hydroélectricité contre les sables bitumineux.

M. Blanchet est un redoutable politicien qui est en train de faire des miracles, à court terme du moins, pour le Bloc. Mais quelqu’un pourrait-il lui rappeler que le BQ est un parti qui s’est démarqué en étant résolument à gauche ? En ayant une conscience aiguë, également, des institutions canadiennes au sein desquelles le parti doit inévitablement exister ? Il y a toujours quelque chose d’un peu déconcertant dans le fait de voir des politiciens oublier d’où ils viennent — ou encore, où ils mettent les pieds — particulièrement à un moment où la confiance en la politique est au plus bas. Et puis, n’est-ce pas précisément ce genre de gymnastique idéologique qui a fini par anéantir le Parti québécois ?

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94 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 2 octobre 2019 00 h 44

    «La raison officielle de son exclusion est que le PV n’a pas encore de député au Québec, ce qui élude le fait que Pierre Nantel, élu sous la bannière du NPD, compte maintenant parmi la députation verte»

    Si Pierre Nantel permettait à Mme May de participer à ce face à face, il faudrait aussi inviter Maxime Bernier.

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 octobre 2019 08 h 50

      @Mario Jodoin,

      "Si Pierre Nantel permettait à Mme May de participer à ce face à face, il faudrait aussi inviter Maxime Bernier."- Mario Jodoin

      Contrairement au Parti de Maxime Bernier, le Parti vert du Canada a une élue depuis 2011.

      Cela me semble suffisant pour justifier la participation de Mme May au débat de TVA, en plus de l'importance occupée par l'enjeu environnemental dans ces présentes élections. Alors que la droite conservatrice est déjà amplement représentée par Andrew Sheer.

      Dans les circonstance, son exclusion est une aberration démocratique, tant du point de vue de la parité hommes-femmes que du point de vue des enjeux politiques.

    • Raymond Labelle - Abonné 2 octobre 2019 10 h 03

      Mme Pelletier n'a pas correctement représenté la raison officielle des exclusions de Mme May et de M. Bernier. La raison officielle est précisément que le PV et le Parti populaire n'ont pas de député élu sous leur bannière au Québec. Pierre Nantel a été élu sous la bannière du NPD et Maxime Bernier sous celle du parti conservateur. Que l'on ne tienne pas compte du fait qu'un député siège pour un parti alors qu'il avait été élu pour en représenter un autre est normal. Que l'on fasse primer le choix des électeurs sur les changements sans mandat d'allégeance de leur député se comprend.

      D'ailleurs, rappelons que par respect pour ses électeurs, M. Nantel a choisi de siéger comme indépendant. Il ne siégera comme vert que s'il est élu sous cette bannière. L'affirmation de Mme Pelletier comme quoi M. Nantel siège en tant que vert est donc fausse.

      Pour être conséquent avec cette règle, si le PV avait fait élire un seul député sous cette bannière et que ce député, après son élection, avait changé de parti sans mandat de ses électeurs, Mme May aurait dû être invitée.

      Quant au fait que les changements climatiques soient un sujet important. Bien sûr. Toutefois, il faut faire attention de ne pas tenir compte du contenu des plate-formes des partis dans la décision d'inviter ou non leur chef au débat. Une tentation dangereuse.

      Mais au-delà de ce formalisme, les critères utilisés par la Commission des débats, dont l'application a mené à l'invitation de Mme May et de M. Bernier, sont peut-être plus équitables. Et comme il s'agit d'une élection fédérale, devrait-on ne les appliquer qu'à l'échelle du Québec pour le débat sur TVA? Peut-être pas et si oui, il faudrait voir ce que ça donne.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 2 octobre 2019 10 h 04

      Votre commentaire monsieur Montmarquette est une perle qu'il faudra archiver.

      « Contrairement au Parti de Maxime Bernier, le Parti vert du Canada a une élue depuis 2011. »
      « Alors que la droite conservatrice est déjà amplement représentée par Andrew Sheer.»

      Et à combien de partielle le PPC a pu présenter des candidats depuis sa création? VS Combien d'élections générales pour le Parti Vert.

      Votre argument sur la représentation de la droite est odieux : vous jugez déjà de la légitimité démocratique d'une instance en fonction de vos partis pris et de la légitimité supposée de vos positions. Il ne devrait pas avoir droit de parole parce qu'il est à droite? Si un NPD québécois présentait des candidats partout et qu'il avait des chances raisonnables de faire élire des députés, faudrait-il l'exclure pour la raison que QS représente assez la gauche?

      Je vous épargne des paragraphes que vous ne lirez pas. C'est tout simplement antidémocratique. Ce qui est bon pour pitou est bon pour minou. Faut pas vous étonnez que « des gens » n'aiment pas la gauche. C'est cette suffisance alors que vous n'avez pas le pouvoir qui nous fait craindre que vous l'ayez... Imaginez avec cette attitude si vous vous trouvez un jour au gouvernement.

      Aidez-vous vraiment votre cause?

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 octobre 2019 10 h 38

      @Charles-Étienne Gill ,

      - Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.

      Je n'ai pas dit que Bernier ne devrait pas participer.

      J'ai dit que contrairement au Parti de Maxime Bernier, le Parti vert du Canada avait une élue depuis 2011.

      Alors que question de représentation de la droite conservatrice, elle avait déjà voie au chapitre avec Andrew Scheer.

    • Raymond Labelle - Abonné 2 octobre 2019 12 h 22

      Ce que je comprends de ce que veut dire M. Montmarquette (il me corrigera si je déforme malgré moi sa pensée) c'est que comme il s'agit d'une élection fédérale, le critère d'avoir un député élu sous une bannière devrait être appliqué au niveau fédéral. Question de cohérence: élection fédérale, député élu sous une bannière au fédéral. Comme tout autre critère d'invitation qu'il pourrait y avoir, pourrait-on dire.

      Quant à la représentation de la droite conservatrice - il est sans doute préférable de ne pas retenir la nature des orientations des différents partis comme critère de sélection. Pente glissante.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 2 octobre 2019 14 h 16

      "Faut pas vous étonner que « des gens » n'aiment pas la gauche. C'est cette suffisance alors que vous n'avez pas le pouvoir qui nous fait craindre que vous l'ayez... Imaginez avec cette attitude si vous vous trouvez un jour au gouvernement." - Charles-Étienne Gill

      Monsieur Gill, vous m'enlevez les mots de la bouche. QS fait peur avec ses certitudes à l'emporte-pièce et le discours tranchant de ses prosélytes n'aide vraiment pas sa cause.

      Un sage disait: "Marche aux côtés de celui qui cherche la vérité, mais fuit celui qui croit l'avoir trouvée."

      Pour paraphraser Monsieur Montmarquette: "Pourquoi inviter le néo-démocrate Jagmeet Singh alors que le pseudo-socialisme délavé passé au tordeur du multiculturalisme possède déjà son héraut en la personne de Justin Trudeau." Qui plus est, ce dernier adore se déguiser avec des turbans. Que demander de plus?

      Par ses interventions cherchant à exclure des joueurs qui ne se démarquent pas assez des autres suivant ses critères idéologiques, Monsieur Montmarquette appelle en fait à un retour du bon vieux bi-partisme "gauche-droite".

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 octobre 2019 14 h 52

      "Quant à la représentation de la droite conservatrice - il est sans doute préférable de ne pas retenir la nature des orientations des différents partis comme critère de sélection." - Raymond Labelle

      Je suis d'accord avec vous là-dessus, M. Labelle.

      J'avançais ça à titre d'éducation populaire et non comme critère d'admissibilité.

      D'autant plus que Maxime Bernier est directement issu du PCC.

    • Raymond Labelle - Abonné 2 octobre 2019 15 h 00

      Merci de votre rétroaction et de votre nuance M. Montmarquette. Par ailleurs, je crois comprendre vous avoir bien compris quant à votre commentaire sur le critère d'admissibilité (député élu sous bannière du parti au niveau fédéral) puisque vous ne m'avez pas repris là-dessus. D'ailleurs, je suis d'accord avec vous là-dessus.

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 octobre 2019 17 h 26

      @ Jean-Charles Morin,

      "QS fait peur avec ses certitudes à l'emporte-pièce.." - Jean-Charles Morin

      — Quelles ? Certitudes à l'emporte-pièce?

      C'est franchement du n'importe quoi.

      Sans compter que vous mentez quand vous prétendez que Québec solidaire est multiculturaliste..

      Alors qu'il est INTER-culturaliste, ce qui impose un devoir d'intégration.

      D'ailleurs, c'est vous, qui cherchez à faire peur en prétendant que QS fait peur. Petite politique rétrograde de peurs et de politicaillage des années cinquante qui ne vous honore pas.

  • Nadia Alexan - Abonnée 2 octobre 2019 01 h 14

    C'est la Gauche qui a oublié sa raison d'être.

    La gauche a toujours défendu les citoyens de l'emprise de la religion, madame Pelletier. Ce n'est pas monsieur Blanchet qui s'est égaré des principes de la gauche en défendant la laïcité, c'est la gauche qui a oublié sa raison d'être en défendant l'obscurantisme, le fascisme et le tribalisme.
    C'est Salman Rushdie lui-même qui a dénoncé "l'aveuglement stupide" de la gauche face au djihadisme islamiste.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 2 octobre 2019 07 h 23

      Chère Madame,
      À vous lire, faut-il croire que la « raison d’être » de « la gauche » au Québec serait de s’enroller à « votre » suite sous la bannière caco-bloc-péquiste?
      L’aveuglement stupide! Trop facile, madame, de s’y exclure pour accuser les autres d'être aveugles.

    • Jacques Patenaude - Abonné 2 octobre 2019 07 h 56

      Je crois qu'on ne peut plus parler de la Gauche mais bien des gauches, dont la gauche libertaire n'est qu'une faction. Sur plusieurs sujets ils sont plus en accord avec la vision libérale que de celle de la gauche. Il devient de plus en plus hasardeux de situer dans le même camps tous ceux qui se réclame de la "gauche".

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 octobre 2019 08 h 30

      @ Nadia Alexan,

      "C'est la gauche qui a oublié sa raison d'être en défendant l'obscurantisme .." - Nadia Alexan

      Contrairement à vous, la gauche défend non seulement la Déclaration universelle des droits de l'homme qui reconnait le droit d'expression religieuse. Mais la Charte des droits et liberté du Québec.

      Vous devriez y réfléchir avant de parler.

      D'autant plus que vous appuyez la loi 21 qui propage la haine, les préjugés et la discrimination à l'emploi des minorités culturelles.

      Alors, dites-nous donc qui défend réellement l'obscurantisme dans cette histoire?

      Déclaration universelle des droits de l'homme

      Article 18

      Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.

      https://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/

    • Françoise Labelle - Abonnée 2 octobre 2019 09 h 57

      Disons une «gauche». Celle que défendent ces messieurs, toujours des messieurs, comme ceux qui dirigent les religions. La gauche qui défend la laïcité de l'État a une bien plus grande tradition. Sur la question du voile, Mme Pelletier en fait une question, non de principe mais de statistique: il y a peu de femmes qui portent le voile. En quoi est-ce que ça oblige l'État à faire, ici, la promotion de l'intégrisme?

      On les entend défendre servilement le droit illimité et indéfini de «liberté d'expression», alors que la Cour européenne a admis qu'il revenait aux états de préciser les limites de ce «droit». Ont-ils une définition précise de la religion à qui ils octroient des droits? Ça se passait comme ça autrefois, alors on persiste!

      En 1800, Laplace, cet esprit brillant, répondait à Bonaparte qui lui reprochait de ne pas mentionner dieu dans son traité d'astronomie: «Sire je n’avais pas besoin de cette hypothèse».
      Quelle lutte honteuse pour l'obscurantisme!

    • Cyril Dionne - Abonné 2 octobre 2019 10 h 02

      Bon. Maintenant les islamo-gauchistes vous critiquent Mme Alexan. Il y en a un qui fait référence à la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations unies pour appuyer ses dires, le même organisme corrompu qui compte 6 dictateurs sur le Comité des droits de l'homme et l'Iran, sur le Conseil des droits de la femme. Il faut le faire et ne pas être gêné non plus.

      La nouvelle gauche plurielle ne s’intéresse plus au travailleur et aux moins nantis de la société comme les itinérants dans la rue puisqu’eux, ne votent pas. Ils conjuguent plutôt avec l’appropriation culturelle (oxymore), la discrimination positive (oxymore), la discrimination systémique (oxymore au Québec), le tout, basé sur des préceptes qu’ils expriment à l’autel de la très Sainte rectitude politique. Si vous n’êtes pas d’accord avec eux, tout de suite ils vous mettent dans le camp de l’extrême droite puisqu’eux ont la VÉRITÉ tout comme les dogmes et doctrines des contes imaginaires pour enfants qu’on appelle idéologies politico-religieuses ou religions.

      Ils font « dures » et pas à peu près.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 2 octobre 2019 10 h 26

      Donc, si je comprends Monsieur Montmarquette, «la gauche» et QS se battent depuis des années pour que les enseignants puissent arborer un signe politique en classe. Je vous en remercie.

      J'aimerais beaucoup enseigner avec la casquette de Trump «Make America Great Again», les gens n'ont pas à présumer de ce que ça signifie, j'ai droit de l'afficher n'est-ce pas?

      J'aimerais aussi venir en classe avec un t-shirt où il y aurait le «Meme» : «the left can't Meme» ou quelque chose du genre, peut-être juste un t-shirt du PPC, voire une citation de Hayek avec le symbole libertarien du serpent à sonnette.

      J'amagine que même si vous êtes pas d'accord du tout et que ça vous horripile, vous vous battez pour ce droit, car vous êtes pour la liberté d'expression.

      Vous m'indiquerez où je peux trouver des traces de ce combat dans vos actions et documents.

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 octobre 2019 10 h 30

      @ Cyril Dionne,

      Y'a pas que la Déclaration universelle des droit de l'Homme qui défend la liberté de religion.

      La Charte des droits et Libertés de la personne du Québec aussi.

      - Allez-vous dire que la Charte québécoise des droits et libertés de la personne adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale du Québec a aussi été adoptée par une gang de corrompus?

      - C'est qui, qui fait dur, et pas à peu près?

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 octobre 2019 11 h 50

      "Si je comprends Monsieur Montmarquette, «la gauche» et QS se battent depuis des années pour que les enseignants puissent arborer un signe politique." - Charles-Étienne Gill

      Contrairement à la CAQ, la gauche se bat pour une véritable laïcité "DE l'ÉTAT" dans le respect des droits humains et de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. Notamment pour la fin du financement public des écoles confessionnelles et la fin des exemptions de taxes et d'impôts aux organismes religieux; ce que ne fait même pas la loi 21 que vous appuyez allègrement.

    • Cyril Dionne - Abonné 2 octobre 2019 14 h 02

      @ Montmarquette

      La Charte québécoise des droits et libertés de la personne est une « bibitte » du gouvernement libéral de 1975 où ils comptaient à peu près tous les députés. Elle est insignifiante aujourd’hui. Nous sommes en 2019 et les sociétés évoluent. Les lois doivent être organique et refléter les vivants. La Charte canadienne des droits et libertés de la personne est une « bibitte » du gouvernement libéral de PET de 1982 que le Québec n’a pas signé tout comme pour la constitution.

      Désolé pour vous, mais le Québec n'est pas islamo-gauchiste et ne le sera jamais. Nous sommes une société évoluée et non pas aux prises avec un seul livre qui date de l'âge de bronze et basé sur des amis imaginaires. Idem pour les idéologies de gauche qui ont toutes été catastrophiques pour les populations qui les ont vus apparaître.

    • Raymond Labelle - Abonné 2 octobre 2019 15 h 20

      Des gens de gauche, du centre ou de la droite peuvent diverger, à l'intérieur de la gauche, du centre ou de la droite, sur la question de comment appliquer le principe de la laïcité de l'État, tout en demeurant de la gauche, du centre ou de la droite. D'ailleurs, il y a de telles divergences à l'intérieur de chacun de ces groupes, y compris à l'intérieur de QS.

      Peu importe ce qu'on pense du PL21, on peut difficilement nier que, si on regarde l'ensemble de ses propositions, QS est un parti de gauche. Il faut considérer l'ensemble des propositions d'un parti pour faire cette détermination.

      Quand on regarde l'importance des enjeux: fiscalité, environnement, santé, immigration, langue, ressources naturelles, financement des écoles privées, etc., il ne faut pas oublier que le droit de porter ou non pour les professeurs en fonction du primaire ou de secondaire de l'école publique un signe religieux est une question dont l'importance doit être considérée par rapport à l'ensemble de ce qui nous touche. L'émotivité que soulève ce débat fait sans doute en sorte que l'on surestime l'importance de l'enjeu et, par le fait même, nous fait négliger des choses plus importantes.

      Et les médias adorent la controverse émotive, avec en prime les dérapages que ça peut entraîner - ça vend de la copie. Il ne faut pas trop mordre à l'hameçon.

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 octobre 2019 18 h 24

      "La nouvelle gauche plurielle ne s’intéresse plus au travailleur et aux moins nantis de la société.." - Cyril Dionne

      C'est de la pure foutaise.

      Et la bébitte en question a été appuyée à l'unanimité avec un bon paquet députés péquistes.

    • Christian Montmarquette - Abonné 3 octobre 2019 09 h 57


      "La Charte québécoise des droits et libertés de la personne est une « bibitte » du gouvernement libéral de 1975" - Cyril Dionne,

      La Charte des droits et libertés de la personne du Québec n'est pas une "bébitte" libérale, mais de le résultat d'un travail préparatoire amorcé sous le gouvernement unioniste de Daniel Johnson et d'une revendication de la Ligue des Droits de l'Homme :

      Extraits : La Ligue des droits de l’Homme (aujourd’hui Ligue des droits et libertés), entreprend de convaincre le gouvernement d’adopter une loi pour protéger les droits et libertés.

      Le 29 octobre 1974, le ministre libéral de la Justice, Jérôme Choquette, répond aux demandes de la Ligue des droits de l’homme en déposant un projet de loi à l’Assemblée nationale. Le 27 juin 1975, l’Assemblée nationale vote à l’unanimité l’adoption de la Charte, qui entrera en vigueur le 28 juin 1976.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_des_droits_et_libert%C3%A9s_de_la_personne

  • Yolande Chagnon - Inscrite 2 octobre 2019 04 h 35

    AU-DELÀ DES IDÉES DE CHACUN

    Au-delà des idées de chacun et sans porter de jugement sur les divers programmes, sauf pour dire que c'est la campagne la plus insignifiante que j'ai vue de ma vie, il est clair pour moi que l'absence d'Elizabeth May et de Maxime Bernier est inexcusable.

    Les explications de TVA sont cousues de fil blanc.

    Si la maîtrise de la langue est la raison officieuse et non avouée de l'exclusion d'Elizabeth May, je me permets de rappeler que l'on a déjà eu des débats avec Ed Broadbent où l'on ne comprenait à peu près rien et même des débats en français avec Robert Stanfield qui fonctionnait en traduction simultanée.

    Pour ma part, je vais me contenter d'écouter les débats de Radio-Canada et de la CBC, là où l'éventail des opinions sera réflété par la présence de tous les chefs siégeant dans le dernier parlement

    Je concède d'emblée que ce débat est taillé sur mesure pour Yves-François Blanchet.

    Québécor oblige.

    De là à écrire «que le BQ est un parti qui s’est démarqué en étant résolument à gauche», il y aurait lieu de consulter Manon Cornellier.

    Rien n'est plus faux.

    Ce parti circonstanciel et dédié à l'indépendance nationale sans étiquette a été fondé par une poignée de députés dont les valeurs de gauche sont moins qu'évidentes : Lucien Bouchard (Lac-Saint-Jean), Jean Lapierre (Shefford), Benoît Tremblay (Rosemont), Gilles Rocheleau (Hull), François Gérin (Mégantic-Compton-Stranstead), Nic Leblanc (Longueil), Pierrette Venne (Saint-Bruno-Saint-Hubert) et Louis Plamondon (Richelieu).

    Où est donc la gauche dans ce groupe ?

    S'il est vrai que l'élection du 25 octobre 1993 nous a amené des députés dont les sensibilités étaitent plus à gauche, tels Osvaldo Nunez (Bourassa) ou Réal Ménard (Hochelaga), il a aussi amené Ghislain Lebel (Chambly) ou encore Jean-Guy Chrétien (Frontenac) et Gérard Asselin (Charlevoix) sans oublier Michel Gauthier (Roberval), Yves Rocheleau (Trois-Rivières), Maurice Dumas (Argenteuil).

    De fait la grande majorité du caucus éta

    • Jean Jacques Roy - Abonné 2 octobre 2019 12 h 22

      Bien dit, Madame Chagnon!

      Ce débat organisé sous l’égide de Québécor est taillé sur mesure pour le discours caco-bloc de Blanchette!
      Le discours sur l’indépendance étant devenu chose du passé, il n’est même plus question de dire que le Bloc est ni à gauche, ni à droite... cette formation s’est simplement convertie en l’appendice caquiste au fédéral... tout à la droite nationaliste identitaire.

    • Raymond Labelle - Abonné 2 octobre 2019 15 h 36

      Robert Stanfield parlait français - il a fait l'effort de l'apprendre. Preston Manning, alors chef de l'Alliance canadienne, a déjà participé à un débat en français avec l'aide de la traduction simultanée.

      Quoiqu'il en soit, sur le fond, vous avez raison sur ce point Mme Chagnon: le contrôle de la langue ne devrait pas être un critère de sélection. Bien que certains chefs fédéraux devaient faire plus d'efforts pour maîtriser le français. Que cela avantage M. Blanchet et, dans une moindre mesure, M. Trudeau - tant pis pour les chefs fédéraux qui n'ont pas fait assez d'efforts pour mieux maîtriser le français.

      Je ne vais toutefois pas présumer des intentions de TVA et immédiatement adopter la théorie du complot. J'y vois plutôt une forme de québécocentrisme - avoir été élu sous une bannière au Québec. Rappelons que M. Bernier a aussi été exclus de ce débat même s'il parle français avec fluidité: il est un député du Québec mais a été élu sous bannière conservatrice.

      Il s'agit d'une élection fédérale et le critère devrait s'appliquer au niveau fédéral. Ainsi, Mme May aurait dû être invitée pour cette raison.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 2 octobre 2019 17 h 16

      "Cette formation (le BQ) s’est simplement convertie en l’appendice caquiste au fédéral... tout à la droite nationaliste identitaire." - Jean-Jacques Roy

      Monsieur Roy, le fait que le Bloc ne soit pas un calque idéologique de Québec Solidaire ne fait pas de lui nécessairement un suppôt de la droite abhorrée, qu'on doit vouer aux gémonies pour assurer son propre salut. Le jupon du sectarisme dépasse un peu trop souvent dans votre discours.

  • Claude Bariteau - Abonné 2 octobre 2019 06 h 19


    Mme Pelletier, je trouve rarement une rigueur élémentaire dans vos propos.

    Dans ce texte, cette absence a été soulignée par Mme Alexan et M. Jodoin.

    J'en ajoute une troisième : votre affirmation à l'effet que le BQ est dans le lit de la CAQ avec le 3ième lien et le projet GNL-Saguenay.

    Pour le 3ième lien, c'est le candidat local du PC qui appuie ce projet. Un candidat du BQ de la région a plutôt dit ne pas avoir de préjugé défavorable (ce qui n'a rien d'un appui) et estimé important de connaître la nature et le coût de ce projet, affirmant qu'il revient au PM du Québec de fournir ces informations.

    Pour GNL-Saguenay, deux candidats bloquistes de la région se sont prononcés contre la construction de l'oléoduc, qui est la source d'alimentation de l'usine en projet, ce qui minerait le projet. Ils ont par ailleurs proposé la plantation dans la région d'arbres selon le modèle Carbone Boréal développé à l'UQAC, une idée rerpise par le chef du PLC.

    S'agissant de la position du BQ sur ces projets, j'ai cherché et n'ai pas trouvé d'écho dans les médias. Je présume que vous possédez des informations privilégiées.

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 octobre 2019 09 h 09

      @ Claude Bariteau,

      "Pour le 3ième lien, c'est le candidat local du PC qui appuie ce projet. Un candidat du BQ de la région a plutôt dit ne pas avoir de préjugé défavorable.." - Claude Bariteau

      C'est pourtant l'approche générale du Bloc d'appuyer le gouvernement caquiste.

      "Blanchet veut être le porte-voix du gouvernement Legault à Ottawa "- Radio-Canada, 15 février 2019

      « C'est intrinsèque au mandat du Bloc québécois d'être porteur de la voix du Québec à Ottawa, quel que soit le gouvernement qui est à l'Assemblée nationale », a soutenu M. Blanchet, vendredi, à Montréal, au terme d'une rencontre avec le premier ministre François Legault.» - RC

    • Pierre Desautels - Abonné 2 octobre 2019 09 h 34


      Yves-François Blanchet a affirmé hier qu'il n'était pas contre le projet du 3ième lien, ce qui veut dire, étant donné ses préjugés favorables pour ce genre de projet qu'il avait, lors de son désastreux passage comme ministre de l'environnement, que c'est un go pour avoir des votes. Il fallait l'entendre patiner pendant dix minutes hier pour tenter d'expliquer sa position. Pour GNL Québec, ce sera la mêmme chose.

      Après les élections, Alexis Brunelle-Duceppe, le candidat du Bloc, et Yves-François Blanchet viendront rejoindre leur bon ami, Stéphane Bédard, ex-chef intérimaire du PQ, qui est maintenant promoteur du projet GNL Québec, propriété des américains. Ce "green washing" du Bloc et surtout du PQ ne datent pas d'hier...

    • Jean Duchesneau - Abonné 2 octobre 2019 09 h 46

      Le 3e lien est nécessaire à Québec, car bientôt seul le pont Pierre Laporte aussurera la liaison entre les deux rives le vieux pont de Québec tombant en décrépitute. C’est l’avis de Thomas Mulcair, ex-ministre de l’environnement du PLQ et ex-chef du NPD. La question à se poser, c’est comment intégrer le transport collectif à ce projet.

    • Blouin Philippe - Abonné 2 octobre 2019 09 h 54

      Je vous remercie de ce commentaire. J'ai eu un doute en lisant l'affirmation et ai voulu trouver la source. Un appui du BQ au 3iem lien ou au GNL serait suffisant pour lui faire perdre mon soutien (moral comme aux urnes).

    • Claude Bariteau - Abonné 2 octobre 2019 11 h 32

      M. Blouin, il en serait de même pour moi.

      Défendre les intérêts du Québec à Ottawa, quel que soit le parti au pouvor, ne consiste pas à se fermer les yeux devant l'indéfandable, ce qui nécessite certaines réserves.

      C'est ce que j'ai noté chez les députés bloquistes des régions concernées.

      Par contre, je n'ai pas entendu ni lu des propos de M. Blanchet faisant allusion à des réserves sur des projets qui ne sont qu'à l'étude. Il importerait qu'il précise qu'il s'agit de projets à l'étude et que le BQ prendra position le cas échéant.

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 octobre 2019 11 h 39

      "Défendre les intérêts du Québec à Ottawa, quel que soit le parti au pouvoir, ne consiste pas à se fermer les yeux devant l'indéfandable.." - Claude Bariteau

      On gage combien?

      Lisez plus haut :

      "Yves-François Blanchet a affirmé hier qu'il n'était pas contre le projet du 3ième lien, ce qui veut dire, étant donné ses préjugés favorables pour ce genre de projet qu'il avait, lors de son désastreux passage comme ministre de l'environnement, que c'est un go pour avoir des votes."

      - Pierre Desautels - 09h 34

    • Claude Bariteau - Abonné 2 octobre 2019 13 h 20

      M. Desautels dit que M. Blanchet a patiné pendant dix minutes. J'aimerai bien entendre ce que M. Blanchet a dit lors de sa session de patinage. M. Montmarquette avez-vous la référence, car je présume que vous avez entendu M. Blanchet patiner puisque vous êtes prêt à gager ?

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 octobre 2019 13 h 48

      @ Claude Bariteau,

      Je l'ai entendu patiner, mais je ne me souviens plus où.

      Mais, je peux vous donner ça:

      "Le Bloc québécois ne s’oppose pas au 3e lien" - Radio-Canada, 26 septembre 2019

      "Plutôt discret dans le dossier du 3e lien depuis le début de la campagne électorale fédérale, le chef du Bloc québécois s’est finalement mouillé. Yves-François Blanchet affirme que son parti ne s'oppose pas au projet, principalement parce que la décision appartient au gouvernement du Québec.

      Sur le fond et sur le principe, le Bloc québécois n’est pas contre le 3e lien, a affirmé Yves-François Blanchet" - RC

    • Raymond Labelle - Abonné 2 octobre 2019 15 h 42

      "Défendre les intérêts du Québec à Ottawa, quel que soit le parti au pouvoir, ne consiste pas à se fermer les yeux devant l'indéfendable, ce qui nécessite certaines réserves." CB.

      Le Bloc avait défendu l'exploitation de l'amiante alors que son caractère hautement toxique avait été largement démontré. Parce que le gouvernement Charest appuyait l'exploitation de l'amiante.

      Quoiqu'il en soit, en principe, sur le fond, ne pas s'orienter vers la gouvernance fédérale à une élection fédérale, dont le but est de choisir un gouvernement fédéral, est un détournement de démocratie.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 2 octobre 2019 17 h 07

      "Le 3e lien est nécessaire à Québec." - Jean Duchesneau

      Je vais résolument aller à contre-courant en affirmant que je suis tout à fait d'accord avec vous sur cette question, bien que je ne sois pas de Québec.

      Ce lien est nécessaire car il permettrait de "boucler le boucle" et de rationnaliser l'occupation du territoire dans la région de la capitale nationale. Actuellement, pour aller par exemple de Lévis à Beauport, il faut faire un détour inutile par les ponts actuels qui sont bien trop à l'ouest. Un détour coûteux en temps, en carburant et en GES.

      Je n'ai jamais compris cette hostilité maladive et irrationnelle à l'égard de ce projet, pourtant éminemment nécessaire et totalement justifié, dans certains milieux qui se targuent d'être "progressistes". La montée de lait de Catherine Dorion, égérie de QS dans ce dossier, elle qui n'y connaît strictement rien, leur a-t-elle confisqué tout sens critique? On est en droit de se poser la question.

  • François Poitras - Abonné 2 octobre 2019 06 h 42

    Le Bloc québécois est le seul parti fédéral qui défend des positions concrètes pour la réduction des GES, dont la réduction progressive de la production pétrolière canadienne de 3% annuellement sur 30 ans. Tous les autres partis patinent dans les figures de style, dont le parti Vert qui a manifesté il y a quelques jours à peine son opposition à l’établissement de nouveaux oléoducs. Pour le reste, la critique de Mme Pelletier est de l’ordre du persiflage appuyé sur un argumentaire vasouilleux. Ainsi, que signifie l’affirmation à l’effet que le Bloc aurait perdu cette « conscience aiguë des institutions canadiennes » ?