Les derniers humains

On nous dit de ne pas paniquer, de retenir les trémolos et les gros mots. La colère est malvenue, dit-on, même devant « l’urgence climatique ». Alors, soyons positifs. N’ajoutons pas au découragement ambiant et pointons calmement la lueur au bout du tunnel.

La bonne nouvelle ? Nous n’ignorons plus le monde (physique) dans lequel nous vivons. De la fonte des glaces à l’érosion des berges et aux extrêmes climatiques, nous possédons aujourd’hui une connaissance encyclopédique de l’état des lieux. Les discrets murmures des premiers avertissements (rapport Meadows du Club de Rome, Silent Spring de Rachel Carson…) se sont transformés en un perpétuel grondement impossible à ignorer. La prise de conscience a été remarquable, il faut le dire. Et puis, plusieurs esprits créatifs tentent de trouver des remèdes : de la taxe carbone à l’énergie solaire, des jardins communautaires au burger végé, les initiatives se multiplient pour tenter de pallier cette crise sans précédent.

La mauvaise, maintenant. Jamais l’humanité n’a dû contempler aussi froidement sa disparition. La crise n’est pas qu’écologique, elle est aussi morale et existentielle. Il ne s’agit pas seulement de se battre contre la pollution, le plastique ou la disparition des abeilles, mais de se battre pour notre propre survie — nous, les humains. Cette révélation, en passant, est récente ; elle s’est imposée à la suite de la léthargie désopilante des gouvernements face au réchauffement climatique. À mon avis, ça vaut bien quelques trémolos. « Vous avez volé mes rêves et mon enfance », disait, non sans raison, la jeune Greta Thunberg cette semaine à New York à l’Assemblée générale de l’ONU.

Alors que nous savons désormais des tas de choses sur notre environnement, le grand inconnu, dans ce grand bouleversement, c’est vous et moi. Au-delà de la dégradation matérielle du monde dans lequel on vit, il y a la réaction humaine face au cataclysme écologique qui s’ajoute. Serons-nous à la hauteur du défi qui nous attend ? Voilà désormais la question à laquelle Greta, comme nulle autre, nous somme de répondre.

« On ne peut qu’espérer », dit, rempli d’optimisme, Adam Frank, un astrophysicien qui étudie les différents scénarios qui nous guettent. À partir de l’examen d’autres planètes, le scientifique de l’Université de Rochester a établi trois grands modèles probables. Premier scénario, surnommé « soft landing » (atterrissage réussi) : la civilisation planétaire s’adapte aux changements climatiques, se transforme et survit. Deuxième scénario, « die off » (étiolement) : la population planétaire est réduite au minimum, détruisant toute civilisation technologique. Il y a quelque chose qui survit, mais on ne saurait dire qui ou quoi. (« C’est quand même incroyable qu’on soit encore vivants », le vers de Richard Desjardins, pourrait devenir ici un slogan). Troisième scénario, « collapse » (effondrement) : la population mondiale augmente, l’état planétaire « surchauffe » et, même si certaines mesures ont été mises en place, la population est anéantie. Plus rien d’humain ne subsiste sur la Terre.

La planète a beau s’inviter aux Nations unies, au Parlement et dans la rue, dont à Montréal vendredi, le sentiment d’impuissance est à son comble. On comprend parfaitement pourquoi. Devant l’avalanche de données dont nous disposons désormais se dresse un mur d’inaction gouvernemental tout aussi impressionnant. Aucun des engagements pris lors du Sommet de Paris, pourtant salué comme un grand pas en avant, est en voie de réalisation. Les émissions de gaz à effet de serre, plutôt que de diminuer, ont augmenté depuis deux ans. Ça fait plus de 30 ans que nous ne faisons à peu près rien, comme le soulignait notre Jeanne d’Arc devant l’ONU, et voici qu’il nous en reste seulement 30 autres pour atteindre la cible magique de zéro émission en 2050. Mais, surtout, ne nous énervons pas. Ce n’est pas parce qu’il y a urgence qu’il faudrait agir comme s’il y en avait une.

Il nous faut changer radicalement de mode de vie, changer notre façon de manger, de nous déplacer, de construire nos immeubles et, surtout, de produire et de consommer de l’énergie, et cela, en un temps record. Il faut faire ce que l’humanité n’a jamais fait auparavant : changer radicalement de direction en l’espace de quelques années. Selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), il s’agirait d’un « précédent historique », du jamais vu, mais continuons à prétendre que quelques demi-mesures — une taxe carbone sans véritables dents, du recyclage qui, une fois sur deux, rate sa cible — vont nous sortir du pétrin. Continuons, surtout, à construire un troisième lien et à permettre aux grands émetteurs de GES québécois, comme on vient de l’apprendre, de diminuer leurs émissions d’un dérisoire 4 % et d’être remboursés, en plus, pour ce mini-effort (!). Continuons à privilégier le court terme sur le long terme, les profits immédiats sur l’avenir de nos enfants, et voyons où tout ça nous mène.

Loin d’être malvenue, la colère est la juste mesure de tout ce qui ne va plus.

70 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 25 septembre 2019 04 h 34

    La colère ou la révolte ?

    Avec la colère, l'agir s'impose, car, sans action, la colère étouffe. C'est l'effondrement assuré de la civilisation.

    Mais l'action nourrie de la colère prend toutes sortes de direction. Ça aussi, ça étouffe. Différemment. Il y a des possibles probables, qui sont de l'étiolement.

    La révolte est source d'action pour inventer et produire un ordre différent de l'actuel.

    Le révolté est un créateur. Il peut mobiliser et, s'il fait atterrir, ce n'est pas nécessairement en douceur.

    L'ordre actuel est sur son déclin. Quant à l'ordre différent qui peut émerger, il n'adviendra qu'en mobilisant alors que le temps disponible pour l‘édifier peut manquer.

    La révolte, parce qu'elle alimente l'action, est associée à l'espoir.

    Sans espoir, la vie sur terre n'a plus de sens.

    • Pierre Raymond - Abonné 25 septembre 2019 09 h 05

      « Le révolté est un créateur. Il peut mobiliser et, s'il fait atterrir, ce n'est pas nécessairement en douceur. » C. Bariteau

      Vous avez raison mais il y en a combien qui critiquent l'attitude colérique et révoltée de Greta ces derniers jours.
      Elle mérite notre admiration... point à la ligne. Elle n'a que seize ans et, dans sa courte vie, elle a déjà pris la parole à l'ONU.
      Qui dit mieux !

    • Daniel Grant - Abonné 25 septembre 2019 09 h 22

      La colère ou la révolte ?

      mais avant prenez donc une bonne bouffé d’oxygen,
      allez voir ce qui se fait de positif chez IRENA.ORG

      https://irena.org/itspossible

      Et en attendant la téléportation,
      allez sentir le futur chez Tesla, allez faire un essai routier et commencez à ressentir ce que sera le tapis volant de nos rêves.

      Les derniers humains! hmmm

      À 30,000 pi en vol on se rend compte qu’il y a beaucoup d’espace vide mais je pense à Gandhi:

      « La terre est assez grande pour tout le monde, mais trop petite pour l’avidité de quelques uns. »

    • Pierre Jarest - Abonné 26 septembre 2019 14 h 34

      Il faut voir les avertissements lancés par Hubert Reeves; en juin dernier Science et Vie, sur le thème de l’effondrement, récapitule les conséquences possibles du réchauffement, exemples à l’appui ; Michel Houellebecq raconte la fin de l’humanité dans son roman « La possibilité d’une ile»
      Les avertissements viennent de partout!

  • Jérôme Faivre - Inscrit 25 septembre 2019 04 h 59

    La Grande Dépression

    Dans les Mémoires d'Outre-tombe, il y a un chapitre où René a seize ans.
    Comme Greta, ici Francine semble avoir seize ans.

    Ce n'est plus le spleen, mais la dépression full totale.
    La fameuse «éco-anxiété» !

    Les Derniers Humains: titre justement déjà pris par Richard Desjardins.
    Pas grave, plus le temps de s'occuper de la forêt, a déjà brulé.

    Et la fille encore jeunesse a se mit à pleurer
    Le Raisins de la colère, a pouvait pas les digérer ♪ ♫

    C'est vrai qu'à d'autres époques inconscientes, on s'angoissait pour rien.
    Il y a exactement 100 ans, l'avenir était totalement radieux. On sortait de la guerre mondialisée de 1914-1918, incident banal et sans gravité, on faisait des enfants en préparation de la Grande Dépression de 1929 . Et on se préparait à un avenir jovial en 1939.

    Mais ça c'était dans le cours d'histoire et on l'a pas vu à cause de la «grève climatique».
    On peut pas tout faire à la fois.

  • François Beaulé - Inscrit 25 septembre 2019 05 h 46

    Un « nous » à construire

    18 « nous ». Francine Pelletier utilise 18 fois ce pronom personnel dans sa courte chronique. Qui est ce « nous » ? Nous, les lecteurs du Devoir, nous, les Québécois, nous, les Canadiens, nous, les Occidentaux ? Non. Son « nous » s'adresse à tous les hommes, à l'humanité entière.

    Or ce « nous », l'humanité, n'existe pas politiquement. Si le Québec n'avait pas de parlement, ni de pouvoir, ni d'argent, ce serait la première chose que nous, les Québécois, revendiquerions. Différents problèmes environnementaux, notamment le réchauffement, ont une dimension planétaire. Mais aucune organisation politique mondiale n'a le pouvoir d'intervenir. Il n'y a que l'ONU qui, dans ce dossier capital, ne semble avoir d'autre pouvoir qu'un pouvoir moral, comme le pape ! Son secrétaire se désole et pleurniche mais il n'a pas le pouvoir d'agir véritablement. Autant il est faible, autant il sanglote.

    L'atmosphère et les océans sont vastes. Ils appartiennent à l'humanité entière et non pas à un État en particulier. Mais aucune entité politique n'a le pouvoir de les protéger. Le Canada, par exemple, par ses rejets de polluants dans l'atmosphère et dans les océans, a un impact très limité sur les problèmes environnementaux causés par l'humanité. Et il n'a pas le pouvoir d'imposer aux autres pays souverains une limitation de leurs émissions de polluants. Et chaque État, dans sa subjectivité, se justifie d'en faire le moins possible. Les États sont en concurrence pour attirer le capital et les entreprises privées. De nombreux États sont pauvres et considèrent que ce n'est pas à eux de faire des efforts de réduction d'émissions. À l'autre extrémité, le plus riche État de la planète, les États-Unis, refuse de s'imposer quelque contrainte à la poursuite de son hégémonie. Alors que la Chine est doublement motivée : elle est relativement pauvre par habitant et elle bâtit un empire.

    • Françoise Labelle - Abonnée 25 septembre 2019 08 h 45

      Per capita (par habitant), parmi les pays ayant une population non négligeable (excluant Qatar, Arabie, etc.), le Canada, les USA et l'Australie sont les plus grands émetteurs de CO2, devant la Russie er la Chine. Cf. «CO₂ and Greenhouse Gas Emissions», Our World in Data, 2017.
      Le Québec, per capita, est plus énegivore que l'Allemagne. L'intérêt pour les véhicules sur-dimensionnés est en croissance et le covoiturage ne dépasse pas les 10%. À deux passagers, à Québec, l'auroute Henri-Bourassa est un charme aux heures de pointe. (Pineau, HEC, 2018)

      On contribue au changement en sur-consommant moins (sic!). Que ce soit le dernier i-bidule monté en Chine, dont les deux tiers des profits sont américains, jusqu'aux bébelles de l'Halloween ou de Noël fait en China, ou encore les véhicules pour impressionner le voisin. Le vendeur finira par entendre le message. On est quand même à l'ère des réseaux sociaux sans frontières.

      Trump a récemment rappelé la doctrine des néo-cons: la puissance militaire est là pour menacer ce qui ne sert pas ses intérêts (dans les deux sens du pronom). Je boycotte tous les produits américains, y compris le vin californien et les croustilles de Cape Cod, tant qu'ils n'auront pas remis de l'ordre dans leur maison. Une goutte dans l'océan, qui est fait de gouttes.
      La Norvège abandonne sa production d'hydrocarbures, contre son intérêt économique, donnant ainsi l'exemple. Bien sûr, leur faible densité de population répartie dans deux villes justifie de privilégier le véhicule individuel électrique. Le véhicule individuel n'est pas un exemple à suivre. Mais l'inepte 3e lien et QNL le sont encore moins.

    • Raymond Labelle - Abonné 25 septembre 2019 12 h 49

      "Le Québec, per capita, est plus énegivore que l'Allemagne."

      Et le Québec a l'extrême chance de pouvoir produire son électricité par l'hydro-électricité - on ne peut pas attribuer cette chance à la vertu.

      Si on compare des pommes avec des pommes - si on exclut la production d'électricité, le Québec est-il si fort que ça? J'en doute beaucoup.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 septembre 2019 13 h 51

      Chère Mme Labelle,

      Revoir vos données SVP à la lumière de 2019. Pour le Canada. C’est 19,5 tonnes des GES par capita. Mais le Québec n’est pas le Canada. Pour le Québec, c’est 9,2 tonnes par capita. La Chine, 9,3 tonnes par capita et ils sont 1 420 519 605 en 2019. Nous sommes un gros 8 501 123 de Québécois. Ils sont en moyenne, près de 168 fois plus nombreux que nous. Si la Chine et l’Inde ne tempèrent pas leurs ardeurs et leurs appétits pour le charbon, nous sommes tous cuits. ;-)

      "La Norvège abandonne sa production d'hydrocarbures, contre son intérêt économique" vous dites. Bien oui. ils ont un petit coussin de 1 000 milliards de dollars américains en banque sans aucune dette national grâce au pétrole qu'ils ont vendu avec une population de 5,2 millions. De toute façon, si l'argent commence à manquer, ils peuvent recommencer à pomper du pétrole.

    • Christian Roy - Abonné 25 septembre 2019 17 h 51

      En fait, le petit catéchisme caquiste postule ceci:
      "Le troisième lien servira à la lutte contre les changements climatiques."
      Pour faire du pouce là-dessus on pourrait ajouter que les consommateurs qui se procurent un VUS luttent courageusement contre les changements climatiques (!!!), ceux qui voyagent en avion sans tenir compte des effets nocifs sur l'environnement foant aussi de même. Les gouvernement qui font des passe-droits aux compagnies qui génèrent des excès en production de GES, sont d'avant-garde Surconsommer, c'est créer de la richesse. Voie de salut débridée

      Comment voulez-vous qu'un jeune le moindrement à l'affût de la religion économique qui l'accable n'ait pas envie de la déserter.

      La CAQ est un véritable gouvernement de Jean-Marc Chaput qui s'abreuve au "Whishfull Thinking" et dont la principale qualité est de tromper la population qui redemande son pain quotidien et ses jeux.

      Les derniers de classe en protection de l'environnement n'auront aucune audace.

    • Jean Duchesneau - Abonné 25 septembre 2019 18 h 19

      « Et le Québec a l'extrême chance de pouvoir produire son électricité par l'hydro-électricité - on ne peut pas attribuer cette chance à la vertu.« Raymond Labelle

      Une chance vous dites? Le développement de cette ressource est un immense pari que les Québécois se sont collectivement donnés. L’hydroélectricité nous a aussi permis d’acquérir une énorme expertise reconnue mondialement.

      La décision de développer le potentiel hydroélectrique relevait d’un choix très clair en faveur d’une énergie propre et renouvelable. À cet égard, les Québécois ont été visionnaires.

      Les Norvégiens ont été visionnaires en bâtissant un fonds des générations évalué à 1000 milliards de dollars US, car ils savaient qu’ils devaient se préparer à sortir des energies fossilles. Au même moment, les Vénézuéliens et les Albertains continuent de payer leur épicerie à même les revenus du pétrole les rendant dépendant de cette ressource. Est-ce de la malchance ? Non! Une erreur monumentale qu’on voudrait nous faire payer « from coast to coast ».

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 26 septembre 2019 19 h 27

      Le véritable problème avec les changements climatiques à court, moyen et long terme est la surpopulation mondiale. Je suis étonné de ne pas entendre les écologistes, scientifiques et analystes en géo-politique aborder ce problème pourtant si patent.

      L’homme étant ce qu’il est, son plus grand ennemi est lui-même quand on parle de réchauffement climatique. La surpopulation humaine m’apparait comme le plus grand problème pour l’avenir de l’humanité.

      Prenons par exemple l'Afrique et Haïti qui peinent à nourrir leur population qui grandit à pas de géant. D'ailleurs, dans ces pays et surtout à Haïti, la surpopulation est insoutenable à moyen et même à court terme. Des programmes d'aide à la planification familiale pourraient amener un certain répit à ces populations courageuses et assurer leur pérennité. Il ne s’agit pas de prôner le malthusianisme, mais de pouvoir nourrir sa population.

      Une partie des sommes consacrées à la lutte contre les changements climatiques devraient être investies dans des programmes d’aide à la planification familiale dans les pays à croissance démographique insoutenable.

  • François Beaulé - Inscrit 25 septembre 2019 05 h 46

    Un « nous » à construire (suite)

    Greta Thunberg et ses nombreux camarades manifestants s'adressent aux États. Alors que les États sont soumis à un empire économique plus puissant qu'eux, puisqu'il est mondial. Cette soumission à l'empire capitaliste mondial mène les gouvernements à coucher dans le même lit que leurs élites économiques. Voilà pourquoi les gouvernements vont envoyer promener les manifestants et continueront à faire de fausses promesses à l'ONU. Des promesses qu'aucune autorité politique mondiale ne les obligera à respecter.

    Si l'humanité veut survivre, elle doit se donner une forme de gouvernement mondial.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 25 septembre 2019 08 h 33

      Surtout pas, c'est la raison pour laquelle les entreprises et puissances d'argent responsable du désastre veulent un gouvernement mondial et utilisent justement les écolos... Si vous vous opposez aux multinationales, aux Desmarais et Soros de ce monde, la solution ce sont les petits états. Le Canada est ingouvernable, les USA aussi, l'UE c'est pire. Imaginez le monde.

    • Raymond Labelle - Abonné 25 septembre 2019 08 h 40

      Et il semble peu probable que l'on ait une forme de gouvernement d'ici le temps que l'on a pour agir plus efficacement.

      Et chacun, en faisant son effort, pourrait devoir renoncer à quelque chose - ce qu'il ne ferait pas s'il n'a pas la garantie que l'autre le ferait. L'un ou l'autre pouvant être n'importe quelle entité: individu, État, entreprise, etc. Théorie des jeux, dilemme du prisonnier.

      Même à notre petite échelle, par exemple, on construit le troisième lien juste pour le confort d'avoir une meilleure circulation de son "char" et ce, à des coûts astronomiques pour l'État. Meilleure circulation pour un petit temps, jusqu'à ce quel la route se réencombre. On est surtout pas pour s'attaquer aux ski-doos, eyye, l'industrie touristique. Par exemple.

      La mairesse de Projet Montréal est pour faire venir un club de baseball et ne fait rien pour éliminer la Formule 1 de Montréal - source de profits pour la ville. Ou bien peu pour protéger ce qui reste de milieux humides. Par exemple.

    • Raymond Labelle - Abonné 25 septembre 2019 08 h 45

      Se sacrifier? Peut-être pas tant que ça. S’il n’y avait pas de circulation automobile au centre-ville de Montréal et des transports en commun gratuits, si au lieu du modèle maison en banlieue on avait des habitations sans sa cour privée mais de grands espaces communs qui permettent une plus grande convivialité, habitations qui seraient plus près des services, si on avait moins de pollution atmosphérique dans la ville, on se sentirait beaucoup mieux, et on se demanderait pourquoi on n’a pas fait ça avant.

      Un peu comme la cigarette – gros débat avant qu’on l’interdise dans les lieux publics, maintenant que c’est fait, on peut encore se trouver pas mal fou d’avoir permis ça avant.

      Transformations qui sont un chantier et peuvent même créer de l’emploi.

      Mais non, on nous sort toutes sortes de ratiocinations pour ne pas le faire.

    • Raymond Labelle - Abonné 25 septembre 2019 11 h 07

      Encouragement et développement des "identités" - inflation du moi et de l'individualité ou de "mon" groupe d'appartenance: "mon" gouape ethnique, "ma" religion, "mon" sexe, "mon" orientation sexuelle, victimisation historique de "mon" groupe, "mes" droits ou les droits de "mon" groupe, etc.

      Et le dépassement de soi pour le bien commun? Le "nous" à construire?

    • François Beaulé - Inscrit 25 septembre 2019 12 h 48

      M. Gill,
      Quand j'évoque une forme de gouvernement mondial, je ne pense pas à un gouvernement qui intervient dans tous les domaines et à tous les niveaux. Mais plutôt à une instance qui aurait la responsabilité de protéger l'atmosphère et les océans. Cette instance serait financée par une taxe sur les émissions de polluants, notamment sur les GES. Ensuite, en collaboration avec les États, elle distribuerait cet argent pour financer des activités peu polluantes, comme la production d'énergie renouvelable par exemple.

      La majorité des économistes libéraux s'entendent sur l'importance de la taxe sur le carbone. Pour pouvoir maximiser le taux de cette taxe sans affecter la concurrence, il faut que ce taux soit le même partout. La répartition du fruit de cette taxe favoriserait les pays pauvres en échange d'un contrôle de leur fécondité.

      Par ailleurs, vous mettez en doute la qualité de la gouvernance des grands États. Si cela est vrai, il faut trouver le moyen de séparer les grands États en unités plus petites. Avez-vous des suggestions pour y arriver ?

    • François Beaulé - Inscrit 25 septembre 2019 13 h 01

      M. Labelle,
      Il ne s'agit évidemment pas de constituer un État mondial qui remplacerait les gouvernements locaux. Mais d'une instance ayant le pouvoir de protéger les océans et l'atmosphère. Les États actuels devraient sacrifier une partie de leur souveraineté. Mais cette souveraineté est actuellement usurpée puisqu'elle permet aux États de polluer les espaces communs de l'humanité que sont l'atmosphère et les océans. Je comprends comme vous que la partie n'est pas gagnée ! L'humanité devra lutter contre l'égoïsme des États et de certains individus ! Il reste que la seule révolution qui est nécessaire pour réaliser mon projet en est une des mentalités. Je ne suis pas marxiste, n'ayez crainte !

    • Raymond Labelle - Abonné 25 septembre 2019 15 h 22

      La nuance était dans votre texte M. Beaulé: une "forme de gouvernement" n'est pas exactement "un gouvernement - et vos dernières précisions permettent de vous comprendre mieux.

      "Mais cette souveraineté est actuellement usurpée puisqu'elle permet aux États de polluer les espaces communs de l'humanité que sont l'atmosphère et les océans." FB. Oui, et déjà des entreprises envisagent d'utiliser ce laxisme juridique en cas de ressources sur la Lune et les astéroïdes! Belle mentalité. Y a du travail à faire.

  • Louise Desautels - Inscrite 25 septembre 2019 06 h 04

    La vie

    Pour maintenir en vie une plante, il faut l aimer, sinon, on la laisse deperir.Tous les discours ambiants, ne sont que reproches ou indifference, le nez colle sur son ecran. Ce qui nous reste d amour dans le coeur, est reserve a quelques membres de notre famille et quelques amis. Tout le reste, nation, pays, voisinnage, jeux de seduction hommes-femmes dans l espace public, institutions, on nous a appris a les detester. Voila le resultat de 30 ans d ideologie destructrice.

    • Léonce Naud - Abonné 25 septembre 2019 10 h 45

      Les humains doivent maintenant aimer les plantes afin de les maintenir en vie ? La belle affaire ! Il doit alors se trouver pas mal d'amour le long du Saint-Laurent. Autrefois, en longeant le fleuve, on pouvait admirer le fleuve d'un peu partout tandis qu'aujourd'hui on ne le voit pratiquement plus de nulle part. Des forêts nouvelles ont éliminé les centaines de paysages et de panoramas que nos ancêtres avaient créés de toutes pièces aux prix d'efforts surhumains. À vue de nez, il me semble que moins il y a d'humains quelque part, plus il y a de végétation. Pas certain que les plantes comptent beaucoup sur notre amour pour pousser.

    • Marc Pelletier - Abonné 25 septembre 2019 11 h 43

      Mme Desautels,

      Grand merci de votre témoignage pour la VIE !

    • Marc Therrien - Abonné 25 septembre 2019 16 h 12

      Ne pouvant forger un meilleur agencement de mots et de phrases pour ajouter à votre propos, j'emprunte ceux du philosophe Pierre Bertrand, dans "Nous sommes vie, nous sommes mouvement",: "Contrairement à ce que laissait entendre Aristote. il s'agit de connaître pour être et non pas de connaître pour connaître". "En effet connaître pour connaître nous a conduits là où nous sommes, à vouloir devenir maître et possesseurs de la nature, comme le souhaitait Descartes, c'est-à-dire, nous le constatons aujourd'hui, destructeurs de la nature et par là, de nous-mêmes". Connaître pour connaître nous conduit au non-être en nous faisant oublier que nous sommes d'abord vivants. Connaître pour connaître ne se donne aucune limite. Tout devient possible, et la vie est forcée de s'adapter, y compris à des conditions qui la malmènent, la menacent et la détruisent".

      Marc Therrien